‹ Recueil des réponses faites par les communautes de l'élection de Gap au questionnaire envoyé par la commission intermédiaire des états du DauphineChapitre 139 sur 219 · LA R0GHE-DE8**ARNAUDS · texte numérisé non relu

LA R0GHE-DE8**ARNAUDS

Arrondiisement et oantoo de Oap, oommune; 9&5 mèlres d*ahitude; ete.

DEUXIÈME MÉMOIRE

R^xmses que les notables habitants de la communauté de la Rochs-aes-Amauds prennent la liberté défaire à Nosseigneurs de la €ommis$ion intertnédiaire des États de cette province de DauMné, en suite de la lettre quelle a eu la bonté d^ écrire aiio? ojicters municipaux de cette communauté, le a 8 février d&r*' nier^ dans la crainte que celles par eux fourme$, ne soient

t») Le cadastre de la Chartreuse de chives départementales des Hautea-AI-

Durbon, rédigé de 1769 à 176a, par pes, série H 4 60. (Voir Ckm'teê 4e N.D .

Jean nomane, géomètre de Mérindol, de Beriaud , Gbd , 1888, p. xMif-Tiii.) anProvfmce, forme un vohinie in-folio W Voir ArcL dn Hauteê-Alpta , sé-

do ha fettiUcla, U so conserve aux Ar- rio Q ao/i.

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point anaU^iwê aux objet» demandé» ou contraire» aux inte^ rét» géiénmx; de la commufiauté,

1 . L'étendue du territoire de la communauté est de une lieue et demie de longueur, du levant au couchant, et presque la même largeur, du midi au nord, mais horizontalement, par les montagnes qui se trouvent du coté du nord , danâ laquelle se trouve le village qui est le chef-lieu, composé de 70 habitants, les autres sont répandus dans les différents hameaux, qui sont ; i"" les Baux, qui est une paroisse, distante de celle de la Roche; a"" Corréo; È"* les Roux; &** Matacharre; 5° le Plan, Indépendamment de ces hameaux t il s'y trouve Quinl^ la Crotte et la Grangette^ qui sont trois domaines considérables, formant le sixième de Tallivrement total, affermés &,5oo livres, appartenant à la Chartreuse de Durbon^^^; les fonds de MM. les commandeurs de Malte, des prieurs des lieux et du seigneur ^^^ qui forment l'autre sixième; tous ces fonds nobles et clergé ne payent aucunes charges que les cas de droit, les commandeurs de Malte n'en payent aucune.

2. La communauté renferme 1 Ro habitants, qui pourraient former 790 personnes.

3. Deux chirurgiens sont étaUis dans le village; ils sont payés par ceux qui les requièrent.

à. Il y a encore dans le village une femme accoucheuse choisie h cet effet, qu'on nomme mère-sage, elle est .instruite dans cette partie, elle est payée par les femmes qui en ont besoin,

5. Il n'est pas de notre connaissance que la communauté ait été attaquée des maladies épidémiques et qu'on ait pratiqué l'inoculation de la petite vérole.

6. La manière de bâtir les maisons est en pierres, chaux et sable, toutes couvertes en chaume, sauf quelques-unes qui sont dans le village , couvertes de tuiles à crochet ou creuses, dont la plus grande partie a été tirée d'une fabrique nouvellement établie dans le lieu, sur la grande route, distante d'un demi-quart de lieue du village, de bonne qualité. On ne trouve point de carrières

(*) La Crotté , siège de Tancienne Quint, sur Tancienne voie romaine des

Chartreuse ou Chartreusine de Bertaud, Al|>es, ad quintum lapidem, était alors

second monastère de femmes de l'ordre affermé 9,s5o i. (Gf, Situation de la

des Chartreux (] 188-1669), cilaGran- Chartreuse de Durhon en ijgo, extrait

gette, située au pied du Pic de Burro du Bull. Soc. d'étude» dp* Hautes-Alpes,

ou mont Aurouse, en 1789 étaient af- 189/1, p. 6 et 10.)

formées 1,800 livres, et le domaine de <'^ Raymond-Emmanuel do Flotte.

d'ardoises ni de petites lauses. Le prix d'une toise de couvert en tuiles creuses, sans y comprendre ies bois qu'on prend dans les bois de la communauté, ni main-d'œuvre, 5 livres.

