‹ Recueil des oraisons funeb̀resChapitre 18 sur 23 · MONSEIGNEUR · texte numérisé non relu

MONSEIGNEUR

Ijelui qui règne dans les deux, et de qui reJévent tous les empires, à qui seul appartient la gloire , la majesté et l'indépendance , est aussi le seul qui se glorifie de faire Ja loi aux Rois, et de Leur donner , quand U lui plaît , de grandes

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et de terribles leçons. Soit qu'il élève les trottes y soit qu'il les abaisse, soit qu'il communique sa puissance aux Princes ^ soit qu'il la retire à luimême, et ne leur laisse que leur propre foiblesse; il leur apprend leurs devoirs d'une manière, souveraine et digne de lui. Car , en leur donnant sa puissance , il leur commande d'en user comme il fait lui-même pour le bien du monde ; et il leur fait voir , en la retirant, que toute leur ma-

Î'esté est empruntée * et que pour être assis sur e trône , ils n'en sont pas moins sons sa main, et sous son autorité suprême. C'est ainsi qu'il instruit les Princes , non-seulement par des discours et par des paroles, mais encore par des • effets et par des exemples! Et nunc, reges t inteïligite ; erudimini qui judicatis terrant.

Chrétiens , que la mémoire d'une grande freine, fille , femme , mère de Rois si puissans, et sou-; ver ai ne de trots royaumes f appelle dé tous cotés 4 celle triste cérémonie ; ce discours vous fera paroltre un de ces exemples redoutables ,. qui étale aux yeux du monde sa vanité toute entière. Vous Verrez, dans une seule vie, toutes les extrémités des choses humaines, la félicité sans bornes, aussi-bien que ies misères ; une longue et paisible jouissance d'une des plus nobles couronnes de l'univers ; tout ce que peuvent donner de plus glorieux la naissance et la grandeur accumulées Sur une tête, qui ensuite est exposée à tous lés. outrages de la fortune; la bonne cause d'abord suivie des bons Succès ; et depuis , des retours soudains , des changemens inouïs ; là rébellion long-temps retenue, à la fin tout-à-fait maîtresse; nul frein à .la licence; les lois abolies ; la majesté violée par des attentats jusqu'alors inconnus ; l'usurpation et la tyrannie aous le nom de liberté; une Reine fugitive, qui ne trouve aucune retraite dans trois royaumes * et à qui sa propre

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, patrie n'est plus qu'un triste lieu d'exil ; neuf voyages sur mer entrepris par une Princesse , maigre le* tempêtes; l'Océan étonné de se voir traversé tant de fois 9 en des appareils si divers et pour des causes si différentes; un trône indigne» ment renversé 9 et miraculeusement rétabli. Voilà les enseigne mens que Dieu donne aux Rois : ainsi fait-il voir au monde le néant de ses pompes et de se» grandeurs. Si les paroles nous manquent, si les expressions ne répondent pas à un sujet si vaste et si relevé , les choses parleront assez d'ellesmêmes. Le coeur d'une grande Reine, autrefois élevé par une si longue suite de prospérités, et puis plongé tout-à-coup dans un abîme d'amertumes, parlera assez haut ; et s'il n'est pas permis aux particuliers de faire des leçons aux Princes sur des évènemens si étranges , un Roi me prête ses paroles pour leur dire: Et nunc 9 reges, intelligite ; èrudimini qui judicatis terrant. En- ' tendes , ô grands de la ferre ; instruisez-vous , arbitres du monde.

Mais la sage et religieuse Princesse, qui fait le sujet de ce discours , n'a pas été seulement un spectacle proposé aux hommes pour y étudier les conseils de la divine Providence , et les fatales révolutions des monarchies , elle s'est instruite elle-même , pendant que Dieu instruisent les Princes par son exemple. J'ai déjà dit que ce grand Dieu les enseigne , et en leur donnant et en leur ôtant leur puissance. La Reine dont nous parlons, a également entendu deux leçons si opposées , p'est-à-dire , qu'elle a usé chrétiennement de la bonne et de la mauvaise fortune. Dans l'une , elle a été bienfaisante; dans l'autre , elle s'est montrée toujours invincible. Tant qu'elle a été heureuse, elle a fait sentir son pouvoir au monde par des bontés infinies; quand la fortune l'eut * abandonnée, elle s'enrichit plus que- jamais elje»

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même de vertus. Tellement qu'elle a perdu, peu» •on propre bien, cette puissance royale qu'elle a voit pour le bien des autres r ai si ses sujets, •t ses alliés, si l'Eglise universelle a- profité de ses grandeurs, «Ile-même a su profiter de ses malheurs et de ses disgrâces „ plus qu'elle n'avoit fait de toute sa gloire. C'est ce que nous remar-

Î lierons dans la vie éternellement mémorable de, Yès-Haute, Très-Excellente et Très- Puissante Princesse Henriette-Marie de France , Reine de U Grande-Bretagne.

Quoique personne n'ignore les grandes qualités d'une Reine dont l'histoire a rempli teut l'univers , je me sens obligé d'abord à les rappeler eu votre mémoire, afin que cette idée nous serre pour toute la suite du discours. U seroit superflu de parler au long de la glorieuse naissance de ' cette Princesse : ou ne voit rien sous le soleil qei , -eu égale la grandeur. Le Pape S. Grégoire (j) a I donné dès les premiers siècles cet éloge singulier ; à la couronne de France, qu'elle est autant au-' dessus des autres couronnes du monde, que U dignité rojrale surpasse les fortunes particulière!. Que s'il a parlé en ces termes du temps du roi Childebert , et s'il a élevé si haut la race de Merovée , jugez ce qu'il auroit dit du sang de Saint Louis et de Charlemagne. Issue de cette race, •Aile de Henri-le» Grand , et dé tant de Rois, son grand cœur a surpassé sa naissance* Toute autre place qu'un trône eût été indigne d'elle. A la vérité elle eut de quoi satisfaire à sa noble fierté , quand elle vit qu'elle alloit unir la maison àe Francs à la royale famille des Stuarts, qui étoient veaui à la succession de la couronne d'Angleterre par une fille de Henri VII ; mais qui tenofont di leur chef, depuis plusieurs siècles , la sceptt*

<» Lib. 5. Ep. £

de la Heine d'Angleterre. " *$

là'Ecosse ; et qui descendaient de ces Rois antiques , dont l'origine se cache si avant dans l'obscurité des premiers temps. Mais si elle eut de la joie de léguer sur une grande nation , c'est parce qu'elle pouvoit contenter le désir immense

Ïui , sans cesse , la sollicitoit à faire du bien. Ue eut une magnificence royale, et Ton eût dit qu'elle perdoit ce qu'elle ne donnoit pas. Ses autres vertus n'ont pas été moins admirables. Fidèje dépositaire des plaintes et des secrets, elle disoit -que les Princes dévoient garder le même Silence que les confesseurs , et avoir la même dis* crétion, Dans 1* plus grande fureur des guerres civiles , jamais on n'a douté de sa parole, ni dé* sespéré de sa clémence, Quelle autre a mieux pratiqué cet art obligeant f qui fait qu'on se rabaisse sans se dégrader , et qui accorde si heureusement la liberté avec le respect? Douce, familière , agréable autant que ferme et vigoureuse , elle savoit persuader et convaincre aussibien que commander, et faire valoir la raison, non moins que l'autorité. Vous verrez avec quelle

Î>rudence elle t rai toit les affaires; et une main si îabile eut : sauvé l'Etat, si l'État eût pu être sauvé. On ne peut assez louer la magnanimité de cette Princesse, La fortune ne pouvoit r}en *ur elle; ni les maux qu'elle a prévus , ni ceux qui l**>nt surprise, n'ont abattu son courage. Que dirai*je de son attachement immuable à la religion de ses ancêtres î Elle a bien su reconnoitre que cet. attachement faisoit (a gloire de sa maison , aussi-bien que celle de toute la France , seule nation 4e l'univers qui , depujs Hotïze siècles presr que accomplis, que ses Bois ont embrassé le christianisme ,~ n'a jamais vu sur le trône que des Princes enfans de l'Eglise, Aussi art-elle toujours déclaré que rien ne se roi t capable de. la détaeher 4e U fpi de Smt hmh U Roi sen mm lui »

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donné jusqu'à la mari ce bel éloge , qu'a tfy a voit que le seul point de religion , où leurs cœur» fussent désunis ; et confirmant par son témoignage la piété de la Reine f ce Prince très-éclairé a fait connoître en même temps à toute la terre la tendresse, Vamour conjugal, la sainte et inviolable fidélité de son épouse incomparable. .

