‹ Recueil des textes authentiques des programmes et engagements électoraux des députés proclamés élus à la suite des élections générales de 1936 (volume 2)Chapitre 9 sur 186 · ALPES-MARITIMES · texte numérisé non relu

ALPES-MARITIMES

ire circonscription de GRASSE.

M. Edouard J ON AS (Groupe de r Union socialiste et républicaine.)

Elu pour la lr* fois le 3 mai 1936.

Citoyens,

J’ai l'honneur de solliciter vos libres suffrages au scrutin législatif du 26 avril 1936,

Le Comité exécutif de l1 Union socialiste républicaine m’a confié la mission de porter son drapeau et de soutenir son programme. Par ailleurs/ me donnant personnellement une marque flatteuse d’estime et de considération, le Parti républicain radical et radical socialiste s’est rallié à ma candidature. Par un ordre du jour explicite} les sections qu’il compte dans [‘arrondissement ont demandé instamment à leurs adhérents et sympathisants de faire bloc sur mon nom. Je les en remercie profondément. Indépendamment de l'accueil chaleureux de la plupart des élus de -la circonscription, j'ai encore été extrêmement sensible à l'accueil dea Amis de Jean Ossola » qui m'ont accordé sans réserve un précieux parrainage. De ce parlementaire intègre, dont le souvenir demeure impérissable j'entends perpétuer les traditions politiques et le culte de l'amitié,

L’Union socialiste républicaine, dont je me recommande, est le grand parti qui s'autorise des noms d'Aristide Briand, dont la disparition, dans les circonstances tragiques de l'heure présente-est- douloureusement ressentie; de Paul Painlevé, l'éminent savant, qui fut 1* grand Ministre de la Guerre pendant les hostilités et qui, dans la paix, a garanti la sécurité dê. nos frontières par la création de la ligne de défense « dite Maginot » ; de PauLBoncour, qui soutient avec éclat, à Genève, la position de la France à la Société des Nations; d* Marcel Déat, l’actuel Ministre de l’Air; de Maxence Bibié, l'actif SouB-Secrétaire d'Etat au Travail, de Maurice Viollette, ancien Ministre, l’ animateur puissant de notre parti.

Les grandes lignes du programme m

À Tin té rieur :

Nous ne voulons :

• ** Ni la domination morale et administrative d’une féodalité politicienne, composée de quelques centaines de parlementaires et de quelques milliers de « eomitards » qui régentent les vieux partis et s’opposent au rassemblement de toutes les énergies françaises, autour d'un plan et d'un gouvernement de sauvetage collectif.

...Ni la dictature d'un homme ou d’un clan asservi aux puissances d’argent qui aboutiraient toutes deux à une guerre civile, aveugle et stupide, et à la ruine du pays sous la poignée d'une minorité de sectaires et de bureaucrates,

, * * Ni le maintien d'on parlementarisme désuet et corrompu qui assure F équilibre entre les féodaux économiques et les féodaux politiques*

Pour faire la France de demain, une France du travail, une France d'ordre, il faudra briser toutes ces forces néfastes et c’est pour cela que* » *

Nous voulons :

* * * L'ordre économique et social ;

* . * L'autorité de L'Etat républicain ;

tt ,La Nation délivrée de toute Féodalité.

Nous estimons inadmissible et odieux qu’un pays aussi riche et aussi équilibré que le nôtre — qui dispose outre-mer de 10 millions de kilomètres carrés de terre presque vierge — - soit encore incapable d’assurer à tous ses enfants du travail et un minimum de bien-être. C’est pourquoi il importe de doter les grands secteurs de notre agriculture, nos industries moyennes et petites, le commerce et l'artisanat, d’un statut corporatif régulateur et producteur qui tiendra compte des particularités d'espèces et laissera à tons leurs participants les libertés d’initiatives personnelles compatibles avec l’intérêt général. C’est ainsi que, pour réaliser cette politique économique nationale, nous avons préconisé un véritable Conseil national économique, véritable centre coordinateur de toutes les forces productives do la Nation.

