ORDONNANCE DE I. ÉCHEVINAGE D AMIENS SUR LA VALIDITÉ DES CHIROGRAPHES
Il était d’usage, au moyen âge, dans les contrats synallagmatiques, de dresser autant d’actes qu'il y avait de parties contractantes, et pour rendre toute fraude impossible, on traçait sur une même feuille, entre chaque copie, des caractères ou des mots qui étaient ensuite coupés en ligne droite, ondulée ou dentelée, comme les feuilles des registres à souches dans les administrations modernes. Os sortes d’actes, très-
AMIENS
Hoo
frequents au moyen âge, sc nommaient chirographes. A Amiens, les chirographes, qui comprenaient tous les transports des rentes, cens et propriétés foncières, étaient passés par-devant les officiers municipaux, et malgré le caractère d’authenticité qu’ils présentaient, il arrivait souvent, lorsqu'on les produisait en justice, que les parties en contestaient la validité, ce qui prolongeait outre mesure la durée des litiges. Vers la fin du xiv* siècle, l’échevinage, pour remédier à cette mauvaise foi des plaideurs, rendit l’ordonnance qu'on va lire. Elle porte: ia celui qui niera la validité d’un acte produit contre lui, déjà reconnu par lui, et ayant forme de chirographe , payera une amende de quarante sous, a" Quiconque, dans un procès, contestera l'authenticité d’un chirographe, payera dix sous d’amende à ceux qui en représenteront la contre-partie cherchée et trouvée dans les archives municipales.
»ic Par les estans en eschevinage fu ordonné, pour ce que plusieurs personnes „,i„. nyoient chirographes contre eulx produis en tesmoignage , et que par ce les causes estoient oultre mesure prorogiez , que quiconques nyera chirographes contre lui produit, puis que le nyant ara chirographe recognut, il enqufrra en xl sols d’amende, touteffoiz que chirographes ainsi nyez sera prouvez estre chirographes.
Item, fu adjousté que quiconque nyera chirographe d’aucun fait, il paiera x solz d’amende à cheulx qui le contre-partie querront et trouveront par devers le ville.
Arcb. de l'hôiel de ville d'Amiens, reg. bus rluuiet coté n , fol. 36 .
SUPPLÉMENT
LETTRE DE PHILIPPE-AUGUSTE A HUBERT DE BOURG , JUSTICIER D'ANGLETERRE, EN FAVEUR DES MARCHANDS D’AMIENS.
La lettre qui suit est une seconde missive adressée par Philippe- Auguste* , à Hubert de Bourg, justicier d’Angleterre, qui exerçait de fait l’autorité souveraine pendant la minorité de Henri 111. Le roi de France réclame, pour la seconde fois, cil faveur des marchands d’Amiens, le prix d’une certaine quantité de blé qu’ils avaient exportée dans la Grande-Bretagne. Le tou de sa lettre est positif et impérieux. Nous vous mandons avec plus d'instance, dit-il, que vous rendiez cet argent à nos sujets , comme vous voudriez qu’en pareil cas nous le fissions rendre aux sujets du roi d'Angleterre. La pièce n’est point datée, mais elle a dû être écrite entre les années iai4 et iaa3, puisque Hubert de Bourg fut justicier d’Anglelerrc de m4 à 1337, et que Philippe- Auguste mourut en taa3.
Pliilippus Dei gratia Francorum rex, dilecto suo Huberto de Burgo, justi- „l( ciario Anglie, salutem et dilectionem. Alîa vice vos rogarîmus quatinus burgen- 1 ^ ; sibus nostris Ambianensibus redderitis peccuniam quani eis debetis pro blado suo quud habuistis ; sed quia , sicut asseruut , illam nundum reddidistis, vobis , iterate rogantes , attendus mandumus quatinus eis predictam peccuniam reddatis, sicut velletis quod hoininibus regis Anglie reddi faciemus; ita quod propler hoc vobis ad gratiarum actiones teneamur, et ipsos super hoc amplius non opporteat laborarr.
Areh. d« Il Tour de Loudcea, ÂncieMt corretponduHct Jortign, pièce a* 161. — Original sur parchemin um trace de sceau.
T. I. lOt
8oa
AMIENS
SERMENT DE FIDELITE PRÊTE A SAINT LOUIS ET A LA REINE, SA MERE, PAR LE MAIRE ET LES ÉCHEVINS D AMIENS.
