‹ Recueil des réponses faites par les communautes de l'élection de Gap au questionnaire envoyé par la commission intermédiaire des états du DauphineChapitre 145 sur 219 · Néant · texte numérisé non relu

Néant

2&. Le cadastre, fait en 1697^^); les coursiers sans date, en cahiers détachés et peu en ordre. Les archives dans un coffre placé dans l'église et mai en ordre.

Observations générales. — La communauté a le droit de jouir par indivis et pour un tiers, avec la ville de Gap, des eaux venant du lieu d*Àncelle pour f arrosage de son territoire ; ce n est que depuis une année que Gap cl la Rôchette ont entrepris et sont parvenus, à grands frais , Il conduire ces eaux dans leurs territoires , h raison de quoi Gap se trouve en avance >is-à-vis de la communauté de la nochetle, en sommes considérables, malgré ses efforts pour liquider sa quote-part. Le canal pour la conduite de ces eaux ayant plus d^une lieue d étendue et passant dans différents endroits oit il est indispensable de faire diss ouvrages <f art pouf la sèli^té , mais la communauté de la Rochette ne pourra pourvoir à Ces dépenses, sans des secours pour ce qui 1^ Concerne , et cependant il lui est de la dernière importance de profiter de l'avantage de cet arrosage, cénuile étant l'unique moyen de rettiettre cette oomoMMiauté en état de pouvoir [se] soutenir, ces mêmes eaux étant suffisantes pour iMit le terroir et propres à bonifier le terrain, quoique ce canal eût été abandonné tfc^uis pins d'un siècle. Cest ptrurquoi on supplie Messieurs de la Commission de voubir bien se prêter par des igecvnrs au soutien des ouvrages commencés et pour les pelfsctionner^ comme étant d'aussi grande conséqumce à la communauté.

Fait à la Rochette, le 10 avrU 1789.

Signé : Laitza, châtelain, J. Oimi^, cmmd, G. PâKi, eemfnl.

(1) ^m-Pîerre Mané, 4^ i;«p, aé ^) «a-^Uio 4e atD MÊM^ Mue

\^ ^ juin 17&0, noHMBé m 17S7, osëMtre 4e 4^3, in-A*, feaffiets k-

fk déianiiofmanre le S jvHlet 179Î. 4»o,«ft odpie^ te-4*, feuîHtils i^-6«8.

-(L 8»9^) (LtMv 4m mtjUm imâmtrm, p. 11.)

Lettre d*etivoi du mëmoire qui «ait par les ooimuIs de RometU» k la Gontmiaaioa intermélîaire des États de Ottuphiné,

Gap, ie s6 mars 1789.

Mbssibubs ,

Nous avons reçu la lettre que vous nous avez fait l'honneur de nous écrire en date du 9 8 février dernier et la feuille séparée où se trouvent les questions sur lesquelles vous demandez des renseignements. Nous nous empressons d'y répondre.

Lift premier artide de votre lettre, relatif à la taie des députés qui ont aasiaté aui assemblées générale^ des trois ordres , ne peut s'appliquer à notre communauté , puisque nous n'avons eu aueun représentant aux différentes assemblées.

Nous aurons Thonneur, Messieurs, de vous adresser, comme vous nous le prescrivez, aux États ou a la Commission intermédiaire pour ce qui concerne les impositions nécessaires à l'effet de subvenur aux divers objets de dépenses de cette communauté, ainsi

3ue pour les impositions foncière et personnelle, la distribution es aégrèvements, récompenses, indemnités et encouragements.

Quant à l'obligation imposée aux communautés de vous faire parvenir chaque année un état de leurs revenus , tant patrimoniaux que d'octroi, elle ne peut nous regarder, puisque notre communauté n'a aucun revenu de cette nature; qu'elle ne connaît que ceux qui sont arrêtés chaque année par les rôles particuliers de leurs impositions , tant réelles que personnelles , et comme leur produit a toujours un objet précédemment déterminé, l'emploi des deniers résulte, chaque année, du compte rendu par le collecteur, entre les inaina duquel il ne peut rien rester*

Nous avons l'honneur de vous instruire, dans nos réponses séparées de cette lettre, de ce qui concerne les derniers comptes du receveur de la communauté et de ce qui concerne les revenus des pauvres; pour vous éviter la peine, Messieurs, de lire une répétition , nous ne le ferons pas ici.

Si cette eommunauté avait, dans la suite, quelque procès, elle «^citerait, avec la plus grande confiance, la médiatibo de la Commission intermédiaire. Heureusement elle n'en a aucun en l'état.

Nous joignons à cette lettre nos réponses aux différentes ques* tions sur lesquelles vous nous avez fait l'honneur de* nous demau'»

404 ÉLECTION t)Ê GAP.

der des renseignements; vous pouvez être assurés de la plus grande exactitude dans tous les faits que nous rapportons. Nous avons également cherché à y mettre toute la précision possible, pour ne pas abuser inutilement d un temps précieux que vous consacrez avec un si grand succès au bonheur général de la province. Vous vous convaincrez aisément par la lecture qu'il est peu de communautés qui aient plus de besoin des faveurs de Tadmmistration.

