‹ Recueil des textes authentiques des programmes et engagements électoraux des députés proclamés élus à la suite des élections générales de 1936 (volume 2)Chapitre 109 sur 186 · E* THOMAS · texte numérisé non relu

E* THOMAS

lre circonscription de CAMBRAI.

M. Raymond G ER NEZ (Groupe social is te.)

Elu pour la P® fois le 3 mai 1936.

(Voir le programme du Parti socialiste S. F. 1. O., p. 3. J

Citoyens,

C’est avec une émotion profonde que nous adressons cet appel aux électeurs de la première circonscription, aux travailleurs, aux républicains qui, deux foisjpour celte législature eurent à désigner leur représentant au Parlement.

Les deux militants que nous avions successivement choisis et que vous aviez honore de votre confiance, sont morts à la tâche. Tous deux issus du peuple, ils le sei rirent avec passion, avec un désintéressement qui force l'admiration de nos adversaires eux-memes.

Nous saluons la mémoire de ces deux vaillants députés, Maurice Garnier et Louis Brodel, dont le souvenir restera impérissable.

Pour les remplacer, nous présentons à vos suffrages, notre jeune ami Raymond G ornez, conseiller d’arrondissement, militant ardent, propagandiste infatigable, il sera, à la Chambre des Députés, le digne représentant de cette classe ouvrière du Cambrcsis qui, en 1932 et en 1934, a signifié définitivement quelle n'entendait plus confier à ses ennemis le soin de la

représenter*

Que voulu ns - nous ?

Le socialisme» vous le savez (car les vieilles légendes n'ont plus cours dans nos campagnes), n’a jamais voulu dépouiller qui que ce soit, sinon les malfaiteurs qui s'approprient la fortune gagnée par le travail des autres.

11 ne vient pas pour prendre, mais pour restituer ce qui a été indûment prélevé sur leur force travail, conséquence du régime capitaliste que nous subissons.

Il veut garantir à tous les travailleurs la propriété de leur instrument de travail. Pour les uns, c'est la terre; pour les autres, c'est l'outil ou la valeur qui le représente.

Il veut arracher tous les travailleurs à l'exploitation de gens sans qualité, d'affairistes improvisés, de financiers tarés, de spéculateurs éhontés*

Il ne veut pas admettre qu'une année d'abondance (hélas si rare) se traduise pour Je paysan par un excès de misère, parce que les boursiers, les agioteurs, les spéculateurs se sont entendus pour acheter bon marché au producteur et revendre très cher au consommateur.

11 veut assurer une vieillesse digne et paisible à ceux qui se sont usés à la tâche et dont ï effort a créé de îa richesse pour la collectivité.

Constatations :

Une crise sans précédent ruine les particuliers et l'Etat* Les ressources de la nation sont pillées par des profiteurs connus mais impunis. Devant les richesses accumulées par leur labeur, les travailleurs et leurs familles manquent du nécessaire. Une fiscalité inique accable les petits* A la solde du haut capitalisme bancaire et industriel, sous le commandement du descendant d’un émigré de Coblentz, une redoutable bande armée rêve d’imposer à la France, une dictature sanglante* Voilà la situation intérieure.

A l'extérieur, les menaces de conflits internationaux provenant de pays à gouvernements fascistes, prouvent aux Français que notre Parti a toujours eu raison de dire :

fit J. a dictature, c’est la guerre î a

La lâche de dèmain :

Pour faire face à celte situation lourde de dangers, il faul un Gouvernement de salut public qui sache et veuille sans haine, sans sectarisme, mais avec fermeté, remettre de l'ordre el réparer les injustices,

A P Intérieur :

Reviser une fiscalité qui entend faire supporter à 3a classe ouvrière Ses irais de redressement financier.