Notre tâche serait incomplète si, dans ce domaine, nous n'effectuions pas les réformes suivantes :

Une direction nationale du crédit, une refonte du régime des sociétés anonymes, ainsi que du régime des assurances sociales, le contrôle des grandes industries cartellisées,

T organisation d’ententes professionnelles dans toutes les branches d'activités et notamment une politique des engrais ; sans oublier les réformes relatives à l’industrie automobile et au développement du tourisme.

Aussi nous déclarons bien net et nous jugeons scandaleuse et néfaste cette politique de « déflation w à sens unique, dont l'abolition doit être immédiate étant donné les conséquences tragiques qui en découlent, du fait que la capacité d’achat des classes laborieuses s’est trouvée brusquement restreinte.

L’autorité de l’Etat républicain :

La réalisation de ces réformes^ ainsi que la création de cet ordre économique et social impliquent l'existence d’un gouvernement fort, décidé à appliquer dès son- arrivée au pouvoir, non pas une révolution, mais un plan d'action précis etcomplet: réforme dans un sens moderne et unificateur du système administratif fiscal et judiciaire, qui constitue une des causes essentielles de nos impôts excessifs.

En politique extérieure :

* . * Sauver la paix 1 Nous payons les fautes accumulées depuis un an . Cette paix, compromise par une politique équivoque eL sans horizon, nous avons failli la perdre il y a quelques semaines.

Nous devons maintenant, en accord avec les nations — toutes les nations, fermement attachées à cette paix — de la Russie à la Grande-Bretagne^ engager hardiment la grande et équitable négociation d’où sortira un nouvel ordre européen.

N oublions pas, pour cela, ceux qnï ont servi la France, nous avons le devoir de revenir sur les erreurs commises par la législature qui s'achève, et qui condamnent une fois de plus les décrets-lois, éprouvant durement « les créanciers privilégiés de la Nation » mutilés et réformes, anciens combattants,, orphelins et veuves de guerre. Enfin pourquoi exclure du bénéfice de la retraite les camarades territoriaux? On doit la leur accorder et leur rendre leur carte d’ancien combattant*

Politique régionale :

Les questions qui intéressent l’économie régionale seront dè ma part, l’objet d une sollicitude toute particulière.

Au milieu de la détresse générale, je n’oublie pas celle qui frappe durement les plantations florales, et ) industrie de la parfumerie. La culture de l'olivier mérite aussi des encouragements officiels moins parcimonieux que ceux qu’on a fait semblant d’accorder aux oléiculteurs,

D une façon générale doivent être abolies les tracasseries ridicules auxquelles une administration irréfléchie soumet l'exercice de la profession de paysan, notamment en ce qui concerne la déclaration d emblavement pour la consommation familiale. JTexigerai Tonification du prix du pain à la base,, ainsi que celle des tarifs de l'électricité,

One politique de l'eau doit être instaurée pour assurer par l'irrigation abondante, la fertilisation de nos campagnes.

Le programme touristique, dans cette région privilégiée par la splendeur de ses sites et la beauté de ses paysages, doit être développé pour mettre en valeur les richesses naturelles, et, du même coup, faciliter, par 1 amelioration matérielle des conditions de vie, le mieuxêtre des populations rurales.

Des résultats concluants ne pourront être atteints que par la collaboration confiante de tous les élus de l'arrondissement. Pour ma part, je prends rengagement formel de garder un contact étroit avec l'électeur et ses représentants qualifiés, pour que la convergence des efforts sincères et réciproques, aboutisse à des solutions favorables.

Citoyens j

Tous ceux qui, dans ce pays, sentent la nécessité de penser clair, de décider vite et d’agir fermement. Tous ceux qui en ont assez d’une atmosphère de molle impuissance qui n est pas le climat de la vraie liberté. Tous ceux qui pâtissent d’un désordre économique qui ne profite qu'a une infime minorité.

Tous ceux qui^ enfin, veulent passionnément, dans une sécurité collective, une paix solide et juste, dans la dignité et l'indépendance française.

Tous ceux qui sentent et pensent en républicain et en français, se rallieront à ma candidature.

Il vous appartient de m'investir de l'autorité nécessaire pour défendre utilement, en arrivant au Parlement, vos idées et vos prérogatives.

