‹ Recueil des monuments inédits de l'histoire du tiers état (volume 3)Chapitre 87 sur 223 · CONTUMACES · texte numérisé non relu

CONTUMACES

Le document qu’on va lire offre de curieux détails sur la manière dont on procédait à Abbeville, à la lin du xv® siècle, à l’égard des meurtriers contumaces placés sous la juridiction de l’échevinage.

On y voit que les contumaces étaient sommés une première fois, à cris publics , par deux échevins , le procureur de ville et un sergent à verges, de se présenter devant la justice de la ville. Cette première formalité remplie, trois nouvelles sommations, dites tierchaines, étaient faites en laissant entre chacune d’elles un jour d’intervalle; quand, après la dernière tierchaine, le coupable ne s’était point présenté, on prononçait contre lui la peine de bannissement.

ABBEVILLE

Vers UgS. Toutesfois que il convient appeller des tierchaines aux drois de le ville d’Abbeville aucune personne en cas criminel, deux eschevins, le procureur de le ville et un sergent ad vergue vont seur le lieu où le délit a esté fait, et assemblent des voisins ou autres gens, et là, à la requeste du dit procureur, font appeller le malfaicteur par trois fois, aux drois du maire et eschevins d’Abbeville. Che fait, le dit sergent assigne les tierchaines en le manière qui s’ensient : se les dis appeaulx se font en un venredi, le première tierchaine sera assignée un diemenche ensievant, soleil esconsant; le seconde au mardi ensievant, et le tiercbe et derraine tierchaine au jœudi ensievant, en déclairant par le dit sergent que, se le dit malfaiteur ne se vient rendre prisonnier pour le dit cas, on procédera contre lui en ban , ainsi et par le manière qui accoustumé est à faire en tel cas. Et che fait, les dits eschevins, procureur et sergent vont au domicilie du dit malfaiteur, se il demeure en le banllieue , senefier les dis appeaulx et carquer aux présens qui là sont, que, s’il sevent où le malfaiteur est, ils lui fâchent ches coses sentir. Et depuis, à cascun jour d’icelles tierchaines ainsi assignées, les dits eschevins, procureur et sergent viennent à le porte du grant eschevinage, à le heure de soleil couchant , et appelent des témoins et font jugier le heure, et après icelle jugie, sont par le sergent busquiés ’ trois cops de vergue à le dite porte , et lors le dit sergent crie à haute voix : « Tel, pour navreure par vous faites en le personne de tel, et dont mort s’est ensievie en la personne d’icellui , se vous amez le paix de le dite ville et de Messeigneurs maieurs et eschevins d’Abbeville, se venez à leurs drois. » Et par trois fois le appelle ainsi; et, se le malfaiteur ne vient, le procureur requiert défaut aux eschevins qui lui accordent, et ainsi se fait à cascun jour des dites tierchaines. Et che fait, le sergent fait se relation de toutes ches coses, et en le fin de le dite relation, les deux eschevins vérifient sa relation et est la dite lettre scellée de leurs trois sceaulx

Arcliives d’Abbeviüe, Livre rouge, fol. i66 r“. — Bibl. iinpér. Dom Grenier, vol. 91 (xiv^paq. n“ 3), p. 354-

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