IV. — Organisation et défense de la paix
Tout ce que l'homme peut réaliser serait vain si l'humanité n’était pas définitivement mise à l'abri de toute nouvelle guerre dont c’est un lieu commun de dire qu elle marquerait infailliblement la fin de notre civilisation.
Sans do u Le, peut -on affirmer qu’il n’est pas un homme lucide qui désire une nouvelle guerre ; on ne saurait affirmer, avec la même certitude, qu’il n en est pas qui en prendraient leur parti ■ mais on peut avancer, par contre, qu’il est des intérêts dont les tenants estiment qu’une guerre les servirait admirablement et qu’elle constituerait le dérivatif Je plus sûr à nos maux actuels.
Et cela est déjà infiniment dangereux.
Passionnément attaché à la paix, comme tous ceux de mes camarades qui ont gravi le
calvaire do (914 à 1918 pour sauver leur patrie, j’esiime que, pour l’obtenir, il faut d’abord y croire de toute son âme*
ïî faut ensuite travailler d'une façon constante et en dépit de tous les obstacles et de toutes les déceptions, à l'organiser dans un effort patient et compréhensif de chaque jour*
U faut enfin développer le sens de la solidarité internationale, se convaincre et convaincre les autres sans se lasser qu aucun pays ne peut définitivement se relever par ses propres moyens et que les solutions définitives à nos misères ne seront trouvées que dans le cadre international.
Citoyens,
A la lumière de ces principes généraux, je rfni aucune gêne à préciser mon opinion sur les problèmes qui vous préoccupent et vous angoissent et dont un les domine tous*
La crise économique et sociale*
Le commerce et 1 industrie sont dans le marasme et voient sans cesse leurs débouchés se restreindre*
Les agriculteurs ne vendent plus leurs produits et la misère rode à nouveau dans leurs campagnes.
Les ouvriers connaissent l’angoisse clés lendemains incertains et trop d entre eux, hélas I sont frappés par celle plaie hideuse de notre civilisation : le chômage.
Les jeunes, enfin, n arrivent pas à se faire une place dans la vie et se heurtent à i’égoïsme des cumuls et à la suppression des postes.
Dans ce désarroi, des aventuriers habiles et des audacieux sans scrupules s’empressent, par contre, d exploiter les difficultés, pour s’enrichir aux dépens de ceux qui produisent et qui travaillent*
La cause de cet état de choses est complexe et l’on peut dire qu'elle réside tout d’abord dans l’oubli des principes de moralité, de justice sociale et de solidarité internationale et dans J égoïsme des individus et des peuples. Elle réside aussi dans certains faits d’ordre économique et social*
Nous vivons, en effet, une époque paradoxale ou fous les produits industriels et agricoles existent en trop grande quantité et ne se vendent pas, et où, cependant, un nombre considérable de gens n ont pas la possibilité de se procurer le strict nécessaire et vivent dans la misère.
La guerre, par les besoins énormes qu’elle imposait, a fait développer considérablement les industries diverses et leurs facultés de production.
Immédiatement après la guerre, l’intervention massive et tyrannique, dans les affaires, de financiers qui avaient seulement le souci de leurs profits immédiats a aggravé le développement anarchique de l'industrie*
Enfin, les progrès de la science ont augmenté dans des proportions gigantesques le rendement.
Il en est résulté un’ excédent de produits disponibles eL une accumulation des stocks. Les industries ont dû diminuer leur production et licencier une partie importante de la main-d’œuvre. Les ouvriers ainsi frappés ont restreint leurs achats. L’offre est devenue très
supérieure àja demande et Jes [commerçants et les agriculteurs ont, à leur tour, connu la mévente*
^ Et ainsi s'est créé le cercIeVicieux infernal dans lequel notre économie se débat,
L abondance des produits qoi devrait être logiquement une source dé richesses crée le chômage, lequel, à son tour, appauvrit l'industrie, le commerce et l’agriculture*
Il faut avoir le courage de s’attaquer sans retard aux erreurs commises*
Il faut tout d abord lutter contre 1 égoïsme individuel qui se préoccupe exclusivement du profit et introduire, dans noire ordre social, le principe de justice sociale*
L'Etal remplissant sa fonction normale d’arbitre entre les divers intérêts ne doit plus permettre aux féodalités financières de régenter en fait le commerce, l'industrie et F agriculture et de détruire l'équilibre économique du pays par une surproduction anarchique,
11 faut donc contrôler et coordonner les industries de base, diminuer l’écart entre les prix à la production et ceux à la consommation et améliorer la distribution et la répartition des produits,
U faut réformer la fiscalité de telle manière que tout citoyen soit frappé proportionnellement à scs ressources et créer une réglementation claire où chacun puisse reconnaître aisément ses droits et ses devoirs.
