SECONDS PARTIE
Sorr que nous vivions , soit que nous momriçns 9 nous sommes au Seigneur , dit l'Apôtre. C'est lui qui m'a fait et qui m'a créé» et qui me réduit a«
10 Eccl. aS. 4s) Ps» »4«
à* Madame la Dauphins» 20S
aéaot saiM que je le sache.: . je reconnois en l'un et en l'autre «a souveraineté , ma dépendance. Mais aooique noua vivions en Dieu, et que Dieu noue fasse vivre , il semble qu'en mourant noua soyons encore plus à lui. Il étend sa mai», et il déploie sur nous sa puissance; il entre en possession, pour l'éternité, et de nos corps et de nos Urnes; il consomme en nous ses miséricordes ou ses justices , nous arrache du monde, à nos plai* sirs, à nous-mêmes; et dans cet état de séparation et d'humiliation, nos volontés à son égard dow vent être plus patientes et plus soumbes.
Telle était k disposition de notre Princesse. Je n'ai fait jusqu'ici que louer d'heureuses vertus , et qu'amasser , pour ainsi dire , les fleurs qui
{tarent la victime. Je viens à celles que" produit a tribu Lat ion, et qui font l'appareil et la consommation du sacrifice. N'attendez pas, Messieurs, que. je ménage vos esprits, ou que, par des figures étudiées, je flatte, ou j'iriite votre douleur* La mort de Madame la Dauphiue est une de ces morts précieuses qui couronnent une. belle vie , qui fout naître les soupirs et qui les étouffent, et qui, après avoir attendri par la compassion, rassurent par la piété , et consolent par l'espérance.
> Elle s'y prépara par la retraite. Elle, connut les iautilités et les corruptions du monde, et je ne sais quels pressentimens d'une fin prochaine luimb donnèrent du dégoût. Oji la rit renoncer insea* siblement aux plaisirs, et se faire. une solitude où elle pût se dérober à sa propre grandeur, et jouir 4'uné paix profonde au milieu aune Cour turiiul- 4ueuse.
Je sais ce <{ue irons- pense* , Messieurs; q*Ê le» Pidncesses comme elle , ne sont pas. faites or* 4ia*immeut poev. le solitude* qu'elles *e doivent au public ; qu'encore qu'eues ne veuillent, être qu'à Dieu, leur condition If s oblige, a se .prêter
âo6 0raison funèbre -
quelquefois au monde, pour être comme les liens es\tre les Souverains et les sujets qui Wa approchent; pour remplir les jours vides des cour tis&ns, et leur ôter l'ennui d'une triste et pénible oisiveté; pour calmer et suspendre par d'honnêtes' et nécessaires divertissemens, les passions secrètes qui les dévorent, et pour entretenir entr'eux la paix et la société , en les rassemblant tous les jours auprès du trône qu'ils révèrent.
Mais qui ne sait que, selon l'Apôtre (i) , novs ne sommes pas débiteurs à la chair , pour v£+ vre selon la chair ; que le détachement du monde est la première vocation et le premier vœu de l'a me chrétienne, et que la religion de Jésus-Christ •st une religion de réparation et de solitude l 11 j a, direz- vous, un éioignement d'esprit et de mœurs, et une retraite en soi-même, qui dans te commerce des hommes , séparent invisiblement le* justes d'avec les pécheurs , et mettent les uns à cou* vert des dissipations et des convoitises des autres.
Mais qu'il est difficile qu'au milieu de tant de passions , si l'innocence ne se perd , du moins elle me s'affaiblisse I A force de voir la vanité , on s'accoutume à la connoitre et à Fa i mer. De tant d'objets qui frappent les sens , il s'en trouve toujours quelques-uns qui se glissent jusqu'au cœur: et les Saints Pères nous enseupient qu'il y a dans le siècle des séductions imperceptibles, et qu'il faut moins de force a y renoncer, qu'à s'y main* tenir avec la sagesse et la modération que Die* demande.
