‹ Recueil des Monuments Inedits de l'Histoire du Tiers EtatChapitre 118 sur 273 · CHARTES PAR LESQUELLES ROBERT DE BOVES DÉCLARE M'AVOIR AUCUN · texte numérisé non relu

CHARTES PAR LESQUELLES ROBERT DE BOVES DÉCLARE M'AVOIR AUCUN

DROIT DE PROPRIÉTÉ NI DE SEIGNEURIE SUR LES MARAIS COMMU- NAUX D’AMIENS.

On sc souvient que l’érection de la commune d’Amiens fut signalée par une guerre de trois ans entre les citoyens révoltés et leur comte, Enguerrand, seigneur de Boves. Près d’un siècle et demi écoulé depuis cette lutte avait assoupi toute rancune entre la famille de Boves et les bourgeois, dont l’opiniâtreté courageuse avait amené pour elle la perle du comté d’Amiens. Réduits à leur seigneurie patrimoniale, les membres de cette famille n’entretenaient, au xin* siècle, avec la commune, dont la banlieue touchait à leurs terres, que des relations de bon voisinage : c’est ce que prouvent, selon nous, les deux actes qu’on va lire.

Dans les années ia44 et ia45, Robert de Boves ayant besoin de se procurer, pour l’assainissement d’une partie de son domaine, un écoulement d'eau qui ne pouvait avoir lieu qu’au moyen de tranchées faites sur les terrains communaux , demanda et obtint pour exécuter ce travail l’autorisation de la commune; deux larges fossés furent ouverts: l’un entre la léproserie de Longueau et le lieu dit VVarcignes, l’autre eutre Longueau et un pont qui avoisinait la chaussée de Cagny. En accordant licence de creuser sur son terrain, la commune voulut qu’il fût fait une réserve expresse de tous ses droits : du droit civil de propriété et du droit politique de seigneurie et de juridiction. Par les chartes suivantes, Robert de Boves déclare qu’il ne possède ni ne prétend aucun droit d’héritage ni de juridiction ni de seigneurie sur l'espace de terre où s'étendent les deux fossés. En outre, il s’engage à les combler, si la commune l’exige, dans les deux années qui suivront la réquisition à lui faite par le maire et les échevins.

Ego Robertas, dominas de Bova ', miles, notum facio omnibus présentes litteras inipecturis, quod dilecti mei major et scabini Ambùnenses dederunt michi licenciai» faciendi unurn fossatum de novem pedibus in ïatiludinerin pascuis suis sitis inter leprosariam Longue Aque * et Waregniam , in qiubus pascuis nul-

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lam haheo jurisdictionem nec hereditatem et indium dominium; teneor etiam obstruere dictum fossatum infra duoi annos postquam a predictb majore et scabinU submonitus fuero et requisitus. In cujus rei testimonium présentes litteras dictis donavi majori et scabinîs sigillo meo roboratas. Actum anno Domini millcsimo cc* xl" ih°, mense marcio.

Arc h. de l'hôtel de vitk d'Amiens , rrç. aux charte* coté b, fol. g e\ — Bâbi. Roy., cab. de» charte*, carton cc, ryS.

EgoRobertus, miles, dominus de Bova, omnibus présentes litteras inspecturis notum facio quod fossatum , quod feci fieri inter Longam Aqnam et pontem juxta calceiam in parte versus Caigny de licencia et voluntate rnajuris et ville Amhiancnsis feci fieri, et quod in marisco illo nichil reclamo liereditatis, et quandocumque ab ipsis submonitus fuero, infra duos annos proximo sequentes, dictum fossatum re&toupabo1. Quod ut ratum sit, présentes litteras sigilli moi munimineroboravi. Actum anno Domini millesimo ducentesimo xl* quinto, raense aprilis.

Arch. de rhôlel de ville d'Atnien» , reç. aux charte» colé *, fol 9 r. — Reg. aux charte» coté », fol. iS^r". — BiU. Roy., cab. de» chartes, carton oc, 17}. — L'original de cette pièce existait encore . an xv* siècle , dam le» archive» de l'hôtel de ville d'Amiens.

LVJII.

NOTICE D’UNE LETTRE DE LA REINE BLANCUE DE CASTILLE A LA COMMUNE DAMIENS.

Manche de Castille, régente du royaume, eu l'absence de saint Louis, manda, par une lettre du mois de février ia5i, aux bourgeois d’Amiens, qu’ils eussent à payer les taxes imposées d’ordinaire pour le fait des chaussées de Lungueau. Cette lettre n’est point parvenue jusqu’à nous, et on ne la connaît qne par l’inventaire de 1 458. La courte notice que nous reproduisons ici constate que la chaussée de Longueau, qui conduisait d’Amiens à Boves (aujourd'hui route de Paris par Mondidier), était un chemin royal, et que les bourgeois d'Amiens devaient contribuer à son entretien.

Lettre de Blanche, reine de France, du moi» de février mil IIe l, faisant mention quelle manda aux bourgoi» d'Amiens qu’ilz parussent les pécune* que l’en avoit acoustumé cœuiiUr pour le fait de» cauchiea de LoDgueau.

Arch. de l'hôtel de ville d' Amiens , reg. «ux charte* coté *. i, notice u* *5.

• c<ti£n), Ogiiy. village sur la rive parité de * combler. Cette forme du mot cithare

I* rivière d'Avre. De M trouve point dans le Glouaire de Du Cangr.

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-Mû' SIECLE.

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