Rendre aux anciens combattants, aux fonctionnaires, à tous les travailleurs, leurs pensions et leurs salaires amputés par les décrets lois*

Pour donner du travail à tous» réduire en durée la semaine de labeur, élaborer un plan de grands travaux d' utilité publique*

Libérer les paysans de la tutelle des grands seigneurs terriens, des magnats des engrais,

Ift- — — ' "

des grands trusts capitalistes (minoteries, sucreries, etc.) qui accablent et détroussent les petits agriculteurs,

Imposer ïa volonté de la masse du peuple aux organisations financières et à leurs figues*

À l'extérieur :

Il faut, sans retard, fortifier la Société des Nations, en faire la vraie Société des peuples, et non l'association des diplomates et des gouvernants. Par le désarmement général, simultané et contrôlé de toutes les nations* par la pratique obligatoire de l'arbitrage, il faut organiser Fa grande paix humaine, seule garantie de la vraie sécurité de la France»

L'œuvre de paix, l'organisation de l'Europe, telle est la tâche la plus pressante qui s'impose désormais aux hommes.

À l'heure où un capitalisme forcené fait peser sur le monde la plus effroyable des crises, à l'heure où des dizaine* de millions d'êtres vivants endurent les pires misères et ou la gêne vient jusque dans vos sillons, il importe d'unir les nations en un même, effort

d'organisation confiante et fraternelle.

Socialisme et République ;

Nous vous demandons votre libre suffrage.

Du scrutin prochain peut dépendre l'avenir du pays. Nous sommes certains qu’il assurera dans cette circonscription si attachée à la démocratie, la continuité d'une tradition que ne déconcertent pas les audaces nécessaires de la pensée et de l'action.

Nous ne séparons pas le socialisme de la République : ils sont indivisibles comme la République et la Nation.

Hommes de cœur et de raison :

Nous attendons des électeurs de la première circonscription, l'écho d'une voix humaine à Rappel que nous leur adressons.

Si, renouvelant votre confiance au Parti socialiste, vous désignez notre candidat comme successeur de Maurice Garnier et de Louis Brode!, c'est à eux que vous rendrez encore hommage.

Le 26 avril, en vous rendant aux urnes, c'est à eux que vous penserez, à ces deux braves militants morts pour votre cause : celle du prolétariat et de la République.

Au devoir, camarades !

Pour vous, pour vos familles,

Aux urnes pour notre candidat Raymond Cernez !

Vive la l,e circonscription de Cambrai I Vive la République sociale !

LE COMITÉ ÉLECTORAL

Citoyens,

Désigné par les sections socialistes de cette circonscription comme candidat au siège de Maurice Garnier et de Louis Brodel, j'ai par devoir, accepté cette mission.

En çinq semaines, souLenu par l'effort unanime des militants, j’ai visité vos communes, y exposant [!e programme du Parti socialiste auquel je suis fier d'appartenir depuis quinze ans»

Je n'ai d autre ambition que celle d’être pour les travailleurs du Cambrêsis, le représentant, le défenseur et l'ami quhls avaient trouvé en Garnier et en Brodel.

Si vous me désignez comme députe, je ferai miens tous les engagements qu'ils avaient pris envers vous,

À eux et à vous, je resterai fidèle.

J’attends pleinement confiant, îe verdict que vous rendrez le 26 avril et que nous acclamerons ensemble au cri de :

Vive le Parti socialiste !

Vive la République sociale !

Raymonu GERNE2

Délégué cantonal .

Cor sei 1 1er tTarr on UîsaemenU Secrétaire du Comité des sections socialistes de rarrondîs&eraant de Cambrai.

2e circonscription d© CAMBRAI.

M, Auguste BEAUVILLAIN (Groupe socialiste.)

Élu pour la ire fois le 1 1 mai 1924. — - Réélu le 3 mai 1936,

(Voir le programme du parti socialiste S, F. I. O., p. 3).

Mes chers concitoyens,

Un congrès des sections socialistes m'a confié, à l’ unanimité, la mission de me présenter à vos libres suffrages. Je le fais eu toute indépendance d’esprit, avec 3a ferme volonté, si vous m’honorez de votre confiance, de consacrer tous mes efforts à la chose publique, pour îe bien du pays et de la démocratie.

Dans un contact étroit avec vous, à intervalles rapprochés, vous me direz, si eetta confiance est bien méritée.

Ma profession de foi s'inspire du programme du Rassemblement populaire, élaboré em communion de pensée et de défense de la démocratie, dans une réunion de toutes les forces de gauche, après les graves événements du 6 février 1934, dirigés contre la République, oi le régime courut un véritable danger.

