‹ Recueil des réponses faites par les communautes de l'élection de Gap au questionnaire envoyé par la commission intermédiaire des états du DauphineChapitre 169 sur 219 · La communauté n'a aucun revenu d'aucune espèce · texte numérisé non relu

La communauté n'a aucun revenu d'aucune espèce

20. Les charges locales ou dépenses ordinaires de la communauté sont comprises dans un rôle particulier qu'on modère autant qu'il est possible, il monte à deux cents livres ^^^; la communauté

^^^ En 1788 et 1789, le iota] des id, des fontaines , 90 livres; id. des

charges locales est de 16& livres (Or- ponts , 10 livres; contrôle des délibéra-

donnances des i3 octobre 1787 et lions, 3 livres; gages do garde-bois,

/i avril 1789), savoir : cierge pascal, ko; id. du valet de ville et sonneur,

C livres; entretien de féglise, ao livres; 6 livres; ports de lettres, 6 livres; lu-

doit à un particulier plus do six cents livres, qui est en souffrance depuis cinq ans, pour de l'argent qu'il a fourni pour payer un créancier ancien de la communauté ou pour ses vacations. Les charges extraordinaires sont des réparations indispensables à l'église paroissiale, la clôture au cimetière ordonnée par M^ l'Archevêque dans son cours de visite pastorale, sous peine d'interdit. Ces dépenses ont été renvoyées depuis quatre ans par l'impuissance des habitants, qu'une mortalité de bestiaux, une tempête affreuse qui avait emporté toute espèce, de récolte et raviné les terres, les avaient fait différer; ces dépenses augmentent même par la détérioration. Malgré les travaux que les habitants ont fait au pont de la Vance, n'y ayant point de muraille ou digue pour contenir la rivière, elle a tout à fait quitté son lit et ii faudra une double dépense. Le mur de clôture du cimetière en certains endroits aurait encore soutenu et il se détériore de plus en plus.

21. Les comptes ont été rendus jusqu'en 1786, mais les années suivantes, les habitants n'ayant point eu de récolte, parles fléaux énoncés, les habitants n'ont pu payer les impositions et le collecteur n'a pu rendre les comptes.

22. Il n'y a aucune propriété, ni revenu pour les pauvres; la dime et les biens-fonds de la cure ne peuvent pas faire la portion congrue de cinq cents livres pour le curé, et on ne sait sur qui prendre la vingt-quatrième, parce que les particuliers sont déjà écrasés par les charges royales, censés et taxes seigneuriales et dime pour le curé. Cette dtme des grains est abonnée à la communauté pour douze charges de blé et on ne croit pas pouvoir en retrancher de vingtième, ni augmenter des charges sur des fonds qui souvent restent en friche, parce que les créanciers ou collecteurs du Roi ou du seigneur ou de la dime enlèvent la semence.

23. Il n'y a point de fondation pour les hôpitaux ni pour l'édu* cation publique et M^' l'Intendant avait permis une imposition de cent livres, pour l'éducation de la jeunesse, pour un régent d'école.

24. Le dernier parcellaire a été fait en mil six cent trentesept ^^^ et est en très mauvais état, de même que les coursiers, qui,

minairc (k* Téglisc, 90 livres; {(âges du mailre d'école. — En 17911 il est de

ramoneur, G livres; (ra}K>nnHmcnl de la /i36 livres, donl 18 pour le secrétaire,

dimen, 9 livres; gages de la sage- 176 pour le receveur ^des contribu-

iémme, 1 9 livres. — Kn 1790, le total tions, etc. (G 107, f io3). est de di8 livres, donl 100 pour le ^'^ Par M' Jean Tanc, de Remolon;

470 l?î.lîCTÎON m GAP.

le

ar les tlétériorations du terroir par les ravins et torrents, par 68 mutations et abandons faits h la communauté , on a pefe*du plusieurs cotes ou articles qui font surcharger les autres, ou donnés en reprise à la communauté; on avait même formé le projet de le refaire et donné le bail à rabais, mais il n'a pas été potoible de fournir à cette dépense. A l'éfjard des papiers et titres de là communauté, ils sont enfermés dans une gardé*robe , dans la chambre Commune ou maison de ville, fort en désordre ^'^ Cette garderobe est fermée à deux clefs confiées aux officiers municipaux.

( Pas de stgtiatureê. )

8AINT-GENI8.

Arrondissement dé Gap, cantoti dé Serrés, comtnunbt gAo irlètres d^altitude; à 5i kilomètres de Gap; superficie en hectares^ 1,898: habitants, 91.

Mémoire servant de réponse à la kttre écrite à la communauté de Saint'Genis par Messieurs les Procureurs généraux , syndics des Etats du Dauphiné, le Si8 février dernier.

1. Le territoire de Saint-Genis a environ une lieue du levant âu couchant et une lieue environ du midi au nord. Le lieu est situé sur le penchant d'utie colline entourée de montagnes du c6té du levant et du midi, et'est composé de deux paroisses qui sont Saint-Genis et la montagne de Laup-Jubio^'^^ et de plusieurs domaines qui sont à quelque aistance des paroisses ^^^l

2. La population desdites paroisses s'élève à â8 habitants qui forment environ i4o personnes, compris les femmes et les enfants.

