‹ Recueil des réponses faites par les communautes de l'élection de Gap au questionnaire envoyé par la commission intermédiaire des états du DauphineChapitre 211 sur 219 · TRE8CLE0UX · texte numérisé non relu

TRE8CLE0UX

16f l\ n'y a point de roaréch^, dam la communauté ni aux enviroDs, propre à connattra la maladia iw h^lvdm.

17. Le8 habitante ne font aucun commerce. lU ^ occupent en été à cultiver leurs fonds et vont, en partie, passer l'hiver en Provence. Ce qui les dispenserait de sei^patrier si on établissait dans la communauté ou dans les environs, des fabriques, soit en laine ou coton et autres objets qui les occuperaient.

18. La communauté est régie par un châtelain qui habite à Orpierre, deux consuls et un secrétaire.

19. La communauté n'a aucun revenu patrimonial; elle fournit à ses besoins par impositions; elle paye au Roi les lods en corps de communauté, abonnés à 58 livres par an. Elle pourrait se faire un revenu en construisant des moulins sur le torrent du Buêch , attendu que les habitants sont obligés, pendant trois mois de l'année, d'aller moudre à Serres ou k Laragne , et que d'autres communautés aux environs, au nombre de lo au moins, viendraient, dans le besoin, moudre à ces moulins, qui seraient plus près de deux lieues d'eux que ceux de Serres et de Laragne. Les réparations de Téglise ou de ia maison curiale, qui tombe en ruine, coûteront S^oou livres.

30, hos cbargqs io«a}^, 8oe Uvroa^^).

31. Le compte du collecteur le rend toutes las années au Roi , quelquefois plus t6t, quelquefois plus tard,

22. Les pauvres n'ont aucun capital. La vingt-quatrième est de 8 émines que la communauté paye , et se distribue par le curé ^^^ et consuls tous les ans à la Noël.

(*^ Ce Urtil d«8 eluirsjw locales pour 4 7^e* l'i^ ^ae noQ indiqué dans VÉtat dté (C 107, r i9i), semble inexact. Le total dea charges pour 1790 est seulement de 199 livres (Ordonnanre du h novembre 1789), savoir:

ciei^ pascal, 6 iivroa; «ntratîoil de l'église, 13 livres; entretien des fontaines, 11 livras; efttmtlen dos ponts et passerellea, ak livres; contràle dos délibérations, 3 livras; jpges du garde champêtre, 60 livres; gages du valet de ville, 6 livres; lirais du député aux assises de la maîtrise, 6 livres; port do lettres, 6 livres; lods dus au Roi, 5o livres; censés dues au Roi, 8; droit de pied fourchu, G livres. En 1791» le total des cbar>

ges est de A06 livres, parmi leaqveHes: entretien d^l'^IÛH^t t8 livres; eptretieB de la maison commune, 19 livres; entretien des fontaines, 3o ttvres; gages du secrétaire, 68 lirres; gages du mat- Ire d*école, 100 livres; entrelien des gardes-hois et fruits, teo livres; papier, bois et lumière, 19 livres; au receveur des contffilMitions fMciéraeC mobilière, 66 (Ordonnance du i3 octobre 1791).

t»^ J.-P. Gérard, né le 07 avril % 713 , enré, une première fois le 19 avril 1761 (G II, p. aSi) puis, une deuxième fois — apfès Imace de Cazeneuve -— - qui , le i5 févner i79if attribuait è Trèscléoux une population de 5&o habitants.

23. Il n'y a point de fondation ni d'hôpital. Il y a un mat^e d'école , que la communauté paye en corps.

^à. Le cadastre de la communauté a été fait en 1 7 1 8 ; il est en bon état ^^\ ainsi que le coursier. Les papiers et titres de la communauté sont enfermés dans les archives de la communauté. Personne n'y touche sans le consentement des consuls et du châtelain , dont chacun a une clef^^^

Il y a deux foires dans le pays, l'une au mois de novembre et l'autre au mois de mai.

Signé : J. Andr^, œn$ul, R. Combe, consul, Boutoux-Ténory, DussERRE, Mbbguibl, Lambert, J.-F. Autran, J. Lambert.

Arrondissement d'Embrun, canton de Goiilestre, commune; i,65o mètres d*altitude;à 70 kilomètres de Gap et 99 kilomètres d*Embrun; superficie en hectares, 8,978; habitants, 636.

Renseignements^ donnés à Messieurs les Procureurs généraux, syndics des Etais du Dauphiné, en vertu de la lettre du ù8 février dernier, par les ojiciers municipaux de la communauté de Vars.

1 . Le territoire de la communauté de Vars est situé sur la montagne, entre la communauté de Guillestre et celle de Saint-Paul, en la vallée de Barcelonnette, de l'étendue d'environ une lieue en longueur. Elle est composée d'une paroisse sous le titulaire saint Marcellin, et de quatre hameaux : le chef-lieu est Saint-Marcellin ; Sainte-Catherine, Sainte-Marie et Escrens^^'.

2. La population de la communauté est d'environ 5oo personnes de communion, lioo enfants et a 5 protestants.

3. Il n'y a nul médecin sur les lieux, ni aucun chirurgien; les particuliers sont obligés de recourir aux chirurgiens de Guillestre ou de la ville de Mont-Dauphin , distants de deux lieues de la corn-

(*) In-folio de 990 feuillets. (Cf. Ltf te Qnueil général deê ftautêê-Alpet , mhîI

d$s ancieng cadastres , p. i5.) 1888, ^p. i6/^-i65.