D’ores et déjà, pour répondre aux souhaits maintes fois exprimés par de fervents démocrateSj nous pouvons dire que nos leaders entreront au Gouvernement en plein accord ave* notre parti et aussi pour répondre à k volonté du peuple. Ils participeront au gouvernail, ^on pour mener une politique sans grandeur et sans gloire, mais pour lutter avec acharnement contre la crise et juguler le fascisme.

En un mot, le parti socialiste, sans abandonner son programme d’action, entend dans un Gouvernement des gauches, prendre sa part de responsabilités. !i veut répondre aux vastes espoirs du peuple et de la démocratie, après cette consultation nationale, qui verra sans aucun doute, le triomphe des principes de progrès et de raison sur les forces obscures de la réaction.

Mais avant de vous exposer le programme d'avenir des forces conjuguées des partis démocratiques et sociaux, perniettez-moi, chers électeurs, de jeter un regard en arrière d© vous présenter un réquisitoire sur les Gouvernements qui ont trompé l’attente du pays en menant une politique insensée.

Les décrets-lois :

Electeurs, voie i des précisions qui vous permettront de juger l’œuvre des décrets-lois Douinergue.

Corn i ta d "as s i s ta n ce oo t été réduits ainsi qu’il suit :

Allocations militaires de soutien de famille, diminution 5 millions.

Allocations aux femmes en couches, diminution 4 millions.

Allocations aux mères qui allaitent, diminution 12 millions.

Crédits pour combattre Ja tuberculose, diminution 13 millions.

Assistance aux familles nombreuses, diminution 52 millions.

Assistance aux vieillards, infirmes et incurables, diminution 100 millions.

Secours aux chômeurs, diminution 226 millions*

I, 'école laïque n’est pas épargnée. Elle est atteinte de deux façons : d’une part, par la réduction des crédits, subventions aux communes pour la construction d’écoles, de 30 millions; d’autre part, par la suppression de 5.000 postes d’instituteurs.

Les anciens combattants n’ont pas été oubliés. Qu’on en juge :

Prélèvement de 3 0/0 sur toutes les pensions, 200 millions*

Révision des pensions des non-titulaires de la carte du combattant, 150 millions. Economies pour crédits pour soins gratuits, 25 millions.

Le Gouvernement Doumergue a modifié les impôts pour qu’ils rapportent davantage à PEtat. Gomment s’y est-il pris ? Admirez sa méthode de justice fiscale.

Petits commerçants, lisez et retenez ces chiffres : 43.500 commerçants réalisant plus de 50,000 francs de bénéfices déclarés ont payé, en 1934, 1 770 millions d’impôts sur le revenu.

En 1935, ces mêmes commerçants n’auront plus payé que 1.415 millions, soit en moins 355 millions, Un assez joli cadeau, n’est-ce pas?

Par contre, 725.000 petits et moyens commerçants, réalisant moins de 50 000 francs de bénéfices, ont payé en 1934, en fait d’impôts sur le revenu, 940 millions. En 1935, ils auront payé 1.250 millions, soit en plus 310 millions.

Politique stupide, toujours dirigée contre les petits, pour favoriser les gros.

Prenons à ce propos quelques exemples pour corroborer notre thèse. Voici un gros commerçant faisant un bénéfice de I million. Grâce au décret-loi Doumergue, i) a payé en moins 30.000 francs.

Mais le petit commerçant qui, avec le forfait, était classé dans la catégorie des bénéfices de 5.000 francs, a payé en plus 300 francs.

Les artisans ont été aussi bien, ou plutôt mal traités par les décrets-lois.

Leurs petits gains ont été en effet assimilés aux bénéfices industriels et commerciaux et, du même coup, ils ont dû payer la taxe sur le chiffre d’affaires.

Exemples : un cordonnier utilisant 300 francs de marchandises par semaine paye, pour «elles- ci, un impôt supplémentaire de 374 francs par an.

Un tailleur d’habits qui utilise 800 francs de marchandises et fournitures diverses par semaine paye mi impôt supplémentaire de 960 francs par an

Or celle politique de compression ei de réduction des crédits les plus utiles, à laquelle souscrit M. Del igné, celui-là meme qui a choisi son remplaçant en la personne de M. Abel j)ehé, a été aggravée encore par les décrets-lois Laval.

