‹ Recueil des Monuments Inedits de l'Histoire du Tiers EtatChapitre 24 sur 273 · CT · texte numérisé non relu

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INTRODUCTION

II y a de grandes leçons dans les crimes politiques; celui du ad août 157a démentit bientôt les espérances de ceux qui l’avaient commis. La réformation 11e périt point par la mort de ses plus nobles chefs, et le pouvoir, qui avait voulu noyer dans le sang les soucis qu’elle lui causait, retrouva sur sa route les mêmes embarras compliqués de périls nouveaux. Outre ceux qui survivaient aux massacres ', et dont il s'était fait des ennemis irréconciliables, il eut contre lui la sympathie pour les victimes, l’indignation humaine et scs propres remords. L'opinion modérée, celle qui avait conseillé en vain la tolérance et la paix , se souleva et lit sortir du sein de la France catholique une faction sans esprit de secte, un troisième parti armé, qui reçut le nom de politujue, et s’unit aux protestants pour soutenir, dans leur cause, la cause des droits humains et de la justice. Pour avoir violé ces droits avec une odieuse barbarie, le gouvernement vit ses propres droits niés par représailles, et la guerre contre un roi prévaricateur proclamée comme légitime. Les doctrines républicaines, nées dans quelques âmes de l’étude de l’antiquité et de l'esprit de libre examen, éclatèrent alors dans des livres où la science de l’histoire et la subtilité du raisonnement se mêlaient à des cris de haine et de vengeance’. Fruits du désespoir des

' l«es épouvantables scènes de Paris se répétèrent à Meaux, A Orléans, à Bourges, A H mien, A Angers, A Lyon, A Toulouse et tiiitw beaucoup de villes de moindre importance.

* Voy. le Discourt de la servitude volontaire, par Étienne tic la Boétie; l'ouvrage de François Hotmail, intitulé Franco-Gal- Ua; celui d’Hubert Languet, Plndicitr con-

tra tyran nos y sire de principis in populum populitpie in principcm légitima pote st air ; les A popht flegmes ou discours notables recueillis de divers auteurs contre la tyrannie et les tyrans ; le Disrottrs des jugements de Dieu contre tes tyrans , recueilli des histoires sacrées et profanes ; le Traité du droit des magistrats sur leurs sujets, etc.

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protestants et d’un sentiment public de colère et de désaffection, ces livres, dont quelques-uns sont demeurés célèbres, lurent pour nous la source d’opinions extrêmes qui, persistant depuis lors, plus ou moins actives, plus ou moins puissantes, selon le temps et les circonstances, ont formé et forment encore l’une des catégories de la grande opinion nationale.

Moins de quatre ans après le sanglant coup d’état de Charles IX, son successeur et l'un des instigateurs de son crime, Henri III fut contraint de subir les conditions de paix que lui fit la confédération victorieuse des calvinistes et des catholiques associés. Le cinquième édit de pacification, celui du i4 mai 1^76, dépassa tous les autres par l'étendue des concessions faites aux réformés *. Il fut statué par cet édit que l’exercice du nouveau culte serait libre et public dafts tout le royaume, sauf Paris et la cour ; que les mariages contractés précédemment par des prêtres ou des personnes religieuses seraient légitimes ; que des tribunaux mi-partis de protestants et de catholiques seraient institués pour le jugement des causes des calvinistes et des catholiquesunis ; que toutes les sentences portées depuis le règne de Henri II pour cause de religion seraient annulées; que les condamnés et les proscrits seraient amnistiés, et qu'une exemption d’impôt serait accordée , comme indemnité, aux veuves et aux enfants des victimes de la Saint-Barthélemy \ C’étaient là de nobles me-

1 Le premier **dit de pacification fut rendu le 19 mars i5t>j,lc second est du •.*3 mars i5ti8, le troisième du mois d'aoùt tüyo, et le quatrième du moi» de juillet

1673. Voy. le Rec. des anc. lois française*, t. XIV, p. |35, 316, 3 j 9 et 16t.

’ Ibid. , p. 180 et suiv.

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