‹ Recueil des réponses faites par les communautes de l'élection de Gap au questionnaire envoyé par la commission intermédiaire des états du DauphineChapitre 136 sur 219 · LA ROGHE-DE-RAME · texte numérisé non relu

LA ROGHE-DE-RAME

fruits qu'ils retirent de quelques coins de terre qu ils possèdent dans l'étendue de la communauté, et la vingt-quatrième, fixée annuellement à 4 2 livres, qui leur est distribuée en argent ou compensée par les impositions qu'ils doivent.

23. Il n'y a dans la communauté aucune fondation pour des hôpitaux ni pour l'éducation publique.

24. La communauté se trouvant sans parcellaire depuis l'année mil six cent quatre-vingt-[douze] , temps de l'incursion des ennemis de l'Etat; elle fit procéder, en 17^1, en suite de permission de M^ l'Intendant, à la confection dun nouveau ^^^ qu'elle n'a pu faire homologuer, attendu l'opposition formée par celle de Saint-Grépin , pour raison de quoi il y a procès au Pariement entre les deux communautés, ce qui fait que la répartition ne peut être faite dans l'équité, puisque les uns y sont compris pour les fonds qu'ils ne possèdent plus depuis longtemps, tandis que les autres, qui en ont acquis par alluvion ou accroissement, en sont exempts.

Depuis l'époque de l'incursion des ennemis qui nous enlevèrent nos documents , chaque consul est resté nanti des titres et papiers qui lui avaient été confiés l'année de son exercice, pour en faire la production à qui de droit, sitôt qu'il en serait requis ^^^.

On observe encore que les particuliers dont les fonds ont été emportés par les irruptions des torrents, ruisseaux et rivière, en payent les tailles et non la communauté; que l'estime des fonds emportés peut monter à 18 sols d'allivrement, dont chaque sol paye, année commune, la somme de 10 livres pour charges royales et locales, et que l'allivrement des fonds nouvellement défrichés et de ceux qui ont été acquis par alluvion ou accroissement de terrain n'est pas suffisant pour remplacer celui des terres emportées.

Au surplus, on ajoute à cette observation que la nouvelle grande route occupe, dans l'étendue de cette communauté, la quantité de ia,ooo toises carrées, composant 3o selérées du plus précieux de leur terrain, qui font en allivrement 16 sols, et que les particuliers qui en ont supporté la perte sont obligés d'en payer encore les charges annuelles, sans aucune jouissance, ni sans avoir reçu aucune indemnité , à quoi il serait juste de remédier.

Enfin, cette communauté, qui n'a pas un pouce de terrain noble,

'*) In-foliu, 9 volumes incomplels, (*' Sur )a situatioa des archives do

feuiilols 8 à 719 et 373 à 63a. — la Roche-de-Rame en 1886, voir les

Autre cadastre de 1 608 , in-folio , feuil- Procès-verbatix du Conseil général det

lets 19 à 5 16. ((if. LÀ9te citée, p. 11.) Hautei^Alpet , août 1887, p. 198.

3^ ÉLeCTlON DE OAR

fiMirnît k 1 ealrelieii du pont des Tiw^erms, <|ui eemmuiN^iie aox communautés de Freissinièree^ Ghaficeila et i'Argentière « et aux dépenses que l'étape^ y établie depuis plus de quarante ans, lui occasionne, au temps du passage des trotipetf, pour bois^ Ininîères, sel et légumes, sans avoir reçu aucune gratification à ce sujet.

Nous, châtelain, consuls et officiers mumcipaui de k communauté de la Roche sur Embrun, certifions les réponses et observaiiom cî-dessus véritables, audit la Roche, le ai mars 1789.

Signé : RossiaaoL, ekâtelamy Joseph AauL, c(m$ul, Jean Gelgb, consui, J. AuuiiD» ea-ommU, J. ALaaàiio, éxH>9i»ul, Quiv- BAS cadet, AtnaàNa» Franc. ALaaAaa» ALtAaa, Barthâemy AiiBBiNa, Ro68iGN6i3 Gblk, Dw, secrékiire.