Dieu ,. qui rapporte tous ses conseils à la conservation de sa sainte Eglise , et qui f fécond en moyens, emploie toutes choses à ses fins cachées, s'est servi autrefois des chastes attraits de deux saintes héroïnes, pour délivrer ses fidèles des mains de leurs ennemis. Quand il voulut sauver la. ville de Béthulie, il tendit , dans la beauté de Judith , un piège imprévu et' inévitable à l'aveugle brutalité d'Holopherne. Les grâces pudiques de la reine Esther eurent un effet aussi salutaire, mais moins violent. Elle gaçna le coaur du- Roi son mari, et fit d'un Prince infidèle, un illustre protecteur du peuple de Dieu. Par un con* seil à peu près semblable , ce grand Dieu avoit préparé un charme innocent au Roi d'Angleterre^ dans les agrémens infinis de la Reine son épouse. Comme elle possèdent son affection ( car les nua* ces qui a voient paru au commencement, furent bientôt dissipés) et que son heureuse fécondité, redoublait tous les jours les sacrés Kens de leur amour mutuel: sans commettre l'autorité du Roi son seigneur, elle employait son crédit à pror curer un peu de repos aux catholiques accablés. Dès l'âge de quinze ans elle fut capable de. ces soins : et seize années d'une prospérité accom^plie , qui coulèrent sans interruption , avec l'admiration de toute la terre, furent *eize années de douceur pour cette Eglise affligée. Le crédit de la Reine obtint aux catholique* ce bonheur singulier et presque incroyable, d'être gouvernés successivement par trois nonces apostoliques, qui

de fa Rein* d*Àn^e4err&. $*.

leur apportoient les consolations que reçoivent les. eufans de Dieu de la communication avec té Saint Siège. Le Pape S* Grégoire écrivant au pieux empereur Maurice* lui représente en ces termes les devoirs des Rois chrétiens (i) : Sachez i (f grand /Empereur , que la souveraine puissance vous est accordée d'en haut t afin que la vertu soit aidée f que les voies du ciel soient élargies % et que l'empire de la terre serve t empire dw ciel. C'est la viérité elle-même qui lui a aicté ces belles paroles. Car qu'y a-t-il de plus convenabl» à là puissance % que de secourir la vertu \ A quoi la force doit-elle servir qu'à défendre la raison X Et pourquoi commandent les hommes , si ce n'est, pour faire que Dieu soit obéi. Mais, sur-tout il ta ut remarquer l'obligation si glorieuse que ce grand pape impose aux Princes ,. d'élargir les voies du ciel, Jésus Christ a dit dans son Evangile: Combien est étroit le chemin qui mène à la vie : et voici ce qui le rend si étroit, C'est que lé juste, sévère à lui-même , et persécuteur irréconciliable de ses propres passions , se trouve encore persécuté parles injustes passions des autres , et ne peut pas même obtenir que le monde le laisse en repos dans ce sentier solitaire et rude , où il grimpe plutôt qu'il ne marche. Accourez , dit S, Grégoire , puissances du siècle ; voyez dans quel •entier la vertu chemine $ doublement à l'étroit, et par elle même, et par l'effort de ceux qui la persécutent : secourez-la. tendez-lui la main: puis* que vous la vovez déjà fatiguée du combat qu'elle soutient au-dedans contre tant de tentations qui

Cl) Ad hoc enim potestas diminorum mcorurn pietati taliths cfatQ €9$ super ornées homi/ies f ut qui hou* appelions, adjuverUur ; Mit coslorum via largius pateat; ut terntstrs rygnunf- cœlcsti regno fanpdeiur* Gfeg. frifr, 3^

ÊpisU 6a. M*** Auf .

flfe "* ùraiion funèbre

attaquent la natùrehumaipe, mettez-lâ diTinoht.

£ couvert des insultes du 4eh0r$. Âinjl vous élai>

f'ire^ un peu les voie? du ciel , et rétablirez es henjin, qufe sa hauteur et son âpreté rendjoût tpujbûrs assez difficile. ' '

J Mais st jamais l'on peut dfre que la voie drç chrétien est étroite, c'est, Messieurs, durant lel forsécutions, Car que peut ou imaginer de phi malheureux ,• que de ne pouvoir conserver la foi sans s'exposer au suppljce, pi sacrifier ^an^ trou* Me, ni chercher Pieu qu'en trem&làritf Tèl'étoît fétat déplorable dès catholiques Anglais, L'erreur et la nouveauté se fa isolent entendre d$ns U>ute| )es chaires; et la doctrine ancienne qui» selttf Toracle de l'Evangile , doit être pr$chée fust/uei far tû$ foit* (i) f p.ouvoit à peine parler à l'o» reille. Lès enfans je. Dieu étaient étonné? de M Voir plijs ni l'autel', ni U sanctuaire t iii ces ttir $ùnaux de miséricorde % qui justifient ceux c^oî s'accusent. O douleur! II fallait cacher la^pén!* tenco avep le même soin qu'on eût fait leS"Crhnes| et Jésus»Chri$t même se crpyoit contraint, ni

trahd malheur des horomes ingrats ? de cherche* 'autres yoiles et d'autres ténèbres , que ée* voile? pt ces ténèbres rnvstiques, (font il se couvre vu- Jon taire ment dans, TEûcnarî$tie. A l'arrivée de I* Heine , la rigueur se ralentit , et les catholique* Respirèrent, Cette chapelle rov aie qu'elle fit bâtir IRVjbc tai>t de magnificence dans son palais de Son}fneîrset , rendoi t a 1* église sa première (fermé. HeH* riette , digne fille de Saint Louis , y anirnoit tout je monde par son exemple, et y soutenott avM gloire , par ses retraites , . par ses prières , et. par sis dévotions, ^ancienne réputation de la trèsphréMewn» maison dé France, l-es prêtres M.

(i) tytoi fy ffùrc wtyti* i ftrkîi^» tufpr *?€**. *M*&' »• Vf ■ " ■ .

de la Reine a" Angleterre. *$

l'Oratoire , que le grand Pierre Bérulle avoît conduits avec elle, et aprè* eux les pères Capucins, y donnèrent , par leur piété , aux autels , leur véritable décoration , et au service divin, sa nia** jesté naturelle. Les prêtres. et les. religieux, zélés et infatigables pasteurs de ce troupeau affligé, crdi vi voient en Angleterre pauvres, errans, travestis, desquels aussi le monde riétoit pas digne (\\ 9 venoient reprendre avec joie les marques glorieuses de leur profession dans la chapelle de la Reine; et l'Église désolée, qui autrefois pouvoit à peine gémir librement , et pleurer sa gloire passée , faïsoit retentir hautement les cantiques de S ion dans «ne terre étrangère. Ainsi la pieuse Reine consolôit la captivité des fidèles, et reievoit leur espérance. Quand Dieu laisse sortir du puits de l'a bî nie la fumée qui obscurcit le soleil, selon l'exprèseion de l'Apocalypse (a), c'est-à-dire, l'erreur et l'hérésie ; quand", pour punir les scandales , au pour réveiller les peuples et les pasteurs, il permet à l'esprit de séduction de tromper les âmes hautaines, et de répandre par-tout un chagrin superbe, une indocile curiosité, et un esprit de révolte; il détermine dans sa s^es$e profonde les limites qu'il veut donner aux malheureux pré-

frès de l'erreur , et aux souffrances de son Eglise* e n'entreprends pas, chrétiens, de vous dire (a destinée des hérésies de ces derniers siècles 9 ni de marquer lo terme fatal dans lequel Dieu 'a résolu de borner leur cours. Mais si mon jugement ne me trompe pas ; si , rappelant la mémoire dès siècles passés , j'en fais un juste rapport à l'état présent; j'ose croire, et je vois les sages concourir à ce sentiment que les jours d'aveuglement sont écoulés, et qu'il est temps désormais que la

(i) Quibus dignm non erat nptndus* fiel. 11. 38. 1 <a) Apoe. a. u

£4 Oraison funèbre . .

lumière revienne. Lorsque le roi Henri YUJ,

prince en tpui le reste accompli , s'égara dan§ les.

