‹ Recueil des Monuments Inedits de l'Histoire du Tiers EtatChapitre 16 sur 273 · I XIII · texte numérisé non relu

I XIII

Ici se rencontre un fait qui n’est pas sans exemple dans nos révolutions modernes, celui d’une alliance politique entre la classe lettrée, les esprits spéculatifs, et la portion ignorante et brutalement passionnée du tiers état. Dans la municipalité de Paris, en i4«3, Jean de Troyes, médecin renommé, homme d ‘éloquence autant que de savoir, siégeait à côté des bouchers Saint- Yon et Legoix en parfaite communion de sentiments avec eux '. Bientôt le corps savant par excellence, l’Université, s’autorisa d’une assemblée de notables, inutilement convoquée, pour élever la voix , faire des remontrances et demander, en son propre nom et au nom du corps de ville, le redressement des abus et la réformation du royaume. Dans l’idée , à ce qu’il semble, d’associer pour cette grande tentative toutes les forces du tiers état, elle invita le parlement à se joindre à elle et aux citoyens de Paris afin d’obtenir justice et réforme ; le parlement refusa , l’heure de l’ambition n’était pas venue pour lui, et du reste il ne voulait pas se

chante* gens, trippicrs, bouchers cl e$corcheurs, pelletiers , cousturicrs et autres pauvres gens de bas estât, qui faisoient de très inhumaines , détestables et deshonnestes besongnes. .fllist. de Charles VI, par Juvénal des Ursins, Mémoires, etc., t. II, p. 481.) — Et estoit pitié de voir et sçâvoir ce que faisoient lesdictes meschantes gens, lesquels on noimnoit Cabo- < hiens à cause d'un escorcheur de bestes, nommé Caboche , qui estoit l’un des principaux capitaines desdites mcschantcs gens, (Ibid ) — Ils alloient par Paris par tourbes et délaissoicnt leurs mes tiers Et ainsi, puisqu'ils ne gagnoient rien, il falloir qu’ils pillassent et desrobassent , et aussi

le faisoient de leur auctorité pure et privée. (Ibid., p. 48a.) — On prenoit gens ausquels 011 imposoit avoir fait quelque chose dont il n estait rien, et falloit qu'ils composassent fust droit fust tort h argent qu'il falloit qu’ils baillassent. (Ibid., p. 483. — Et s’ils ne prestoient promptement, on les envoyoit en diverses prisons, et mettoit-on sergent en leurs maisons, jusque à ce qu’ils eussent pavé ce qu’on leur demandoit. (Ibid., p. 484.)

* Et precipuc quidam mcdicus famcisus, vocatus Johannes de Trecis, vir éloquent et astutus cujus consilio nsi

semper fuerant in agendis. { Chron. du religieux de Saint-Denis, t. V, p. 8.)

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