Là, ce fut le bouquet et les fonctionnaires, les retraité? ont encore écopé dp belle Façon \ 4 in si une institutrice mariée à un instituteur voit son traitement amputé de 52 0/0,

Et tout cela a été absolument inopérant, établi en pure perte. Les quelques milliards d'économies réalisés par les décrets-lois de Doumergue et de Laval sur le dos des travailleurs des cheminots, des malheureux assistés, des anciens combattants, des retraités, des pensionnés, et au détriment des travaux publics et de l’école laïque, devaient supprimer le déficit du budget de l’Etat évalué à environ 7 milliards.

Cependant, ce déficit existe toujours. En elïct, le Gouvernement Sarraut, il y a quelques semaines, a été obligé, avec la politique monstrueuse de scs prédécesseurs, de demander à la ChambrcT .avant qu’elle se sépare, l’autorisation d’émettre pour 6 milliards encore de bons ou d’autres valeurs du Trésor à court terme.

En résumé, la politique de déflation devait donner une nouvelle activité à la vie économique, aux affaires, cl les impôts devaient rentrer plus abondants dans les caisses de l’Etat.

Or. cette politique de déflation, autrement dit de réductions des traitements, des salaires, des pensions, des crédits d’assistance et d’hygiène, des crédits de travaux publics, de subventions aux communes et aux départements pour construction d'écoles, d’hôpitaux, de s a ua ton a ■ cette politique, en un mot, chère a ÎVL Abel Délié, qu il a entetin.ee pai un. vote au Conseil général, a fait faillite, et ses conséquences continuent à être déplorables pour le pays.

Ce q ue nous fe r o i u x i v dus rê p o n d ez à notre a t te n l e ?

Voici, chers électeurs, le programme des réformes que nous soumettons à votre jugement ;

Défense de la liberté :

Amnistie générale.

Désarmement et dissolution effective des formations paramilitaires, conformément à la loi.

Mise en vigueur des dispositions légales i cas de provocation au meurtre ou d attentat à la sûreté de l’Etat.

Application et respect du droit syndical pour tous.

Assurer la vie de l’école publique, non seulement par les crédits ixecessanes, mais par des réformes, telles que la prolongation de la scolarité obligatoire jusqu’à 14 ans et la mise en pratique dans l’enseignement du second degré d’une sélection indispensable comme complément delà gratuité.

Garantir à tous, élèves et maîtres, la pleine liberté de conscience, notamment par le respect de la neutralité scolaire, de la laïcité et du droit civique du corps enseignant.

Défense de la paix :

Appel à la collaboration du peuple, et notamment des masses laborieuses, pour le maintien et Y organisa tien de la paix.

Collaboration dans le cadre de la Société des Nations, pour ta sécurité collective, par la délinition de l’agresseur et l’application automatique el solidaire des sanctions en cas d’agression.

Efforts incessants pour passer de la paix armée à la paix désarmée, d abor par une

convention de limitation, puis par la réduction générale, simultanée et contrôlée des armemenLs.

Nationalisation des industries de guerre et suppression du commerce privé des armes.

Répudiation de la diplomatie secrète, action internationale et négociations publiques pour ramener à Genève les Etats qui s'en sont écartés, sans porter atteinte aux principes constitutifs de la Société des NaLions : sécurité collective et paix indivisible.

Mesures immédiates en vue de l'enseignement, dans toutes les écoles, de l’espéranto comme moyen de maintenir la paix, étant entendu que si les peuples parlaient la même langue, ils apprendraient à se mieux connaître, à s’estimer et à s'aimer.

Revendications économiques :

Restauration de la capacité d'achat, supprimée ou réduite par la crise.

Contre le chômage et la crise industrielle, institution d'un fonds national de chômage.

Réduction de la semaine de travail sans réduction du salaire vital.

Appel des jeunes au travail par I établissement d'un régime de retraites suffisantes pour ies vieux travaille Yi rs ,

Exécution rapide d’un plan de grands travaux d’utilité populaire, citadine et rurale en associant à l’effort de l’Etat et des collectivités l’effort de l’épargne locale.

1 our les cultivateurs, contre la crise agricole et commerciale :

Revalorisation des produits de la terre, combinée avec une lutte contre la spéculation et la vie chere, de manière à réduire l'écart entre les prix de gros et les prix de détail.