('^ Sur TéUt des archives de Très- ("<} ÉcarU : TAIp, le Grand et ic Petit-

cléoux en 1887, voir Precès-verbaux du Forest, la Madeleine, la Saisc.

munauté', où la plus grande partie des habitants se trouvant malades, eu égard à leur peu de facultés, à l'éloignement et à la difficulté des chemins, qui se trouvent, la plus grande partie de Tannée, impraticables par les grandes neiges qui y tombent et par le risque des coulées d'icelles, sont obligés de mourir sans secoui*s.

k. Il n'y a sur les lieux, ou à proximité, aucune accoucheuse instruite qui soit de notre connaissance; on se sert à ce sujet, dans le pays, des anciennes femmes.

5. La communauté a été attaquée plusieurs fois de maladies épidémiqucs, depuis notre connaissance , et notamment en 178/i, temps .auquel les chirurgiens de Mont-Dauphin , de l'autorité de M''^ l'Intendant, y ont resté pendant quatre mois, pour donner des remèdes aux malades et couper chemin à cette épidémie, qui se renouvelle encore toutes les années, en hiver, mais pas si critique qu'en l'année 178/1. On ne pratique pas l'inoculation de la petite vérole, dans cette communauté.

6. Les maisons de la communauté sont couvertes, la plus grande partie en paille, et l'autre partie en planches. Le prix ordinaire (le la paille est 3o sols le quintal, et il en faut quatre cpiintiiux pour couvrir une toise de couvert. Le prix ordinaire des planches est 3 livHîs la douzaine, et il en faut environ deux douzaines pour faire une toise de couvert. Il y a une carrière d'ardoises au sommet de la montagne, lieu appelé l'Alpet^^^, distant des villages d'environ trois quarts de lieue, à laquelle on ne peut travaillei' que pendant trois ou quatre mois, dans la belle saison, qui est le temps précieux pour la culture des terres dans ce pays, et la communaiiti* n'a pas des facultés pour faire l'ouverture et l'exploitation de ladite carrière. Il n'y a aucune fabrique de tuiles dans la communauté, ou à portée d'icelle.

7. Le sol de cette communauté est, en général, trèspentueux, pierreux et aride, ne pouvant s'arroser. Il a peu de fonds et très exposés aux ravins, craignant la sécheresse, ne pouvant supporter l'arrosage; le défaut d'eau d'arrosage ne permet pas de faire de grandes prairies, ce qui, privant les particuliers de faire des fourrages, les prive aussi de l'avantage de tenir, en hiver, plus de bestiaux qu'il ne faut. Le climat, froid et exposé au nord de cette

(^) Autrement appelée RmU ou Croix d$ Florint (Inventaire des Archivée de Gxtillettre, 1906, Introauclion , p. x).

éLKCTION DR GAP. [\{j

lwrai«i:Kl> attlJk*Lr,

contrée , recule tellement la maturité des récoltes d'orge et d'avoine , qu'il en reste presque toujours un quart sous la neige précoce.

8. U ne se perçoit dans cette communauté que du seigle, de l'orge et de l'avoine. Il n'y a aucun arbre fruitier qui prospère. La récolte du seigle reste de douze à treize mois en terre et, le plus souvent, ne donne que le quart de la récolte, eu égard que le territoire est couvert de neige , le plus souvent depuis le commencement du mois d'octobre jusque vers la fin du mois de mai, et qu*à la découverte desdites neiges, les plantes qui ont échappé à la mortalité sont tuées par les froids excessifs qu'il fait dans ce pays. Les récoltes d'orge et d'avoine sont très modiques , eu égard qu'à leur naissance les grands froids les assomment et, qu'au temps de leur croissance, les grosses pluies et orages les abîment, et, enfin, auparavant la moisson de l'orge et de l'avoine, bien souvent les neiges en couvrent une grande partie, qui est perdue.

9. Par un fatal changement, depuis plus de vingt ans, cette communauté ne perçoit que de modiques récoltes, qui sont fort en dessous de la consommation de ses habitants. Leur nourriture est peut^tre la plus grossière de ces montagnes; leur pain n'est

Sue de mauvaise farine de seigle, bien souvent gelée, mêlée avec e la farine d'orge ou d'avoine, ou de quinods^^\ rondes ^^^ et autres graines champêtres, qu'on ramasse en automne sur les buissons, qu'ils font moudre. C'est de la mauvaise qualité de leurs aliments qu'a tiré son origine la cruelle épidémie de 178/1, qui a fermé nombre de maisons et ruiné le reste, joint avec la mauvaise récolte. Lorsque le pain manque, ils sont réduits à ne manger que de mauvaises soupes, des choux, pommes de terre, farine d'orge et d'avoine et herbes sauvages qu'ils ramassent dans la belle saison , et lors font sécher pour la soupe d'hiver, qu'ils mangent sans sel, eu égard à sa cherté et mauvaise qualité.

10. On est obligé de s'approvisionner aux marchés de Guillestre , d'Embrun , distants de quatre lieues ; de la vallée de Queyras , distant de sept à huit lieues , ou aux greniers du Roi , quand ils peuvent l'obtenir et auxquels la communauté est en arrière de rendre 3 00 quintaux de blé, que M^ l'Intendant fit donner en prêt en l'année 1787 ; en outre, toutes les années, les particuliers sont obligés d'aller chercher leurs semences dans la vallée de Barcelonnette; ceux qui ont des facultés l'achètent, et les autres le

(') En français, terr(Mtoix ou châtaigne de teiTe« — (*) BuBseroles*

prennent en prêt, quand ils peuvent en trouver, étant privés de pouvoir semer de leurs seigles, attendu que la moisson n'entre dans cette communauté que vers la fin du mois d août et qu'il faut semer sur la fin de juillet, ou, au plus tard, au commencement d'août.