Il faut diminuer les charges qui étouffent le commerce, l'industrie et l'agriculture honnêtes et les citoyens qui accomplissent leur devoir fiscal, car ceux-là payent actuellement pour ceux qui ne payent pas.
Mais parallèlement, il faut poursuivre avec la dernière énergie la fraude fiscale. Elle coûte au Trésor plusieurs milliards par an, dont la récupération permettrait déjà une notable réduction d’impôts,
II faut défendre le producteur et le consommateur en ne permettant pas que des manœuvres de bourse, des combinaisons d’agioteurs ou d’intermédiaires marrons faussent les cours et ruinent ou pressurent ceux qui travaillent.
L’expérience de la déflation des prix, qui est doctrinalement une erreur, ne doit pas, en tout cas, se limiter à quelques catégories de citoyens (salariés, agriculteurs, petits industriels et commerçants, petits rentiers).
C'est, par exemple, un scandale que l’agriculteur soit obligé de vendre ses produits à vil prix, tandis qu’il achète les produits qui lui sont nécessaires, ses instruments de travail, ses engrais, etc., aux cours les plus élevés.
Il est également injuste que le commerçant et F industriel tenus, par les circonstances, de réduire à un taux insuffisant leur marge de bénéfices, soient obligés do payer, à un prix injustifié, l'énergie électrique, certains transports ou de subir un taux excessif pour obtenir des crédits.
Les agriculteurs, les industriels et les commerçants honnêtes sont découragés par la concurrence déloyale et les agissements audacieux d’individus ou sociétés qui n ayant rien à perdre mais tout à gagner, se sont glissés dans leurs rangs.
11 faut les défendre et leur redonner confiance en rétablissant la sécurité des contrats, en réformant une législation trop dure aux victimes véritables de la crise, mais beaucoup trop bienveillante aux mal ho une les gens.
Il faut supprimer l'emprise écrasante de la grande banque sur le commerce, l'industrie et l’agriculture, en organisant le crédit qui doit être au service du travail au lieu de l’exploiter*
Il faut poursuivre impitoyablement l’usure, il faut protéger l'épargne contre les démarcheurs malhonnêtes et contre Les sociétés véreuses qui me tient nos campagnes au pillage* Il faut lui permettre de contrôler l’emploi du produit de ses efforts et rétablir la responsabilité individuelle des administrateurs de sociétés qui font appel à elle,
11 faut veiller à ce que la coordination des transports, problème capital pour l'économie nationale, se fasse au bénéfice de la collectivité et des usagers et ne soit pas seulement une source nouvelle de produits illimités pour certains consortiums ou groupements*
Enfin, il faut entreprendre avec une énergie inlassable et sans cesse renouvelée, la lutte contre le chômage. Ce serait, en effet, une erreur capitale de penser que le chômage actuel est un phénomène accidentel dû à une crise passagère et qu’il se résorbera de luimême,
Î1 est un principe fondamental à appliquer, celui du droit à la vie par le travail.
Notre société doit donc s'organiser en conséquence*
Aucune personne sensée n’envisage une régression du machinisme : ce serait la négation même de tout progrès. Il faut prévoir, au contraire, une adaptation de notre état social au développement du machinisme. On ne peut admettre que la machine qui a été conçue par
îe génie de l’homme ponr rendre l’effort de ce dernier moins pénible et ponr le libérer davantage, ait cette conséquence paradoxale de lui retirer les moyens de vivre pour permettre seulement à une catégorie limitée de bénéficiaires de réaliser de plus /inds
Si la machine a été faite pour soulager l’homme il faut qu'elle ait pour conséquence
ogique la réduction des heures de travail et la limitation de l’âge du travail, sans diminuer les Jacultés de consommation,
.„ Nr P7S “ d“I * **"« >“ les plus généreuses, tant sur le
plan national que sur le plan international,
... , D*n.® l lmm^dlat’ loutefoi#» le chômaSe doit être combattu par tous les moyens suscenlibles d’être employés sans delai. mojens suscep-
Organisation de grands travaux d’utilité publique, notamment dans les campagnes amelioration des chemins l’équipement électrique, distributions d’eau, assainissement etc
de débhrTT H"* 89 CU,11UlS Ct IiXati0" d'Un â*e maximam Po»r 1- retraites afin
ae débloquer I avenir des jeunes.