A la fin de l'année 1217, Philippe-Hurepel , comte de Boulogne , renouvela la ligue formée après la mort de Louis VIII contre la régence de Blanche de Castille. Le comte de Champagne, Thibaut VI, et le duc de Bretagne entrèrent avec le comte de Boulogne dans un complot, dont le but était de s'emparer de la personne du jeune Louis IX , et d’enlever la régence à la reine Blanche. Il parait même (ju’il fut un instant question entre les rebelles, de détrôner le fils de Louis A 111, et de mettre à sa place Enguerrand de Coucy. Dans ces circonstances difficiles, la reine régente voulut rallier autour d'elle toutes les forces de la couronne et s'assurer de la bourgeoisie contre les seigneurs révoltes. Une formule de serment fut envoyée aux communes qui relevaient iitimédialemenl de l'autorité royale. Tournav, Arras, Noyon Soissons, 1-aon , Sentis, Compiègne, Saint-Quentin, Beauvais, Rouen et d'autres villes répondirent à l'appel de la régente; il en fut de même d’Amiens. Dans la charte qu’on va lire, le maire et les échevins de cette ville déclarent qu'ils ont juré de défendre de tout leur pouvoir, le corps, les membres , la vie et Y honneur terrien de Louis, leur très-cher seigneur, et de la reine, sa mère, d’adhérer à leur cause et de tenir pour eux envers et contre tous.
Universis ail quos présentes littere pervenerint , major et scabini Atubianenses, salnlem. Noverit universilas vestrn nos jurasse quoil pro tolo posse nostro lîdeliter servabimus corpus , uiembra , vitam et honorent terrenum karisaimi domini nostri Ludovici, regis Franeorum illustrés, et domine regine matri-s ejus , et filioriim suorum , et adherebimus et nos tenebimus eident domino régi et domine regine, matri ejus, et filiis ejus conUa omîtes homines
* Voici la Iule de cm villes : Leni , Ornv , Cbatiny, Crépy, Bcaumont-sw-Ôise , t.apy, C.haumont-sur-Maroe, Albies , Roye, Bray, Corbie, PtérontMs, Hnn, Montdidicr, DouJlem, Saiot-Riquier, Montreuil . Hradin , Ponloiw , Mantes ,
Saint-JunicQ , Pomponne, Bruyère» , Vcmeuil , Veilly, Limoges, l/errlw. Les actes originaux constatant le serment que ces villes oot prêté, tt trouvent aux archives du royaume, Trésor des charte 1 , carton coté 6a*.
SUPPLÉMENT
et feminas qui possunt vivere et mori. In eu jus rei testimonimn sigilluni nostrum presentihus litteris du xi mus apponendum. Actum anno Domini m“ cc° xx® octavo , mense octobris.
Àrcb. du royaume, Trésor des chartes, carton coté 627, pièce n' 81 3, original »ur parchemin scelle du sceau de la commune d'Amico», pendant «ir simple queue de parchemin.
FRANCHISES COMMERCIALES ACCORDÉES PAR LA COMMUNE DE LON- DRES AUX MARCHANDS D AMIENS, DE CORBIE ET DE NESLE.
Au mois d'octobre ta37, les marchands d’Amiens, de Corhie et de Neslc qui trafiquaient avec Londres, obtinrent à perpétuité, du maire et de la commune de cette ville, diverses franchises commerciales, moyennant une rente annuelle de cinquante marcs sterling payables en trois termes. Voici l’énumération de ces franchises :
1" Les marchands des trois villes d’Amiens , Corbie et Nesle pourront librement charger, décharger, emmagasiner leurs guèdes, aulx et oignons la ville de Londres , les vendre aux étran-
gers comme aux bourgeois, les transporter dans toutes les provinces de l’Angleterre par terre et par eau, et en trafiquer comme ils l’entendront.
a* Ils jouiront du même privilège pour toutes leurs autres marchandises, excepté pour les vins et les blés apportés d’outre-mer.
3* Les marchands des trois villes ont droit de choisir des juges parmi eux, et si quelqu'un d’entre eux refuse de se soumettre à la décision de ces juges, les vicomtes de Londres devront l'y contraindre.
4“ Tout marchand des trois villes qui voudra tenir hôtel pour héberger ses cmn[>atriotes, sera libre de le faire, mais à condition que ce ne soit pas pour plus d’un an.
5° S’il arrive que les marchands des trois villes soient obligés de quitter Londres pour cause de guerre ou par ordre du roi d’Angleterre, ils seront dispensés de payer la ferme pour la portion de l'année pendant laquelle ils auront été absents.