Saintes vérités, dont notre Princesse étoit pénétrée , que n'êtes- vous connues à ces âmes, dirai* te trompeuses , dkai-je trompées , qui , pour plaire i Dieu, et pour plaire aux hommes, accommodent la religion Avec les plaisirs $ regardent qoel*
de Madame la Dauphine. £%f
quefois le ciel sans perdre la terre de vue; et se font honneur d'une dévotion qui n'exclut pas les empresse mens ni les affections. du siècle; comme ai l'on pou voit mêler aux grâces de Jésus- Christ les consolations et les joies humaines, et jouir de la paix de la sainte Sion, parmi les troubles #t la confusion de Babylonel - Madame la Dauphine voulut éviter ces dangers» Jeux, conversations, spectacles , rien ne la tira de sa solitude. L'exemple récent d'une Heine que la France admirera et pleurera éternellement, lui parotssoit au-dessus de la portée de sa vertu. Que suis- je 9 disoit-elle, auprès d'une Sainte, en qui la grâce avoit purifié tous les sentimens de la nature.' également pieuse dans ses austérités et dans ses condescendances ; qui savoit trouver jDieu % là même où souvent les autres le perdent l Ainsi retenue par une triste et secrète lan* gueur , tantôt elle cultivoit son esprit par la lecture des histoires édifiantes , et nourrissoit & pitié du suc et de la substance des saintes Ecriture*. Tantôt occupée à l'ouvrage , mêlant industrieuse* ment l'or et la soie, elle emplovoit l'adresse, et pour parler avec le Sage (i) , le conseil et la prudence de ses mains royales à la décoration des autels, et à la gloire du tabernacle. Tantôt, après ses prières accoutumées, s'abaissent jusqu'à son néant ^ ou s' élevant jusqu'à Dieu par la foi et la méditation de ses mystères , elle lui de» mandoit sa guâce, et lui offroit un cœur contrit et humilié.
C'est alors , mon Dieu , que vous lui parliez dans la solitude où vous-même l'aviez conduite : vous vouliez qu'elle mourût peu à peu et comme
Cr 4egrés au monde; qu'elle perdit insensiblement goût des plaisirs et des vanités j et qu'avant
M Prêt» 3i,
ao8 Oraison funèbre
à mourir dans votre paix et dans votre amour* sa vie fût auparavant cachée en vous avec Jésus* Onrist. ^
Quelle vie, Messieurs! Une vie souffrante et crucifiée. A ce mot , combien de tristes objet! viennent s'ûflïir à ma pensée! une langueur qui semble d'abord plus incommode que dangereuse | des maux d'autant plus à plaindre, que n'étant pas, assez connus, ilsn/étoient pas )pe ut- être assez plaints; des remèdes aussi cruels que les mauM mêmes ; des douleurs vives et longues tout ensemble; les humiliations de l'esprit jointes à celles du corps ; les forces de la nature usées par le sma même qu'on prend de la soutenir ; l'art des gué* risons impuissant, et toutes les ressources réduites è la patience et à Ja mort de cette Princesse. - Je ne crains pas d'avancer ici le pitoyable récit de ses peines. Pourquoi ne dirai- je pas sans crainte ce qu'elle a prévu, ce qu'elle a Souffert sans foi* blesse! Elle fit de tous ses maux , comme l'épouse des Cantiques (i) , un faisceau de myrrhe, qu'elle reçut des mains de son bien-aimé , et qu'elle mit dans son sein comme une marque précieuse de son amour et de ses volontés pour elle. Elle attendit ces mauvais jours que le> ciel lui préparoit, Sour en composer avec .soumission le* exercices e sa piété, et le cours de sa pénitence. Elle vk toutes les dimensions ^e .sa croix , e{ résolut de s'y laisser attacher sans se plaindre, et de saire du supplice de ses péchés, un sacrifice voie>n taire de sa vie. Prévenus des bénédictions et des misé* ricordes de Seigneur , au travers même des nuages qu'un corps corruptible, et mourant élève jusque dans l'esprit, les veux éclairés de sa foi découvre font la main paternelle qui la frappoit, pour éprou» yer sa nd^tfté et sayconjîance,
(s) Cent. a.
