‹ Recueil des textes authentiques des programmes et engagements électoraux des députés proclamés élus à la suite des élections générales de 1936 (volume 2)Chapitre 102 sur 186 · MEUSE · texte numérisé non relu

MEUSE

Circonscription de BAR-LE-DUC.

M. Lucien PQLIMANN

(Groupe des Républicains In dépendants et d'action sociale.)

Elu pour la lro fois le 27 août 1933.— Réélu le 26 avril 1936.

Trois années de mandat parlementaire, à une époque de crise, créent entre un élu et ceux qu’il a l’honneur de représenter des liens d amitié et de confiance réciproques.

Nombreuses et graves ont été les difficultés de tous ordres qu’il fallut affronter pour essayer sinon de les vaincra, du moins d’en limiter les effets désastreux.

Dans l'accomplissement de ce devoir, qui ne fui pas sans péril, j'ai trouvé près de vous le conseil judicieux et l'encouragement amical qui facilitèrent ma tache et me permirent de ne pas m’écarter de la voie que m avaient tracée mes illustres prédécesseurs.

C'est avec Je même programme qu’aûjjourd’hui j’ai l’honneur de solliciter vos suffrages, car à une époque où les difficultés économiques et internationales pèsent si lourdement sur les classes laborieuses, il convient de revenir aux saines traditions de l’union nationale.

Depuis 1932, une majorité massive de cartel, dans l'impossibilité de s'affranchir de la servitude révolutionnaire, n'a fait qu'accumuler déshonneur (affaire Stavisky, 6 février, occupation du Rhin par les Allemands) et ruines (dévaluation des produits agricoles, augmentation du chômage, 75 milliards de dettes).

Te! esL le triste bilan de cette majorité de gauche.

Ce n est pas pour poursuivre cette politique de Front populaire que je fais appela votre confiance*

Voici mon programme :

La France qui est avant tout une nation agricole (puisque 50 0/0 de sa population vit de la terre) doit assurer à ses agriculteurs des conditions normales d'existence par une revalorisation des produits du sol, sinon la ruine du monde paysan entraînera à bref délai une paralysie plus grande encore de l'industrie et du commerce;

— une collaboration amicale et constante avec les associations agricoles et les représentants du commerce et de l’industrie me permettra de défendre effectivement tous ceux qui souffrent et qui réclament non des secours, mais du travail ;

— réaliser la protection de la famille, cellule sociale, et réformer le régime des allocations familiales qui font de certains enfants de véritables privilégiés, sont des buts que je poursuivrai ;

— rendre possible la défense du franc contre les démagogues et les spéculateurs, ses ennemis communs qu’il faut pourchasser sans pitié, nécessite un budget équilibré etde sévères

économies dans la gestion de l’Etat ;

— abandonner la politique de lâcheté qui a ramené les canons allemands à dût) métrés de notre frontière, politique des animateurs du Front populaire : socialistes, communistes et alliés, qui ont Loujours fermé les yeux devant le danger et ont refusé chaque année les crédits de la défense nationale, comme ils ont refusé les crédits que réclamait Maginot pour

édifier nos fortifications ; . .

à l’encontre de la folle politique des sanctions préconisée par les aveugles professionnels qui ont systématiquement poussé au désarmemement de la France en prétendant défendre la paix, je défendrai une politique d’amitié avec l’Italie, la Belgique et nos anciens

alliés.

Pour la réalisation de ce programme, je fais appel à toutes les générations et plus particulièrement aux A. C., dont je reste le défenseur passionné, et aux jeunes gens qui risquent encore de payer de leur sang les fautes d’idéologues socialistes.

A tous mes concitoyens, je demande l'union sur le plan républicain et national, pour redonner à la France confiance en elle-même, et, à tous les français, le bien-être et la paix.

Vive l'arrondissement de. B.ar-Ie-Duc I Vive la France !

Vive k République î

Lucien POLI MAN N

Député sortant.

Conseiller général.

Ancien combattant.

Candidat républicain d'union nationale.

Circonscription de COMMERGY.

M* Louis JAGQUINOT

(Gronpe de l'alliance des républicains de ga»the et des radicaux indépendants,) Elü pour la F* fois le 1er mai 1931 — Réélu le 26 avril I§36,

Mes chers Concitoyens,

Je me présente à nouveau è vos suffrages, ne pensant pas avoir démérité de la confiance que vous m'avez magnifiquement témoignée il y a quatre ans.

Tel vous m’avez connu, tel Je suis resté, fidèle à mes engagernenls, désireux de vous servir honnêtement. La tâche fut lourde. Les élections législatives de 1932 avaient assuré, vous le savez, une majorité parlementaire massive au Cartel des gauches* La défaillance eu par î socialiste nous contraignit d'accepter les plus graves responsabilités. Nous avons réparé dans la mesure du possible les fautes immenses qu il avait commises et nous a^ns sam pays d'un véritable désastre financier.

HO

Electeurs,

Pour lutter contre les périls intérieurs et extérieurs qui nous menacent je fais appel k 1 union de tous ceux qui dans le cadre de nos institutions républicaines veulent collaborer au salut du pays*

Point n’est besoin de beaucoup promettre*

Au point de vue agricole ï

Restaurer le pouvoir d’achat des classes moyennes par la revalorisation des produits du sol et par l’organisation de la profession permettant de réaliser mieux que par le passé l’équilibre entre J’offre et la demande*

Au point de vue financier :

Maintenir la valeur du franc, équilibrer le budget,' réformer la fiscalité, modifier certaines lois, en particulier mutualiser les assurances sociales, abaisser le loyer de l’argent, rendre plus justes certains décrets-lois.

Au point de vue économique :

Soutenir la production, pour que Fagricuîteurt P ouvrier, Pem ployé touchent 3a juste rémunération de leurs efforts. Soutenir le petit commerce que j'ai toujours défendu en liaison étroite avec les groupements locaux et régionaux*

Au point de vue social :

Améliorer et compléter la législation sociale due uniquement jusqu'à ce jour à des républicains du centre ou à des républicains modérés*

Etablir dans le cadre professionnel la collaboration des classes*

Au point de vue intérieur ;

Doter le Gouvernement d’autorité et de stabilité, et surtout améliorer et simplifier les méthodes de travail parlementaire, réorganiser notre administration, supprimer l’initiative parlementaire en matière de dépenses, assurer l’indépendance du pouvoir judiciaire.

Au point de vue extérieur :

Assurer la défense nationale, maintenir nos amitiés traditionnelles et nos alliances, réaliser principalement dans les heures graves que nous traversons, avec les anciens combattants, 1 unité morale de la nation.

lels sont, mes chers Concitoyens, les lignes directrices de mon action, mais rien ne se fait sans conscience et sans désintéressement*

Je ne crois pas avoir failli à ma tâche* Je n'y faillirai pas demain.

Vive l'union des républicains I

Vive l’arrondissement de Commercyl

Vive la France 1

Louis JACQUINOT

Député sortant*

Secrétaire des Commissions de Farinée et de V aéronautique*

Croix do guerre*

Candidat républicain d’union nationale*

Circonscription de MONTMÉDY.

M. An DR]'] BEAUGUITTE

(Groupe de r Alliance des républicains de gauche et des radicaux indépendants.) Élu pour la ïre fois le 8 mai 1932. — Réélu le 26 avril 1936.

Mes chers Compatriotes,

Après quatre années de travail incessant voué au bien collectif et individuel, je me représente â vos suffrages avec îa seule ambition d’étre jugé à mes actes*

J'ai débuté dans la vie publique, il y a bientôt huit ans. Et dans les Assemblées où j'ai eu l'honneur de vous représenter, j'ai toujours fidèlement défendu les idées républicaines et nationales qui sont celles de l’immense majorité d’entre vous.

Quand j’ai, pour la première fuis, sollicité un mandat électif, j’ai fait mienne îa politique de nos plus illustres Lorrains*

Aujourd’hui comme hier, je me réclame de ces grands serviteurs de la Meuse et du pays* Dans des heures également difficiles, ils ont sauvegardé les destinées de la France et défendu ses frontières menacées*

C’est à l’étude des problèmes de la défense nationale, qui doivent dominer, à mon sens, toutes nos préoccupations, que, durant quatre années, j'ai consacré la plus grande partie de mes efforts.

Si, par mes interventions à la tribune de la Chambre, si, par le rôle que j’ai joué à la Commission de l’armée en qualité de vice-président et de contrôleur permanent des fortifications (postes l'un et l'autre non rétribués) si par mes études dans la grande pi esse, j’ai pu apporter une contribution utile à l’œuvre de protection de votre sol natal, le meilleur de ma tâche parlementaire aura été accompli.

Cependant, en ces derniers mois, d’autres problèmes graves se posèrent devant Fopînton*

Une crise ministérielle se produisit.

A la suite de la démission du Gouvernement Laval, qui ne fut pas renversé par un vote des Chambres, le Chef de l’Etat proposa le soin de constituer un Cabinet à plusieurs personnalités politiques*

Celles-ci se récusèrent,

M. le Président de la République chargea alors M. Albert Sarrau t de former un Ministère*

M. Sarrau t, qui fut Ministre de F Intérieur de MM* Poincaré et Doumergue, avait présidé avec mie loyauté appréciée de tous aux élections de !92S.

Dans les nëgocaations qui précédèrent la formation de son Ministère, M. Albert Sarraut a montré, une Fois de plus, le grand désir de concorde dont il était animé* Il tenta de réaliser, au sein du Cabinet, une union républicaine élargi**, en étendant ses offres de participation jusqu’à certains membres de la Fédération républicaine.

D autre part, M* Sarraut se déclara le partisan déterminé au point de vue extérieur.

d'une politique conciliante mais ferme, basée sur le développement delà sécurité collective* au point de vue intérieur d'une politique d'entente républicaine et de défense du franc.

C'est dans ces conditions que huit députés modérés ou du centre répondirent à l’appel du Président SarrauL

, Fé Lais parmi eux.

J'avais pensé que dans des circonstances critiques, il est des fautes qu’un républicain conscient des nécessités de l'heure ne devait pas commettre.

Avec mes col lègues modérés ou centristes, je n'ai pas voulu spéculer sur l’émeute dang la rue et la ruine do nos finances*

Je me suis refusé à faciliter l’accès du pouvoir âu Front populaire parce qu'il aurait nécessairement placé certains leviers de commande du Gouvernement entre les mains de ministres communistes rendant la situation intérieure, d'abord, et extérieure, ensuite, extrêmement périlleuses.

Les graves événements qui se sont produits en Europe, Y occupation par les armées allemandes de Jo rive gauche du Rhin en violation des traités, montrent plus que jamais la nécessité d'une France pleinement résolue à défendre sos droits, avec ses amis et ses alliés certes, mais en comptant d'abord sur ses propres forces. Le Gouvernement auquel j'appartiens a fait entendre la voix de la France, avec l'énergie indispensable pour consolider la paix — la paix que nous voulons tous dans la dignité et l'honneur. Où nous auraient conduits les partisans de la politique du pire, s’ils avaient été écoutés ?

J'ai d'autant plus la conviction profonde d'avoir accompli mon devoir vis-à-vis de vous et vis-à-vis de mon pays, que vous m'avez conservé, depuis mon entrée dans les conseils du Gouvernement, votre confiance et votre sympathie, convaincus — me connaissant comme vous me connaissez — que j’avais agi dans le seul souci de mieux assurer l'avenir de ma petite et de ma grande Patrie*

Je vous eu remercie de tout cœur, La fidélité dont vous avez fait preuve en l'occurence, constituera pour moi !e guide le plus sur, quand il s’agira de travailler, dans la prochaine législature, à résoudre les problèmes particulièrement délicats posés par les événements,

Dans la tradition de ma vie politique, je continuerai à défendre le programme que j'ai déjà défini et qui consiste :

Dans le domaine de la politique extérieure :

A assurer la défense nationale en lui consentant tous les sacrifices indispensables ;

À rechercher, par tous les moyens, la possibilité d'écarter à jamais les horreurs d'une nouvelle guerre dont les populations de nos frontières seraient encore les premières victimes.

Dans le domaine de la politique intérieure :

A m’associer à une réforme de fEtat et des méthodes de travail parlementaire, de façon à doter le Gouvernement de l'autorité et de la stabilité qui lui sont indispensables pour remplir la mission dont il est investi.

A assurer l'indépendance d'un pouvoir judiciaire rendant à fous les citoyens une justice égalé.

À supprimer l'initiative parlementaire en matière de dépenses.

A mettre fin à la détestable pratique du vote par procuration, afin de permettre à l’électeur de suivre son élu et de le juger à son action.

Pans le domaine agricole :

A assurer iusqu’à sa réalisation complète la revalorisation des produits de la terre et de r '1 * ffe nar la protection douanière qui s’impose, la suppression de 1 admission tempoiaire '^Sn1 1 î. profession dans un «fc. ob .. jnrt.pb.erai.nl le c.rporat.sme .1 1.

'•TU encore, comme je l’ai déjà lait dans le passé avec succès, le. débouché, ouverts à nos agriculteurs du nord meusien, par la vente de céréales à 1 armée.

A tout faire, en un mot, pour rendre la production agricole plus remuneralr, .

pana le domaine financier :

A ' Z. ^“publics «1 celui de. chemin, de fer, eu ajnsl.nt

A ce mutualiser » les assurances sociales*

Dans le domaine économique :

commerce et l’industrie et, par répercussion, sur 1 agriculture.