0* En temps de paix, ils pourront librement charger à Londres et emporter sur le continent toutes sortes de marchandises achetées par
AMIENS
eux en Angleterre, à l’exception des armes et des bestiaux, et sauf le cas où une prohibition spéciale aurait été faite par le roi.
Cest, disent les magistrats de Londres, afin que les marchands des villes d’Amiens, Corbie et Neslc, viennent plus volontiers et plus fréquemment dans leur cité , qu’ils leur ont accordé ces privilèges. De leur coté , les marchands des trois villes s’engagent à donner aux magistrats de Londres, comme une sorte de pot-de-vin et pour cette fois seulement, la somme de cent livres sterling qui devra être employée aux ouvrages faits pour amener les eaux de Tiburne dans l’intérieur de Londres.
La charte de celle concession fut donnée en plein husting *, c’està-dire à l’hôtel de ville, dans l’assemblée générale des citoyens, en présence du maire, d’un des vicomtes, des dix-huit chamfcrleins , et scellée du sceau de la conumumuté de Ixnidres.
ïa5"- A toux ceus à qui cest présent escrit avera venu, le meyre et la comumî. nauté de tote la cité de Londres, saluz en Deu. Sache vostre universeté nous, del comin conseyl et de Tassent de tote la cité de Londres, aver grantée et par nostre présente chartre confermé, pur nous et pur nos à tuz les marchanz
de Amyas, de Corbyc et de Neele et à lur successors, burgeys de les devandytes viles, totes les custumes desous escrites à aver à touzjors , c’est à saver: que il peussent carker et descarker et herherger lur veydes, ayl et eignons dedenz la cité de Londres, sans male occasion, et les vendent en la cité de Londres ausi ben as estranges du reauitie d'F.ngleterre cum à citeins de Londres, et que il pussent mener lur marchaundises a validités hors de la cité de Londres en le règne d’Engleterre , par teres et par ewes, à marchaunder de eus, si cum eus veront meuz espleyter. E nous avoun granté à mesmes tens que il pussent carker et discarker et herherger en la cité de Londres, sans male occasion, totes lur autres marchaundises, horspris vin et blé que il averont mené de les parties delà la mer, et les vendent à citeins et ne mye as autres en la cité, et les peussent mener hors de la cité par les parties de Engleterrc à marchaunder de ces, si cum il vedront, sauve les drectes et dues custumes de la cité. Cestes custumes adecertes grantom-nous à mesmes tens [à eux] et à lur successors à aver à touz jours, rendant de ces par an, à viscontes de Londres qui adonks seront, cynkante mars d’esterlinges à la ferme de la cité à fere, c’est à saver : à treys termes de Tan desous escriz , cest à saver en les feyres de SeinuYve, Hoylande et Wyn-
1 Huiting ricot des mois anglo-saxons hut. maison, e! thimg, cause, assemble? judiciaire.
Digitjzed by^CàfiOglp
SUPPLEMENT
rester. Et par aventure si acon des avandiz marchanz ne vodra e&tre justic e en Londres par ses conpaignons de les avnndites viles, les viscuntes de Londres à la pleynte de ses conpaignons luy deveunt destreindre, jesques il eyt fet le gré de ses conpaignons. E si acon des conpaignons de les avandiz marchans vedra hostel tenyr à receyvere ses conpaignons, ben plera à luy, deinenters que il ne fet detuure outre un an entier. E sy par aventure «teigne, que Deu défende, que les marclmnz de les avandites treys viles, par cheature de guerre ou par commandement nostre seigneur le rey, ne pussent fere denture en la cité de Londres, les avundiz marcha riz seront quites du payement de lur ferme, par tant de tetis que lur faudra de l’an entier, par guerre ou par comandement nostre seigneur le rey ; adecerles totes matières de marchaundises que yl averont achaté en la régnée d'Engleterre il pount, sanz malt* occasion ou des turbance, carker en Londres e mener en les parties de la mer en tens de pès, horspris vinndis et armys, si nous ne eyom espéoiaument la réale prohibition des marchaundises avandites. Testes cestes choses avom granté