RÈGLEMENT POUR L’ADMINISTRATION DE LA VILLE DE RUE
La pièce qu’on va lire est , après la charte de la commune de Rue , le document le plus important de l’histoire municipale de cette ville qui soit parvenu jusqu’à nous.
Les privilèges et les franchises de la ville de Rue sont confirmés (i). Le produit des amendes est réservé à la comoiune (2). Les divers actes qui intéresseront les affaires de la ville seront rédigés en plein échevinage et transcrits ensuite sur un registre spécial. Il sera égale» ment tenu des registres particuliers pour les procédures entamées
‘ La plupart des documents relatifs à la ville de Rue que nous publions ici sont empruntés aux copies de dom Grenier. Les actes primitifs étant perdus, il nous a été impossible de véri¬
fier l’exactitude des textes, et noos avons dû les publier tels que nous les a fournis la collection du savant bénédictin.
COMMUNES DE LA BASSE PICARDIE
devant l’échevinage et pour les recettes et les dépenses (3). La police de la ville et la répression des malfaiteurs seront confiées à deux prud’hommes; chaque année un procureur sera nommé pour défendre les intérêts et les droits de la ville devant toutes les juridictions, tant ecclésiastiques que séculières (8). La recette des cens et rentes de la ville sera confiée à une personne qui procédera le plus rudement que faire se pourra contre les bourgeois qui n’acquitteraient point les redevances municipales (i3). On voit par l’article i6 que le renouvellement de l’échevinage avait lieu le jour de Quasimodo, et par l’article 9 que la ville de Rue possédait au xiv® siècle une halle principalement alfeclée à la vente des draps et des cuirs.
Les ensegneurs, que nous voyons ici figurer pour la première fois, tiraient vraisemblablement leur nom de leurs fonctions mêmes, c’està-dire qu’ils étaient les chefs des corporations de Rue, qui se divisaient dans cette ville par enseignes, comme à Abbeville elles se divisaient par bannières. C’était parmi les ensegneurs que l’on choisissait les maires.