Pour supprimer la dîme prélevée par la spéculation sur les producteurs et les consomma leurs, création d'un office national interprofessionnel des céréales.

Soutien aux coopératives agricoles (que M. Abel Dehé, lui, voudrait voir supprimées) ; livraison des engrais au prix de revient par les offices nationaux de l’azote et des potasses, contrôle et tarification de la vente des superphosphates et autres engrais, développement du crédit agricole, réduction des baux à ferme.

Suspension des saisies et aménagement des dettes.

Contre le pillage de l'épargne *

Meilleure organisation du crédit et assainissement financier.

Défense acharnée du franc, dont la chute se retournerait encore contre les travailleur*.

Réglementation de la profession de banquier.

Réglementation du bilan des banques et des sociétés anonymes.

Réglementation nouvelle des pouvoirs des administrateurs des sociétés anonymes.

Révision des marchés de guerre et liaison avec la nationalisation des industries d* guerre.

Répression du gaspillage dans les administrations civiles eL militaires.

Institution de la Caisse des pensions de guerre.

Reforme démocratique du système des impôts, comportant une détente fiscale en vue e a reprisse économique, et création de ressources par des mesures atteignant les grosse» ortunes. Progression rapide de la majoration du taux de l’impôt général sur les revenu» supérieurs à 75.000 francs.

Mesures sévères contre la fraude fiscale.

Enfin, dans l’ordre général, pour mettre fin au désordre infernal dans la production et restituer à la collectivité le profit des grands monopoles capitalistes, dont l’un a fourni i Hitler les minerais dont il avait besoin pour le réarmement de l’Allemagne, le parti socialiste réclame la nationalisation des mines, assurances privées, grandes industries métallurgiques, chimiques, électriques, chemins de fer, pétroles, banques. Et, pour que la France ne voit plus se dresser contre elle, sur la route de la paix, les puissances métallurgiques et

financières ^u; manoeuvrent toujours pour opposer les peuples les uns contre les autres : suppression de la fabrication et du commerce privés des armes et leur nationalisation*

Telles sont* chers citoyens, les principales revendications que présentent le Front populaire et le parti socialiste.

Dans votre intérêt, pour qu'un grand effort législatif soit fait contre la crise économique, la misère, et pour F organisation internationale de la paix, vous vous servirez de votre bulletin de vote pour porter la vraie démocratie au pouvoir.

Vous vous associerez au vaste mouvement qui secoue le pays tout entier, les travailleurs, les producteurs, pour la libération des puissances oppressives et 1 avènement de la République des travailleurs*

Citoyens, nous comptons sur vous comme vous pourrez toujours compter sur nous.

Vive le Front populaire !

Vive le socialisme libérateur !

-Auguste REàUVILLALV

Maire de Caudry.

Conseiller d'arrondissement du canton de Clflry, Ancien député du ftord*

lre circonscription de DOUAI

M. Henry MARTEL (Groupe communiste,}

Elu pour la lr& fois le 3 mai 193b.

(Voir le programme du Parti communiste français, p. 16,)

2e circonscription de DOUAI.

M , A rth un R À M ETT E

Elu pour la 1 re fois le 8 mai 1932. — Réélu le 26 avril 1936»

(Voir le programme du Parti communiste français, p. 16 )

1" circonscription de DUNKERQUE

M. Charles VALENTIN (Groupé socialiste.)

Elu pour la lr' fois le 3 mai 1936.

(Voir le programme du Parti socialiste S. P. 1. O., p. 3 )

Electeurs,

Le 1 ,0 li socialiste de 1 arrondissement de Dunkerque, réuni en congrès sous la présidence de ! loger Salengro, député du Nord, conseiller général, maire de Lille, m’a désigné

comme candidat à Léleelion législative du 26 mai 1936. Je viens vous demander vos suffrages.

Vous connaissez les résolutions que notre parti a adopLées à l’occasion du renouvellement e d Ji ambre des Députés. Le Réveil des Flandres qui les a reproduits la semaine dernière, vous ayant été adressé par la poste, vous avez pu les lire et réfléchir aux propositions que ces documents contiennent.

ü çsl là que vous trouvez le programme de tout candidat socialiste.