à les devandiz marchanz que il le plus voluntiers et le plus souvent veignent en la cité ové lur marchaundises, à mendement du règne et de la cité, ftVsant as viscuntes de T/ou> dres et à lur ministris, de tuz lur avers et marchandises, droites et dues costumes , venant en la cité , denture fesant en la cité, alant de la cité en les parties d'Engleterre, repeyrant en la cité des parties d'Engleterre, départant de la cité en les parties delà la tner; sauve en totes choses fey et léauté de nostre seignur le rey d’Engleterre et de scs Iteyrs. Adecerft* pur ceo grant et pur le consentement de nostre présente chartre, les avandiz marchanz de les avandites treys viles nous donerunt cente libres d'esterlinges au conduyt de l*ewe de la funteyne de Tyhurne, à mener en la cité de Londres e que ceo sevt ferme et estable, nous avom afTorcé cest présente escrit du seal de nostre cornunauté. Donné, en pleyn hustenge de Londres, devant Andrcu Bekerel, adonk meyre de Londres, Johan 'Thelusan et Gerveys Cordewaner, adunk viscuntes de Londres, Richard Reuger, Ranf Assewy, William Joiemer, Jonviel Jecardbat, Joce le fi z Perys, Robert le fiz Jen, Henri de Cechram, Jordan de Coventrei, James Le Blunt, Waryn fi Nicole, Ranf Sparling, Roger Le Rlunt, Ffelyppe de Leycester, Henri le fiz Willaume, Roberd de Vasinges, Ramon du Chastel , Jon de Wohurne, Jon Wacher, adonk chauraberlcyn* de Londres, et autres assez, Van de l’incarnation de nostre Scignur m cc trente et seet, le lundy avant la feste Seynte-Lucye, le quart yde de ottobre en mesmes le moys.
Londres, areh. de Guild-Hall . rrç. colé c, fol. 46 v*.
1 On trouve aux archives de Guild-Hall , dans ville de Londres, toutes lessourrrs qu'il pnurdait le registre coté à, fui. 8, une copie de Pacte par ou qu'un pourrait trouver dans son fief de Tvlequel Gilbert de Senford doutas, en 11 16. à la burne.
Ho(i
SI PPLIQUE DE L’ÉVÊQUE D’AMIENS AU ROI D’ANGLETERRE EN FAVEUR DE PLUSIEURS MARCHANDS D AMIENS ET D’ABBEVILLE.
I.a paix conclue, en i aSç) , par saint I-ouis el Henri III , avail établi les meilleurs rapports entre la France et l’Angleterre. Mais après trentecinq ans <le bonne intelligence , des rivalités commerciales réveillèrent l'hostilité des deux pays. En laqa, une première querelle éclata dans le port de Rayonne, entre les matelots anglais et normands, et l’un de ces derniers fut tué. Irrités de sa mort, ses compatriotes abordèrent un navire anglais, pendirent le pilote au liant du mât avec un chien attaché à ses talons, et massacrèrent une partie de l’équipage. Des cor- >, lires armés par représailles dans les cinq ports d’Angleterre1, attaquèrent les navires normands. Pendant le cours de ces désordres, îles marchands d’Amiens et d'Ahlveville ayant chargé des vins sur des vaisseaux normands, les Anglais prirent ces vaisseaux et transportèrent la cargaison dans leur pays. C’est it l’occasion de cet acte de piraterie , que la supplique suivante fut adressée par l’cvcquc d’Amiens Guillaume de Mâcon, au roi d’Angleterre, Edouard I".
! .'évêque expose dans sa requête que les marchands picards, et principalement ceux d’Abbeville , ont eu dans les derniers temps fort à -.ou (Tri r des violences de toute espèce commises en mer par les Normands et les Anglais ; que tous les vins achetés par eux en Gascogne cl embarqués sur des vaisseaux normands ont été pris parles Anglais; que ces marchands ainsi que tous leurs concitoyens sont cependant restés étrangers à la querelle des deux partis; qu’aucun acte d’hostilité de leur part n’a provoqué celte saisie, et enfin qu’ils sont dans leur coeur plutôt du parti des Anglais que de celui des Normands. L’évêque rappelle au roi d'Angleterre que d’anciens traités assurent dans tous ses domaines sa protection spéciale aux habitants de la ville et du diocèse d’Amiens.
' Ce ikhu dètigne en Angleterre les cinq villes maritime» qui font face a la cfite de Franri* , Dîiprre* , llavtinu» , Sandwich , Rumnev et Hithe.
