La communauté de Réalon n'a aucun revenu
20. Les charges locales ou dépenses de la communauté montent,
KLKCTlOfi DE GAP. S 3
IMmiHiai» itrittfti».
iià
pour ie présent, à la somme de aSo livres ^^^. Il est vrai de dire, qu'à roecaaioo du procès que la communauté a avec M. le marquis de Savine» eUe aurait été obligée d'imposer, sous Tagrément de M*' riateudant de la province, la somme de &oo livres pour les frais dudit procès, mais que, eu égard à la misère du peuple, la communauté aurait sursis ladite imposition depuis environ deux
ans.
21. Autant qu'il est de notre connaissance, les collecteurs et receveurs ont rendu leurs comptes jusqu'à ce jour.
23. Les pauvres de Réalon n'ont ni propriété ni revenu; il n'y a uniquement que ho livres de vingt-quatrième, qui sont distribuées annuellement aux plus nécessiteux de la communauté.
23. Il n'y a point de foodations» ni pour lei hôpitaux ni pour l'éducation publique dans ladite communauté, tellement bien que, faute d'éducation , la plu» grande partie passent leur temps comme des bétes, sans connaître ni le bien ni le mal et, des fois, mauvais sujets.
2&. Le dernier parcellaire a été fait en l'année 171& et se trouve encore en bon état ^'^ et les papiers et titres de la communauté sont dans les archives de }a communauté et sent sous la garde de trois clefs qui ferment les susdites archives, dont l'une est entre les mains du syndic , et les autres , une à chacun des deux consuls ^^K
Fsât et arrêté à Réalon, le 98 avril 1 789, et avons signé.
Signé : J. Glbisk, syndic, Jn. Pubon» caïutd, J. MiasuLU, constd.
(*^ Le total des charges locales pour 1789 est de 93 1. 18 s. 6 d. (Ordonnance du 39 Bov. 1788) : derge |nmcal, 6 livres; entretien des ponts, 1 5 livres ; gages du secrétaire , 1 8 livres ; gages du garde-lwis, a/i livres; gages au valet de vitte, ta Mvres; gi^es dn sonneur» 6 livres; «taille oomlaie?), 19 1. 18 s. 6 d. Même situation en 1790. En 1791, total des ckarges,
ikh livres, dont 18 livres pour fcntretien de Téglise; 79 livres poar le maître d'éeole; t9 lîviwpoiB' firusde biirea«; 1 97 livres pour le receveur des eaalnbotions(G 107, fSa).
('> TVois volumes in4blio. (Lîsfv de$ ûueiemM eadiutrêê, 188&, p^ 10.)
^^} SurTétstda ces archives en 1886»
voir Procà»-verhaux du Qm$«U génériU de$ Haniêê-Alfn, aoèt 1887, p. i3S.
REMOLON. 355
REMOLON.
Arroodissement d*Einbnm, canton de Chorges, commune; 676 mètres d*altitude; k 18 kilomètres de Gap et 33 kilomètres d*Embran; floperiicie en hectares, 616; habitants, 5oo.
1 . Le territoire de Remolon est de près de trois quarts do lieue du levant au couchant et de Zoo toises du nord au midi.
2. 80 habitants et ht peu près 3 00 personnes, dont le tiers sont rentiers ^^) de plusieurs possédant fonds, demeurant dans les villes ou villages voisins.
3. II y a un chirurgien et il est le seul dans Tarrondissement.
à. li ny a point d'accoucheuses instruites, ce n'est pas la faute du gouvernement; il y a une douzaine d'années que M^ l'Intendant voulut en avoir de ce lieu une apte à cela; aucune femme ne voulut aller à Grenoble faire un cours, malgré l'invitation des citoyens.
5. La communauté est assez souvent affligée de maladies épidémiques; elles sont très difficiles à guérir, à cause du peu de salubrité de l'air, causé non par la localité, mais par la quantité de fumiers que Ton fait dans les rues et qui rendent fétide et pestilentiel le meilleur air possible. Les habitants ont souvent demandé des secours pour faire paver les rues, ils leur ont été constamment refusés. L'inoculation est connue , mais elle n'est pas pratiquée , faute d'artiste.
6. Les maisons sont battes à chaux et à sable et quelquefois en plAtre, elles sont couvertes en ardoises, que l'on tire de Châteauroux, Soigné de 8 lieues; il en coâte à peu près 1 a iirres par toise de maçonnerie et 1 5 livres pour le toit.