Adoption de mesures propres à assurer le maintien de la mère au foyer Réadaptation des travailleurs. J '
Prolongation de la scolarité.
Réforme de VEïat :
S“pP°Se’ P°ur êlre appliqué, un Etat ayant une autorité suffiante et une indépendance absolue, une justice sereine et une administration réoi-ani^ée suivant les nécessités de la vie moderne. ieoi0anisee
' II. est une vérité première qu’il faut affirmer avec force : la France a, dans le régime
D ou nécessité de restaurer d’abord l’autorité républicaine avec, comme contre-poids tout ail/ LfT VePSe PaS danS ,0 clesPolisme> la responsabilité effective des gouvernants •
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de* h0’16 C°nd,UOn ess1entielle de ^autorité de l’Etat, c’est son indépendance totale à l’égard
Enfin, il est indispensable d’assurer au Gouvernement une stabilité suffisante e pouvoir législatif doit réorganiser ses méthodes de travail et proscrire l’imnrovisa
ciPéAtr.,eur vo,e d6f,niiif’ iesiois “ *■ en
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Le pouvoir judiciaire doit, à sou tour, êta assuré d’une indépendance almlue
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' Administration doit êta réformé, et adaptée aux nécessités modernes. S,
réorganisation ne peut être effectuée par des mesures hâtives à caractère démagogique qui risquent de désorganiser les services, comme cela s’est déjà produit avec les décreLs-lois.
CetLe réorganisation ne saurait être efficacement poursuivie qu’avec la collaboration des fonctionnaires, parce que ceux-ci connaissent les défauts des différents rouages.
Ainsi l’Administration où seraiL introduit le sens de la responsabilité, pourrait-elle s’employer avec une autorité morale incontestée, à la gestion intelligente’ des services publics.
Citoyens ,
Je vous ai fait l’exposé qui précède avec toute la conviclion d’un homme soucieux d’apporter plus d’honnêteté et de justice dans l’ordre social soucieux aussi d’améliorer et de consolider les institutions républicaines en sauvegardant les libertés publiques.
Je fais donc appel à tous ceux qui partagent cet idéal.
Né dans cet arrondissement où j’ai été depuis l’enfance le témoin de vos efforts laborieux, fils du peuple dont j’ai partagé les souffrances et les déceptions, j’ai pu me pénétrer tout particulièrement de vos besoins et de vos aspirations.
Dans cette période où tant de scandales successifs ont ébranlé l’opinion publique et l’ont rendu sceptique, j’ai la fierté de vous donner la garantie personnelle d'un long passé de travail et de probité»
C'est fortde ce passé, plus fangibîe que les engagements verbaux les plus solennels, que je viens aujourd'hui solliciter vos suffrages.
Vous m’avez vu à l'œuvre, puisque je n’ai jamais quitté cet arrondissement; vous savez que depuis mon retour de la guerre, je n’ai cessé de mettre mon activité au service de mès camarades ei de rues concitoyens.
C'est ce dévouement aux causes justes et ce souci d’une plus grande justice qui demeureront la règle de ma vie dans la défense de vos intérêts et de notre idéal.
Vive larrondissement de Bagnères !
Vive la République démocratique et fraternelle !
G. MÀNENT.
Circonscription de TÀHBES,
M. J*an DESBGNS
(Groupe de la gauche démocratique et radicale indépendante.)
Elu pour la lre fois le 22 avril 1928, — Réélu le 26 avril 1936.
Citoyens,
L’heure est grave. Une crise sans précédent a lourdement frappé l’économie de ce pays, entraînant le chômage dans l’industrie, la ruine du commerce, la misère dans nos campagnes. Tous les efforts des partis au pouvoir ont été vains pour en réduire les funestes effets. Une JUSiabililé gouvernementale, due h des majorités issues de coalitions électorales vouées à 1 impuissance par ropposi.tioiides doctrines, a aggravé la situation économique et financière,
jetant le désarroi dans les esprits semant, le découragement parmi les classes laborieuses et provoquant le mécontentement et la révolte des citoyens.
Au moment où quelque espoir de reprise apparaissait, la menace de la guerre est venue, ces derniers jours, accroître f inquiétude et plonger dans Pangoisse les familles découragées par les difficultés quotidiennes.