Dans le domaine social :

A rendre plu. justes certains décrets-loi. qui frappenl encore d'inléressanles calégorre. * °'a résorber le chômage eu MM 1. reprise de. alTaire. industrielles et commerciales •' ’trCT^-dWre national, par le développement comme je l’ai déjà Mo

souffrent.

Mes cli ers Compatriotes,

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et rentiers sans oublier les chefs de famu ^ pé&aiité d’allocations afin d’encourager

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-• » “"r™e ”lonrf'h" *- de plos “ plz«=rr sr; porteront

Pour parvenir an but souhaité, je tends cordialement la main, dans un geste de loyauté par^anes00 ’ “ ^ ** h™"6 V°lonté 1ue n’aveuf^nt pas les passions

Veuille l’arrondissement de Montmédy me faire à nouveau confiance !

Vive l’arrondissement de Montmédy !

Vive la République !

Vive la France !

André BEAÜGUITTE

S ou s -Secrétaire d’Etat au Ministère de l'Intérieur. Conseil 1er général de la Meuse.

Député sortant*

Candidat de concentration républicain^

Circonscription de VERDUN-SUR-MEUSE,

M, Gaston THIÉBAUT (Groupe républicain radical et radical-socialiste.)

Elu pour la 1" fois le 18 mars 1934 — Réélu le 26 avril 1936.

Mes chers Compatriotes,

Il y a deux ans, en mars 1934, vous m’avez fait l’honneur de me choisir comme le représentant de notre arrondissement au Parlement français.

dès uUelqUeS m°‘K alJ,rès’ 611 °clobre de la mÉme le canton de Verdun me désignait,

coJ;œ n dMceUrw’ à une Tt't être son mandataife a“

Enfin, Un dernier, la Cité symbolique, chef-lieu de l’arrondissement élisait au *SLTT\'T la liste républicaine que je présentais au, su^detS"

'Ainsi àlr is°r al “ 'T'™?'116 la lourde »»» magnifique charge de maire de Verdun. (Wa T MP;,SeS et 3 Ch3tlue foi!i avec ™ chiffre de voix accru vous m’avez mani¬

feste, renouvelé eL élargi votre affectueuse confiance. C’est pourquoi je me sen, autorisé aiijourd hui a venir solliciter le renouvellement de mon mandat

Mes chers Compatriotes, maintenant vous me connaissez bien. Vous savez tous eue les

a.’;ei iïsz r i',,i w vohr ^ — n~ *» -***£&£&

&£ :arirs attachée * «*. vis-s tr

suis présenté 4™, *T ^ * - ™ >" >» h™ de n» .noêlre. |. ne „,e

qu *>ec ce seul dés.r : me mettre i ], disposition Je km, — dofeiidre I. pro.perué de notre petite p„ rie e, servir de mon miens l’LrSt ,énér„ ' P°"r

de ferve’îtr ZiS. “ve0 ,lo”IJ' "»»“ d. loj.nlé répnblie.ine el

P q 3nS sec:larlsme Çomme sans délaillance. ici comme an Parlement vos traduit l'idéal d'ordre, de démoerstie, de progrès et de pl i" vit d i

Je crois, d’autre part, avoir tenu toutes mes promesses.

Jfaî continué à habiter Verdun pour rester en contact étroit avec vous et recevoir chaque semaine mes électeurs. J’ai donné dans tous les villages (à l'exception d’une dizaine pour lesquels le temps matériel m'a manqué) le compte- rendu de mon mandat et fourni l’explication de mes votes- Dans l'exercice de mon mandat j’ai été juste et dévoué envers tous, amis comme adversaires. Dans mes votes jeune suis tou jours exprimé en pleine indépendance et je n’ai voulu subir aucune tutelle, n’obéissant qu’aux conseils de mes mandants, aux directives de mon jugement personnel et à la loi de ma conscience.

J’ai conformé mes actes à mes paroles. Personne, je l’espère, ne doute plus ni de ma sincérité, ni de mon dévouement

Port de cette ardente sympathie que je sens monter vers moi je viens vous dire, en quelques mots, le programme que j’ai exposé ou que je vais exposer dans mes réunions et que je défendrai demain au Parlement.

Je suis républicain national, laïque et social.

National i parce que je place, au-dessus de tout, l’amour de la patrie. Je suis passionnément attaché à sa sécurité, à son pacifique rayonnement, à sa grandeur économique ; mes votes le prouvent.

Laïque : parce que la laïcité, entendue comme respectueuse de la neutralité et de la mutuelle tolérance, dans le respect absolu de toutes les croyances et de toutes les consciences, est la base essentielle de la République.

Social : parce que je sens intensément, l’impérieuse nécessité d’apporter dans le désarroi et le désordre actuels, dans un monde en transformation, non plus des projets partiels et insuffisants ou des promesses illusoires mais un ensemble, vaste et substantiel de profondes réformes économiques et sociales.

Parîisan résolu de la stabilité gouvernementale et de l'autorité de l’exécutif appuyé sur des majorités parlementaires fidèles et homogènes, je suis hostile à toute forme de dictature et à toutes manifestations de la force. Je me dresse de toute mon âme contre la guerre civile qui serait annonciatrice de la guerre étrangère*

La réforme de l’Etat, dans le cadre de la Constitution, m’apparait absolument indispensable pour associer chaque jour davantage les producteurs de toutes classes à la gestion nationale. Dans ce sens les lois sur les ententes professionnelles, et sur l'organisation du Conseil national économique, qui sont d’heureuses ébauches, devront être complétées.

La politique de déflation massive a été non seulement cruellement injuste mais encore néfaste à l’intérêt national. Elle a aggravé la crise au lien de 1 atténuer. Des économies budgétaires substantielles auraient pu être réalisées sans toucher au moyen d^existence des petits fonctionnaires, retraités, rentiers, anciens combattants, pères de famille ou vieillards. Les décrets-lois devront être révisés dans un sens favorable aux humbles, C est une impérieuse question de justice et de redressement économique.

Il n’y a pas de redressement budgétaire possible même avec les économies et la réorganisation administrative des services s’il n’y a pas reprise des affaires et réveil économique.

C’est donc un vaste plan de travail national, trop longtemps différé, qu’il convient de mettre en action avec le triple effort de l’ELat, des collectivités el de l’épargne publique. Ainsi sera entreprise la lutte contre le chômage Elle devra être poursuivie en accordant aux ouvriers français la priorité légale car, avant tous autres, ils ont le droit de vivre clans leur pays.

En face des trusts dominateurs je défendrai Fin dé peu dance et îa souveraineté de I Etat pour assurer la défense de tous les producteurs, contre les spéculateurs invisibles et irresponsables qui les asservissent et qui se coalisent, notamment, contre Je paysan français.

La sauvegarde de F agriculture doit être au premier plan de nos préoccupations car elle est la base esseniielle de l’économie nationale. Revalorisation des produits agricoles, organisation professionnelle, arrêt de F admission temporaire, équipement rural, politique de diminution des prix de revient, politique d’aide et d’assistances sociales sont les articles principaux d’un programme qui devra être réalisé le plus tôt possible.

Les commerçants sont écrasés sons le poids d’une fiscalité excessive, La réforme de notre système d’impôts, chiffre d’affaires, bénéfices industriels et commerciaux est indispen-

sable. L'examen des conditions dans lesquelles fonctionnent les organisations dites à prix uniques ou les groupements d’achats retiendra mon attention éclairée* Le commerce normal doit être défendu et protégé. Par ailleurs j’ai accepté les justes revendications de la Confédération générale artisanale.

Aux anciens combattants, je déclare que les droits qu’ils ont acquis sur le pays par leurs sacrifices sont sacres et que je soutiendrai leurs revendications*

Aux jeunes* qui soutirent de la crise* il faut apporter d'urgence le salut par le travail* La question du labeur de la jeunesse par l’adaptation administrative et sociale doit retenir l'attention passionnée de tous les hommes d'ordre et de cœur.

Il faut aider les familles nombreuses par une politique sociale et fiscale delà natalité. Père de trois enfants* j'y veillerai*

Mais il ne servirait à rien d'exposer un programme d’action si domain le monde devait connaître à nouveau les horreurs de la guerre* Assurer la paix universelle — car la paix est indivisible — doit être le premier souci des représentants du peuple* En face des redoutables conjonctures présentes notre force militaire est l'élément essentiel de la sécurité du pays* Notre système de défense devra être mis au point sans délai. Par ailleurs* le maintien, ï extension ou le raffermissement de nos alliances et de nos amitiés doit également faire partie du plan général de lutte contre la guerre*

Pour la réalisation de ce programme, je fais appel à Tunion des républicains* Que tous ceux qui acceptent le régime et se réclament de scs lois se groupent au coude à coude* Que tous ceux qui aiment la République et veulent la défendre se rassemblent sous les plis de son drapeau.

Contre la Révolution et contre la Dictature*

Pour l'Ordre* la Liberté* le Progrès et la Paix!

Mes chers Compatriotes et Amis,

J’ai conscience de vous avoir, pendant mon court mandat* représenté avec dignité et fidélité. Si vous me renouvelez votre confiance je continuerai à le faire et mes actes d’hier sont pour vous la formelle garantie que mes promesses seront tenues courageusement et loyalement.

Assez jeune pour mettre à votre disposition une activité qifil faut grande pour répondre aux lourdes tâches qui nous attendent, mais déjà assez ancien au Parlement pour y avoir acquis l'expérience et les connaissances nécessaires, j'ai la fi ère certitude* qu'avec l'autorité que me conférera votre assentiment enthousiaste, je pourrai* demain, faire plus et mieux encore qu’hier*

Vous connaissez ma vie, vous connaissez mon labeur. Je peux, sans crainte, livrer l'une et l'autre au jugement le plus sévère car ma politique, ma vie publique, ma vie privée s'étalent au grand jour* J'attends donc votre décision avec la sérénité et l'orgueil du devoir accompli.

Si vous me rendez à ï action parlementaire* je serai Je représentant, le défenseur et Tarni que j’ai été pendant deux ans* fidèle à vous et fidèle à moi-même* défenseur de la République et serviteur de la Patrie.

Vive l’arrondisse ment de Verdun I Vive la République I Vive la France I

Gaston THIÉRAUT

Maire de Verdun,

Conseiller général de la Meuse*

Député sortant.

Candidat d*uniüa d&s républicains..

lre circonscription de LORIENT.

M. Louis L’HËVÉDER

Elu pour la 1" fois le 4 mai 1930. — Réélu les 1er mai 1932 et 26 avril 1936.

{Voir le programme du parti socialiste S. F. 1. O., p. 3.)

Mes chers amis,

Désigné par les sections socialistes de la 1” circonscription de Lorient et obéissant à de nombreuses et pressantes sollicitations d’électeurs qui veulent bien m’honorer de leur sympathie, je me présente à nouveau à vos suffrages, pour l’élection législative du 26 avFil prochain.

Vous me connaissez tous ! Fils de paysans bretons, comme beaucoup d’entre vous, aîné d’une famille de onze enfants, j’ai partagé dès mon enfance la rude vie des travailleurs des champs dont je connais les besoins eL les intérêts

Boursier de l’Etat au collège de Lannion, puis au lycée de Rennes, j’ai pu poursuivre ainsi mes éfudes et j’ai été reçu la même année aux concours d’entrée à l’Ecole polytechnique eL à l'Ecole normale supérieure.

Agrégé de mathématiques, j’ai été durant de nombreuses années professeur au lycée de Lorient et, vivant au milieu de vous tous, je crois connaître suffisamment les intérêts de la lr0 circonscription de Lorient, pour pouvoir continuer à la représenter dignement au Parlement.

Vous connaissez mes opinions politiques; elles n’ont jamais varié. Républicain convaincu, j’ai jugé a vingt ans que la République véritable, la République du travail ne pouvait pas être réalisée par les vieux partis dont vous connaissez les regrettables défaillances et j’ai adhéré ail parti socialiste, seul capable de réaliser 1 émancipation des travailleurs, la paix universelle et Injustice sociale.

Membre du grand parti qui s’est donné comme mission la défense de la classe ouvrière et paysanne, je n'ai jamais cessé d’être dans la rude mêlée sociale du côte du peuple dont je suis fier d’être issu.

Elu conseiller ^arrondissement du canton de Pont-ScoHl, en 1928, conseiller général en 1-9*29, élu dépoLé de Lorient en 1930, dès le premier tour, par 8. *85 voix contre 6.261 voix seulement à mes quatre concurrents, j ai été réélu, le lef mai 19325 par9.713 suffrages contre 4,849 voix au plus favorisé de mes adversaires,

Ce s accès éclatant est a preuve manifeste que le parti socialiste, par la vigueur de son action, par la loyauté de son attitude, a conquis définitivement la sympathie des niasses ouvrières, maritimes et rurales et des républicains.

Action au Parlement et au Conseil générai :

Fidèle à mes promesses, j’ai utilisé les mandats que vous m’avez confiés pour la défense des humbles et des travailleurs et pour travailler de toutes mes forces au développement économique de notre belle région lorientaise.

Je crois avoir fait preuve, au Parlement notamment, de l’activité que vous étiez en droit d’exiger de votre représentant et conscient d’avoir défendu les intérêts agricoles, commerciaux, industriels et maritimes de noLre département, conscient d’avoir cherché à faire triompher les revendications justifiées des ouvriers de l’arsenal et de l’industrie, des paysans de toutes catégories, des commerçants, des marins, des retraités, je me présente la tête haute à votre libre jugement.