11. Il n'y a ni foire ni marché sur les lieux et, lorsque les saisons sont favorables (ce qui est fort rare dans ce pays), les par* ticuliers qui perçoivent quelque peu d'avoine en sus de feurs semences le portent et vendent aux marchés de Guillestre , pour payer les impositions dues à notre souverain monarque, dont une grande partie des habitants sont encore en arrière, depuis quelques années, dy satisfaire.

12. Les forêts et bois de cette communauté sont en très mau* vais état, eu égard aux campements et passages des troupes de 1744 et 17^8, qui les avaient dévastés ^*^; aux différents incendies que la communauté a essuyés; aux fournitures qu'il faut faire annuellement à la garnison de Mont-Dauphin et encore à l'enlèvement qu'en font des particuliers de la communauté de Saint^Paul et de Guillestre, qui confinent les forêts de Vars. Cependant, moyennant un grand soin, elles pourraient suffire aux besoins journaliers des particuliers.

13. La communauté n'a que quelques herbages et montagnes conununs, où l'on fait paître les bestiaux nécessaires à l'agriculture, dans la saison; la communauté ne peut en faire d'autre usage pour conserver ses bestiaux en été, è l'exception que, depuis les fatals événements des incendies et épidémies, et disettes, la communauté s'est privée de quelque petit coin de montagne qu'elle afferme aux bergers de Provence, au prix de 3 00 livres; laquelle somme n'est employée à d'autre usage qu'à l'acquittement des gabelles que M^ l'Archevêque fait lever aux foires de Guillestre, à l'acquittement du pied fourché, eu égard que, dans cette communauté, il n'y a nul particulier qui n'ait le malheur d'essuyer des disgrâces de ses bestiaux de culture, d'avérage, et, malgré la perte, il faut payer le pied fourché, et le peu qui reste de cette somme, on l'emploie u des maîtres d'école pour 1 hiver, à défaut de quoi la plus grande partie de la jeunesse, entre autres les pauvres et orphelins, resterait dans l'ignorance.

\à, H n'y a qu'une rivière dans la communauté de Vars, vul-

(*) Cf. Inventaire dei Archivée de Guilhitret déjà cité, p. lyxtiii-luix.

gairement appelé ruisseau de Chagtie, qui prend naissance sur la montagne, du côte de Saint-Paul, et un autre ruisseau à la droite d'icelui, nommé Chagnon, qui prend naissance sur la montagne appelée les Cogne ts et se joint à celui de Chagne au hameau Sainte- Marie, lequel ruisseau de Ghagnon, lors des grosses pluies et orages, emporterait le village de Sainte-Marie s'A n'était défendu par les pénibles travaux des habitants. Anciennement on y avait construit de grosses digues pour défendre ledit village, lesquelles ont été totalement détruites lors du campement des troupes de 17^4 à 1748. Il se trouve deux combes, Tune appelée Combe de Rivet et l'autre Combe de F Église, lesquelles, lors des grosses pluies et orages, forment des torrents extraordinaires, qui emporteraient l'église et le village Saint-Marcellin, si Ton n'avait la précaution, toutes les années, de former et creuser plusieurs rases au-dessus dudit village. Le hameau Sainte-Catherine se trouve sujet à la coulée des neiges et au risque des ravins, si les habitants n'avaient la précaution de former et creuser des rases au-dessus d'icelui. Le village d'Escrens, qui se trouve éloigné de la paroisse d'environ une lieue, est presque inhabitable, par rapport aux ravins et coulées de neige qui couvrent leurs terres en partie, toutes les années, et sont lesdits habitants privés de se rendre à la paroisse pendant six à sept mois d'hiver. Les différents torrents qu'ont formés les pluies et orages ont emporté une partie du territoire qui se cultivait, et, annuellement, ces torrents causent de grands ravages dans la communauté en dérogeant à la partie des terres qui avaient échappé à leur fureur. La situation de cette communauté se trouvant beaucoup en pente, elle ne peut souffrir l'arrosage, d'ailleurs elle ne peut se procurer de l'eau propre à cet usage.

15. Il se nourrit pendant l'hiver, dans cette communauté, environ lâ bœufs, lâo vaches, i5 mulets, i3o bourriques ou ànesses, 4oo bétes à laine, le tout de petite qualité et nécessaire au travail des fonds et entretien des familles. Les disettes, incendies et épidémies que la communauté a essuyés, ces années dernières, ont forcé la plus grande partie des habitants de vendre leurs bestiaux pour fournir à la subsistance et pour [le] nécessaire de leur famille.

16. On ne connaît, dans cette communauté ni à portée, aucun artiste vétérinaire ni maréchal expert.

17. Il n'y a aucune industrie ni commerce dans ce pays, eu égard qu'on est enfoncé dans la montagne et que la route de la

Tallée de Barcelonnelle et Piémont, en Dauphiné, est interceptée pendant huit à neuf mois de l'année, par ia quantité des neiges. La plus grande partie des gens de cette communauté sont obligés de s'expatrier, pendant sept à huit mois d'hiver, pour n'avoir de quoi vivre chez eux, et s'en vont dans les différentes provinces s'occuper au travail de la terre, ceux qui peuvent, et ceux en bas âge ou indisposés vont mendier leur pain.

