La communauté, ou hameaux, ou villages, renferme i6o ha
^^) Soiie le vocable de saint Nicolas Avignon, puis du prieuré de GuiDestrc. oi de sftinte Lucc, d'abord do la dcfen- (Voir /m\ deê ârck. 4e Guttfwliv, Gsp, dance de Tabbaye de Saiol-André-lès- 1906, iâ-â% Introd., p. xu.)
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bitantii,qui donnent en tout ie nombre do 800 individus, (jrandfi ou petits; à peine y en a-t-il deux tiers qui soient dans le cas de pouvoir contribuer à ia culture des fonds.
3. Ladite communauté n'a ni médecins ni chtrurgtens dans son enceinte, ni moyen de s en procurer ailleurs, aileodu que les chirurgiens employés à Thôpitai militaire de Mont-Dauphin , situé à une demi-lieue de distance, ont été supprimés.
A. II n'y a sur les lieux aucune accoucheuse formée ni instruite; il est très difficile d'avoir du secours du voisinage, ne pouvant se le procurer qu'en recourant à des lieux fort éloignés.
5. Les habitants de cette communauté ont eu le malheur d'essuyer des maladies épidémiques, notamment en l'année 177&9 en Tannée 178s et en 1 année 1783, où plusieurs ont payé le tribut de la nature; efles ont enlevé plusieurs chefs de famille, ce qui a réduit plusieurs familles à la dernière misère et en pupiHarité. Les maladies les plus fréquentes, outre les épidémiques, plusieurs individus périssent encore annuellement par l'effet de pluri^ies causées par la vivacité du climat et des travaux pénibles de l'habitant, ou par des fièvres malignes ou fièvres putrides suivies d'accès, dont la plupart de la populace périt à la fleur de fâge, faute de secours ou de moyens. On n'a point encore pratiqué l'inoculation de la petite téroie, atiiendu qu'on n'en connatt point la nétliode et lea avantages.
6. Les bâtiments sont construits de la manière la plus grossière, avec des pierres brutes, une petite partie cimentées de chaux et sable, et la j)lus grande partie en terre glaise. Les planchers, sols et supérieurs des appartements sont faits en planches garnies pour Fordioaire d'un mur à plâtre par-dessus, et, sur la totalité des toits qui les couvrent, il n'y en a que deux tiers qui sont faits en ardoises et le restant est fait en paille, et comme il ne se trouve sar les lieux aucune carrière d'ardoises, quoiqu'il y eût anciennement deux carrières d^ardoises aux extrémités de la montagne, dont f une est située au quartier de Chirines et l'autre au quartier du Penon, qui ont été abandonnées depuis nombre d'années, par les éboulements qui s'y sont faits ou par difficulté d'y pouvoir communiquer pendant flnver, par la quantité de neige ou par TéloigiMneiit, et qu'on n'y ponrrait travailler que pendant quel(]ue6 mois de l'année et qu'il faudrait feire des dépenses considérables peur déUayer lesdites carrières d'ardoises des éboulements et écroulements qui y sont survenus, en sorte que Tbabitant qui se trouve dans le cas de
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bâlir et réparer ses toils est forcé d'aller prendre l'ardoise à la montagne de Ghâteauroux, à près de trois lieues de distance, ce qui rend le port très onéreux et dispendieux; le prix ordinaire d'une toise de couvert est de 1 5 livres.
7. Le sol est en grande partie fort pentueux, exposé par conséquent aux ravins et aux irruptions des torrents, et exposé au nord, oîi la neige séjourne une grande partie de l'année, comme nous l'avons expliqué à l'article i"". Le terrain est graveleux et sablonneux, entremêlé de grosses pierres, craignant beaucoup la sécheresse, de sorte qu'il ne rend, année commune, que cinq pour un.
8. On ne perçoit annuellement à Risoul d'autre récolte que du seigle, quelque peu de vin de mauvaise qualité, quelque peu de légumes de différentes espèces, des raves, des pommes de terre, quelque peu de fourrages, et les arbres noyers qui y sont plantés ne donnent que très rarement des noix pour faire de l'huile, à cause des fréquentes gelées du printemps qui les endonmiagent presque annuellement, ainsi que la récolte en grain et les bourgeons de vigne. On ne connaît d'autre espèce particulière d'arbres fruitiers qui prospèrent, sauf quelques pommiers de mauvaise qualité.
