J, JULIEN
Sous-Secrétaire d'Etat. — Député sortant.
Croix: de guerre* — Chevalier de la Légion d'honneur.
4e circonscription de LYON.
M. ÂNDEÉ PHILIP (Groupe socialiste.)
Élu pour la lTé fois le 3 mai 1930.
(Voir le programme du parti socialiste S, F. L O., p. 3.)
Citoyens,
Le 26 avril, vous aurez à vous prononcer sur l'activité de vos élus sortants.
Jamais plus éclatante faillite n’aura marque une législature.
Née dans l’enthousiasme des élections de 1932, la majorité républicaine s’est trouvée brisée aussitôt par le refus du parti radical d’accepter les offres socialistes de participation au pouvoir sur la base dos conditions de Huyghens inspirées, cependant, dans leurs clauses essentielles du seul programme radical.
Engagée, de parla volonté du parti radical, dans la voie de la déflation budgétaire, la législature, à travers les compromis et les scandales, a finalement abouti à la honteuse abdication de février 1934, où un Gouvernement, assuré de la majorité parlementaire, a pris la fuite devant les factieux.
Depuis lors, on sait à quel degré d’abjection cette Chambre est tombé : abdication totale de ses pouvoirs ; vote en bloc du budget ; decretsHois favorisant le capitalisme, au détriment des travailleurs de tous ordres ; réforme fiscale Germain ^Martin dégie\ant les gros industriels, pour accroître les charges des petits commerçants ; encouragement aux bandes fascistes qui, aujourd’hui encore, ne sont pas dissoutes malgré la loi, etc.
Le résultat, il apparaît clairement .
En matière internationale :
La politique Laval, en soutenant Mussolini, violateur des traités, en s opposant à la prise de sanctions économiques effectives {fer, houille, pétrole), en offrant enfin une prime à l’agresseur, a détruit tout le système de la sécurité collective que la h rance, depuis dix ans, s’était efforcée d’élaborer, et nous laisse aujourd’hui affaiblis et isolés devant le geste d’HIÜer.
En matière fiscale ;
Le déficit était de 6 milliards en 1932; il sera, en 1936, de 7 ou 8 milliards, et les besoins de la trésorerie dépasseront les 10 milliards, cela bien qne, en quatre ans, 17 milliaids d’économies et 4 milliards de ressources nouvelles aient été introduits.
En matière économique :
Alors que dans tous les pays la crise est aujourd’hui finie (l’Angleterre connaît une prospérité sans précédent, les Etats-Unis, les pays Scandinaves ont dépassé leur production de 1929), la situation de la France ne fait que s’aggraver de jour en jour.
En matière sociale :
Tous les petits ont été atteints ; l’ouvrier est en chômage ; le travailleur de r Etat voit son traitement réduit ; le petit artisan ou commerçant est réduit à la faillite ; le paysan ne vend pas ses récoltes. Mais, de 1920 à 1936, les compagnies d’électricité ont acetu leurs bénéfices de 53 0/0 ; les sociétés de gaz de 38 0/0, d'assurances de 23 0/0, de transports urbains de 27 0/0, de docks de 27 0^0, de banques de 10 0/0,
Tel est le scandaleux résultat de la déflation ; une misère croissante, une inégalité de plus en plus grande entre les diverses classes sociales,
11 faut en finir L * .
G’est pourquoi le parti socialiste vous présente un programme de réalisations immédiates capables de résoudre les difficultés de l’heure, programme pour la .réalisation duquel il est prêt à prendre le pouvoir, soit seul* soit en collaboration avec les autres partis républicains :
ï° En matière internationale :
Nous apportons deux affirmations. Puisque la politique Laval a détruit les sanctions économiques qui, seules, eussent pu contraindre Hitler à reculer, il ne faut pas insister sur l’affaire de Rhénanie, mais engager le plus tôt possible les négociations générales sur la pacification de l’Europe ; mais aux projets d’Hitler, pactes bilatéraux visant à stabiliser les choses à Touest pour lui laisser les mains libres à l’est, il faut opposer un pacte général d'assistance mutuelle, dans le cadre européen, sous les auspices de la Société des Nalîons, avec possibilité de révision pacifique des traités et réalisation immédiate d’un désarmement progressif et contrôlé,
2° En matière financière :
Nous entendons abolir les décrets-lois, obtenir l’équilibre du budgét par la répression énergique de la fraude fiscale (évaluée à près de 8 milliards par M. François Piêiri), fLentea? d'éviter la dévaluation menaçante par un aménagement général de toutes les dettes publiques et privées,
3° En matière sociale :
Nous nous refusons de nous installer dans le chômage ; celui-ci peut et doit être supprime ; nous demandons l'introduction immédiate de la semaine de quarante heures, sans réduction de salaires et des vacances payées; s’il reste ensuite des sans-travail, que la culledliviLé devra soutenir financièrement, nous estimons que ce ne devraient pas être des hommes mûrs, mais des vieillards (élargissement des assurances sociales par fusion avec les assurances privées nationalisées et attribution d’une retraite à tous les ouvriers de plus de 60 ans) ou des jeunes (réalisation de l'école unique, prolongation de la scolarité obligatoire jusqu’à 16 ans).
4° En matière économique :
Nous voulons lutter contre la crise en reconstituant Le pouvoir d’achat de la collectivité et en détruisant le monopole des 200 familles maîtresses des principaux postes de la vie industrielle. Ncus demandons le retour à la collectivité des richesses qui lui appartiennent par la nationalisation de la Banque de b’rance, des banques de dépôts, des compagnies d’assurances, des chemins de fer, des grandes sociétés, enfin de mines et de métallurgie qui travaillent pour la guerre.
Pour le reste de la production économique, nous demandons une organisation prdfes-
sionnelle générale, avec reconnaissance officielle des syndicats ouvriers, généralisation des contrats collectifs de travail, contrôle ouvrier sur l'embauchage et le renvoi.