18. La forme du régime municipal est que la communauté nomme trois consuls, l'un au hameau Saint-Marcellin , l'autre au hameau Sainte-Catherine et l'autre au hameau Sainte-Marie , auxquels la communauté donne pouvoir pour, conjointement avec trois conseillers de police, faire les affaires de la comniunauté par délibérations à suffrages des voix, autorisés par le seigneur châtelain, nommé par le seigneur archevêque pour châtelain dans la communauté, et faire observer les règles et usages d'icelle, le tout en conformité et en vertu du règlement de police homologué en Parlement.

19. La communauté n'a aucun revenu que ceux ci-dessus énoncés en l'article i3.

20. Les charges locales ou dépenses ordinaires de ladite communauté sont: 3o livres pour le garde-bois, t8 livres pour gages de trois garde-fruits que la communauté nomme toutes les années, 2 1 livres pour le luminaire de la paroisse, 9 livres pour port de lettres et paquets ^^^ Les charges extraordinaires sont : 1,600 livres, prix de la dîme qui^st à la cote 1 a , due à M^ l'Archevêque, outre les impositions royales ^^^

21. Les comptes des collecteurs et receveurs ont été rendus annuellement, à l'exception de ceux de l'année dernière, 1788. Comme le collecteur et receveur des impositions de la communauté

(^) En 1788, le total des charges locales est de 399 livres (Ordonnance du à juillet 1788), savoir : frarde-bois et fruits, ha livres; port de lettres, 6 livres; luminaire de la paroisse, 9 1 livres; vingt-quatrième des pauvres, 83 livres; «rétablissement d*un cimetière pour les protestants » , 180 livres (C 107, r 19/i).

^''^ Le total des charges locales, en 1789 et en 1790, est de i,658 et 1,(588 livTos, y compris Tabonnement de In dime, soit i,5q5 livres. — En

1791, cette dernière somme disparait et le total des charges locales est de 670 livres, dont voici le détail : entretien de Téglise, 3o livres; entretien de la maison commune, ao livres; gages du secrétaire- greffier, la livres; gages du maître d*école, a 00 livres; gages des gardes-bois et fruits, 66 livres; gages du valet de ville, 3o livres; papier, bois et lumière, la livres; au receveur des contributions foncière et mobiliairc, loo livres (Ordonnanco du 7 février 1799, ibid.).

se trouve être de Guillestre, eu ëgard à la difficulté des chemins, il n'a pu se rendre dans la communauté pour faire son compte, ce qui , de commun accord , a été renvoyé jusqu'à la découverte des neiges. Le retard du compte des consuls de Tannée dernière n'a été que par rapport que Tun des auditeurs de leur compte se trouve malade depuis quelque temps.

22. Les pauvres de cette communauté n'ont aucune propriété de plus que la vingt-quatrième , laquelle leur est distribuée par les seigneurs curé, vicaire ^^^ et chfttelain» en assistance des consuls.

23. n n'y a aucune fondation dans la communauté pour les hôpitaux, ni éducation publique.

24. Le dernier parcellaire de la communauté se trouve en bon état, ainsi que le péréquaire; le coursier se trouve manquer de papier ; ils ont été faits en 1716 ^^K Les papiers et titres de la communauté ont été incendiés ou pillés en 1699 par les Vaudois et Piémontais, à l'incursion de l'ennemi de l'Etat ^^^, et, depuis, la communauté a construit un coffre pour la garde des papiers , fermé à quatre clefs, une à chaque consul et l'autre au secrétaire-greffier commis de la conununauté, qui est déposé dans une chambre com-

mune

Nous, officiers municipaux, députés de la communauté de Vars en Ëmbrunais, certifions l'état et renseignements ci-dessus en nombre de vingt-quatre articles, sur trois feuilles papier à la cloche, véritable; en foi de quoi avons signé, auiUt Vars, le 1 1 mars 1789.

Signé : Rostolan, châtelain, TnotozkV^ consul, J. Baboct, consul, David, consul, Roustan, député, Jacques Ghauband, député, J.-A. Nèvb, député, Jacques Guibaud, J. Rostollan, A. Pascal, J. Gautieb, secrétaire-commis de la communauté.

(» J.-B. Peytral, de Montdar (Basses- Alpes), nommé curé en 1786, retiré à Saint-Vincent (B.-A.) le 16 avril 179a, et JeanJacquGS Reynaiid, de Vars, aï- Caire dès 1776, qui prête serment, avec son curé, le 3o novembre 1790 et le rétracte le 10 décembre 181 A, » Digne {Ann. des Alpes, 1906-1907, t. X, p. aoo-soa).

(*^ Par Claude Vîllan, notaire de

Saini-Gëment; in-folio, aSi feuillets.

Autre cadastre, de 1700; in-foUo de 70& ^^ges*

('} Gi. Ad. DB Rochas, la Campagne de i6ga dans le Haut-Dauphiné , 187 A, p. 9, 76 et suiv.

(*) Sur la situation des archives de Vars en 1890, voir Procès-verbaux du Conseil général des Hautes-Alpes, août 1891, p. 1 4 A.

Hameau de Veynes, dënendant de la Chartreuse de Durbon (commune de Saint-Julien-en-Bochaine. Voir ce mot).

