RHONE
ire circonscription de LYON,
M, Edouard HERRÏOT (Groupe républicain radical ét radical-socialiste*)
Elu pour la lrû fois le 16 novembre 1919. — Réélu les 11 mai 1924, 22 avril 1928, 1er mai 1932 et 3 mai 1936.
Aux électeurs,
La Fédération départementale du Parti radical et radical-socialiste tient à vous exposer avec la plus grande précision possible le programme commun de ses caudidats pour les élections législatives du 26 avril et du 3 mai.
Nos préoccupations vont avant tout à la défense de ïa paix durement menacée en ces derniers temps par deux actes de violence : l’invasion de l’Ethiopie et l'occupation militaire de la zone rhénane. *
Pour lutter contre le plus abominable des fléaux : la guerre, nous ne croyons ni à la politique d'isolement, à laquelle certains hommes de droite voudraient nous ramener, ni à la politique des groupements antagonistes de puissances qui a toujours Uni par déchaîner des conflits.
Fidèles à la doctrine du président Briand, de notre président Herriot, nous entendons, comme, au reste, tous les démocrates, défendre la paix par la doctrine de la sécurité collective et par le moyen de la Société des Nations*
Les amitiés que nous avons conservées, celles que nous avons acquises sont suffisantes pour nous permettre de rassembler à Genève autour de nos idées un nombre considérable de Nations si la France veut conserver son rôle de guide spirituel qu’elle a paru abandonner à certaines heures.
A l’intérieur, notre préoccupation est causée a vaut tout par le chômage qui, après la guerre, est le fléau le plus terrible, puisqu’il prive de nombreuses personnes et de nombreuses familles des ressources indispensables à la vie.
C’est un gouvernement issu de nos rangs qu , en 1932, a fait prolonger l'indemnité de chômage jusque-là réduite injustement à 180 jours.
Nous avons montré ainsi notre volonté d'assurer aux sans-travail au moins un minimum.
Tout ce que demande le chômeur intellectuel ou manuel, ouvrier ou employé, c est bien moins un secours qu'une occupation.
Pour arriver à lui redonner son activité, deux moyens sont spécialement efficaces * lutter contre la crise économique et développer les grands travaux.
Diins une ville et un département comme les nôtres, il convient de défendre à la fois le
commerce intérieur et le commerce extérieur.
Le, commerce intérieur renaîtra par la restitution du pouvoir d achat aux ouvriers et
aux paysans.
Le commerce extérieur ne peut se défendre que par l’accord des intéressés acceptant entre eux des ententes comme celle que le citoyen Herriot a tenté de réaliser entre les membres de la soierie lyonnaise.
Les hommes qui ont t'ait et qui défendent aujourd'hui contre tant de difficultés la boire internationale de Lyon ont prouvé mieux que par des paroles leur dévouement à la cause
du commerce.
Quant aux travaux publics, notre ville même est un exemple des resuKats que Ion peut obtenir par des mesures hardies.
Non seulement la construction de l’hôtel des postes et du nouvel hôpital militaire est destinée à provoquer des salaires, des bénéfices et des progrès sociaux, mais l'immense programme actuellement décidé et en voie de réalisation (trois ponts, un tunnel urbain, deux autostrades) est, croyons-nous, l'exemple le plus net qu’on puisse citer en b rance de I application des grands travaux à la lutte contre le chômage.
Nos efforts contre Ses deux fléaux que nous venons de dénoncer ne détourneront pas notre attention des autres préoccupations qui s’imposent.
Nous entendons lutter avec tous les démocrates, sans réserves et sous toutes les forme» qui seront nécessaires, contre les variétés diverses du fascisme et contre les organisations factieuses qui le préparent.
Le parti radical et radical-socialisLe a toujours combattu les aventuriers et les aven-
Le Gouvernement, qui le représente, a montré récemment qu’il savait réprimer les violences allant jusqu’aux attentais contre les personnes. .
te progrès politique et le progrès social ne peuvent se réaliser que dans I évolution
régulière et calme du régime républicain.
Nous avons à peine besoin de dire que nous demeurons attachés au maintien de la laïcité et au développement de l’enseignement public à tous les degrés. Les réalisations scolaires de nos élus dans tout le département prouvent notre conviction.
Mais nous sommes persuadés que le progrès social impose aussi des efforts contre les puissances de réaction qui tentent d opprimer la volonté populaire.