Oui, mon piogramme, c est le manifeste de mon part ï, son commentaire, c’est la proclamatnm de la « Fédération du Nord »; l'appel pour ma candidature, c’est celui du comité d arrondissement de Dunkerque du parti socialiste.

Sr-v-auÉ* -voulez cependant que j ajoute à ces déclarations, dont le Réveil des Flandres vous apporta les textes complets, ma déclaration personnelle, voici ma réponse ;

10 C^U Parlement français, dans les années qui viennent, sera considérable pour la rance et pom I Europe. Précision chez les économistes et les techniciens ; largeur de vues

penseurs, des propagandistes ; sens de Futilité générale, des disponibilités du moment , 10 ! né ce ad tés pour ] avenir, chez les gouvernants. Voilà le travail de demain, pour

les partis politiques comme pour les élus que le suffrage universel investira de sa confiance.

e orme constitutionnelle s’il échet ; en tout cas, rejet absolu de l'abdication des élus devant la dictature des décrets-lois*

RU oi mes administratives, sociales, financières; recherche des moyens de donner aux na ions e nen-éLre suprême, la paix; développement de renseignement à tous les degrés ;

, , . iG C. c^es ^lclv ailleurs, syndicats, prud’homie, protection contre les accidents, 1,111 lib s ira va il , révision des lois sur les accidents ; organisation des li.- ou\nçrest allocation aux médaillés du travail; défense des agents des services puyes, oes retraités, des victimes et mutilés de guerre; prolongation de la scolarité; a j C JVC P0lH Ie® ouvriers , lutte sans merci contre le chômage avec création dù

onas national de secours et développement du plan d’outillage; aide à la jeunesse; aide

, , V L!î ilom creuses , aide <i 1 agriculture, aujourd’hui bernée par les capitalistes et les spéculateurs, comme le commerce, l’industrie, l’artisanat.

, . tkei que et dans lout 1 arrondissement, défense des intérêts considérables de la

région maritime, industrielle, commerçante avec les ports de Dunkerque et Gravelines, tous

> . .^e * *■ U- ^ conlmerÇnnls, employés, ouvriers, agents des ponts et chaussées,

' c ers, mariniers et marins, douaniers et cheminots, etc. ; Goudekerque-Branche, Malo-

les-RMns, Petite- Syntlie, Gappelle, Rosendael, Saint- Pol-sür-Mer, Bray-Dunes, Téteghem, Zuydcoote, développement du tourisme, protection de toutes les industries qui en relèvent, protection des arts, de la mutualité, des œuvres d'enfance et d’assistance, etc.

Créer, ordonner le progrès humain, répartir équitablement les richesses, pour la satisfaction des besoins des hommes, les libérer du sordide esclavage, que les anciens ont subi, œuvre possible aujourd'hui grâce à ta science* Que l'économie rénovée permette d’en faire bénéficier la collectivité tout entière.

Sur les misères d'aujourd’hui, fonder la société nouvelle, non pas en jetant sur elle le manteau de pourpre dont Renan revêtait les dieux morts, non pas en masquant les trustasses sans les apaiser, mais en créant véritablement le bonheur pour tous les hommes.

Et, au delà de nos frontières, remplir la mission généreuse d’initiatrice du monde, que l’histoire enregistrera pour notre honneur, que notre nation comprenne d’abord l'Europe puis le Monde et les dirige dans la voie de la réconciliation des hommes de tous les pays.

Chaules VALENT IN.

2e circonscription de DUNKERQUE*

M. Andbé PARMENTIER

(Groupe dé la Fédération républicaine de France*)

Elu pour la 1" fois le 8 mai 193*2. — Réélu le 26 avril 1936,

Mes chers Concitoyens,

Quatre années se sont passées depuis le jour où vous m’avez accordé votre confiance pour représenter à la Chambre notre belle circonscription et la Flandre française, À travers les difficultés et les inquiétudes d’une époque gravement troublée, je me suis efforcé chaque jour et à chaque heure d’être honnête et digne mandataire de la population laborieuse qui m’a fait l’honneur de me constituer le défenseur de ses intérêts matériels et moraux.