Pas de ballottage ! au premier tour de scrutin donnez-moi la majorité absolue me permettant d imposer votre volonté aux Pouvoirs publics en leur montrant que vous avez su choisir sans hésitation ni arrière-pensée, un homme d'action décidé à faire triompher, par tous les moyens, la revendication de vos droits*

Confiant en la sécurité de votre jugement, et dans la sévérité de votre appréciation sur la caiencede politiciens qui ont déçu vos espoirs, je fais appel à votre bon sens infaillible.

Mon ardent désir est de servir avec toute la volonté dont je suis capable et l'entier dévouement de mon cœur.

Citoyens, je compte sur vous ;

Comptez sur moi I

Vive l'arrondissement de Grasse 1

Vive la France !

Vive la République démocratique l

Edouard JONâS

Expert-conseil du Gouvernement,

Expert près la Cour d'appel de Paris.

Conseiller du commerce extérieur de la France* Chevalier de la Légion d'honneur.

2? circonscription de^RAiSSEc

MrHüfcin POURTALET

(Groupe communiste*)

Élu p pur J a Ar? fois le 3 mai 1936;

{Voir le programme du parti communiste^ p. 16,)

La grande consultation politique, qu’est le renouvellement do la Chambre des Députés* ia -présente,, dans la circonscription de Caimes-Ântibesysous le signe, évident de J a détresse, dansiaquelle se trouve rensemble de notre populaJtÎQnvet de somangQisse*devant le sort? que lui réserve Taccentuation de la crise.

Et cependant, nulle autre région, peut-être, que notre circonscription, n’ofïre, sur un aussi petit territoire, une diversité de ressources certaines, de richesses évidentes

Sa situation climatique, la découpure de sa côte, agrémentée dé deux îles (les des de Lémis); en font le lieu de séjour des hivernants; de halte des touristes, de fixation des petits rentiers et des retraités.

Seule de notre région, elle possède des plages de sable ; Cannes, Juan-les*Piûs, Golfe* Juan* où les estivants devraient affilier chaque année davantage, ajoutant une saison d'été à celle d'hiver.

Tous ces facteurs ont donné naissance à une industrie de 1 hôtellerie, qui dispose d un équipement merveilleux.

Son-sol, d’une richesse certaine, permet, grâce à son exposition unique, dés plantations de mimosas, par collines entières, à Mandélièu, la Bocca, Cannes et Golfe-Juan ; des cultures d'oeillets; de ruses, d’asparagus, d’anémones, etc., dont les abris vitrés protègent et activent, sur la presque totalité du territoire d’Afitibes, la floraison hivernale.

Là répartition de ces produits, en France et à rétranger,mécessite une industrie d’expé dition, de première importance,

La culture des fleurs à parfums : l’oranger à Gôlfe-Juan, le Câhnet, Valfabrîs ; le jasmin et îa rose de mai à Mongins,-Méuans-Sartoux, la Roquette, à rendement intense, alimente une industrie de transformation : la parfumerie.

De son sous-sol : à Vaflauris, à Biot, l’extraction des glaises argileuses les plus pures, avait donné naissance k une industrie de poteries culinaires et artistiques, de renommée mondiale.

Et dans ce milieu favorisé :

Les hôtels sont acculés à la fermeture, leur personnel jeté dans le chômage.

Les producteurs de fleurs coupées, de fleurs à parfums, de cultures maraîchères ou fruL tières vendent mal les produits que leur peine crée.

Les ouvriers des poteries ont vu ces usines, une à une, fermer leurs portes.

Les employés des services publics, les cheminots, les fonctionnaires, les retraités, les anciens combattants, dont les salaires et les pensions furent atteints de’ réduction sensible, n’arrive nt que péniblement à nourrir leur famille.

Les ouvriers des petites lndustries-locales, bâtiment -entre-autre, travaillent dafns des conditions de ralenti telles,' que leur situation s’aggrave sans cesse.

Lés petitsret les moyens1 commerçants, victimes d et 'appauvrissement' générai de toutes les couches de la population, concurrencées par les monoprix et •« magasins à succursales multiples », voient leur chiffra d'affaires diminuer chaque jour ; la faillite les guette.