Nous respectons la liberté de la presse honnête de toute opinion, mais nous sommes décidés è combattre la presse de diffamation et de chantage, qui demeure une bonté pour notre pays. Il est intolérable que la vérité et la probité puissent être constamment msuUees par des polémistes souvent anonymes réfugiés derrière un gérant qu'une conception antidémocratique rend seul responsable. Nous voulons la responsabilité directe du diffamateur.
L’argent peut êlre un outil de travail ou une arme politique. Nous entendons le laisser à son premier rôle et lui retirer le second.
Aucune raison valable ne s’oppose h la révision du statut archaïque de la Banque de France, Aucun argument sérieux ne peut être invoqué contre îe contrôle bancaire que Ja Belgique vient de réaliser et qui est nécessaire pour la protection de l'épargne, trop souvent détournée des placements utiles par d illicites spéculations, •
Le capitalisme actuel a su mettre ses déficits à la charge de TElat sans jamais 1 assÆier à ses bénéfices. C'est ce qui s’est passé pour les banques défaillantes; c’est ce qui ses passé pour les entreprises de transport, pour les chemins de Ici,
Un tel régime d'iniquité doit cesser.
Ce sont des gaspillages inconsidérés pratiqués par des gouvernements dits « de prospérité » qui nous ont obligés, dans la dernière législature, à de sévères mesures d économies pour sauver la France et le franc.
Nous ^épargnerons rien pour rendre à ceux que ces mesures de crise ont touches leurs facultés normales d'existence.
Nous avons cru et nous croyons encore qu’il faut faire tout le possible pour défendre la monnaie nationale contre les aventures qui atteindraient bien plus gravement que des réductions temporaires tous ceux qui vivent de revenus fixes, c’est à-dire les salariés, les retraités, les assurés, les petits rentiers, et qui ne serviraient qu’aux spéculateurs.
Tel est, citoyens, le programme de sagesse et de raison à ïa fois que le parti radical et radical-socialiste, après mûre réflexion, soumet à vos suffrages. Nous sommes assurés que vous le trouverez conforme aux intérêts du pays et de la République.
Pour la Fédération radicale et radicalc-sodaJlUtc du Rhône, Edouard HERRÎOT
Bender, FrogrTj Go d art, Rolland, sénateurs.
Babrero, Bruyas, Fillon, Julien., Massdu,, Richard, Rolland, députés.
Le Bureau fédéral ' Julien, secrétaire general; M'assis q secrétaire administratif; Giiox, Duc, Rinaudo, secrétaires adjoints; IFmbebt, trésorier général; Pinton, Thbvenet, trésoriers adjoints; Tapehnoux. archiviste.
Électeurs- du premier arrondissement !
Citoyens,
Une fois de plus, j'ai T honneur de solliciter vos suffrages. En de nombreuses réunions, je me suis mis à votre disposition pour vous fournir toutes tes explications que vous pouviez souhaiter sur mes actes de la dernière législature.
Après le scrutin de mai 1032, j’ai été chargé de diriger le Gouvernement. Conformément aux engagements que j avais pris, je me suis appliqué à réaliser une politique d’économies que j avais, avec l approbation du corps électoral, déclarée indispensable pour Tassa misse ment des finances nationales.
Pendant quatre ans, je suis resté fidèle à cette politique- Quoi qu’on en puisse dire, elle a porté ses fruits. Le budget de la France a pu être ramené de 50 milliards à 40. Cette politique s'est heurtée, par malheur, aux difficultés nées de la crise qui ont amené d’importantes réductions dans le produit des impôts ; mais j’ai toujours pensé — et je pense encore aujourd'hui — que la meilleure façon de ménager les ressources du contribuable et I avenir du pays, c'est de réduire les dépenses. C'est la méthode qu’emploient les commerçants et industriels dans les temps difficiles* C’est- celle que j'ai appliquée pendant trente ans, comme maire de Lyon, ce qui nous a valu des finances irréprochables, G est celle que j’ai défendue et que je défendrai comme déphfé, si je suis de nouveau votre éiu. Les illusions créées par une politique de facilité et de gaspillage se retourneraient bien vite non seulement contre 1 ensemble des contribuables, mais encore contre les salariés de toute sorte, contre les retraités, contre les assurés, contre les anciens combattants, contre les pensionnés de guerre, contre les porteurs de valeurs à revenu fixe. Fai préféré subir des critiques faciles et me conformer à ce que je considérais comme l'intérêt de tous et le devoir.
• Etant tombé du pouvoir pour des raisons qui tiennent à ma conception du respect des contrats, je n ai cessé de prêter mon concours aux gouvernements qui m’ont succédé.