Nous ajouterons, Messieurs, qu'il en est peu aussi dont l'amélioration fût plus facile, puisque son vaste territoire n'est ingrat que parce qu'il manque d'arrosage et que cet arrosage est très possible.

Nous sommes avec respect, Messieurs, vos très humbles et très obéissants serviteurs, les châtelain et consuls de la communauté de Romette.

Signé : Gbimaud, châtelain^ Â. GA]LLUUD,,FAunE.

P,-S. M. de Taxis du Poël, membre des Etats, résidant à Orpierre et non à Gap, nous avons cru que Tindication que vous nous donnez, Messieurs, avait été faite par erreur; en conséquence nous remettons à M. Marchon, maire de la ville de Gap, que vous avez indiqué aux autres communautés voisines.

Arrondissement el canton de Gap, commune; 844 mètres d^aititude; à 4 kilomètres de Gap; superficie en hectares, 1,889; habitants, 448.

Réponse de la communauté de Rom^tle aux questions qui leur ont été adressées par Messieurs les Procureurs généraux y syndics des Etals du Dauphiné^ le ûS/évriei^ ^7^9-

1. L'étendue du territoire de Romette que l'on rapporte par aperçu, n'ayant pas été mesuré , est d'environ 3, 000 toises de longueur sur i,5oo toises de largeur. Cette communauté n'est composée qu5 d'une paroisse ^^^; des maisons qu'on y trouve, 3o sont

^'î Siège d'un prieuré très ancien, Pavic, el, en dernier lieu, de Tabbaye di'pendant de l'abbaye de la Novalaisc de Saint- Victor- de -Marseille. (Voir ( Piémont), puis de celle de Bréma près Clergé du diocèse de Gap, dan5 Ylnwni.

réunies autour de l'église et les autres sont répandues sur le reste de la surface du territoire, sans former à proprement parier des hameaux ^^K

2. Quant à la population, on a observé qu'il y a 8& familles qui sont formées , l'une dans l'autre, de quatre à cinq individus chacune.

3. Cette communauté est trop pauvre pour avoir dans son sein un médecin et un chirurgien ; mais , n'étant qu'à une distance de trois quarts de lieue de la ville de Gap, les habitants de Romette qui peuvent en faire les frais sont obligés dé recourir aux médecins ou chirurgiens qui ont leur établissement dans cette ville.

h. Il n'y a pas d'accoucheuses instruites dans cette communauté, et le lieu le plus prochain où on en trouve est la ville de Gap, mais l'on n'y recourt que pour les accouchements difficiles, et c'est aux chirurgiens seuls qu'on s'adresse dans ce cas; hors de ces circonstances, les femmes qui accouchent ne sont aidées que par leurs voisines, qui n'ont aucune connaissance de l'art.

5. Il y a longtemps que cette communauté n'a pas été attaquée de maladies épidémiques; aucun enfant n'y a jamais été inoculé de la petite vérole. .

6. La manière de bâtir les maisons et de les couvrir est presque uniforme dans toute la communauté : on a au rez-de-chaussée, d'un côté l'écurie, et de l'autre, l'appartement du propriétaire; quelques-unç d'entre eux, mais c'est le plus petit nombre, ont, par dessus, une chambre; la plupart sont réduits à ce. rez-dechaussée et ont au-dessus leur grenier à foin. Toutes les maisons, à l'exception de trois , sont couvertes de chaume , et celles qui font exception le sont en ardoises. D'après ces dispositions des bâtiments, il est évident qu'ils ne doivent pas être fort élevés et, en effet, ils le sont si peu que les toits qui les couvrent et qui ont deux pentes touchent au sol par leurs extrémités inférieures; cette disposition est nécessitée et par le froid du climat et par les vents impétueux auxquels il faut donner le moins de prise possible, et qui, néanmoins, chaque année, font des dégâts aux toits, tels que souvent ils emportent une très grande partie de la paille et laissent à découvert les fourrages , exposés aux pluies et aux neiges.

ait Arçh, départ, des Hautes-Alpes, (*> Écarts et Jîeux dits : lesBelops,

série G , t. VI , Introduction , encours le Coin, la Montagne, Jes Mondons, d^impression.) Refuge de Manse.