Citoyens i
Cette législature va être décisive. Aussitôt les élections terminées, les puissances financières vont déchaîner une campagne de panique dans l'espoir de déterminer certains tard venus au front populaire à changer, une fois de plus, leur cœur de place et à adhérer u une nouvelle union nationale. Si cela se produisait, si au lieu de mettre immédiatement la main sur la Banque de France, le prochain Gouvernement poursuivait une politique d'atermoiements et d’hésitations, la République serait définitivement perdue.
Le temps n'est plus des promesses vagues, de la politique de clocher au service des intérêts personnels ; il vous faut des hommes apportant un programme clair, limité, précis, avec la volonté farouche de l’appliquer aussitôt et de briser par tous les moyens les résistances qu'ils pourraient rencontrer.
Vous voterez pour :
André PHILIP
Professeur à la: Faculté de droit*
Candidat do Parti socialiste S. F. L O.
LA COMMISSION ÉLECTORALE
5“ circonscription de LYON,
M, Alfred ELMIGER (^appartient à aucun groupe*)
Elu pour la lre fois le 3 mai 1936.
Chers concitoyens,
Dimanche prochain, tous les électeurs décideront de l'avenir de la France. Avant de déposer votre bulletin «tans Fume, réfléchissez* Vous avez le choix entre les représentants des vieux partis politiques, lesquels sont tous plus ou moins responsables de la situation financière actuelle, presque désespérée, et plusieurs candidats indépendants* Parmi ces derniers, un s'impose à vos suffrages : le citoyen Alfred Elmiger.
Au cours de sa campagne électorale, dans des réunions magnifiques de tenue, tous ceux qui l’ont entendu s’accordent à lui reconnaître : un jugement sûr, de grandes connaissances, la franchise et l'envie de vous servir. Pour le combattre, certains militants politiciens chevronnés ont tenté de jeter la suspicion sur lui i on 1 a traité de fasciste, vendu aux marchands de canons, homme de droite, candidat faisant le jeu de la gauche, défenseur d'un programme auquel M. de la Rocque n aurait pas refusé son approbation
Ces accusations diverses et parfois contradictoires prouvent son indépendance*
La vérité, c’est qu'on ne lui pardonne pas son attitude,, très crâne, définie clans la tactique électorale de sa déclaration, de sc refuser, à l'avance, aux écœurants maquignonnages du second lourde scrutin, et de ne pas avoir au cou le collier d un parti politique,
Ne prenez pas à votre compte des jugements inspirés par l’esprit de parti, sommaires ét enfantins, Jugez-le seulement sur son programme et ses déclarations en réunions publiques*
Notre candidat, et il ne craint aucun démenti, ne dépend d’aucun groupement politique ou pai apolitique, sa campagne électorale et ses affiches ont été uniquement payées par les membres du Comité républicain indépendant du IVe arrondissement* Existe-t-il beaucoup de comités électoraux qui pourraient en dire autant ?
Si vous êtes las de la mauvaise administra Lion du pays, des gaspillages, des abus, des cumuls, des scandales genre Stavisky, des querelles de partis, du Chômage, de îa misère, si vous voulez contribuer k évitera la France, la ruine financière et la révolution intérieure, si vous voulez signifier aux parlementaires bavards, incapables, louches et partisans de la république des camarades, qu’il y a quelque chose de changé dans le pays, vous voterez pour Je citoyen Alfred Elmiger*
H est parvenu à une situation indépendante sans rien devoir à personne, uniquement par son labeur personnel. Le mandat parlemen taire que vous lui donnerez sera pour lui, non pas une satisfaction ambitieuse, non pas une source de profits, mais F accomplissement d’un devoir envers sa terre natale.
Vous dédaignerez la férule des comités électoraux habituels du IVe arrondissement qui proclament qu’un candidat ne doit être élu, par les électeurs souverains, qu’après avoir reçu leur investiture* Prétention ridicule, lorsqu’on sait que la dernière Chambre des Députés comptait 17 groupes différents*
Electeurs du IVe arrondissement,
Le 26 avril prochain, vous marquerez votre dégoût des querelles politiciennes. Vous affirmerez votre volonté de vivre en travaillant, dans la paix intérieure et extérieure.
Vous voterez pour un homme dont les qualités d 'intelligence, de probité et de loyauté sont unanimement appréciées, pour le citoyen :
Alfred ELMÏGER
Docteur eu pharmacie, — Ancien combattant.
Candidat républicain indépendant*
LA COMMISSION ELECTORALE
Mes chers concitoyens,
Avertissement :
La lecture de cette déclaration pourra sembler longue. Cependant je vous demande de la lire attentivement* Il ne me semble pas permis de compter sur le concours de la Presse. G est donc surtout, par cette profession de foi et par mes réunions publiques, que vous connaîtrez ma position devant les principaux problèmes angoissants de l’heure présente.
Les raisons de ma candidature :
Les vieux partis s’effondrent* Certains de leurs dirigeants sont discrédités ou périmés* Ils ont placé au-dessus de leurs idées, la conquête des sièges du Parlement* Ils ont largement contribué à 1 impuissance et à l’avilissement de la législature qui vient do se terminer* Des amis m ont représenté qu’un grand nombre d’électeurs de cet arrondissement, dégoûtés par l'épanouissement des passions partisanes, les scandales, les abus, la mauvaise administration du pays, entendaient envoyer a la Chambre des Députés, un homme nouveau représentant leurs inspirations Us m ont demandé de poser ma candidature. Étranger à toute action politique ou religieuse depuis que je suis électeur, j'aurais pu décliner cette offre*
Mais j'ai considéré l'inquiétude générale des esprits. C’est un devoir qui se présentait à moi.