Lorsque sont survenus les événements du 6 février 1934, auxquels on voudra bien reconnaître que je n’ai eu aucune part, je suis entré, sur mandat explicite de mon -parti, dans les Ministères dits d'union nationale. J’y suis resté tant que ces Ministères sont demeu-
tés fidèles au programme de trêve sut lequel i b s’éleûeM consiîlfcéfi, Maïs, une premiète fôïs on m’a demandé 'ïnoti concours pour une prétendue réforme tle l'Etal que mon parti, au congrès de Nantes, avait unanimement condamnée et qu'il m'avait donné pour mission de combattre. Le principe même du Gouvernement républicain dt parlementaire, c'est le contrôle du pouvoir exécutif par le pouvoir législatif, c'est-à-dire par les élus directs du peuple. Lorsqu'on prétend, comme le voulait M. le Président Doumergue, donner au pouvoir exécutif la faculté de congédier à son gré le pouvoir législatif, on renverse les principes essentiels, on porte atteinte à notre Constitution. Qu’on le veuille ou non, on entre dans la voie qui conduit au pouvoir personnel, au fascisme, à la dictature. Républicain de doctrine, j’ai refusé mon concours pour une telle entreprise.
Une deuxième fois, dans le temps même où j’aidais le Gouvernement de M. Laval à régler le problème budgétaire, j’ai été l’objet de vives attaques de la part d’une importante majorité de la presse et de la majorité gouvernementale. On n’hésitait pas à m’accuser publiquement de complicité avec des traîtres ou de vénalité, je n’ai pas admis cette conception, qui transfornn un gouvernement dit de trêve en une machine de guerre contre les républicains. Je porte un nom respectable; j'enkndg qu'il soit respecté. Je cède volontiers à des arguments. Je ne cède jamais à l’injure.
ïàî *
Demain T si j’ai l'honneur de vous représenter de nouveau, je suivrai la même ligne de conduite : je défendrai à îa fois les intérêts du pays et les principes de la République. Je ne les sépare pas les uns des autres. J'ai toujours fait tout ce qui dépendait de moi pour assurer la sécurité du pays. On a osé dire que j'avais refusé de voter les crédits nécessaires pour rétablissement de la ligne de fortifications qui défend notre frontière. C’est un odieux mensonge. Non seulement j’ai répondu, comme le Journal officiel le prouve, aux appels des gouvernements, mais j’ai prononcé la phrase, souvent répétée, suivant laquelle des barrages de béton valent mieux que des barrages de poitrine. Un adversaire politique, M« Maginot, m’a remercié lui même, comme ye l’ai prouvé en réunion publique, du concours que je lui avais donné.
Je crois que la défense de notre monnaie est un élément important de la défense nationale et de la prospérité publique. J’ai à peine besoin de dire que je suis pour le développement continu de rinstruction publique à tous les degrés. Les créations que j'ai poursuivies, dans cet arrondissent ni en particulier, prouvent la sincérité de nia conviction, qu il s'agisse de renseignement primaire, de l’enseignement technique ou de 1 enseignement des beaux-arts.
J’ai prouvé aussi que je considérais qu’un logement sain était l'un des éléments essentiels du bîen-êlrfe populaire. Député ou Ministre, je n ai cessé et ne cesserai pas de faire effort pour que l’Etal soutienne l'es initiatives en ce sens des communes et des départements.
Le chômage est !a plus terrible plaie de noire époque. Il n’y a rien de plus pitoyable qu’un ouvrier qui cherche inutilement du travail, un employé sans place ou un jeune homme sans emploi. C’est la raison pour laquelle, dans le Ministère Flandin, en particulier, j'ai réclamé et travaillé â obtenir un régime préférentiel pour la main-d oeuvre française. Mon administration n’a cessé et ne cessera pas de veiller it ce qne, sur les chantiers publies spécialement, nos compatriotes et nos concitoyens voient respecter leurs droits.
Le meilleur remède au chômage serait une reprise générale des affaires. Lorsque j’ai créé la Foire de Lyon, j’ai voulu contribuer à développer le rôle de Lyon comme place de commerce international. On a pu voir que, même en période de crise, cette institution gardait son rôle et maintenait dans notre ville une importante activité dont le commerce local a largement profilé. Je veux croire que les relations que j'ai pu me taire dans 1 ordre national et dans l’ordre international n’ont pas été étrangères à ce résultat. Je voudrais le développer, en groupant le plus possible nos concitoyens dans 1 ordre corporatif, pour nous
permettre de défendre à la fois le* salaire des ouvriers et les profits légitimes du commerce eide l'industrie. Ce nest vraiment pas de ma faute si mon appel désintéressé n’a pas été, jusqu’à présent, assez entendu.
