‹ Recueil des Monuments Inedits de l'Histoire du Tiers EtatChapitre 12 sur 273 · I II · texte numérisé non relu

I II

INTRODUCTION

s’imposant le devoir du courage et croyant qu’à elle seule appartiennent les droits politiques, égoïste dans son indépendance et hautaine dans ses dévouements , à la fois turbulente et inoccupée, méprisant le travail, peu curieuse de la science, mais contribuant au progrès commun par son goût de plus en plus vif pour les recherches du luxe, l'élégance et les plaisirs des arts'; enfin, la bourgeoisie, classe moyenne de la nation , haute classe du tiers état, sans cesse augmentée par l’accession des classes inférieures et sans cesse rapprochée de la noblesse par l’exercice des fonctions publiques et la richesse immobilière, attachée à la royauté comme à la source des réformes et des mutations sociales, prompte à saisir tous les moyens île s’élever, toutes les positions , les avantages de toute sorte collectifs ou individuels, appliquée à la culture de l'intelligence dans les directions fortes et sérieuses, habituellement résignée à une longue attente du mieux, mais capable, par intervalles, d’un désir d’action immédiate et d’un élan révolutionnaire.

1 Les principes du droit germanique en matière civile persistèrent longtemps avec les moeurs germaniques dans les ramilles nobles-, le baronnage était imbu des traditions de la conquête. Voy. le* Recherches de M. Édouard I -alxm lave sur la condition civile et politique des femmes depuis les Romains jusqu'à nous. — Ànno igitur m ccc lvi fastus et dmolutio in multis personis nobilibus et mililaribus quamplurimum inolcvit. Nain cum habitus antea dccurtatos , ut supra dixt , et brèves tiimis accrpisscnt, hoc anno tamen adhuc

magis se incorporant sumptuose deformare, perljs et margarilas in capuciis et atouis deauratis et argenteis deportare , geramis diversis et lapilli bus pretiosis se per tôt um curiosius adornare; et in tantum se curiose omnes , a maguo nsque ad pnrvum , de talibus lasciviis coopericbant, quod péri» et lapides magno pretio vendebantur et vix Parisius poterant reperiri. ... Inrœperunt etiain tune gestare plumas avinm in piteis adnptatas. (Chron. de Guill. de Nangis, a* continuât., t. II, p. *37.)

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un

Voilà pour la société; quant aux institutions, la royauté, clans sa prérogative sans limites, les recouvre et les embrasse toutes, hors une seule, les états généraux , dont le pouvoir mal défini , ombre de la souveraineté nationale, apparaît dans les temps de crise pour condamner le mal présent et frayer la route du bien à veiùr. De i355 à 178g, les états, quoique rarement assemblés, quoique sans action régulière sur le gouvernement, ont joué un rôle considérable comme organe de l'opinion publique. Les cahiers des trois ordres furent la source d’où, à différentes reprises, découlèrent les grandes ordonnances et les grandes mesures d'administrat'on, et, dans ce rôle général des états, il y eut une part spéciale pour le troisième. lia roture eut ses principes qu’elle ne cessa de proclamer avec une constance infatigable , principes nés du bon sens populaire, conformes à l’esprit de l’Evangile et à l’esprit du droit romain. Le renouvellement des lois et des mœurs par l’infusion de la libellé et de l'égalité civiles, l'abaissement de toutes les barrières élevées par le privilège, l’extension du droit commun à toutes les classes de personnes, tel fut le plaidoyer perpétuel et, pour ainsi dire, la voix du tiers état. On peut suivre cette voix grandissant toujours à mesure que les siècles passent et que le progrès s’accomplit. C'est elle qui, durant cinq siècles, a remué les grands courants de l’opinion. L’initiative du tiers état en idées et en projets de réforme est le fait le plus intime du mouvement social dont nous avons vu , sinon le dernier terme, du moins une phase glorieuse et décisive, mouvement continu sous d’apparentes vicissitudes, et dont la marche ressemble à celle de la marée montante que l’œil

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