Vous comprendre/ qu’à mon âge, je ne peux être guide, ni par I ambition, ni par le souci de gloire, ni par l’appât du gain. Fils d’une famille ouvrière de 9 enfants, depuis râge de 14 ans, j’ai toujours travaillé pour assurer ma subsistance, J ai obtenu le baccalauréat, par un travail intellectuel accompli en dehors de mon travail journalier, sans aide pécuniaire et sans avoir fréquenté nul établissement d'enseignement secondaire.
J’ai toujours vécu à la Croix-Housse ou sur son versant J’entends y rester. Même élu, je garderai ma pharmacie. J’aime mon quartier natal. Je suis imprégné do son esprit. Par pieté filiale, je me mets à sa disposition.
Tactique électorale :
Je sais que je serai suspect à tous les partis politiques qui sollicitent vos suffrages. Pour les uns je serai un candidat de droite et pour d’autres de gauche. Malgré l'opposition de leurs idées, ils seront tentés de Lous s’entendre pour me faire échouer. Oubliant le passé de la Croix-Rousse : en 1831. son insurrection a marqué un tournant dans l'histoire de la classe ouvrière, non seulement en France, mais dans le monde entier, ils -semblent vous refuser le droit d'élme un candidat, choisi autrement que par leurs comités.
C’est une injure que vous relèverez.
N'ayant de leçon de répuolicanisme à recevoir de personne, vous leur montrerez que vous avez voulu choisir un député essentiellement croix-roussien et non pas le soldat d’un parti faisant passer la loi de son parti avant la détense de nos intérêts et de nos aspirations.
Au seuil de cette campagne électorale, je salue mes concurrents. J’éviterai les attaques personnelles, les calomnies, les méprisables manœuvres de la dernière heure, la ruse qui dénote une petite intelligence; mais je me défendrai si je suis attaqué. Je ne veux connaîtrs aucun parti de quelque nom qu’il se nomme.
11 vous appartient, mes chers concitoyens, si je ne suis pas élu au premier tour, oc m’accorder un nombre de voix me permettant de me maintenir, au second tour, envers et contre tous; car j’en prends, ici, l’engagement lormel :
En aucun cas, je ne me désisterai, pour qui que ce soit.
Je place mon sort entre vos mains. J’accepte les voix de tous les électeurs, quels qu ils soient. Cette déclaration très nette, ne prêtant à aucune ambiguïté étant faite, je vais indiquer, les principes qui présideront à mes actes, si je deviens votre député.
Propriété privée :
L’article 17 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, est ainsi conçu :
« La propriété' étant un droit inviolable eL sacré, nul ne peut en être privé, si ce n est lorsque la nécessité publique, légalement constatée, l’exige évidemment et sous la condition d’une juste et préalable indemnité ï, J’accepte sincèrement les conséquences de cette définition, je dis sincèrement , car des candidats perfides, qui y souscrivent du bout des levres, rendent la propriété impossible, par des impôts trop lourds, des taxes de mutation exorbitantes, où s'allient, pour des mobiles électoraux à ceux qui font proiession.de communisme.
Suivant Karl Marx et Engels dans le manifeste communiste, la théorie des communistes peuL se résumer dans cetle propnsilion unique « abolition de la propriété privée n. Je suis, d’abord, anticommuniste. Toutefois tout esprit sincère doit reconnaître que le communisme est l’une des solutions théoriques du chaos actuel,
La France ne peut continuer à vivre ainsi.
Les paysans ne vendent plus leurs produits. Les commerçants, les petits industriels, les artisans sont presque ruinés. Les chômeurs meurent de iaim Cetle faim étreint non seulement les adultes, mais chose plus grave, les entants, Ces derniers connaissent le pessimisme
à un âge où tout devrait leur paraître agréable, dans le même temps où ils sont les sujets de la misère physiologique. S’ils parviennent à l’état adulte, ils seront amoindris dans leur résistance. Dégénérés, ils engendreront, à leur tour, des dégénérés. La société actuelle n’a pas le droit de condamner à la misère et à la mort des innocents. Ceux qui souffrent de la faim pourraient bien emporter, en quelque soir de révolte, cruel et aveugle, les positions de ceux qni mangeant à leur faim, estiment que tout est bien, puisqu’ils possèdent une place lucrative, l’assurance de leurs vieux jours, des décorations,
La France est arrivée à un carrefour dangereux. Il faut choisir : ou le communisme intégral, dont je ne suis pas partisan, ou la réforme profonde de l’État, du Parlement, de la fiscalité.
Réforme de l’État :
Il faut réformer la Constitution. L'État doit restaurer son autorité, tout en étant ramené à ses fonctions propres de contrôle, de coordination, d’arbitrage et d’organisation, d'arbitrage et d’organisation des grands services publies. La séparation des pouvoirs doit être une réalité. La justice égale pour tous, empêchera l’éclosion do nouvelles affaires Stavisky. Le respect des idées morales combattra le désir do lucre trop prononcé. Il convient aussi de maintenir les libertés politiques : de conscience, d’enseignement, d’association, de la presse et des réunions. L État fort doit dominer les oligarchies financières ou commerciales
Reforme du Parlement :
Durant la dernière législature, la Chambre des Députés s’est montrée ; versatile, incapable, hypocrite.
\ersatile, elle a usé dix Ministères, Après avoir refusé la nomination d’une Commission d'enquête sur l'affaire Stavi&ky, elle l’accorda au Ministère Doumergue, Mais, entre temps, par son aveuglement, le sang français avait coulé.
Incapable, elle a remis les pouvoirs qu.'eiïe tenait du peuple souverain et qui ne sont pas délégables a une dictature collective ministérielle*
Hypocrite, après avoir voté, à plusieurs reprises, le principe de la représentation pro-, portionnellej elle l'a fait échouer.
Le Parlement doit s amender. Pour la Chambre des Députés, je suis partisan de la réduction du nombre des députés, de la suppression de l’initiative parlementaire en maLière de dépenses budgétaires, de la représentation proportionnelle intégrale, du vote féminin, du vole familial, de l’établissement d’un référendum pour les questions importantes, du droit de dissolution, au cours do la première année de la législature, sur l’avis conformé du Sénat, au cours des aimées suivantes.