Faca à ces. perspectives de misère, notre parti communiste,. transposant sur la plan régional les grandes lignes de son programme national de revendications immédiates, »e propose de faire aboutir :

Hôtellerie :

\° Journée de huit heures ;

2° Acheminement vers la semaine de quarante heures;

3° Repos hebdomaire.

Petits commerçants :

1° Moratoire des dettes et impôts ;

2° Révision des billets de fonds ;

3* Exonération de la patente pour les petits commerçants. — Remplacement par une taxe sur les magasins monoprix et à succursales multiples,

Paysans :

1° Moratoire des dettes paysannes ;

2® Indemnité de crise ;

3® Loi Guastaviïio, écartant les possibilités de fraudes actuelles*

4® Réorganisation des marchés locaux pour les produits maraîchers et fruitiers ;

5® Réajustement à la valeur de la marchandise transportée des prix de transport pour les fleurs coupées ;

6° Aménagement de marchés municipaux de fleurs en gros.

Travailleurs de l’industrie privée :

1* Réajustement des salaires au coût de la vie ;

2°, « Huit heures » Contrats collectifs de travail. ,

Repos hebdomadaire

Marins :

1° Réduction du temps d'inscription maritime ;

2° Réajustement des: pensions.

Employés des services publics^ fonctionnaires, cheminots et retraités :

1° Suppression des décrets-lois Doumergue et Laval ;

2° Application intégrale des «huit heures» — premier palier ver*- la semaine de quarante heures.

Chômeurs ■.

1° Création de caisses de chômage dans toutes les communes, avec élargissement du droit' d'inscription pour tous les travailleurs, manuels ou intellectuels ,

2° Ouverture de grands chantiers d’utilité publique ;

3° Exonération des loyer? pour les chômeurs, — - Indemnités de compensation pour Ici petits propriétaires, etc.

La réalisation de ce programme, réduit à ses grandes lignes, insufflera à notre région une vie nouvelle et permettra aux ouvriers des villes et des champs, aux commerçants, aux fonctionnaires, aux employés, aux retraités, aux petites gens des classes moyennes, d’accéder à une vie meilleure, dénuée du souci du lendemain, et de les entraîner, derrière nos mots d’ordre, à bâtir ensemble :

« Une France forte, libre et heureuse », que veulent et que feront les communistes, Votez communiste,

Henri PQURTÂLET,

iTe circonscription de NICE.

M. Jean MÉDECIN (N'appariient à aucun groupe.)

Élu pour la Ire fols le 1er mai 1932. — Réélu lé 26 avril 1936.

Mes chers concitoyens,

Voici quatre ans, dans un mouvement de sympathie qui m’a rempli d’émotion et de fierté, vous m’avez élu député de la lrfl circonscription.

Vous avez estimé qu’à l’instar des maires des grandes villes de France, j’avais qualité

pour siéger au Parlement, y suivre les affaires nationales et y surveiller les questions intéressaut notre cité.

tort de la confiance que vous m’avez témoignée en toutes circonstances, je viens solliciter le renouvellement de mon mandat.

Mais, auparavant, j'ai le devoir de vous rendre des comptes et de vous exposer les idees que je mettrai en pratique si vos suffrages se portent encore sur mon nom.

En ce qui concerne notre ville, déjà a été obtenue la solution de la plupart des questions importantes inscrites à mon programme de 1932.

Les terrains domaniaux sont devenus propriété de la ville.

I’usufr^r n0US 8 Cédé U nUe pr0pHfHé de la C0lline du château> dont nous possédions déjà

La police d’Etat a eu ses effectifs renforcés et ses moyens d’action élargis.

La loi du 15 mai 1930 sur les voies privées a été. dès 1932, rendue applicable à Nice

Nous avons obtenu que la ville soit en partie dégrevée des frais d’hospitalisation des indigents étrangers.

D’autres problèmes attendent encore leur réalisation.

Nous devons recevoir les concours nécessaires à la création d’un aéroport et d’une aérogare répondant aux nécessités touristiques, commerciales et militaires de notre ville.

m il convient que l’Etat recherche et trouve les moyens propres à éviter au quartier du Var le danger des inondations.

