‹ Recueil des réponses faites par les communautes de l'élection de Gap au questionnaire envoyé par la commission intermédiaire des états du DauphineChapitre 190 sur 219 · LA SAULCE · texte numérisé non relu

LA SAULCE

8. On perçoit dans la communauté du froment et presque point de seigle, parce que le sol est trop maigre. La récolte en grains est toujours très petite , parce que d'un côté on manque d'engrais et que de Fautre ils sont sujets à la rouille. Anssi les meilleures récoltes ne font que tripler la semence. On y perçoit du vin, des noix et des amandes en petite quantité, des poires, des pommes, des prunes et du jardinage. Les amandiers y durent très peu de temps. Les poiriers et les pommiers y prospéraient anciennement assez bien, mais, depuis quelques années, ayant été endommagés par les chenilles, il en a péri une grande quantité et il y en a beaucoup de malades.

9. Le rapport entre les grains et la consommation des habitants est dans la proportion d'environ i à 3, c'est-à-dire qu'il en manque pour environ huit mois de l'année. Ils se nourrissent de pain de froment mêlé avec du seigle, avec des végétaux et les fruits de leurs arbres; ils recueillent des fruits au delà de leur consommation. Ils se privent durant la plus grande partie de l'année et, hors les temps des grands travaux, de boire de leur vin, qu'ils sont obligés de vendre, pour, avec ce qu'ils retirent de leur jardinage et de leurs fruits , en acheter le blé qui leur manque, payer les impositions et les droits seigneuriaux qui sont très considérables, surtout, pour la partie des prairies et jardins, qui ont été albergés par le seigneur du lieu sous une forte redevance.

10. Toutes les années sont des années de disette pour la communauté. Elle tire les grains qui lui manquent des marchés de Gap ou du Ghampsaur.

11. Les productions surabondantes sont le vin, le jardinage, les pommes, les poires, les prunes et quelque peu d'amandes. Les habitants du Ghampsaur viennent acheter le vin siu* les lieux et l'exportent à dos de mulet. A l'égard du jardinage et des fruits, les habitants de la Saulce les exportent aussi à dos de mulet aux marchés de Gap, de Saint-Bonnet et d'Embrun. Il n'y a à la Saûlcc ni foires ni marchés.

12. Il n'v a aucune forêt sur le territoire de la communauté. H n'y a que quelques blaches ou bois taillis et quelques haies de chênes qu'on taille de quatre en quatre ans; on se sert des menues branches pour engraisser les vignes et du reste pour le chauffage; il n'y a aucun bois propre pour la chnrpente. Le bois de chauffage même y est fort rare, beaucoup d'habitants en manquent et n'ont d'autre ressource, pour s'en procurer, que celle de parcourir les

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grariers de la Durance poUr ramasser lea dëbfis de ceuK qu'elle entratne dans ses dëbordemente.

13. Le» Communautés de la Saulée et Lardief étaient ahciènnement dénommées Vdtlië de Laï^iier. Suivatit les notes trouvées dans les nfchivés de ces communautés, il y a eu^ en i&q8, utie transaction {>assée eîitfe le seigneur et les habltafits de la V&lléè de Lai'dier, pai* la(]uellé il é§t dit qu^une parole de^ tles ou l'ëtàtsdées de là Durarice, désignée» datis cette transaction, éétûi la garenne du seigneur, maid que les habita&ts de la vallée de Lardier auraient l'usage et le pouvoir d*y faire pattre leur bétail gros et menu ^ comme aussi d'y couper des buissons, des liens et dés latlés ou laUHiê, autabt qu'ils en auraient besoin. Par cette transactidn le seigneur accorde encore aUxdits habitants le droit de prendre du bois pour leur usage i tant pour leur chauffage qu'autrement^ à un bois appelé des Rûchm sur la montagne. Les communautés de la Saul^e et Lardier ont toujours été, et sont encore, dans l'usage de faire pattre et de couper les bois ou buissonb, lorsqu'il eil vient, dans celte partie des r^laissées de la Durance ^ mais on ne leur donne pas le teitips de croître et cette partie est toujours nue^ Cependant son étendue est très considérablei Le sol pourrait devenir précieux eti le garantissant des irruptions de la Durance. L'arrosage en serait faéilei On pourrait y construire une digue et iâ bien asseoir. Il faudrait, avant tout, traiter avec le setgneUr pour le partage du terrain. Ce préalable, qui n'a Jamais pu être rempli, a été cause qu'on n^a jamais rien demaude pôUr cela, et que les communautés de la Saulce et Lardier n'ont jamais profité aàUcun secours, quoiqu'elles fussent dans une position plus aVantageUse et plu^ intéressante que beaucoup d'autres communautés qui en ont obtenu pour des réparations d'une bien moindre utilité.

