LA ROCH&DE-RAME
attenda qu'il n'y en a point d'établis dans l«ur fomoilinautë ni aux
environs.
1 2. Quant à leurs bois communs, à peine pourront-ils fournir à leur consommation nécessaire, attendu qu'ils ont eu le malheur d'essuyer un incendie, la nuit du â 3 au si octobre dernier, à leur forêt des Boyssés, d'où ils auraient pu tirer quelque avantage sans cet accident, où ils ont perdu plus de â 00,000 pieds d'arbres de haute futaie, ainsi qu'il résulte du procès-verbal qui a été envoyé à ce sujet à M** l'Intendant, pour qu'il fût son bon plaisir d'accorder à la communauté une indemnité proportionnée à ses pertes.
13. Elle n'a d'autres communes que quelques montagnes arides et quelques coins d'fles, qui peuvent a peine produire l'herbage nécessaire pour la nourriture de ses bestiaux dans la belle saison.
14. La Durance est la seule rivière qui" coule tout le long de son territoire, avec les torrents de Prareboul^ la Fore, Gero et du mas des GHUf$, qui font de grands dégftts lors de la crue des eaux, et le seul moyen de les prévenir, ce serait de purger leur lit et d'y faire des digues défensives en blocs de pierre pour garantir la grande route , qui a coûté bien des peines , de même que les fonds vicinaux dont la qualité se trouve graveleuse, en plus grande partie, par rapport aux ravins qu'ils ont eu le malheur d'essuyer en différentes occasions, de façon que î'arrosage qu'on leur donne plusieurs fois dans les grandes chaleurs, par le moyen des eaux qui proviennent desdits torrents, leur est fort avantageux, puisque sans ce secours les fruits ne pourraient manquer de sécher sur plante, eu égard à la qualité du terrain.
15. Le nombre de gros et menu bétail qui se nourrit, année commune , dans le lieu et en plus grande partie par le moyen des fourrages que les habitants sont obligés aaller acheter dans les commimautés voisines, ne consiste environ qu'à une quarantaine de mulets ou mules de l'âge de 1 à 9 ans, une douzaine d'Anesses, 5o paires de vaches ou bœufs, et à une vingtaine de génisses ou veaux de 1 an, et ^ à peu près, à 600 brebis, moutons ou agneaux, le tout de fort petite qualité , et il ne sera guère possible d'augmenter la quantité des élèves, ni d'améliorer les espèces, eu égard au peu de fourrage qu'on y perçoit.
16. Il ne se trouve dans le lieu, ni aux environs, aucuns artistes vétérinaires ni maréchaux experts qui jouissent d'une réputation acquise et justifiée par des succès.
17. Les habitants ne sont pas dans le cas de pouvoir faire aucun commerce, ni d'avoir d'autres objets d'industrie que celui de faire valoir leur terrain.
18. Les officiers municipaux de la communauté se conforment exactement au règlement de police autorisé par M. de Montjeu, co-seigneur de Freissinières, Palon, la Roche et Ghancella, sur requête à lui présentée, le 9 0 mars 1620, par les consuls et habitants d'icelle, faisant mention que leurs documents et papiers, et particulièrement leurs privilèges, approuvés, autorisés et confirmés par les seigneurs ses prédécesseurs, leur avaient été entièrement ravis et pillés par le malheur des guerres notoires.
19. Cette communauté n'a d'autres revenus que les fruits qu'elle perçoit aux immeubles qu'elle cultive, du mieux qu'elle peut, n'étant pas suffisants, comme on l'a déjà dit, pour l'entretien des habitants et de leurs bestiaux.
20. Les charges locales ou dépenses ordinaires de la communauté, auxquelles elle peut être tenue, montent, année commune, à 1,800 livres ^^^, y compris le montant de la dtme due à M*' l'archevêque ^^^, et cette somme se trouve quelquefois augmentée ou diminuée suivant les besoins des habitants ^^K
21. A l'égard des comptes des collecteurs et receveurs, il a été vérifié qu'ils sont tous rendus, à compter depuis l'année lyBo jusqu'à et incluse l'année dernière, et qu'il résulte de leur clôture que la communauté est débitrice envers quelques-uns d'iceux et que d'autres redoivent à la communauté des reliquats de comptes de peu de conséquence.
22. Les pauvres dans l'endroit n'ont d'autres revenus que les
(^^ Le total des charges locales de 178g est de 1786 livres (Ordonnance da 9 dëc. 1788), savoir: cierge pascal, 6 livres; logement du vicaire, aâ ; gages du garde-bois, aâ; ^ges du garae champêtre ,18; gages au sonneur, 1 6 ; ff abonnement de la dfmen, 1,110; a 4' des pauvres, &3; rente due à Tfaôpital d*Embrun, la; portion congrue du curé, 3oo, rétribution du vicaire, i58; droits des inspecteurs aux boucheries, 36; luminaire de Téglise, ao; gages du ramoneur des cbemmées, ao.
'•*' L'archevêque d'Embrun, alors Pierre-Louis de Leyssin, consacré le
5 juillet 1767, émigré en 1791, mort en exil en 1801, et le curé, Pierre Alliey, du Puy-Saint- Vincent (1767, t i'79a>
^^' Les charges locales de 1791 sont de 906 livres. En voici le détail : entretien de Téglise, 60 livres; entretien de la maison commune, 3o; gages du secrétaire-greffier, a 00; gages du maître d*école , 900 ; gages du garae chan4)étre , 36; gages du valet de ville, 36; gages du sonneur, 3A; gages du ramoneur des cheminées, 9&; frais de bureau, 36 ; au collecteur des contributions, 95o. Pas de renseignements pour les années 1788 et 1790. (G 107, r 189.)