de Madame la Danphine. ao§
Loin d'étendre sa vue sur les espérances trompeuses d'un heureux avenir, elle se dit mille fois, (i) : La four du Seigneur approcha. Près de pa<roitre devant le tribunal de sa justice , elle se présenta souvent à celui de sa miséricorde * après uoe exacte recherche de ares actions et de sas pensées* Péchés , affections au péché, ombres et apparences du péché , elle vous poursui voit dans les plus secrets replis de son ame. Rien n'échappoit aux soins ni aux lumières de sa pénitence : elle crai-
Koit tout : elle pesoit tout au poids du s a ne tuai- , comptant pour grand tout ce qui peut déptaii e a Dieu , quelque léger qu'il fût en lui-même , et considérant , non pas l'importance du commandement , mais la dignité du Dieu qui commande.
Ne vous figurez pas ici une foiblesse de scrupule, nais une délicatesse de vertu , un grand désir de la pureté, et une humilité profonde. Trois jours lui sursoient a peine pour régler ses confessions ordinaires} et combien en prit-elle dans le cours de sa maladie , pour repasser dans l'amertume de son ame toutes les années de sa vie 9 dérobant , pour ainsi dire à la douleur de 59s maux, tout le temps qu'elle pou voit donner au repentir de ses péchés l . Vous qui dans vos confessions précipitées , n'examinez que la surface de votre ame; qui ne pouvez haïr vos péchés , que vous ne vous donnez pas le temps de connoitre ; qui sous un air de pénitent, portez encore un cœur coupable ; qui ne vous présentez au sacrement de réconciliation, que pour arrachera l'Eglise une absolution qui vous lie encore davantage, et qui semblez,en retenant une partie de vos fautes , ne dire l'autre que pour apaiser les remords, de .vos consciences: condamnezvous aujourd'hui sur les soins et sur l'exactitude 4e cette Princesse.
. (i) Isaïe i3.
stô Oraîson funèbre
Lavé* ainsi dans le sang de l'Agneau , elle prit de nouvelles forces pour soutenir les maux pré*». sans, et pour attendre une mort tardive. Quand elle vient en peu de temps , cette mort toujours amère et toujours cruelle, on n'a pas le loisir de la voir avec tout ce qu'elle a d'affreux. Les sens* ont toute leur vigueur; on a, pour airisi dire, son ame encore toute entière ; on oppose à ses maux une constance ramassée : la patience se soutient par le désir de vivre, ou par l'espérance même de mourir. Mais lorsqu'il faut souffrir une longue et pénible langueur; qu'un cœur est rempli d'amertume et devient à charge à luwnème ; qu'affaibli du passé, accablé du présent, on est encore effrayé de l'avenir; qu'il est a craindre que l'inquiétude et l'impatience ne diminuent un peu la soumission et la foi I Une pénitence continuée n'est pas toujours également volontaire, et on est las de porter sa croix , quand il faut la parler si loin.
Madame la Dauphine , dans toute sa tribulatioa, n'est point sortie des mains de Dieu, ni de l'ordre de sa providence: elle a vu , sans murmurer, les débris de son corps mortel ; et jeignant à la fermeté qu'elle tenoit de la nature, celle que la piété lui avoit acquise, elle a senti jusqu'où va la misère humaine , jusqu'où vont H* miséricordes divines. La maladie ou la santé lui devinrent indifférentes. Que demanda-t-elle à Dieu dans ses prières ? Sa grâce, rien de plus. On faisoit mille vœux pour sa guérison : on la priott d'y joindre son intention. Quelle intention puis-fc avoir , disoit-elle , sinon que la volonté du Seigneur s'accomplisse l Quel temps pensez-vous qu'elle vouloit donner à ses peines? Autant qu'il en falloît pour expier ses pé-' chés. Combien de fois s'unissant en esprit à Jésus- Christ crucifié , lui oftroit-elle son cœur et son mal, afin qu'il fortifiât l'un, et qu'il augmentât ou adoucit l'autre I Combieu de fois humiliée , mais
de Mûdaràe la Dauphine* ait
non pas* abbattue, lui dit-elle avec une humble confiance , comme cet homme de l'Evangile (1)1 Si vous voulez me guérir ', Seigneur , vous le pouvez. Mais aussi , combien de fois , l'adorant comme sa fin et son principe , disoit-elle ces paroles d'un Roi soumis et pénitent : Ma vie est dans sa volonté ; vita in voluntate ejus (2) ! C'est ainsi qu'elle s'élevoit au-dessus d'elle-même, et de la mort qu'elle craignoit.