LA ROGHE-I^B^AftNAUDS,

Arrondissement et canton de Gap^ commune; 9&5 mètres d altitude; à i& kilomètres de Gap; superficie en nectares, 5,38o; habitants, 908.

PREMIER MÉMOIRE

Nous allons, Messâevirs, satisfaire avec empressement auxqnestitms que vo«s fioiis ave£ fait f honneur de nous adresser dans votre lettre en date du 9 8 février dernier et joindre , à votre invitation , les observations qu'ont lait naître les circonstances dont vous allez être instruits.

1. Le territoire de îa Roche-des-Arnauds a une îieue et demie d*étendue, du levant au couchant, et une lieue, à peu près, dans sa plus grande largeur, prise sur un plan horizontal. Les dimensions du territoire doivent former à peu près une lieue carrée de circuit. La paroisse des Ba\ix^^\ les hameaux de CorréOf de MaUa-charre, des Ihux et du Man^^\ reposent sur son sol et complètent, avec le chef-lieu, le nombre de âoo habitants.

â. A supp^er quatre individus par habitation, la population doit être d'envirMi 800 Ames* S'il est vrai , comme le peeseat ;gé*

^^) Snr ce territoire, il y avait deux en Piémont, et la paroisse des Baux. pwoÎBses ; la paroitte ée ia Bodie, ^'^ Autres iMinecux : B«fttine, la

flous le vocable de salai Pierre, ancien Crotte, ies DavkJg^ la Fërtye, le Fo-

prieuré-^cnre , 4k ia dépenAiiice de rest-des-Baaz, la Grangette, la Plaiac,

Tabbaye de Saârt-Micbel de ia Glnsc, le Pont, Quint, les Ilevioure8,«tc

LA R0CHK*1)Ë8-ARNA(IDS. 363

aéraietmnt tous lee bons peiitkfuei, que la population fasse la richesse des empires » 1 administration ne saurait trop s'en occuper ; noMiis la population d^un endroit est toujours relative a ses produc-* tiens, on ne peut donc augmenter l'une qu'en multipliant les autres. La Roche et particulièrement son hameau de Gorrëo en sont susceptibles. Ce hameau possède une étendue de terrain considérable, mais il est infertile. Les bois, les fourrages et par corisëquetll les engrais lui manquent totalement, ce qui nécessite les émigrations et rend ce hameau misérable. La nature de son sol, que nous connaissons parfaitement, nous a fait désirer d'y voir végéter des châtaigniers, le noyer, les saules; les peupliers y réus-sissent on ne peut mieux; pourquoi ne pas multiplier ces espèces précieuses? Les unes, en fournissant une surabondance d'hune, y répandraient l'argent et l'aisance; les autres procureraient le triple avantage de donner du bois, du fourrage et de l'engrais, en facilitant le propriétaire & nourrir du bétail. Si, Jusqu'à présent, l'administration a étendu plusieurs fois une influence salutaire à certains arts, même de luxe, craindrait-elle aujourd'hui de favoriser le plus utile de tous? Non! Elle en a déjà donné ^exemple et nous espérons qu'il deviendra général , sous l'autorité que vous ont si justement méritée, Messieurs, vos lumières et votre zèle pour le bien pubtîc.

3. Nous avons deux chirurgiens dans le pays qui sont : MM. Métailler et Serre; les moins éloignés de nous sont à Gap et à Veynes.

4. Pour aeeoucheuses nous n'avons que des femmes ignorantes, maladroites, imbues de préjugés, d'autant plus funestes qu'Hs influent sur le traitement des femmes en soucbes et des enfants nouveau-nés; ils font nattre tous les jours des maladies, dont celles-là sont très souvent les victimes. 11 suffit, Mossieurs^ de vous avoir i&diqué le mal^ vous en connaisses le remède et nous nous flattons que vous protégeres l'établissement louable qui a pour objet spécial l'instruction des sages-femmes de campagne.