Sassions qui ont perdu Salomou et tant d'autres ois , et commença d'ébranler l'autorité de \% .glise; les Sages lui dénoncèrent qu'en remuant ce seul point, il mettoit tout, en péril, et qu'il donpoit contre son dessein une licence effrénée aux âges su i vans. Les Sages le prévinrent ; mais les Sages sont-ils cru$ eh ces temps d'eraportement, et ne se rit-on pas de leurs prophéties l Ce qu'une , judicieuse prévoyance n'a pu mettrp dans 1 esprit des hommes, une majtresse plus; impérieuse , je veux dire l'expérience, les a forcés de le croire. Tant ce que la religion a de plus $aint, a été •n proie. L'Angleterre a tant changé, quelle ne fait plus elje-même à quoi s'en tenir ; et pins agitée en sa terre et dans ses ports même que l'Océan qui l'environne , elle se voit inondée par reflfroyabje débordement de mille sectes bizarres. Qui sait si , étant revenue de ses erreurs prodi* gieuses tguctjant 1a royauté f elle ne poussera pal plus loin ses réflexions, et si f (ennuyée de sel changémens , elle ne regardera pas avec complaisance l'état qui a précédé ? Cependant admirons ici la piété de la {Veine , qui à su si bien conserver les précieux restes de tant de persécutions. {Que* de pauvres ? que de malheureux , que 4e amilles ruinées pour la cause de la foi , ont subsisté pendant tout le cours de sa vie f par l'im- ' rien se profusion de ses aumônes ? Elles se répanloient de toutes parts jusqu'aux dernières extrénités de ses troi$ royaumes, e$ s'é tendant pat j eur abondance , même sur les ennemis de la toi, I lies adoucissoient leur aigreur , et les ramenoie^iKj i { l'Eglise. Ainsi non-seulement elle conservoit^j " nais encore elle augmentait le peuple de Dieo, ( ^es conversions étoient inombrables ; et ceux - [ui en ont été térnQÎij* ocvilaires, upijs ont appris, !

de ta Relnè tPÀngteterté. £$>

Que pendant trois ans de séjour quelle a fait daintf là Cour du Roi sfcrrfils i la seule chapelle royale? a va plus de trois cents convertis, sans parler des autres, abjurer saintement leurs erreurs entre les' mains dé ses aumôniers. Heureuse d'avoir conservé si soigneusement l'étincelle de ce feu dîviit que Jésus est venu allumer au monde r Si jamais l'Angleterre revient à soi) si ce levain précieux vient un jour" à sanctifier toute cette masse où il a été mêlé par ces royales matas $ la postérité la plus éloignée , n'aura pas assez de louanges 1 pour célébrer les vertus de la religieuse Henriette, et croira devoir à Isa piété l'ouvrage si mémorable/ du rétablissement de l'Eglise»

Que si l'histoire de l'Eglise garnie chèrement la mémoire de cette Reine, notre histoire ne taira pas les avantages qu'elle a procurés à sa maison et a sa patrie. Femme et mère très-chérie et trèshcmorée, elle a réconcilié avec la France et le Roi son mari, et le Roi son fils. Qui ne sait

Îu'après la mémorable action de 111e de Ré, et urant ee fameux siège de la Rochelle, cette* Princesse prompte à se servir des conjonctures importantes , fit conclure la paix , qui empêcha F Angleterre de continuer son secours aux calvinistes révoltés ! Et dans ces dernières années * après que notre grand Roi , plus jaloux de sa parole et du salut de ses alliés, que de ses propres •intérêts, eut déclaré la guerre aux Anglais, né fut-elle pas encore une sage et heureuse média* triée? Ne réunit-elle pas les deux royaume*? Et depuis encore ne s'est-elle pas appliquée en toutes rencontres à conserver cette même intelligence l Ce* soins regardent 'maintenant vos Altesses roya* les : et l'exemple d'une grande Reine, aussi-bien que le satig de France et d'Angleterre, que vous avez uni par votre heureux mariage, vous doit inspirer le désir de travailler sans cesse à l'union.

0l , Oraiton fiatébra •

4» Afin* Rois qui vous sont si proches, st di emi la puissance et la vertu peuvent faire le destin de tonte l'Europe.

^lonseigneur, ce n'est plus .seulement par cette raillante main et par ce grand cœur que vous acquerrez de la gloire. Dans le calme d'une protonde paix vous aurez des moyens de vous signa* 1er i et vous pouvez servir l'Etat, sans Talarnier^ -tomme vous avez fait tant de fois, en exposant, au milieu des plus grands hasards -de la guerre v une vie aussi précieuse et aussi nécessaire que la vôtre. Ce service , Monseigneur, n'est pas lt seul qu'on attend de vous; et l'on peut tout espérer d'un Prince que la sagesse conseille, que la, valeur anime , et que la justice accompagne dans toutes ses actions. Mais où m'emporte mon zèk t ai loin de mon. triste sujet î Je m'arrête a considérer les vertus de Philippe , et ne songe pas, que je vous ' dois l'histoire des malheurs dt Henriette.

J'avoue , en la commençant, que je sens plot que jamais la difficulté de. mou entreprise. Quand j'envisage de près les infortunes inouïes d'une « grande Reine % je ne trouve plus de paroles, et mon esprit rebuté de tant d'indignes traitement qu'on a faits à la majesté et à la vertu , ne se résoudront jamais à se jeter parmi tant d'horreurs, si la constance admirable avec laquelle cette Princesse a soutenu ces calamités , ne surpassent, de bien loin les crimes qui les. ont causées. Mai* en mémo temps. Chrétiens, un autre soin me travaillé. Ce n'eat pas un ouvrage humain que, Je médite. Je ne suis pas ici un historien qui doit, vous .développer le secret des cabinçts , ni Tordre des bataillas, ni les intérêts d«* parties ï il faut que je m'élève au-dessus de l'homme , pour faire trembler toute créature sous les jugemens de Dieu. J'entrerai r avec David , dans les jouissances dit

de ta. fieùt* $4n$\tferrç. pg

Séignapr. (*)> e% j'ai à vous faire vok 1ejs nier* yeiljes^de sa main et de .ses conseils ; conseil? de, Juste vengeance sur l'Angleterre j conseils fie mît sérïcorde pçur le salut de la Reine, $ mais, conseils, marqués par le doigt de Dieu, doiit tyinprejplej est. si vive et si manifeste dans les évènemens que J'ai à traiter, qu'on lie peut résister a ce tM| lumière* . . ;

. Quelque haut qu'on puisse remanier pour re* chercher dans las hjstpriens les exemples : deaj grandes muta tipus, on trouve que jusqu'ici elle* sont causées ou par la mollesse, ou par )a. violence) des Princes. En effet, quand les Princes., j&églU géant de connaître leurs affaires et leurs armées f ne travaillent qu'à la chasse,, comme jdisoit cet, historien (2) , n'ont de gloire que pour \è luxe * ni d'esprit que pour inventer des plaisû*, ou t quand emportés parleur humeur viofepte, ils na gardant, plus ni 1#m ni mesuras, et qu'île ôtent fes égards et la crainte aux hommes, .en, faisant que le^ nrçiujf qu'ils souffrent J eur paroissent çluf' insupportables que ceux qu'ils, prévoient : ajors, QM la licence e*£e#*ive. 9 ^ la/ patience poussée, à l'extrénjAté , rnena/zenf jtarrij^ej^euA les maison*, régnantes. Çharfes I, roi dA^gW^erre éloit juste j modéra, magnanime, très-instruit de ses aflai* res , ejt de* moyens de régner. Jamais Prince ne fut pljis capable die rendre la royauté, non^sea^ lpment vénérable jet sainte , majs encore ajmablo, et chère .$ $$$ p&upfes.» Que lui peu^-pa repro n cher* sinon la clémence ? Je veux bien avouer de lui ce qu'un auteur célèbre (5) a dit de César* .qu'il a été clément, jusqu'à être obligé 4* s'en repentir; Catswi pwprium fit peculiarç sit

(1) Intrt>ïb<? in peteniias Domini, Ps. 7* ■ (a) Q. Gurt. Lik. vin. 9.

