‹ Recueil des Monuments Inedits de l'Histoire du Tiers EtatChapitre 220 sur 273 · QUITTANCE DONNÉE A LA COMMUNE D AMIENS PAR LE MAIRE DE LONDRES · texte numérisé non relu

QUITTANCE DONNÉE A LA COMMUNE D AMIENS PAR LE MAIRE DE LONDRES

On a vu ci-dessus 1 que, d’abord en ia37 el ensuite en i334, le» marchands d’Amiens avaient obtenu à Londres la franchise de Ions droits sur les objets de leur commerce, moyennant une rente de cinquante marcs sterling qu’ils devaient payer, chaque année, à la commune de cette ville. Ils furent peu exacts à remplir cet engagement; les arrérages de la dette s'accumulèrent, et, vers l'année i365, ils étaient considérables. A cette époque, un Amiénois, Simon Pié-de-Leu. • p. vis.

XIV' SIÈCLE. Gat)

souscrivit, au nom de ses concitoyens, une obligation de deux cents livres sterling envers Adam de Bury, maire de Londres. L’acte en fut scellé du sceau de Simon Pié-de-Leu et du signet île Mônpetler. Ce nom est-il celui d’un notaire public, ou bien s’agit-il du petit sceau de lu ville de Montpellier, ce qui prouverait qu’il y avait alors à Londres un agent de cette ville, consul de commerce, accrédité par elle? Dans ce cas, le sceau consulaire de Montpellier aurait servi à rendre authentique le seing privé de Simon Pié-de-Leu, et ce serait un exemple de l’assistance que se prêtaient l’une à l’autre les villes de commerce dans leurs relations avec l’étranger. Du reste, nous ne nous prononçons point sur ce fait et nous le donnons ici pour ce qu’il est, puur une simple conjecture.

Le payement de l’obligation devait se faire à Pâques, premier jour de l’année i366; il n’eut pas lieu à ce terme, et un accord s’ensuivit, par lequel il fut convenu que les bourgeois d’Amiens payeraient aux magistrats de Londres, en quatre termes, la somme de deux cent cinquante marcs sterling. La pièce qu’on va lire est une quittance donnée par Jean Lovekyn , maire de Londres , pour la moitié de cette somme

• I) parait que 1a «un me annuelle due à la ville de Londres par les marchand* amiénoi* faite il partie des émolument* attachés à l’ office de maire. Le* arrérage* payés, en 1 367, à Jean Lovekyn, maire de relie année , revenaient de droit 1 plusieurs maires sorti* de charge ou à leurs ayants cause. Il devait en rrmettre to livre* è la veuve Je Simon Dolsely, ancien maire; »t livres è Jean Peeehe , ancien maire ; *0 livre* à Étienne Caveudysb, ancien maire; 40 marcs à Adam Franeey* , ancien maire, pour drus années; *0 mares k Jean Scodey, ancien maire, et autant è Jean VVrodi, ancien maire. La mort ayant surpris Jean Lovekyn avant qu’il cilt pu effectuer ce* divers remboursements , Guillaume Walworth , son héritier ou sou exécuteur testamentaire, s’acquitta de ce devoir, le 4 mai 1 370 , en présence du maire «t des aldermancs. Bien que l'acte qui constate ce fait n’ait pas uu rapport direct à l’bistoire municipale d’Amiens, il nous a paru asseï curieux pour être donné ici :

« Die aobbeti proxi ma potl fatum apotlolorum Pfcilippi et Jacubi , anno regm reg is Edwardi tercii pool conqncstum quadragesùno tertio, Willelmus

Walworth sofrft Mc , ta preseneu Simon» de Mordone, majorai, et aldermanorum , pro Johane Lovekyn, defuueto, Job a ni Lille et Johane uxori ejus , que fuit uxor Simon»* Dolsely, nu per majori» Loodonetwi», e&eeutrtci testament i iptittt Si mou», x libre* in minibus prédirai Johani* Lovekyn rémanentes, ridem Simon! Dolsely débita* de tempore quo idem Simon fuit major rivitatis predîcte. pro métra tore» d’ A raya» in peraoluciouem firme per co*dcm raereatorrs eidem Sîmoui Dolsely de temporc predkto débité.