Observations que prennent la liberté de faire les malheureux habitants de Vaux y terroir de Durbon y paroisse de Montmaur^ et taillables du bourg de VeyneSy à nosseigneurs des États ^ tenant la Commission interm^àliaire à Grenoble^ en suite de la notice quils ont eue des lettres écrites par Messieurs les Procureurs généraux y syndics des États du Dauphinéy aux communautés de la province, par lesquelles ils ont appris que c'était pardevant nosdits seigneurs que chaque communauté, village et hameau devait faire connaître ses besoins y et y en même temps y donner Vétat et la situation du pays qu'ils habitent; en conséquence y les soussignés prennent la liberté d^ observer à nossei-seigneurs des États :

1 . Le village de Vaux est situé dans un vallon , partie en montagne y partie en plaine , éloigné du bourg de Veynes d'une grande lieue. Son étendue est d'environ trois quarts de lieue en longueur et d'une demi-lieue de diamètre , y compris les montagnes. Il est composé de ao habitants, qui forment environ i3o âmes. Le terrain est très ingrat et ne produit au cultivateur qu'à force de travail et d'engrais, sa production ne pouvant arriver, année conmiune, qu'à trois pour un et même souvent moins , par rapport à la quantité des neiges qui tombent dans le susdit endroit, qui, le plus souvent, leur étouffent leur récolte. Il n'y a dans ce village que des terres labourables, la plupart situées dans la montagne, et quelques prairies arrosabies. Il n'y a aucune vigne , ni arbres fruitiers ; tout se réduit à la récolté du blé seigle, quelque peu de froment, quelque peu d'avoine et quelques grains transaux.

2. Parmi les vingt iiabitants qui composent le village de Vaux, il n'y en a que deux qui ont quelque peu de blé de reste , après en avoir pris ce qui leur est nécessaire pour leur consonamation ; parmi les dix-huit habitants restants, il n'y en a aucun qui en ait pour son usage, et il en manque à tous, à qui plus, à qui moins, en sorte que ces habitants sont obligés do faire l'achat du blé qui

leur manqiio, au bourg de Veynes, où ii y a deux marchés par semaine.

3. H n'y a dans le village ni médecin ni chirurgien, ni accoucheuse, et lorsque les habitants ont besoin de ces personnes, ils ont recours à celles qui sont établies au lieu de Veynes.

16. n n'y a, non plus, aucun artiste vétérinaire ni maréchal expert, et lorsque les habitants ont besoin du secours de ces personnes, ils ont encore recours aux maréchaux établis à Veynes.

4. Le genre de bétail que tiennent les habitants de Vaux no consiste qu'à 4 juments, quelques bourriques ou ânesses, 6 paires de petits bœufs, en tout, les autres habitants étant obligés de cultiver leurs terres à bras, et ceux qui tiennent des bœufs étant obligés, très souvent, de les vendre du moment que les sçmaillos sont finies , et très souvent à perte , par la raison qu'ils n'ont pas de quoi les nourrir pendant l'hiver. Ils tiennent encore quelque peu d'avérage, mais fis auraient du terrain pour en tenir davantage si leurs facultés le leur permettaient. Le pays est même très sain pour ce genre de bétail, ne craignant exactêitnent que le ravage qui peut être occasionné par les loups. Leur montagne est superbe, ils l'ont possédée de tous les temps en toute propriété , mais ils ont été privés de la faculté de jouir de cette montagne, soit pour y faire pâturer leurs bestiaux et pour y ramasser de l'herbe pour nourrir leurs bestiaux pendant l'hiver, et ils ont été privés de leurs droits par les Pères Chartreux de la Chartreuse de Durbon, lesquels, sans droit ni titre légitime, se sont appropriés cette montagne au préjudice des habitants de Vaux, et en ont expulsé ces mêmes habitants, en y tenant jusqu'à douze gardes armés de fusils, pour empêcher ces mêmes habitants d'user du droit qu'ils avaient dans la susdite montagne, mais ce n'est pas encore la seule vexation que ces habitants ont éprouvée de la part des Chartreux.

5. Anciennement le lieu de Vaux appartenait au seigneur baron de Moniobam, et c'est de M. de Montauban que les Chartreux ont acquis les droits qu'ils avaient sur lesdits habitants; ils payaient la dîme de leurs terres au prieur de Montmaur, et le dernier auquel ses habitants ont payé la dîme était un nommé M. de Seguin. Cette dîme a toujours été payée jusqu'en l'année 1671, à la cote seizième et en gerbes, ainsi qu'il serait facile d'en justifier nosseigneurs des Etats, s'ils le désiraient. On ne sait par quelle fatalité, ni par quel droit inouï les Chartreux, qui représentent le prieur Seguin, ont

porté cette dtme, aujourd'hui, à la cote sixième ^^^; les habitants de Vaux se sont souvent récriés sur cette surcharge, mais les plaintes qu'ils ont formées pour cet objet n'ont produit aucun effet; les Chartreux les ont toujours éloignés, sous les menaces les plus terribles, ce qui n'est point du tout digne de leur état, et, enfin, ces malheureux habitjants, auxquels les Chartreux ont enlevé furtivement et do force tous les titres qu'ils pouvaient avoir, pour établir que la quotité de la dîme n'était payable qu'à la cote sixième, ont été obligés de se réduire au silence et, cependant, de payer toujours la surcharge que les Chartreux leur ont imposée, sans titre ni raison légitime. Tous ces motifs paraissent mériter l'attention de nossçigneurs des Etats; c'est aussi avec la plus grande confiance que ces malheureux habitants prennent la liberté de réclamer leur protection , en les suppliant de voidoir bien leur prêter une main secourable pour les tirer de l'oppression où ils se trouvent.

