‹ Recueil des monuments inédits de l'histoire du tiers état (volume 3)Chapitre 200 sur 223 · FEUQUIÈRES · texte numérisé non relu

FEUQUIÈRES

Un diplôme de Charles le Chauve, confirmatif d’une donation faite à l’abhaye de Corhie par la reine Hermentrude, en 858, mentionne en ces termes le village de Feuquières : locus qui dicilur Filcarias, in pago Ambianensi. C’est là, pour les premiers siècles du moyen âge, le seul souvenir qui se rattache à cette localité.

La commune de Feuquières existait en 1253, comme le témoigne un accord passé, à cette date, entre Guillaume de Maisnières, seigneur du lieu, et l’abbé de Saint-Riquier, qui possédait dans ce village plusieurs fiefs importants. Il résulte de cet accord qu’à l’avenir les vassaux de l’abbaye de Saint-Riquier feront partie de la commune, et qu’ils devront à Guillaume de Maisnières fost et la chevauchée, exer~ citum et cavalcalum, à l’exception toutefois du vicomte, homme lige des religieux, et de ses héritiers. L’accord de 1253 ne contient aucune ÆUtre indication relative à forganisation communale.

Une note de dom Grenier nous apprend que le 12 avril 1372 une charte fut accordée à Feuquières. Malgré nos recherches, il nous a été impossible de retrouver facte auquel cette note se rapj)orle. S’agit-il d’une simple confirmation ou de l’établissement d'une commune nouvelle.^ Nous ne saurions le dire. Nous savons seulement qu’à Feuquières le quart des amendes prononcées par les échevins appartenait au roi ; que ces amendes étaient de soixante sous pour le meurtre, de dix livres parisis pour la violation à main année du domicile des bourgeois, de cinq livres pour ceux qui faisaient défaut aux assignations du maire; de vingt sous pour les coups de poing au visage, les injures et les cheveux arrachés.

Ribl. imp. Dom Grenier, vol. CCII (xxiv' paq. n° i3), p. 62 et suiv. — Archives d’Abbeville, Inventaire des titres de l'abbaje de Saint -Ruj nier, fol. xii’’’^. — F. C. Loiiandre, llist. d'Abbeville, t. I, ji. 196.

MONTREÜJL-SUR~MER.

xxy.

MONTREUIL-SUR-MER

NOTICE PRÉLIMINAIRE

Aujourd’hui chef-lieu de l’un des arrondissements du Pas-de- Calais, la ville de Montreuil était placée, à l’époque de la première féodalité, sous la suzeraineté des comtes de Ponthieu, qui s’intitulaient en même temps comtes de Montreuil; son histoire se trouve ainsi intimement liée à celle des autres communes auxquelles ce volume est consacré. Ses francliises ont la même origine ; elles émanent des mêmes seigneurs, et c’est à ce titre que nous lui donnons place ici.

Nous ne rapporterons pas les diverses traditions qui se rattachent à l’origine de Montreuil, car elles ne sont justifiées par aucun document authentique. Ce qui est certain, c’est que cette ville existait sous la seconde race, qu’elle avait alors un atelier monétaire où furent frappés des deniers sur lesquels est empreinte l’irtiage d’un temple tétrastyleC et que ses anciens noms étaient Bragum ou Braiuni, et casirum Begium. Le château royal était situé sur la partie la plus élevée du mamelon où la ville moderne est bâtie. Vers l’an 85o, le comte Helgaud fit construire une enceinte autour des maisons qui environnaient le château : le monastère de Saint-Saulve fut compris dans cette enceinte^, et c’est de là qu’est. venu le nom de Montreuil, qui n’est que la traduction des noms \dii\ns Monslroliwn , Monasleriolatn, Monsteroliim.

* Sur les monnaies de Montreuil, Leblane, Traité des monnaies de France, *690 , p. 91- —

- Reruni gallicarum script, t. XI , p. cxlix.

COMMUNES DE LA BASSE PICARDIE

A l’avénemeiit de la troisième race, Montreuil fut réuni par Hugues Capet au domaine royal. Les successeurs de ce prince y possédaient im château et un atelier monétaire, qui existait encore en iSSg. Ce fut dans ce château que Philippe 1®*^ relégua la reine Berthe, qu’il avait répudiée pour épouser Bertrade. Si l’on s’en rapporte à une tradition locale, la tour où fut enfermée Berthe existerait encore aujourd’hui dans la citadelle. La ville de Montreuil fut assiégée en 946 par Louis d’Outre-Mer et le comte de Flandres, qui voulaient l’en- Jever au comte de Ponthieu, Rotgaire. Placée, pendant un assez long espace de temps, sous la domination des comtes de Boulogne, elle fut reprise en ii4o par Gui de Ponthieu, qui la réduisit en cendres. En 1637, elle fut assiégée par une armée de trente mille Impériaux sous les ordres de Floris d’Egmont, comte de Bures, qui s’en empara après une résistance opiniâtre, et la brûla, au mépris de la capitulation qu’il avait accordée à ses défenseurs. L’œuvre de destruction fut si complète, qu’il ne resta debout que le couvent des Carmes et cjLiatre maisons. Quelques nouvelles habitations commençaient à peine à s’élever sur les ruines qu’avait faites le comte de Bures, lorsque Montreuil eut encore à se défendre, en iô44, contre une attaque des Impériaux et des Anglais. La place, vaillamment défendue, résista pendant quatre mois, et l’ennemi fut contraint de lever le siège.

Montreuil était, au moyen âge, le centre d’un grand commerce de laines. Il avait une commune fortement organisée, une ghilde, des milices bourgeoises qui se signalèrent à Bouvines, et ses magistrats municipaux, comme ceux d’Abbeville, commandaient la garnison en l’absence des officiers royaux préposés à la garde de la place et de la citadelle.

En 1 789, il y avait à Montreuil un maire, un lieutenant de maire, deux échevins, deux assesseurs, un procureur fiscal, un trésorier receveur et un secrétaire greffier. Deux sergents à verges, huit balle hardiers, un maître canonnier et un pompier composaient le corps des bas officiers de l’échevinage.

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