‹ Recueil des oraisons funeb̀resChapitre 13 sur 23 · PAIR DE FRANCE · texte numérisé non relu

PAIR DE FRANCE

Prononcée dans l'église des Carmélites fiu faubourg SaiaJ:- Jacques, le ij aoûç

JSicujt «mbulavit in conspecfcu tuo , in veritate et juititiA, et recto corde tecum , cuçtodisti ei misericordian* çrandçm.

Comme il marche^ devait vous, Seigneur, dans la vérité 9

* dans la justice et dans la droiture du cour , vous lui avez'

conservé votre fonde miséricorde. Au liy. 5 dei Roi» %

f^E fut après un solennel et magnifique sacrifice , où coula le sang de mille victimes (i) , dan$ la ferveur de la prière, en présence du Dieu d'Israël (2), que Salomon, <j/jà rempli ae

(1) Mille liostias obtulit Salomon. Liv* 3 des Rois» ch. $* Qj/yar^ autem Qominug Sahmonin ibid, '

*ifr Oraison funèbre

•on esprit 'et de sa sagesse , fit cet éloge du ftôt •on père. Et c'est dans la solennité des saints mystères, parmi les vœux et les suffrages des fidèles, à là face de ces autels où Jésus-Christ, Sauveur du monde , hostie pure et salutaire, se

1>résente aux yeux de ma foi, et s'immole pour es vivans et pour les morts, que j'applique ce même éloge à Très-Haut, Très-Puissant Seigneur, Messire Charles de Sainte-Maure, Duc de Montaùsier . Pair de France, Gouverneur de Normandie , Chevalier des ordres du Roi , ci«devaàt Gouverneur de Monseigneur le Dauphin.

David avoit mérité ces louanges 9 ce Roi qui se plaisoit dans la vérité , qui marchoît dans les sentiers de la justice, qui cherchoit le Seigneur dans toute l'étendue de son cœur , qui chantoii dans la paix les cantiques de Sîon , qui brisok 1 dans la guerre la force ((es Philistins : ce Roi selon le cœur de Dieu , observateur de ses ordonnances, zélateur de la sainte loi 9 ami. des âmes simples et fidellee, ennemi des esprits doubles et des mauvais cœurs; pécheur par fragilité, pénitent par réflexion , juste et saint par la grâce et par la miséricorde de Dieu.

Je viens faire revivre ici les mêmes vertus et les mêmes miséricordes, et vous faire admirer va homme qui ne se détourna jamais de ses devoirs; qui, pour maintenir la raison, se roidit contfi 4a coutume : qui n'eut jamais d'autre intérêt que celui de la vérité et de la justice ; et qui , ayant eu part à toutes les prospérités du siècle , n'ea a point eu à ses corruptions: un homme d'une vertp antique et nouvelle , qui a su joindre la politesse du temps à la bonne foi de nos pères; en eai la fortune n'a (ait que donner <Ju crédit au me> rite ; qui a sanctifié l'honneur et la probité , pat les règles et les principes du christianisme ; qui •'est élevé par une austère sagesse. Au-dessus èm

de monsieur de Mohtausier. tiy

paintes et des complaisances humaines, et qui # toujours prêt à donner à la vertu les louanges jui lui sont dues, a fait craindra à l'iniquité le jugement et la censure; vaillant dans la guerre, tarant dans la paix ; respecté parce qu'il étoit juste , aimé parce qu'il étoit bienfaisant , et quelquefois craint parce qu'il étpit sincère et irréprov diable.

C'est vous » divine providence 9 qui m'avez con»dttit en ces lieux , pour recevoir les derniers gages i» son amitié, et pour recueillir les derniers sou* pirs de sa pénitence. Vous vouliez qu'il me fût •Connu tout entier , et qu'après avoir vu sa mode» ration dans les temps heureux de sa vie, je fusse aussi dans $tt$ jours de douleur et d'infirmité , le témoin de sa patience. Vous avez couronné su. piété, et vous m'avez destiné à honorer sa mémoire: faites servir à votre gloire les grands exemples qu'il a donnés, et comme vous formiez en lui, four sa perfection, 4e saints désirs et de bonnes œuvres, inspirez-moi, pour l'édification de mes auditeurs , d'efficaces et justes louanges, ; ^ ■ - Ne craignez pas , Messieurs , que l'amitié ou h reconnoissance me préviennent, Nom parlons forant Dieu en Jésus-Christ, dit l'Apôtre (i)j «t je puis dire comme lui: vous*avez, mes frè»» m, que la flatterie jusqu'ici n'a pas régné dans ks discours que je vous ai faits ; Neque enim étùfuandà fuimus in sermone adulationis , sicut fcitis (2), Oserois-je dans celui-ci, oùia franchis^ :1a candeur font le. sujet de nos éloges, eutloyer la fiction et le mensonge f Ce tombeau s'our iroit, ces ossemens se rejoindroient et se rani* iroient pour me dire : pourquoi viens-tu mentir mrmoi, qui ne mentis pouf personnel Ne me uis pas, un honneur que je n'ai pas mérité, à

(4 IL Cot> a. (s) L Thee* a.

2$8. Oraison funèbre

xnoi qui -n'en voulus jamais rendra qu'au vrai tnérite. L<aisse*moi reposer dans le scia de la \é* rite , et ne viens pas troubler -ma paix par la flatterie que je hais. .Ne dissimule pas mes défauts 9 •t ne m'attribue pas mes vertus.: loua seulement la miséricorde de Dieu, qui a voulu «n'humilier par les uns, et tne sanotifter-par. les autres.

Je me renferme donc dans lès paroles de moa texte , et me destine à vous foire voir l'amour de la vérité, le zèle de la justice, l'esprit de droiture, qui sont le caractère de ce : grand homme que vous regrettez , et que vous louez avec moj. S je n'observe pas dans ce discours tout Tordre •t toutes' les règles de fart, .pensez qu'il y a je ne sais quoi de désordonné dans la tristesse ; que les grands sujets sont à charge à ceux qui les J traitent, et que c'est ici une effusion de moa! cœur, plutôt <pxhxn ouvrage et une méditation J de mon esprit. ^ j

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