6. Les habitants de Vaux avaient anciennement un bois, appelé le bois de Chouvet, qui appartenait en toute propriété aux habitants et qui se trouvait complanté de bois fayard et de bois sapin de toute beauté, et duquel les habitants avaient soin dans tous les temps. Indépendamment de ce, ces mêmes habitants avaient encore le droit de bûcherer dans d'autres bois qui avoisinent leur territoire, et que les Chartreux prétendent leur appartenir, mais, par une fatalité et une démarche qui n'a point d'exemple, les Chartreux les ont privés, non seulement du droit de bûcherer dans les bois qui les avoisinent, mais ils se sont encore emparés du bois de Chouvet, appartenant aux habitants, et dont la plupart est taillable, en ont privé les habitants et en font garder les avenues avec des gens armés, en sorte que, dans ce moment, les malheureux habitants qui se trouvent avoir besoin des susdits bois, soit pour se bâtir, soit pour se chauffer, soit pour faire des outUs aratoires , sont obligés de les acheter des Chartreux, et très chèrement, ce qui est une injustice des plus frappantes, attendu, d'un côté, que le principal bois leur appartenait en propre et était taillable, et que, de l'autre, ils avaient le droit de bûcherer dans les autres bois, «lyant été privés de tous leurs droits depuis environ vingt-cinq ou trente

(>} D^Qprès la «Déclaralion de lous cret de TAssemblée nationale du i3 du

les biens mobiliers et inunobilicrs de la mi^me molsn , les revenus de Vaux

Chartreuse de Durbon, ainsi que de ses (Grand et Pe(it), étaient affermés

revenus et de ses charges, faite en con- 9,0/io livres. (Balletin de la Société

formité des lettres patentes de S. M. du d'études des Hautes-AIppg , 1 89^1 , et tiré

18 novembre dernier [1789] sur le dé- ù part, p. 6.)

ans, et c'est depuis cette époque que les Chartreux se sont emparés clandestinement de tous les susdits bois , ils en font faire des abattis considérables qu'ils vendent aux uns et aux autres, au détriment des malheureux habitants; lesquels supplient nosseigneurs des Etats de prendre cet objet en considération et de leur faire rendre la justice qui leur est due.

7. Observent encore les habitants, qu'à raison de la dîme dont ils ont ci-devant parlé, il y a un procès pendant devant la Cour, dans lequel M* Jaquemet occupait pour les habitants, et M' Péreton pour les Chartreux ; lequel les habitants n'ont pu faire décider, par rapport à l'indigence où ils se trouvent; suppliant nosseigneurs des États de vouloir bien s'intéresser pour eux, pour le leur faire terminer.

8. Tout le village de Vaux est dispersé en pelotons de six en six maisons, de quatre en quatre et de trois en trois; toutes leurs maisons sont couvertes en chaume. Il n'y a aucune carrière d'ardoises, ni de tuiles creuses, dans le susdit endroit; il y a une fabrique de tuiles creuses dans le territoire d'Oze, à une grande lieue et demie de distance du lieu de Vaux;* on vend ces tuiles creuses 5 livres le cent, prises sur place, ce qui les porterait à 8 livres le cent rendues au lieu de Vaux. Les habitants désireraient fort de se couvrir en tuiles creuses, si le Gouvernement avait la bonté de leur accorder quelque indemnité pour cet objet.

9. Le village de Vaux paye ses impositions, partie au lieu de Veynes et partie au lieu de Montmaur, lesquelles peuvent arriver, année commune, à la somme d'environ 8oo livres pour le tout.

10. Indépendamment des impositions royales foncières, les habitants payent encore aux Chartreux, pour droit de censé, une émine blé froment et une demi-émine avoine par chaque habitant; les Chartreux perçoivent ce droit, à ce qu'ils disent, pour droit de foumage.

11. Le territoire est traversé par plusieurs ravins, dont le principal est appelé Labéouex, qui traverse le territoire du village et cause des dommages très considérables aux habitants , et leur emporte très souvent la meilleure qualité de terrain qu'ils aient.

12. Les habitants sont tous paroissiens de la paroisse de Montmaur, éloignée de près d'une lieue, étant obligés de traverser et de suivre le torrent de Labéouex pour se rendre aux offices divins ; ce qui est très dangereux et très à craindre en hiver par rapport aux

tempêtes et inondations; le curé de Montmaur fait le service spirituel du lieu de Vaux; il s'y rend, très rarement, et quelquefois, même, il refuse de s'y rendre pour administrer les sacrements, en disant qu'il ne retire rien des Chartreux, et il arrive très souvent que plusieurs personnes décèdent sans avoir reçu les sacrements, et qu'on est obligé de garder le cadavre pendant plusieurs jours pour ne pouvoir le transporter à Montmaur pour le faire inhumer, attendu la difficulté qu'il y a, très souvent, de pouvoir traverser le tondent de Labéouex. Il serait cependant facile d'obvier à cet inconvénient en établissant un prêtre résidant au lieu de Vaux, avec la circonstance remarquable que la dîme que les habitants payeront à la cote seizième serait suffisante et au delà pour l'entretien d'un prêtre résidant; et, à l'égard de la maison presbytérale, la restitution que doivent leur faire les Chartreux de la surcharge qu'ils ont prise sur eux serait assez suffisante pour remplir cet objet. À toutes fins, les habitants se chargeraient volontiers de faire eux-mêmes construire cette maison , observant que la dîme que retirent aujourd'hui les Chartreux se porte à une somme de près de 1,000 livres, sur le pied du sixième, et sur le pied du seizième, à laquelle ils ne sont tenus que de l'aquitter, elle se porterait à la somme de /loo livres, ce qui serait suffisant et au delà pour avoir un prêtre résidant; avec la circonstance encore qu'il y a une chapelle, qui est garnie de tous les ornements et vases sacrés pour le service divin, et tout quoi appartient aux habitants.