9. La consommation que font les habitants de la communauté de Risoul n'est d'autre nourriture que du pain de seigle, et plusieurs habitants manquent souvent des denrées de la première nécessité; ils se nourrissent encore la plupart de pommes de terre, de raves, quelque peu de légumes, dont on fait la soupe, de sorte que ce que les habitants perçoivent, année commune, ne peut pas suffire pour leur nourriture, de façon que depuis quelques années la communauté a été obligée de se pourvoir à M^ l'Intendant pour obtenir du blé à titre d'emprunt du magasin des vivres , pour distribuer à la plus grande partie des habitants qui étaient réduits à la dernière misère, de sorte que les uns sont obligés d'aller servir des maîtres, les autres de s'expatrier pour travailler la terre dans les provinces voisines, afin de pouvoir donner du secours à leurs familles et acquitter leurs impositions.
10. Des halles d'Embrun , de Guillestre, de Briançon, ou on a ^recours au magasin du Roi, à titre d'emprunt, en vendant la même quantité à la récolte, ce qui est une ressource très favorable pour l'habitant de cette communauté.
1 1 . L'espèce de la production qui donne le plus à la commu-
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nauté de Risoul, en général parlant, ce sont les pommes de terre, choax et raves; les marchés oh se vendent les grains en cas de besoin, on va les prendre plus communément au marché de Guillestre; il n*y a d'autre moyen d'exportation quelesbétes de charge, bourriques, petits bidets, et il n'y a aucune foire ni marché, dans la communauté de Risoul.
12. Quant à leurs bois, ils sont en commun avec les communautés de Guillestre et Ceillac^^^ dont ils sont d'essence en partie mélèze, sapin, et l'autre partie en pin, suf, serente, dont il y en a très peu à la portée des habitants de la conmiunauté de Risoul, et que, pour le besoin des habitants, ils sont souvent en peine de bâtir, n'y ayant pas des arbres de haute futaie dans leur enceinte et à leur portée; le plus fort des bois et forêts qui sont en commun avec Guillestre , Geillac et Risoul , sont situés dans la montagne de Riovert et Riossec et Assan, k deux lieues de distance de cette communauté, dont cette dernière n'en tire aucun avantage à cause de son éloignement; que les officiers municipaux de la communauté de Guillestre se permettent depuis longtemps de faire des ventes aux entrepreneurs des bois et lumières de la garnison de Mont- Dauphin sans le consentement des communautés de Risoul et de Ceillac, en retirent le prix et des sonmies considérables annuellement ^^L C'est ce qui a excité les réclamations de ces deux autres communautés contre celle de Guillestre; qu'elles ont été obligées de se pourvoir à Nosseigneurs du Parlement de cette province depuis l'année 1783, de demander à raison de ce un compte à la communauté de Guillestre, depuis trente-neuf ans , de manière que la communauté de Risoul est forcée de soutenir un procès à raison de la vente des bois dont il s'agit, en suite d'un traité intervenu entre lesdites trois communautés le 5 octobre 1701, dans lequel est stipulé et convenu qu'il ne sera fait aucune vente de bois des forêts communes sans le consentement des trois communautés, dont les communautés de Risoul et Ceillac se proposent de prier et porter leurs plaintes par-devant Nosseigneurs delà Commission de la Cour intermédiaire, pour éviter les frais dispendieux d'un procès que la communauté de Risoul est forcée de soutenir, et en passer à la décision qui sera ordonnée par MM. de ladite Commission et Cour intermédiaire.
^*) Au sujet de CCS forêts indivises, det Archives de (Juilleêtre^ Gap, iQoO , on trouvera nombre de renseignements Introduction, p. lit-tii. intéressants dans V Inventaire êommaire ^') Cf. ledit Inventaire, p. 8s.
1 3. Hle n'a d'autres communaux que quelaues montagnes indivises qui ne produisent que de la mauvaise lierbe , qui sont indivises et en commun avec Guillestre et Geillac, et quelques coins d'tles qui servent de pAturage au gros et menu bétail de ces deux communautés et qui à peine peuvent produire l'herbage nécessaire pour lesdils bestiaux dans la belle saison.