Vous savez avec quels sentiments je suis entré à la Chambre des Députés,

Ils n’ont pas changé.

Républicain, je reste attaché aux: grands principes qui ont fait et qui font encore la force tranquille du pays et assurent la sauvegarde des consciences et des individus.

Indépendant, je repousse toute oppression, d'où qu’elle vienne.

Ma discipline, ce n’est pas l'abaissement devant une formule ; c'est l’association librement consentie avec ceux qui veulent travailler à la prospérité de la France et à la grandeur de Ja République par le relèvement du prestige français à l’extérieur et de l’esprit national h l’intérieur.

De graves problèmes se posaient à la Chambre de 1932 :

La résorption du chômage par les grands travaux et la reprise de notre activité économique ;

La consolidation de la situation financière ;

La sécurité aux frontières.

Comment le Parlement a-tü réalisé ce programme ?

Certes, la crise économique n’est pas le fait de notre pays. Le monde entier subit les conséquences des erreurs et des exagérations de î1 après guerre. Le monde entier est en proie à ^instabilité financière, en partie résultat de l'inquiétude politique. Nous ne pouvons pas prétendre à nous seuls trouver le remède à un mal général, si ce n’est par une entente à rechercher sur le plan international.

Pour la défense de notre monnaie, des mesures exceptionnelles ont été prises, auxquelles je me suis associé, ne considérant que l’intérêt supérieur du pays.

Certaines se sont révélées trop rigoureuses et comportent un redressement nécessaire que j'ai déjà favorisé et qui devra s’achever.

Les mêmes raisons m Inspireraient si je devais me prononcer sur des mesures plus graves encore, concernant non seulement la valeur intérieure d’achat du franc, mais encore sa valeur d’échange internationale.

Il convient de se garder des formules vides de sens dont les plus embarrassés à se servir seraient ceux qui les inscrivent à leur programme.

Quand on a dit ; ni déflation, ni dévaluation, on n’apporte qu’une vaine affirmation.

La formule de bon sens paraît être celle qui exprimera que les dépenses ne doivent pas excéder les rentrées, et que le contrôle le plus strict devra s'exercer dans le but d’obtenir J équilibre par la sévère répression des fraudes et la suppression des abus.

Avec la gêne dans la Trésorerie, avec les déficits budgétaires, avec des balances étrangères défavorables, i) est bien difficile de faire oeuvre constructive. Au cours de la législation qui finit, l’Etat n’a fait que commencer son programme d’outillage national. 11 devra 1 achever après le rétablissement de la confiance et aussi de la stabilité gouvernementale,

En ce qui concerne la politique extérieure, les difficultés étaient graves en 1932 ; elles sont accrues en 1936*

L agitation et l’inquiétude sont générales.

La France a continué et doit continuer à jouer dans le concert européen le rôle pacificateur conforme à ses traditions et a son idéal.

Mais, elle doit faire d’abord une politique résolument française.

Sa situation, son caractère, ses ressources font rechercher F amitié de la France, Elle peut donc choisir ses amis en fonction de sa sécurité, de sa tranquillité et de ses intérêts.

L’institution de la Société des Nations répondait à une aspiration unanime des peuple» épuisés par la guerre .

La France, fidèlement attachée aux principes de paix, considère le rèle souverain de la Société des Nations comme une des plus noHes conquêtes de J esprit moderne.

La Société1 des Nations, pour inspirer à tous le respect de son prestige et la crainte de ■es décisions, doit rester 1-arbitre suprême eh se garder de devenir 1 instrument dJintérêts particuliers.

La Chambre nouvelle se retrouvera aux prises avec ces graves questions intérieures ou extérieures, économiques ou financières ,

Pour les aborder, pour les examiner, pour les résoudre, la Chambre a besoin de la confiance du pays, et cette confiance, il faut le dire, a besoin d'être consolidée.

L’instabilité ministérielle, l’incertitude de la limite entre le législatif et F exécutif, les lacunes d’une procédure connue et exploitée dans ses moindres faiblesses, telles sont les causes du mauvais rendement du travail parlementaire.

