SAINT-ANDRÉ-LÈS-EMBRUN
très-petite partie la tire du ruisseau de Pais, et le restant de la communauté en a bien peu, depuis que l'éboulement de terre dont nous avons parlé, en l'article 7 ci-devant, intercepta le cours de deux canaux que Ton lirait aussi du ruisseau de Pals. Pour tirer de ces eaux un plus grand parti, il faudrait réparer les canaux d'arrosage, qui déjà ne fournissent pas suffisamment de l'eau pour arroser le peu de prés qui subsistent depuis longtemps et dont les réparations d'entretien sont tellement considérables qu'on ne peut s'occuper à faire des réparations d'amélioration : car, entre autres, le canal de Grévoux traverse une infinité de ravins tellement pierreux qu'il n'y a pas de pluie qui n'en intercepte le cours ; le trajet en est si long qu'il n'y a pas de jour qu'il n'y ait quelque réparation à faire, plus ou moins considérable, de façon que, eu égard à l'eau qui filtre, que les rayons du soleil puisent, ou que les coulées du gravier supérieur font déborder, à peine en arrive-t-il un peu aux prairies. Il faudrait encore, par le moyen de ces réparations, augmenter le volume d'eau, non seulement pour suppléera l'arrosage des prés qui subsistent déjà, mais de ceux qu'on ferait de nouveau. Des volumes entiers ne suffiraient pas pour détailler les ravages qu'ont occasionné et qu'occasionnent encore la rivière, les torrents et les ravins qui l'entourent et la traversent. Ici, ils enlèvent les champs, les prés et ies vignes; là, ils les comblent, ils démolissent ies maisons et font enfuir les habitants. On ne peut assez être persuadé de ces malheurs que par une vérification aes lieux. Lors de la dernière révision des feux, la communauté de Saint-André-lès-Embrun fut comprise aux affouagements plus qu'aucune communauté de l'Embrunais, peut-être même de la province; depuis lors, elle a perdu un quart de ses fonds taillables seulement, un autre quart est sur le point de subir le même sort; 5o habitants ont quitté le pays; les fonds qu'ils possédaient ont été ou enlevés par la rivière et les torrents, ou traversés par des ravins, ou couverts par des éboulements. Leurs impositions ont été réparties sur les autres habitants, qui, comme s'ils n'étaient pas assez chargés de payer pour les terres qu'ils ont perdues euxmêmes, sont obligés de payer pour celles qu'ont perdues ceux qui ont quitté la communauté. Aussi, soit en taille ou â0% ou en capitation, les habitants, mettant leurs facultés en parallèle avec celles des habitants des communautés voisines, s'aperçoivent que leurs impositions se montent à peu près au double. On ne peut réparer les ravages occasionnés jusqu'à présent qu'en déchargeant de la taille les terres qui ont été perdues , et on préviendrait une grande partie de ceux qui sont sur le point d'être occasionnés par le moyen
Mt ÉLECTION DE GAP.
de dîgUes opposée» k Ift rivière et aux iorrente et des aitéis dans les faYinsi ces arrête et digues ^ pour dispendieux qu'ils fussent « ne coûteraient pas cher^ eu égard à la quantité de terrain qu'ils sou-^ tiendraietit, 6Bt il y a beaucoup d'endroits oh une digue de loo ou i&o toises, en retenant la rivière dans son lit, sertirait de point d'appui à plus de !ioo charges de terre taillable, qui bientôt ne pourront plus être cultivées ni habitées ^ h cause des crevasses qui s'y ouvrent annuellement^
15. Il y a dans la communauté s 5 paires de bœufs, &6 mu-* lets, 100 ânes ou bourriques qui servent pour la culture des fonds, et 6 00 brebis dont la laine sert pour le Vêtement des habitants; on n'élève dans la communauté que quelques agneaux, et le seul moyen d'en augmenter le nombre, c'est d'augmenter lé volume d'eau, pour pouvoir faire plus de prés. Cette augmentation de prés augmenterait la récolte en blé, car il est prouvé due peu de champs bien cultivés et engraissés rendent infiniment plus que beaucoup de champs mal cultivés et engraissés. On ne pourrait encore en améliorer l'espèce que par cette augmentation de prés, parce qu'on les nourrirait mieux, et en procurant le sel aux habitants à un prix moindre, car ils sont obligés de l'économiser pour euxmêmes et à plus forte raison pour leurs bestiaux ; par ce moyen , les brebis deviendraient plus belles, le nombre des élèves serait plus considérable et la laine meilleure et plus abondante.