7. Le territoire de Remolon est fort penchant, adossé h un rocher, coupé par plusieurs ravins. Cette communauté ne peut avoir que des vignes, parce que son terrain n'est que cailloutage qui n'est point propre à donner du blé et produit du bon vin. Ces vins étaient en rivalité avec ceux de Provence et , à cause de l'éloignement, obtenaient souvent la préférence; mais, depuis l'ouverture des grandes routes, toute rivalité de commerce a cessé, les vins de Provence s'exportant par les routiers et ceux de Remolon ,
^') C*e»t-à-dire fennicrs».
à dos de mulets. Kemolori a donc élc oublié ci on Ta vu devenir, dans dix ans, le pays le plus pauvre de la contrée; pratiquer un chemin roulier d'une lieue de longueur, sans presque aucun obstacle, vivifierait tout le vallon. La communauté de Remolon avait sollicité cette grâce, et le malheur des circonstances ne lui ayant pas permis de se faire entendre d'abord , et la justice de sa demande ayant été reconnue et quelques secours accordés, la communauté n'a pas osé tenter une entreprise qui, dans l'intervalle, était devenue au delà de ses forces et qui eilt vivifié tout le vallon, qui est composé de Théus, Espinasses, Rousset, Bréziers et Rochebrune. Remolon ose supplier Nosseigneurs de la Commission intermédiaire de jeter un coup d'oeil favorable sur un objet aussi important pour le vaUon et pour la province; ce vallon regorge de vin, et parce qu'on ne peut le déboucher, il faut porter son argent à qo lieues dans une autre province.
8. Le marché le plus près et même l'unique, à la portée de Remolon, est Gap.
9. La production de Remolon n'est qu'en vin. La dîme des grains est abonnée à 1 5 livres. Il y a deux foires concédées par Charles IX et qui ne sont point en vigueur.
10. Remolon n'a presque point de bois; les pauvres le volent aux communautés voisines et les autres l'achètent. U n'y. a presque point de communaux.
1 1. Remolon n'a point de communaux du côté de la montagne, mais cette communauté pourrait agrandir son terrain et conserver celui qui est en production en construisant une digue contre la Durance, qui baigne tout son territoire et qui en emporte chaque année une partie. Ce terrain ferait d'excellentes prairies, dont on manque absolument à Remolon; le peu de foin que l'on récolte vient de deux ou trois lieues; ce projet vivifierait trois ou quatre communautés; les prairies que les habitants de Remolon possèdent dans ces territoires leur devenant inutiles, parce qu'elles sont infiniment coûteuses, les vendraient aux habitants des communautés où elles sont sises et cela opérerait le bien général du canton. Pour exécuter ce plan, il n'en coûterait pas infiniment, un rocher de bonne qualité et de gros blocs de pierres d'un torrent faciliternient ce projet très utile.
12. Il n'y a dans le pays, pour l'exploitation des fonds, qu'environ 3o mulets et 20 ânes, seuls animaux qu'on peut nourrir avec un mauvais foin de marais que l'on tire de deux ou trois lieues.
REMOLON.
1 3 . Indîuirie. — Il n'y en a aucune. Avant Touverture des grandes routes, faire bien valoir son vignoble en était une; aujourd'hui elle est souvent inutile , parce que les vins de Provence s'exportent par charrette et que ceux de Remolon, sortant du vallon à dos de mulets, ne peuvent plus soutenir la rivalité.
\à. Il y a un maréchal ferrant.
15. Il n'y a aucune industrie dans le lieu. Les moyens d'amélioration seraient de faire une digue sur la rivière de Durance et un chemin de Remolon à Valserres. On en a parlé ci-contre.
16. La communauté a deux consuls, deux péréquateurs ou auditeurs, un secrétaire, et le seigneur nomme un châtelain.
17. La communauté n'a point de revenus. Elle s'en forme un sur le vin qu'on vend et sur le pain qu'on cuit au four, et ce revenu est employé pour l'entretien du four banal, de la lampe ardente devant le Saint-Sacrement et pour partie du luminaire, parce que le seigneur décimant ne paye que 20 livres, et il en coûte plus de &o à la communauté. La Commission* intermédiaire rendrait un grand service à la communauté si elle faisait défense aux adminis-
^trateurs de se charger de cet objet.
18. Les charges locales de la communauté sont communément portées aux environs de 4oo livres ^^^; l'entretien des chemins vicinaux est d'une grande dépense.
19. Le compte des collecteurs est exactement rendu, l'administration est bonne.
20. La vingt-quatrième est exactement distribuée chaque année , non dans le temps prescrit par le règlement, mais au mois de juin, temps le plus misérable pour les pauvres.