(£) Piiu. iàb. 9. cap.. £&

èÉ Oraiton fimèbre

étefnehtite insigne, qud usque ad pvenkenféfa tmnes super avit. Que ce soit donc là , si l'on veut , l'niustre 'défaut de Charles , auSsi-bien que' de César: mais que ceux qui veulent croire que tout est foiMe dans lés malheureux et dans les vaincus, ne pensent pas pour cela nous persuader que la force ait -manqué à son courage y ni la vigueur à ees conseils. Poursuivi à toute ou-* trance par l'implacable malignité' de la fortune, trahi de tous 4 les siens, il ne s'est pas manqué à lui-même.' < Malgré 1 les mauvais succès de ses armes infortunées, si on a pu le vaincre, on n'a pas pu le forcer, et comme il n'a jamais refusé ce qui étoit raisonnable , étant vainqueur , il a tfo^Ujoors rejeté ce qui étoit foible et injuste étant captif. J'ai peine à contempler son grand cœur dans ces dernières épreuves. Mais certes, il a montré qtitfï n'est pas permis aux rebelles de faire perdre la majesté à un Roi qui sait se eoanottre; et ceux qui ont vu de quel front il a para dans là salle de Westminster f et dans la place de Witthal , peuvent juçer aisément combien il étoit intrépide* à la tête de 9es armées, combien auguste et . majestueux au milieu de son palais et de sa Cour. Grande Reine , je satisfais à vos plus tendres désirs, quand je célèbre ce Monarque; et ce cœur qui n'a jamais vécu que pour loi» se réveille , tout poudre qu'il est , et devient sensible , même sous ce • drap mortuaire , au nom &vn époux si cher , à qui ses ennemis même accorderont le titre de sage et celui de juste, et que là postérité mettra au rang des grands Princes , si son histoire trouve des lecteurs , dont 1* jugement ne se laisse pas maîtriser aux évènemens ni à la fortune. • s

Ceux qui sont instruits des affaires , étant obligés d'avouer que le Roi n'avoît point donné d'ouverture ni de prétexte aux excès saciiiég^s dont

de la' Reine dÀ*§hterrc. 29

mras abhorrons la mémoire , *n accusant là fierté indomptable de> la. Nation ; et je confesse que la feaincr de**! parricides pourrait jeter les esprits dans* c* sen*iifteqtv Mais quand 00 considère do plus près* Mhisfeûire de- ce grand royaume , £t par-» tkulièrfâoasut les derniers règnes ., eu t*on voit non-seulèment ieswf^oi*' majeurs , mais encore leé pupilles* *e«plesi .Reines- même ai absolues -et si «êdpttfcées i quaaduen, regarde la facilité incroya* blet avec Uqwalle. la. religion a été ou renversée 4 ou* rétabli» -par H enr i y p»r Edouard, par Marie 4 toar Elisabeth., ou nte -trouVeni la* Nation si re* balle T ni ses patlemens' si ifiers et si factieux l ma contraire \> on **tj obligé de reprocher 4 ces ^eupk*, dlavotir été trop soumis»* puisqu'ils ont iawiteousjseusj^ouç deur f foi mémo et leur cône* jûenceJ Nfascbiisoiis denopas aveugléàient le ne> ftivei des bain ton si de lift* Ihp plus célèbre du mon* de^ut',. jsetao* Ws issus fidèles 'historiens* , tirant lear tragniei des^Ga4éea/;)et 4ie «tixtyono pas qu» les îMercieais^tier: Danois et ! les»' Saxon» aient' 4eAlenMnt,cmr«sttpu ie« eux ce qve Ttospères leur avrient donna dei non. sang * qu'île 'soient capables Me. «a'empdqtef à «des procédés si barbares , sit n* &y j^t melé^T** trop clauses. Qa'ert De dorfc qui ^aoai'poaisaésr^Qaeèle fore*, qae4 tratos^opii queilt fc*tf*n*péria>à «aiesé -«es .«gitatkmsj -et ^ess violent 4N» f JNfôn-dpuéoos pas , Chrétiens^ tes fôusses ^igion*, la libertinage d'esprit, la tireur de dis* j^Mterdes chose* dstiutes sans fin, sans règle, sans 4ëfetnis*j*pnV.ja emporté les courage». Voilà' les sfrnaemtsj qpa. la- Heine a eu à combattre^ et que m m prodenae , ni sa douceur , ni sa fermeté n'ont .puivainesev .: *î, *.

^> J'm. àé)i idit quelque chosedeJa licence où s* ftAtevâ Isa' esprits ^ quand on ébranle les fondé* 4|fps,de Wcaiigiéai et qu'on» remua les borner une fois posées. Mais-oomoie» 4a^ rtatiète que je

5a Oraison funèhre ».

traite ihe fournit an exemple maniieate et untfM dan* tous les siècles, de ces extnémfcég-bnenssss il «si, Messieurs, de le nécessité de, mon sujet* 4e remonter jusqu'au principe f et de vous cour doire pas à pas par teus Leeesccè* où le mépris fU la religion ancienne ,. et celui de l'autorité 4* i'Eglia*, pat été capables de pousser le» hommes* Donc hetouree de tout mal. est, que petit quj atout .pas craint de tenter , au siècle passé, la

£' for ma km par im schisnaei, be tvquvant point pins fort rempart contrai toute* lenrs ntoeveà» tés, que la sainte autorité de l'Jgglisfe, ils ont été obligée de le renv»wer«. Aines les décrets des conciles, la doctrine^ des pecea, et leur saint» Unanimité, l'aucknnn tradition; dn Sdint SWge «| de l'E^iiso . catholique , ,jfc'6n* pin* été cerna* autrefois des lois, sacrée* et iaveelabie*. Cfeacea «t'est : fait et segmente urt tribunal ou il s'est renés l'arbitrer de s»;Cr#yênôe2 et ericettrfjqWil serobto que Jee novateur suaient vemsu retetàrdee:èspritt» *n les r#uièfnwM)t daas^le&iimilfts^eke'i'Ëcmure» £aint*t «tcpusi* 5e naéfcé api'à çtmdrtèon qee cb* spie fidèle en cbmendroit ttoterpifètev et crotrok «|ue le jgÛAt-Eeprit lus enrdtctB ho^stiçaiioii ,4 aVy a point .de particulier qnî)na>ljsé voie avtorist* fier ee|le.4edrine à<ad*iws*sôi^ï*i»«s^ **es* 4*crer ses »emen«e * à eppeèer Die* <to«t*>ce qtift pense* (M»-I«ri »u a bien.^Eéwe cpW l» lici&rf» j>'ay*rot plus de frein , les éjectas- ».mûHipl»Wajfcft - jusqu'à l'infini : que l'efêntàtretèseroit imrindiblsl et que tandis que >la& use. <ne. cesser oient de et* |>uter« o* dounetoient leurs rêverie» rpotiHiispi» frétions ,■ les. antres,, iasiguée, 4e<ta0t'rfe folki visions, et ne pouvant pins reconnokse ila rte> fa&té de< la, religion déclinée par tant dfe *cUx t ifoieçtt enfui, cherches siairppos fusante V H n«| enivre i»ri*pe*dai*œ idens l'hiditféreuce d«s «tJà> 4510ns, «m uans.i'ajjbtéisjne. , '. -..«.«* *..i **•-<

àe ta Rein* â s Angleterre* 3?r

^leU, et plus pernicieux encore, cofttfné v'dus

terrez dans la suites *onl les «flirts naturels de*

cette nouvelle doctrine. Mais de même qu'une'

eau débordée ne fait ^pas «par- tout 4 es mêmes râ-

' ▼âge», parce cfue sa rapidité ne trouve pas par-' «eut lés mèiftes penchant et les mêmes ou vertu-' t&mt' ainer * quoique c>t esprit d'indocilité- et d ? ift- ; dépendance soit également répandu dans» toutes tes' hérésies de ces derniers siècles f il n'a pas pro* duit uaiverseMeineat • les mêmes effets : il a reçtf diverse» feintes, suivant que la crainte, on lès intérêts, ou; l'humew des particuliers et des na- 4 tiens , on enfin la puissance divine qui donne* •foand il lui plaît des bornes secrète* aux passion? des hommes les plus emportés, l'ont ditâéremmenf fajtenn. Qiie s'il «'est nhkmtré tout entier à l'Àiw gteterre, et si s» malignité yv est déclarée sans 4 réserve 9 tes Rois en ont souffert, tnals aussi les*

■ fteis en ont été eaase. ils- ont trop fait séntft aux' ptewpks que' l'ancienne religion se pouvait chan-f ger. 'Les* eujfcts ont cessé é*èn révérer les marfW Hkes , qéané ils les bnf Vu céder au* passièn# f * et au* Intérêts de leurs Princes*. €es tefres trèjf remuées, et devenue* incapables *de* consistance/