Telles sont, Nosseigneurs, les observations que nous avons cru devoir vous faire, d'après les rapports qui nous ont été faits, de la vigilance et du zèle avec lequel vous vous portiez à prêter une main secourable aux malheureux; lesquelles observations nous certifions sincères et véritables, et nous sommes soussignés, ceux qui l'avons su , les autres illettrés ; à Vaux , ce ii avril 1789.

Signé : Robert, J. MirkLLim , J. TiCHET, B. Métallier , P. Pelloux, j. Bermond, J. Cornand, J. Métallier.

VENTAVON.

ÂiTondissement de Gap, canton civil de Laragne, chef-lieu du canton ecclésiastique, commune et paroisse; 676 mètres d'altitude; à 39 kilomètres de Gap; superficie eu hectares, 4,098; habitants, 889.

572 KLECTION DE GAP.

Cejourd'hui, 16 avril i78(), se sont assemblés les sieurs officiers de la communauté de Ventavon , ensemble M' Joseph Brun , ancien maire, nommé syndic des pauvres de ladite communauté, assisté des sieurs Jacques VoUaire et Jacques Gontard, adjoints du sieur syndic, en suite du pouvoir à eux donné dans l'assemblée du 1 3 du présent mois, pour satisfaire et répondre par un état instructif et sincère à la lettre et mémoire de MM. les Procureurs généraux, syndics des Etats de la province, de la date du 28 février dernier, qui n'ont été communiqués aux habitants de ce lieu que le jour de l'assemblée.

1. Déclarent que le sieur Bmn, ancien maire de ce lieu, fut député par assemblée du ai novembre dernier, pour assister à la première assemblée de Chorges, lieu éloigné de 8 lieues, où il a vaqué quatre jours, qu'à la seconde assemblée de doublure, le sieur Jean-Baptiste Garcin fut député, et que ni l'un ni l'autre n'ont reçu aucun payement.

2. Le village est ramassé et le territoire est composé de trois hameaux appelés le Yillav, Faye et la Platîie^^\ le tout composant environ 1,000 personnes.

3. Il y a un chirurgien actuel à la communauté, gagé pour une année au prix de 96 livres.

/|. Il n'y a aucune accoucheuse gagée parla communauté, ni aux environs.

5. Grâce à Dieu, les habitants de la communauté n'ont pas été attaqués de maladie épidémique. On ne pratique pas l'inoculation de la petite vérole.

6. Les bâtiments sont bâtis à chaux, sable et plâtre. La plus grande partie couverte en tuiles et une petite partie couverte do paille, il n'y a que l'église paroissiale couverte en ardoises; le prix (les tuiles, 5 livres le cent, prises sur la fabriqua.

7. Le territoire est sec et de petite qualité, et la plupart dos terres incultes qui ne produisent rien; environ le tiers, ravins, marais et rochers ne produisent ni bois ni herbe.

8. Les récoltes ordinaires, une émine de semence en produit à peine trois, année commune, et les arbres fruitiers ne produisent aucun revenu en poires et pommes, à peine suffisant pour l'usage

^*^ Et, do plus, des écarts dits: Bel-Aîr, Borlrand, la Rlanche, les Claris, les Gardes, les Sallas.

VENTAVON. 573

(les habitauts, et n'y ayant que les amandiers qui donnent quelque petit produit, rarement.

y. Tous les grains qui se produisent dans la communauté à peine suffisent pour la consommation des habitants, et leur nourriture» ordinaire est du pain, froment mêlé avec de l'épeautre, dont partie sont obligés d'aller travailler aiïleurs pour gagner leur vie.

10. En temps de disette, on prend des grains aux marchés de Gap et Sisteron.

1 1 . Dans ce lieu il n'y a aucune production surabondante. Il y a deux foires établies, l'une à la Toussaint, qui est fort anciennes, suivie, et l'autre au premier lundi du mois de juin, nouvellement établie, qui n'est pas beaucoup suivie. Il y a des marchés établis tous les lundis de chaque semaine , qui ne [se] suivent que depuis la Toussaint jusqu'à la Noël, et qui produisent peu de chose.

12. Il n'y a que des bois broussailles, blaches en chênes et faux (hêtres), qui à peine suffisent pour l'usage des habitants.

13. La communauté n'a aucune terre commune à pouvoir faire quelque production.

I/i. Il y a un torrent appelé Beygnon, fort rapide, qui traverser une partie du terrain et endonunage toutes les propriétés des particuliers qui l'aboutissent, malgré les petites fortifications qu'ils peuvent y faire et qui, en été, où l'arrosage serait utile, se trouve sec. Un autre torrent, appelé Malrieu, sur les limites du terroir et celui du Monêtier-AUemont, cause aussi, par sa rapidité, beaucoup d(î dommages annuellement aux propriétés des particulière qui l'aboutissent.

15. Le terroh' se cultive par des bœufs, mulets et mules, savoir : i8 paires de bœufs, 20 mulets ou mules; il y a très pou de menu bétail, n'ayant pas d'herbage pour leur nourriture; il peut y avoir environ, tant au village qu'aux hameaux, 4oo bêtes à laine, de même (ju'au gros bétail d'environ («c). Il est mort une partie du menu bétail, cet hiver, faute de nourriture. Il n'y a aucim moyen, par la stéiîfité du terroir, d'augmenter les élèves.

