INDICATION DE PIÈCES CONCERNANT SAINT-VALERY
Parmi les pièces ci -après mentionnées, on remarquera les privilèges portant la remise des tailles et autres impôts : ils sont nombreux, et, de toutes les communes du Ponthieu, il n’en est aucune qui ait été, sous ce rapport, aussi favorablement traitée que Saint- Valéry. Peut-être faut-il chercher la cause de ce fait non-seulement dans l’importance militaire de cette place, mais aussi dans le désir qu’avaient les rois d’aider à la prospérité d’une ville qui était l’un des ports de pêche et de commerce les plus rapprochés de la capitale , et qui pouvait par cela même fournir du poisson de mer frais ou salé à ses marchés, ainsi qu’aux pourvoyeurs du roi qui, dès le règne de Charles V, se rendaient régulièrement sur les côtes de Picardie et venaient faire des achats sur le marché d’Ahheville.
20 avril i493. — Lettres d’Angilbert de Clèves, comte de Nevers et d’Eu, seigneur de Saint- Valéry, qui fait remise aux habitants de Saint-Valery de divers droits par lui perçus dans cette ville.
Dom Grenier, vol. CVH (xvi' paq. n" 2 ).
1494-1 5 16. — Actes constatant la franchise de l’impôt du sel dont jouissent les habitants de Saint-Valery; 26 juin 1494, 5 avril i494. 18 février i5i6.
Dom Grenier, ibid.
2 janvier i5o4. — Les habitants de Saint-Valery ayant demandé au comte de Nevers, seigneur de cette ville, à être maintenus en jouissance d’exemption d’un droit de travers qui se payait pour
SAINT-VALERY-SUR-SOMME
toutes les marchandises à leur usage amenées dans le port de Saint-Valéry, il fut fait droit à cette demande , à la condition que , si les habitants cherchaient à profiter de l’exemption pour d’autres denrées que celles qui devaient leur servir personnellement, ces denrées seraient confisquées an profit du comte.
Dom Grenier, vol. XXVIII (iv' paq. art. iv), p. 192 v“.
18 février i5i6. — Le roi donne ordre aux grainetiers et contrôleurs de la chambre au sel de Salennelle de ne pas délivrer du sel sans faire payer les droits, même à ceux qui pourraient se prévaloir de quelques franchises et exemptions. Les habitants de Saint-Valéry, craignant d’être compris dans cette mesure, s’adressèrent au contrôleur général pour savoir à quoi s’en tenir à cet égard. Celui-ci leur répondit que l’intention du roi était qu’ils fussent maintenus dans leurs anciens privilèges.
Dom Grenier, ibid.
i'‘ juillet i536. — Les habitants de Saint-Valéry, ayant été convoqués pour le ban et l’arrièreban , déléguèrent les plus notables d’entre eux afin de présenter des réclamations aux officiers royaux. Leur démarche fut favorablement accueillie , et le juillet 1 536 ils firent sceller par le lieutenant du bailli d’Amiens des lettres qui autorisaient ceux qui faisaient partie des levées du ban et de l’arrière-ban à rentrer dans leur ville, sous condition d’y faire bonne garde et de la défendre contre toute attaque. La France était alors en guerre avec l’Espagne, et des partis ennemis s'avançaient souvent dans le Ponthieu.
Dom Grenier, ibid.
27 juillet 1547. — Lettres du roi Henri II par lesquelles il accorde aux maire et échevins de Saint-Valéry la faculté de lever un droit d’aides au profit de leur ville.
Dom Grenier, vol.XCV (xiv' paq. n° 7 ), p. 378.
Octobre iSéq. — Lettres par lesquelles Henri II confirme les libertés et privilèges des habitants de la ville de Saint-Valéry.
Trésor des chartes, reg. CCLIX, 397.
23 mars 1687. — Supplique des habitants de Saint-Valéry au roi pour être déchargés de la fourniture des chevaux d’artillerie, charretiers, et des autres impositions mises sur eux. — Lettre du roi qui renvoie cette requête aux trésoriers des finances (28 mars 1687). — Sentence de la cour des aides favorable à la requête (29 juin 1587). — Requête pour l’enregistrement (septembre iSgo). — Sentence de l’élection d’Amiens pour le même objet (7 février 1 69 1).
Registre aux chartes de l’élection d’Amiens, coté 3% P 20 v°. — - Greffe de la cour impériale d’Amiens.
Z591-1598. — • Arrêts et lettres patentes portant exemption de tailles, en date des 27 juin 1 591, 9 août 1896, A novembre 1598.
Greffe de la cour impériale d’Amiens.
2 I février i SgS. — Exemption de tailles et autres impositions ci-devant accordée à Saint-Valéry par le roi et le duc de Mayenne en iSgo, continuée pour neuf ans, à charge de payer 108 ccus 45 sous par an, pour être employés aux réparations des fortifications de la ville.
Dom Grenier, vol. XVIII (iv' paq. art. 4 ). <
24 octobre 1602. — Continuation de l’exemption de toutes tailles pendant neuf ans pour Sêdnt- Valery, sauf 108 écus un tiers qu’ils lèveront pour être employés aux réparations publiques.
Dom Grenier, ihid.
.5 mars i6o4. — Lettres patentes en faveur de Saint-Valéry, portant affranchissement de tailles en payant les sommes imposées pour l’année précédente.
Dom Grenier, ibid.
16 mars i6o4. — Arrêt du conseil qui ordonne que les mayeur et échevins de la ville de Saint- Valéry payeront ce à quoi ils ont été imposés pour l’année i6o4 , et sans préjudice des décharges et affranchissements à eux accordés par les lettres du 2 octobre 1602.