. sW tombées de toutes parts , et'nVrit fait Voit* d*e d^effroyaMes précipite. J'appelle ainsi tant {Terreurs* téméraire» et 'extravagantes qu'on VoVol? fmtakte tons les jours, Ne 'eroryéfc pas* <|u« cé-soir sfefefomeritf ta querelle de fépîscopat,* ou duelquetf diicanes ser la lîthargié 'anglicane f ; qui ait értiu? les edmnrànes* Ces disputes 'ri'éfofont encore ^uéf de-foJbtët coinniertcetoens , par où ces esprits turt' butent fèïsoïent cqmthe 'on essai de leur liberté.' Hlab quelque- chose de plus Violent' -se' remuolÊ taris té : fend Aës : coeurs : 'c'étdH/tfn^dégoÛf secretf dé' tout ce* qui a de l'autorité, et une déman>'

Etalon d'innover sans fin, après qtr'ôô en a ru' ^mier exeie^ •'" - •<* •• - ' > •

5? Oràdsôn funèbre

■ Ainsi les Calvinistes, plus .hardis que les luthériens, ont servi à, établir las Sociniens qui ont été. plus Iota qu'eux, et dont ils grossissent tons les jours le parti. Les sectes munies des Anabap* tistes sont sorties de cette même source; et leurs opinion* ,, mêlée*, au Calvinisme, ont fait naître k* in dépendais % qui n'ont point eu de bornée; parmi lesquels on voit les Trembleurs, gens fa- Datique», qui croient que toutes leurs revertes leur sont inspirées; et. ceux qu'on nomme Chercheurs, a cause que dix^sept cents ans après Jésus-Christ, ils cherchent encore la religion, et n'en, ont point d'arrêtée. i

: C'est, Messieurs, en cette sorte que les esprit» une fois émus, tombant de ruines . en • ruine» -, se sont divisés en tant .de. sectes» En: vain les Bese d'Angleterre ont cru, les pouvoir retenir sur cette pente dangereuse, en conservant lépisçppec Car que peuvent fies 4véques , qui ont anéanti euxmêmes Tautori té de, leflr chaire; *,<et la révérence q^'on doit à }a succession *r en condamnant osjv.er« tendent leurs prédécesseurs jusqu'à la source Blâme. 4e. leur sa,cre , ^'e^st^^re,, jusqu'au > Pape £aint Grégoire., -et au saint inoine Augustin son <]*• ciple, et le, premier apôtre de, la nation ^glaise i ÛiTesfcce que .lépiscopat, quand il se empare de tpglise» qph est son tp^it , aussi-bien que du, Saint $?ég*<t qui>est son centre, pqurVaUacher * contre sa. n*,tur,e,, à la rqyauHt comme à son, chréfÇee 4eMV puissances d'un 'ordre si différent ne e'unisr. seiH pas,, mais s'eçnbawassent. n>utueJlea*eot * nua^d on les- confond ensen^ble; et fe Jfmi**}& . dès rWis d'Angleterre seroit defneeréej plue inviolable, si contante, de $es droits sacrés., ol)e T n'a;VOJt point voulu attirer à soi les droits et l'autorité dé l'Eglise. .Ainsi rien n'a retenu ty» violence 4afc esprits féconds en erreur*; et Çtieu ,.po*u~ puni* l'irréligieuse instabilité dé ces peuples* lsfcft.Uwée

de ïaKéinè d>An$lèterre. St

à* FïnfOTipéraiice de leur folle curiosité; en Sort»' que t ardeur de leurs disputes insensées , et leur retigi on arbitraire , est devenue la plus dangereuse de leurs »aaaladies.

Il «lie faut point s'étonner s'ils perdirent le re$- «ect de la majesté et des lois , ni s'il» .devinrent factieux , rebelles et opiniâtres. On énerve la religion, quand on la change, et on lui ôte un cer-« tain poids, qui seul est capable détenir les peuples. Ils o*t dans le fond de cœur je ne sais quoi* ûVinquiet qui échappe, si on leur été ce frein nécessaire; et on ne leur laisse plus rien à ménager , quand on leur permet de se rendre mai** très ile leur religion: C'est de* la que nous est né ee prétendu règne de Christ, inconnu jusqu'alors; au christianisme, qui de voit anéantir toute 'le/ to-ranté, et égaler tous les hommes; songe sé~> «xtieux des indépendens , et leur chimère impie et sacrilège: tant il est vrai que tout se totra* an retraites et en pensées, séditieuses , quand l*au^ tprité delà religion est anéantie. Mais pourquoi chercher des preuves d'une vérité que le Saint*» Eaprk a prononcée par une sentence manifestait Dieu «émis menace les peuplas qui altèrent la/ «eiigiott quSl «a établie» de se retirer du milieu! eV/eux, et par iàndet les- hwer aux* guerres cJvi-J les* Eeeulttfe «omase il parle >parria «boucha' dur prophète. tZacharie (i) : \Leur, «ms, dit le Seigneuri , ajvçtié +mers* ntoè, iquand ils ont slf souvent changé de religion; et Je leur ai dit § je feaSjpnsî peut votre pasteur •;• c*eat*à*dire , je TMfrabaaeWaerai à. vous-mêmes et k votre crueKé> destinée; Çt voyea la suite: Que eequi doit

. hyiAwima ebrmm vdrùwit fit me? et dùri : ■• Won <frm*à 4um* tar.' Qfitkt marieur nuriafut i et <fuod mu*idtiur , è*ctid*àur t *» rtiic/àè aaïa mai «aitf eaiteue e&mm >*e*iwat

• «a** saia m, » •« > «'/,'»'.•«. . -*i«.Ji.]

Sff ^*&*tèeiïfmiè&e ' \

est naturellement indocile *b indépendante^ betnp bien elle est fatale à la ro^tauté^iet . ajouta* ie«K tonte légitime. Au reste, quand «e'ajrafttitOiewa ahobi quelqu'un pour être lfcns£rement jde sed desseins , rian n'a* «arrête leœurs .^ou il enchante 4 ou il aveugle 4 ion* «K détfhpte tout «e qui e&t es» pable de résistance* Je suis ièb Seigneur i dit-il

1er la >bouèhe d& ôêtémie > c'est moL^fui^ai faià » ierhe avec les hommes et<ies*mmùwutm , et\ je ht mets- entre les mairm.de> qui il <me j>lap (j?)^ Et rmaintenoMt foi voulu sômmttrjeAceè* tome*, 4 Dbabnehodanoso* f roi\ de> Rabfchme f .mum j*rç witeiir (a). 44 l'appelle «on seroiteur , .<pi0k}u$*S» 4èie,>à cause 4tu& l'a>nQmméMp«i»DeeE0ct4»r;s6t décret,*. . jE* j'ordonne , poussoit-tit* ^tf 4aitf /ta* sait soumis , jusyutattx *knim*tu& (£)t2JUun&il«*| vrai que tout fdoie^ e&lqufc tout;**! ftoppfe/qafend Dieu leio&mmande.Maie écbotez UeaUe dette, pre» phétiev >* i*?i*f lywrj c*fr peuples IvÂ+Aëissent* et qu' Us u obéissent encore àsonjUs^ jvsqu'é.ot

Îue le\teàip& des un$\fit4e& a*tfff**>*fltw* (ft)* r oy»z, Chrétien*, «iliMaelee.tei|i|^(Son^Ri#Cf|Ué$ 9 comme» les <gén4EatieB*>aon& compté** i\ RJeu dé» lerjniue jusqu'à .quand doit durer t'efftoupts&eiaeiit, Hqvaad aiteet is*j(fait/ ré*a^lUf t J%jnjwifc,< M^Telcà été le -tort de KA^iet<w*. 4lVfe}*,,qw* dan* QeUéieifrojwUe aofrtaEJog jd*.. Jflué a s s!»****,