T ne situation si critique impose Punion de tous les citoyens pour donner au pays un Gouvernement stable dont l'autorité rétablira la confiance en nos destinées en poursuivant une politique de fermeté et de dignité, seule susceptible de maintenir la paix et d’assurer ïe redressement économique.
En dépit de cette nécessite, des partis, hier ennemis, que leurs doctrines inconciliables séparent, se présentent à vos suffrages sous une fallacieuse étiquette de rassemblement popu. lairc. Vous avez fait la douloureuse expérience de telles alliances et de leurs promesses. Leur divergence de doctrines les a déjà conduits, des victoires électorales de 1924 et de 193-2, aux jours sombres de 1926 et aux heures sanglantes de 1934. Leur faillite a été telle que le pouvoir législatif a dû abdiquer le mandat qu'il tenait de vous et le remettre aux mains de 1 exécutif, contraignant celui-ci, au mépris des principes républicains auxquels vous êtes attachés, au régime des décrets-lois. Cette fois, l’équivoque est plus grande encore et la menace plus précise. GTest le parti communiste qui revendique l'honneur detre Pinspilj râleur de ce rassemblement et, obéissant aux ordres de Moscou, se flatte de préparer ainsi l'application de ses théories subversives et de sa doctrine d’expropriation.
A 1 heure ou, plus que jamais, 1 ordre est indispensable pour assurer la paix cl le redressement économique j on vous propose la révolution, la guerre civile, prélude certain de la guerre étrangère.
Républicains, radicaux-socialistes, radicaux indépendants, républicains de gauche, républicains modérés vous ne pouvez suivre les socialistes et les communistes qui veulent substituer la dictature du prolétariat où la force primera le droit aux libertés républicaines que vous avez toujours défendues.
Laissez socialistes et communistes suivrent leur destin.
Repoussez l'appel du poing tendu eL menaçant, symbole du Front populaire, symbole de haine et de lutte fratricide de classes, génératrice de troubles, de panique et de misère,
Ral iez-vous à une politique 4e défense républicaine à laquelle, sous le signe de la solL dâiitô aux lieui es critiques que nous traversons, doivent collaborer tous ceux qui veulent poursuivre dans la paix le redressement de notre pays.
Associez-vous pour faire taire les querelles intestines ou partisanes, source de faiblesse et de désordre qui ruinent le crédit et empêchent la reprise des affaires.
Lx primez votre volonté de voir, au cours de la législature prochaine, un Gouvernerneniî fort de 1 autorité qu il tiendra d’une Chambre appliquée à l’accomplissement de son mandat, poursuivre une politique hardie de réorganisation de notre économie et de notre administration pour les adapter aux nécessités de l'heure.
Unissez-vous pour exiger :
f ne politique financière assurant 1 équilibre du budget, la défense du franc, la baisse du loyer de 1 argent permettant 1 allégement des charges excessives qui pèsent sur les contribuables et paralysent les affaires ;
Lnc politique économique protégeant Pagrî culture, 3e petit commerce, la production nationale, défendant 1 épargne, luttant contre le chômage et assurant la protection du travail et (les classes laborieuses contre tous Jes égoïsmes et tous les profits illicites ou immoraux d où qu ils viennent et quels qu’ils soient ;
Une politique extérieure assurant 3a continuité et la dignité de notre pays dans la sécurité nationale contre les dangers qui le menacent et poursuivant sans relâche la sécurité collecti ve et l'entente entre les peuples par les pactes et la Société des Nations mise en état d assurer le respect de ses décisions.
Ouvriers et employés,
Je vous ni toujours défendus. Rester sourds aux mensonges de mes adversaires, restez sourds à cette démagogie qui tend à vous attirer vers des destins trompeurs pour vous laisser plus déçus devant les réalités de la vie aggravée encore par les troubles que le collectivisme, préface du bolchevisme ou du Fascisme, ne manquerait pas d'entraîner en supprimant la liberté à laquelle vous êtes attachés.
Fonctionnaires,
J'ai toujours défendu vos justes aspirations* L'autorité de l’Etat exige de vous le respect des institutions républicaines eL le dévouement impartial aux fonctions que vous avez choisies, Celte discipline dans les services rendus lui Fait un devoir de vous donner en retour un statut assurant et confirmant la dignité de la fonction qui vous a été confiée.