ïà. Le terrain de la communauté est traversé par deux torrents , savoir le torrent Monarèa et celui de PaU, outre une multitude de courants d'eau qui se forment lors de la fonte des neiges du sommet des montagnes et causent fréquemment des ravins et rendent même beaucoup du terrain incultivable, et que ces torrents ne donnent de l'eau que pendant le temps de la fonte des neiges, et que, pour lors, les eaux ne sont d'aucune utilité pour l'arrosage; les torrents tarissent dans les mois de juin, juillet, août et septembre, de manière que l'eau manque totalement lorsqu'il serait nécessaire d'arroser leur terrain, qui craint beaucoup la sécheresse par sa médiocre qualité. La Durance, laquelle touche encore au pied du territoire, ne facilite en aucune manière l'arrosage, ni pour la mouture des grains; les habitants sont obligés d'aller faire moudre leurs grains dans la communauté de Guillestre, ce qui est encore une perte considérable pour cette communauté. Le terrain de la communauté de Risoul touche encore le ruisseau de Chagne , du côté du levant, qui prend sa source sur la montagne du Col de Vars; c'est de cette rivière seule qu'on pourrait se procurer des eaux pour Farrosage, ainsi qu'elle en procurait anciennement, par deux canaux d'arrosage, qui avaient été construits par la bienfaisance d'un prince Dauphin, depuis environ trois siècles, dont les vestiges se connaissent encore dans des parties de roquetage, et les papiers publics en font encore mention; mais par la misère des temps, la disette des récoltes, l'incursion des ennemis de l'Etat arrivée en 1 6911 , ces deux canaux d'arrosage ont été abandonnés, attendu les travaux et dépenses considérables qu'il faudrait faire pour les rétablir, ayant une lieue et demie de longueur et traversant les côtes de Chagne, qui sont en partie de rocs et ravins et en plusieurs endroits presque inaccessibles ; c'est ce qui rend le terrain de la communauté de peu de production et de peu de valeur, faute d'arrosage. On ne. connaît aucun moyen d'amélioration du terrain que par le moyen des arrosages. L'habitant, naturellement laborieux, mettrait tous ses soins et son peu de facultés pour se procurer cet avantage, s'il pouvait se procurer quelque secours pour lui aider à rétablir ces deux canaux d'arrosago.
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15. La quantité du gros et menu bétail de toutes espèces qui se nourrit, année commune, audit lieu, est au nombre, savoir : pour le gros, consiste à environ 36 mulets de l'Age de i an à si ans, ko paires de bcsufs, lo paires de vaches, «So bourriques ou bidets, ou finesses, 8oo moutons, brebis ou agneaux, le tout de fort petite qualité; il ne sera gu^re possible d'augmenter les élèves ni amélio* rer les espèces, eu égard qu'il faut les nourrir la plus grande partie de Tannée dans les écuries el au peu do fourrage qu'on y perçoit, et attendu le peu de facultés des habitants, qu'à peine se peuvent-ils procurer du sel pour mettre à leur soupe et que, par conséquent, ils n'en peuvent pas donner à leurs bestiaux ; ce serait le seul moyen d'amélioration pour le gros et menu bétail que de leur pouvoir donner du sel plus fréquemment.
16. La communauté n'a point de ces avanfciges; il n'y a aucun maréchal dans le lieu.
17. Les habitants n'exercent aucune espèce de commerce et il n'y a aucun établissement en ce genre. On est dispensé de détailler les moyens d'amélioration dont il serait susceptible, et il n'y a d'autre industrie que de cultiver le sol.
18. La communauté et municipalité est réfjlée par deux consuls, châtelain et secréUiire , douze conseillers, qui, chaque année, sont remplacés par des nouveaux. Il serait h désirer que leur pouvoir ne fût pas si hmité; l'on obvierait par ce moyen à des procès toujours dangereux et qui souvent ruinent; tous les habitants s'assemblent
Eour délibérer sur les affaires de la communauté, quand il en est esoin.