-..'s =: . . >:tv.i.»- ; t , , r |.. , ;, { '. ;|i ;,oil'j*» -!•■ >* * i;{ij jffg». >î*;* iÊirrmm) «A inminet* pi Jjrtaaeia»*** <«af €Spèr faùitfii teniaf^ in Jçrtiiwiine ]me* meg***, «*,!«* àfttfÀio me* «ateaftj ., eâ jfUtU.com *i fmff**fr& eqfa ah*j, Jéréneu matij* , ii: *■••■;' ' ql- i« n •/ l. >-i Il (a* Et m*ic> .ifrÇuei âeè% omuu tm& jj» mmmiifféktp mk*éanpsar x .,q$s Matrice, segtf /*»*< j J^ :: .+ % î> i> (5) Jwqper, *t bèftia* iipi > Mfc ** W* «a^feaf #& fatd*u* -.- . > f j,... ju, j (J <i . > ', v 'Oi .îi 4 ..;-x* (4) J?* seraient ei , et *ers>U*U Jilio e/u# f ,eftc«, ifcrâm

de là Reine. d'Angleterre. Bip

ï est beau de considérer ce que là gîawïe Hei* rietfe a entrepris pour le salut de ce royaume* ses voyages/ ses négociations , ses traités, tout ce que sa prudence et son courage opposaient à la fortune de l'Etat, et enfin sa constance, pat laquelle n'ayant pu vaincre la violence de la destinée, elfe en a si noblement soutenu l'effort* Tous les jours elle rametioit quelqu'un des rebelt les; et de peur qu'Us ne fussent malheureusement engagés à faillir toujours , parce qu'ils avoient failli une fois , .elle veuleit qu'Us trouvassent leur refuge dans sa bonté et leur sûreté dans sa parole* Ce fut entre ses mains que le gouverneur de Scharborouk remit ce port, et ce château mac cessible. Les deux Hothams père et fils, qui avoient donné le premier exemple de perfidie, en refusant au Roi même les portes de la forteresse et du port de Huile , choisirent la - Reine pour médiatrice , et dévoient rendre au Roi cette place avec celle de Beverlei : mais ils furent pré* venus et décapités ; et Dieu , qui vouloir punir leur honteuse désobéissance par les propres mains des rebelles, ne permit pas que le Roi profitât de leur repentir. Elle avoit encore gagné un maire à Londres, dont le crédit" étoit grand, et plusieurs autres chefs de la faction. Presque tous ceux qui lui parloient , se rendoient a elle ; et si Dieu n'eût point été inflexible , si l'aveuglement des peuples n'eût pas été incurable, elle auroit guéri les es* prits, et le parti le plus juste auroit été le plue fort.

On sait , Messieurs , que la Reine a souvent exposé sa personne dans ces- conférences secrè* tes; mais )'ai à vous faire voir de plus grands hasards. Les rebelles s'étoient saisi des arsenaux et des magasins ; et malgré la défection de tant de sujets, malgré l'infâme désertion de la milice même , il étoit encore plus aisé au Roi de Jevej

|0 Qrdtçzjiiitfk*

des soldats a«e de 1m armer. Elit abflodotfiéi» pour avoir des armas et des munitions , nonseulement ses joyaux ,, mais encore le scia 4 e s* yie. Elle se met en mer au mois de février , malgré l'hiver et les tempêtes ; *t sous piétexl* de couduire en Hollande la Princesse royale s*; fille aînée , qui avoit été mariée à Guillaume , prince d'Orange 9 elle va pour, engager les Etats dans lés intérêts du Roi , lui gagner des officiers , |ui amener des munitions. L'hiver ne l'a voit pas effrayée, quand elle partit d'Angleterre; l'hiver, lie l'arrête pas on ibojé après, quand il faut retourner auprès du Roi : maie la euccès n'en fut pas semblable, Je tremble au seul récit de la tempête furieuse dont la flotte fut battue durant dix jours. Les matelots furent al larme* jusqu'à, perdre l'esprit , et quelques**]** d'entr'eu* se précipitèrent dans les ond**» Elle » toujours intrépide autant que les vagMfs étaient Ittues, rassuroit touj le monde par, sa fermeté; Elle excitoit c*ur* qui l'accompagnoient à espérer sm Dieu qui faisoiç toute sa confiance; et pour éloigner de leur esprit, tes funestes idées de la mort qui se présent oU de. tous côtés , elle disoit avec uo air de sérénité qui serabloit déjà, ramener le fcalme, «que les Reines ne. Se uoy oient pas. Hélas 1 elle est réservée à quelque chose de bien plus extraordinaire» Et pour s'éiier sauvée du naufrage i ses malheurs n'en seront pn* moins déplorable* Elle vit périr $e$ vaisseaux , et presque toute l'espérance d'un si grand secours.. L'amiral, où elle étoit, conduit par la main de celui qui domine sur la profondeur de la mer, et- qui dompte ses fiots soulevés , fut repoussé aux porte de Hollande , et tous les peuples furent étonnés d'une délivrance si miraculeuse*

Ceux qui sont échappé» du naufrage (i) ,

(i) JVwifi-agio Kberati, exinâe repudiufn et navi o#' *m/& dieuni. Test, de peuùfc

de ta. Rein* $4nghlierr0i fy

$i*e*t ut» éternel adieu à la mer et, a*pc vaisseaux , et comme diftoït un aociea autour, ils n'en peuvent même supporter la vue. Cependant on^e; jours, après t ô résolution étonnants ! la Reine à peine sortie (l'une tourmente sj épouvantable f pressée du désir de revoir le Roi et de le secoua rir f ose encore, se commettre à la foreur de l'Océan , et à la rigueur de l'hiver. Elle ramasse .quelque* vaisseaux qu'elle charge d'officiers et de munitions , et repasse enfin en Angleterre. Mais qui ne seroit étonné de la cruelle destinée de cette Princesse 1 Après s/être sauvée des flots f une autre tempête lui fut presque fatale* Cent pièces de canon tonnèrent sur el)e à son arrivée, et la maison où elle entra fut percée de leurs coups. Qu'elle, eut d'assurance, dans cet effroyable péril ! Mais qu'elle eut de clémence pour l'auteur d'un, si noir attentat! On l'amena prison* nier peu de temps après,,; elle lui pardonna son, crime, le livra pour tpuf supplice à sa cons^ cience, et à la hpnte d'avoir entrepris sur la vie d'une Princesse si bonne et si. généreuse : tant elle étoit au-dessus de la vengeance aussi-* bien que de la crainte. Mais ne la, verrons-npus jamais auprès du Roi qui souhaite si ardemment son retour l Elle brûle du même désir, et déjà je la vois paroi tre dans un nouvel appareil. Elle marche comme un général k la tête d'une armée royale , pour traverser des provinces que les rebelles tenoient presque toutes. Elle assiège et E rend d'assaut en passant , une place considéra** le qui s'opposoit à sa marche ; elle triomphe , elle pardonne, et enfin le Roi la vient recevoir dans une campagne où il a voit remporté l'année précédente une victoire signalée sur le général Essex. One heure après on apporta la nouvelle d'une grande bataille gagnée : tout sembloit prospérer par sa présence j les rebelles étoienf

4o •*."" Ôraàoh funèbre

consternas: 'et si la Reine en eût été crétë; sf M lieu de diviser les armées royales y dt de les amu^ ser; contre son avis, feux sièges infortunés* de* Hutl et de Glocester, on eût 'marché droit h Londres , l'affaire f étoit décidée , et cette campagne eût fini la guerre. Mais le moment fut manqué. Le terme fatal appro choit » et le ciel ,

Jui sembloit sospendre, en faveur de la piété e la Reine, la vengeance qu'il méditoit , commença & se déclarer. Tu sais vaincre , disoit un brave Africain au plus rusé capitaine qtyï fut jamais , mais tu ne sais pas user de là vie* toire : Rome que tu tenois f échappe ; et le destin ennemi Va été tantôt le moyen , tantôt la pensée de la perdre (i% Depuis ce malheureux moment tout alla visiblement en décadence , et les affaires furent sans retour, La Reine qui se trouva grosse , et qui ne put par tout ton crédit faire abandonner ces deux sièges qu'on vit enfin si mal réussir , tomba en langueur, et tout l'Etat languit avec elk. Eïlê fut contrainte de se séparer d'avec le Roi, qui étoit presque assiégé dans Oxford , et ils se dirent un adieu bien triste, quoiqu'ils ne sussent pas que c'étoit le dernier. Elle se retire à Excester , ville forte , où elle fut elle-même bientôt assiégée. Elle j accoucha d'une Princesse, et se vit douze jours après contrainte de prendre la fuite pour se réfugier en France. *

Princesse dont la destinée est si grande et si glorieuse, faut-il que vous naissiez en la puissance des ennemi? de votre maison ! O Eternel 1 veillez sur elle j Anges saints! rangez à l'eiitour

(t) Tum MlAarbalt Vincère scis , jinnibal, victorià ûti nescit. JJiV. Dec. 3. li?. a.