La mort qu'elle craignoit ! Ne fais-je point de tort à sa religion et à son courage l Ne me contredisse pointJ Non, Messieurs, cette crainte d'amour et de pénitence n'a rien de lâche. Elle se regardait comme une pécheresse frappée de la main de Dieu. Elle sa voit que les Anges, tout spirituels et célestes qu'ils sont, ne sont pas assez purs en sa présence. Elle avouoit qu'il y a dans la
S randeur, quoiqu'innocente, je ne sais quel esprit 'orgueil et de mollesse contraire à l'humilité et aux souffrances de JésustChrist. Aussi eut-elle recours aux remèdes de l'ame , dans le temps qu'elle méprisoit ceux du corps. Sa conscience acheva de se purifier, et tout l'appareil de la mort ne fit que redoubler son zèle et sa componction.
Avec quels senti mens de reconnoissance et d'amour reçut-elle le saint viatique I Que n'êtes-vous à ma place dans cette chaire, éloquent et pieux prélat (3), qui portiez ce pain vivant, avec la parole de viel Vous l'avez vue, et vous diriez en des termes plus énergiques , que la foi ranimant la nature, elle sentit vivement la charité de Jésus- Christ: qu'elle le vit au travers des voiles mystérieux qui le couvrent : qu'elle sortit comme hors d'elle-même, pour aller au devant de lui ; qu'après d'inutiles efforts pour se relever, retombant comme
(1) Msitth.8. ' (3) M. Bossoet, é>4que de Mtaex.
~ii£ Oraisen funèbre
sous le poids de la divinité présente, par tes» pect moins que par foiblesse, elfe reçût ce dernier gage de son amour * comme le sceau de sa pré» . destination éternelle. .
Que ne puis-je vous exprimer avec quelle présence d'esprit elle ménagée ce qui lui r es toit de m o mens précieux» pour délier, les nœuds qui J'attachoient encore au monde l Avec cjueile candeur elle ouvrit son cœur au Roi » humiliée devaul lui , et touchée non pas de sa grandeur , de sa gloire ou de sa puissance, Dieu seul, devant qui elle alloit comparoître, lui paroisspit grand, mais de sa religion, de sa justice, de sa bonté et du mérite de sa personne ? Avec quelle douceur elle leva vers Monseigneur, ses jeux mourans et ses mains tremblantes : ses yeux qu'elle a voit toujours arrêtés sur lui , comme sur l'unique objet de sa tendresse : ses mains qu'elle avoit si souvent levées au ciel , lors qu'il s'expoeoit à tous les périls de la guerre , et qu'elle occupoit, dans les trans* ports de sa joie , à lui préparer des couronnes, après ses victoires? S'il restoit , encore en son cœur quelque endroit sensible, c'étoit à l'amour, à fa gloire, et plus encore, au salut de ce Prince.
Tout s'atlendrissoit, tout fondoit en larmes: la sainte onction qu'on lui donnoit , les tristes prières qu'on faisoit pour elle, la croix de Jésus-Christ qu'elle embrassoU , le pardon qu'elle demandait tantôt à Dieu, tantôt aux hommes; la compassion qu'elle avoit pour elle, et celle qu'elle avoit peur Ceux qui l'avoient servie, eau soit une douleur qui
Î)ortoit la consolation,. mais aussi le trouble dans 'ame: elW seule , Messieurs, elle seule demeurait tranquille.
