‹ Recueil des monuments inédits de l'histoire du tiers état (volume 3)Chapitre 97 sur 223 · AUX BALLADES · texte numérisé non relu

AUX BALLADES

Les ménestrels et chanteurs en place au sujet desquels nous avons publié ci-dessus quelques documents sont encore mentionnés dans

Tiens état. — iv.

ABBEVILLE

les registres des argentiers en 1 455 ^ et l’extrait que nous reproduisons ici prouve qu’au milieu du xvE siècle on continuait de lire publiquement des ballades, la veille et le jour de karesmeaulx (premieidimancbe de carême), (ies lectures avaient Heu auprès d’une fosse située dans le bois d’Abbeville, où les magistrats municipaux se réunissaient à certains jours de l’année pour jouer à la cholle.

De Charles OEullyot, pour trente deux verges de terre acostans d’un costé à la prairie du camp de Saint Georges^ en tirant vers une fosse en la quelle l’on lict ordinairement les ballades les veilles et jour de karesmeaulx,

Arcliiv. d’Abbeville, Reccpte du (jrand ef petit hois , i54o.

ORDONNANCE DE L’ÉCHEVINAGE QUI RÈGLE LE SERVICE DES OFFICIERS MUNICIPAUX.

La pièce que nous publions ici donne une idée exacte de la régularité qui présidait, dans la commune d’Abbeville, à l’expédition des afïaires. Le maire se rend tous les jours à l’écbevinage pour entendre les rapports des échevins, recevoir les plaintes des babitants et prendre connaissance de tous les faits qui intéressent la commune. Le siéger, le substitut du procureur de la ville et les maîtres des ouvrages s’y rendent le lundi, le premier pour juger les causes ordinaires, le

' Il Aux mencstreuxdeM. levidaine d’Amiens la sonie de xii s. p. à eulx donnée des grâces et courtoisies de ia ville, pour aler à l’escolle des nieneslrcux aprendi'e des nouvelles cancbons tpii dévoient estre en la ville de Beauvais. » [lie- (jislre des argentiers, de i455.) On voit, par ces mêmes registres, aux années i 4oo, 1 4o i , i 4o2 , i4i2, 1 4 1 6, 1426, 1427 et ) 4 29 , que l’envoi des ménestrels aux écoles de Beauvais était l’réquenl; que ces ménestrels étaient altacbés à de rands personnages, etquela ville leur accordait des subvenlinns. Fn 1407, Malbieu Sill'ait re¬

çoit cinq sous « pour avoir chanté de giete de son rouniant. » Voir sur les ménestrels d’Abbeville, Mémoires de la société des antiquaires de Picardie, 1854, t. If[, p. 654 et suiv. — La tradition des jeux littéraires s’est conservée à Abbeville jusqu’au milieu du xviii' siècle ; le Jeu de la Conception, qui avait décerné un prix à Froissart, le célèlirc historien, existait encore en 1764. [Ibid. bqZ à Sgo.)

^ Vaste emplacement compris dans les fortilications de la ville, où s’accomplissaient , a»i xiiC siècle, les combats judiciaires.

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second pour présenter au maire le rôJe des informations faites pendant la semaine, les autres pour faire connaître l’état des travaux en voie d’exécution , et signaler ceux qu’il serait utile d’entreprendre. Le mardi est consacré aux séances des échevins et du procureur de ville, qui jugent les affaires de la police urbaine et de la police industrielle. Le mercredi, le siéger tient une seconde audience. Le jeudi, les sergents à masse et ceux de la vingtaine font leur rapport. Le vendredi, le greffier de fargenterie, les administrateurs de la maladrerie du Val , se réunissent avec le maire pour traiter des affaires de cet établissement; le maire, de son côté, s’occupe particulièrement de ce qui concerne les pauvres de la ville. Enlin le samedi, le siéger et les échevins prennent connaissance des procès-verbaux dressés depuis le samedi précédent et interrogent les prisonniers.