On est tenté de dire que le régime est responsable. 11 faut protester contre cette accusation. Seules les institutions sont à réformer,

A la démagogie montante, il faut opposer la véritable démocratie,

A l’autorité défaillante, il faut redonner la vigueur.

A la discipline égarée, il faut restituer sa valeur.

Dans le domaine parlementaire, plus de simplification doit être obtenue dans le» méthodes de présentation, de discussion et de travail.

Les meilleures volontés seraient rapidement émoussées si par des subtilités de procédure, l’exercice du drbit de discussion était plus longtemps entravé ; si des préoccupation» partisanes pouvaient primer les nécessités nationales.

Ces indispensables améliorations, ce rétablissement de l'autorité parlementaire, ce renforcement de Faction gouvernementale doivent être demandés à une reforme, à une révision, à une refonte de notre Constitution- de 1875,

En son temps, elle a parfaitement répondu à F attente de ses fondaleurs.il ne faut pas lui demander d’avoir subi sans dégâts les outrages du temps. Alors que tout a évolué avec une vitesse accrue par le progrès, elle est restée, en 1936, la charte vieille de soixante ans d’une démocratie que de profonds bouleversements ont transformée.

Le Parlement devra se consacrer sans tarder à l’étude de cette question primordiale pour l'avenir de la République.

C’est seulement lorsque, par ees réformes, le Gouvernement et lé Parlement pourront travailler dans le calme, qu’il sera possible d'aborder les grands problèmes économiques et financiers qui intéressent notre \de intérieure, notre situation internationale et, ne l’oublions jamais, la prospérité de la ‘France d’oütre-mer,~ ce magnifique domaine colonial dont les populations sont venues à nous, confiantes dans le génie de notre race.

Mes chers concitoyens,

C’est avec le sentiment de la gravité de l'heure que je me présente devant vous.

Dans mes déclarations, j’ai fait mention des problèmes qui intéres&cnt la ville ; j’ai réservé une place prépondérante aux questions d’ordre national, objet des préoccupations de tous les Français ; j’ai insisté sur la ré%ûsion de la Constitution, condition essentielle de ta consolidation du régime.

C'est vous dire que dans mes pensées, mes vœux et mes projets, j’unis étroitement dans une même affection :

Nice, la France et la République

que je continuerai à servir avec la même foi et la même ardeur, si votre confiance m’accompagne.

Vive Nice !

Vive la France !

Vive la République î

Jean MÉDECIN,

2e circonscription de NICE,

M. Léon BARÉTY

(Groupe de l'Alliance des Républicains de gauche et dos Radicaux indépendants.)

Elu pour la lre fois le 16 novembre 1919. — Réélu les 11 mai 1924, 22 avril 1928,

1er mai 1932 et 26 avril 1936.

Mes Chers Concitoyens,

Voici déjà seize ans que vous m’avez fait l’ honneur de m’envoyer siéger à la Chambre des Députés et pour la 5* fois, m’autorisant de votre fidèle sympathie, je viens à nouveau vous demander vos suffrages,

La prochaine consultation électorale emprunte aux circonstances une particulière gravité* Notre pays se trouve en effet en face de problèmes vitaux et il importe, pour le salut commun, que se forme au Parlement une majorité homogène de bons Français, de bons républicains, aux initiatives hardies, susceptible de soutenir un Gouvernement enfin stable et fort pour l’aider à résoudre les questions économiques et politiques, dont la solution conditionne le relèvement définitif de la France.

Mon passé est un sûr garant de. Fa venir. A la Chambre des Députés, où des fonctions flatteuses m ont été confiées à diverses reprises ; au Conseil général, où mes collègues m’ont appelé à la présidence, me donnant un témoignage d’estime dont je sens tout le prix, je crois avoir fidèle ment rempli mon devoir vis-à-vis de vous et du pays.

Je n ai jamais mesuré mon temps et mon effort dans T accomplissement du mandat que vous m avez confié et si parfois avec vous j’ai regretté les divisions de la grande famille républicaine et sa conséquence — la vie éphémère des gouvernements — j'ai conservé intacte ma foi dans les institutions démocratiques que la France s’est librement données et qu elle voudra, dans lé calme et à la lumière des faits, adapter aux nécessités et aux conceptions de la vie moderne.