7. La nature du sol, en général est une terre légère, n'ayant que très peu de terres meubles, se trouvant par dessous de la terre ^aise et du gravier, depuis la plaine, ce qui fait que la récolte craint beaucoup les sécheresses et qu'elle manque fort souvent.

8. Les différents genres de récoites qui se perçoivent dans ia communauté sont : le froment, méteil, seigle, épeautre, avoine et légumes, quelque peu de sarrasin. Les arbres fruitiers et noyers prospèrent assez, mais il n'y en a pas une quantité. On pourrait multiplier les différentes espèces avec des secours; bien peu de vin.

9. Le rapport des grains, année commune, peut arriver en blé froment, méteil et seigle, à â,ioo charges, sans y comprendre ce que perçoivent les Chartreux et le commandeur de Malte, savoir environ 5oo charges froment et le surplus en méteil ou seigle; sur cette quantité il faut déduire les semences arrivant à près de 6 00 charges, le onzième du seigneur, le douzième du prieur du hameau des Baux, et le vingtième du prieur de la Roche, montant 365 charges, qui, jointes aux 600 de semence, font qu'il ne reste net que la quantité de i,â35 charges, de sorte que, mettant deux charges pour chaque individu pour vivre pendant une année, monte à tylilio charges; il se trouve, par conséquent, en déficit de ao5 charges annuellement pour la nourriture des habitants, qui se servent encore des légumes, pommes de terre et de choux, raves et jardinage, quelques-uns de laitage, ceux à portée des pâturages, et d'autres nourrissent des cochons qu'ils tuent pour leur usage.

10. Les habitants à qui manquent des grains, les tirent des marchés de Gap ou de Veynes, même en temps de disette.

1 1 . Les habitants qui ont des productions surabondantes à leur consommation particulière, les portent vendre aux marchés de Gap ou de Veynes, distant de deux lieux, oix les voitures passent, parle moyen de la grande route ^^^ Les particidiers k portée des pâturages vendent des laines par le moyen et à proportion des moutons ou brebis qu'ils tiennent; il y a une foire établie dans le lieu par lettres patentes, le & novembre , qui était totalement perdue,

(*) Voir, au sujet de cette route, les documents de 1769 à 1789. {Àrch, iet Hauteê-Alpes, série C laS.)

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et C[ui a été transférée, par arrêt de Nosseigneurs de la Cour, le premier lundi après le premier dimanche de septembre, qui avait fort bien pris dans son commencement, mais, comme les habitants ont discontinué dy amener leurs bestiaux, elle est encore pour ainsi dire détruite. Le vrai moyen de la rétablir serait de contraindre les habitants, sous peine d'amende, d'y amener leurs troupeaux et bestiaux,

12. Les bois communs en taillis sont extrêmement dégradés par les coupes que font les habitants, non seulement la plupart pour leur consommation ordinaire, mais pour vendre à Gap. Les iles le sont aussi, par les osiers qu'ils coupent, et surtout les jeunes plantes, crues dans Tannée, qu'ils convertissent en paniers, pour vendre. Pour les rendre plus productives, il serait à propos que Ton en distribuât une portion à chaque habitant, qu'on les obligeât de les mettre en coupes réglées, planter dans leur portion les endroits éclaircis, et, en cas de dégradation dç leur part, les exclure. Il y a encore une forêt commune de bois de haute futaie appelée Loubety dans laquelle il a été vendu par la communauté, sauf dans le quartier de réserve, 10,000 pièces de bois sapin, pour le prix en provenant, être employé au payement des digues, qui se font le long du torrent du Buêch et dont l'adjudication en a été passée aux formes ordinaires (^^; cette forêt est aussi dégradée par les coupes ordinaires qu'y font les habitants'^), en coupant les jeunes plantes qu'ils employent aux couverts pour éviter de refendre une grosse pièce, par la quantité des rames que l'exploiteur y a fait couper, dont même plusieurs s'y sont pourries. Pour éviter, dans la suite, ces dégradations, il est à propos qu'il ne soit point coupé aucunes jeunes plantes au-dessous de trois pieds détour et que l'on distribuât, chaque année, le bois qui serait nécessaire aux habitants pour l'entretien de leurs bâtiments, en suite de la vérification qui en serait faite par un député à cet effet; le produit de cette forêt ne pût être employé qu'à des fortifications, réparations aux églises, ainsi qu'il est porté par l'arrêt du Conseil d'Etat du Roi de l'année 1767, qui en a permis la vente à la conmiunauté.