Le 6'" jour de septembre, par devant le mayeui’, les esclievins et autres otïiciers assemblés au grand escbevinage, au son de la cloche et au mandement du dit mayeur,'pour le bien de la justice et faict polliîicc[ue de la dite ville :

Il a esté ordonné et délibéré par Messieurs que doresenavant le mayeur ad présent et les mayeurs qui seront cy après viendront chacun jour en feschevinage, pour oyr tant les rapports que luy doibvent faire les eschevins des malversations et abus qui se pœuvent faire et commettre aux enseignes et mestiers de quoy ilz ont les charges, comme aussy de o\r les plainctes des habitans, qui auront esté oultragés, tant de parolles que de faict, et de regarder tout ce qui est nuysible en général et particulier à la chose publicque, pour y mectre ordre et police selon qu’il en sera advisé par Messieurs.

Item , alïin que les ofliciers n’ayent cause d’excuse, chacun en leur ollice sei’ont tenuz eulx trouver audit escbevinage aux jours cy après nommez;

C’est assavoir, le siéger au jour de lundy, pour oyr les causes oi'dinaires et pour faire les interrogatoires aux personnes, s’aucuns y en a, et donner conseil a Messieurs, se besoing est.

Item, à ce dit jour de lundy, se trouvera pareillement le substitut du procureur de la ville, lequel présentera au mayeur les informations qui luy auront esté ordonnées faire du long la sepmaine précédente, lesquelles seront délivrées ce dit jour au procureur de la ville poûr venir requerre le lendemain ce qu’il verra estre à faire, par raison , pour le bien de justice.

Item, ancoires à ce dit jour de lundy, se trouveront les maistres des ouvrages

i 5 lo.

Ô Septembre.

ABBEVILLE

pour faire leur rapport de ce qui aura esté faict la sepmaine précédente; et pour advertir de ce qui est à faire et pourvoir aux ouvrages nécessaires, tant pontz, pavez que aultrement.

Item, au jour de mardy, se trouveront les eschevins ou partie de eulx, et le procureur de la ville , qui viendra requerre ce qu’il verra estre bon pour le bien de justice et delà chose publicque, tant pour les faultes qui auront esté trouvées par les enseignes et mestiers la sepmaine précédente, comme aussy pour les délinquans des débatz dont information aura esté faicle par ledit substitut, et d’aultres choses qui se porront offrir pour le bien polliticque; à quoy ce dit jour Monsieur le mayeur et Messieurs ordonneront ce qu’il appartiendra.

Item, au jour de mercredi, se trouvera ancoires le siéger pour oyr les causes ordinaires et faire ainsy comme le lundy.

Item, au jour du jœudi, se trouveront les sergens à masse, aussy ceulx de la vingtaine, pour sçavoir s’il auront fourny à ce qu’il leur aura esté ordonné la sepmaine précédente en pareil jour, comme de appréhender prisonniers, d’entendre à faire tenir et reigler les marchés ès lieux ordonnés, comme aultrement, et généralement de toutes aultres choses à eui\ commandées ce dit jour de jœudy de la sepmaine précédente.

Item, au jour de vendredy, le grelFier de l’argenterie se trouvera au dit eschevinaige, aussy l’argentier et messieurs de la maison du Val ^ pour, avecq M. le mayeur, voir, entendre et faire ce qui est nécessaii'e pour le bien de la dite maison; le quel jour, mondit sieur le mayeur porra informer aux hospitalliers quelles gens auront logés en leurs hospitaulx; comment les deniers et rentes desdits lieux sont distribués, et plusieurs œuvres pieuses que porra faire ledit mayeur : comme de enquérir des poures gens honteulx et aultres, pour les faire recommander aux gens de bien de la ville et aultrement.

Item, le samedi, se trouvera ledit siéger pour, avecq les officiers de la ville, oyr les rapports des procès par escript, s’il en y a, et à ce dit jour interrogera les prisonniers.

Archives d’Abbeville, Registre aux délibérations , de i54o à i54 2, p. 192 v" et suiv.

' Hospice de lépreux fondé par les bourgeois d’Abbeville au xn' siècle, et dont l’administration était confiée aux officiers municipaux, bien qu’il fût situé en dehors des limites de la banlieue. Lorsqu’un individu attaqué de la lèpri; voulait être admis dans cet hospice, il devait faire l’abandon de ses biens à la commune;

ceux qui étaient trop pauvres pour payer leur admission étaient autorisés à venir deux fois par semaine quêter dans Abbeville, ce qui prouve, du moins pour cette ville, que la séquestration des lépreux n’était pas absolue. (Voir F. G. Louandre, Hist. d'Abbeville ^ t. Il, p. 5o3 ; Registre aux délibérations , année légé- )

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