Quant aux Sénateurs, on peut, sans inconvénient, diminuer leur nombre. Ils sont surtout élus par les délégués des communes, mais les petites communes rurales cLant la majorité, ce sont les délégués des campagnes qui sont en majorité. Les électeurs sénatoriaux devraient disposer d’un nombre de voix, strictement déterminé par le nombre d’électeurs qu’ils représentent. 1
Réforme fiscale :
Les dépenses de l’État ne doivent pas dépasser la faculté contributive du pays. Cette faculté est dépassée depuis longtemps, chaque Français, en moyenne, travaille, un à deux jours sur trois, pour le fisc,
a L’équilibre du budget doit être obtenu par la réduction des dépenses de l’État. U faut arrêter la politique des emprunts qui mène le pays à la faillite et à la révolu! ion. La dette publique, qui atteint 340 milliards, s’est augmentée de 75 milliards pendant ces quaLre dermeres années. U faut poursuivre la réduction progressive de la dette viagère. II faut supprimer les cumuls. Il faut diminuer les impôts trop lourds qui tuent le commerce, l’industrie
et engendrent le chômage des ouvriers et des artisans. Depuis 1930, le nombre des liquidations judiciaires et des faillites augmente chaque année. En 1930, 3.128 liquidations et 6 S 18 faillites: en 1932, 5.13S liquidations et 9.668 faillites; en 1933, 5.825^ liquidations et 11.460 faillites.
11 faut instaurer l’égalité fiscale. Un même revenu tiré du travail doit être taxé au même taux, quel que soit la cédule à laquelle il appartient. Il faut remanier de fond en comble,1 les impôts directs et indirects. Les impôts directs actuels reposent sur des règlements compliqués et variant chaque année. Ils nécessitent l'inquisition eL la paperasserie. Us empoisonnent littréalement notre existence. Établis par les hauts fonctionnaires des administrations centrales de Paris, comprenant mal les conditions pratiques de l’existence, sous le regard indifférent dé parlementaires paresseux ou incapables, ils conviennent parfaitement, non pas à des citoyens libres, mais à des hommes, qui nés esclaves seraient condamnés & mourir dans des asiles d’aliénés.
Les impôts directs qui devaient faire disparaître graduellement les impôts indirects. Or, la taxe sur le chiffre d’affaires, à supprimer, est bien l’impôt indirect le plus formidable ayant jamais existé en France. Le système d’impôts directs sera donc simplifié, quant aux principes et à leur perception. Il sera établi sur des bases telles, que toute fraude soit rendue impossible. Les impôts indirects, trop divers, seront refondus. Ce sont certains d’entre eux qui sont les causes de la vie chère.
La France est à la fois un pays agricole (40 0/0 d’agriculteurs), commercial et industriel. Privilégiée, elle peut, mieux que tout autre pays, vivre sur son propre fonds. 11 est clair, qu’il existe une solidarité étroite entre les différentes sources d’activité. Sacrifier l’une aux autres, ou plusieurs à l’une d’elles importante, c’est rompre l’équilibre économique intérieur. Oui, il est stupide et criminel d’opposer les ouvriers des villes aux paysans, mais si les paysans ne vendent plus leurs produits, c’est parce que les ouvriers sont réduits au chômage par suite des impôts trop lourds des entreprises, c’est parce que l’agriculture française a été inégalement imposée. « Le Maroc, déclare U. Piétri, avec sa population de quatre millions d’habitants et son agriculture encore sommaire, cotise deux fois plus que la France au titre de l’impôt sur le bénéfice agricole ».
Il faut supprimer les gaspillages budgétaires.
Exemple : les victimes du 2 décembre 1851 touchent 1 million 208.116 francs à répartir eutre 3.721 parties prenantes. Les blessés de 1848, au nombre de 32, émargent au budget pour 13.863 francs. Si ces derniers avaient 17 ans, lors des événements, ils ont 105 ans à l'heure actuelle,
Une solution paresseuse au déséquilibre budgétaire consisterait à dévaluer le franc.
Dévaluation du franc :
Ses partisans estiment qu’elle aurait pour effet : le rétablissement de l 'équilibre budgétaire, la reprise des affaires à l’extérieur, l’expansion du commerce extérieur et l’accroissement des exportations, la diminution du chômage, la hausse des prix de gros favorisant les producteurs et la production, la stabilité des prix de détail permettant le maintien des salaires et traitements aux niveaux actuels.
L’exemple de la Belgique, qui le 30 mars 1935, a dévalué son franc de 28 0/0 dément ces assertions. La dévaluation, fen Belgique, a entraîné la hausse des prix de détail. Pendant que le coût de la vie montait, les salaires, les traitements ne pouvaient être augmentés à la même cadence, car il s’écoule un certain temps entre la hausse des denrées et le rajustement des salaires.
En France, il en serait de meme.
De plus, les petits rentiers et les assurés sociaux verraient leurs rentes, actuelles ou futures, diminuées) en valeur réelle.
Si la dévaluation du franc est une solution paresseuse, il en est une autre, indispensable
au premier chef, et que je placerai au premier rang de mes préoccupations, en matière budgÿteîre, c’est la réforme administrative,
Réforme administrative :
L’administration française remonte au temps des diligences. H faut diviser la France en régions, réduire b nombre des préfets et des sous préfet^ simplifier les formalités administratives, supprimer les emplois inutiles, faire régner l'esprit d économie. Croira t-on que pour obtenir un secours de 200 francs ep. faveur d un- ménage de pauvres bûcherons dont le modeste avoir avait été détruit par un incendie, il a fallu, au maire, établir 27 papiers, différents ?