Vous savez d ailleurs que représentant de tous les électeurs, sans exception, je me suis efforcé de rendre service, dans la mesure de mes moyens, à toutes les personnes qui ont eu recours à moi, sans me préoccuper, un seul instant, de leurs opinions politiques.

A l’heure actuelle, toutes les questions sont dominées par deux préoccupations essentielles ; le problème de la crise économique et le problème de la paix.

Sur ces deux points, les socialistes ont pris nettement position.

La crise économique mondiale :

La crise économique, qui secoue durement le monde tout entier, montre la nécessité de substituer au plus tôt l’ordre et l’harmonie de la République socialiste au désordre et k l'anarchie du régime capitaliste et de remplacer le goût du lucre, la recherche* du profit exagéré, par le souci plus sain du bien-être et de l1 intérêt générai.

Après une période de prospérité inouïe, le capitalisme s’est montré incapable d’ajuster la production aux besoins de la consommation*

Son incapacité, son impuissance ont provoqué un désarroi économique sans précédent *

Il y a dans le monde trente millions de chômeurs. Dans les entrepôts et dans les magasi u s, sont accumulés des stocks énormes de charbon, de blé, de coton, de sucre, de vêtements, de chaussures, de produits de première nécessité qui ne trouvent pas d’acheteurs, alors que des millions d’êtres humains souffrent do la misère, du froid et de la faim.

Il y a, dit-on, trop de blé et des hommes, des femmes, des enfants meurent tous les jours de faim.

ïl y a, dit-on, trop de chaussures, trop de vêtements fabriqués et des millions d’êires humains n’ont pas d’argent pour se chausser et se vêtir.

Partout, le capitalisme se montre incapable de répartir le travail envers les hommes et les produits entre les grandes masses des consommateurs.

Partout ses contradictions éclatent aux yeux de tous.

D’après un économiste distingué, M. Daudé-Bance), en 1934, 2.400. 000 personnes sont mortes d’inanition a la surface du globe et 1.200.000 personnes se sont suicidées faute de trouver à se nourrir.

Or, pendant le même Japs de temps, le capitalisme a fait détruire assez de blé pour nourrir 75 millions d’hommes pendant un an, assez de viande pour les besoins de tous les f rançais pendant un an, assez de sucre pour satisfaire 100 millions d’êtres humains pendant un an, assez de café pour la consommation française de seize années.

A une surproduction fabuleuse, dans tous les domaines, correspond, non pas le bien-être général qui, logiquement, devrait en résulter, mais au contraire, la crise économique, le chômage, la sous- consommation, la misère des travailleurs et une crise agricole des plus inquiétantes.

Tous les remèdes proposés par le capitalisme tendent à restreindre la production, à la comprimer jusqu’au niveau décroissant de la consommation générale. Tel est son but. Son moyen est tantôt la sélection arbitraire, c’est-à-dire l’élimination des entreprises de production les moins puissantes et des travailleurs les moins armés pour la lutte, tantôt la déflation systématique, c’est-à-dire la réduction simultanée des crédits, des prix de revient

et des salaires, , , , , , ,

Le parti socialiste dénonce ces pratiques barbares et msensees qui ont trouvé leur

expression dernière dans les décrets-lois Doumcrgue et Laval.

11 n’a cessé d'affirmer et il affirme avec plus de force que jamais, que tout remède agissant doit être cherché dans la direction opposée, c’est-à-dire dans un relèvement de la capacité générale d’achat, dans une stimulation de l’économie rehaussant peu à peu la consommation jusqu’au niveau de la production normale.

11 sera d’ailleurs difficile de trouver des remèdes véritablement efficaces contrôle marasme actuel tant que durera le scandale de 1 exploitation capitaliste.

Seul l’avènement du socialisme, l’organisation rationnelle de la production et des marchés, l’organisation de la consommation pourront garantir définitivement l’humanité contre le retour de pareils bouleversements. Mais, au sein du régime capitaliste lui-même, le socialisme a pour devoir dé lutter contre le désordre du régime et de rendre la vie moins pénible aux travailleurs.

Programme de réalisations immédiates :

1° Nous voulons, avant tout, garantir les libertés démocratiques contre le fascisme et

rétablir la souveraineté populaire. •

Aussi réclamerons-nous, de toute urgence, le désarmement et la dissolution des ligues paramilitaires, l’application stricte des lois de défense républicaine, 1 abrogation des lois scélérates le contrôle des ressources de la presse, l’amnistie générale en matière politique, la création d’un service national d’éducation fondé, à tous les degrés, sur la laïcité intégrale, la gratuité et la sélection, l’abrogation du décret-loi sur les écoles normales.

Pour la nationalisation du crédit :

2<> De plus, il faut préserver la souveraineté de l’Etat contre les usurpations politiques du grand capital, ramener l’ordre dans la production, accroître la masse des revends

consommables. ,

Aussi réclamons-nous la nationalisation de la Banque de France, des assurances, des

établissements de crédit, des sociétés d’engrais et des grandes industries monopolisées.

Ce qu’en Italie un dictateur a réalisé contre le capitalisme pour trouver les ressources lui permettant de continuer l’œuvre sanglante de la guerre abyssine, il serait inconcevable que la démocratie française .hésitât à le faire pour augmenter le bien-être de nos concitoyens et assurer la paix à 1 ^intérieur et à 1 extérieur.

Pour l'abrogation des décrets-lois :

3° Les décrets-lois qui ont réduit traitements, pensions, allocations d assistance, ne frappent pas seulement les travailleurs de l’Etat, mais aussi, par une répercussion inévitable, la masse des salariés, la masse des producteurs paysans et la masse des commerçants et des industriels.

Le parti socialiste en poursuivra l'abrogation.

Politique sociale et industrielle :

Pour soulager sans délai les misères les plus cruelles causées par crise, le part* socialiste réclame, en accord avec la Confédération générale du travail >

La création immédiate d'un fonds national de chômage sous forme d un seîvice national de secours à tous les chômeurs, quelle que soit leur résidence ;

Le moratoire des loyers pour les chômeurs avec indemnisation des petits propriétaires^ grâce à une caisse de compensation ;

L’institution d’un système d 'assurance-chômage, compris dans un système général d’assurances publiques contre tous les risques sociaux à la ville et à la campagne et gagé par la nationalisation du monopole privé des assurances ;

Une refonte de la législation des assurances sociales qui garantisse réellement aux travailleurs le droit au repos à 60 ans7 ou même à un âge moindre pour les industries dangereuses ou insalubres ;

La mise en train d’un vaste plan d’outillage public, dressé sur rinitiative des départements, des communes, des organismes professionnels, financé par l'appel à la thésaurisation locale et conçu de telle aorte que son exécution rapide et coordonnée aboutisse à l’équipe* nient rationnel de la nation et k la reprise solidaire des diverses branches de l’activité in dus trie lie et commerciale ;

La prolongation de la scolarité et F interdiction du travail pour les enfants, dans I industrie et Je commerce, jusqu’à T âge de 15 ans.

Politique agricole et rurale :

La production agricole souffre de ^insuffisance des revenus consommables. Elle bénéficiera de toute reprise générale et, en particulier, de tout accroissement de la masse des salaires et traitements. Mais le parti socialiste veut assurer une base stable à la revalorisa* tum des produits agricoles, en môme temps qu’il veut apporter un remède immédiat à la détresse des populations rurales, désolées tout à la fois par la crise et la spéculation.

Le parti socialiste réclamera donc :

t° L’application des lois sociales aux ouvriers agricoles ;

2° La création d’offices nationaux professionnels au sein desquels les producteurs paysans seraient largement représentés. Ces offices auraient pour but d’assurer au cultivateur une rémunération suffisante de son travail et des frais qu’il a engagés et aussi de sauvegarder les intérêts des consommateurs en jugulant les spéculateurs sans scrupules ;

3° Le vote des millions nécessaires pour améliorer le logement agricole et ouvrier, renouveler l’outillage rural, électrifier les campagnes, etc. ;

4° La diminution du prix des engrais et des facilités plus grandes de transports pour l’exportation des produits ;

5° Des crédits importants pour la création et l’entretien des chemins ruraux et vicinaux et' Télé et ri fi cation des hameaux ;

6° Le moratoire des de Lies agricoles.

De plus, si cm ne veut pas décourager le petit fermier et Pempêcher de vivre, il faut faire aboutir au plus vite les reformes suivantes :

D ha suppression des baux à court terme et leur remplacement par des baux do neuf ans au moins ;

2° La limitation par une loi de la hausse des locations ;

3fJ L1 nstitution du bail mobile suivant les récoltes et les prix des produits 5

4W L’extension du crédit agricole pour l’accession à la propriété terrienne ;

5° Le payement au fermier sortant par le propriétaire de la plus-value des terres due à *otï travail durant la durée du bail ;

6* La création de commissions paritaires chargées de régler les différends entre propriétaires et locataires et, le cas échéant, de fixer les baux à un taux raisonnable ;

7° Le vote de la propriété culturale ;

8° La liberté de la pêche et de la chasse sous réserve des mesures nécessaires à la protection des récoltes et à la conservation du poisson et du gibier.

Pour les commerçants et artisans :

Le marasme du commerce procède des mêmes causes que la mévente et. l’avilissement nrix pour l’agriculture. U profitera, dans les mêmes condition», des disposions qui ranimeront la consommation et les échanges. U bénéficiera tout particulièrement de la déîente fiscale dont il sera parlé ci-dessous et dont l’objet essentiel es. de réduire la marge entrl les prix de revient et les prix de détail. Le parti soc.ahste réclame, par surcroît,

comme mesures urgentes :

La révision des cessions de fonds ;

La révision des baux ;

La propriété commerciale intégrale ; 1; ,

La protection du petit commerce et de l'artisanat contre les abus des firmes capitalistes qui enlèvent progressivement aux commerçants la possession de leur instrument de travail et les acculent à la faillite,

La réforme fiscale :

Le parti socialiste réclame la suppression des cent quarante ou cent cinquante impôts et taxes existants : taxes sur le chiffre d’affaires, taxes à la production, contributions indirectes, taxes assimilées, etc.

El leur remplacement par :

Le produit des nationalisations, et trois catégories de contributions :

1« Un impôt sur le revenu global, sans forfait, progressif à des taux différents pour les revenus du travail et les revenus du capital et, dans l’intérêt de .a consormma.on Urne légers à la base, plus élévés pour les gros revenus consacres au superflu ou à a p

8aܰ2*’ Un impôt sévèrement progressif sur le capital des successions et donations, léger pour les petites fortunes nées du travail et consolidées par lui, progressif d après impor-

fance def autres fortunes et compte tenu des degrés de parenté et d ancienneté de la

f°rt7 Quelques taxes générales non superposées et à perception unique remplaçant toutes les taxes directes ou indirectes sur la production et la consommation, et assi.es, à lundes stades de la circulation des produits et des richesses* de telle sorte qu e es r .

leltl 1 1. plus U*. les deeries,. —é e„

étant exclues et des ristournes compensant les charges des fannl es nom neuse. .

L’ensemble de cette fiscalité claire, simple et équitable serait atLénué non seulement par la répression de la fraude, mais aussi par la diminution des charges résultant :

de ia création des caisses des pensions destinées à maintenir les droits des anciens

combattants et victimes de la. guerre ; . *

de la suspension de l’ amortissement et d’un meilleur amenagement de la

publique ; , P , ,

— de la répression des gaspillages dans les grandes administrations,

- de la diminution des charges de la Guerre, de la Marine et de i Air pat la nalr ^ Üsation des fabrications privées d armes et des grandes industnes spécialise» et monopo- Usées,

Politique extérieure et désarmement r

La paix promise aux anciens combattants et aux hommes de bonne volonté \

encore réalisée et de nouvelles menaces de guerre troublent le monde tout entier.

L’agression du fascisme italien contre T Ethiopie, l’attitude hésitante de la Société des Nations devant l'arrogance de Mussolini, l’hosLilité de certains gouvernements, dont celui de M. Laval, aux, sanctions économiques prévues par le Pacte, la politique agressive des nationalistes français à l’égard de l’Angleterre ont provoqué, dans ce dernier pays et chez les peuples de la Petite Entente, une certaine irritation à Tégard de la France, irritation dont le chancelier Hitler a profité pour réaliser, au mépris de la signature du gouvernement allemand et de ses propres engagements, un véritable coup de force que nous sommes unanimes à réprouver et à condamner.

La gravité de la situation internationale nous impose une politique intelligente et active.

Au lieu de nous attacher à la lettre des traités qu’il eût fallu adapter à temps aux réalités mouvantes et complexes des événements, il faut nous placer franchement devant la situation critique où la politique incompréhensible des gouvernements d’union nationale a placé notre pays.

Tout doit être fait pour éviter la guerre qui serait une calamité effroyable, La France, fidèle à ses traditions généreuses, doit prendre l’initiative de proposer à la Société des Nations de remettre sur le chantier tous les problèmes économiques et coloniaux, les questions des migrations et de matières premières dont dépend, au premier chef, la paix à reconstruire.

Elle doit prendre au mot le chancelier Hitler et sonder sa volonté pacifique ou pseudopacifique en proposant à tous les peuples, au sein de la Société des Nations, la réalisation du désarmement général progressif, simultané et contrôlé.

Si les dirigeants de l’Allemagne acceptent de s’engager dans cette voie, tous les Français se réjouiront de voir s'éloigner le spectre de la guerre. Si Adolf Hitler refuse de désarmer, le sentiment du danger commun permettra de souder, dans un bloc sans fissure d’assistance mutuelle, toutes les na Lions sincèrement pacifiques.