Digdiz
SIMPLEMENT
En conséquence, Guillaume de Mâcon supplie le mi de faire restituer les vins saisis aux marchands d'Amiens et d’Abbeville, qui ont engagé dans l’acquisition de ces vins la plus grande partie de leur avoir. Il termine par une demande qui lui est personnelle et déclare que parmi les vins saisis se trouvaient quarante barriques, achetées de ses deniers et pour son propre compte par un bourgeois d’Amiens, nommé Dreux Malherbe Il prie le roi de vouloir bien ordonner la restitution de ces quarante barriques, ou de lui adresser des vins de sa provision particulière, attendu qu’il n’a rien a boire dans la présente année.
Excellcntissimo principi et carissimo domino suo doinino Eduardo, Dei grutia régi Anglie iilustri , G[uillelmus], ejusdem misera tione Ainbianensis episcopus, '*94, salutem in eo per quem reges régnant et principes dominantur. Cum ex guerra et conteiuptione inter viros Norroannie et Anglie maritimos cédés et multa mala, instigante diabolo, pervenerint et cotidie perveniaut, quod dolenduni, occasione cujus, nuper multi niercatores nostre dioeesis et maxime Ahhatisville, que nostra est, et rivitatis nostre Ainbianensis, cujus cives vestri devoti et obsequiale6 sunt, peculiares abantiquo, etsemper parati ad vestra beneplacita et mandata , et in protectione vestra in omni districtu vestro, quoad bona et ntercationes eorumdcin multa dampna sustinuerint, et maxime liiis diebus, cuiu ntnnia vina eorum que emerant in Vasconia , que in navîbus Normannorum fuerunt inventa, sint ducta in Angliam et apportata per homines qui sunt in vestra potestate et jurisdictione, ut dicitur, eompertosis manibus; quod cum dicti cives Ambianenses et homines Ahhatisville in nullo sint in culpa, immo plus ex corde sint, sicut scitnus, de parte Anglicoruin quant Normannorum, quod vos vina eorum que fuerunt inventa in illis navilms captis eisdem deliberari, si placent , faciatis. Hoc dicimus et testamur coram Deo quod mulü de istis mcrcatoribus majorent partent fortunarum suarum posuerant in illis mercaturis vinorum, et, nisi eisdem per clementiani vestre régie majestalis succurratur in hoc casu, ipsi et eorum filii necesse habebunt perpetuo raendicare, licet omnino sint sine culpa. Et, quia dicitur in proverbiis quod quelibet vetula plangit dolorem suum, nos ipsi eroi de nostra pét unia quadraginta dolia feceramus per quemdam mercatorent Ambianensem qui vocatur Droco Malerba, que dolia sunt signata signis una cum nominibus nautarum et navium in cedula présent ibus interclusa ; unde, si placet regie majestati, vina predicta restitua fa-
• Dreux Malherbe, mentionné plusieurs fois fut maire d'Amiens ; U mourut en iay4. Voyez dan» ce volume à la seconde moitié du utt* siècle , ri-dessos , p. a68 et 3oi.
AMIENS
cialis, quia omnino su mus sine culpa, aut de vestrô nobis iran&mittati* , qui a nicliil liabeinus ad potandum quoad annum presentem. Vivat et valeat vestra inajestas regia per tempora longiora. Datuni Ambiants, die Veneris post Trinilatent.
Arrli. de U Tour de l.ondre*, Ancirnt correspondant* forcign. — Original «ir parchemin au dos duquel ou lit celle suscriplioii : Screuissioio principi domi ou Ednardo', Dei gralia régi Ançlie illuslri.
LETTRES DU MAIRE DE LONDRES AUX MAIRE, ECIIEVINS ET BOUR- GEOIS DES VILLES D'AMIENS, CORBIE ET N ES LE.
Eu i jç)8, l'abonnement annuel, consenti soixante cl un ans aupalavant par les bourgeois «l’Amiens, «le Corbie et «le Nesle, avait cessé depuis plusieurs années «l'être ac«piiltê exaetemenl , et les marchands «les trois villes, craignant qu’on ne les obligeât individuellement à payer les arrérages, avaient abandonné le marché de Londres. Dans la lettre suivante, le maire de eette ville leur mande qu’ils peuvent en toute sùrelc venir à Londres avec leurs marchandises, «pi’ils y jouiront «les privilèges qui leur ont été concédés précédemment, à condition toutefois que le terme d’abonnement pour les six «lerniers mois sera exactement payé.