A l'égard du bûcherage sur la montagne, la faculté en devient huile pour la communauté de la SaUlee. Outre qu'il n'y a que quelques broussailles, l'éloignëment et les chemins rendraient excessivement cher le peu de bois qu'on pourrait en tirer.

là, La rivière de Durance sépare, daUs toute sa longueur, le territoire de la communauté d'avec la Provence. Elle est inconstante dans son lit, déborde fréquemment et occupe avec ses graviers, indépendamment de la partie dont on a déjà parlé, une autre grande étendue de terrain au-dessous du village de la Saulce et à cùlé des prairies et jardins de la communauté; on pourrait encore

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en gagner beAttcolip^ en i^pei^nt une ancienne digue ^i s'y trbure et en le piH^nngeanU Les UMitériaux ne seraient paé bien éinignés* Tout le terrain qu'on gtgnerttit pdurreit détenir bon par la cuU ture. On pourrait le mettre à l'arrosage. L'eau de cette rivière est propre à cela et ce seratt m grand avatitage , pâfdê qu'on augmenterait les prairies, et les habitants trouveraient des moyens pour augmenter le nombre aes bestiaux et les engrais qui manquent au pays. t)'aiileurs <tetto ancienne digue, etltre qu'elle garantit tes jardins et prairies de là Saulce^ elle garantit encore la grande route. Mais elle est totalement dégradée et ta communauté se voit à la teille d'étré fuinée par la dévastation de son terhtoil*ë la plus précieux 4 et la moitié de ses habitante nécessités à s'expatriet*. Ces réparations intéressent^ ndh seulement la eemâlunauté de laSaulce^ mais encore la province, pai^e que le lit de la rivière forme la liaiite du Dauphlné avec la Provence » et elles sont d'autant plus urgentes que les habitants de l'aiitre rive convoitent ce terrain et projettent de jeter la rivière du côté de la Saillce^ pour le gagner eux-mêmes.

Le tërritoit^e de la Sâultitt est encore limité pai* les torrents de BHudék et AiHiéàie»; qui ^ joignent à l'endroit nii la grande routë les traverse. Ils font souvont à drt)itë et à gaiit^ho des ravages dans les terres; lori» des grandes plniëi^ le route en ëst interceptée et

encore plus en hiver par les glaces qui s'y accumulent. On pourrait remédier à ces inconvénients en faisant une digue le long du torrent de Ëaudon, qui procurerait un double avantage : celui de garantir les fonds de ses irruptions et celui de réduire le torrent à un point oh, réuhi avec le torrent de Itousines, il serait facile de construire un pont pour la grande route. Ce pont, qui paraît d'une nécessité indispensable, a ^té projeté depuis longteinps.

Le territoire dé la Saulce est encore traversé par plusieurs ravins qui descendent des montagnes et qui souvent ravagent les coteaux plantés en vignes, entraînent les terres et déposent du gravier dans la ptaine.

IS. Il y a dans la («ommunauté ^d mulets, A paires de bœufs

et environ âoo moutons et brebis. Les mulets servent aU labourage ^ à l'exploitation des fonds et à l'exportation du jardinage et des fruits.

On n'élève dans la communauté aucun gros bétail. A peine a-t-on des fourrages pour nourrir ceux qui sont absolument nécessaires à l'etploitation des fonds. Il y a très peu de pâturages ei il n'est pas possible, avant d'avoir augmenté les prairies, d'augnien-

ter le nombre du bétail, puisque les habitants sont nécessités d'envoyer en été leurs moutons ou brebis sur les montagfnes des autres communautés , faute de pâturages chez eux.

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