Tel est actuellement le sentiment des socialistes, qui pensent que la paix ne peuL pas être garantie par la course aux armements dont le massacre de 1914 a mis en lumière le résultat fatal, qui pensent au contraire que la paix ne peut être réalisée que par I1 organisation de la sécurité collective et de l'arbitrage international universellement accepté.

Le programme du Front populaire :

La dernière législature n’a pas réalisé les espoirs qu’avait provoqués, dans toute la France, le succès républicain de 1932,

Unis contre la réaction sur le terrain électoral, les partis de gauche et d’extrême gauche n ont pas pu s’unir au gouvernement ponr une action commune, le parti radical ayant refusé de discuter et d examiner le projet de réformes immédiates rédigé par le parti socialiste et connu sous le nom de Cahiers d'Huyghens.

La désunion des forces de gauche a encouragé les fascistes de toutes nuances qni, le 6 février 1934, ont bien failli culbuter la République,

La leçon doit nous servir 1

La crainte du fascisme a suscité un magnifique réveil de F esprit démocratique et des espérances que nous n avons pas le droit de décevoir.

Ions les partis du Front populaire ont signé le Programme du rassemblement populaire qui, sans être parlait, contient un certain nombre de réformes capables de fournir les bases d’une action gouvernementale commune,

C est autour de ce programme qu au lendemain de la victoire commune devra se constituer le gouvernement de réalisations économiques et sociales auquel le parti socialiste est prêt à accorder son soutien le plus entier et sa participation la plus loyale*

Nous espérons que les autres parLis du Front populaire seront, comme les socialistes, fidèles à leur signature*

À cette condition, à cette condition seulement, la victoire électorale des gauches sera utde, à cette condition, à, celte condition seulement, le péril fasciste sera écarté.

Le socialisme et la propriété individuelle :

Nos adversaires ne manquent pas d'attaquer avec violence le parti socialiste et ses

représentants.

Affolés par la perspective de notre succès , ils racontent un peu partout, et mensongèrement, que le socialisme combat la propriété individuelle.

Soucieux de ne pas laisser déformer notre belle doctrine de fraternité humaine et de progrès social, nous leur donnons sur ce point un démenti formel.

Certes le parti socialiste montre aux travailleurs le danger des congrégations économiques qui forment des Etats dans l'Etat et dominent l'appareil gouvernemental.

Certes, il propose la nationalisation industrialisée des grands services publics comme les transports, les engrais, les mines, les pétroles dans le but de faire profiter la collectivité des bénéfices réservés aujourd'hui à une poignée d'actionnaires oisifs.

Certes, encore, nous demandons la nationalisation au profit du personnel et des usagers des puissantes sociétés nationales ou internationales qui prélèvent abusivement une très large part des salaires des travailleurs et qui sont devenues, par suite de la concentration exagérée des capitaux, une menace véritable pour f indépendance politique et économique de la nation toute entière.

Mais le parti socialiste n'est pas, n'a jamais été Y adversaire de la propriété individuelle, fruit du travail familial et de l'épargne.

Au contraire, le parti socialiste est partisan de la propriété, non pas seulement pour une minorité de privilégiés, mais encore pour tous les citoyens.

Le but du socialisme est de donner au travailleur, quel qu’il soit, la propriété de son instrument de travail.

Nous souhaiterions voir le cultivateur devenir, par son travail, propriétaire de la ferme qu'il exploite, le petit artisan propriétaire de son atelier, le commerçant propriétaire de sa boutique.

Nous voulons donner aux milliers de travailleurs exploités par les grosses -sociétés capitalistes : directeurs, ingénieurs, contremaîtres, ouvriers, la propriété collective des entreprises pour lesquelles ils travaillent.

Le socialisme et la laïcité :

La motion unanime votée, en 1929, par le congrès socialiste de Nancy définit, sans ambiguïté, notre position en face des problèmes philosophiques et religieux et de la laïcité.

Cette motion s’exprime comme suit ;

« Le parti socialiste est un parti de laïcité fermement attaché à la liberté de conscience. Il reconnaît à chaque individu le droit de croire ou de ne pas croire, de pratiquer ou de s’abstenir de toute pratique,

« Il déclare, avec Jaurès, que la liberté de toutes les croyances, la liberté de tous les cultes est un article essentiel du programme républicain et socialiste,

a La religion est, à nos yeux, chose privée qui ne relève et ne doit relever que de la conscience de chacun et l’Etat ne doit, pas plus intervenir pour la détruire que pour 1 imposer ou la propager. »

Citoyens,

Nous nous adressons à vous en toute confiance. Nous vous convions à fonder avec nous une société meilleure d’où seront bannies la misère et 1 injustice, une société où la machine, au lieu de créer du chômage comme aujourd’hui, deviendra, selon la magnifique image de Jean Jaurès, ci la servante commune des travailleurs libérés ».

Nous vous convions à réaliser avec nous les réformes de répartition et de structure qu’une crise angoissante rend, plus que jamais, indispensables.

En votant pour nous, vous marquerez voire volonté de progrès social, votre volonté de créer, malgré toutes les difficultés, la grande paix humaine.

Mes chers amisj

Les socialistes ne sont pas des rêveurs et des utopistes mais, au contraire, des hommes d’action énergiques et résolus et des réalisateurs.

Demain comme hier j essaierai de faire triompher vos justes revendications.

Ouvriers et employés de l’arsenal,

Comme vous le savez., j’ai toujours lutté contre la cession de l’arsenal a l'industrie privée ; en accord avec vos syndicats, j’ai combattu la politique de déflation dont vous avez été victimes et travaillé à obtenir la suppression du prélèvement effectué sur vos salaires*

Ouvriers de l'industrie et du commerce,

Les élus socialistes ont essayé de faire aboutir la semaine de quarante heures, avec minimum de salaire, d’améliorer la loi des assurances sociales \ de garantir les vieux travailleurs contre la misère. Leur action s'est toujours exercée dans le sens d'une législation sociale plus généreuse.

Cultivateurs, fermiers, ouvriers agricoles,

Les élus socialistes se sont associés à toutes les mesures susceptibles de provoquer la revalorisation des produits.

Un amendement que j’avais déposé et qui fut repoussé paria Chambre, le 14 mars 1935, par 296 voix contre 264, tendait à ramener tous les baux à deux fois et demie la valeur locative de 1914, S’il avait été adopté, les fermiers auraient été garantis contre les saisies et les expulsions et assurés de ne payer qu’un prix raisonnable*

Les socialistes reprendront, dans la prochaine législature, la lutte pour une révision équitable des fermages.

Inscrits maritimes, pêcheurs, demi-soldicrs :

Les élus socialistes connaissent votre situation précaire. Ils ont lutté pour éviter que les pensions des inscrits et des veuves soient l'objet de prélèvements. Ils ont demandé le vote par procuration et essayé d’empêcher d’élever de 0,55 à 2 0/0 F impôt sur le chiffre d'affaires en ce qui concerne le poisson, les crustacés et les coquillages, (L’amendement que j’avais déposé, et qui tendait à maintenir le taux à 0,55 0/0, a été repoussé a la Chambre, par 346 voix contre 200, le 29 juin 1934.)

De plus, nous avons obtenu quelques améliora lions dans l’application des assurances sociales aux marins.

Commerçants, industriels, représentants et voyageurs de commerce,

Les socialises avaient voté contre les pleins pouvoirs qui permirent d’établir le forfait obligatoire pour tous les commerçants. Ils ont contribué à en obtenir la suppression Ils ont cherché à éviter certains relèvements de la taxe sur le chiffre d’affaires et à obtenir une taxe unique à la production. Enfin, ils se sont associés aux mesures prises pour protéger les industries comme celle de la chaussure cou Ire les excès du capitalisme.

De plus, ils se sont prononcés en faveur d’un statut équitable des voyageurs de

commerce.

Fonctionnaires retraités de l'État, de la marine et de l'arsenal*

Les élus socialistes ont défendu vos traitements et vos retraites. Leur action* k mienne en particulier* a aidé à obtenir « 1 humanisation i> de certains décrets-lois. Mais nous continuons h réclamer le retour à la loi du 14 avril 1924 et un meilleur aménagement des majorations pour charges de famille*

Anciens combattants et victimes de la guerre,

Demain comme hier, les élus socialistes se prononceront contre les décrets-lois qui vous ont frappés* au mépris d'engagements sacrés* et réclameront la création de la caisse des pensions.

Mutilés du travail*

Nous avons toujours proclamé que, tombés au champ d'honneur du travail* vous aviez droit à la réparation intégrale du préjudice qui vous a été causé et mon action a toujours été conforme à vos revendications.

Instruction physique et sports :

Je juge que le sport est une distraction agréable et saine qui mérite d'être encouragée. Je chercherai en particulier à obtenir pour les sociétés des Facilités plus grandes de circulation et demanderai une aide efficace pour les sociétés sportives dont l’activité est nécessaire au développement physique de notre jeunesse.

Au point de vue local :

Rien de ce qui touche F activité économique de la région Iorientaise ne me laissera indifférent.

La prospérité du commerce, de l’industrie, de l’agriculture, de la pêche sera Fobjet de toutes nies préoccupations.

Le développement du tourisme, les habitations à bon marché* l’électrification des campagnes et l'extension des voies de communication trouveront en moi un défenseur actif.

En un mot* représentant de tous les travailleurs* je m’efforcerai de mériter et de garder leur confiance.

Citoyens,

Je n’ai pas la prétention de vous exposer un programme détaillé et complet, mais vous savez tous que je défendrai les travailleurs de la ville et des champs* toutes les victimes de la crise dont le socialisme voudrait l'émancipation sans violences inutiles.

Cette émancipation, votre émancipation, je vous demande d’y travailler avec nous.

Elle sera votre œuvre, l’œuvre de la raison et du travail.

Méprisant les calomnies stupides de nos détracteurs* le 26 avril prochain vous ferez votre devoir.

Vous voterez pour le candidat de votre classe, pour un Breton parlant sa langue natale qui veut voir évoluer la région Iorientaise vers un avenir de prospérité.

Vous voterez pour un fils du peuple Fidèle à ses origines, pour un candidat qui n’a jamais changé d'étiquette politique.

Vous voterez pour une politique claire de justice fiscale à l’intérieur, de paix et de désarmement à l'extérieur.

Dans l'isoloir* où nui ne peut vous voir, vous avez le devoir de voter pour le candidat qui se présente à vous avec son drapeau fièrement déployé.

En dépit de toutes les tentatives de corruption mises en œuvre par aies adversaires, vous voterez, eo citoyens libres et conscients pour un homme libre.

Vous voterez pour le développement économique de la première circonscription et

pour la République du travail.

Vive la première circonscription de Lorient 1 Vive la République sociale î

Vive le Front populaire I

Loris L’HÉVÉDER

Conseiller général.

Député sortant,

Vice-Président de la Commission de la marine militaire.

2e circonscription de LORIENT .

M, Firmïn TRISTAN

'Groupe de la gauche démocratique et radicale indépendante.)

Kl U pour la F' fois le 22 mai 1934, - Réélu le 3 mai 1936.

Mes chers concitoyens,

Par 7:425 suffrages exprimés sur mon nom,* vous m’avez, en avril 4934, confié la mission de défendre vos intérêts k la Chambre des Députés,

Conscient d’avoir rempli cette mission sans défaillance, je viens solliciter 3e renouvellement de mon mandat.

Pendant les deux années que j’ai passées au Parlement, j’ai eu, en plusieurs occasions, ia possibilité de prendre la parole à la tribune en faveur des marins- pêcheurs et des agn-

ailleurs, , ,f

J*ai toujours appuyé les revendications des ouvriers ne bénéficiant pas ce la retraite

ouvrière et paysanne et n’ayant pas droit aux assurances sociales..

J’ai défendu à chaque occasion les intérêts des retraités, artisans, commerçants* En toutes circonstances, je me suis toujours tenu à la disposition des collectivités ou des parti-

cubera pour la défense des intérêts en cause.

Mes voles ont toujours élé„mspirés pour la doctrine démocratique et sociale, dans le cadre des intérêts généraux de la nation. J ai toujours soutenu la politique de défense nationale pour la sauvegarde de la paix et la sécurité du pays.

Ayant tracé à grands traits mon attitude passée, voici quelle sera ma ligne de conduite

dans La venir.

Vous ne pouvez rien espérer de la coalition 4 Front populaire », sinon des desordres e des ruines,,. Les exemples de 1924 et de 1932 doivent être pour tous les républicains sincères et les partisans de l’ordre intérieur un souvenir vivant*

En face des forces révolutionnaires, toutes les forces d ordre doivent s unir pour eue triompher une majorité de concentration républicaine capable de soutenir un Gouverne

nement vraiment républicain, et lui donner l’autorité nécessaire pour l’application d’un programme complet de redressement national.

Auiourd’hui, plus rien ne divise les républicains. ^ .,

Personne ne conteste la laïcité de L’Etat, qui doit être 1 expression meme de la tole-

^“De même, tous les républicains acceptent sans discussion la liberté d'enseignement.

Le rassemblement de toutes les forces d’ordre impose en face de la gravite des problèmes intérieurs et extérieurs.

Une tâche importante s’imposera à la législature de demain, qui aura à résoudre :

i° La réforme économique et financière ,

2° La réforme militaire et diplomatique j La réforme politique et parlementaire ;

4° La reforme sociale et le redressement moral.