Le Ministère Laval, pour mieux faire accepter ses décrets-lois détestables, avait établi une commission et dirigé des fonctionnaires, à travers le pays, qui devaient rechercher et proposer la suppression des abus. Qu a-t-on fait? A combien, se chiffrent les économies réalisées ?
Décrets-lois :
L œuvre de M. Laval est néfaste. Au lieu de pratiquer la réforme administrative intégrale, seule mesure logique possible,, il a édicté, avec la complicité d'un Parlement, lâche et avili, les décrets lois dont il a dit lui-même : « Aucune décision prise n’échappe à la cri* tïque Et il ajoutait : Ils réalisent t égaloé dans le sacrifice* L’équilibre du budget est enfin réalisé ». Non 1 Ce n’est pas exact.
Les décrets-lois avaient édicté des prélèvements sur les traitements des fonctionnaires, mêmes inférieurs à 8.000 francs par an. Mesure inique. Ces fonctionnaires allaient supporter les conséquences de La mauvaise administration du pays, À l’approche des élections, la Chambre a procédé, do maniéré plus ou moins sincère, k certaines « humanisations » des décrets-lois.,
Ces décrets -lois ont violé les contrats, les engagements de 1 État envers les porteurs de rentes d Liât. Mais quelques mois plus tard, on lançait sur le marché des emprunts à des taux supérieurs, exempts de prélèvements. Les décrets-lots ont imposé des sacrifices immé^ rites aux anciens combattants et aux victimes de ta guerre. C’est donc avec raison que le journal de l U N* A* G. pouvait écrire (n° 158) t « Les vieilles équipes qui n’ont rien compris k la grande histoire de 1914, et qui par la veulerie et la lâcheté de quelques-uns ont continué à tenir les leviers de commande, ont cru prendre leur revanche k la faveur d une situation compromise du fait de leur incompétence, pour ne pas employer une expression plus sévère. »
La reforme administrative accomplie, la question financière réglée* les décrets-lois pourront être abolis dans leurs injustes prélèvements. Il faudra penser aux fonctionnaires, aux ouvriers et employés, aux artisans, aux commerçants.
Des fonctionnaires :
Les 1 onction naîrcs sont indispensables au bon fonctionnement de la nation. Ils doivent être utiles et peu nombreux, car autrement, étant rémunérés par le produit des impôts, ils mettraient en péril 1 équilibre budgétaire. Ils doi vent être bien payés. Des économies ne peuvent frapper que les gros traitements. Les fonctionnaires ont la sécurité dans l’emploi ei une retraite pour leurs vieux jours* II convient de leur accorder le droit syndical, sauf pour ceux d autorité. L interdiction de grève dans les services publics doit être proclamée. Je distingue deux catégories de fonctionnaires. La première possède des droits sacrés* Cest celle qui se recrute par des titres des diplômes, des examens, particulièrement à l’entrée d une carrière. La seconde catégorie doit être supprimée par extinction. C'est celte des clients des démagogues, des hommes au pouvoir, qui sans titre, sans diplôme, sans examen et souvent sans savoir, occupe des places lucratives.
Voici un exemple courant de favoritisme, M. Régnier, ministre des Finances* par trois décrets successifs parus le même jour au Journal officiel, a nommé M, Sab. lier, chef adjoint de son cabinet, d’abord sous-préfet hors cadre, puis préfet du Gers, enfin directeur adjoint au Ministère de l'Intérieur,
Des ouvriers et employés :
Les ouvriers et employés ne doivent plus être traités par certains patrons, non pas comme des hommes, mais comme une simple marchandise. Il faut organiser la profession, dans le cadre régional, afin d’obtenir dans l'intérêt de tous la collaboration sincère des divers éléments de la production, le salaire minimum, la semaine de quarante heures, la faculté d'utiliser les loisirs.
Le machinisme doit alléger le travail de l’homme et non pas le réduire à la misère, La famille étant la véritable cellule sociale, il faut encourager les familles nombreuses et supprimer les taudis. Contre le chômage, il faut entreprendre de grands travaux de rénovation sociale et d’équipement.
Le travail ne doit pas être asservi au capital de spéculation, irresponsable et souvent anonyme.
Je suis partisan du maintien des allocations familiales.
Pour les assurances sociales, je suis partisan de leur maintien, mais simplifiées et allégées* Leur appplication nécessite au pays prospère. Il serait vain de donner aux salariés l'illusion de retraites lointaines en leur enlevant par la ruine des entreprises et le chômage consécutif, la possibilité de gagner d’abord leur vie dans le présent.
Les assurances sociales oui permis à certains d’obtenir des postes lucratifs. Des palais somptueux ont éié construits par divers organismes. Des sommes énormes accumulées constituent une proie pour les forbans de la politique et de la finance.
Au 31 décembre 1933 , les valeurs mobilières achetées par les Caisses avaient subi une dépréciation sur le prix d’achat, de 193 millions 801 175 francs (réponse de M. le Ministre des Finances, Journal officiel, 31 mars 1931), La Caisse interdépartementale de Seine et Seine-et Oise, a, eu portefeuille, 22 millions de bons de Bayonne.
Depuis quelque temps, il est de bon ton de réclamer Le fonctionnement de la loi, dans le cadre de la mutualité, si Ton veut, à. la condition toutefois, que les droits et les devoirs des professions appelées à concourir au fonctionnement de la loi soient respectes. La mesure appliquée depuis le 1er avril 1936, qui prescrit la diminution du remboursement des frais pharmaceutiques aux malades doit être rapportée, La concentration de sommes énormes au titre de 1 assurance vieillesse me donne des inquiétudes Je trouve indispensable le service d’une retraite au travailleur, comme an fonctionnaire. Celle de ce dernier est en quelque sorte garantie par le budget annuel, mais celle du travailleur? IJ faut confier la répartition des rentes vieillesse à des caisses organisées dans le sein de îa profession.