16. Il y a deux maréchaux dans le lieu, qui ne sont ni artistes ni experts, et peu entendus aux maladies des bestiaux.

17. Aucun habitant ne fait aucun commerce d'industrie ni profitable, à cause de la stérilité du terroir.

18. Les officiers municipaux actuels sont composés d'un châtelain, deux consuls et un secrétaire-greffier.

19. Les seuls revenus que la communauté a sont les intérêts de la finance des offices d'auditeurs, péréquateurs et trésoriers, supprimés, qui monte environ à ss livres annuellement.

t20. Les charges locales de Tannée dernière, sur la permission du seigneur Intendant, montent à 3&8 1. 7 s. 1 1 d., sur lesquelles elle paye pour intérêts au sieur de Goutofroy 65 1. 7 s. 1 1 d. du capital de 8,869 1. 18 s.^'^

21. Il y a plusieurs comptes rendus et qui sont reliquateurs à la communauté, et, par rapport à plusieurs reprises qu'ils ont demandés, qui exigent nouvelle vérification, plusieurs consuls qui ont fait fonction nombre d'années, même les modernes, n'ont rendu aucun compte à la communauté; quelque contrainte qu'on ait prise pour y obUger les premiers comptables, [ils] ont toujours différé par le moyen d'opposition auxdites contraintes ; on les nommera si MM. les Procureurs des États l'exigent.

22. Par testament de M" Âncelme Laugier, précédent curé de ce lieu, du 9 mars 17/^5, les pauvres de cette communauté furent institués ses héritiers universels; il déclara en icelui, entre autres, que sa succession consistait a lio charges blé froment et à des pensions sur des capitaux d'environ 2,000 livres; ledit blé, pour être prêté aux habitants du lieu sur la fin de mai et de juin, en prenant des sûretés convenables pour conserver le capital ; les pensions données aux pauvres, sur les mandats du sieur curé, secondaire et prieur de Montéglin, qu'il a nommés pour ses exécuteurs testamentaires, ensemble sieurs Marc Blayer, Jacques André et Claude Guibert, pour être les dépositaires desdites 4o charges de blé, exiger lesdites pensions et administrer toute ladite hérédité et

(^) Ge total est eiactement ie même en 1789 et en 1790 (Ordonnances des 38 novembre 1788 et 19 décembre 1789). Voici ic détail de ccUe somme : cierge pascal, 6 livres; entretien de Téglise, 90 livres; entretien de la maison commune, 6 livres; entretien des fontaines, i5 livres; entrelien des ponts et passerelles, 9 livres; entretien de rhorloge, ak livres; gages des garde.'bois et fruits, 100 livres; gages du garde champêtre , 60 livres; gages du valet de ville, 6 livres; frais du député aux assises de la maîtrise, 6 livres;

port de lettres, 6 livres; tr moitié de la rétribution du prédicateur de carême 9 , 45 livras ; cr intérêts au denier 90 du capital de 3,869 1. 18 s. dus au sieur de Goutefrey», 65 1. 7 s. 11 d. — En 1791, ce total est de 868 i. 7 s., parmi lesquels : entretien de T^ise, 3o livres; entrelien de la maison commune, 19 livres; gages du secrétaire, do livres; gages du maître d'école, 100 livres; papier, bois et lumière, 18 livres; au receveur des contributions foncière et mobilière, 680 livres (G 107, f» 195).

VENTAVON. 575

rendre compte à la fin de chaque année, de même que de faire état et inventaire domestique de toute sa succession; qu'il est notoire dans le lieu que feu Jacques André avait été dépositaire et régisseur desdites 4 o charges de hlé , pendant plusieurs années, et que la quantité avait même augmenté; que le sieur Evêque, précédent curé, trouva à propos de changer ledit blé dans des gi*eniers qu'il forma à la maison du secondaire, et que, depuis lors, lesdits sieurs Evéque et Guibert ont seuls administré ladite succession, sans rendre aucun compte, quelque réquisition que les officiers municipaux lui en aient faite sur cet article , de les vouloir bien édifier; que lesdits André et Blayer sont décédés et, dans la suite, le sieur Evêque étant aussi décédé, ledit Claude Guibert, seul, a gtJré, et, après lui son fils, consul, étant son héritier et possesseur de ses biens, qui a déclaré qu'il n'y avait aucun blé dans ce moment dans le grenier; que, d'autre part, le sieur Brun, ancien maire, avait remis aux sieurs Pierre' André et Etienne Garcin, consuls, en suite d'une transaction passée par la médiation du seigneur evêque de Gap, pour les pauvres, pour être joint au mont-de-piété, la quantité de lo charges de blé froment, ainsi qu'il résulte de leur reçu du i3 juillet lySB, qu'on ne sait ce qu'elles sont devenues. Anciennement le sieur prieur du lieu était tenu de donner une aumône aux pauvres, compris dans un état que les officiers de la communauté lui remettaient, d'un quarteron de pain, moitié froment moitié métayer, à chaque pauvre , depuis la Noël de chaque année jusqu'à la Saint- Jean-Baptiste suivant, qui a été converti en grains , de même que l'aumône fondée par les anciens seigneurs , au profit des pauvres, et qui leur est distribuée annuellement quelques jours avant la Noël.

23. Il n'y a aucun hôpital ni fondation pour l'éducation pu« blique, n'y ayant qu'un régent d'école une partie de l'année.

2â. Le parcellaire de la communauté est en très mauvais état et de la date de ièk'j^^K et aurait grand besoin d'être renouvelé, n'y ayant aucune cote juste. Les papiers de la communauté sont fermés dans une garde-robe à la maison de ville, par trois clefs entre les mains des officiers ^^^

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