21. n y a des fondations pour le carême, pour les quaranteheures, pour soidager les malades, et l'argent qui peut rester est destiné pour marier de pauvres filles, et il est dit dans la fondation que, si quelque puissance voulait convertir ou porter ailleurs cette bonne œuvre, dès à présent comme pour lors, le fondateur veut
t*) Total, pour 1790, 487 livre»
(Ordonnance du 1 9 sept. 1789) : cierge pascal, 6 livres; entretien de Téglise et de la maison commune, 66 livres; registres de catholicité , 6 livres ; fontaines , 60 livres; horioge, 96 livres; contrôle des délibératioDs, 96 livres; maître d^école, 100 livres; garde champêtre,
5 G livres; valet de ville, 18 livres; sonneur, 1 G livres ; port de lettres , 1 9 livres ; crdlme du grain abonné», i5 livres; censé du four banal , a livres ; gages du ramoneur, 3o livres; luminaire de Téglise, 5o livres; gages de la sagefemme, Qh livres. En 1791, le total est de 666 livres. (C 107, f* lao.)
que sa succeBsion passe au sieur Antoine Tanc , son neveu , ou aux siens à perpétuité. Le tout est bien administré, les comptes sont rendus chaque année devant les directeurs et les adjoints, en tout douze personnes et le curé^^^ président
22. Le parcellaire est de l'autre siècle ^*^, il est en médiocre état, ainsi que le coursier, mais il peut encore servir ^^^.
2 3 . Les communautés de Théus et Remolon n'en faisaient qu'une autrefois; ces deux pays ont divisé leurs intérêts, ainsi que toutes leurs affaires; ces deux pays n'ont point de limites connues. La communauté de Théus a fait des digues qui ont dirigé le cours d'un torrent sur les terres de Remolon; Remolon s'en est plaint par un acte extrajudiciaire et cette communauté était au moment de demander la permission de plaider, lorsqu'elle a reçu la lettre de Nosseigneurs de la Commission intermédiaire par laquelle elle a la bonté d'offrir sa médiation aux communautés pour les procès qu'elles pourraient avoir; celle de Remolon s'empresse non seulement d'accepter la conciliation, mais elle supplie Nosseigneurs de la Commission intermédiaire de ne pas la lui refuser.
En foi de ce, avons signé le présent à Remolon, le 9 3 avril i ^Sjj.
Signé : Allard LaCboix, châtelain, Paul Faurb, roiwti/, Vieux, secrétaire-commis.
REOTIER.
Arrondissement d'Embrun, canton de Guilleslre, commune; i,i6o mètres d'allilude; à 69 kilomètres de Gap et 18 kilomètres d'Embrun; superficie on hectares, 9,969; habitants, 353.
Réponses aux questions proposées jointes^ à la lettre de MM. les Procure^irs généraux ^ syndics des Euus du Dauphiné, du ^} 8 février dernier.
t. Cette communauté n'a qu'une paroisse ^*\ desservie par un
(') Joan-FrançoU Martel, de Barce- ^*) De 1689, pir Jean Tanc, notaire;
lonnette ( Basses -Aipei) , nommé le petit in-folio de 107 feuillet».
10 juillet 1771, qui, le i" mai 1794, W Sur Tétat des archives de Remo-
(T renonce à toutes ses fonctions pasto> Ion, voir les Procèa^wrbaux du Comeil
ralo:4<T (L 886), ce quine Tempéchepas frénéral dêê ffauten-Alpên^ août 1888,
d(^ dovenir curé d^Espinasses en i8o3. p. i58.
(Vc»ir rinlrod. de G, I. Vf.) W Sous lo vocable de saint Michol.
RÉOTIER. 359
seul ciiré^^\ dispersée en i8 hameaux ^^^* Elle contient environ une demi-lieue le long de la rivière de Durance.
2. n y a dans la eommunautë loo iamilies qui composent en général 5oo personnes ^ savoir : 96 hommes et &o5 femmes ou enfants, ci 5 00 personnes.
3. Il n'y a aucun médecin ni chirurgien audit lieu, tes plus à portée sont ceux de l'hôpital militaire de la ville de Mont-Dauphin.
à. Il n*y a également aucune accoucheuse dans ladite communauté , ni à portée.
5. Il y a longtemps que les habitants n ont été attaqués par les maladies épidémiques.
6. Les maisons sont bftties en maçonnerie, la plupart en terre glaise et partie à chauit et sable. Les toits sont en charpente et couverts d'ardoises, y ayant peu de carrières, de difficile extrac*tion , les habitants étant obligés d'en acheter à Ghftteauroux , éloi • gné d'environ une lieue. Pour une toise de couvert, [le prix] est de 3 1. 10 s. l'une.