On prend la libertë d'observer k Messieurs les Procureurs syn» dics que les dégâts de cette nature , occasionnes par l'impétuosité du vent, ont été si considérables cette année, non seulement dans la communauté de Remette, mais encore dans toiites celles qui Tavoisinent, qu'il y a des réparations immenses à faire pour recouvrir les maisons, que cependant, d'un c6té, il ne reste pas de chaumes anciens , et que , d'^un autre côté , l'état actuel des blés ne laisse pas espérer une quantité de longue paille pour les réparations. Si donc la Gommiasion intermédiaire proposait quelque autre manière de couvrir les maisons, le bien général paraîtrait devoir la porter à l'indiquer le plus tôt possible. Quant aux carrières d'ardoises ou aux fabriques de tuiles, elles ne sont point à portée de cette communauté ; l'ardoise, qne ce canton tire des carrières de Ghftteauroux, se trouve à une distance d'environ huit lieues; la fabrique de tuiles, la plus proche, est h la montagne de la communauté de Rambaud, à une lieue de distance de celle de Roulotte. Le prix, pour une toise de couvert, en y comprenant la charpente, serait de la somme de 16 livres, si Ton employait de l'ardoise, et de la somme de i/i livres, si l'on se sert de tuiles.

On a l'honneur d'observer que la quantité de neige qui tombe annuellement dans cette communauté, parait devoir éloigner de la tentative d'en couvrir les maisons de tuiles creuses, déjà très pesantes par elles-mêmes, ni de tuiles à crochet, que le vent déplace avec trop de facilité; peut-<étre serait-il mieux d'employer des planches de mélèse , dont la toise courante de couvert , y compris la charpente , coûterait environ la somme de 1 3 livres.

7* La nature du sol de cette communauté est, en général, tel qu'il n'y a qu'un pied de terre végétale, sur un fonds qui est de roc, de manière qu'au printemps, lors de la fonte des neiges, et dans tous les temps, lorsqu'il pleut beaucoup, l'eau qui ne peut pps pénétrer bien avant dans le sol, jaillit ensuite sur la sunace dans tous les points et, d'un autre cÂté, le sol est extrémmnent aride en été.

8, La récolte la plus abondante est en grains de seigle et d'avoine ; on y recueille aussi du froment, de l'orge et de l'épeautre , mais en moindre quantité. Quant aux arbres fruitiers, le froid empêche qu'il y [en] ait sur les trois quarts du territoire , et sur l'autre partie, les seuls arbres fruitiers qui soient de quelque rapport sont des noyers. On trouve encore quelques vignes dans les parties basses qui sont abritées contre les vents du nord , mais leur pro-

doit, cpii est en vin très vert, n'excède pas, dans les années ordinaîre^, 3oo quintaux pesants de vin,

9. Le rapport, année commune, entre les grains et la consommation des habitants est au niveau, de manière que pour payer les charges de la communauté, ils sont obligés d'échanger les grainâ les plus chers qu'ils reoueiilent contre ceux qui sont moins bons et à meilleur compte, et par conséquent leur nourriture ordinaire est des plus mauvaises , puisque , après avoir vendu les froments à la récolte, ils sont obligés de se nourrir ensuite, de pain de seigle, d*orge et quelquefois d'avoine mêlé, qui, avec de la soupe et quelques pommes de terre , cuites h l'eau ou au four, est le seul aliment qu'ils connaissent. Malgré même cette économie, la subsistance leur manquerait, si plusieurs d'entre eux n'allaient, en hiver, travailler dans des climats moins durs, et cette expatriation, qu'on ne se propose d'abord que pour un temps, a occasionné l'éloignement absolu de plusieurs habitants, tellement qu'une partie du territoire est sans culture, et il est à craindre que la surcharge qui en résulte, pour ceux qui restent, ne devienne tous les jours plus funeste.

1 0. Dans Us années de disette, on ne peut tirer les grains que des marchés de Gap on de Saint-Bonnet; mais l'argent est si rare dans cette*communauté et les moyens d'en avoir si nuls que, si les grains manquaient jusqu'à un certain point, il serait difficile de tirer avantage de ces marchés,

11. De ce qu'on a observé, il suit qu'il n'y aurait pas de production surabondante, si le propriétaire qui recueille pouvait conserver les grains qui sont nécessaires pour le nourrir jusqu'à la récolte suivante, mais la nécessité de payer les charges publiques l'oblige à en vendre une partie à la récolte, ce qui produit le grand inconvénient de ne lui procurer qu'une somme moindre de celle qu'il est obligé ensuite ae donner dans l'arrière-saison pour avoir la même quantité de grains. N'ayant ni foires ni marchés à 'Remette, l'habitant porte ses grains aux marchés de Gap oii, même pour pouvoir les vendre , il est obligé de payer un droit appelé la casse, et qui est une vingt-quatrième partie du grain mesuré , ce qui ne laisse pas que de rendre sa position extrêmement f&cheuse; ce droit abusif, établi on ne sait comment, portant comme on voit sur la subsistance la plus absolue.

12. Cette communauté n'a aucun bois de haute futaie; elle est réduite à quelques bois taillis, qui suffisent à peine au besoin des

habitants, et quant aux bois nécessaires aux constructions, elle est obligée de les tirer de la communauté d*Ancelle, à deux lieues environ de distance de chez elle, et de les faire trainer dans des chemins très difficiles; cette circonstance contribue singulièrement à la cherté des couverts des bâtiments.

Page 1