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question, qui était la question même de la souveraineté nationale, revint pour une autre assemblée cent soixante-quatorze ans plus tard, et alors une voix répondit: «Nous sommes au- « jourd’hui ce que nous étions hier, délibérons »
Mais rien n’était mûr en i6i5 pour les choses que fit le tiersétat de 1789; les députés, à qui toute délibération était interdite, restèrent sous le poids de leur découragement. Chaque jour, suivant le récit de l'un d’entre eux *, ils allaient battre le pavé du cloître des Augustins, pour se voir et apprendre ce qu'on voulait faire d’eux. Ils se demandaient l’un à l’autre des nouvelles de la cour. Ce qu'ils souhaitaient d'elle, c'était d’être congédiés; et tous en cherchaient le moyen , pressés qu’ils étaient de quitter une ville où ils se trouvaient , dit le même réeit , errants et oisifs, sans affaires , ni publiques, ni privées \ la* sentiment de leur devoir les tira de cette langueur. Us songèrent que le conseil du roi étant à l'œuvre pour la préparation des réponses à faire aux cahiers, s’il arrivait que quelque décision y fût prise au détriment du peuple , on ne manquerait pas de rejeter le mal sur leur impatience de partir, et que d’ailleurs la noblesse et le clergé profiteraient de leur absence pour obtenir, à force de sollicitations , toute sorte d’avantages. Par ce double motif, les députés du tiers-état résolurent de ne demander aucun congé séparément, et d'attendre, pour se retirer, que le conseil eût décidé sur les points essentiels \ Ils restèrent donc , et se réu-
■ C'eat ce mot de Sieyès qui amena le 5 Relation de Florimood Rapine, lit* serment du Jeu de Paume. partie, p. 119.
* Floritnond Rapine, député do tiers- 4 Ibid., p. 1*9. ctat du Nivernais.