13. Cette communauté a encore des communes, qui servent aux pâturages des moutons, brebis et agneaux, qui sont d'une petite production, étant situées dans des montagnes arides, éparses de roches; on ne peut en tirer d'autre parti. Il s'y trouve encore

^^' Le 19 juin 1787, en faveur de Hauteê-Àlpei,Cy i^Seïu, i^SdaVInv.) Pierre Vallanlin, négociant de Ici Roche, ^'^ Réformation det boit de 17218.

au prix de 76,700 livres. (Arch. de» (G 108, T 99.)

des ileB communes aui servent au pâturage des gros bestiaux , particulièrement des habitants du hameau du Plan, Il serait nécessaire de laisser, à cet effet » la partie droite du grand chemin plus que suffisante t et soit»il par le dépôt qu'elle reçoit du Rtf ée FArc» mais la partie qui se trouve du côté gauche , il est de toute néces** site qu elle soit mise en culture , étant dans un bon terrain ; cependant, pour la garantir des irruptions du Buêch. il serait à propos de faire environ cinquante toises de digue, du côté du levant. Il se trouve encore des tles le long du rivage du torrent du Buëcb que des particuliers possèdent, sans être cadastrées ni allivrées, et d'autres que Ton a déchargées , en tout ou en partie , qui ont été formées par les débordements de ce torrent , étant anciennement des fonds les plus précieux de la plaine et que Ton pourra mettre en culture , une fois la digue achevée.

là. Le torrent du Buëch, qui prend sa source à Ghaudun, prend du levant au couchant le territoire; ses débordements ont engravé et emporté des terrains, au moins le tiers des fonds les plus précieux de la plaine et auraient infailliblement emporté le reste , sans te grand secours des digues, qui s'y font actuellement, mal« gré les fortifications inutiles que la communauté y employait an* nuellement, arrivant à près de 5oo livres. Il s'y trouve encore le Rif de l'Arc qui a aussi engravé plusieurs fonds du hameau du Plan , et aurait fini par emporter le reste, si les particuliers n'eussent pris le parti dy faire des digues, qu'ils ont faites depuis quelques années sans aucun secours , que d'avoir été exempts de corvée de chemin par la communauté , ne pouvant eux-mêmes les entretenir, s'ils ne reçoivent quelques secours de la province, tout comme pour contenir dans son lit le ruisseau de VEêpervier, qui passe près du village qui , en se détournant , engravé les prés qui sont le long de son rivage. On trouve encore le béai des Eschuis qui a engravé des fonds les plus précieux du hameau des Baux , mais il n'est pas possible de le contenir par la grande quantité de gravier qu'il dépose. La plaine est airosée par les eaux du Buéch , ceux de la plaine (sic) par les eaux du Rif de l'Arc, mais comme ces eaux sont extrêmement rudes, fait que les prés qui en sont arrosés, ne rendent du foin que la moitié de la récolte des prés ordinaires.

15. Gomme les habitants qui tiennent des bœufs de labour, et même ceux qui font labourer leurs chevaux ou juments, sont assujettis à payer au seigneur, annuellement, une émine froment, une émine avoine, demi-quintal foin et deux corvées, c'est cause qu'il n'y a pas les bestiaux nécessaires pour la culture des terres.

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