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ÉTAT DES DETTES DE LA VILLE D' AMIENS

Conformément à l’ordonnance rendue par Saint-Louis vers ia56, un assez grand uomhre de villes de la Picardie et de l’Ile de France adressèrent au roi un étal sommaire de leurs finances '. Amiens figure parmi ces villes, et la pièce Suivante, qui est le plus ancien monument de son histuire financière, fait connaître quel était, en i a5q, le chiffre de la dette municipale. La ville devait, d’une part, 3497" 3* 84 Parisis; de l'autre, elle avait remis au comte d'Anjou une créance de ia37 livres, inscrites dès lors à son passif; de plus, elle devait au roi ia66" » 3" 4'*, pour le don quelle lui avait fait à l'occasion de la paix tfEng/eterre*; elle devait enfin, i8t5" pour Içs intérêts échus des rentes viagères qu’elle avait créées. Ainsi, la dette s’élevait à 78i5" 17', somme qui ne représentait pas encore la totalité du déficit , car la ville avait compris dans son actif des créances uon recouvrées.

■ Trente-sept de ce» états sont conservés au Trésor de» charte» , où ils furent sans doute déposé» par les officiers de Saint-Louis.

1 II s'agit ici du traité dr paix conclu en n5R entre le roi de France et le roi d'Angleterre. Par ce traité, Henri 111 , moyennant une indemnité pécuniaire et la restitution d’une partie des territoires confisque* par Philippe- Auguste sur Jcan-sam- Terre, avait fait l'abandon de ses droits sur la Normandie, l’Anjo«i , la Touraine et le Poitou, et a1 était «munis à l'hommage lige pour toutes les autre» possessions qu'il conservait en France, notamment pour le Bordelais et Bayonne. Saint-Louis leva un impôt spécial pour le payement de la somme promise au roi d'Angleterre ;/ecit igUur, dit Mathieu

Paris , auquel nous empruntons ces détail» , cotligi maximam pecitninm. C'est la contribution fournie par la ville d'Amiens qui est ici qualifiée de don. Voyez Mathieu Paris, H Ut. major ,4 agita , su!» an uis ia58 et xaSç». — Dumont, Corps diplomatique du droit des gens, éd. 1796, 1. 1, p. 907, a publié, sous la date du 9 juillet i»5R, les articles de ta paix conclue entre le roi de France et le rot d'Angleterre. Les lettres de ratification données par Henri III et Saint-Louis, sont datée», la première du 90 mai nîp, la seconde du mois d’octobre de la même année. Elles se trouvent dansRvmcr, Ftrder-a, conventiones, Huera, éd. l8t6, 1. 1, p. 181 et 18cj. L’original du truité est conservé aux Archives du royaume, Trésor des charte >, carton 4*199.

AMIENS

niÿ.

Pour évaluer ce chiffre de 7815" 17", il faut le traduire en monnaie actuelle aussi exactement que la chose se peut. En ta 5g, l'argent monnayé était à 11 deniers ta grains ou £ de fin le marc d’argent fin valait 54' Tournois, et le marc d'argent monnayé 58‘ Tournois ou 46' 5d Parisis ’. Il y avait donc dans les 7815* 17* Parisis, montant de la dette municipale d'Amiens, 3367 marcs d'argentà 1 1 deniers ta grains de fin. Aujourd’hui, le kilogramme d’argent pur, c’est-à-dire à ta deniers de fin , vaut aaa'' aa‘, ce qui porte la valeur de l’ancienne livre d'argent à io8r' 77' et le prix du marc à 54f’ 38'. En déduisant de celte dernière somme -, on obtiendra pour valeur actuelle du marc d’argent à s ou 11 deniers ta grains de fin, 5a* 10'. Cela posé, si l’on multiplie 5a* io" par 3367, chiffre de la dette d’Amiens évaluée en marcs d’argent, ou trouvera que le montant de cette dette représente, en monnaie actuelle, 175,455* 5o'; mais ce n’est là qu’une valeur nominale, la valeur réelle est beaucoup plus grande. Des calculs qu’on peut croire exacts établissent qu’au vin' siècle le pouvoir de l’argent était six fois plus fort qu’aujourd’hui. En les adoptant, l’on est amené à conclure que la somme qui figure dans l’état des dettes de la ville d’Amiens à cette époque équivalait réellement à 1, 053,733* 3.

Les rentes à vie, qui sont pour la première fois mentionnées dans la déclaration qu’on va lire, formaient, au moyen âge, l’un des articles les plus importants des comptes de recettes et dépenses communales. L’intérêt de ces rentes, servi par les villes, était proportionné à la durée probable de la vie du préteur, et, moyennant cet intérêt, le capital se trouvait acquis aux communes.

Quant Malm li Monnier essi de le mairie d’Amiens, l’an de Mncarnacion ftostre Segneur M ce et cliinquanle et nuef, au terme de le Paske, le vile d’Amiens devoit 111“ iinr mi" xvu livres ni' et vin'1, se les detes ke un devoit à. le vile, chest à savoir li cuens d’Anjau et autres gens, fussent venues ens.

Et si a le vile pardonné au conte le tiers de se dete, lu monte à xn‘ et xxxvu livres, et che doit le vile auvec le somme devantdite.

> Du pré de Saint-Maur, EuoiswU i monnaie. i,

1746, in-i", p. 1 a4 Rec. dei ordoun. de* rois Je

France, U III, prêt., p. eu.

a LrbUnc , Truite des monnaies , tables tic ta valeur du marc d'argent.

* Cette évaluation a pour haie les nouvelle* recherche* de M. Le ber, consignée* dan* son mémoire inédit mit Y appréciation de In fortune privée au moyen igt, relativement o«x ■voriotiotu dei râleur* monétaires et du pouvoir commercial de l'argent.

Et il »u!rf part le vile devoit adonc au roi xl.ic ' livres et lxvi livres et xni* et nu4 du don ke le vile li avoit fait pour le pais d'Engleterre.

Et si devoit adonc le vile d'Amiens xtiii' et xv livres de rente à vie.

Et en tel estât estoit le vile d'Amiens quant Jelians de Cio y entra en le mai. rie, le mardi de Paskères, en l'an devantdit

Arch. du royaume , Tre'tar Jet chartes, carton ÎS5, pièce 1 1 . engin, uir parchemin non srcllr

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