CCXI.IX
SERMENT PRÊTÉ AU ROI D’ANGLETERRE PAR GUILLAUME LEMERCIER, OTAGE DE LA VILLE D AMIENS.
Quoique la pièce suivante soit de sept ans postérieure aux lettres qu’on vient de lire, nous avons cru devoir rapprocher deux actes qu. sc rattachent directement à la même affaire, et dont le dernier offre la formule d’un serment qui sans aucun doute fut prêté, en i3Ck», par tous les otages du roi de France, à leur arrivée en Angleterre.
Pierre Cocquerel, I tin des deux otages envoyés par la commune d Amiens, étant mort, Guillaume Lemercier, bourgeois de la même ville, reçut 1 ordre d ’antrer en hostage à sa place. En vertu de ce commandement fait au nom du roi, Guillaume Lemercier se rendit en Angleterre; et, le ,6 février t368, dans le palais de Westminster, en
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AMIENS
présence de Thomas Dusfeld , curé de l’église paroissiale de Southwark, el de Richard del Mède, chapelain des diocèses de Lincoln et de Londres, il prêta serment sur les saints évangiles entre les mains de Thomas Thellewall, clerc du roi d’Angleterre, s’obligeant à rester comme loyal otage, en tel lieu cju’il conviendrait au roi de lui assigner pour résidence, et engageant comme garantie sa personne et ses biens.
Richard Prodhomme, clerc du diocèse de Carliste et tabellion public par l’autorité du pape, donne acte de ce serment fait en sa présence.
»J6â. A touz ceulx tji restes lettre» verront ou orront, Guilliam Lemercier, saluz.
i-vrté. Corne par comandement mon trèa-redouhté seigneur le roy de Ffrannce jeo soi antre en hostage, pur lui et pur l'accomplissement des choses accordées et promises à faire pur sa partie, ou lieu de feu Pierre Quoquerel, naidgaires hostage de la ville d’Amens, à très-excellent prince le roi d’Engleterre jeo promette en bone foi et [sous] le serment que j'ai fait as sainetz évangeles Dieu par ma main destre touchées en présence de sire Thomas Thellewall . clerc dudit roi d'Engleterre, prégnant meisme le serment en noun dudit roi d'Engleterre, que jeo demura loial hostage audit roi d'Engleterre en quelconque lieu q'il me ferra assigner ou bailler, et que je ferra et acomplira toutes choses que loial hostage devra faire et acomplir, et à ce jeo oblige ma persone et tous mes biens par . tomme , matière , condit ions , termes et modéracions , corne les hostages des autres villes de Ffrance ont promis, juré et soi obligez audiz roi d'Engleterre, pur la cause devantditc. Fait et doné par tesmoignance de mon sal , ou palais roial de Wymonster, le seisime jour du rnoys de (Tebruel, l'an de f Incarnation Nostre Seigneur, selonc le curse et computacion de l'esglise d'Engleterre, mil CCC sessant septissime, courrant la sisime indiccion et le pontificat du pape Urban quint l'an sisnie. Si ai requis Richard Prodhotume, tabellion publiqe, que de les choses devauntdites il en face audit roi d'Engleterre de&ouz sou signe instrument publiqe. Présantz donqe illoqc ; sire Thomas Dusfeld, permute de l'église parorhiel de Suthorp, et sire Richard del Mede, chapeleyu tle la diosès de Nicoll et de Londres, tesmoignes à ce appelles et espéciaument requis.
Et moi Richard Prodhome, clerc de la diose de Kardoilt, par l'auctorité du pape tabellion publiqe, pour ce qe je fu présant, ensemblement tire les tesmoignes devantnommez, quant ledit William fist son serment, recognust et fist toutes les choses devantdites et mist son séal à y celles, corne par-dessus sont devisées, je les ai escript de ma propre main et mis en ceste publiqe fourme
Digilized hy CoQoIe
<rt à ce pousée mon signe , en évidence el tesiuoignance des tontes les devantdits *.
WeHminter, Cbaptcr-House , lotciog document* ratalogucd, toi. 10. I.ibrary .
LETTRES DU ROI JEAN PAR LESQUELLES IL RETIRE A L'ÉCHEVINAGE D'AMIENS LA FERME DE LA PREVOTE ROYALE.
