‹ Recueil des textes authentiques des programmes et engagements électoraux des députés proclamés élus à la suite des élections générales de 1936 (volume 2)Chapitre 118 sur 186 · LA FÉDÉRATION SOCIALISTE DU PAS-DE-CALAIS · texte numérisé non relu

LA FÉDÉRATION SOCIALISTE DU PAS-DE-CALAIS

3e circonscription de BETHUNE

M. Alfred MA ES (Groupe socialiste*)

Elu pour la 1” fois le Î6 novembre 1919- — - Réélu les 1 1 mai 1924, 22 avril 1928, 8 mai 1932 et 3 mai 1936.

(Voir le programme du parti socialiste S, F. I* O., p, 3.)

Electeurs,

Le parti socialiste présente à vos suffrages, pour le scrutin du dimanche 26 avril, le citoyen Alfred Maës qui sera, dans le canton de Lens- Ouest, le porte-drapeau des travailleurs.

Notre candidat.

Alfred Maës est né à Saint-Omer, le 15 juillet 3 875. Il perdit son père de bonne heure, et pour aider sa nombreuse famille à vivre, il avait à peine 10 ans, quant il dut aller Iravailler aux champs.

Quelques années plus tard, il venait habiter Lens et descendait à la fosse n° 2 des Mines de Lens, puis a la fosse n° 1 1 , qu’il ne quitta que pour partir au régiment.

Tout jeune, Maës s'intéressait vivement aux questions du travail et il était frappé de la relation qu’il apercevait entre les progrès de l'organisation ouvrière et 1 amélioration du sort des travailleurs. Il comprit que tout l1 avenir était là et résolut de se consacrer entièrement à ce travail d'organisation. On peut dire que toute sa vie n’a eu pour but que cet idéal.

Libéré du service militaire, Maës revint à Lens. fl fut occupé à la fosse n° 1 où ses camarades, frappés de son activité et de son dévouement à leur cause, lui confièrent,

en 1904, le mandat de délégué a leur sécurité.

La grande grève de 1906 ouvrit un vaste champ à son activité. Il prit dans la direction de ce mouvement une part des plus importantes, et lorsqu’après la victoire ouvrière 1 organisation syndicale prit un si brillant essor, le résultat était dû en grande partie à 1 inlassable propagande que Macs avait entreprise.

En 1910, le syndicat des mineurs lui confia le service de contentieux. Maës ne trompa point les espérances qu’on avait mises en lui. Spécialisé dans l'application des lois minières, il acquit rapidement une compétence qui lui permit de donner toute satisfaction aux înteressés.

En meme temps, Macs déployait la plus grande activité pour améliorer les conditions de salaires d es ouvriers mineurs. Des entrevues consécutives marquèrent chaque lois une étape dans cette voie.

Si le syndical des mineurs du Pas de-Calaîs compte aujourd’hui un nombre considérable

d'adhérents, on peut dire que c’est, à Maës que revient en grande partie l'honneur de ce résultat.

Les conventions de 1902, 1906, 1912, entre autres, relatives aux retraites, purent entrer en vigueur d’une façon plus intéressantes grâce à la véritable jurisprudence que Maës fit établir au prix de nombreuses difficultés. C’est en 1912 que Maës devient le secrétaire du syndicat des mineurs, poste de confiance qu’il occupe encore aujourd'hui.

L'activité de Maës, organisateur inlassable, propagandiste’ infatigable, Pavait mis au premier plan des militants ouvriers. Aussi la Fédération socialiste désigna Maës, en 1919 comme candidat. Le corps électoral lui manifesta son entière confiance en l’envoyant siéger au Palais-Bourbon, ainsi que tous ses camarades de liste.

En 1924, î! fut de nouveau désigné et réélu. En 1928, puis en 1932, les électeurs du canton de Lens-Ouest lui renouvelèrent leur confiance.

L'action politique :

Depuis son entrée dans la vie politique, Maës ne s’est pas départi un instant de la ligne qu’il s’était tracée.

Fidèlement, attaché au parti socialiste, il n’a jamais eu qu'un but : défendre les intérêts des travailleurs, arracher toutes les réformes qui pouvaient augmenter leur bien-être, rendre, en un mot, plus équitable et plus sociale, la législation d’une démocratie républicaine,

A tous les progrès faits dans cette voie est attaché le nom de Maës. Ses votes sont le témoin de sa fidélité au programme socialiste que nous rappellerons en quelques lignes ;

Contre l’insécurité du travail, nous réclamons l 'assurance-chômage sans cotisation patronale, ni ouvrière; la semaine de quarante heures à salaire égal, le contrôle ouvrier.

Contre l’anarchie de Ja production, nous réclamons la protection des consommateurs et des producteurs contre la spéculation* Nous voulons la nationalisation des mines, des chemins de fer, des assurances, etc.

