PYRÉNÉES (HAUTES
Circonscription ds AP* GELES.
M. Achille FO U LD
(Groupe de l’Alliance dos Républicains de gauche et des Radicaux indépendant».)
Élu pour la lr* fois le 16 novembre 1919* - — Réélu les 11 mai 1924, 22 avril 1928,
1er mai 1932 et 26 avril 1936*
Mes chers Concitoyens,
Mes chers Amis,
Je viens solliciter de vous le renouvellement de mon mandat, auquel j'ai conscience de no pas avoir failli, depuis seize ans que j’ai l’honneur de vous représenter au Parlement,
Respectueux de toutes les libertés, ennemi de toute dictaLure, qu’elle soit d'un homme ou d’une classe, je me présente à vous comme candidat de concentration républicaine et d’union entre les républicains sincères : tous ceux qui repoussent les doctrines du socialisme marxiste et de l’internationalisme révolutionnaire et veulent faire face aux maux qu une
crise mondiale cause à la nation et an régime*
Mon programme n’a pas changé. Il vous suffirait de relire mes professions de toi de 1919, de 1924, de 192S et de 1932 pour vous rendre compte de ma fidélité à mon idéal politique*
Voici mon programme :
Au point de vue extérieur :
Nous donnons notre approbation sans réserve à la politique de paix et de dignité sagement poursuivie, dans le cadre de la Société des Nations, par le Président Laval qui nous a évité la guerre, politique par laquelle, ainsi que l’a déclaré le President Albert Sarraut, « s’est exprimé le double et ardent souci de l’intérêt national et de la paix internationale* »
Au point de vue militaire :
J’ai toujours soutenu de toutes mes forces dans son œuvre d’organisation de nos frontières un homme dont je suis fier d’avoir été l’ami : André Maginot. Demain comme hier, pour assurer la sécurité du pays, je voterai toutes les roesuies nécessaire*,
veillant, à ce que les crédits affectes a la Defense nationale soient employés avec le maximum d’efficacité et la plus stricte économie.
Au point de vue intérieur :
Nous déclarons intangibles les libertés républicaines : liberté de conscience, liberté de réunion et d’association, liberté de la presse, liberté d- enseignement.
Les unes et les autres devront cire,. dans un large esprit de tolérance* le bien inalié-* nable de tous les citoyens, quelles que soient leurs conditions sociales, leurs croyances ou leurs opinions.
L’Etat républicain doit être réformé. Nous voulons pour notre pays :
1 Un gouvernement doté d autorité et de stabilité, protégé efficacement contre les passions démagogiques, contrôlé parles assemblées représentant la souveraineté populaire;
2 Un pouvoir judiciaire indépendant, animé de la seule préoccupation de défendre la société et de rendre une justice impartiale, égale pour tous les citoyens, et que le législateur doiL s’appliquer à rendre plus rapide et moins onéreuse ;
3° Une administration moderne et disciplinée, apte à servir l'Etat et les intérêts du public*
Au point de vue financier ;
Nous voulons :
U L'équilibre sincère et réel du budget ;
2° Le maintien de la stabilité du franc;
y Une réforme profonde de notre fiscalité, comportant notamment la simplification et la diminution du nombre des impôts et leur allégement ;
4° Rendre au Parlement sa fonction normale de contrôle;
L’abaissement du loyer de l’argent, favorisé par l'équilibre budgétaire et la limitation des appels de l’Etat à l'épargne.
En ce qui concerne les décrets-lois d'économies, ils devront être autant que possible adoucis, mais, dans leur ensemble, ils devront être maintenus. Faire sur ce point des promesses inconsidérées ne serait pas digne d’un hbmme que, depuis seize ans, vous honorez de votre confiance.
Au point de vue économique :
Notre doctrine est restée la même. Nous travaillerons de toutes nos forces ;
1° A la defense de la production nationale contre la concurrence étrangère ;
2° Au développement des échanges, facilité dès que possible par les dégrèvements fiscaux, une stabilisation internationale des devises et des monnaies ;
3° A l organisalion de la « plus grande France », par la mise en valeur de nos terriornes d outre-mer, «ne politique d’échanges réciproques avec la métropole, l'application du programme établi par la Conférence économique coloniale ;
. A ]a Protecüon de l’épargne, en particulier la stricte application des décrets-lois pris a cet effet par Je Président Laval ;
5" A un meilleur aménagement de nos richesses thermales, touristiques et climatiques ; a famé connaître à tous les Français les beautés naturelles et artistiques de notre pays, a y attirer les etrangers; 1
, y f °JJ-ïboi alion ëtioiLe entre les organisations professionnelles et les pouvoirs
publies par le moyen du Conseil national économique;
T A îa lutte contre les coalitions excessives d'intérêts et contre toutes les formes de concurrence déloyale ;
8° A donner des facilités aux débiteurs de bonne foi, victimes de la crise.