7. La nature du sol du territoire de la communauté est très penchant, soutenu la plupart par des murs, comme amphithéâtre, pour conserver le peu de terre qui reste, interrompu par des roches et bricailles , sujet aux ravins fréquents , qui ont diminué la valeur du ten*ain cultivable d'un sixième, depuis les années 17/16 et 178a,
8. Les différents genres de récoltes sont en froment et seigle, légumes et vin. Quelques noyers de peu de production, à cause des neiges et gelées.
9. Le rapport, année commune, en grains froment, 5o setiers; en seigle, â,ooo setiers; en avoine ou orge, 160 setiers 1 lorsque la neige occasionne la mortalité des blés; en vin, 800 charges.
Les habitants consomment ces différentes productions en grains pour leur nourriture, en y joignant quelques pommes de terre dont ils se nourrissent en partie, ne buvant que très peu de vin qu'ils épargnent pour subvenir à payer les tributs royaux et charges, étant obligés de faire moudre leurs grains à la communauté
^^) BallhasarQueyras, curé dès 177 A* Gros, Kontboime, Foumet, le Ooutail, émigré le 91 novembre 179^ (L 119). la Gran(;etto, Mensolles, les Moiilmots, (*' L*Atil)rie, les Cbmcs, la Gombe, les Bagnes, Baitit-Thomas, etc.
voisine de Saint-Clément, n'ayant pas d'eau dans ladite communauté.
10. On tire les grains, les années de disette, des marchés de la ville d'Embrun et quelquefois recourent aux magasins du Roi.
11. Le vin que les habitants vendent, ils sont obligés de le porter à la \îlle de Mont-Dauphin.
là. Les bois et forêts de la communauté sont fort jeunes et dévastés, ayant été beaucoup détruits pour la construction des fortifications de Mont-Dauphin. Les fournitures annuelles qu'ils sont obligés de faire aux munitionnaires dudit Mont-Dauphin et pour les ponts et digues du Roi, étant sujets aux coulées de neige qui en détruisent une partie, exigent une grande conservation pour les besoins de la communauté en cas d'incendie.
13. La communauté n'a d'autres communes que quelques pâturages sur la montagne, qui suffisent à peine pour la nourriture de leurs bestiaux pendant quelques mois de l'année, étant peu fertiles par leur mauvaise situation, sans pouvoir les améliorer, étant privés d'une partie par la communauté de Ghancella, à raison de quoi il y a procès par-devant la Cour depuis 1767.
14. La rivière de Durance traverse au pied du terrain de la communauté et qui a endommagé le cultivable en champ, cheneviers, jardinage et vignes, 1/1,600 toises; terrain à souffrir, io,3&o toises, estimé à 37,960 1. 19 s., ainsi que résulte de la procédure faite par le sieur Vial, subdélégué de M^ l'Intendant, en 1 789, remise rière le greffe de M*' l'Intendant, ci a 7,960 1. 19 s.
Le peu d'îles (jui existent encore vers Saint-Crépin pourraient s'améliorer par l'arrosage, au moyen d'un canal pris à la Durance, ne le pouvant sans une indemnité pour pouvoir parvenir à la dépense. Il y a trois torrents qui 4escendent du haut de la montagne, qui ravagent le terrain inférieur taillable, et il n'y a pas de moyens pour les prévenir et garantir les fonds qui ont déjà été surchargés de graviers qui en proviennent, sans pouvoir les i-établir.
15. Il y a dans la communauté 169 vaches ou veaux et 5oo bêtes d'avérage, n'ayant pas de quoi en nourrir une plus grande quantité.
16. Il n'y a dans le lieu aucun artiste vétérinaire ni maréchaux experts.
17. Il n'y a dans la communauté aucun commerce ni industrie, attendu qu'il n'y a pas de fourrages et une partie des habitants est
RÉOTIER.
obligée d'aller en service et de s'absenter une partie de l'année pour gagner leur vie dans la Provence.
18. La forme du régime municipal est que les consuls font commander les corvées publiques, tant pour les chemins ou canaux d'arrosage et digues , et font gager les délinquants au prorata de ce qu'ils manquent, et plusieurs refusent de payer la taxe, cpioique modique, eu égard qu'il n'y a aucun règlement de police.
19. La communauté n'a aucuns revenus patrimoniaux ni d'octroi.
20. La communauté paye annuellement i,366 1. i8 s. 6 d. pour dîme et charges locales ^^\ se trouvaTit débitrice de l'hôpital d'Embrun d'une pension annuelle de 87 1. 8 s. 6 d.