Mettre un terme à la crise doit être le premier effort du Parlement.

C’est un leurre de croire que « ça » s’arrangera tout seul.

11 est nécessaire de discipliner les esprits dans la légalité de la profession organisée, pour obtenir une revalorisation effective des produits et du pouvoir d achat du consommateur, et maintenir la valorisation du salaire des travailleurs.

Ni étatisme, ni trust. Mais une production déterminée en fonction des besoins de la nation et de nos colonies ou des échanges internationaux établis sans contingence d^ncier ou politique, sous l’arbitrage d'un Conseil national économique véritable expression de représentation professionnelle : patronale, ouvrière et commercia e.

Les finances publiques doivent être gérées économiquement, et le budget équilibré, non pas toujours par une déflation des salaires, mais par une réorganisation administrative

bien ordonnée et une imposition juste.

L’appareil fiscal doit être refondu.

L’intérêt de l’argent doit être fixé à un taux permettant aux agriculteurs, marin , artisans et commerçants, d’exercer normalement leur profession à l’abri des forces specu-

La nécessité d’une réforme bancaire s’impose ; réforme établie suivant les besoin» réels de nos industries et non de la spéculation et par un contrôle rigoureux des jetions souvent émises au seul détriment des petits épargnants.

Réforme militaire et diplomatique :

L’organisation militaire de la France doit être mise en rapport avec les nécessités d’une sécurité absolue de nos frontières-

Le renforcement de nos amitiés. Respect des engagement internationaux.

En face des nations de proie, il faut dresser les nations de paix.

Réforme politique et parlementaire : ___

A quoi bon parler de réformes, si nous ne commençons par le Parlement.

Il faut rénover nos institutions parlementaires, gouvernementales par une reforme électorale qui mette fin aux scandales du second tour de scrutin, par 1 etablissement du ’i oie obligatoire, le vote des femmes. Diminution du nombre des députes.

Donner au Parlement sa fonction normale de contrôle, en supprimant I initiative en

par „ droit de — -*— • «——S * -**

simplifié du droit de dissolution*

Contrôle des ressources de la presse, suppression des fonds secrets.

Réforme sociale ei redressement moral :

L’orientation professionnelle et l'apprentissage doivent être da ressorL de la profession organisée sous Je contrôle de l’Etat,

La durée du travail doit être déterminée dans le cadre de la profession et de la région et un salaire minimum doit être assuré à tous les travailleurs suivant le coût régional de la vie, et en raison de ses charges de famille.

Un roulement de travail doit être établi dans chaque profession pour diminuer le chômage.

La législation des assurances sociales doit être refondue d'après les règles mutualistes.

Un secours de 600 francs accordé à des vieillards de 70 ans est une aumône et non un secours. La famille doit être favorisée par une aide efficace aux familles nombreuses et la protection de l'enfance.

Voilà, brièvement exposée, ma ligne de conduite si vous m’accordez à nouveau votre confiance.

A l'appui de ces directives générales, je m’efforcerai de faire aboutir les justes revendications des :

Agriculteurs, marins, commerçants, ouvriers, combattants, mutilés, retraités,

Je suis certain de ne pas avoir démérité de vous. Mon action personnelle, mon activité de tous les instants sont un sûr garant que vos intérêts seront en bonnes mains.

J’ai confiance en votre verdict, et vous donne rendez-vous au 26 avril ; pas d’abstentions.

3e circonscription de LORIENT.

M, Joseph LE PÉVEDIC

(Groupe de TA!! sauce des républicains de gauche et des radicaux indépendants.)

Elu pour la lre fois le 29 avril 1928. — Réélu les Ier mai 1932 et 26 avril 1936,

Mes chers Concitoyens,

Pour la troisième lois, je me présente devant vous, afin de solliciter le renouvellement du mandat que vous m’avez fait l’honneur de me confier deux fois déjà par d’importantes majorités.

A la confiance que vous m’avez constamment témoignée, j’ai conscience d’avoir fidèlement répondu.

Vous connaissez mon passé.

Quant à mon activité, il vous a été possible de la contrôler chaque jour.

Chaque fois, en effet, que les travaux parlementaires m’ont laissé quelque répit, vous m'avez trouvé parmi vous.

Vos préoccupa fions quotidiennes ont été les miennes.

Vos soucis, je les ai partages, et vos légitimes revendications ont eu en moi un défend seur passionne et tenace,

A la tribune du Parlement, on m'a vu toujours prêt à élever la voix en faveur de nos laborieuses populations et si mes nombreuses interventions ont été écoutées, c’est parce qu elles furent inspirées par Tonique souci de rendre service h Lous en dehors des préoccupations partisanes.

Sauvegarder les intérêts de tous, en toute indépendance d'esprit et de caractère, tel a été le principe constant de mon action au Parlement.

Et c’est ainsi que Ton m’a vu apporter mon appui à une politique générale de concorde républicaine, la seule encore qui dans les graves conjectures de l’heure présente puisse assurer au pays une administration sage, le préserver des folles aventures, garantir la liberté et la sécurité des citoyens, sauver la paix, . .

J’ai ainsi conscience d’avoir fidèlement servi les intérêts supérieurs de ïa Nation et vos intérêts particuliers qu’il m’est donné de connaître à fond par un contact permanent et amical avec vous, dont la pensée et la volonté ont seuls et toujours dicté mon altitude et mon devoir.

Travailleurs de la terre, travailleurs de la mer, ouvriers des villes et des champs !

J’ai eu à cœur de lutter pour l'amélioration de vos conditions d’existence.

J’ai été de ceux qui ont préconisé de grands travaux pour remédier au chômage.

L’homme du peuple que je suis saura continuer à vous témoigner sa cordiale sollicitude.

Les lois d’assurances sociales sont encore trop compliquées. J’ai voté les améliorations de ces lois; je continuerai à demander les modifications nécessaires pouvant donner satisfaction à tous.

Ostréiculteurs et armateurs I

Vous avez connu en ces quatre dernières années des heures inquiétantes. Pour obtenir l'heureuse solution de problèmes qui étaient pour vous d’une importance vitale, je n'ai épargne ni mon temps, ni ma peine.

Au moment où la crise se faisait sentir le plus durement, je vous ai défendus au Groupe des ostréiculteurs dont je suis le secrétaire. Je suis intervenu à la Chambre et auprès du Ministère de la Mar ine marchande pour réclamer la liberté d’exportation pour vos produits.

Mon concours absolu vous demeure acquis pour l’avenir comme il Ta été dans le passé. Agriculteurs !

Vous avez particulicrefhent souffert de la crise. À votre lourde épreuve, dont j’ai ressenti toute l’amertume parce que je sais tous vos besoins, je me suis efforcé d apporter des atténuations.

Vous avez suivi mes interventions à la Chambre pour obtenir une protection plus efficace de vos produits, la diminution des taxes trop lourdes, pour réclamer en un mot plus d'égards pour les fermiers et les réconforter dans leur tâche ingrate et rude.

Aucun des problèmes qui vous préoccupent ne m'a été et ne me sera indifférent.

Mon désir le plus vif est que nos campagnes bénéficient du bien-être total auquel elles ont droit.

Le perfectionnement du réseau routier, la création des chemins ruraux, 1 électrification rurale sont autant de questions qui m’ont amené à intervenir, tant au Groupe de défense agricole qu’a la tribune de la Chambre.

J’ai interpellé aussi pour exiger la revalorisation des produits du sol, pour reclamer des primes à l’exportation du bétail, pour Tacha par 1 Etat des bovins qui ne pouvaient plus servir.

Afin de favoriser l'écoulement de vos produits, j’ai insisté à maintes reprises pour que Ton augmente les droits de douane sur les importations étrangères ; blé, pommes à couteau du Canada, conserves d'Amérique ]du Sud, du Portugal et de l'Espagne, bétail de Roumanie, pommes de terre de Hollande, etc*

J'ai voté aussi le plafond pour la diminution des fermages, ce qui m’a paru être une mesure plus juste que îa révision.

J'ai également considéré comme un devoir de justice de demander un délai plug long pour le payement de vos dettes envers T Etat et la réduction du taux de vos emprunts, ainsi que la plus-value pour le fermier sortant*

Marins pêcheurs l

Votre Ingrate besogne est aussi de celles que le Parlement a trop souvent méconnue*

Pas une fois, je n'ai perdu P occasion d'attirer sur vous l'attention des Pouvoirs publics*

Tous ceux qui, à des titres divers, vivent de la mer, ont été l'objet de mes pressantes sollicitations cdiaquc fois que cela était nécessaire*

L'équipement des petits ports, le sort des inscrits maritimes, l'amélioration des conditions de vente de tous les produits de la mer, ont été autant de problèmes auxquels je n'ai jamais été indifférent*

* , . Pas plus que je n'ai été indifférent à îa douleur émouvante des veuves et des orphelins de vos camarades disparus, pour lesquels, sans distinction, j'ai éprouvé la grande joie d’obtenir de légitimes satisfactions.

A la Commission de la marine marchande, dont je fais partie, et à la tribune de la Chambre, je suis intervenu à différentes reprises pour que votre situation soit un peu améliorée par l’octroi de primes de pêche* Pour ceux qui sont « au salaire », j’ai eu le plaisir de voter le projet de M* de Ghappedelaine qui leur procure des avantages sensibles.

Mutilés et combattants î

Vos revendications ont eu en moi un partisan ardent et convaincu, , .

Vous n'ignorez certes pas que j’ai interpellé plusieurs fois et que j’ai fait de pressantes démarches auprès du Ministère des Pensions pour que vos droits soient sauvegardés.

Avant le départ des Chambres, je suis également intervenu au groupe parlementaire des mutilés et combattants en faveur de la création d'une Caisse des pensions destinée à améliorer votre sort, car je suis de ceux qui n'oublient pas que vous avez des droits surde pays î . * .

Retraités î

Qui avez sacrifié au pays le meilleur de votre vie, soyez également certains que je saurai consacrer une bonne part de mon activité à vous faire obtenir justice.

Je suis intervenu, un soir, en votre faveur à la tribune de la Chambre pour que les décrets-lois dont vous avez été victimes soient humanisés,

Et je n’aurai garde d'oublier en particulier les cheminots, dont l'humble sort mérite d'être pris en considération.

Mutilés du travail, de l'agriculture, de l'artisanat I

. Mon vœu ardent est que vous puissiez enfin bénéficier de tous les avantages accordés aux ouvriers des grands établissements industriels*

Familles nombreuses î

Je m’efforcerai d'amener le Parlement à tenir les promesses qui vous ont été laites et qui n'ont pas encore été toutes réalisées*

Pour ma part, j’ai demandé notamment que les allocations familiales soient accordées X nartir du premier enfant et que Von modifie en ce sens le statut actuel.

‘ Je suis également intervenu pour solliciter des dégrèvements d impôts, proportionnellement aux charges des familles. ... , „

Dois-je ajouter que je demeure partisan de la liberté d enseignement ....

j’estime toujours que chaque famille est libre de faire instruire ses enfants dans 1 ecole

qui lui plaît.

Petits commerçants et petits artisans 1

Pour faciliter votre tâche, j’ai réclamé la création d'une caisse analogue au crédit

maritime pour les marins et au crédit agricole pour les agriculteurs.

Mon action sociale ne s’est pas bornée là et je me suis toujours montre favorable à toutes les mesures prises pour adoucir le sort des humbles et j’ai, en particulier, solhede le perfectionnement des lois d’assistance aux vieillards.

Contribuables !

Une fois de plus, je me déclare partisan d’une saine politique financière, d’une politique d économies utiles qui seule permettra d’assurer l'équilibre du budget et parla meme la

reprise de l’activité économique dans le pays. ,

j'estime qu’il est urgent de mettre fin à tous les gaspillages et aux exces du système fiscal actuel qui paralyse aussi bien les efforts des consommateurs que des producteurs.

Electeurs !

La législature nouvelle va se trouver aux prises avec des problèmes .extrêmement graves, de là solution desquels dépendra l’avenir du pays.

La tranquillité intérieure des citoyens et la paix internationale sont en jeu.

Réfléchissez S

Voyez ce oui se passe actuellement en Espagne.

En m’accordant vos suffrages, vous manifesterez, une fois de p us votre préférence pour une politique de bon sens, de très large union républicaine, rebelle h tous les exces, et qui seule assurera l'avenir du pays dans la concorde et la prospérité.

Vous indiquerez ainsi votre volonté très nette de ne pas faire 1 expérience d une politique aventureuse d'où peut sortir demain la guerre civile et étrangère.

Encore une fois, vous ferez confiance à l’un des vôtres.

, . , A celui qui fut toujours prêt à vous être utile, que vous trouverez toujours parmi vous et qui n’a jamais cherché à vous dissimuler ses idées. . .

Vous renouvellerez, le 2(> avril prochain, le mandat que vous m’avez confié deux fois

en toute indépendance. , , . .

Soyez assurés que je continuerai à défendre, avec la meme Lenacde bretonne que vous me connaissez, tous les intérêts de notre belle circonscription, dans le cadre de U rance républicaine, libre* pacifique et prospère.

Vive fo 3e circonscription de Lorient 1 Vive la République

Circonscription de PLOERMEL.

M. Pierre GILLET (^appartient à aucun groupe.)

Elu pour la I™ fois le 3 mai 1936.

Électeurs,

Je viens vous demander vos suffrages.