Je crois avoir répondu à cette confiance en mettant à votre disposition, en toutes circonstances, le meilleur de mon dévouement. Les interventions que j'ai faites dans l’intérêt de notre chère circonscription et de notre pays à la tribune de la Chambre des Députés et dans les grandes commissions parlementaires — notamment à la Commission de l’agriculture — les relations suivies que j’ai eues avec vos associations diverses, associations agricoles, commerciales, sportives, sociales et d’anciens combattants, les demandes verbales de démarches et de renseignements auxquelles j’ai tenu à donner satisfaction dans toute la mesure qui dépendait de moi, la correspondance considérable que j’ai reçue et à laquelle je me suis toujours fait un devoir de répondre avec exactitude témoignent du travail journalier et constant auquel j'ai fait face, d’accord avec vous et pour vous.

Je tiens à dire que j’ai été profondément encouragé dans ma tâche par les liens solides d’amitié qui se sont établis entre vous et moi. Ayant rempli les obligations de ma charge avec conscience et loyauté, je viens vous demander de consolider ces liens dont je suis fier,

estimant que le mandat que je tiens de vos mains me vient d’hommes libres dont j'apprécie le bon sens et l'attachement à leur pays. Comment cet attachement ne se manifesterait-il pas plus clairement et plus unanimement encore aux heures préoccupantes où les menaces intérieures et extérieures appellent à l'union nécessaire tous les Français qui se demandent ce que sera demain pour la France ?

Depuis l’ouverture de cette campagne électorale, l'occasion m'est donnée une nouvelle fois de me retrouver avec la masse des braves gens de notre coin de terre flamande et de m’entretenir avec eux des nombreux et justes soucis qui jettent l’anxiété dans le cœur de tout bon citoyen qui réfléchit. Je visiterai tontes les communes de notre vaste circonscription et nous examinerons ensemble les mesures a prendre pour collaborer, en bons Français, au sauvetage de notre pays, au maintien de la paix et an retour d'une situation économique qui assurera à tous, dans la liberté, du travail et du pain.

Mais je dois cependant indiquer ici les grandes lignes de mon programme dont les détails ne manqueront pas d’être commentés au cours des réunions publiques où nous sommes appelés à échanger nos impressions et nos idées,

La paix d’abord et avant tout est indispensable à nos foyers pour permettre à nos familles de travailler dans la sécurité et de ne pas connaître une nouvelle fois la séparation et les horreurs d'un conflit sanglant. La paix, grâce d'abord aux mesures de protection que l’Etat doit aux populations du pays, et en premier lieu aux Français qui ont le périlleux honneur d'habiter la zone frontière. La paix aussi par l'accord avec nos voisins, quels qu'ils soient, à condition que cet accord paisse être basé sur la con Lance. Ce ne sont pas mes camarades anciens combattants qui me désavoueront lorsque j’inscrirai en tête de cette profession de foi cette déclaration formelle : « Nous voulons la paix »,

Il ne servirait à rien, sans la paix, de songer à une amélioration économique qui serait impossible. C'est dans la pleine sécurité que nos agriculteurs doivent pouvoir se livrer à leurs travaux, procéder à leurs récoltes et bénéficier, pour l’équilibre des prix, de la stabilité financière et monétaire qui est inséparable de Tordre et de la tranquillité intérieure et extérieure. Nos commerçants, eux aussi, accablés par les charges et soumis à de multiples inquisitions, ont besoin d'être assurés du lendemain et mis à T abri de la démagogie ruineuse qui rend les affaires impossibles. Nos petits rentiers, déjà dépouillés des quatre cinquièmes de leurs revenus, ne doivent pas être placés dans l'alternative cruelle de devoir recommencer à travailler à un âge avancé ou de mourir de faim. D'ailleurs, comment éviter le chômage des jeunes, si les vieux sont obligés de continuer à travailler pour vivre ? Nos fonctionnaires, qui seraient au premier rang des victimes d'une dévaluation ou des désordres sociaux, ont droit au respect de tous lorsqu'ils remplissent leurs fonctions avec dignité et il est juste qu’ils obtiennent un statut équitable. Mes bons amis, les anciens combattants, dont le droit à une réparation a été solennellement reconnu, sont justifiés à demander que le déséquilibre de la gestion financière ne soit pas périodiquement le prétexte d’une révision de leurs droits acquis. Nos ouvriers agricoles et industriels doivent bénéficier d’une bonne et judicieuse application des lois sociales, et ces lois elles-mêmes ne peuvent fonctionner à la satisfaction de tous que si les Pouvoirs publics accomplissent l'effort nécessaire pour mettre fin au marasme des affaires et ramener la prospérité.