1 9. La communauté n'a point de revenus ni de moyens connus
f)Our s'en procurer, sauf la propriété des bois qu'elle réclame contre a communauté de Guillestre, qui vend ces derniers aux entrepreneurs des bois et lumières de la garnison de iMont-Dauphin, ainsi qu'il est détaillé ci-devant à l'article i*j.
20. Les charges locîdes ou dépenses ordinaires de la communauté, les dettes de ladite communauté se montent, année commune, à la somme de 699 1. 1 8 s. & d. ('), non compris la dtme
^*) Le total des charges locales pro- passerelles, la; eontràie des délibéra-
prcment dites, pour 1789, est do tions, 3; fj^aj^es du mattrc dVcole, 60;
3oi livres (Ordonnance du 6 janv. 1789): fï^fl^B ^^^ (jarde-bois, i5', (^ages du
entretien de IVglisc, 10 livres; lo(][(*- garde rhampétro, la; gages du son-
ment du vicaire, i5; registres de ca- ncur, 6; port do lettres, 8; blanH lissage
tholicilé, 3; fontaines, H; ponts et du linge de l'église, lo; luminaire, «to;
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qu'elle paye en blë seigle aux seigneurs décimants, la quantité de 65 charges blé seigle, outre la vingt quatrième des pauvres; elle n a d'autres charges extraordinaires, auxquelles elle se trouve assujettie, que les fournitures en foin, paille, sable et bois pour les travaux des fortifications de Mont-Dauphin, sauf à l'avenir à demander l'imposition poui* fournir aux frais et dépenses qu'elle est forcée de faire pour se faire dire droit sur le procès qu'elle a contre la communauté de Guillestre.
21. Les comptes des collecteurs et receveurs ont été rendus jusqu'ici; ils continuent de se rendre, chaque année, avec la plus grande régularité et l'exactitude la plus scrupuleuse , en présence des deux auditeurs nommés par voix publique des habitants, assemblés pour les recevoir et les clore.
22. Les pauvres de l'endroit n'ont d'autre revenu que la vingtquatrième, qui est fixée à deux charges de cinq émines blé seigle, qui leur est distribuée en grain, de manière qu'il n'y a point de moyen susceptible d'amélioration.
23. Il n'y a aucune fondation dans la communauté, ni pour les hôpitaux ni pour l'éducation publique.
24. Le dernier parcellaire et le coursier ont été faits en l'année 1700 ^'^; ils sont l'un et l'autre dans un état de vétusté qui les met hors d'usage. Le coursier se trouve, en particulier, écrit en entier; quant au parcellaire, c'est un tissu d'erreurs, d'injustices palpables, attendu qu'il y a plusieurs terres qui sont cotisées à Guillestre et à Risoul , par la communion qu'il y a eue entre les communautés de Guillestre et de Risoul, de manière qu'il est de toute nécessité d'en faire un autre. Les papiers et titres de la communauté sont déposés et conservés dans un coffre placé dans l'église paroissiale et fermé à deux clefs; observant que les titres, parcellaire et coursier anciens ont péri par les flammes ou ont été enlevés par l'incursion des ennemis de l'Etat en 1699, de sorte qu'il n'existe que des nouveaux ^^K
Fait à Risoul par les soussignés, consuls et députés et officiers
droits da pied fourché, 68; entretien incomplets, feuillets 3 à &58, 196 et
des murs du cimetière, i5; adroits 91 3.
seigneuriaux dus à M. Tarchevéque (*) Sur la situation des archives do
d'Embrun 7), 5o. En 1790, ce total est Risoul en 1890, voir Procèi-verbûux du
de 377 livres. (C 107, P 86.) Conseil général det Hautei-Alpet , août
^') Par H. Meuse , arpenteur ; in-folios 1 89 1 , p. 1 ^ 9.
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municipaux de ladite communauté, en exécution de ladite délibération tenue le 5 avril 1789.
Fait audit lieu, le 8 avril même année.
Signé : L. Maurel, châtelain et consul, B. Brun, consul, Jean EsMiEu, Antoine Tholozan, Pierre Jourdan, Jean Albrand, J.-B. Garnier, Jean Maurel, Antoine Brun, C. Brun, François Garnier, J.-B. Albrand, secrétaire-commis.