Pourquoi? De nombreux électeurs et élus de toutes professions m’avaient déjà sollicité de poser ma candidature aux élections législatives de 1924, 1928 et 1932. Cette fois, leur appel s’est fait plus pressant. Surtout, un grand nombre de cultivateurs ont manifesté leur volonté d’être représentés par un homme de leur métier. Je réponds à ces désirs.

Ce que je suis ?

Catholique sincère, je souscris à toutes les revendications de la fédération nationale catholique. La doctrine de justice pour tous et de charité pour les faibles, les petits, que 1 église ne cesse d’affirmer, est et demeure pour moi une lumière dont s’inspirera toujours mon action politique et sociale.

Au point de vue politique, je suis républicain.

Quelles sont mes idées sur les questions de politique générale qui doivent s’imposer à l'attention du Parlement ?

La question financière est la plus angoissante. Des impôts directs trop lourds et compliqués, des tracasseries fiscales paralysent et vexent le commerce. Les impôts indirects sont devenus écrasants pour les consommateurs, surtout pour les' familles nombreuses. Il faut alléger ces charges insupportables.

Il faut une politique financière à la fois saine, souple et juste. Il est urgent de réfréner le gaspillage des deniers publics, mais sans léser les droits acquis. L’Etat a le devoir détenir compte très spécialement des droits et des besoins des pensionnés, des petits retraités, des petits fonctionnaires

■ Ancien combattant moi-même, je demande aussi plus de justice et plus d’égards envers les anciens combattants et les mutilés de guerre.

D une façon générale 1 ELal prend sur lui trop de charges et de responsabilités diverses. Qu’il conserve seulement ses attributions essentielles, et en particulier qu’il cède à l’industne privée certains monopoles inutiles et coûteux. Par-dessus tout, il importe que la profession recouvre la liberté et les droits nécessaires pour que son activité soit vraiment féconde en résultats,

A gauche comme a droite, tous les esprits soucieux du bien public reconnaissent que l'autorité et la stabilité du gouvernement ne sont pas suffisantes. Cent ministères en soixante ans! Il faut que la Constitution soit revisée.

il faut que le Parlement représente plus exactement l’opinion du pays. C’est pourquoi je sms disposé à soutenir tout système électoral assurant la représentation proportionnelle des partis.

J appelle de tous mes vœux une réforme administrative qui aurait pour effet d’économiser annuellement des milliards d’impôts.

La lamille, insuffisamment représentée au Parlement, n’est pas assez vigoureusement

défendue et protégée- Eu sa faveur, on prononce plus de discours qu on ne prend de mesures sérieuses. Son intérêt exige le vote familial.

En ce qui concerne les relations extérieures, comme vous tous je veux 3a paix. Pour l'assurer, aucun des moyens dont les pays civilisés disposent actuellement, Société des Nations, alliances opportunes, ne doit être négligé.

Mais ce qui vous inquiète particulièrement depuis plusieurs années, c’est la question argent, la question économique : elle devient, en effet, de plus en plus angoissante.

L'agriculture a été, jusqu’en ces derniers temps, dans cette région, comme dans toute la France, une source de prospérité pour tout le monde.

Cette source étant tarie, toutes les autres professions en pâlissent : industriels, commerçants, artisans, ouvriers.

Le cultivateur acheté les produits manufacturés par 1 ouvrier \ l’ouvrier consomme les produits obtenus par le cultivateur. Mais, en cette période de crise économique, le travailleur ne gagne plus assez pour se procurer tout ce qu’exigeraient ses besoins normaux : le cercle se ferme.

Pour en sortir, pour sauver*Ie commerce et l’industrie, pour donner du travail à l’ouvrier et à Partisan, il faut, de l’avis de tous, relever d’abord Pagriculturc.

Pour y parvenir, il ny a qu un moyen : revaloriser les produits agricoles, depuis longtemps, leurs prix ne payent plus le travail ni la dépense.

Le professionnel ne peut plus vivre de son métier: ii entame scs économies, s’il en a ; s’il n en a pas c'est Ja ruine inévitable qui le menace.

Mais qu’est-co qui fixe les prix des denrées agricoles?

Ce n’est jamais le cultivateur.

La loi de Pufïre et de la demande? Son jeu est faussé par la spéculation internationale (les prix du blé, de la laine, etc. , sont fixés sur des places étrangères, en Amérique ou même eu Australie) 'f il est contrarié par 1 invasion des produits étrangers.

Sans doute, nous ne pouvons réduire à Pim puissance les profiteurs de la spéculation internationale « ces détenteurs et maîtres absolus de l’argent, dont parle Pie XI. qui gouvernent et distribuent le crédit selon leur bon plaisir. Par là, ils distribuent en quelque sorte le sang a 1 organisme economique, dont ils tiennent la vie cuire leurs mains, si bien que sans leur consentement nul ne peut plus respirer »,

Du moins, contre leurs manœuvres, nous pouvons protéger les produits nationaux.

En. effet, les importations des denrées agricoles sont fixées par les traités de commerce, soumis au Parlement, comme les contingentements, et les droits de douanes protecteurs.

Maïs, depuis de nombreuses années, les pouvoirs publics ont, dans les traités de commerce, délibérément sacrifié 1 agriculture française : les statistiques du commerce extérieur en sont la preuve.

Dans les lois d’intérêt social, d’autre part, on tient, trop peu compte du point de vue agricole, des intérêts agricoles.

Pourquoi tout cela? Parce qu'il n’y a, pour ainsi dire, pas de cultivateurs au Parlement.

Vous aurez, le $6 avril, P occasion d’en élire un.

Je suis un cultivateur, issu d'une lignée de cultivateurs.

Professionnel, vivant de cette profession, je suis plus vivement les difficultés de l'agriculture : j en pâtis le premier- Donc je les comprends mieux. Je suis l’un de vous.

Etes n est pas seulement la situation présente de l’agriculture qui m’inquiète. Père de famille, je suis nécessairement attaché au sol par le souci de l’avenir de mes propres enfants, p téoccupe de 1 avenir du pays, de l’avenir de la profession agricole : il faut que toujours cette profession fasse vivre nos enfants et leur rapporte.

Conseiller général depuis 1926, maire de Saint-Jean-Brévelay depuis 1927, j’ai fait mes preuves. Notamment au conseil général en intervenant pour demander :

fixation des salaires préfectoraux spéciaux pour les petits bergers {grâce à cette fixai ion et aux aménagements ultérieurs qu’elle a permis, les employeurs agricoles du dépar-

temenf onl économisé sur leurs primes d'assurances accidents environ 3 millions cl demi depuis six ans) ;

classement des chemins à grand l rafle dans le re.-?eau national ,

— les allocations familiales aux apprentis agricoles, comme à ceux des autres profas-

siens ;

la liberté pour les bouilleurs de cru, etc.

Si je suis votre élu, je vous promets de me mettre entièrement a votre disposition,

Non seulement ma porte vous sera toujours ouverte, mais vous me trouverez dans vos foires et de temps à autre dans vos bourgs, où je me ferai un devoir de venir vous rendre compte de mon mandat.

Electeurs,

Pour la prospérité du commerce, pour que rende le travail de l’ouvrier et de l’artisan, par le relèvement de l’agriculture, condition du salut commun.

Votez pour un travailleur de la terre.

Vive la République nationale et sociale I

Pi eere GILLET

Cultivâtes r,

Maire de SainWe&n-Brêvel&y.

Conseiller général.

Candidat républicain indépendant.

iIfi circonscription de PONTIVY*

M. Joseph CADIC (^appartient à aucun groupe.)

Elu pour la F* fois le i 1 mai 1924. — Réélu les 29 avril 1928 et 26 avril 1936.

Chers électeurs,

Sollicité par plusieurs d’entre vous et désigné par le Congrès du 9 mars convoqué par cinq membres de nos assemblées départementales, j’ai accepté de poser ma candidature aux élections législatives dans la 1” circonscription de Pontivy.

Vous me connaisse/ depuis longtemps. Républicain de cœur et de raison, j ai, pendant huit années au Parlement, soutenu constamment les gouvernements d'union, qui rejetaient la tutelle socialiste. J’estime qu’aujourd’hui, devant la menace de la banqueroute, de la guerre et de la révolution, il est nécessaire d’élargir encore cette union par la concentration de toutes les forces républicaines, seul moyen de sauver le pays et le régime. C’esL pourquoi, dès maintenant, je tends loyalement la main à tous les radicaux qui refusent de suivre le mot d'ordre de Moscou.

Politique extérieure :

Nous voulons la paix ! A la France qui veut cette paix, l’Allemagne hitlérienne menace d’imposer la guerre. Il importe donc de conserver intactes nos forces terrestres maritimes

et aériennes et de consolider nos anciennes amitiés. Et, à l’abri de notre force et de notre droit nous poursuivrons l’organisation de la paix par la Société des Nations avec tous les peuples de bonne volonté*

Politique intérieure ;

A l'intérieur, apaisement des esprits* La paix religieuse et scolaire doit être consolidée par la liberté de conscience, la liberté d'association et la liberté d'enseignement Là comme ailleurs, l'esprit de collaboration doit, remplacer l'esprit de rivalité et de lutte*

Famille I

Il existe un danger mortel pour notre pays, c’est la dénatalité. Tous les efforts contre la guerre et pour la paix seront vains, si 3a famille française continue à se désagréger. L’Etat doit , sans attendre, protéger, aider moralement et matériellement les familles nombreuses i il accorde des allocations substantielles aux chefs de famille fonctionnaires* Celles qui sont accordées comme encouragement aux familles des commerçants, ouvriers ou cultivateurs sont nettement insuffisantes. Je demande plus de justice dans l’octroi de ces allocations*

Agriculteurs :

Au souci de la paix à sauvegarder, s’ajoute le souci urgent de 1 économie nationale à réorganiser* La pierre fondamentale de cet édifice est la restauration de l'agriculture. Cultivateurs, je suis un des vôtres. Vos intérêts sont les miens. Pendant huit ans au Parlement et depuis quatre ans dans notre région, j’ai employé à les défendre toute mon énergie. G est pour intensifier cette action que je sollicite votre confiance.

Mais pas d’équivoque 3 Si j’estime que le paysan doit exiger son droit a la vie* je ne veux pas être un fauteur de désordre. Loin de prêcher comme d autres, le relus de 1 inipôtj la lutte des classes et la révolution, je veux faire en sorte que la revalorisation des produits du sol permette au cultivateur de payer ses impôts et raffermisse, entre propriétaires et fermiers, entre employeurs et employés, les relations d’entraide cordiale. Je veux ainsi sauver de la ruine tous ces jeunes ménages qui, s’étant installés dans une ferme il y a quelques années ont perdu plus des 2/3 de la valeur de leur capital d'exploitation et ceux qui, faisant confiance à la terre de France, en ont acheté une parcelle et ont perdu la moitié des économies qu’ils y onL engagées*

Routes. ■— Electricité :

Chaque village à la campagne doit avoir une route d'accès ainsi que 3a lumière et la force motrice.

Finances :

Le franc qui a été stabilisé en 1928 doit garder sa valeur de stabilisation* Les pouvoirs publics doivent veiller, par une politique douanière appropriée à ce que les fluctuation des monnaies étrangères ne viennent plus troubler la vie économique du pays*

Ces fluctuations peuvent provoquer parfois la hausse de certaines denrées alimentaires de première nécessité, portant ainsi préjudice à la situation des salariés, retraités et fonctionnaires de l’Etat.

La mise en circulation de la monnaie dkr pouvant y remédier, a été souvent promise, il faudrait tenir cette promesse dès que les circonstances le permettront*

Fonctionnaires,

La situation budgétaire a imposé des mesures immédiates et insuffisamment étudiées qui ont sévèrement touché les petits traitements et retardé votre avancement.

Ces mesures, déjà légèrement amendées, doivent être r objet d’un examen plus attentif et retouchées en vue du retour à une situation normale.

Commerçants et industriels,

La prospérité de V agriculture conditionne celle du commerce et de l'industrie* Travailler pour l'une, c'est travailler pour les autres. Mais je tiens à affirmer que la liberté du commerce doit exister réellement et je m'engage à combattre toutes les lois qui vous soumettent à une véritable inquisition, indigne du régime républicain. Les poursuites engagées en vertu des lois injustes doivent cesser au moyen d’une loi d’amnistie très large notamment en ce qui concerne les commerçants en grains, les boulangers, meuniers et les courtiers ou marchands de bestiaux.

Ouvriers et artisans,

Tout homme a le droit de gagner sa vie par le travail. C’est dire que l’Etat a le devoir de réduire et de supprimer le chômage, moins par la création de caisses nouvelles, que par l'ouverture de vastes chantiers, non seulement dans la banlieue parisienne et dans les grandes villes, mais dans tout le pays et dans nos campagnes.

Anciens combattants, — Victimes de la guerre. — Ascendants, — Veuves et prisonniers,

Vos droits sont incontestables. S; difficile que soit la situation budgétaire, les pouvoirs publics doivent prendre en considération vos revendications. Je vous assure de mon entier dévouement pour les soutenir.

Mutilés du travail,

Vous êtes aussi des victimes du devoir : je m'engage à défendre votre cause pour améliorer votre situation de misère.

Réalisations urgentes :

11 y a lieu de construire un aéroport à Pontivy, Il y a huit ans je fis déjà des démarches à cet effet etje suis pré ta seconder tous ceux qui s’intéressent à sa création.

Les écluses de Guerlêdan doivent être reconstruites sans délai et des améliorations faites aux quais de Pontivy et aux vannages pour éviter les inondations désastreuses dans les propriétés et cultures riveraines.

