‹ Recueil des réponses faites par les communautes de l'élection de Gap au questionnaire envoyé par la commission intermédiaire des états du DauphineChapitre 79 sur 219 · Le rapport des grains et comestibles, année commune, est · texte numérisé non relu

Le rapport des grains et comestibles, année commune, est

(^) Le curé de Valança, en 1789, les Aliauds, Blacbeyroile, les Bonardeis,

était Pierre Gontier, du Poèt, né le le Bouire, Ghamp-Bemapd, la Gha-

i3 février 1 7 38, encore en fonctions ie pelle, le GoUot, Ifondonne, les Nais,

1" janvier J794 (L Sag»). Nevièrcs, la Plan, Romeyère, Serre-

^*' Dans les hameaux ou lieux dits 1 Geilla , Serra -rAmandiâr, le Villar.

LARDIER-ET-VALANÇA. 231

d'environ sept cents charges en grains, dont un tiers en froment, l'autre en mëteil et T^utre en menus grains, soit épeautre ou autres qu'on sème aux mauvaises terres qui ne peuvent porter du blé. Il y a plus d'un tiers des habitants qui sont obligés d'aller mendier leur pain hors la communauté, pour pouvoir vivre. •

10. Les habitants tirent les grains des marchés de la ville de Gap, distante de quatre lieues.

11. Les autres productions du terroir de cette communauté consistent en quelque peu de vin que les habitants sont obligés de porter à Gap ou ailleurs, à la récolte, pour le vendre. Les marchands de vin ne venant que rarement les charger sur les lieux à cause des mauvais chemins, ni en ayant même aucun qui peut servir jusqu'à depuis environ deux ans qu'il en a été tracé un du centre de cette communauté sur la grande route de Provence à Gap, dont il y en a un tiers de praticable, qui a été fait au moyen de la somme de 6oo livres, accordée à cette communauté sur l'atelier de charité par deux divers dégrèvements , et de pareille somme que la communauté y a employée, et plusieurs corvées que les habitants y ont faites. Quand le vin se vend sur les lieux , il ne se vend qu'environ les deux tiers de leurs voisins, quoique d'aussi bonne qualité, attendu la difficulté d'exportation.

Il y a deux foires sur lieux « lune le k mai , très petite et peu accréditée , et l'autre le i ^ septembre , à laquelle ne vient aucun bétail étranger.

13. La communauté possède dans son terroir des moulins indivis avec celle de la Saulce, qui sont affermés quatre louis, qui à peine fournissent pour l'entretien qu'il faut y faire, à cause de la longueur du canal de levée , qui puise dans la Durance à une demiheue au-dessus desdits moulins, ayant été baillé ci-devant pour une ferme de neuf ans pour l'entretien , et doivent annuellement deux émines, un civayer de blé censé.

Il y a une tle aU'^dessous desdits moulins, le long de la rivière de la Durance, de contenance d'environ trois cent mille huit cents toises, de laquelle le seigneur du lieu prétend le sol lui appartenir et que néanmoins il est permis aux habitants de cette communauté d'y faire pattre leurs bestiau)^, tant gros que menus, et d'y prendre des buissons pour clore leurs possessions, mais il n'y en a jamais point, attendu qu'à peine ont-ils poussé un pied de longueur, qu'ils sont coupés et enlevés par les étrangers; cependant tout le terrain de cette fie serait fort bon s'il était en culture, lequel pourrait être

tout arrosé par ladite rivière de Durance et rendrait beaucoup de fourrage, chanvre et jardinage, ce qui serait très nécessaire aux habitants, attendu qu'ils n ont aucun arrosage, ce qui les prive de tenir le bétail dont ils auraient besoin pour la culture de leurs fonds, et sont aussi obligés de faire faire une grande partie du labour de leurs fonds aux bœufs des communautés voisines et souvent même de les laisser sans culture, et sont aussi privés du chanvre et jardinage dont ils auraient besoin.

13. Les rivières et torrents qui traversent le terroir de cette communauté sont au nombre de dix, qui sont sans aucune eau de source naturelle, mais se forment,'^ quand il pleut, des eaux et ravines des rochers et montagnes pelées au-dessus, et souvent font de grands ravages , à cause de leurs débordements , en entraînant les fonds montueux sur ceux qui sont en plaine. Il n'y a uniquement que la rivière de Durance dont on pourrait arroser l'île mentionnée ci-devant.

\à. Il n*y a aucuns bois ni forêts dans cette communauté, n'y ayant tant seulement qu'un petit bois commun de broussailles en noisetiers fort petits, le plus gros étant à peine de l'épaisseur d'un pouce sur deux pieds d'hauteur, ledit bois fournissant à peine pour faire cuire le quart du pain des habitants.

15. La quantité de gros et menu bétail consiste en vingt-cinq mulets ou chevaux, avec quelques bourriques et huit paires de bœufs.

16. On ne connaît dans cette communauté ni aux environs, aucun artiste vétérinaire, ni maréchaux experts, ce qui est cause que souvent il périt des bestiaux par défaut de secours.

17. Il n'y a aucun commerce pour les habitants de cette communauté, ni aucune industrie.

18. Le régime municipal est : un consul que la communauté nomme, un châtelain qui est nommé par le seigneur du lieu, que la communauté paye, et un greffier, nommé et payé par la communauté.

19. La communauté n'a aucun autre revenu que ceux des moulins ci-dessus mentionnés, qui n'en produisent aucun, par rapport à leur grand entretien.

