‹ Recueil des réponses faites par les communautes de l'élection de Gap au questionnaire envoyé par la commission intermédiaire des états du DauphineChapitre 130 sur 219 · RAMBAUD · texte numérisé non relu

RAMBAUD

dans ses charges locales, ce qui est nécessaire au payement du maître d'école.

2^. Le parcellaire date d'environ i5o ans^^^; il est en assez bon état; il a cependant besoin d'être refait par rapport au changement de cotes; au surplus, nombre des papiers se trouvent entre les mains de plusieurs particuliers, et il est nécessaire de les faire rentrer dans les archives de ladite communauté [déposées] dans l'église paroissiale ^^^

La communauté de Rambaud a le droit de prendre dans la forêt de M<^ l'Evêque, située dans ladite communauté, des outils aratoires. Il y a plus de quatre ans que les habitants n'en ont pris. Il s'est élevé, à cet égard, des contestations entre M*' l'Evêque et la communauté, à raison desquels on supplie MM. de la Commission intermédiaire, de vouloir interposer leurs bons offices, ainsi que pour un autre procès que la communauté a, pardevant la Cour, avec les possesseurs du pré appelé la Grand PaUu^^K

La communauté observe encore que son droit de prendre, deux fois l'année, des outils aratoires dans la forêt, annonce que les habitants n'en pouvaient trouver ailleurs; ce droit est précieux et, malgré cela, ils voient avec regret que, par les dévastations et les diverses coupes faites dans ladite forêt, ils n'y trouveront bientôt plus les moyens d'user de leur droit , puisque le même bois qui se trouve de haute futaie, garni d'arbres en pins et chênes, ne se trouve point allivré, et que la communauté paye, par conséquent, les tailles et vingtièmes, qu'il devrait supporter, à la décharge de M^ l'Evêque de Gap. D'ailleurs, ledit seigneur spirituel et temporel de cette communauté prive les habitants d'icelle, depuis cinq ou six années qu'il occupe le siège ^^^, les habitants de Rambaud du bois qui leur est nécessaire pour cet usage, dont le droit s'étend à prendre des outils aratoires deux fois l'année. Cet objet est fait pour mériter l'attention particulière de la Gom-

^*'' 11 est égtré ou perdu.

('> Sur Potat des archives de Rambaud en 1889, yoir Procès^erbaiix du Con$eH général de» HauieM-Alpe» , août 1890, p. 173.

(^^ Eo marge et de la main de Franrois-Henri de Vareiiles, évéquc de Gap :

(rSi messieurs de la Commission in- (ttermédiaire veulent employer leurs

«bons offices pour faire finir cette contrtestation, je leur en aurai une grande ff obligation. Les pièces ont été adressées (rà M. l'Intendant, il y a au moins trois (rans, et cette querelle devait se linir (rpar Tarbitragede MM. Piat des Viailes tret Barthélémy. A Gap, le ^7 mars ?T 1 789.» Signé : «ff F. H., év. de Gap.» (*) Depuis le 97 novembre 1786.

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a^ssioo intermédiaire, parce que cette eoinmunautâ « n'ayant (Tantre ressource que celle de lagriculture , il est impomble qu elle suffise au payement de ses impositions, si elle est contrariée eomme elle fest, dans la eulture de ses fonds, qui sont assujettis à une cote de <ltme tr^ onéreuse, puisqu'elle est payée à la cote douiième.

Indépendamment de ce, ekaque habitant ayant feu dans Tendroit paye une émine de foursa^ audit seigneur, comme aussi , dès lors qu il est obligé de vendre une charge de blé à la Grenète de Gap, après la perception de sa récolte, il est encore soumis à payer le droit de cosse au même soigoeur a la cote vingt^uatrième.

Fait et arrêté à Rambaud, ce 98 mars 1789,

Signé : Blanc, comtd, J. Allbmant, eonêtd, Estaghi , <y9u& des foraine.

^ REALON,

Arrondissement d'Embrun, canton de Savines, commune; i,&io mètres d*dtitnde; à 83 kilomètres de Gap et i5 kilomètres d*Embran; superficie es hectares, 7,1 io; habitants, 787.