Dans la région de Raud, le commerce de la pomme, surtout de la pomme à couteau, doit être favorisé ; il serait urgent de prendre des mesures douanières de protection empê^ chant la pomme du Canada de concurrencer le marché français*

Lnion et collaboration des citoyens dans la République*

Défense de la patrie et organisation de la paix.

Sauvegarde du régime républicain par des réformes judicieuses, réforme de la Constitution et réforme du mode de scrutin*

Sauvegarde de notre économie et de nos finances par l’organisation professionnelle U le maintien de la liberté commerciale.

Vive la République I

Vive la Ire circonscription de Pontivy I

Joseph CAD [G

Cultivateur-exploitant*

Maire de Hbyat-Pontivy.

Candidat de concentration républicaine*

2* circonscription de PONTIVY,

M. Paul IHUEL (N’appartient à aucun groupe,)

Elu pour la V'R fois le 3 mai 1936,

Mes chers concitoyens,

Vivement sollicité par de nombreux groupes d'électeurs, jai accepté de poser ma candidature aux élections législatives dans la deuxième circonscription de Pontivy.

Je suis avant tout un homme de chez vous (un don ag er vro). Ma famille paternelle est originaire de la commune de Berné, dont mon oncle, Joseph ihuel, fut vingt ans le maire. Ma famille maternelle est issue du Crois ty où le souvenir des Croizer est toujours vivant. Dans les deux branches, aussi loin qu’on peut remonter- c'est toujours une ascendance paysanne que Ton retrouve.

Je suis donc tout h fait des vôtres et c’est à ce titre que je viens vous offrir, mes chers compatriotes, toute l'énergie de mon dévouement.

Républicain de cœur et de raison, je veux être le candidat de tous les républicains, pour lesquels la République n’est pas la propriété d’un parti.

Pour vous comme pour moi, la Républiquè doit être un régime pacifique, juste et fraternel.

Où la famille doit êlre soutenue par des mesures législatives propres à assurer sa stabilité, sa sécurité, sa fécondité dans un esprit de justice et d’égalité devant toutes les subventions de l’Etat ;

Où la plus entière liberté doit être laissée à chacun pour ses opinions, cette liberté devant être soigneusement mise à l'abri de toute pression, directe ou indirecte ;

Ou les hautes valeurs morales, spirituelles et religieuses, auxquelles personnellement je m’honore de croire, doivent être respectées ;

Où la justice et la cordialité doivent être à la base des rapports liant propriétaires, fermiers et locataires, patrons ét employés, producteurs et consommateurs. L’union est plus qu’utile à la paix sociale, elle est nécessaire ;

Où le devoir de tous est de bannir entre citoyens la violence haineuse, génératrice de guerre civile, en rejetant la politique des blocs et des fronts, en s’opposant énergiquement à toutes les dictatures d’où qu’elles viennent.

Domaine politique :

De profondes transformations sont nécessaires mais elles doivent se réaliser dans le cadre et l’esprit des institutions républicaines,

La stabilité ministérielle esL indispensable a 1 autorité gouvernementale. Un pays où Ton change de Gouvernement onze fois en quatre ans n est pas un pays gouverné. Je suis partisan d’une réforme parlementaire qui nous garantisse contre des crises ministérielles trop fréquentes.

J’entends aussi que l’indépendance de l’Etat soit préservée contre les emprises que

tentent d'exercer sur elle des féodalités de tous ordres et que la volonté populaire ne soit pas mise en échec par de puissantes oligarchies économiques et financières, armature du capitalisme moderne.

Il faut à tout prix, dans l’intérêt général, contrôler et discipliner ces oligarchies.

Le rendement de la machine administrative est insuffisant et défectueux. Il est urgent d’en simplifier les méthodes, de supprimer certains organismes inutiles et coûteux.

A la hase de toutes les autres réformes doit se placer la réforme électorale, par l'institution de la représentation proportionnelle ; en réalisant plus de justice, en accordant à chaque parti les sièges auxquels il a droit, cette réforme donnera au pays sa vraie physionomie politique.

Le vole familial doit aussi permettre au chef de famille de défendre les droits que 1 ni confèrent ses responsabilités et son autorité.

Domaine agricole :

L’agriculture est la sauvegarde de l’avenir du pays, et, si notre équilibre économique est aujüurd hui compromis, n’est-ce point parce qu’on a méconnu cette vérité que notre pays est une nation à prédominance rurale ? Les pays représentent, en effet, au moins la moitié de la population française, et, de ce fait, le sort du commerce, de l'artisanat, de findu strie, est intimement lié à celui de l’agriculture. Aussi la crise sans précédent dont ils souffrent et qui a sa répercussion sur toutes les autres branches de l'activité nationale ne pourra être conjurée tant que l'agriculture n’aura pas retrouvé son pouvoir d’achat et récupéré les pertes qu’elle vient de subir an cours de ces trois dernières années.

Les produits de la terre, qui sont à des taux ridiculement bas au regard des objets que l’agriculteur se trouve dans ^obligation d'acheter, doivent être revalorisés et ceux qui ont bénéficié ces derniers mois d’une revalorisation relative doivent être soutenus sans défaîL lance.

Dans ce - but, il faut avant tout maintenir et, si c’est nécessaire, renforcer les tarifs douaniers et les contingentements, afin de protéger contre les importations étrangères l'ensemble de la production agricole, fruit du travail paysan.

Je dis bien l'ensemble, car, pour être véritablement efficace, la barrière de protection doit s’étendre à tous les produits agricoles.

Je n’hésiterai pas à combattre tous les projets qui auraient pour résultat de sacrifier l'agriculture k des promesses illusoires d'exportations industrielles.

J’appuierai toutes les mesures permettant au paysan de résister k la spéculation.

En un mot, il importe avant tout de résoudre la crise agricole pour raviver V économie nationale

Domaine économique :

La crise économique a également pour cause V anarchie économique.

Le machinisme a considérablement augmenté la production. La chute des prix agri co les s le chômage, la baisse des traitements ont fortement réduit le pouvoir d’achat des masses. Ici des familles n’ont pas le- nécessaire. Là on brûle du blé, on détruit un cheptel. Véritable scandale, dû à l’anarchie économique et qui doit trouver son remède dans un équilibre entre une production réglementée et une consommation accrue.

Mais qui dirigera l’économie? Pas d’étatisme avec, POffice du blé, celui de la viande, celui des engrais, celui des transports. Ce sont les payions, les ouvriers., les commerçants qui doivent eux -me mes s’occuper de leurs affaires.

Il faut donc une organisation professionnelle locale, régionale, nationale, complétée par une assemblée économique, dans laquelle, à côté du Parlement politique, toutes les professions seront représentées.

Domaine financier :

Depuis quelques années, les dépenses de l'Etat n'ont cessé d'être eu augmentation, alors que ses recettes étaient en diminution par une mauvaise rentrée d impôts, conséquence du marasme économique.

Le déficit budgétaire devient ainsi un mal chronique qu'il faut réprimer d'urgence, pour éviter de grever davantage la dette publique.

Supprimons donc plus que jamais les cumulSj prébendes et gaspillages.

Un contrôle rigoureux des sociétés financières, une répression sévère des fraudes fiscales doivent, en protégeant l’épargne, permettre d’alléger la charge des impôts du petit contribuable et d’amender les décrets-lois, qui ont si sévèrement frappé le petit fonctionnaire.

Les anciens combattants, qui ont acquis des droits sacrés sur les champs de bataille, sont assurés de toute ma sollicitude et me trouveront toujours prêt à appuyer leurs revendications.

Domaine international :

De récents événements extérieurs ont à nouveau jeté le trouble en Europe et le souvenir de la dernière guerre est trop présent dans la mémoire de nos populations pour ne pas vouloir que la paix soit enfin organisée.

Tous nos efforts doivent tendre à ce but en fortifiant les pouvoirs de la Société des Nations, en organisant la sécurité collective.

Nos amitiés doivent être maintenues dans le respect des traités, Les armements de tous les peuples doivent être limités sans compromettre leur sécurité pour subir ensuite une réduction simultanée et contrôlée.

L'industrie des armes et munitions doit être rigoureusement contrôlée afin que le# puissants intérêts privés qu’elle représente ne fassent pas obstacle à la limitation des armements.

Tel est, mes chers compatriotes, mon programme.

Programme de liberté* de paix civile et internationale ; programme d’organisation économique et de justice sociale ; programme de défense des classes moyennes, paysans, ouvriers, commerçants, petits fonctionnaires.

Fils de la terre qui nous a vu naître, ayant toujours vécu parmi vous, si vous me désignez pour vous représenter, je m’engage à soutenir et à faire aboutir ce programme.

Vive la 2* circonscription de Pontivy I Vive la République !

Paul ÏHUEL Licencié en droit.

Candidat républicain de défense économique et paysanne.

lrc circonscription de VANNES.

M. Jean D ESC, RANGES (M’appartient à aucun groupe.)

Élu pour la tTe fois le '22 avril 1923, — Réélu les 1er mai 1932 et 20 avril 1930*

Mes chers concitoyens,

Est-il utile de développer mon programme ?

Depuis huit ans, plusieurs fois par mois, je me suis expliqué avec vous sur mes votes, sur mes initiatives ; vous m'avez fait part de vos désirs, de vos besoins ; je vous ai consultés à propos de tous les événements importants. Vous ôtes venus de plus en plus nombreux à nos réunions.

Vos visites, chez moi, à Vannes, vos lettres si confiantes et où vous me remerciez avec tant de délicatesse de ce que j’ai pu faire pour vous, ont établi entre nous une véritable amitié.

Je n'ai pas à vous faire de promesses. Vous avez mes actes : c’est plus sur,

Comment d’ailleurs énumérer ici nies multiples interventions à la tribune, dans les Commissions ou dans les Ministères, en faveur des agriculteurs et des commerçants, des marins, des artisans et des ouvriers? Je vous en ai rappelé le détail au cours de la présente campagne .

Vous savez que je n’ai laissé passer aucune occasion pour défendre vos droits, el ceux, plus sacrés, de vos familles.

Pour mieux vous servir, je collabore étroitement avec vos associations corporatives, persuadé, autant que vous-mêmes, que l’avenir n’est pas a l’étatisme, mais à h économie professionnellement organisée.

Mes <i camarades du front », les victimes de la guerre, les marins et leurs veuves savent avec quelle fermeté je veille à ce que l’Etat remplisse toutes ses obligations à leur égard et surtout continue à tes payer en bonne monnaie* L'effondrement du franc les dépouillerait d’une façon cruelle, de meme que les retraités, pensionnés et épargnants. Aux électeurs français d’aider aujourd'hui le Gouvernement à éviter cette ruine.

La législature qui s’achève a été l’une des plus malheureuses.

Une crise mondiale — dont le Pape Pie XI a dit qu’elle était la plus grande catastrophe qui se soit abattue sur l'humanité depuis le Déluge — nous a cruellement frappés. Voici que le spectre de la guerre se dresse de nouveau sur l’Europe, nous contraignant à de lourdes dépenses militaires, et paralysant la reprise de l’activité économique.

Nous devons bien subir l’inévitable. Le marin ne peut supprimer la tempête : il 3a surmonte à force de courage.

Réagissons de même avec énergie, d’abord en redressant les consciences*

II a fallu entreprendre une véritable croisade — à laquelle j’ai pris, à travers tout le pays, la part la plus active — pour le relèvement du moral français.

Rien n’est plus urgent. En présence des scandales politiques qui ont profondément troublé 1! opinion, des spéculations et des fraudes qui ont saboté les lois destinées à revaloriser vos produits, des hypocrisies et des égoïsmes cyniques qui empêchent la Société des Nations de réaliser la sécurité collective, le désarmement progressif et la paix, les hommes d'Etat de tous les partis ont fait appel aux forces morales et spirituelles. Les remèdes techniques seront sans effet, disait M, Gaillaux, sans un redressement de la moralité. L'indispensable réforme de l'Etat et la réforme électorale elle-même supposent la réforme des mœurs publiques.

En écoutant de tels propos, j'ai été plus fier de vous représenter, car, chers catholiques bretons, vous êtes vraiment, par vos vertus familiales, par votre attachement à vos croyances et à l'éducation chrétienne de vos enfants, les plus capables de contribuera ce renouveau moral.

Cet effort doit s'accompagner d'un redressement politique.

Par deux fois, le Cartel nous a conduits à la catastrophe. Le Front populaire est un Cartel aggravé. Ce n'est pas seulement le socialisme qui mène le jeu, c'est. le communisme, un communisme dont la préoccupation dominante à cette heure est de mobiliser toutes nos forces militaires pour la défense de la Russie soviétique.

Devant ïa perspective de telles éventualités, en face de ces périls qui surgissent sous les formes les plus imprévues., tous les bons Français doivent se réconcilier. Il faut qu'une majorité compacte fournisse au Gouvernement de la République les moyens de surmonter ces difficultés redoutables, avec sang-froid, sagesse, esprit de suite et avec une indépendance totale vis-à-vis des ingérences étrangères, des puissances d'argent et des partis f extrêmes

Pour cela, refaisons l'union des bons Français dans le respect mutuel, dans îe culte* de la patrie, dans la recherche pratique du progrès social.

J'ose dire que j'y ai travaillé avec une patience tenace.