Archives de l’Empire , sect. adm. E. 6.
25 janvier i6o5. — Arrêt du conseil, qui renvoie devant les trésoriers généraux de France à Amiens la requête des habitants de Saint -Valéry tendant à être continués dans l’affranchissement de leurs tailles et creues , moyennant la somme de 826 livres applicable aux réparations de leurs murailles et à l’èntretennement de leurs digues.
Ibid. Sect. adm. E. 8.
i 2 août 1606. — Arrêt du conseil qui, conformément à l’arrêt du 16 mars i6o4 , a ordonné que les habitants de Saint- Valéry sur la mer jouiront de leur affranchissement pour le temps qui reste des neuf années qui expireront le dernier jour de décembre 1612, mandant aux trésoriers généraux de France et élus d’Amiens de ne plus comprendre lesdits habitants aux tailles pendant ledit temps de leur affranchissement.
Ibid. Sect. adm. E. 1
Septembre i6îo. — Lettres patentes du mois de septembre 1610, par lesquelles le roi confirme aux habitants de Saint-Valéry les privilèges , immunités et exemptions à eux octroyés par Charles VIII et confirmés de règne en règne. Par la même lettre, le roi accorde aux habitants la continuation pour six ans de l’affranchissement des tailles.
Dom Grenier, vol. LXXVI (xiP paq. n° 1), p. Soi.
6 mai 1 6 1 4- — Arrêt du conseil qui, sur une instance entre le sous-fermier des aides de la ville et fauxbourgs de Saint-Valéry, le havre du Hourdel et les mayeurs et échevins desdits ville et havre , au sujet de l’exemption du droit des aides dont lesdits mayeur et échevins prétendaient jouir en vertu de leurs privilèges, ordonne que, dans huitaine, les parties représenteront leurs titres.
Archives de l’Empire, sect. adm. E. 44.
SAINT-VALERY-SÜR-SOMME
1 0 janvier i636. — Arrêt du conseil l'endu sur la requête des mayeur et échevins de la ville de Saint-Valery-sur-Somme, qui ordonne que lesdits mayeur et échevins , manants et habitants de ladite ville jouiront des mêmes privilèges et affranchissements de toutes tailles et autres impositions dont ils ont toujours joui.
Archives de l’Empire, sect. adm. E. i 28.
2 1 octobre 1 788. - — Arrêt du conseil d’Etat ordonnant que le marquis de Gamaches justifiera de la possession et de la quotité des droits de travers ou péages par lui prétendus sur les marchandises passant à Saint-Valéry, la Ferté, le Hourdel, Cayeux.
Archives départementales de la Somme. Liasse intitulée : Péages.
17 août 1781. — Pièce authentique renfermant la statistique des perruquiers dans la subdélégation de Saint- Valéry, le nombre de leurs communautés, les membres des communautés, les charges, les droits de réception pour les apprentis étrangers, fils de maîtres, etc.
Archives départementales de la Somme. Pièces de fintendance, 1781-1789. Liasse intitulée : Corps d’arts et métiers.
28 janvier 1786. — Arrêt du conseil qui ordonne que les deux communautés de merciers-drapiers et d’épiciers-ciriers de la ville de Saint-Valéry ne formeront qu’une seule corporation sous la dénomination de communauté de merciers , drapiers , épiciers , ciriers et chandeliers.
Archives de fEmpire, sect. adm. E. 2619.
Nous indiquerons encore parmi les pièces qui se rapportent à Saint-Valéry :
1° Des lettres de Jean d’Artois, comte d’Eu et de Saint-Valéry, qui exempte les habitants de la première de ces villes et réciproquement ceux de la seconde, de payer les droits de travers perçus à Eu , à Saint-Valéry, à Nihas, à Miannay, au Tréport, à Pont et autres lieux. Ces lettres , datées du 2 3 février 1872, sont à remarquer en ce qu’elles montrent combien les péages féodaux étaient multipliés surles parcours des routes qui reliaient entre eux les centres commerciaux. (Bibl. imp. Dom Grenier (iv' paq. art. 4), p. 191 v°.
2° Un accord passé en juillet 1 5 1 o , entre les magistrats municipaux de Saint-Valéry et des religieuses de l’ordre de Saint-Dominique , duquel il résulte que des maisons monastiques ne pouvaient s’établir dans cette ville sans l’autorisation de l’échevinage. En vertu de l’accord de i5io, les religieuses ne pourront jamais être plus de douze dans leur couvent ; elles ne pourront recevoir aucune professe que du consentement des magistrats municipaux, et, chaque année, elles devront faire connaître à ces magistrats les dons et legs qui leur auront été faits et justifier de l’emploi de ces dons, [Ibid. p. 197 et suiv.)
Tiers état. — iv.
COMMUNES DE LA BASSE PICARDIE
AIRAINES.
NOTICE PRÉLIMINAIRE
Gros J30urg, chef-lieu de canton de l’arrondissement d’Amiens, Airaines, en latin Arenæ, faisait partie de la subdivision territoriale de la basse Picardie désignée sous le nom de Vimeu. Le roi d’Angleterre Edouard III l’occupa, en i346, peu de jours avant la bataille de Grécy. Il fut assiégé en 1422 par les Bourguignons aux ordres de Jean de Luxembourg. Une enceinte continue et deux châteaux très-forts en faisaient, au moyen âge, une place de guerre importante. L’un de ces châteaux fut démoli par les Bourguignons en 1 42 2 l’autre par les ligueurs d’Amiens, qui s’en emparèrent en i ôSg. On y voit une belle église du xiii® siècle.