'Potiun✠urhis Romœ , modù mertfetn non duri, modd' /brtunâm. Rid. Bt. *6\ .

de laUeinç éCAnç\çterrô. <|i

f£?s escadrons invisible?, et faites la garde autour ï berceau d'une Princesse si grande et si déissée, Elle est destinée au sage et valeureux rïlîppe, et doit des Princes à la France, dignes

de lui,' dignes d'elle , et de leurs aïeux. Dieu Ta protégée. Messieurs» Sa gouvernante , deux ans après , tira ce précieux enfant des mains des re*

'belles , et quoiqu'ignorant sa captivité , et sentant trop sa grandeur 9 elle se découvre elle-même; quoique refusant tons les autres npms , elle s'obs*

'fine k dire qu'elle est la Princesse ; elle est enfin amenée auprès de la Reine sa mère , pour faire sa consolation durant ses malheurs , en attendant qu'elle fosse la félicité d'un grand Prince , et la joie de toute là France. Mais j'interromps Tordre? de mon histoire. J'ai dit que la Reine fut obligée è se. retirer dp son royaume. Un effet , elle partit des ports d'Angleterre à la vae des vaisseaux des, rebelles, qui la poursui voient de si près, qu'elle pntendoit jpresque Jours cris et leurs menaces in* f olentes. O voyage bien différent de celui qu'elle

' a voit fait sur la même meï , lorsque venant pren? dre possession du sceptre de la Grande-Bretagne , elle voyoit pour ainsi dire, (es ondes se courber spus elle , et soumettre toutes leurs, vagues à la dominatrice des mers ! Maintenant chassée , et poursuivie par ses ennemis implacables qui âvoient eu l'audace fie lui faire son; procès , tantôt sauvée, tantôt presque prise, changeant de fortune ^ à chaque quart-d'heure , n'ayant pour elle que Dieu et son courage inébranlable, elle n'avoit i*i assez de vent ni assez de Toiles pour favoriser sa fuite précipitée. Mais enfin elle arrive à Brest, pu après tant 4® maux }I lui fut permis de respirer un peu.

Quapd je considère en moi ? même les périls extrêmes e*t continuels qu'a courus cette Princesse sur la wçt et sur U^ terre (tarant l'espace de près.

4* Oraison funèbre

de dix ans , et que d'ailleurs Je vois que toute*, les entreprises sont inutiles contre sa personne f pendant que tout réussit d'une manière surprenante contre l'Etat ; que puisse penser autre chose , sinon que la providence f autant attachée a lui conserver la vie , qu'à renverser sa , puissance, a voulu qu'elle survéquit àjses grandeurs, afin qu'elle pût survivre aux attachômens de la terre , et aux sentimens d'argueîl qui corrompent 4'eutant plus les âmes f qu'elles sont plus grandes et plus élevées f Ce fut un conseil à peu prés semblable, qui abaissa autrefois David sous la main du rebelle Absalon (i). Ce voyez-vous % ce grand Roi, dit le saint et éloquent prêtre de Marseille; le voyez-vous seul f abandonné 9 tellement déchu dans t esprit des siens f qui devient un objet de mépris aux uns f e t f ce qui est plus insupportable à un grand courage f un objet de pitié aux autres; ne sachant , poursuit Salvien, de laquelle de ces deux choses il avoit plus à se plaindre , ou de ce que Siba le* nourris s oit, oh dé ce que Sémei avoit V insolence de le maudir ! Voila , Messieurs , une image 9 mais imparfaite, de la Reine d'Angleterre, quand après de si étranges humiliations» elle fut encore contrainte de paroi tre au monde, et d'étaler pour ainsi dire* à la France même, et au Louvre, où ela étpit née avec tant de gloire, toute, l'étendue de sa misère. Alors elle put bien dire avec le prophète Isaie (2) : Le Seigneur

(1) D éjectas ufaue in suerum, auod grave est , conù** meliam f vel , auàd gravius , misericordiam ; ut vel Sib* eum pasccretj vel malçdiccre Semei pubUcè Jtjpi» ùtne* r*U Sal. 1. a. de gnhcx. Dei.

(a) Donjdnus exercituum cogUavit h$c , ut detraheret fuperbiatn ornais gloria: 9 et ad ignorpinim dedi^orwt ttpivçrfs inblUos tcrnx. I*a. sxiij. 9.

de la lieine à* Angleterre, ifc

Ses Mrfnées a fait ces choses pour anéantît tout le faste des grandeurs humaines et tour* fier <en ignominie ce que l'univers a de plue Jtugurte, Ce n'est pas que la France ait man* que à là fille dé Henri-le-Grand. Annula magnamîme , la pieuse, que nous ne nommerons Jamais sans regret, la reçut d'une manière, convenable à la majésfé des deux Reines. Mail le* affaires du Roi ne permettant pas que cette sage régente t pût proportionner le remède au mal t jugez de Tétât de ces deux Princesses. Henriette jTûh sî grand cœur, est contrainte de demander du secours : Anne d'un si grand cœur , ne peut

. *n donner assez;. Si Ton eût p« avancer ces belle* années dont nous admirons maintenant Je cours glorieux , Louis qui entend de si Joiu les gémHr semens des Chrétiens affligés, qui assuré de se gloire, dont la sagesse de ses conseils et la droi»

; tul~e de sel intentions loi répondent toujours malgré l'incertitude des événement, entreprend lui *eùl la cause commune» et £orte sfcs armas re*doutées à travers des espaces immense* dé mer et d* terre, auroîMl refusé son bras à ses vol* *îtu, à ses alliés, à son propre sang, aux droit* *acrés de la royauté , qu'il Sait si bien mainte* tiïtt A*ac quelle puissance l^Anjgie'tert'e l'aûroij> v elle vu invincible défenseur, ou vengeur présent de ^a majesté violée f Mais Dieu n'avoU làîssi aucune ressource au TVoî d* Angleterre : tout lui banque , tout lui est contraire. Las Ecossais , i qui ir se donne , le livrent aux parlementaire* * Anglais : et les gardes fidèle* de nos Rois , tra> iibseftt le leur» Pendant que le parlement d'Anv gleterre songe à congeler l'armée, cette afméa toute indépendante, féfflrme elle-même à sa mode Je parlement, qui eût gaVdé quelques mesures , i% *e rend maîtresse de tout. Ainsi le Roi jit Wttié^e captivité en captjytté f et la R&i&e remit*

|4 Oraison funèbre

envain là France, la Hollande, la Pologne même et la* Puissances du Nord les plus éloignées. Elle ranima les Ecossais , qui arment trente mille bom» me$ : elle fait avec le duc de Lorraine une entreprise pour la délivrance du Roi son seigneur, dont le succès paroît infaillible f tant le concert en est juste. Elle retire ses chers enfans , Punique espérance de sa maison , et confesse à cette fois que parmi les plus mortelles. douleurs , on est en* core capable de joie. Elle console le Roi qui lui /écrit de sa prison même, qu'elle seule soutient .son esprit , et qu'il ne faut craindre de lui aucune bassesse , parce que sans cesse il se souvient qu'il .est à elle. O mère, ô femme, à Reine admirapie , et digne d'une meilleure fortune» si les fortunes de Ja terre étoient quelque chose! Enfin $ï faut céder à votre sort, Vous ave?, soutenu l'Etat, qui est attaqué par une force invincible et divine; i il ne reste plus désormais sinon que vous teniez ferme parmi ces ruines. # '

Comme une colonne, dont la masse solide pa* roît le plus ferme appui d'un temple ruineux, lorsque ce grand édifice qu'elle soutenoit, fond sur elle sans l'abattre, ainsi la Reine se montre le ferme soutien de l'Etat, lorsqu'après en avoir long-temps porté le faix, elle n'est pas même courbée sous sa chute.

Sui cependant pourroit exprimer ses Justes eurs î Qui pourroit raconter ses plaintes l ÏSfon , Messieurs , Jérémie , lui-même , qui seul semble être capable d'égaler les lamentations aux calamités, ne suffirait pas à de tels regrets. Elle s'écrie avec le Prophète (i ): Voye* %

(i) Facti sunt Jllii pçrdiU, quonUm invabxit iniunem Lam. j. \6, Maaurtf. $u*m misit battis ad êmnia desùl* rabilia ejus. Ibid. j. 16. Polluil regmmk et principes ej*** JfcU. j. 51. JUçidife à we, amarè fiçho ; /notttc \

âe la Reine d'Angleterre. 4$

Seigneur , mon affliction. Mon ennemi s % est fortifié , mes en/ans sont perdus, Le cruel a mis sa main sacrilège; sûr ce quim'étoit le plus cher. La royauté a été profanée , et les Princes sont Joules aux pieds. Laissez- moi , je pleurerai amèrement ; n'entreprenez pas de me consoler. Uépée a frappé au- dehors * mais je sens en moi" même une mort semblable.