Un autre remède au chômage, ce sont les travaux publics. Mes concitoyens ont pu se rendre compte que j’avais été assez heureux pour faire réserver à Lyon une part considérable dans les grandes entreprises qui doivent être financées par le plan dit « plan Marque! » {3 poriUj tunnel, autostrade le long des quais). Si vous m’envoyez de nouveau au Parlement, je veillerai à la stricte application de ce programme comme j'ai pu obtenir, par mes fonctions ministérielles, la construction du nouvel hôtel des postes et celle du nouvel hôpital mi'ilaire.
Toutes ces entreprises supposent un bien essentiel ; la paix. Paix à l'intérieur par le désarmement de toutes les violences, par l’application des lois républicaines aux ligues factieuses et a tous les fauteurs de l roubles. Paix à l’extérieur. Dans ce dernier ordre d1 idées, toute mon action m’a été dictée par mon attachement aux principes et aux statuts de la Société des Nations,
J'ai tâché de collaborer à maintenir à la France toutes amitiés anciennes et à lui en acquérir de nouvelles. Je pense que nous ne devons jeter l'anathème à aucun peuple, quel que soit son régime intérieur ; je reste fidèle à la conception de la sécurité collective que j'ai toujours défendue et je crois pouvoir affirmer, sans être contredît, que le plan de pacification général récemment présenté par le Gouvernement français ressemble comme un frère au protocole que j’ai apporté et défendu à Genève en 1924.
Telles sont, citoyens, mes idées. Je ne vous promets pas de miracles. J'ai travaillé toute ma vie. Je ne demande qu’à travailler encore. Je pense m'être toujours montré tolérant, même en face de Tin tolérance. J'ai tenté de mériter votre estime. Vous direz si j'y ai réussi,
Edouard HERRIOT
Maire de Lyon,
Député sortant .
2e circonscription de LIÉ ON.
M, Antoine S ALLÉS
(Groupe des républicains indépendants et d'actïon sociale.)
Elu pour la lre fois le 29 avril 1928. — Réélu les 8 mai 1932 et 26 avril 1936.
Cher Concitoyen,
Nous représentons à vos suffrages votre député sortant, M. Antoine Salles, y Depuis trente ans qu’il n'a cessé d être votre élu, tour à tour au Conseil d'arrondissement, au Conseil municipal, au Conseil général, enfin, au Parlement^ vous avez pu le juger à son attitude et à ses actes.
Vous connaissez sa hauLe compétence vis-à-vis des problèmes importants de l'heure présente. Vous savez qu'il s'est toujours appliqué, dans les différentes assemblées où vous l’avez successivement envoyé siéger, à défendre avec fermeté les principes de pairîotisme, d'ordre de liberté, de justice et de progrès social auxquels vous vous êtes toujours montré vous-même profondément attaché.
La législature 1932- 1 036 :
La législature qui prend fin a été marquée par de douloureuses péripéties. Des scandales, qui ont éclaboussé diverses personnalités politiques, ont abouti^ par la faute du Ministère Daladier-Frot, aux événements sanglants du 6 février 1934.
Le Président Doomergoe a cherché à réconcilier les Français, à faire régner la propreté morale et à remédier au malaise dont souffrait le pajs; mais on ne lui a pas laissé achever sa tâche.
M. Pierre Laval, de son côté, a fait tous ses efforts pour redresser, au prix de pénibles sacrifices, une situation financière qui s’est caractérisée, depuis le retour du Cartel des gauches au pouvoir en 1932, par une augmentation de 75 milliards de notre dette publique, par une diminution de 35 milliards de notre encaisse or, par une baisse de 25 0/0 de nos fonds d’Etat, faisant perdre plus de 50 milliards à l’épargne française,
M. Laval a remonté ce couuanl ; mais son œuvre, a été, elle aussi, interrompue par l'attitude d'un parti qui avait été associé à ce gouvernement et qui, sans motifs plausibles, a obligé son chef à quitter le pouvoir.
L’instabilité gouvernementale ;
C’est ainsique 11 ministères se sont succédé dans ces quatre années de législature durant lesquelles la majorité de gauche n'a pas su gouverner. Les seuls gouvernements qui aient inspiré confiance au pays furent ceux dans lesquels nos amis étaient représentés ; mais le Cartel des gauches les a systématiquement renversés dès que le péril qui avait nécessité leur formation semblait écarté.