20. Les dépenses annuelles et ordinaires de la communauté montent à environ 45o livres, soit pour l'entretien des deux églises

LARDIER-ET-VALANGA.

paroissiales et deux maisons curiales des deux paroisses, entretien des fontaines, entretien d'un chemin de Lardier à Sigoyer, qui traverse demi-lieue de longueur dans un rocher très rapide et en précipices, lequel chemin faut souvent reconstruire en entier aux moindres pluies qu'il tombe, à cause des ravins qui s'y forment. La communauté paye annuellement une pension de 5 1 livres au seigneur du lieu, qui a la directe universelle dans toute l'étendue de la communauté et perçoit les lods au denier douze à toute mutation collatérale; chaque habitant lui paye annuellement une émine d'avoine, un sol argent, deux gelines et deux corvées; outre ce, quasi tous les fonds sont soumis à des censés réelles, tellement

Ju'il y en a plusieurs qui lui payent jusqu'à trois charges de blé e censé, outre le droit de taisse ouchampart, auquel la plupart des fonds sont asservis à la cote neuvième. Les habitants payent la dime de tous leurs grains au onzain avec prélèvement de partie des semences et crapierset le vin au vingtain; outre ce, la com-munauté est obligée de payer un louage d'une maison pour loger M. le curé de Lardier (^), attendu que la maison curiale est très petite et en mauvais état , exigeant d'être augmentée d'environ de la moitié et de réparer ce qui existe, ce qui coûtera plus de 5,600 livres, attendu le défaut de bois et autres matériaux et l'éloignementpour se les procurer. Il est de nécessité aussi que le chemin nouvellement tracé se finisse , si les habitants veulent aboutir sur la grande route de Provence à Gap, ce qui coûtera beaucoup et que la coinmunauté ne pourra pas même faire, si elle n'obtient quelques soulagements, soit pour le payement des fonds qu'il traverse ou pour ce qu'il reste à y faire. La communauté doit au sieur Combe, de Sigoyer, la somme de 819 1. 3 d., pour le payement des comptes qu'il a rendus à la communauté, des années 1786 et 1787, rendus le i4 février 1788 et 10 janvier dernier ^^l

(^) Jean-Joeeph Nas, de la Saulce, prêtre agrégé de la Doctrine chrétienne, nommé le a& novembre 1787 (G 11, p. 10 A), encore résidant en iSoa , curé de Lettret le 18 août i8o3. (Cf. GVI, Introduction, p. cxx.)

^'^ Les charges locales de Lardier-el- Valança,en 1789 et 1790 ne 8ont pas connues. Celles de 1788 donnent un total de 386 livres et celles de 1791 , celui de 1,1 65 (Ordonnance du 9 décembre 1790), savoir : entretien de la maison curiale, ho livres; entretien de ta maison commune , i a livres; entretien des fontaines, i5 livres; gages du secré-

taire, 109 livres; gages du maître d'école, 100 livres; gages du garde champêtre, So livres; gages du valet de ville, 6 livres; gages du sonneur, 1 a livres; frais du député aux assises do la maîtrise, G livres; port de lettres, 6 livres; pension au seigneur du lieu, 5i livres; entretien du chemin de Lnrdier à Sigoyer, ao livres; droits de receUe des contributions, aoo livres; loyer du logement de Tun des deux curés, 65 livres; moitié de ce qui est dû à Jean Combe, a3i livres; cierge pasc^il, () livres ; frais de bureau , i a livres (C 107, f 46).

91. Le compte du collectaur de Tannée dernière n'est pas encore rendu, à cause qu'il n'a pas épuré le montant de ses rôles.

22. Les pauvres de cette communauté n'ont pour revenu que la vingt-quatrième de la dtme , qu'on convertit annuellement tout en blé, qu'on leur distribue, et produit environ trois charges de blé méteil, année commune, et ils sont administrés par les officiers municipaux.

23. On ne connaît aucune fondation pour les hôpitaux ou pour l'éducation publique.

24. Le dernier parcellaire a été fait en l'année l'jlio^^K L'original est en médiocre état et le coursier, sur lequel on fait les char^ gemonts et déchargements, est en très mauvais état; les papiers et titres de la communauté sont dans de mauvaises archives , qui sont déposées dans la chapelle des Pénitents dudit Lardier, attendu que la communauté n'a aucun bfttiment h elle pour les y placer, et sont sous trois clefs, dont une est au pouvoir du consul, l'autre au greffier et l'autre au pouvoir d'un des auditeurs des comptes de la communauté ^^K

Fait et dressé audit Lardier, le i5 avril 1789.

Signé : Mabtel, consul ^ B. Mbyère, J. Vollairbi Rolland, Martkl, grever.

LAZER.

Arrondissemeût de Gap, canton de Laragne, commune; 8&9 mètres d'altitude; ii 69 kilomètres de Gap; superficie en hectares, 9,069; habitants,

1 . Le territoire de la conmiunauté a environ une lieue , du levant au couchant , du levant au midi , une demi-lieue du nord au midi , un quart de lieue dans le centre , tirant du nord au couchant. Elle est composée d'une seule paroisse, sous le vocable de sainte Anne^^^ Les maisons des habitants sont toutes dispersées dans l'étendue du terroir. 11 y a quatre hameaux ^^^, le plus fort n'étant composé que de huit habitants.

^*) In-folio de 807 feuillets. ^^^ Et ■ujourd'bui mus celui do saint

('^ Sur la situation de ces arcliives, Georges, voir Fmcèê-vprhauT du Conteil général ^*) Les Bi^rards, les Bertrands, les

des Hautes-Alpes, août 1890, p. 171. Hugues et les Rousseta.

LAZER. 385

2. Il y a 70 babitaDto^ chefs de famillo, qui peuvent comprendre 3 00 personnes.

3. Le pays est si pauvre qu'il n'y a jamais eu ni médecin ni chirurgien, et les malades ont recours à la villa de Sisteron ou Serres, éloignés de trois lieues de chaque endroit.

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