5. La position avantageuse du pays, la qualité de ses eaux, la mattîèrede vivre de sas habitants, leur activité, etc., rendent ce pays très peu sujet aux maladies épîdénûqves, excepté eeiles t{tti n'^argnent aucune contrée, e'est-4-dire k rougeole et la petite f4role« M» Serre a prati<|ué l'inoculatioai sur quatre enfents avec UB égal succès, mais cet exemple n'a pas eu d'imitateurs et mus craignons bien que, malgré les avantages que cette méthode sdu-*

Wi ELECTION DE GAP.

taire procure àrhumanitë, elle ne soit jamais assez répandue pour prévenir les ravages qu'occasionne cette funeste maladie. La cause de ce peu de progrès tient à des préjugés qu'il sera peut-être impossible de détruire.

6. On bâtiiici avec de la chaux, du sable et des pierres. En général, les maisons y sont couvertrts de paille; nous ne savons point aux environs de carrière d'ardoises ni même de petites lauses; les plus près de nous sont à douze lieues, mais nous avons sur les lieux une fabrique de tuiles nouvellement établie. L'argile qu'on y emploie est de médiocre qualité et ne fait pas l'avantage du fabricant, ce qui, joint à l'éloignement du bois et à la durée des froids, intercepte au moins pendant six mois la fabrication; cependant, plus de volonté de la part des habitants et un peu plus d'encouragement de l'administration, on verrait bientôt, le cheflieu au moins, couvert en tuiles. Ceux des habitants qui ont tiré leurs tuiles de la fabrique de Laric, ont dépensé, par toise de couvert, vingt livres et ceux qui les ont prises sur les lieux n'en ont dépensé que dix-huit: on voit par là l'avantage que procurerait à la communauté une fabrication locale , si les moyens de l'entretenir étaient plus à portée.

7. Notre sol, en général, peut être divisé en trois classes: la première renferme tous les fonds secs et arides et produit très peu; la seconde est marécageuse et donne médiocrement du fourrage de mauvaise qualité; la troisième tient le milieu entre ces extrêmes, elle n'est ni trop humide ni trop sèche; cette partie est soumise à l'arrosage et donne du blé, année commune, le quatre pour un.

8. En général nos récoltes se bornent en blé, légumes, fourrages, chanvre et huile de noix. Tous les arbres fruitiers qu'on y a plantés jusqu'à présent y réussissent assez bien, mais il nous manque le châtaignier qui s'accommoderait très bien du sol glaiseux et humide des bas coteaux de Corréo; les mûriers blancs y réussissent également bien, mais il y en a très peu, de même que l'amandier. Nous avons peu de vin, la qualité est médiocre.

9. Le rapport, année commune, entre les grains et les autres comestibles et la consommation des habitants, est à peu près égal, nous avons peu de superflu, mais il est rare que le pays manque du nécessaire. La nourriture ordinaire des habitants est le blé méteil, seigle, légumes, viandes salées, laitage, et la plupart n'ont de boisson que l'eau. ,

LA ROCHE-DES-ARNAtJDS. â8S

10. Dans les années de disette on tire les grains de Veynes, rarement de Gap.

11. Nos productions surabondantes sont Favoine, quelque peu d'huile de noix, de la laine, rarement du blé et jamais de légumes; les marchés où nous les exposons en vente sont toujours à Gap. Nos moyens d'exportation sont les charrettes, chevaux et mulets. Nous avons une foire dans Tannée, mais peu connue; il y aurait des moyens cependant de l'accréditer; ces moyens, nous les avons; mais le public est toujours insouciant lorsqu'U s'agit de l'intérêt général.

12. Nos bois et forêts sont aujourd'hui en mauvais état; mieux économisés, leur proportion avec les besoins de l'endroit serait comme i à âo; nos taillis dépérissent tous les jours par l'inconséquence des habitants; nos futaies sont devenues, depuis quelque temps, la proie de quelques « exploitateurs ?) avides, qui y conunetlent journellement des déprédations d'autant plus grandes qu'ils sont assurés de l'impunité.