Rép(m»e de la Uitre aâreêzée à la eammunmité de RSalon par la Commission intermédiaire ^ datée à Grenoble ^ le ^j 8 février

1. La communauté de Réalon est située au fond dun vallon fort étroit, resserré par deux montagnes, à droite et à gauebe. Son territoire a environ une lieue d'étendue en long ou en large. Il n'y a qu'une paroisse ^'^ et quatre hameaux ^^^ en y comprenant le che^ lieu.

t2. La communauté de Réalon est composée de t5s habitants et d environ 800 âmes.

3. Il n'y a ni médecin ni chirurgien sur les lieux, mais il y en a deux à Ghorges, à deux lieues.de la communauté, dont on se sert ordinairement.

(') Sous i« voeabie de saint Pelade, <*) Las Goumiers, les Méess, les

Rouases, le Yillar, et, de pi nîen , les Gleîaes , le Place.

ëvéquo QU archevêque d*Smbnm en Housses, le Yillar, et ^déplus, les Gar- 53V539 (^^« *^>^^ G, U 1, p. iv).

niîALON. 351

&. On ne coonatt point, ni sur les \ien\ ni a proximité, d'accoucheuses instruites.

5. La conimunautë jusqu'à ce jour n*a pas été attaquée par de telles maladies (ëpidëmiques), et elle ne fait aucun usage de l'ino* cuiation pour la petite vérole,

6. La manière de bâtir et dé couvrir les maisons est que la plupart» faute de commodité pour avoir de la chaux, bâtissent à pierre sèche, l'autre partie avec de la t«rre, et toutes les maisons sont couvertes on paille et la plus grande partie sans cheminée, de sorte

u*on les prendrait plutAt pour des tanières que pour des maisons.

l y aurait des carrières d'ardoises, mais le travail en est interrompu

ar le procès que la comumnauté a avec M. le marquis de Savine.

l est bien désolant pour une communauté de tant de malheurs qui arrivent par le feu, en étaut couverte en paille, et de tant de peine pour démolir les rochers sur les montagnes pour trouver les carrières d'ardoises et puis le travail en être interrompu par le seigneur. Il n'y a point de fabrique de tuiles dans Tendroit ni à portée , et le prix pour une toise de couvert d'aller acheter l'araoise et le bois monterait à plus de 6 à 7 livres par toisa.

7. Le sol de Réalon est très pénible et très en pente, fort sujet aux ravins, n'y ayant ou presque point de bois, de sorte que les terres, étant souvent lavées par la quantité des eaux, produisent très peu.

8. Les différents genres de récoltes sont le seigle, ravoine, les pommes de terre ou (rufu et queloues légumes; pour les ari>re8 fruitiers, il y en a très peu et méioie aans le bas de la communauté, eu égard è la situation du pays qui est très froid»

9. Les habitants de Réalon consomment, année commune, leur récolte, et même plusieurs sont obligés d'en sortir pour aller chercher ailleurs ce qui peut leur manquer, et leur nourriture ordinaire est un pain d'avoine, mêlé avec un pou de seigle et des truffes ou pommes de terre , et quelque peu de légumes pour faire la soupe.

10. Les années de disette, on tire le grain du marché d'Em* brun ou de Gap.

11. Lorsque les avoines réussissent, il peut s'en vendre quelques émines que Ton porte au marché [d*]Embrun. Pour des foires, il n'y en a point sur les lieux.

ta. L'état des bois, il n'y en a pointa Réalon; les habitants se pourvoient à Mourgon, dépendance du terrain de Savine, auquel

bois ils ont droit comme faisant partie du mandement. Il y aurait sûrement beaucoup d'endroits dans Rëalon où le bois serait finement impétieux pour venir (?) , mais le régime municipal est en très mauvais état, Tavidité du peuple ne reconnaissant ni règle ni subornation sur cet article, tellement bien, que, s'il y a quelque particulier qui en ait dans son taillable, [il] n'en peut pas être le maître. Le régime municipal a employé les inhibitions, les prohibitions, pour conserver les endroits où Ton voit paraître des bois communaux, mais inutilement, ce qui l'oblige à recourir à la Commission intermédiaire pour obvier à ce désordre et lui prescrire le règlement nécessaire pour conserver les endroits où l'on voit paraître des bois , tant communaux que particuliers , attendu que les bois seraient absolument nécessaires pour préserver les habitants des coulées de neige, et afin que les ravins ne fissent pas tant des doipmages dans le pays, et, en cas d'incendie , les particuliers ne sauraient où en prendre pour se rebâtir, tellement bien que , pour leur besoin ordinaire, ils sont obligés d'employer tout un jour pour s'en procurer une charge dans la forêt de Mourgon.