Le retour à la prospérité que nous appelons sans cesse de nos vœux ne peut se réaliser que par une politique d'ordre et par le maintien énergique de la sécurité du pays, par une réforme raisonnable et mesurée de l'Etat, par une sage politique économique et financière.

Mes chers amis,

Au cours de ces quatre années, je me suis trouvé très souvent au milieu de vous, j’ai pris part à vos joies comme à vos deuils, j'ai appris à vous connaître et à estimer la franchise de voire caractère et votre proverbiale fidélité.

Ma fidélité a répondu à la vôtre et j'ai conscience d'avoir rempli loyalement le mandat que vous m'avez confié.

Les heures que nous vivons appellent à l'union des bonnes volontés tons les Français qui pensent à Ta venir de leurs foyers et de leurs familles. De toutes parts, des avertissements solennels soulignent l’importance de l'élection du 26 avril pour le destin de la France. Nous sommes tous d’accord pour affirmer qu'il y a des événements que nous ne voulons plus revoir. Nous voulons que, grâce au main lien de la paix civile et de la paix extérieure, malgré le front dit populaire, qui nous mène au désastre et â la ruine, chacun de nos concitoyens connaisse la joie de vivre heureux au soleil de la liberté française. Pour assurer cette paix, unissons-nous de tout cœur pour diriger le gouvernail de notre grand pays dans le sens de scs intérêts les plus sacrés et dans le culte de scs traditions historiques.

Je sais qui vous êtes. Je connais votre indépendance obstinée et votre amour pour votre pays, votre volonté de voir respecter vos intimes convictions et l'inviolabilité de vos consciences. Je pense comme vous et j’en suis fier.

Je donne rendez- vous k tous les citoyens qui, sur cette parcelle du sol de notre chère Flandre, rejettent les utopies des partis internationalistes et de leurs divers complices coalisés contre l'idée d'une République nationale, fraternelle et vraiment française, afin qu'au soir du 26 avril, nous puissions tous ensemble, grâce à notre coude à coude, fêter la victoire de la France, de la Flandre et de la République ]

Attohé PARMENTIER

Député sortant.

Chevalier de la Légion d’honneur*

Blessé de guerre (4 citations).

1** circonscription d'HAZEBROUGK.

M. Gabùtül PLANCKE (Groupe de la Gauche indépendante.)

Elu pour la l3^ fois le 3 mai 1936.

M, G a h rie l Plane ke n 1 a p a s publié de p ro fess io n de foi .

2° circonscription d’HAZEBROUCK,

M. Jean-Pierre PLIÇHON

(Groupe des Républicains indépendants et d’action sociale.) Elu pour la lTe foîs le 3 mai 1936.

Messieurs les électeurs et chers compatriotes,

Je me présente à vos libres suffrages — Je ne revendique pour le nom que je porte que l'honneur d’avoir été celui de deux députés du Nord, qui

— par la rectitude de leur conduite politique,

— par leur correction,

— par leur probité*

n’ont jamais donné aux ennemis du régime parlementaire le moindre prétexte à la moindre attaque* A une époque où les scandales gravitent avec une troublante périodicité autour du Palais Bourbon, j'ai le droit d’invoquer cela, pour présenter à mes compatriotes une candidature vraiment républicaine.

Matériellement, je conçois l'accomplissement du mandat parlementaire de la façon suivante :

Dans ma maison de Baillent, rue de Lille, pendant toutes les intersessions parlementaires ;

A Paris, pendant la session parlementaire, avec une présence mensuelle du mardi à Bailleul, mercredi à Merviîle et du jeudi à Estaires, en profitant de ces contacts pour assurer la liaison entre les municipalités et autres collectivités, et les Ministères.

Ce sont des promësses, certes, mais soyez certains que, si je prends à conquérir ce mandat, une peine que nul ne niera, une peine qui ira jusqu'à l'extrême limite de mes forces, ce nesl pas pour abandonner la partie une fois élu.

Concilier le respect des traditions et le maintien de Tordre avec un amour sincère du progrès, tel est le but de ma candidature.

Mon programme

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