- Item , Johanui Perche , nuper majori eiviutis predic te, ui libres in persolucioaem firme, per dicta» mnralore» eidem Johaaai Pecche débité de Irmporr quo idem Johannes fuit major.

- Item , Stephano Caveodysh , nuper majori «vitali* p redicte, xx libre* in persolutioncm. . . «le. . .

« Item, Adami Ffrancey* , nuper majori. . . pro duobus annis, xx. mareas.

- Item , Johanui Scodey, nuper majora. . . . xx

-Item, Jobaam Wroch, nuper majori... xx mareas. • (Londres, arch. de Guild-Hatl, livre c , •fol. *17.)

63o AMIENS

1 J6?- A toux yceaux qi testes lettres verront ou orront , les maire et andermans de

,«*u. la cité de Lonndres , sa lux. Corne les merchantz de la cité de Amyas long temps à ceo feusent obligés à rendre chescun an à nous et al comunalté de Londres la somme de cynkant mars d'esterlyngs, pur avoir certens ffraunchisez et libertés en ladite cité de Lonndres, plus au plein déclare* en certeins lettres sur ceo faites, desqueles nous avons pardevers nous une endenttire sou* le seal de la comunalté de ladite cité d'Amyas, et encement ount les marchant* et burgeys d’Amyas une autre endenture son* le seal de comunalté de Loundres, et pur plusours et divers aun* des arrérages de ladite somme de cynkant marc* ce feut darréniement Simon Pié-de-Leu, marchant et burgeys d’Amyas, obligé à Adam de Bury, adonqe maire de ladite citée de Loundres, en deux cent* livres d’esterlings, par lettres ensealées de son seal et de signet de Monpeller, à payer audit Adam au jour de Pasclie qi feurent en l’an mill ccc lxvi j et après ceo feust fait acord entre nous maire et andermans devantdit, d’une part, et ledit Simond et plusours altres bones gentz et merchantz d’Amyas, d’autre part, en le manère que s’ensuit, c’est assavoir ; qe pur le payement deue, par force de ladite obligacion fait audit Adam de Bury, adonqes maire de Loundres , de tous les arrérages encurrus para van t ladite accorde ,pur cause desdit* cynkant marcs d'esterlings due* annuelement par le&dites bones gentz et raerchant* d'Amyas, pur lesdites ffraunchyses et libertés avoir, corne compris est en les endentures avantdite* , les bones gentz d'Amyas payerount à nos avantditz maire et aldermans deux cent* et cynkant marcs d’esterlings, à payer à certenz terme* compris denz certenz endentures dudit acord entre nous faite. Et de la somme contenu en dit acord nous ont esté payez , par le mayn dudit Simond , la somme de sessantc-deaux marc* et demy d’esterlings, pur le terme de lesTouxsentz darrein passé. Sachent tou* qe nous Johan Lovekyn , à présent maire de Loundres, par cause dudit acord , de requief avons ew et resceu dudit Simond et des merchantz d’Amyas par le mayn Willlim Piedleu , ffrère dudit Simond , la somme de sessante-deux nuirez et demy d’esterlings pur le terme de Pentecost l’an mill ccc lxvii, secunde terme de ladite obligacion , des queux nous nous tenons à plein payez et en quitdns ledit Simond et lesditz merchantz d’Amyas , et leu promettons à tenir et faire quite et paisible pardevers ledit Adam de Bury, pardevers lequell il feust obligé primèrement pur ladite cause, auxi corne mencion ent est faite pardesus et pardevers tou* altres qi purront à lui ou à ascune cause de lui vailerount pur ceo ascune chose demaunder. Doné à Loundres, sous le seal dcl mairallé dcldite cité de Loundres, le vi* jour de juin, l’an le roi qu’ore est xti.

Londres, «rch. de Guild-H»ll , livre », toi. 19».

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