‘Paysans, cultivateurs,
J'ai toujours été à vos côtés. Plus que jamais je le serai pour J a revalorisation des produits de la terre pour le rétablissement de cet équilibre entre la production -eft la consommation dont la rupture vous a précipités dans la misère, pour l'améliora lion de la vie paysanne par votre organisation professionnelle et la réorganisation indispensable des finances communales en raison des charges qui pèsent sur vous.
Petits commerçants, industriels,
Vous vous devez d,e mener une lutte sans merci contre île cBlfectiivianie qui poursuit sans relâche la destruction de vos efforts et do vos , initiatives. Une réorganisation du crédit favorisant Fesser résuiltaïut de la confiance et de la baisse du loyer de l argent doit mettre un terme aux difficultés dont vous avez trop longtemps pâli
Anciens combattants,
Vous connaissez les efforts que sans cesse j’ai prodigués pour la défense de vos droits* A l'heure où vous avez été lourdement et injustement Frappés, vous ne comprendriez pas que je ne sois pas ù vos côtés pour que justice vous soit rendue suivant le programme dressé par la Confédération nationale des anciens combattants et victimes de la guerre à la rédaction duquel votre confiance m'a permis de collaborer.
Français;,
Pour votre sécurité, pour la rénovation politique et économique, par la justice sociale et 1a paix internationale, unissez-vous contre la duperie, 'les menaces et le danger du Front populaire.
Pour une politique de réformes hardies, fermement et sincèrement républicaine, rejetant tous les fascismes et toutes les dictatures.
Electeurs,
Je vous offre mon programme, confiant que vous y trou venez les principes auxquels vous êtes attachés et les réformes que vous souhaitez.
Je fais appel à votre collaboration pour assurer :
La rénovation de la nation par :
— la réforme de F Etat assurant son autorité ;
— un Gouvernement exerçant celle autorité dans la stabilité;
lûl
— un pouvoir judiciaire indépendant ;
— un pouvoir législatif représenté par des assemblées moins nombreuses exerçant effectivement leur contrôle suivant des méthodes réformées et le vote personnel ;
— une administration simplifiée et coordonnée, adaptée aux nécessités actuelles ;
— la réforme électorale ;
— le vote obligatoire, le suffrage familial, le vote des femmes ;
— l’équilibre budgétaire et la défense du franc.
La paix extérieure par :
— l’arbitrage obligatoire ;
— une politique généreuse d'entente, de collabora lion et de réconciliation ; H
— le respect des traités et des accords internationaux ;
— le maintien de la sécurité française;
— la recherche toujours plus active de la sécurité collective pour aboutir, quand il sera possible, à une réduction des armements ;
j — * Ie renforcement de la Société des Nations par la mise à sa disposition d'une force internationale.
La paix sociale par :
■ — - la lutte contre le chômage et l'aide aux véritables chômeurs ;
— ’ la protection et l'amélioration de la condition des travailleurs intellectuels et manuels ;
— la solidarité envers les mutilés du travail et les vieux travailleurs ;
— le développement de l'actionnariat ouvrier ;
— l’amélioration de la loi sur les assurances sociales et la réduction du taux ;
— l'accession à la propriété par le crédit et l'épargne ;
— l’application des lois de laïcité dans l’esprit le plus large conformément aux principes de justice* d'égalité et de liberté ;
— l’accord de tous les Français dans la liberté de conscience ;
— le maintien de l’ordre et la collaboration de tous les éléments concourant à la production nationale.