La prolongation anormale de la crise économique, ainsi que la menace allemande soudainement accrue (menace que notre clairvoyance nous avait fait appréhender depuis longtemps),. nous imposent aujourd’hui des devoirs impérieux auxquels notre candidat ne faillira pas,
La paix :
Son premier souci, dans les circonstances graves où nous nous trouvons, sera la sauvegarde de la paix. La France n'a d'intention agressive contre personne, mais elle doit mettre tous ses soins à assurer sa sécurité : tel a déjà été le but de la ligne de défense forgée par notre ami Maginot, en dépit de l’opposition de 170 voix de gauche et d’extrême gauche.
Tout en conservant intacte et même en accroissant notre force militaire, nous devons nous appliquer à resserrer nos amitiés extérieures, aussi bien celle de T I talie, par exemple, que celle de l'Angleterre.
La crise :
À l’intérieur ^ il convient de remédier aux conséquences désastreuses du chômage en hâtant les grands travaux nationaux que nous avions préconisés, dès 1930, pour conjurer alors la crise naissante.
Il csL pareillement nécessaire d'alléger les charges fiscales qui accablent le, commerce, de protéger l’artisanat et de favoriser l'organisation professionnelle,
Mais pour restaurer la confiance indispensable à une reprise des affaires, il importe surtout que le monde du travail et du commerce ne soit pas perpétuellement troublé pai1 Finquiétude des lendemains, qu'il se sente protégé par un gouvernement fort et stable dont Faction ne soit plus entravée systématiquement par de perpétuelles intrigues.
La réforme de FEtat :
Pour affermir nos institutions républicaines, il faut précisément les améliorer par une réforme de FEtat, qui assure la continuité gouvernementale et qui ramené le Parlement à son véritable rôle consistant à contrôler le Gouvernement, non à se substituer à lui.
L'expérience prouve qu'il y a lieu de réserver au Gouvernement et non au Parlement rihitiaiive des dépenses publiques, de manière à faire cesser îe gaspillage de nos deniers à une heure où, au contraire, il faudrait réaliser des économies par la simplification des rouages administratifs,
La réforme électorale, — Vote féminin et familial :
La réforme de FEtat est conditionnée par la réforme électorale que la majorité de gauche n’a pas voulu réaliser jusqu’ici ; un scrutin équitable doit donner à chaque parti le nombre proportionne! de représentants auquel il a droit. Nous demandons -l'institution ci uu mode de consultation populaire (referendum) sur certains projets de loi, ainsi: que la diminution du nombre des sénateurs et des députés.
Il n’est pas admissible que, seule des grands Etats modernes, la France refuse à la femme le droit de vote. Uu même souci de justice nous conduit à préconiser le vote familial, qui permetera de faire triompher les légitimes revendications des familles nombreuses,
La défense des libertés :
Nous entendons que soient maintenues contre toute atteinte les libertés publiques, en particulier, la liberté de réunion et la liberté d'association dont le « front populaire » veut priver certains citoyens.
Le récent exemple de l'Espagne, où le triomphe du «■ front populaire » a été le signal de pillages, d'incendies et de tueries, doit faire réfléchir les électeurs français.
Le «. Front populaire :
Chez nous, comme en Espagne, le « front populaire », c’est-à-dire le Cartel des gauches élargi jusqu aux communistes, réunit trois éléments; le plus agissant est formé par le parti communiste; le plus atténué, mais non le moins dangereux politiquement, est représenté par le parti radical-socialiste, qui a répudié l’union nationale, en mettant à sa tête M. Daladier, dont le nom symbolise le glissement vers l’extrême gauche*
La défense du franc :
M. Daladier est l’homme de la « monnaie fondante ». Contre lui, nous voulons défendre la valeur du Franc, afin de maintenir intacts les patrimoines modestes.
Nous préconisons une politique d’argent à bon marché, alors que, au contraire,, chaque poussée vers la gauche entraîne une élévation automatique du taux de î 'intérêt.
L’union des Français :
Nous demandons surtout qu’il soit mis un terme aux funestes discordes dans lesquelles notre pays s’épuise et compromet son avenir. Nous adjurons tous les hommes de bon sens
et de bonne volonté, tous ceux qui ont à cœur la grandeur de notre patrie de nous aider h réaliser funion étroite de tous les Français, seule capable de nous donner cette force morale qui est 'encore plus indispensable que la force matérielle.