13. La communauté de Réalon n'a point de communes en son particulier, ses montagnes et les bois de Mourgon sont en communion avec cinq communautés qui composent le mandement de Savine, savoir : Savine, Prunlères, Saint- ApoUnaire, le Puy-Saint- Euziby et Réalon. Ces montagnes fournissent du fourrage pour nourrir les bestiaux des communautés susdites pour environ deux mois de Tété, et un droit de pâturage que le seigneur tient, de faire paître un troupeau de i,30o à i,5oo bêtes davérage, partout là où il veut, sur nos montagnes, tellement bien que les gros bestiaux, faute de ne trouver de l'herbe, se jettent dans le mauvais pays et il en périt beaucoup. Les moyens de les rendre plus utiles, nous ne les connaissons point.

\à. Le torrent principal, qui prend sa source sur les montagnes de Réalon , est celui qui coule le long du vallon et qui va se rendre dans la Durance, cause de temps en temps des dommages aux terres voisines, parce qu'il n'est contenu d'aucune digue et occupe un terrain assez considérable, à quelque distance de sa sortie de la montagne. Il y a même un autre torrent, qui se jette dans celuici, qui va en grandissant de plus en plus, qui traverse la paroisse; il a déjà déshabité plusieurs habitants, et le reste, toutes les fois que le ruisseau vient en furie par la quantité d'eau et les rochers qu'il traîne, les habitants sont obligés de sortir de leurs maisons de crainte de perdre la vie. Il y aurait même quelques pe-

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lits torrents qui pourraient rendre l'arrosage avantageux pour plusieurs quartiers du pays, et les moyens d'en tirer un plus grand parti, serait de pouvoir obliger les particuliers intéressés à ouvrir des canaux pour pouvoir y conduire l'eau, parce que le pays fournirait infiniment plus de fourrage qu'il ne produit.

15. Il peut y avoir environ âo à sB juments ou chevaux et environ loo paires de bœufs et environ 600 moutons ou brebis, et nous ne voyons pas de moyens pour augmenter le nombre des élèves et améliorer les espèces, par rapport au seigneur qui nous exige le profit du gros et menu bétail, dont le procès est intenté depuis vingt à vingt-deux ans à Grenoble, qui a réduit les habitants à la dernière misère pour soutenir ce procès.

16. Il n'y a dans la communauté aucun artiste vétérinaire ni maréchal expert, ni même dans les environs.

17. Nous avions déjà fait observer ailleurs que la communauté de Réalon serait située dans le fond d'un vallon fort resserré par deux montagnes, à droite et à gauche, éloigné de la grande. route d'environ deux lieues, ce qui fait qu'ils ne sont point à portée de faire valoir ni commerce ni industrie et que leur seule industrie pour plusieurs est d'aller travailler en Provence, l'hiver, pour gagner leur vie.

18. Le régime municipal est composé d'un syndic, deux consuls, quatre conseillers et un secrétaire. Il y a [à] obseiTer que le public ne faisant aucun cas des règlements que pourrait faire le régime municipal pour le bien public, et qu'il prie la Commission intermédiaire de lui procurer un règlement à ce sujet, sous telle peine que bon lui semblera, tant pour le délinquant que pour le régime municipal , s'il était négligent de le faire observer, et surtout de ceux qui ont charge du régime municipal, qu'en travnillant pour le bien public, on ne soit pas au moins chargé de sottises par les mauvais sujets de la communauté; comme aussi pour les chemins d'entrée et de sortie de la communauté, qui sont impraticables, qui exposent les habitants à perdre souvent leurs bestiaux, comme aussi de prescrire la largeur qu'ils doivent avoir pour passer commodément, obliger les aboutissants à lever les pierres et clapiers dont ils les remplissent continuellement.

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