PREMIÈRE MENTION DE LA MILICE COMMUNALE DAMIENS
Jusqu’ici les documenls de l’histoire municipale d'Amiens n'ont un. fourni aucun renseignement sur les moyens par lesquels la commune pourvoyait à sa propre défense. On a vu, dans l’une des pièces précédentes, que le soin des fortifications était confié au maire et aux échevins; mais comment ces fortifications étaient-elles gardées, de quelle manière fut organisée la milice communale, en quoi consista le service militaire dû par les bourgeois, d’abord au comte, et ensuite au roi1? L’absence de documents précis ne permet pas de répondre à ces questions. La milice amicnnoise apparaît pour la première fois dans l’histoire en iai4î elle semble avoir acquis, dès celte époque, une véritable importance, et le rôle qu'on la voit jouer à la bataille de Bouvines mérite d’être l'objet d’une courte mention.
Voici comment les Chroniques de Saint-Denis tiaduisentà ce sujet le récit d’un témoin oculaire, Guillaume le Breton : « Endementres o que Ferrant fu ensi menez à desconfiture, retorna l’oriflambe Sainl- « Denis, et les légions des communes vindrent arrières, qui jà estoienl « alées avant jusques près des ostiez, espéciaument la commune de « Corbie, d’Amiens, d’Arras, de Biauvez, de Compiègne; et acorurent • à la bataille le roi, là où eles véoicnt l’enseigne roial, au cliam d'azur <■ et aux fiors de lis d’or, que uns chevalier porta en cele jornée, qui « avoit nom Gales de Montcgni. Les communes Irespassèrcnt tôles les » batailles des chevaliers et se mistrent devant le roi encontre Olhon « et sa bataille ’. s
' Une charte du septembre iJ$o proute qu'alon le service des bourgeois d'Amiens était de quarante jouta.
* Gr. chron. de Saiul-Denis , Recueil des historiens des Gaules et de la France, t. XVII, p. 409. — Iatcrra advrniunt legioms communia mm......
et accumint quanlociu» «d acirtu régis, ubi videbant aîgnuiu regale , t rx ilium fidélité! flonbm lilii diatinctum, quod ferebat , die illo , Gallo de Mon-
tioiaco sopervenientes communie specialiler
Corbeii , AanltUneaaes , Helvoct et Compeodu , A (rebâtir, peaeimmiDt cuncos nulitum et poenc-
runt se ante ipsum regem .... (Guilldui, Amiorir. , de Gest. I'hili|*pi Augtieii , ibîd., p. 97.)
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AMIENS
I.a part que prirent les bourgeois d'Amiens au gain de celle grande bataille est attestée d'une manière plus formelle encore, par la remise qui leur fut faite, après la victoire, d’un certain nombre de prisonniers de haut rang