La justice fiscale par :
— la répartition équitable des charges fiscales entre toutes les catégories de contribuables par une réforme complété de la fiscalité avec dégrèvement à la base tenant compte du minimum nécessaire à l’existence du grevé et de sa famille ;
— la codification et la simplification du système fiscal permettant un contrôle personnel ;
— la réduction des impôts indirects grevant la consommation ;
1 extension de la réforme de la taxe sur le chiffre d’affaires par le système de la taxe
unique ;
™ ^ équitable humanisation des décrets-lois en vue de faire disparaître les mesures injustes ou abusives ;
— la réforme des finances communales ;
la compression progressive des dépenses publiques par la suppression du gaspillage et des cumuls abusifs*^
L’activité économique par :
■— le dégrèvement massif de la production ;
— une politique de grands travaux d’intérêt général ;
- — la stabilisation des monnaies et la protection de l'épargne ;
— l'encouragement et la protection de l'artisanat par les chambres de métiers, le crédit artisanal et l’organisa tion de Fappreu tissage ;
— l'amélioration do crédit et l1 organisation du crédit collectif et individuel au profit du petit commerce et de la petite industrie ;
la mise en valeur du domaine national et colonial ;
- — l'organisation do la gestion des monopoles en vue de leur meilleur rendement ;
— une politique des transports facilitant les échanges et la production par des tarifs saisonniers et réduits ;
— la coordination du rail et de la route basée sur l’interet général mais en tenant compte des légitimes intérêts des petits transporteurs et des usagers ;
— 1: organisation des débouchés à l'étranger par une politique d entente internationale afin d’avoir une balance commerciale favorable ;
— une politique du tourisme*
La solidarité économique par :
— l'organisation professionnelle et sa représentation au Conseil national économique ;
— une politique douanière assouplie et protégeant à la fois la production et la consommation et assurant la priorité aux industries métropolitaines et coloniales sur le marché ;
— la suppression des privilèges fiscaux, la défense du petit commerce contre les magasins à prix unique ou à succursales multiples ;
— la révision des accords commerciaux et l'organisation rationnelle de notre représentation commerciale ;j
— la défense des producteurs et des consommateurs contre les coalitions excessives d’intérêts*
La protection de la famille par :
— l'aide et l'encouragement aux familles nombreuses, le respect des droits des parents sur l’éducation de l'enfant par la s trie Le neutralité scolaire ;
— l'amélioration des logements ouvriers et la suppression des taudis par une politique rationnelle des constructions et des lotissements ;
— l’encouragement de la natalité, la protection et le développement de la race par l’hygiène et le sport.
Le soutien de la jeunesse par :
— la diffusion de Féducation et Fadaptatîon de l’instruction aux exigences du recrutement professionnel et des besoins régionaux ;
— la prolongation de la scolarité ;
— l’orientation professionnelle ;
— la suppression des cumuls ;
— l'organisation d'offices de propagande et de placement.
La protection de l'agriculture par :
— une politique générale agricole restaurant le pouvoir d’achat des populations rurales par la revalorisation des produits de la terre ;
— le retour aussi prochain que possible à la liberté du commerce des blés et la suppression des formalités paperassières et vexatoires dans les régions de petite culture ;
"X une protection douanière équitable ;
— l’application des lois protégeant la viticulture et leur amélioration ;
— la réduction de l'écart excessif existant entre les prix payés à la production et les prix perçus à la consommation ;
— fe développement des syndicats et du crédit agricole ;
— la suppression des octrois ;
— la baisse du prix des engrais ;
— la défense des intérêts ruraux par les chambres d’agriculture pourvues de ressources indispensables à leur action ;
— l'amélioration générale de la vie nirale ; chemins, services publics d’autobus, services postaux', téléphone, T. S. F.;
— V électrification poursuivie jusqu'aux fermes isolées et la baisse des tarifs ;
— le développement de la mu tua lire contre la mortalité du bétail ;
— l'aide de l’Etat pour les calamités agricoles et l' organisation de l'assurance grêle ;
— le maintien du forfait eL l'application d'un taux tenant compte des charges pariieu- ! i ères à l’a g ri c u Hure'
— l'aide de l’Etat pour l'entretien des bâtiments communaux ;
- — la réfection des chemins vicinaux et ruraux et l'aménagement des bas-côtés des routes goudronnées pour la circulation des usagers de la campagne ;
— la défense de notre cheptel national et l'encouragement de l’élevage du cheval et de l’industrie mnïassiere;
La reconnaissance nationale par :
l'abrogation des mesures iniques frappant les anciens combattants;
— ta Caisse des pensions aménagée en vue de soulager le budget en ré par Lissant la charge des pensions et de la retraite sur plusieurs générations ;
— fa délivrance de la carte du combattant dans un esprit d’équité ;
— l'application du programme de la Confédération nationale des anciens combattants; et victimes de la guerre.
La complexité des problèmes de l’heure permet seulement d’indiquer les principes directeurs des réformes nécessaires* Mais un programme ne serait rien dans sa sincérité s'il ne rencontrait pour son application la ferme volonté de tout un pays qui aspire à se relever.
Confiant dans la démocratie française.
Confiant dans les destinées de ce pays, je fais appel à tous les républicains pour cette oeuvre de redressement et de sécurité.
Vive l’arrondissement de Tarbes I
Vive la République ! Vive la France 1
Jean DESBONS
Officier de la Légion d honneur.
Croix de guerre-. — Médaille des évadés.
Pr o p fj é taire- ê Leveu r:
Républicain indépendant de gauche.
Candidat d’union républicaine an licol Le cüvi ale de défense sociale et paysanne.