Aux haineux poings levés de nos adversaires, nous opposons le geste de la main tendue et nous appelons de tous nos vœux la réconciliation durable des Français.
C -est pour la réaliser que vous apporterez en masse, le 26 avril, vos suffrages à :
Antoine SALLES
Conseil Ter général. — Délégué cantonal. Ancien adjoint au maire de Lyon* Administrateur de la caisse d* épargne* Chevalier de la Légion d honneur.
Député sortant.
3e circonscription de LYON.
M. Jules-Alfred JULIEN
Élu pour la 1™ fois le 14 juin 1931 . — Réélu les 1" mai 1932 et 3 mai 1936.
Mes chers concitoyens,,
Deux fois vous m’avez accordé votre confiance au premier tour de scrutin législatif.
Sous Secrétaire d’ÉLat dans un Gouvernement qui a obtenu nettement la confiance de la majorité républicaine, je reviens comme candidat devant la laborieuse population de la Guiilotière,
Dans cette période d’anxiété et de souffrances où la crainte de perdre la paix se mêle aux épreuves douloureuses du chômage et de la ruine des plus faibles, la réaction déchaînée poursuit sa campagne de divisions et de haines.
Je vous demande de pas laisser entamer votre volonté et vos convictions par les appels à la violence qu elle prodigue contre la démocratie.
Jetez un regard autour de vous et vous reconnaîtrez de nouveau que seuls les dictatures déchaînent la guerre.
Pour nous, dans l’ordre extérieur, nous Savons point cessé de rechercher la paix sans oublier jamais d'assurer la défense de notre pays.
Dans ce sens, le Président Herriot a réuni à Genève en 1924 cinquante-sept nations autour d’un programme de paix définitive.
Dans ce sens, il s1 est attaché à obtenir la collaboration des peuples de bonne volonté sans se préoccuper de leur régime intérieur^ et il a dans 1 Europe travaillé au développement des principes de sécurité collective et d’arbitrage.
Dans ce sens aussi, nous avons, avec lui, accepté pour ce pays les sacrifices nécessaires à la protection de son territoire.
Nul n’est fondé, s’il est loyal, à nous adresser sur ce chapitre le moindre reproche.
Mais tandis que les difficultés d'ordre extérieur demeurent si aigres sont posés les problèmes sociaux, économiques et financiers.
Votre concours est nécessaire pour que soit conférée l'autorité indispensable à toute action.
Un programme de grands travaux productifs doit être réalisé,
L a population de Lyon sait que le département et la municipalité ont obtenu de Y Etat une participation de 100 millions de francs environ à d'importantes entreprises qui réduiront le chômage et développeront les moyens de circulation.
La législature prochaine doit être en mesure de généraliser ces initiatives.
Les conditions de vie des travailleurs doivent être favorisées, notamment par un réajustement de la législation des accidents du travail et des assurances sociales,
La protection et l’assistance aux faibles, aux déshérités doivent être mieux assurées.
L'atténuation des décrets-lois que la situation périlleuse de nos finances avait dictés doit être poursuivie comme elle a été entreprise courageusement par nos amis radicaux.
Petits industriels et petits commerçants si durement éprouvés ont droit à une action particulièrement énergique : taxe unique à la production, réforme des patentes, extension de la loi sur la propriété commerciale, comme d'ailleurs réforme de toute la législation sur les loyers, allégement de la‘ charge fiscale sont des mesures qui s'imposent.
Dans Fintérét de la nation, doivent être recherchés un efficace contrôle des banques et une surveillance étroite de la sortie des capitaux. Dans le même temps, sera nécessaire un effort vigoureux pour la stabilisation des monnaies, condition essentielle de la reprise économique.
Attaché au développement de renseignement public à tous les degrés, je m’applique au Ministère de l'Éducation nationale à obtenir l'extension de renseignement technique, si précieux pour les jeunes travailleurs.
Enfin, citoyens, si la paix internationale est un de nos plus fervents soucis, la paix civile, la fraternité française dans l'égalité républicaine, est notre mot d’ordre contre les ligues frondeuses.
Citoyens! L'épreuve n’épargne point les autres pays. Le nôtre peut être sauvé par les volontés républicaines, par les hommes d’ordre qui sauront faire l’Etat fort contre les oligarchies financières, contre les trusts, contre les factieux de Y intérieur, fort aussi en face des périls extérieurs.
Vive la République laïque, démocratique et sociale 1