Au point de vue agricole :
La crise économique ne pourra prendre fin que lorsque nos producteurs agricoles recevront une juste rémunération de leurs peines. Dans ce but, nous travaillerons à larevalorisation des produits de la terre et de l’élevage*
Désenclavement des villages en montagne ; lutte contre la crise de la main-d’œuvre; protection de la petite propriété rurale ; action résolue pour le remembrement ; accession à la propriété ou au patronat pour les fermiers, métayers et ouvriers des champs ; tarifs spéciaux de transports pour les produits agricoles et pour les engrais; développement des organisations professionnelles ; fourniture de machines et engrais à meilleur marché ; protection de F élevage et encouragement à l'industrie mulassière ; lutte contre toute taxation et réquisition entraînant des tenues de livres et des déclarations incompatibles, en temps de paix, avec l’exercice de la profession d'agriculteur ; augmentation de la dotation du Crédit mutuel agricole ; simplification des formalités administratives pour l'attribution de prêts, notamment aux mutilés et anciens combattants ; développement du crédit agricole P Comme par le passé, et avec une volonté inébranlable, nous nous consacrerons à toutes ces questions, vitales pour les agriculteurs et les éleveurs*
Au point de vue social et au point de vue des anciens combattants et victimes de îa guerre :
Lutte contre le chômage; protection de la main-d’œuvre nationale; lutte contre la tuberculose et le taudis ; construclion de logements ouvriers, par le développement de l’application des lois sur les habitations à bon marché; application de ces lois pour le logement de l’ouvrier agricole ; refonte complète de toutes lois venant en aide aux familles nombreuses par Funification des avantages accordés aux pères de famille et l'institution d’une allocation nationale à partir du premier enfant ; simplification du fonctionnement de la loi sur les assurances sociales par la collaboration de la mutualité ; amélioration du sort des mutilés du travail ; participation des salariés aux bénéfices; accession des travailleurs à îa propriété ; institution de commissions mixtes d’arbitrage.
En ce qui concerne les victimes de la guerre et les anciens combattants : je suis partisan de l’adoption de l’ensemble des mesures proposées par la Confédération nationale des anciens combattants et victimes de la guerre, au fur et à mesure que des disponibilités budgétaires pourront être dégagées.
Mes chers Concitoyens, mes chers Amis,
Je vous le répète, vous me connaissez, mais il n’est pas superflu de vous appeler à constater vous-mêmes la situation devant laquelle vous vous trouvez.
Le 1*T mai 1932, il vous fallait choisir entre votre député sortant et deux autres candidats. Le premier représentait malgré une étiquette confuse le cartel radical et socialiste unifié, l’autre, le parti communiste* Moins sage que vous, l’ensemble du corps électoral envoyait une majorité de Cartel à la Chambre. Tout comme en 1914 et en 1924, vous voyez ce qui cri est résulté. Aujourd'hui, au lieu d'un Cartel à deux têtes, Fou vous offre une coalition électorale pire, puisque les communistes ont accepté d’y entrer en imposant leurs conditions.
Il dépendra de vous de choisir entre, d une part, le Front populaire qui a montré au delà de nos Pyrénées de quelle manière ii était capable de gouverner, et, d’autre part, une large majorité républicaine, groupant sous le signe du patriotisme et de la raison, tous ceux qui repoussent les doctrines des partis de désordre et de haine.
Je sais, mes chers amis, que votre choix est fait et que vous affirmerez sur mou nom le 26 avril prochain votre désir de voir se dégager à la Chambre une majorité capable de gouverner et de mener à bien, dans l’intérêt de tous et de notre cher pays, une politique républicaine de liberté^ d’ordre, de travail et de paix»
Vive la France !
Vive la République 1
Vive ^arrondisse nient d’Argeiès !
Achille F 0 U L D
Ànci en c o m ba tta n t »
Officier de la Légion d’honneur*
Croix de guerre française et belge.