La législature qui s’achève a eu à lutter contre de nombreuses difficultés. La crise economique, la crise financière, l'incertitude internationale, ont causé aux représentants du pays les plus vifs soucis, Imposé de durs sacrifices à tous les citoyens, lésé des intérêts légitimes et semé le trouble et parfois le découragement dans les esprits.

Souffrant des mêmes maux, les nations cherchent, dans un protectionnisme à outrance et dans des expédients monétaires, te remède au marasme de leur industrie, de leur agriculture et de leur commerce. Elles se replient sur elles^mêmes; cet . isolement paralyse les échanges et la surproduction qui s’ensuit, aggravée par un machinisme excessif, engendre le chômage, une des plus douloureuses plaies sociales.

La stabilité de toutes choses est compromise; l’esprit d’entreprise, facteur de progrès social, disparaît ; les finances publiques sont précaires, malgré les ressources multiples de notre pays et les lourds impôts réclamés aux contribuables ; une crise morale ajoute encore aux difficultés d'ordre économique dans lesquelles se débat le pays.

Enfin, l’Allemagne déchirant un nouveau chapitre des traités, a. fait réoccuper par ses troupes la’ zone : démilitarisée du Rhin, créanL ainsi, dans une aLmosphère internationale déjà trouble, un nouvel élément d’incertitude, malgré les protestations pacifiques de ses dirigeants. *

Tout cela, mes chers Concitoyens, réclame une attention vigilante et un vigoureux rétablissement*

Si vous voulez bien me charger une fois de plus de représenter votre circonscriptioo, je m'efforcerai par mon expérience déjà longue, par.mon labeur désintéressé, et avec tout mon dévouement à mon pays, d’y contribuer avec les républicains de bonne volonté.

Stabilité de la monnaie et défense de l’épargne accords douaniers pour stimuler les échanges — dégrèvements fiscaux progressifs avec priorité pour les revenus du travail — ouverture de nouveaux chantiers de travaux publics pour lutter contre le chômage — emploi de la jeunesse — protection de la main d’œuvre nationale — réforme et indépendance de l’Etat simplifications administratives, .[génératrices d'économies réelles —

renforcement du prestige de la femètion publique — respect de la liberté individuelle et de la propriété, encouragement à l’agriculture et revalorisation de ses produits — protection du petit commerçant et de l’artisanat — développement de l’équipement rural — mise en valeur de notre empire colonial avec la large collaboration des indigènes — politique touristique — protection de la famille et des victimes de la guerre — application stricte des lois ouvrières d’assistance et d’hygiène — lutte contre la spéculation financière èt commerciale, .telles, sont, brièvement exposées dans le cadre restreint d’une profession de foi, les principales ;qiïss lions. -cpiti retiendront, mes-. efforts.

Au point de vue extérieur, je suis de ceux qui pensent qu’il. est indispensable d’obtenir de l'Allemagne' des.garan lies, effectives desécurité, seules susceptibles d’apporter a la consolidation de la paix européenne, au rétablissement de la. confiance, à la reprise de l’activité .économique, dans tou s. -le s, pays, wn; élément décisif.

■Tout en restant vigilants) et en organisant solidement notre défense nationale, nous ne devons épargner aucun effort pour. obtenir ces .garanties indispensables, .dans un respect mutuel des uns et des autres, sous l’égide de la Société des Nations .et en plein accord avee les peuples amis qui ont vécu à nos côtés les heures douloureuses de la guerre et dont nous ; n'ou bïï o n s p a s I e s sac v i fi ces .

La France républicaine, qui a recouvré ses frontières,. ne menace, personne ; elLe veut vivre en confiance avec tous ses voisins, collaborer avec eux au développement du bien-être de F humanité et consacrer uniquement Inactivité de ses enfants aux travaux féconds de la paix*

Sincèrement attaché à la République, -ennemi de toute dictature, respectueux des opinion s; de chacun , je suis à Tin teneur, acquis à une politique de sécurité et de progrès, excluant' la démagogie trompeuse, assurant à chaque homme qui travaille la place légitime a laquelle il a droit dans la Société.

