SAINT-ANDRE-LES-EMBRCN
Arrondissement et canton d'Embrun, commune; 1,070 mètres d*altitade, à &7 kilomètres de Gap et 7 kilomètres d*Embrun; superficie en hectares, 3.87a ; habitants, 6/ia.
Réponse aux différentes questions qui sont jointes à la lettre qui a été mandée à la communauté de Saint-André-lès-Embrun par les Procureurs généraux, syndics des Etats de Dauphiné.
1. L'étendue delà communauté contient environ une lieue, depuis le ruisseau de Grévoux, au midi, vers Saint-Sauveur, jusques au ruisseau de Pais , du côté du septentrion , vers Saint-Glément, et environ une demi-lieue depuis la montagne de Saluées, au levant, jusqu'à la rivière de Durance, au couchant. Il n'y a qu'une seule paroisse dans la communauté ^^), quatre petits villages qui sont : Siguret, la Pinée, les Rencuraux et le Vilar, et quantité de hameaux qui sont : les Jourcins, les Métellins, les Rouleillons, le Noirrel, le Serre, les Minsouolles, les Augiers, PÉglise, les imagiers, les
(1^ Son» le vocable de saint André, ap6ire.
418 ÉLECTION PK GAP.
h Clauiarê et h Ribiire^^\
2. Il Y a dans la communauté 880 personnes, grands ou petits, qui forment i5o habitants.
3. Il n'y a dans la con^munautë ni aux onvirona d'autres mckleoins ou chirurgiens que ceux de l'hApital d'Ëmhruq , et ceux dont en tire le plus de secours sont les chirurgiens de la garnison d'Embrun.
4. Il n'y a danç la communauté aucune accoucheuse insti*uite; les femmes se prêtent de mutuels secours et, souvent, faute de connaissanoes, elles tuent la mère et les enfants. Il y a bien à Embrun <|uelqueB accoucheuses moins ignorantes, mais Téloignement, les mauvais ohemins, la quantité de neige et les portes de la ville, que Ton ferme toutes les nuits , sont des obstacles pour se les procurer.
5. La communauté n'a pas été f^ttaquée dç maladies épidémiques depuis environ dix ans , et on n'y a pas encore pratiqué l'inoculation de la petite vérole.
6. La plupart des maisons sont bâties avec des pierres, qui sont d'assez bonne qualité et liées aveo de la terre glaise, n'y ayant dans la communauté aucune mine de plâtre, ne s'y faisant aucun four à chaux» et leurs facultés ne bur permettant pas de s'en procurer des pays voisins. Elles sont couvertes avec de grosses ardoises, tirées à grands frais de la montagne, de façon que cette ardoise pesante et las pluies qui sont presque toujours poussées par le vent et jetées contre les murs faiU avec de la terre glaise , les dégradent et les font ébouler; aussi, tous les vingt ou trente ans, sont-ils obligés de les rebâtir toutes ou en partie. Il n'y a aucune maison qui Soit couverte de ohaume, mais bientôt il pourra y en avoir, parce que les éboulements, qui sent si fré^quents dans la communauté» ont couvert une partie des carrières qui étaient dans la montagne et que les habitants pe sont pas as^ex riches pour les ouvrir ou pour en chercher de nouyellea. Il n'y a point de fabrique de tuiles dans la communauté ni aux environs, et pour se procurer de l'ardoise pour une toise de couvert il en coûte 9 livres.
(^) Et 4 do plus, les Bonnes, Bre- Gandins, Jaumare, Leydoux, le Nais, naiiles, la Cabane, les Ësmieux, les ÇQrr^^agtSerrfhBoaloAvSem-H^attetG.