3. Il n'y a, dans la communauté, aucun médecin ni chirurgien. Les habitants sont obligés, en cas de maladie, de recourir à Serres, distant de deux lieues, où il y a des médecins et chirurgiens.

in-6° de 181 fcuiiiets. Autres cadastres (*> ^i^ge d'un ancien prieuré, sdtts

de 1577, in- 4° de 317 feuillets; de le vocable de N.-D. et de saint Léger de

1607, ïsL-h'' de 1 56 feuillets. {Liste det L'Alp de Jubéo, alia$ de Jubie, i55i

ancien» cadattreê, p. la.) (G 1 55 1), de la dépendance de l'ab-

t'^ Sur Pëlol de ces archives en haye de Monimajodr, près d'Arles. 18B9, fôir Procèt'tèfbaux du Conseil ^''^ Aux hameaux ou Heux dits : As-

général des Hautes- Alpes, août 1890, tiers, le Plan, ]a Montagno, iSâltti-

p. 174. Laiçîer.

8AmT-GENIS. A71

4. Il n'y a non plus aucune accoucheuse sur les lieux. Les hnbilanls se servent d'une sage-fenime pour cet eflfet*

5. Les maladies qui régnent dans lé lieu sont des trialâdlës ordinaires. Telles sont les fièvres putrides et fausse pleurésie , etc.

6. Les habitants se servent pdur bâtir de plâtre et de sable et de pierres brutes, et se couvrent de tuiles et de paille. La toise de couvert eh tuiles Vient à raison de 6 livres et Celle de paille à 5 livres. Il ny a dans la communauté aucune carrière d'ardoises ni fabrique de tuiles.

7. La nature du sol en général est ingrate, le territoire étant tout des rochers et entrecoupé de montagnes escarpées de tous côtés; en sorte que les récoltes qui se perçoivent peuvent à peine servir pour la subsistance des habitants.

8. Les grains qui se perçoivent dans le territoire consistent en blé froment; mais ia majeure partie est en épeautre. On y récolte encore quelque peu de légumes qui ne sont pas grand'chose. Le territoire de Saint-Oenis produit, en fait de fruits, quelques pommes, poires, et quelque peu de noix; mais le tout sert à peine pour l'usage des habitants. A l'égard des habitants de la Montagne, ils ne récollent ni poires ni pommes, ni noix; enfin rien de quoi que ce soit. En sorte qu'ils sont obligés de se pourvoir aux ' lieux circonvoisins pour leur nécessaire.

9. Les habitants se nourrissent des productions da leur territoire, qui ne suffisent jamais, de sorte qu'ils soUt obligés la plupart du temps d'aller passer Thiver en Provence pour fournir à leurs besoins.

1 0. Quand le blé leur manque ^ ce qui arrive annuellement à la moitié (le l'année, ils vont en acheter à Laragne, Serres, Veynes, distants de *i et 5 lieues, où se tiennent les marchés.

1 1 . Il n'y a dans le pays aucune production surabondante. Les habitants ne vendent rien de quoi que ce soit, puisqu'ils en ont à peiné pour leur usage. Il n'y a non plus aucune foire dans la commutiauté. Le commierce des habitants consiste seulement en quelque peu de plâtfe qu'ils tirent du pays, lequel ils vendent dans les pays circonvoisins, et leur fournit pour subsister une partie de l'année.

12. A l'égard des bois de la communauté, ils ne produisent que des broussailles, encore le seigneur prétend-il en avoir la possession, en sorte que les habitants qui veulent se rebâtir sont obli-

gés de se pourvoir ailleurs pour avoir des poutres ou en acheter de lui. Les habitants peuvent cependant laisser pâquerer leurs bestiaux, mais ce n'est qu'en payant trois deniers par béte. Encore le seigneur vend-il sonpâquerage aux bergers de Provence, ce qui porte un grand préjudice aux habitants et les prive d'entretenir une plus grande quantité de bestiaux.

13. Les communs de la communauté sont peu de chose. Ils consistent seulement en quelques lies, qui sont le long de la rivière du Buëch et qui sont souvent emportées, de manière que les habitants n'en tirent pas un grand revenu. Us pourraient en tirer cependant quelque revenu; mais ce ne serait qu'autant qu'ils feraient construire des digues le long de la rivière du Buëch, ce qu'ils ne seraient point en état de faire, attendu leur grande pauvreté et misère.

14. Le territoire est traversé par un torrent qui, lors des crues d'eau, emporte les fonds des particuliers aboutissants et qui cependant leur sert, dans la saison, pour arroser le peu de prairies qui sont dans le territoire; mais ils ne peuvent s'en servir rarement en été, attendu qu'il est presque toujours à sec. Il est borné encore par la rivière du Buëch du côté du couchant qui, loin de leur être de quelque utilité, leur emporte les fonds des particuliers, lesquels ne peuvent se fortifier attendu leur grande misère.

15. n y a dans la communauté environ dix paires de bœufs qui servent quelquefois à trois particuliers différents. Le seigneur ou ses fermiers en tient deux paires dans ses domaines. Environ â o bourriques , qui servent aux habitants pour leur usage et pour charrier du plâtre aux environs. Il y a encore environ 3oo bêles davérage. Les habitants ne peuvent pas en entretenir davantage, attendu leur misère; d'ailleurs ils n'auraient pas de quoi les nourrir, dès que les bergers de Provence viennent annuellement leur ôter tout leur pâturage, ce qui cause un grand préjudice à In communauté.

16. Dans la communauté, il n'y a aucun maréchal ni artiste vétérinaire, en sorte que les habitants sont obligés d'aller à Serres et aux environs pour faire soigner leurs bestiaux en cas de maladie.

17. Il n'y a aucun commerce ni industrie dans le pays, ni aucun établissement de quelle manière que ce soit. Le pays est Irop misérable pour y faire établir la moindre fabrique en laine ou en coton.

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