Des artisans ;
Dans les villes, c’est dans Batelier artisanal, que Bon trouve au maximum, le plein épanouissement de la vie de famille, la conscience des responsabilités, Ba c corn plisse ment des devoirs. L’atelier artisanal doit être protégé dans tous les domaines, particulièrement dans celui du travail. Il reprendra une nouvellb vigueur dans la profession organisée qui devra faire adopter, notamment, l'interdiction de transporter à l'étranger nos procédés de fabrication et de vendre nos métiers à prix réduits, à l'étranger*
Des commerçants :
Si les petits commerçants croix-roussiens devaient acquitter, du jour au lendemain, toutes leurs dettes fiscales ou autres, 50 0/9 des magasins ou entreprises fermeraient automatiquement.
On reste effaré devant les conceptions de certains et des parlementaires, quelle que soit leur nuance politique. Pour eux un commerçant qui fait de mauvaises affaires est un imbécile indigne de pitié, tandis qu’un commerçant qui réussit est un voleur qu’on ne saurait trop lourdement taxer»
Je souliendrai toutes les revendations justes des petits commerçants, et notamment :
Forfait facultatif, en matière d'impôt sur le Jchiflre d’affaires* Suppression de îa taxe sur le chiffre d’affaires, cause de vie chère» Rétablissement des anciennes commissions consultatives d'arrondissement. Égalité fiscale, en ramenant à 9 0/0 le taux de la cédule commerciale et en accordant aux commerçants et industriels les memes abattements et réductions qu’aux autres contribuables. Suppression dans îa législation actuelle (impôts cédulaires et revenu global) de la patente sur les loyers commerciaux. Même plafond d’augmentation pour les loyers d’habitation et commerciaux. Lutte contre les magasins à prix uniques. Suppression delà plus-value du fonds de commerce taxée comme un revenu, ou alors, application de ce principe dans toutes les cédules.
Laïcisme :
Fermement républicain, je suis partisan de la liberté de conscience, dans le cadre des lois laïques, telles qu’elles sont appliquées actuellement. L’ecole laïque doit être républicaine, nationale, neutre envers les diverses croyances morales ou religieuses.
École unique :
Suppression du système actuel. Les enfants des riches doivent payer. Au-dessous d'un certain taux de revenu des parents, les enfants seraient reçus gratuitement. J1 faut dire aux parents qui se sacrifient pour leurs enfants, qu'il y a excès de diplômés dans toutes les carrières. La possession d’un diplôme, en fait, ne permet pas toujours de gagner honorablement sa vie.
Les enfants des campagnes ou des villes, merveilleusement doues, doivent être pris en charge par la nation.
Dans les limites des ressources budgétaires, des bourses complètes d’entretien, comprenant notamment le manque à gagner s’ils avaient travaillé dès l’âge de 14 ans, leur seront attribuées jusqu’à la An de leurs études supérieures, s’ils ne trahissent pas les espérances mises en eux
Hors cela, tout n’est que leurre pour le peuple, sauf les charges de l’école unique actuelle, supportée par tous* ~
Questions locales :
Toutes les questions intéressant le quatrième arrondissement, travaux généraux d’urbanisme, boulevard en corniche do la Croix- Rousse, etc., retiendront mon attention. Comme n’importe quel candidat, je ferai mes efforts auprès du Gouvernement pour les faire aboutir* Un député indépendant, dont Faction n’est pas jugulée par le parti auquel il appartient, peut servir plus utilement les intérêts de sa cirçonscriprion . Je me garderai toutefois d’oublier les intérêts généraux du pays, sous la réserve de trouver la même sagesse chez tous le députés, car trop de travaux ont été entrepris dans le midi de la France, u mquement pour favoriser des combinaisons électorales*
Un certain nombre de Croix-Roussiens se souvenant que îa Croix- Rousse fut annexée à la ville de L3ron, en 1852, pour punir ses habitants de leurs sentiments républicains, et remarquant d’autre part, que par sa situation topographique, notre quatrième arrondissement, s’il participe bien à toutes les dépenses d’urbanisme de la ville, n’en recueille peut-être pas des bénéfices proportionnels, se demandent si notre intérêt ne nous commande pas de réclamer l’érection de ïa Croix-Rousse, en ville indépendante de Lyon, C’est là une idée
intéressante qu'il faut étudier. Je m’engage à le faire, à organiser un referendum et à déposer, le cas échéant, un projet de loi*
La Paix :
Je suis un fervent partisan de la païx} et qui donc, d ailleurs désire la guerre? La gu erre est lui fléau comme la maladie, La guerre future toujours possible, sera terrifiante*
Avant toute déclaration officielle des hostilités, l'ennemi, au moyen de bombes incendiaires, brûlera, plus ou moins complètement des villes comme Paris, Lyon. Les femmes et les enfants agoniseront dans des souffrances atroces, sous l’effet des gaz asphyxiants*
Il ne suffît pas de bêler après la paix pour l'obtenir.
Désarmer unilatéralement, c’est rendre la guerre inévitable. La ligne Maginot a plus fait pour notre sécurité que les pactes et les meilleurs discours pacifistes. La France qu’on ne saurait accuser d être belliqueuse doit avoir une armée fortCj prête à résister aux troublefête de l'Europe.
La France a eu le très grand tort de ne pas compter sur elle même, d’abord, et de faire reposer, en grande partie, sa sécurité sur divers peuples ou sur la Société des Nations*
Société des Nations,
La Société des Nations a été établie par le traité de Versailles, sous l'influence du président Wilson qui devait être désavoué par son pays. La Société des Nations a comme buts essentiels : la détermination de la guerre juste, de faire jouer la garantie collective des nations, dans le cas où l’une d’elles serait injustement attaquée, l’obligation de la médiation ou de l’arbitrage et le respect du moratoire de guerre ; c’est-à-dire du délai de trois mois, après lequel 1 Liât peut défendre, par la force, ses droits reconnus justes.