Nous allons, Messieurs, vous esquisser, en peu de mots les abus énormes qui s'y commettent et la fraude notoire qui eut lieu danâ l'adjudication de io,ooo pièces de bois sapin que nous avons vendues dernièrement. Depuis environ vingt-huit ans, la communauté vendit 5,ooo pièces sapin de la forêt de Loubet au sieur Bonnot, représenté aujourd'hui par M. Mathieu, négociant d'Aix, ainsi que les rames, lieurres et autres bois nécessaires à l'exploitation. Ces derniers objets, sur lesquels la maîtrise ne pouvait imprimer sa marque, donnèrent lieu à des fraudes affreuses; la communauté voulut s'y opposer, fit une enquête dans la forêt, trouva plus de deux cents pièces prohibées, qu'elle fit saisir et vendre à son profit. Cet acte de justice , qui aurait dû rendre plus réservé ce l'exploit tateur», ne fit au contraire qu'aiguillonner son avidité; s'il épargna davantage Ips grosses pièces, ce fut pour se jeter sur les rames, les termes de la vente passée en sa faveur et le prétexte qu'il lui en fallait beaucoup pour [faire] flotter ses pièces sur la Durance, lui facilitaient les moyens d'en extraire à sa volonté.

Pressée par un besoin indispensable de faire une digue contre le torrent du Buëch, pour préserver la plaine de ses inondations, la communauté vendit to,ooo pièces de bois par autorisation du Conseil du Roi, en 1787, et dont le produit en revenant ne pouvait être employé qu'à la construction de ladite digue. L'adjudication se passa devant M. de la Font, subdélégué, dans le courant de juin de l'année 1787; la communauté députa ses consuls et

ÉLECTIOR DB OiP. S 5

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trois autres notAbles pour y assister, mais elle choisit mal ses représentants. Mondet, père et fils, l'un consul, l'autre député, abusèrent d'une manière punissable de la confiance qu'on leur avait donnée ; le sieur Mondet, père, aspirait h l'entreprise et acceplti d'autant plus volontiers des pouvoirs , qu'ils lui promettaient favoriser ses vues ambitieuses et intéressées et devint l'adjudicataire des bois de l'entrepreneur des digues. Dès lors, il ne garda plus de mesure; ses pouvoirs étaient limités à la vente seule de 10,000 pièces de bois et, selon ce même mandat, l'exploitation ne devait commencer qu'au mois de juin 1790, époque à laquelle devait finir celle du sieur Mathieu. Il franchit ces bornes et s'adjugea dans Tacte de vente, outre les 10,000 pièces de bois, les rames, lieiTOs et autres bois nécessaires à l'exploitation, et de plus, la faculté de couper dans la même année. La communauté détrompée par la conduite, l'oveu même du père Mondet, crut pouvoir revenir d'une adjudication où ses intérêts étaient si notoirement lésés et fit, en suite de délibération , opposition è la marque des bois et h exécu^ tion de la digue, en demandant le résiliement du bail, pour procéder ensuite k un second , plus analogue au bien général de la communauté; mais la difficulté fut de prouver son association, avant l'époque dudit bail , avec le principal entrepreneur. De là un procès eptre les adjudicataires et la communauté. Gelle-*ci se propose toujours de soutenir son droit quant aux rames très injustement comprises dans la vente; pour ce qui concerne la digue, monseigneur l'Intendant rendit une ordonnance à laquelle nous avons adhéré. Cet éclairé administrateur voulut qu'on continuât la digue , et nous laissa la liberté d'en user comme nous aviserions au sujet de nos bois.

13. Nos communes sont de deux espèces, bois et pâturagesi, les premiers nous seraient plus utiles si une sage économie en réglait les dépenses, telles que M. de Germane l'a indiqué dans un mémoire couronné par la Société littéraire dé Grenoble; quant aux pâturages, nous croyons qu'on en tire le meilleur parti possible ; leur sol est de même nature que ceux indiqués plus haut.

là. Le Buëch, YEspervier, le Rifde F Arc et le Rifdê rEscueùs roulent leurs eaux dans le territoire de la Roche. L'avantage que nous procure l'arrosage de la plaine et autres quartiers ne balance pas les ravages qu'occasionnent ces torrents. Aujourd'hui on construit une digue le long du Buëch, le plus à craindre de tous; mais la lenteur avec laquelle on la dirige nous fait craindre qu'elle ne prévienne pas les irruptions du torrent. Les habitants du ha**-

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