Ancien Sons-Secrétaire d’Etat à la Défense nationale* Membre do la Commission des Affaires étrangères* Ancien Ministre dé T Agriculture.
Président du Groupe de défense paysanne. Candidat d'union et de concentration républicaines,
; Député sortant.
Circonscription de BAGNÈRES-DE-BIGGRRE.
M. Gaston MAN EN T
(Groupe républicain radical et r a (fi G&b socialiste.)
Elu pour la îre fois le 17 février 1935. — Réélu le 3 mai 1936.
Chers concitoyens,
Dans le temps où uous vivons, les événements se précipitent dans tous les domaines avec une telle rapidité qu'ils bouleversent les traditions et bousculent les doctrines.
Si celles-ci doivent délimiter très neltement 3e voie que s’est fixée un homme politique, les solutions des problèmes actuels qui se posent parfois spontanément et dont les données sont, modifiées sans cesse par les faits eux-mêmes, exigent avant tout un effort constant d'objectivité, d'intelligence et de bon sens*
Aussi bien, cette profession de foi n'a-t-elle pas l'impossible prétention de traiter dans le détail toutes les questions qui nous préoccupent et dont chacune exigerait un très long développement.
Elle a pour objet exclusif de soumettre à votre appréciation F orientation précise qu’en ce qui me concerne je prends rengagement de donner à mon action.
Celte action me parait devoir être conditionnée par quatre grands principes :
h — Redressement de la moralité publique et privée :
Nul ne contestera qu’à l’origine des maux dont nous souffrons se place une crise d’ordre moral.
Dans le désarroi de la guerre et de F apres guerre, le désir de jouissance et l'égoïsme
se sont développés dans des proportions effrayantes, tandis que disparaissaient chez trop de ,rens la notion d’honnêteté véritable.
° L’appât du gain, lïipre désir do faire fortune en peu de temps ont gangrené tous les milieux sociaux. Dans cette lutte infernale pour l'argent, les citoyens honnêtes : travailleurs, commerçants, industriels ou agriculteurs qui n’avaient d’autre souci que celui de gagner leur vie ont été écrasés; les jeunes ont vu se dresser devant eux un avenir rempli d’angoisses et de perspectives guerrières, source ultime de sinistres profits, sont venues
parfois se profiler à l’horizon.
Une lâche s’impose donc avant tout : soutenir et défendre les honnêtes gens, châtier les pillards de la collectivité et rétablir dans toute leur force et dans tous les domaines, les conceptions d lionnetete et de justice.
II. — Subordination des intérêts privés à l’intérêt général :
Le souci exclusif du profit entraîne trop d’affairistes à se préoccuper seulement d’accroître leurs dividendes ou leurs bénéfices au détriment de leurs concitoyens ou de la - collectivité.
Dans tous les domaines sans exception, l’on assiste à une véritable foire d'empoigne où individus et sociétés plus ou moins anonymes briment directement ou par voie de conséquence les intérêts légitimes des populations locales ou de l'ensemble des citoyens.
II est temps de rappeler et d’exiger avec énergie que soit enfin respectée cette notion élémentaire de solidarité nationale : l’intérêt de chacun a toujours pour limite l’intérêt da tous.
, III. — Défense et amélioration des institutions républicaines et défense des libertés publiques :
C'est un fait que l'Etat républicain na pas su adapter son fonctionnement aux nécessités des temps modernes et que ses rouages actuels ne permettent pas d ‘éviter certains abus et d’administrer comme il convient* mais c’est un autre fait- — et il appartient de le souligner,, pour dissiper toute équivoque — que certains voudraient prendre prétexte de la nécessité d’améliorer ces rouages pour saper les institutions républicaines et pour restreindre les libertés publiques»
Il est donc indispensable de moderniser PEtat;. il faut lui assurer tout d'abord la stabilité nécessaire pour qu'il soit capable d’une administration efficace; il faut lui donner l'autorité qui, seule, peut lui permettre d'assurer son rôle d'arbitre entre les divers intérêts.
Il faut, enfin, lui rendre son indépendance totale.
Mais l’état doit être uniquement l'expression •d’une véritable souveraineté poo.ulaire et il a le devoir primordial, en s’adaptant à la vie moderne, de ne laisser porter, sous aucun prétexte, la moindre atteinte aux libertés publiques si péniblement acquises par nos pères et qui, seules, donnent à la vie sa dignité.