,- Maîtresse de son esprit, et toute occupée de ses devoirs , au milieu même des horreurs de la mort , elle voulut bénir les jeunes Princes ses enfans , celui-là même qu'elle crojoit être l'enfant de sa
de Madame la Dauphine. at5
douleur; et recueillant 9a force avec sa sagesse \ f^ojrez , dit-elle, mes encans y Vétat où Dieu ma mise, et que cela vous porte à le servir et à le craindre: rendez au Roi et à Monseigneur t obéis* sance que vous leur devez .♦ souvenez-vous du sang dont vous êtes sortis , et ne faites rien qui en soit indigne. Prince , qui faites aujourd'hui les espérances et les délices de la France (0; q°*/ pour roi s- je vous dire de plus touchant ? Puissent ces efficaces et saintes paroles être éternellement gravées dans votre esprit ; et dans le temps que sous les ordres du Roi, dont le ciel a toujours béni les armes , un père victorieux va par mille actions éclatantes, vous tracerie chemin de la gloire; puisse le pieux souvenir d'une mère infirme et mourante 9 maintenir dans votre cœur une vive impression d# la crainte de Dieu , et de l'humilité chrétienne J Vos souhaits seront accomplis, pieuse Princesse : fermez , fermez pour jamais vos veux 4 la vanité , que vous avez connue et que vous avez méprisée. Pour nous, mes frères, ouvrons-les pour la connoitre et pour nous en désabuser»
Quels conseils nous faut-il! Quelle raison F Quels exemples l Nous voyons mourir tous les jours nos Inférieurs , nos égaux , nos maîtres. Nous portons en nous-mêmes une voix et une réponse de mort # £omtne parle Tj^pôtre (2) ; une sentence qui se
ftrononce et qui s/exécute incessamment par l'afqiblissement et la diminution continuelle de notre vie; et nous sommes aveugles et insensibles. À ta vue de cette mort que nous pleurons, touche de douleur et baigné de (armes, vous reconnûtes yotre néant , grand Roi , et vous dites : C'est ainfi
Îue nous finissons : Voilà qui nous égale tous* qb, aq milieu, de ses ' infortunes , parloir ainsi;: €elpi-çi nifiurt dans les prospérités et dans tés
(i) M. le Duc <to four$0|w '{s) It, Cor. %,'
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richesses t celui-là dans Ick misère et l'amertume de son ame ; et les uns et les autres dormiront ensemble dans la même poussière. Et vous f lorsque votre grandeur et votre puissance semblent éclater davantage, vous donnez à votre coeur, et prenez pour vous-même cette leçon si salutaire.
Pour nous, Messieurs, nous voyons ce lugubre appareil et ces tristes cérémonies , peut-être sans fruit et sans réflexions sur nous «r mêmes. Une tristesse superficielle compose pour un temps le visage et la constance , mais l'esprit et le cœur n'en sont pas frappés. Notre penchant nous porte \ des idées plus agréables , nous nous livrons à nos plaisirs , le siècle présent nous entraîne , les bons ou les mauvais succès nous enflent ou nous inquiètent: nous ne pensons ni à la mort dont Dieu nous menace, m à l'immortalité qu'il nous promet Si nous n'étions chrétiens que pour cette vie, et si nous n'espérions qu'aux biens de ce inonde , nous serions peut-être excusables ; niais par la grâce de Jésus-Christ , nous sommes chre* tiens pour l'autre vie , et c'est en Dieu seul' que se fondent nos espérances»
Oublions donc ce qui n'est que périssable et passager, pour nous attacher à ce qui est notre partage éternel.! Et pour finir par où j'ai corn* mencé, disons-nous sans cesse, selon le cpnseit de saint Augustin : Toutes choses passent comme l'ombre , pour nous exciter à la pénitence , ou pour renouveler notre ferveur, de peur de dire un jour inutilement : Toutes choses ont passj comme l ombre , pour nous reprocher notre oisiveté , et pour nous plaindre de noà pertes irrépa* râbles. Fasse le ciel que nous profitions du temps^, des grâces et des exemples que Dieu nous offre.: et* qu'après nous être unis à lui par. la foi , nous puissions 4e lui par la chanté au siècle deasièciev
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OflAISON FUNÈBRE