La Société des Nations n’est pas une conception nouvelle. Déjà, en 1713, un philosophe avait proposé aux princes, un plan auquel il les invitait à adhérer. Ce plan comportait : la garantie collective de 1 intégrité territoriale, la réduction des armements, la mise de la guéri e hors la loi, la conciliation, la médiation, 1 arbitrage et l’intervention militaire collective. Ces idées généreuses n’empêchèrent pas des guerres ultérieures, de plus en plus m eu r tri ères*
La Société des Nations a obtenu des succès, chaque fois que les naLions n’avaient aucun intérêt à vider leur querelle par la guerre. Exemple ; Corfou en 1923. Mais hélas, ses insuccès sont plus graves et plus nombreux. En septembre 1934, le Japon, membre de la Société des Nations, attaqua la Chine, autre membre de la Société des Nations. Le Japon fut déclaré agresseur. 11 quitta la Société des Nations, créa l’Etat indépendant du Manchoukouo et s empara de la province du Jehol.
Les affaires iUlo -abyssine et franco-allemande sont plus graves, pour nous, Français.
Faut-il, après cela, condamner définitivement la Société des Nations ? Non ! Elle ne pouvait faire régner dans le monde, d’une manière immédiate, un esprit de justice que nous ne sommes pas parvenus encore à faire régner dans nos propres familles. Qu’on le veuille ou non, l’intérêt, bien plus que la justice, animera longtemps oncorc les nations et les individus. Ne soyons donc pas hostiles, par principe, mais défions-nous des idéologues. Restons prudents et forts.
If Italie :
L Italie, à la suite d incidents de frontière, autant que pour réaliser ses projets d’expansi on dans le seul pays noir encore indépendant, attaqua l'Ethiopie, membre de la Société tes Nations* La Société des Nations, à l’appel de 1 Ethiopie, condamna l'Italie et décida des sanctions a lui appliquer. On ne put aller jusqu’à J a sanction pétrolière, les Etats-Unis ayant refusé de s’y associer.
Ce refus, ainsi que les louables efforts de M. Laval, ont [probablement épargné aux
Français de verser leur sang pour les Abyssins.
Mais les sanctions auront eu pour effet de réduire, en 1936, notre commerce extérieur d'un milliard, d'augmenter le nombre des chômeurs français, d’avoir démoli lVtivité de centres comme Modane et de nous avoir fait perdre des clients d’une manière définitive.
A la Croix- Rousse, des fabricants de dorures, de courroies, de soieries ont été durement touchés. Eu plus de la perte de leurs clients, des marchandises ne pouvant être
utilisées qu’en Italie, sont perdues pour eux
C’est ['Angleterre qui s’est montrée la plus acharnée dans l’application des sanctions. Certains ont cru qu’il fallait appuyer, à ton^ l’Angleterre, car les sanctions qu'elle appliquait à l’Italie, au nom des principes de la Société des Nations, demain elle les appliquerait à l’Allemagne si cette dernière violait les traités librement consentis. C’était, hélas, bien mal connaître T Angleterre,
L’Angleterre :
On connaît les principes traditionnels de la politique anglaise : pas de nation prédominante eu Europe, marine puissante, respect des intérêts britanniques.. Lorsque l’Angleterre s’allie, pour un temps, avec une puissance, ce n’est pas pour servir une idéologie, mais pour ses intérêts nationaux Ils coïncidaient avec le pacte de la Société des Nations, L’Angleterre, dans la question éthiopienne, défend les grandes voies de communications impériales et la source du Nil bleu. Eêst-il permis d’en douter après son attitude dans le différend francoallemand ?
L’Allemagne :
Que de déceptions elle nous a données ! Retrait de la Société des Nations. Abolition des clauses financières du traité de Versailles. Rétablissement du service militaire obligatoire. Mise en pièces du traité de Locarno. Que sera demain? Cession de colonies. Annulation des clauses territoriales du traité de Versailles ? Malgré tout, nous ne pouvons envisager une guerre actuelle. Essayons dé dissiper les malentendus. Pour la paix de 1 Europe, supportons à l’extrême limite un voisin embêtant.
Evitons ou retardons la guerre, tant que nous le pourrons. Soyons à la fois bienveillants,
pacifiques, mais forts et résolus.
Mes chers concitoyens.
Telles sont les idées qui animeront ma conduite si je suis votre élu. Ces idées peuvent grouper sur mon nom tous ceux qui placent au dessus des querelles de partis, la France, la bonne administration du pays, la ‘réorganisation intérieure, l’union de tous les citoyens et îe souci de ta paix.
■pans les graves circonstances actuelles, vous avez le droit de choisir pour vous icpicsenter un homme indépendant. Réfléchissez S
En cas de ballottage, il faut que dès le premier tour, j’obtienne un nombre imposant de suffrages, sans quoi je me retirerai de la lutte, sans désistement pour qui que ce soit.
Pour moi, quel que soit votre verdict, j'aurai la satifaction d’avoir accompli ce que j’estimais êLre an devoir envers vous.
Vive le quatrième arrondissement ! Vive la France 1
Aux urnes, votez tous, sans abstentions, pour le citoyen :
Alfred ELMIGER
Docteur eu pharmacie. — Ancien combat tant. Républicain indépendant*
6» circonscription de LYON.
M. Arbre FÉVRIER
(Groupe socialiste.)
Elu pour la Ve fois le 11 mai 1924. - Réélu les 29 avril 1928, 8 mai 1932 el 3 mai 1936.
(Voir ie programme du Parti «ocialis te S. F. I. O., p. 3. ,
Le 26 avril, vous êtes appelés à élise votre représentant à la Chambre des Députés.
. Noire ami André Février qui, depuis dix-sept années représente cet arrondissement dans les differentes assemblées délibérantes, a été désigné par nous, d'un mouvement d attachement unanime, pour solliciter à nouveau vos suffrages.