SAINT-ANDRt:^LÈ8-EMB«lJN. ^1 9
7, ho territoire de Smnt-André est, en général, fort en pente, formant un dos d'âne, dont une partie penche veris le midi, le dos vers le couchant, et la plus grande partie vers le nord. To.ute la partie qui penche vei-s le midi est entraînée par le ruisseau de Grévoux et est tellement en pente qu'il n'y a pas de pluie qui ne l'endonmiage. Le dos, qui tourne vers le couchant, est entratné parla Purance, qui occasionne des éboulements considérables, jusqu'au pied de la montagne. Le c6té du nord est aussi, en grande partie, ravagé par les enlèvements considérables de terre, que fait annuellement la Durance ou le ruisseau de Pals, et plus encore par les secousses que ces enlèvements font supporter aux terres supérieures ; ces secousses sont tellement considérables au printemps, lors de la fonte des neiges et lors des grandes pluies, que beaucoup de maisons se sont éboulées et s'éboulent encore; beaucoup d'habitants ont été obligés de démolir leurs voAtes, crainte d'être éqrasés, et de construire des planchers en bois quv soutiennent les murs; c'est ce qu'on a été obligé de faire pour l'église paroissiale. Il s'est éboulé et s'éboule encore tout un quartier de la communauté, depuis le sommet de la montagne jusqu'à quelques cent toises de la Dm*ance. Cet éboulement a déjà couvert une partie de terrain inférieur qui est solide, fait déguerpir 8 habitants, 8 autres sont sur le point d'en faire de même; couvert des carrières d'ardoises et intercepté le cours d'un canal qui servait d'arrosage à peu près à la moitié de la communauté, devenue, depuis lors, presque stérile.
8, On perçoit dans la communauté peu de fourrages, de blé, partie fromont, partie seigle, que nous appelons méteil, et du vin. Les arbres fruitiers qui y ont prospéré jusqu'à présent sont les poiriers, les pommiers et les noyers.
9, Tous les grains, pommes de terre , vulgairement appelées truffes i et les choux qu'on recueille à Saint-André, se consomment tous et au^elà; il n'y a que le vin, qui se consommerait aussi, si on ne s'en passait pendant trois saisons de l'année pour payer les impositions. On se nourrit avec du pain que l'on fait avec de la farine du méteil que l'on perçoit, ou du seigle que l'on achète, et principalement avec des pommes de terre , et des choux dont on fait la soupe, souvent sans sel, faute de moyens pour s'en procurer, et souvent aussi sans beurre, n'ayant pas suffisamment de fourrages, ni de pâturages assez à portée pour nourrir des vaches.
ay.
10. Dans les années de disette, on tire les grains des magasins du Roi, à Embrun.
11. On vend à Saint-André des pommes, des poires et du vin, dont la production, pour modique qu'elle soit, passe toujours pour surabondante, les habitants étant obligés de les vendre et n'ayant pas d'autre ressource pour payer leurs impositions, se procurer des chaussures, du sel et tout ce qui leur est absolument nécessaire pour leur entretien. Ils le portent à dos de mulet ou de bourrique à Embrun et ils n'en retirent qu'un prix très modique lorsqu'il n'y a point de garnison , les habitants d'Embrun en recueillant à peu près pour leur usage et pouvant s en procurer de meilleure qualité, d'une infinité d'autres endroits. Il n'y a aucune foire ni marché dans la communauté.
12. Les bois ont été considérablement détruits depuis que la maîtrise a été chargée de leur conservation, et ils seraient suflBsants pour les besoins de la communauté s'ils étaient conservés.
13. Il y a dans la communauté la forêt de Saluées et, au-delà de cette forêt, trois petits vallons qui servent de pâturage pendant trois ou quatre mois de l'année à son gros et menu bétail. Cette foret et ces vallons penchent du côté du nord , vers la montagne et communauté de Risoul. Le seul moyen de les rendre plus utiles, c'est de conserver les bois et d'augmenter les prairies, pour que les habitants puissent se procurer davantage de brebis pour y faire pattre.
\à. La communauté est traversée du levant au couchant par le torrent de Rioussec et par une infinité de ravins, séparée de la communauté de Saint-Sauveur, au midi, par le torrent de Crëvoux, de là ville d'Embrun, au couchant, par la rivière de Durance et de la communauté de Châteauroux et de Saint-Clément, partie par la Durance, partie par le torrent de Pals. La plus grande partie de son territoire est une terre forte, mêlée de pierres et de beaucoup de sel pètre, journellement lavée et considérablement amaigrie par les pluies et plus encore par la fonte des neiges, au printemps, qui emportent toutes les années un peu de la bonne terre, ce qui fait qu'on est obligé de les effondrer tous les vingt ans au moins. Une partie de la communauté tire ses eaux, pour sa boisson et pour l'arrosage de ses prairies, du torrent de Crévoux, par le moyen d'un canal d'une lieue de long, qui traverse en grande partie des rochers escarpés, sur lesquels les rayons du soleil réchauffent et la rendent très propre pour l'arrosage; une autre