‹ Recueil des réponses faites par les communautes de l'élection de Gap au questionnaire envoyé par la commission intermédiaire des états du DauphineChapitre 173 sur 219 · SAINTE-MARIE · texte numérisé non relu

SAINTE-MARIE

Arrondissement de Gap, caaloa de Rosaas , commuae; 660 mètres d altitude; à 70 kilomètres de Gap; superficie en hectai^, 769 ; habitants, 1 17.

Réponse par les consuls et communauté de Sainte-Marie, élection^ subdélégution de Gap y à la lettre à eux écrite par MM. les Procureurs généraux ^ syndics de la province ^ le ù8 février tj8g.

1. Le territoire de Sainte-Marie, qui est bordé, à droite et à gauche,. par des oiontagnes inaccessibles, a une demi-lieue de long sur autant de large. Il est composé de 9/1 habitants, dont 3 9 dans le village et 9 forains^'^

2. Ces 9& habitants composent i3o personnes, compris les femmes et les enfants.

3. Il n y a dans le village de Sainte-Marie ni médecin ni chirurgien. En cas de maladie, ils sont obligés de se pourvoir à la Motte-Chalancon ou à Serres, distant de quatre lieues.

4. Il n'y a, à Sainte-Marie, aucune accoucheuse instruite pour les accouchements, ni aux environs. Les habitants se servent d'une femme du lieu.

5. La communauté n'a pas de maladies épidémiques, mais il y règne des fièvres malignes et putrides parfois. On ne connaît pas, dans cette communauté, l'inoculation; d'ailleurs les habitants, par misère , ne peuvent en user.

6. L'usage du pays,, pour la bâtisse, est de bâtir à chaux et à sable et en pierres brutes. Le sable est de mauvaise qualité, ce qui fait que les murs ne font pas un long usage. La moitié des maisons sont couvertes en tuile» creuses el l'autre moitié en paille. Il n'y a dans la communauté aucune carrière d'ardoises, ni aucune fabrique de tuiles. Les habitants sont obligés de se pourvoir ù l'Epine, distant de trois lieues. Pour la charpente, ils se servent du bois de pin ou de fayard, dont l'exploitation est pénible et difficile, et encore l'espèce manque-t-ellc. La toise de couvert en tuiles creuses revient à y livres et la toise en paille ou en chaume à 6 livres.

<') Demeuranl à la Fraclio et aux Granges.

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483 ÉLECTION DK GAP. •

7. La nature du sol, en général, est mauvaise, y en ayant la moitié franche en friche par la mauvaise qualité du terrain.

8. Les habitants récoltent sur le terrain cultivé un peu de froment, un peu de seigle et la majeure partie en épeautre et autres petits menus grains transaux. Il n'existe dans les fonds cultivés que des arbres noyers, qui produisent peu, attendu que toutes les années il en périt la majeure partie par la gelée.

9. Les habitants ne récoltent que pour vivre la moitié de Tannée. Ils sont obligés de payer au prieur ^^^ la dîme au vingt, et au seigneur à la même cote, outre les droits de taisse qui relèvent, dans différents quartiers, à la cote huitième; outre cela, elle paye s émines de censé personnelle ps^r habitant, s civayers par chaque tête de droit de fournage. Quantité de fonds sont encore soumis à des censés réelles en blé, en argent et en poules, à un tel point que, la récolte perçue, les habitants ne récoltent pas en blé pour acquitter les dîmes, les censés personnelle et foncière et droit de fournage et censés réelles, le droit de tasque, et, pour subvenir à acquitter les impositions, ils sont obligés de vendre une partie des mêmes grains qu'ils ont recueillis. Ensuite les hommes sont obligés d'aller passer 1 hiver en Provence pour faire subsister les femmes et les enfants; ce qui fait qu'il manque annuellement un tiers des gf^ains indispensables à la nourriture, ne se nourrissant que de seigle, épeautre et ponmies de terre.

10. Dans les années de disette et annuellement, les habitants sont obligés de se pourvoir aux marchés de Serres et de Veynes, distants de quatre et sept lieues.

11. Il n'y a, dans la communauté, aucune production surabondante, ne pouvant suffire pour l'usage des habitants. Il n'y a ni foire ni marché.

12. Il existe, sur le sommet des montagnes qui bordent le terroir, quelques arbres pins et fayards , et le bas de ces mêmes montagnes est garni de genêts et autres menues broussailles , de sorte que les bois peuvent à peine suffire pour Tusage des habitants.

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