Contre l’ignorance, nous voulons la gratuité de l'enseignement à tous les degrés. ,

Les commerçants, les cultivateurs, les petits fonctionnaires n’ignorent pas q ,e les élus socialistes au Parlement ne cessent de prendre en main leurs intérêts et leur défense,

La suppression ou 3a modification des décrets-lois, qui en restreignant le pouvoir d achat des consommateurs, paralysent l'économie du pays, seront énergiquement poursuivies.

Pour les travailleurs en général, nous reprenons à notre compte le plan constructif de la Confédération générale du travail*

Ce programme, c est a sa réalisation complète que Maës consacrera, comme par le pàs^é, tous ses efforts, comme il apportera tout son concours aux efforts que le pays réclame de ses mandataires pour sauvegarder la paix, qui, jamais dans le monde, n’a été aussi m e n a c ée q u 'a uj o u rd + h u 1 .

Les impérialismes^ les nationalismes économiques qui sont nés et qui se développent sous Je signe du fascisme sons toutes ses formes, ont créé dans l’Europe une psychose de guerre, une course aux armements, une mystique de conquête qui mettent Ja paix en péril. Une effroyable catastrophe qui anéantirait la civilisation, menace l’humanité,

11 est du devoir de ceux qui ne veulent pas cela de crier bien haut leur volonté de voir peuple: poursuivre une politique de sécurité collective par une entente internationale telle que la concevait Briand, cet « Apôtre de la paix »,

C est aux hommes comme Maës, qui se réclament de cette politique, que doivent aller les suffrages de tous ceux qui veulent éloigner de leur pays le spectre de la guerre.

L'action économique :

sur le terrain politique, Maës a toujours suivi un programme de réalisations sociales, c e&t qu il répondait aux nécessités de 1 action à laquelle il s'est particulièrement consacré : celle qui sauvegarde les intérêts économiques de la région laborieuse qu’il représente.

Ces intérêts, dont dépend la prospérité de tous : cultivateurs, commerçants, artisans de toutes catégories, se confondent en entier avec ceux des travailleurs de la mine.

C est du niveau de vie des mineurs que dépend le développement de toute l'activité économique du pays.

Et c est à relever le plus possible ou à maintenir ce niveau que Maëst on peut IVfirmer hautement, a consacré toute son activité, toute son énergie, Cest pour atteindre ce but qu’il a mené des luttes acharnées, qu’il a livré, contre les égoïsmes et les privilèges d incessants combats.

Au cours d innombrables entrevues, dans les situations les plus difficiles, Maifc a donné la rnesut e de sa compétence, et les résultats ont compensé ses efforts. Jamais il ne se laisse abattre, jamais il n’abandonne la tâche qu’il s’est fixée, jamais il ne lâche pied quand il s’agit de défendre les revendications qui lui sont confiées :

Etablissement d’un salaire minimum, institution qui constitue pour les travailleurs une nécessité vitale ;

Elévation continue du taux de la retraite des vieux mineurs, sont les principales étapes de cette route du progrès que Maës n’a jamais cessé de parcourir, et sur laquelle nous aurons bientôt à revenir en détail*

Devant îa crise ;

Mais jamais les qualités dont Maës a fait preuve dans toute sa vie de militant n’ont été autant mises à l’épreuve que dans la période que nous vivons depuis plusieurs années.

La crise sans précédent que traverse l’industrie minière. Macs en avait prévu les résultats et indiqué les remèdes. Dès l’origîne, comprenant que le chômage et la misère qui s’installaient aux foyers des mineurs, étaient dus surtout au poids de la concurrence étrangère sur le marché français, il avait dirigé ses efforts sur une pofitique de contingentement seule capable de remédier au mal. Les événements ont montré qu’il avait vu juste et que c’est à eeLte politique qu’il a fallu avoir recours. Seule, ceLte solution s’est révélée d’application pratique parce que, seule, elle visait à assurer l’écoulement de la production de nos houillères et, en conséquence, à réduire ou à éviter le chômage, générateur de misère.

Non seulement les mineurs, mais aussi tous ceux — et c'est la majorité de nos concitoyens - dont la prospérité dépend du travail de la mine, rendent aujourd'hui justice à 1» clairvoyance de Maës, eL lui sont reconnaissants de son action favorable à l’intérêt général de notre laborieuse région.

Citoyens T

Votre devoir est tout tracé.

Votre intérêt, celui de la République et de la paix, vous commandent de confirmer voire volonté manifestée il y a quatre ans*

Vous élirez à nouveau Alfred Maës.

Toute abstention serait un crime en un moment aussi grave.

Le dimanche 26 avril vous irez déposer dans Tu me un bulletin au nom d'Alfred Matés*

Vive la République sociale I

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