LA ROCHE-DE-RAME
Arrondissement de Briançon , canton de TArgentière , commune; 9^6 mètres d'altitude; à 70 kilomètres de Gap et 93 kilomètres de Briançon; superficie en hectares, /4,0a 1 ; habitants, 63o.
Réponses sur les questions jointes à la lettre quil a plu à MM. les Procureurs généraux^ syndics des Etats de Dauphins y d! écrire aux officiers municipaux de la communauté de la Roche-sur- Embrun le a 8 février dernier.
1. Les soussignés ont l'honneur de répondre que leur communauté, qui n'a qu'une seule paroisse ^^^, est composée de treize villages ou hameaux ^'^\ que l'étendue par aperçu de son territoire peut contenir environ 5 00 setérées de cultivable.
2. Sa population contient 109 familles, qui forment a peu près le nombre de 600 personnes, et à peine y en a-t-il les deux tiers qui soient dans le cas de pouvoir contribuer à la culture du terrain.
3 et 4. A ces deux questions, on répond qu'il n'y a aucun médecin, ni accoucheuses instruites sur les lieux, et que le sieur Franç.-Et. Eymar, de Saint Crépi n, est le seul chirurgien qui soit aux environs.
5. Les maladies les plus fréquentes dans la communauté sont : la fièvre d'accès, fièvre maligne, fièvre putride, le point de côté et
<*î Sous le vocable de Notre-Dame, dioc. d'Embrun, 1788, t. I, p. iC^i
en i5&5 (G 3oto), et aujourd^ui sous et 179.)
celui de saint Laurent. Cette paroisse (*) Baléou,lesBilli8,Bonnafés,Brun«,
avait été démembrée de celle de Ramo CiOntin, la Fare, Géro, Gillis, Izoards,
et créée en thkh. (Ai.brrt, Hist. du Prareboul, le Serre, Gliampaussel.
i'hydropisie, dont la plupart do la peputaee périt k la fleur de Tâge par défaut de secours, et rinoculation de la petite vérole n'y est pas pratiquée.
6. Les bâtifiients sont construits de la manière la plus grossière, en pierres, chaux et sable; les planchers, sols et supérieurs des appartements sont faits en planches, garnies pour lordinaire d'un mur à plfttre paj*^eftsus, et sur la totalité des toits qui les couvrent, il n'y en a guère qu'une cinquième partie qui soit faite en ardoises, le restant étant fait en planches ou en paille, et comme il ne se trouve sur les lieux aucune carrière d'ardoises ou de petites lauses, ni fabriques de tuiles à portée, le prix de chaque toise d'un toit en ardoises ne peut être de moins de la à i3 livres, eu égard à l'éloignement des carrières et à leur rareté.
7. Le sol est en grande partie fort pentueux, dont les sommités sont arides et presque d'aucune production, exposé par conséquent aux ravins et aiu irruptions des torrents et de la Duraqce; ^on terrain est graveleux , entremêlé de gros rochers et clapiers.
8. L'on ne perçoit annuellement d'autre récolte que du seigle, quelque peu de blé froment ou c( touzèle 9) , du vin en très petite quantité, encore quelques légumes de différentes espèces et nien peu de fourrage. Les noyers sont, pour ainsi dire, les seuls arbres fruitiei's, ne prospérant que de temps à autre, comme étant sujets aux gelées printanières, ainsi que les récoltes en grains et les bourgeons des vignes.
9. La consommation que font les habitants, qui ne peuvent avoir d'autre nourriture, même lors des récoltes les plus abandantes, que du pain de seigle, quelque peu de vin cru du lieu, quantité de choux et pommes de terre, un peu de légumes et de laitage, est beaucoup plus considérable que les fruits qu'ils perçoivent année conmiune, de façon que les uns sont obligés de servir des maîtres, et les autres de s'expatrier pour travailler la terre, en hiver, dans les provinces voisines , afin de pouvoir donner du secours à leurs familles et acquitter leurs impositions.
10 et 1 1. A ces deux questions, on observe que la plupart des habitants sont contraints d'aller faire une partie de leur provision en grains dans le Briançonnais , particulièrement dans les années de disette, où ils font l'exportation de quelques charges de vin et de quelques seliers de blé froment, parle moyen de leurs hôtes de clmrge, les jours de foire et de marché qui se tiennent dans la ville,