A nobles liunimes sages et hutinrables luy ineire e les esqoyvins et autres pruilesbuiiiiues de Amiens, Nele et de Corbye, Henri leGaleys, maire de Lon- ■Ires , salti* e bon amour. Tôt seit-il que vos Imrgcys de voz viles avanilitrc nous «aient tenu* en une ferme annuelc, dont se doutent de venir ové lour marrhauudiaes, ausi coin il solnient venir à notre cité avandite, pur acunes arrérages de ccle ferme annuelc ; Nows vous fesons à saver que tou* les vo* , qui qu'il soient, sauvement etquitement et sans eucheison désormes teignent, ausi fraunchement de venir et de aler et ademorer eum il onkes firent çà en arère ové loirs lours marchandises, en notre cité avantdite, sawe à nous la fenne lie demian, c'est à saver entre la Pasehe et la Seint-Micbel derain passé. E, pur eus, vous e nous le meuler aseurer, au portur de ce le lettre nous avons nos lettres overtes donées ensellés du seal notre nieyramlc. Donné à Londres lendemain «le la Seinlc-liaterine, l’an du reigne notre seigneur le roy Éjdouard] xxvu.
Londres , arch de Guild-Hsll, r«*g. colé c,foL sS.
SUPPLÉMENT
LETTRE DE PHILIPPE LE LONG, RÉGENT DU ROYAUME DE FRANCE, AU ROI D’ANGLETERRE ÉDOUARD II, TOUCHANT LA PRISE D’UN NAVIRE ANGLAIS.
Celle lettre et la suivante sont relatives à la même affaire. Sou* le 1 ègne de Louis X , un navire appelé le Petit-Bayard , chargé de laines et appartenant à des marchands anglais , avait été, on ne sait sous quel prétexte, capturé et saisi par l'amiral de France. Les Anglais au préjudice desquels la prise avait été faite demandèrent la restitution de leurs marchandises. Philippe , comte de Poitiers , devenu régent du royaume, à la mort de Louis le Hiltin, arrivée le 5 juin i3i6, leur lit répondre, en les ajournant à la prochaine fête de Noël, qu’ils eussent à se présenter devant lui ou à envoyer des fondés de pouvoir, et que satisfaction leur serait donnée. Après et nonobstant cette réponse, menace fut faite, au nom du roi d’Angleterre, de saisir les biens des marchands français, et en particulier de ceux d’Amiens.
Sur ces entrefaites, le régent fil dans la province de Picardie une tournée dont on ignore les motifs. Durant son séjour à Amiens les bourgeois , vivement alarmés, lui firent leurs doléances, le suppliant d’écrire au roi d'Angleterre pour rappeler l’ajournement donné et la promesse faite aux réclamants anglais. Il est vrai que la pièce qu’on va lire ne fait aucune mention des instances ni de l’intérêt particulier des Amiénois. Mais le lieu même où celte pièce a été signée, et le contenu de la seconde lettre que nous publions ci-après, autorisent à croire que c’esl à la sollicitation de l’échevinage d’Amiens que le régent avait écrit. Sa lettre, datée du 6 novembre , sans autre indication chronologique, appartient nécessairement à l’année t3i6, car la régence exercée par Philippe V , durant la grossesse de la reine veuve dë * Louis X, commença vers la mi-juillet i3i6, et se termina le 19 novembre suivant , date de son avènement au trône.
iSifi,
Magnifico principi carissimo fratri nostro Edward», Dei gratis régi Anglie ■ illustri , Philippin regis Francie filius regens régna Francie et Navarre, salutem et prospères ad vota successus. Excellente vestre presentibus imimamus quod
8io
AMIENS
nos m«rcatoribii5 Anglie qtiandam natetn, vocatam le petit Bayart , oneratam lana , per quosdam de nostris gentibus pridem cap tain , prosequentibus fermais respondi quod in octabis ins tamis festi nativitaiis Dont in i ad nos reniant Tel mittant pro ipsls, et tune super satisfactione que ipsis lier» occasion* predicta debebit taliter ordinabimus ad votum ipsonim quod inde poterunt contenta ri magnifteentiam vestram rogantes quntimis si expeditionem dicti negocii in tain modicn dilatimie posuimus et ex causa nos velltis excusâtes habere; semper enim in hiis et aliis que sciverimus vobis grata satisfucere proponiiuus votis Testris. Daturn apud Ambianum, diesexta novembre».
Arch. de la Tour de Londres , Aitàent corretpcndanc* forttgn. — Original sur parebeiaiin t
LETTRE DE PHILIPPE LE LONG , DEVENU ROI DE FRANCE , Aü SUJET