Mais après que nous avons écouté ses plaintes, saintes filles, ses chères amies , (car elle voutoit bien vous nommer ainsi ) vous qui l'avez vue si souvent gémir devant les autels de son unique

firotecteur , et dans le sein desquelles elle a versé es secrètes consolations qu'elle en recevoit, mettez fin à ce discours, en nous racontant le» senti m en* chrétiens dont vous avez été les té> moins fidèles. Combien de fois a-t-elle en ce lieu remercié Dieu humblement de deux grande» grâces; l'une, de l'avoir faite chrétienne, l'autre 1 , Messieurs, qu'attendez- vous f Peut-être d'avoir rétabli les affaires du Roi son -fils l Non» C'est de l'avoir faite Reine malheureuse. Ah! je commence à regretter les bornes étroites du lieu oà je parle. Il faut éclater # percer cette enceinte, faire retentir bien loin une parole qui ne peut être assez 'entendue 1 Que ses douleurs l'ont rendue savante dans la science de l'Evangile , et qu'elle a bien connu la religion et la vertu dé la croix , quand elle a uni le christianisme avec les malheurs ! Les grandes prospérités nous aveuglent y nous transportent , nous égarent , nous font oublier Dieu, nous mêmes, et les sentimens de la foi. De-là naissent des monstres de crimes , des raftînemens de plaisir , des déjicatesses d'orgueil , qui ne donnent que trop de fondement

ut consolemini me. \u xxij.' 4* Forù interjkit gladius, et jfam* mon limitt* esè* Lam. f , ee«

'/fi Oraison funèbre

«à ces terribles malédictions que Jésus-Christ* prononcées dans son Evangile : Malheur à vou$ .gui riez; malheur à vous qui êtes pleins ef çontens du mange (>)► Au contraire , conime lo christianisme a pris naissance de la croix , ca sont aussi les malheurs qui le fortifient. Là ou expie *p$ péchés f là on épure ses intentions , 1à on transporte ses désirs de ta terre au ciel, là ou perd, tout I» goût du monde, et oa ces» «le s'appuyer sur soi-même et sur sa prudenc*. Il ne faut pas se flatter, Us plus expérimentés dans les affaires , font des fautes capitales. Mais que nous npus pardonnons aisément nos fautes , quand la fortune nous les pardpnne I Çt que jious nous prpypns bientôt les plus éclairés et les plus habiles , auancj nous sonimes les plus ^levés et les plus heureux ! Les mauvais succès Sont les seuls maîtres qui peuvent npus ropreijr tire utilement, et nous arracher cet aveu d'avoir failli , qui coûte tant à notre orgueil. Alors } quand Us ipalheurs nous ouvrent les yeux,nouf repassons avep anwtume sur tous nos faux pas : bous nous trouvons (également accablés de ce que nous avons fait, et de ce que nous avoof manqué de faire ; ejt nous ne savons plus par ou excuser cette prudeuce présomptueuse qui se çroyoit infaillible. Nous voyons que pieu seul est sage ; et en déplorant vainement les fautes qui ont ruiné nos affaires , une meilleure, réflexion nous apprend à déplorer pelles qui put pertju cotre éternité, avec cette singulière consolation, qu'on les répare quand PU les plepre.

, Dieu a tenu dpu^e ans sans relâche , wnf fLucune consolation de la part des hoir nies , notre jnalheureuse Reine ( donnons-lui hautement ce litre , dont elle a fait un sujet d'actions de

de la Reine cT Angleterre, 4f

grâces) lui faisant étudier sous sa main ces dures, mais solides leçons. Enfin, fléchi par ses yceux et par son humble patience , il a rétabli la maison royale. Charles II est reconnu , et l'injure des Rois a été vengée. Ceux que les armes n*a» y oient pu vaincre, ni les conseils ramener , sont yenus tout-à-coup d'eux-mêmes : déçus par leurs libertés , ils en ont à la fin détesté l'excès 9 honteux d'avoir eu tant de pouvoir , et leurs propres succès leur faisant horreur. Nous savons que ce Prince magnanime eut pu hâter $es affaires e* se servant de la main de ceux qui s'oftroient à détruire la tyrannie par un seul coup. Sa grande anse a dédaigné ces moyens trop bas. Jl a cru qu'en quelqu'état que fussent les Rois, il étoit de leur majesté de n'agir que par les lois ou par les *rmes. Ces lois qu'il a protégées, l'eut rétabli presque toutes seules; il règne paisible et glorieux: sur le trône de ses ancêtres » et fait régner avec lui la justice, la sagesse et la clémence.

Jl est inutile dé vous dire cpmbien la Rein* lut consolée par ce merveilleux événement; mai» «lie avoit appris par ses malheurs a ne changer pas dans un si grand changement de son état. Le monde une fois banni , n'eut plus de retour 4*ns son cçeur. Elle vit avec étonnepient <fu*' X>ieu qui avoit rendu inutiles tant d'entreprise* et tant d'efforts, parce qu'il attendait l'heure qu'il si voit marquée , quand elle fut arrivée f alla prendie par la main le Roi son fils, pour le cou» duire à son trône. Elje se soumit plus que jamaie k cette main souveraine, qui tient, du plus haui des cieux , les rênes de tous les empires ; et dédaignant les trônes qui peuvent être usurpés ' p) ; elle attacha son affection lau rojaume oq

. , (t) Plus amant Ulud rcgnum in <ju* non Umcni haiçris f*p*çrtc^ & 4ug. S. 4e CiviU 9» a£ ' w -

'^8 Oraison funèbre

l'on ne craint point d'avoir des égaux, et oi Ton voit sans jalousie ses concurrens. Touchés de ces sentimens , elle aima oejtte humble maison pins que ses palais, Elle ne se servi; plus 4 e soa pouvoir, OMe pour protéger la foi catholique , pour multiplier ses aumônes » et pour soulager plus abondamment les famille» réfugiées de ses trois royaumes , et tous ceux qui avoient été ruinés pour la cause de la religion, pu pour le service du ftoî, Rappeler en votre mémoire avep quelle circonspection elle ménageoit le prochain , et combien elle avoit d'aversion pour les discours empoisonnés de la médisance. Elle savoit de que] ^ poids est non-seulement la moindre parole , mais le silence même des Princes ; et combien la médisance se donne d'empire, quand elle a osé Seulement parogtre en leur auguste présence! Ceux qui la voyoient attentive à peser toutes ses paroles , jusepient bien qu'elle et oit sans cesse sous la vue de Pieu , et que , fidelle imitatrice de {institut de Sainte Marie, jamais elle ne perdoit la sainte présence de la majesté divine. Aussi rappeloit-elle souvent ce pr.écieu.x souvenir par l'oraison , et par la lecture du fivre de l'imita*. jtion.de Jésus, ou elle .àpprenbit à $e conformer au véritable modèle des Chrétiens. Elle yeil- }oit sans relâche sur sa conscience. Après tant de maux Qt tant de traverses, elle ne connut

{dus dyautres ennemis 'que ses péchés. Aucun ne ui, sembla léger; elle eh faisoit un rigoureux examen : et soigneuse de les. expier par les au* jnônes, elle étoit si bien préparée , que la mort

Ïi'a pu la surprendre, encore qu'elle soit venue ous l'apparence du sommeil. Elle est morte cette ^grande Reine, et par sa mort elle a laisse uJi Regret. éternel, nonrSeulement à Monsieur eÇ à ^ladaine , qui fi (je les à tous leurs devoirs, 'ont jeu pour elle $e$ respect* si soumis, si $ïfycêYës\

de ta Reine d'Angleterre* ^g

si pef sévérans , mais encore à tous ceux qui ont eu l'honneur de la servir ou de la connoîlre. No plaignons plus ses disgrâces, qui font maintenant sa félicité. Si elle avoit été plus fortunée, son histoire seroit plus pompeuse , mais ses œuvre» seroient moins pleines, et avec des titres superbes, elle auroit peut-être paru vide devant Dieu. Maintenant qu'elle a préféré la croix «hé trône , qu'elle à mis ses malheurs au nombre des plu» grandes grâces 9 elle recevra les consolations qui r sont promises à ceux qui pleurent* Puisse donc ce Dieu de miséricorde accepter ses afflictions en sacrifice agréable! Puisse-t-ii la placer au #ein d'Abraham, et content de 9es maux» épargner désormais à sa famille et au monde do ai terribles leçons»

Oraison funèbre

ORAISON FUNÈBRE

DB

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