‹ Recueil des monuments inédits de l'histoire du tiers état (volume 3)Chapitre 202 sur 223 · ÉTAT DES REVENUS ET DES DETTES DE LA VILLE DE MONTREUIL · texte numérisé non relu

ÉTAT DES REVENUS ET DES DETTES DE LA VILLE DE MONTREUIL

Les bourgeois de Montreuil, comme ceux de Saint-Riquier, dres- 1 !5g sèrent, conformément à l’ordonnance de saint Louis, un état de leur situation financière. C’est cet état que nous analysons ici.

En 1269, Montreuil avait de niueble 54o livres 4 sous. Les tailles et les autres revenus communaux donnaient 1,61 5 livres 10 sous. La ville payait au maïeur, aux autres officiers de fécbevinage et aux agents subalternes 119 livres 7 sous. Elle avait payé au roi, sans

* La charte d’une donation faite par un habi- lais, Cartulaire de Vcdoires, i'ol. 526. — Boutant de Montreuil aux moines de Balances, en thors. Mémoires de la Société des Anticjuaires de

ii44, mentionne parmi les témoins divers Picardie, t. II, p. 206, 219. bourgeois et un maire. Archives du Pas-de-Ca-

Août .

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doute pour ia paix d’Angleterre, 3oo livres, et fait remise au comte d Anjou de 2 36 livres sur la somme qu’elle lui avait prêtée, afin de l’engager à s’acquitter du reste.

Les fermes se payaient en six termes et s’élevaient, pour l’année, à 8o5 livres.

A la suite des fermes vient un chapitre intitulé : Che sont les detes ke le vile doit en manaie.

Parmi les créanciers de la commune figurent, à côté de simples particuliers, le roi pour 200 livres et la reine d’Espagne pour 36 livres. Le chapitre de la dette s’élève à 880 livres 7 sous 10 deniers.

Imprimé avec un commenlaii’e de M. Cb. Dufour, dans les Mémoires de la Société des aiitiguaires de Picardie ,t.XW p. 646, d’après l’original des Archives de l’empire.

LETTRES DE PHILIPPE LE BEL RELATIVES À LA HAUTE JURIDICTION DU ROI DE FRANCE SUR LA COMMUNE DE MONTREUIL.

J.e roi d’Angleterre, Edouard II, comte de Ponthieu, prétendait qu’une partie delà ville de Montreuil étant située dans son tréfonds, il devait avoir la haute juridiction sur la commune et la connaissance des délits commis contre la personne de ses officiers. Philippe le Bel, de son côté, réclamait cette juridiction pour lui-même, attendu que la commune avait été créée par ses prédécesseurs et qu’il v jouissait de tous les droits de justice, des trois aides, de l’ost et de la chevauctîée. L’afl’aire fut portée devant la couT du roi, qui débouta, comme on le voit, par la pièce suivante,, le roi d’Angleterre de toutes ses prétentions.

Philippus, Dei gratia Fiancorum rex, unlversis présentes litteras iuspecturis, salulein. Noiurn facimus quod, cum dilectus consanguioeus et fidelis noster rex Anglie illustris, et regina ejus uxor, ratione comitatus Pontivi dicerent villam de Alonsterolio supra mare pro majori parte sitam esse in trefundo suo, et ideo dicerent corpus communie dicte ville, super forefactis suis saltem contra gentes suas factis, perse debere justiciari et se debere habere congnitionem, correctionem

MONTREIJIL-SUR-MER.

et obeclientiam dicte communie pro se; contrarium asserentibus et dicentibus [sic) ^ diclam communiam nostram esse et non alterius, et eam esse cartis et privilegiis predecessorum nostrorum Francorum regum munitam, et eam esse in obedientia nostra et non alterius, et nos et predecessores nostros usos fuisse babendi cognitionem dicte communie justiciandi et corrigendi eam, in omnibus casibus comités Pontivi et alios quoscunque tangentibus, necnon et nos habere supra dictam communiam exercitum et cavalcatum et auxilia consueta; tandem visis cartis et privilegiis dicte communie et intellectis bine inde propositis, pronunciatum fuit, per curie nostre judicium, dictos regem etreginam in sua petitione predicta non esse audiendos, nec eos posse justiciare dictam communiam, nec etiam burgenses dicte ville nec eorum bona pro facto communie, sed premissa ad nos pertinere. In cujus rei testimonium, presentibus litteris nostrum fecimus sigillum apponi. Actum Parisius, anno Domini m“.cc°. octogesimo sexto, mense augusti.

Arch. de l’Emp. Extrait d’un rouleau en parchemin portant au verso : Raisons pour le procureur du roy de France, nostre sire, contre le procu eur du roy d' Angleterre, — Trésor des chartes, carton J, 807.

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