* De quel front êtes-vous? » me demandait un rédacteur du Petit Bleu :

— « Je m'efforce, entre les factions ennemies, de rebâtir le Pont de la Concorde ! a *

Plus particulièrement, je me suis attaché à écarter tout ce qui pouvait ranimer les ' luttes confessionnelles. Les dirigeants de la République, aussi bien que les chefs de l'Eglise, ont rendu témoignage à ce constant effort pour le maintien de la pacification religieuse, et ils souhaitent les uns et les autres que je le poursuive.

A vous de juger, mes chers concitoyens, si j’ai bien rempli mon devoir.

Je suis certain que vous accomplirez le vôtre, 1

En me renouvelant votre confiance, avec une majorité accrue, vous me permettrez de travailler plus efficacement encore au salut du pays et à la sauvegarde de la paix, 1

Vive la Bretagne I

Vive la République !

Abbé DESGRANGES Député sortant.

circonscription de VANNES.

M* Ernest PEZET

(Groupe démocrate populaire,)

Elu pour la lfe fois le 29 avril 1928. — Réélu les 1er mai (932

et 20 avril 1936*

Mes chers Concitoyens ,

Pour la troisième fois, j’ai l’honneur de solliciter vos suffrages, vous priant de me faire l'amitié de me les accorder, en allant voter fidèlement, même si le résultat de cette élection vous paraît d’avance favorable à votre député. Le nombre de vos voix renforcera mon autorité. D'avance, je vous en remercie,

Depuis le jour où, sur la caution d’amis qui avaient votre confiance, vous m’avez élu, votre terre est devenue la mienne. Ma famille s’est enracinée chez vous. Mes plus jeunes enfants ne connaissent pas d'autre « pays ». Au cours de huit années de mandat législatif, je me suis efforcé de ne jamais oublier pourquoi vous m’avez choisi et ce vous attendez

de moi*

Pour y réussir, j’ai toujours eu présente à l’esprit îa vivante et fidèle image de notre

coin de France et de Bretagne : pays de fidélité et de sagesse, près de 70.000 habitants, en des familles généralement nombreuses et modestes, y vivent de la terre ou parla terre, unanimes dans leur patriotisme, presque unanimes dans leurs croyances ancestrales, en immense . majorité républicaines.

Chez nous, plus visiblement qu’en bien d'autres régions, commerçants, artisans, membres de professions libérales, petits fonctionnaires se sentent, bon gré mal gré, étroitement liés aux paysans par un sort commun : l’effroyable crise agricole a contribué à démontrer la

réalité de cette solidarité sociale* ^

Huit ans durant, je me suis appliqué, dans la mesure de mes moyens, à être utile a tous, sans distinction d’opinions ou de partis ; à étudier et servir consciencieusement les intérêts soit des communes, soit des diverses professions représentées par leurs groupements et syndicats. J’ai essayé, dans tous les domaines, de dégager et de suivre le sens de Pimtérèt général, national ou social ; j’ai eu îe constant souci de l'expansion française, de la coordination des intérêts de la France d’outre-mer et de la métropole, de la défense et de ^illustration de ia France à l'étranger par une meilleure publicité touristique, intellectuelle,

artistique ou politique* s ,

La sécurité et !a paix extérieure primant tout, je me suis spécialement consacre a étude des difficiles problèmes internationaux, parce qu'ils commandent — qui le conteste aujourd'hui — nos chances de paix ou nos risques de guerre*

Et me voici à nouveau devant vous, mes mandants et mes juges : tel je me présentai *vous, tel je suri resté. On peut ne pas approuver mon programme; on ne peut me reprocher d’y conformer ma conduite. Mais si je n’ai pas varié, les temps, hélas 1 ont bien

changé t

En 1928, nous connaissions les bienfaits d’une tranquillité et d’une prospérité relatives.

Depuis lors, un raü de marée économique — la crise mondiale - — a dévasté notre pays ; agriculture, commerce, artisanat, industrie ont été bouleversés. Ouvriers, fonctionnaires, victimes de la guerre, petits rentiers, vieux travailleurs, propriétaires, familles fortunées même, tous ont été frappés.

Les finances publiques, dépendant étroitement de l’état des finances privées, ont fléchi gravement sous le choc de la crise. Pour faire face aux charges nées de la guerre ou de l'optimisme excessif de la période de facilité — de l'automne 1926 au printemps 1931 —, nous nous sommes endettés de 65 milliards environ en cinq ans. Résultat : près de 350 milliards de dettes ; près de 12 milliards d’intérêts à payer tous les ans, malgré la conversion de certaines rentes; les recettes de Pim pot très inférieures aux dépenses du budget, même après les décrets-lois qui ont « sabré », parfois sans discernement, toutes les catégories de citoyens.

Pour payer les traitements des fonctionnaires, les pensions des retraités et des victimeï de la guerre, les subventions et les allocations de toute nature, les dépenses de la défense nationale, les frais d’administration, les charges d’entretien des routes, le déficit des chemins de fer, etc., bref pour faire « fonctionner » le mécanisme de la vie nationale, l’Etat est obligé de demander à l’emprunt, même étranger, le complément d'argent indispensable.

Les prêteurs français se refusent à l’Etat : près de 30 milliards en billets et de 10 milliards en lingots d’nr se cachent et « chôment», inquiets de Finstabilité gouvernementale, des bagarres des ligues et des « fronts », de la crise qui se prolonge et qu’aggravent tes dangers extérieurs renaissants.

Les finances publiques connaissent des heures si difficiles que la perspective d’une dévaluation est loin d’être écartée. Il ne sera au pouvoir de personne de l'éviter, si la reprise des affaires favorisée par la réforme fiscale ne redonne à notre Trésorerie ht sécurité, ne libère nos finances de l’emprunt perpétuel et notre budget du déficit forcé.

Les familles, toutes les familles — quelle que soit leur condition — se demandent si leurs réserves entamées, leur revenus menacés ou amoindris, leurs traitements et pensions diminués, leur travail intermittent ou moins rétribué, et ses produits dévalorisés, leur permettront, d’assurer un avenir du moins certain, sinon brillant, ù leurs enfants.

Et voici que la guerre, déclanchée en Afrique par le fascisme, montre de nouveau, au delà du Rhin et sur le Danube, son visage sanglant sous le casque allemand et la croix gammée d’Hitler*

La reprise économique commençait ; Du coup, la peur l’a freinée*

C est le moment que choisissent les chefs révolutionnaires pour proclamer que « îe futur Gouvernement — celui de juin prochain — sera un Gouvernement révolutionnaire ». Pour qu’il en soit ainsi, précisait M, Paul Faure, à Bordeaux, le Ci avril, % le parti socialiste pourra faire fléchir sa règle habituelle de non-participation au pouvoir et accepter sa responsabilité au Gouvernement ».

Pour éviter un tel Gouvernement, jè n’hésiterai pas à donner mon concours aux hommes résolus à garantir la paix sociale qui exige la justice sociale, et la liberté qui exige 1 ordre public sous 1 égide et la garantie des lois de la République*

Notre premier devoir, à tous, c’est de bannir la haine et de laire la paix entre Français. La guerre civile consommerait notre ruine à tous et ouvrirait ïa voie à la guerre étrangère. Or, la politique des blocs et des fronts prépare la guerre civile : voilà pourquoi je fa condamne.

Partisan de îa conciliation et de la concorde françaises, loin des extrêmes de droite et de gauche, je me situe, politiquement, au centre. Que m'importent tes attaques des fronüste» et des ligueurs de droite ou de gauche? La masse du peuple a horreur de tout extrémisme, de toute dictature — qu’elle soit du type fasciste, communiste ou hitlérien — , de toute rév*y

lution. Elle aime l’ordre, la liberté et la paix. Elle ne demande que pouvoir travailler et élever se* enfants. Elle veut vivre.

Pour lui épargner les convulsions politiques et sociales d’où sortirait un Gouvernement révolutionnaire — qui gouvernerait dictatorialemcnf —, il faut lutter ensemble, essayer par tous les moyens de juguler la crise, et rénover profondément la vie nationale.

Rénovation morale d’abord ; les hommes d’Etat les moins portés aux préoccupations spiritualistes reconnaissent qu’une condition primordiale de notre relèvement, c'est de restaurer le culte des valeurs spirituelles pour redonner aux travailleurs le goût du travail fait « en conscience », aux patrons le sens de la dignité humaine et de la justice, aux familles, basé de la société, les disciplines morales qui font seules leur stabilité' leur unité, leur fécondité, à l’Etat lui-même le respect sincère ot pratique des forces morales,

autre cou di lion est essentielle ü 1 existence d un Gouvernement stable } capable de prévoir, concevoir, exécuter avec continuité et autorité.

Oui, pour que notre peuple vive dans l’ordre retrouvé et la tranquillité maintenue, il faut un Gouvernement fort, assuré d’une majorité parlementaire solide, composée de républicains de Gouvernement résolus à établir ensemble un programme minimum, contre la crise, pour la réforme de 1 Etat, à 1 appliquer avec audace eL constance, comme aussi à défendre la légalité et la République,

Pour qu’un tel Gouvernement dure, agisse efficacement contre la crise et maintienne la concorde française — voilà le but —, la concentration républicaine — voilà le moyen — est nécessaire.

Mais elle ne doit pas masquer un conservatisme parlementaire, lui-même au service du conservatisme économique et social. Elle doit' permettre d’abord au Gouvernement de braver au dedans du Parlement le chantage des extrêmes, et, au dehors, les menaces des trusts, des ■dominations financières, des clubs ou de la rue. Elle exige la collaboration loyale des républicains de Gouvernement, quelles que soient leurs nuances et étiquettes sur un programme positif et précis de réalisations et de reformes.

Concentrer les bonnes volontés républicaines, cela ne veut pas dite les bloquer et les immobiliser, mais les rassembler pour la marche en avant.

Il faudra bien, en effet, se décider à entreprendre les transformations de fond que les abus du capitalisme et du libéralisme ont rendus inévitables : le crédit, la banque, l’économie (à organiser sur la base de la profession), l’administration, les rapports de l’intelligence, du capital, du travail, de l’épargne, etc., doivent faire l’objet de réformes de structure.

Dune manière ou dune autre, elle se feront : par la violence ou par la loi?.. . Je choisis la loi, préparée par la profession, édictée et appliquée par les Pouvoirs publics.

Je ne développe pas. Je suggère et je rappelle* Mou journal spécial a précisé mes vues* Cela me dispense d'en dire ici davantage.

Je crois avoir le droit de.prêconiser la concentration républicaine et de la préparer : républicain fidèle, j'ai servi de tout temps et défendu là où elle avait besoin de l'étre la République, sans rien lui demander pour moi. Je lui ai demandé seulement, partout et toujours, d être ou de devenir fidèle à ses principes, de renoncer aux régimes d'exception qui sont le reniement de 1 esprit de liberté^ de pratiquer les règles d'une vraie fraternité, d’être toujours vraiment sociale et vraiment française.

I lus que jamais convaincu de la nécessité de reconnaître les droits de la conscience et de sauver les valeurs spirituelles qui forment si bien des citoyens dévoués au bien public, jè ne demande â aucun de ceux qui n'ont pas ma foi des abandons que leur conscience libre né saurait consentir* Je leur rappelle seulement que la mienne ne saurait non plus les subir

jamais. Ceci précisé en toute loyauté, je me déclare prêt à collaborer avec tous les républicains d’esprit national, d’esprit social, d’esprit libre, résolus à assurer la force française sans doute, mais aussi partisans de l'organisation de la paix internationale par la sécurité collective et le rapprochement entre les peuples — l’Allemagne y comprise — si, du moins, la fin des bravades hitlériennes nous en laisse l’espérance et la faculté.

Devant un avenir inquiétant, au cours d’une crise tragique, avec des dettes lourdes et des finances menacées, faire des promesses qui engagent les finances publiques, ce serait faire preuve d’une ignorance et d une légèreté indignes d’un homme politique sérieux, et vous manquer de respect. Je ne promets qu'une chose : suivant les circonstances et les possibilités pour organiser la paix, restaurer de saines finances, alléger les charges fiscales, sauver les lois sociales, rendre aux anciens combattants véritables et aux vraies victimes de la guerre les avantages partiellement perdus, revaloriser le travail des paysans, j’agirai au mieux, je ferai pour le mieux, en conscience.

Voilà dans quel esprit, mes chers amis, si vous me conservez votre confiance, je compte agir au Parlement qui ne doit pas être un « gueuloir », un « ring » ou un « champ clos », mais un atelier où doit se préparer la bonne gestion du pays, qu’il s’agit de gouverner en bon père de famille. Pour moi, la politique est l’art difficile et délicat S’équilibrer et de faire s’accorder cent intérêts différents, et parfois divergents, en vue du bien général.

Au Parlement — comme au dehors — je ne veux connaître qu'un front, vraiment national et populaire celui-là : le « front républicain » des patriotes clairvoyants et pacifiques, des citoyens dévoués au bien public, des partisans de la justice sociale, des Français qui ne veulent pas se battre entre eux, bien certain, ce faisant, d'être le mandataire fidèle de tous ceux qui me donnent leur suffrage. A tous les républicains, quels qu ils soient, et d’où qu’ils viennent, qui ont sur l’essentiel, les mêmes vues et la même volonté, je tends loyalement la main, pour le bien du peuple, pour la République, la patrie

et la paix.

Ernest PEZET Député sortant*

Chevalier de la Légion d’honneur*

Croix de guerre*

Secrétaire de la Commiaiion des affaires étrangères* Candidat républicain de concorde française et de concentration républicaine*

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