Un an après avoir confirmé au maire et aux échevins d’Amiens la ferme de la prévôté, le roi Jean la leur relira, et donna dans ce but les lettres suivantes datées du 3 mars i36a. Les motifs de celle mesure désastreuse pour la commune ne sont pas connus; et les termes de l'ordonnance ont dans leur obscurité quelque chose de hautain. « l)ék terminé par certaines considérations justes, crrlis justis ducti amsi- • deralionibus , dit le toi, nous vous mandons de mettre ou faire mettre « en noire main la prévôté d'Amiens, jusqu'il ce que les maire, éclie- « vins et habitants de celte ville, qui affirment quelle leur appartient, «aient montré leurs litres et prouvé leur droit. » Peut-être ce retrait de la prévôté eut-il lieu par suite d'une ordonnance générale, en date du 3o décembre i36o, par laquelle le roi Jean, peu de temps après son retour d'Angleterre, avait révoqué toutes les aliénations du domaine de la couronne faites depuis Pbilippe-le-flel
Johannes, Dei gracia I ranconim rex, baillivn Ambianensi rel ejus locuni ijs, tcncnli, salulem. Crrlis justis ducti considerulionibus, mandamus vobis, quuomis pre|Kisiturain Aiuhianensein ad ntaimm nostraiu , visis presentibus , ponalis vel puni faeiatis , et pur eandem régi et gubernari , donec major, scabini et babitatores ville Ainbianensis , qui ipsatu ad se asserunt pertinere, de lituloetjure
' belle charte fut inventoriée , au ut* siècle, dan» le catalogue dpi pièce* m;uo h la treaorerie roi ale d'Angleterre, par W. de Mulsho cl J. de Ncuenluiu. Ce catalogue a été imprimé dans le premier volume de The antienl knUnJart and inventories , publié à Lumlm en 18I6 par lir Franci* Palgravr. On y voit, à la page *ia. que Fade de »rr ment de Guillaume Lcuu'irxrr élail an vin-
|iagné d’une autre pièce qui ne ae retrouve plu* et qui était désignée par erlte note : et aLam htteram martJsatü Traitât trst'fuanlem ipsum GuiUielmum eue sujficieniem.
• R pc. de* ordoun. de* roi* de France , t. III. p. 4 «*. — Voyez ri •apres, p. 0*3. une ordonnance de (.liai les V, eu date du 19 août 1 364 , qui retire de nouveau la prévôté A l'échcviuage dAimeiu.
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qtios ha ben t in ipso vel ad ipaaro in caméra compotorum nostrorum Pari- Mensi légitimé docuerint, et dnnec, visis eisdem jure et titulo quos nemint auferre volumua, per nos super hoc fuerit aliud ordkintum. Datum apud Nemus Vioennense, die ni* marcü, anno Domini millésime) cccQ lx° t°.
Pro rege in suo consilio: Yvo,
Ait h, de l'hôte*! de ville d* Amiens, reg. aux rliarirs cote *, fol. 4! v*.
PRIVILÈGES ACCORDÉS PAR ÉDOUARD III, ROI D’ANGLETERRE , AUX MARCHANDS DAMIENS.
Le traité de Brétigny rétablit entre la France et l’Angleterre les »»>•• relations commerciales que ces deux nations entretenaient jadis en temps de paix. Cependant, pour ramener entièrement la confiance, il fallut des actes spéciaux et solennels, et le roi d’Angleterre, Edouard lit, crut devoir renouveler formellement les privilèges accordés par ses prédécesseurs aux commerçants amiéuois. Dans une charte datée du la mars 1 36a, il déclare qu’en vertu du traité de paix et d’amitié conclu entre lui et son très-cher frère le roi de France, voulant accorder quelque gracieuse faveur aux bourgeois et marchands d’Amiens, il les place eux et leurs biens sous sa protection et sa sauvegarde royales, et leur garantit une entière sûreté pour eux et pour leurs marchandises, soit qu’ils séjournent, soit qu’ils voyagent en Angleterre et dans les autres pays soumis à sa puissance. En conséquence, il ordonne à scs officiers de ne leur causer aucun dommage et de ne pas souffrir qu’il leur en soit fait, pourvu toutefois qu’ils n’apportent en Angleterre aucunes marchandises prohibées , et qu’ils se soumettent au payement des droits et impôts accoutumés; enfin il défend de les Inquiéter pour des délits commis, avant la date de ses lettres, pendant les guerres ou trêves précédentes.
Rymer, Fermera, conrrntrortei, littertr, etc., ed. I.ondini i*il, t. III , pin II, |». 60*.
CCLIJ.