Je demeure ^adversaire résolu de. tous ceux qui prêchent la violence, car seule l'union des citoyens, Len tente loyale du capital et du travail sont fécondes et assureront le ; relèvement de la France, dans la liberté et le respect des lois. La . guerre civile, qui serait rapidement suivie de la guerre étrangère, conduirait sûrement le , pays aux pires catastrophes*

Cette politique d'itmojj républicaine et de coopération internationale est celle que je préconise depuis seize ans ; c'est celle qui s'impose pour le salut du pays et dont je poursuivrai demain au Parlement la réalisation, en. pleine :com mu naudé d'idée a veci vous, si vous voulez bien me ren niveler votre confiance.

Vive la 2e circonscription de Nice!

Vive la France !

Vive la République !

Mtw> BARÉTY

Député, portant.

Ancien Ministre.

Rapporteur général du budget.

Président, du Conseil général des Alpes-Maritimes.

Candidat do Concentration républicaine.

3e circonscription de NICE,

M. Virgile BAR EL

( Grou pe. commun! s te. )

Élu pour la lre fois le 3 mai 1936.

(Voir le programme du parti communiste, p. 16.)

h -7* Défense de la liberté .

!° Amnistie générale.

2° Contre les ligues fascistes :

a) Désarmement et dissolution effective des formations paramilitaires, conformément b ia loi.

b) Mise en vigueur des dispositions légales en cas de provocation au meurtre ou d'attentat à la sûreté de l'Etat,

I? 3° Assainissement de la vie publique^ notamment par les incompatibilités parlementaires.

4* La presse :

a) Abrogation des lois scélérates et des décrets-lois restreignant la liberté d'opinion,

b) Réforme de la presse par l'adoption de mesures législatives :

ï* Qui permettent la répression efficace de la diffamation et du chantage ;

2? Qui prissent assurer aux journaux des moyens normaux d'existence, qui les obligent à rendre publique Torigine deieurs ressources, qui. mettent fin aux monopoles privés de la publicité commerciale et aux scandales de la publicité financière, et qui empêchent enfin la constitution de trusts de presse.

c) Organisation des émissions radiophoniques d'Etat en vue d'assurer l'exactitude des informations et l'égalité des organisations politiques et sociales devant le micro.

5Û Libertés syndicales :

a) Application et respect du droit syndical pour tous,

b) Respect du droit des femmes au travail*

f>* L'école et la liberté de conscience :

a) Assurer la vie de Fécole publique, non seulement par les crédits necessaires, mais par des réformes telles que la prolongation de la scolarité obligatoire jusqu’à 14 ans et la mise en pratique, dans l'enseignement du second degré, d’une sélection indispensable comme complément de la gratuité,

b) Garantir à tous, élèves et maîtres, la pleine liberté de conscience, notamment parle respect de la neutralité scolaire, de la laïcité et des droits civiques du corps enseignant,

7Ü Les territoires coloniaux :

Constitution d'une commission d’enquête parlementaire sur la situation politique, économique et morale dans les territoires français d’outre-mer, notamment dans l'Afrique française du nord et l’Indochine*

IL — Défense de /a paix.

J* Appel à la collaboration du peuple et notamment des masses laborieuses pour le maintien et l'organisation de la paix,

*2° Collaboration internationale, dans le cadre de la Société des Nations, pour la sécu^ rilé collective, par la définition de l'agresseur et T application automatique et solidaire des sanctions, en cas d'agression,

3° Effort incessant pour passer de la paix armée à îa paix désarmée, d'abord par une convention de limitation, puis par la réduction générale, simultanée et contrôlée des armements.

4° Nationalisation des industries de guerre et suppression du commerce privé des armes.

5* Répudiation de la diplomatie secrète, action internationale et négociations publiques pour ramener à Genève les Etats qui s'en sont écartés, sans porter atteinte aux principe constitutifs de la Société des Nations : sécurité collective et paix indivisible*

0° Assouplissement de la procédure prévue par le pacte de la Société des Nations, pour rajustement pacifique des traités dangereux pour la paix du monde*

7° Extension, notamment à l'Europe orientale et centrale, du système des pactes ouverts à tous, suivant les principes du Pacte franco-soviétique,

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