CLXXXV
INTRODUCTION
choses : que la haute noblesse fut définitivement contrainte à l’obéissance au roi et à la loi , que le protestantisme cessât d'être un parti armé dans l'état, que la France pût choisir ses alliés librement dans son intérêt et dans celui de l'indépendance européenne. C’est à ce triple objet que le ministre-roi employa sa puissance d'esprit , son infatigable activité , des passions ardentes et une force d’àme héroïque '. Sa vie de tous les jours fut une lutte acharnée contre les grands, la famille royale, les cours souveraines, tout ce qu'il y avait de hautes existences et de corps constitués dans le pays. Pour tout réduire au même niveau de soumission et d'ordre, il éleva la royauté au-dessus des liens de famille et du lien des précédents; il l'isola dans sa sphère comme une pure idée, l'idée vivante du salut public et de l’intérêt national '.
Des hauteurs de ce principe, il fit descendre dans l'exercice
1 Lorsque Votre Majesté se résolut de ine donner en même temps et l'entrée de ses conseils et grande part en sa confiance pour !a direction de ses affaires , je puis dire avec vérité que les huguenots parlageoient l'état avec elle; que les grands se conduisoicnt comme s’ils n'eussent pas été ses sujets, et les pins puissants gouverneurs des provinces comme s’ils eussent été souverains en leurs charges. .. . Je puis encore dire que les alliances étrangères étaient méprisées; les intérêts particuliers préférez aux publics; en un mot, la dignité de la majesté royale étoit tellement ravallée et si différente de ce qu’elle devoit être, par le défaut de ceux qui avoient lors la principale conduite de nos affaires,
qu’il étoit presque impossible de la rerounoitre. (Testament politique de Richelieu, ire partie, p. 5, Amsterdam , 1788.)
* Les intérêts publics doivent être l’unique lin du prince et de ses conseillers. (Ibid., a* partie, p. a sa.) — Croire que, pour être fils ou frère du roi ou prince du sang, on puisse impunément troubler le royaume, c'est se tromper. Il est plus raisonnable d'assurer le royaume et la royauté que d’avoir égard à leurs qualités.... Les fils, frère* et autres parents des rois sont sujets aux lois comme les autres, et principalement quand il est question du crime de lèse-majesté. f Mém. du carüiual de Richelieu, collect. Midland, a* série, t. VIII, p. 4»7-)
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