Les électeurs du Ve arrondissement connaissent bien leur élu.
Amis eL adversaires apprécient en lui sou dévouement, son labeur, sa loyauté et sa courtoisie. J
f\ous n étalerons pas ses titres à votre confiance.
Vous les avez depuis longtemps reconnus en lui accordant à chaque scrutin un nombre de suffrages sans cesse accru.
Vous avez apprécié en la forte personnalité d’André Février, l’application au travail
la haute conception du mandat public, la fidélité des convictions, le respect de l'adver’ sajre. 1
Vous avez, sans effort, constaté les heureux effets obtenus dans le V<= arrondissement depuis qu’ André Février, par votre confiance, est votre élu.
Jamais activité ce s’est exercée d’aussi intelligente façon et ne s’est exprimée par cl aussi iéeonds résultats.
Vous l’avez si bien compris, qu’il y a un an, aux élections municipales, vous disiez, par un vote compact, la liste à la tête de laquelle était notre ami André Février.
Mais il ne s’agit point dans les graves moments présents, .de se déterminer uniquement par le seul element de la sympathie personnelle.
Les électeurs delèguent leur souveraineté.
Us ont le droit de savoir à qui iis la délèguent.
Us ont le devoir de connaître pour quoi ils la délèguent.
Les électeurs du Ve arrondissement connaissent leur mandataire. Ils savent, qu’adhérant J epuis trente et une années sans défaillance, au Parti socialiste, André Février néest pas rom pie un lien qui est 1 honneur de sa vie. Ses adversaires savent que la force de Propre conviction l’a toujours conduit à comprendre et à respecter celle des autres.
; UmL espiit capable de réflexion doit être frappé de l’évolution rapide des événements qui confirme avec tant de force notre doctrine.
La crise qui a éclaté sur le monde n’a aucun rapport avec les crises précédentes.
uni - etaie"tiadis des revenant à intervalles à peu près* fixes, généralement décen-
âS’ lle * anche do production était atteinte, un pays étaiL frappé.
lois, la crise atteint l’ensemble de la production et des échanges dans tous les
p<*ys*
i ^ j’’ Pai'.Ie monde’ 30 irulltons de chômeurs ce qui, avec les familles des sans-travail, vje J * C en'1101i IGd millions d êtres humains retranchés des conditions normales de
aux.
Pour notre pays, la statistique du chômage indique 460,000 chômeurs inscrits
fonds de chômage, v
Mais le Bureau international du travail indique qu’en France 1 . /50. 000 pestes de
salariés ont été supprimés depuis qu3 la crise existe*
Eu prenant pour hase un solaire moyen annuel correspondant à un salaire horaire de 3 fr. 90 de l’heure et à trois cent jours ouvrables, on arrive à 16 milliards de francs qui ne se retrouvent plus dans la circulation, dans la vie économique de ce pays.
Les commerçants doivent comprendre, rien que par ce chiffre incomplet, pourquoi leur chiffre d'affaires diminue, le nombre des faillites augmente*
Les industriels doivent savoir pourquoi leurs commandes se raréfient et leurs usines se
ferment.
C’est pour cela que, depuis des mois et des années, nous essayons de persuader et les gouvernements et les opinions publiques que, dans une crise comme celle-ci, un seul ordre de soulagement est concevable : celui qui tendrait non pas à limiter le rendement de l'appareil productif du monde, ce qui est barbare, mais à augmenter la capacité d achat, de consommation des hommes, ce qui est humain; celui qui tendrait à répartir entre le plus grand nombre de travailleurs la masse de travail dont l’appareil productif du monde moderne a besoin*
Depuis le début de la crise, on a fait une politique contraire. On a fait déflation sur déflation ; une douzaine de lois d’économie se sont ajoutées les unes aux autres ; les décretslois Laval sont venus se superposer aux décrets-lois Doumergue. On a rogné, on a raclé, on a comprimé, on a infligé à la masse des petits rentiers, des anciens combattants, des fonctionnaires de tous ordres, puisque tout se tient, des sacrifices de plus en plus cruels et on est arrivé à ce résultat : c’est qu’au bout de quatre ans le budget de 1935 va se solder par 7 ou 8 milliards de déficit et que, pour le budget de 1936, celui que M. Régnier a fait voter en une semaine, il faudrait, si on voulait transformer son équilibre comptable en uu semblant dj équilibre réel, demander à de nouveaux décrets-lois 7 à 8 milliards de déflation nouvelle*
Nous ne cessons de répéter : le déficit, en pleine crise, est inévitable* Ce pajs i ©trouvera l’équilibre quand la santé économique sera rétablie, quand on aura ranimé son activité, le jour où les échanges reprendront une intensité suffisante, ou la consommation se rapprochera de son niveau normal, alors, mais alors seulement, les recettes monteront et 1 équilibre se réLablira de lui-même.
Cette crise, avec les souffrances quelle cause, les angoisses et les désastres quelle engendre est, par excellence, le milieu de culture du fascisme.
L’ exemple des pays où le fascisme a triomphé démontre que ce dernier n a pu s installer en vainqueur qu’après que la crise, par son appauvrissement continu, avait déclassé les hommes.
Le fascisme a triomphé quand la communauté de la souffrance, de la misère et de l’inquiétude a créé entre le patronat et des portions entières du prolétariat une communauté de destin, II a triomphé, lorque des générations entières de jeunes gens sont entrées 1 une après l’autre dans la vie en en trouvant toutes les avenues barrées par des obstacles infranchissables,
Lutter contre la crise, c’est lutter contre le fascisme et les événements internationaux démontrent lumineusement et tragiquement que le fascisme conduit à la guerre.
Dans les problèmes de vie internationale qui, depuis des semaines et des moi>, pèsent de plus en plus lourdement sur nous, nous n'avons cessé d’apporter avec toute la force e notre conviction, l’idée, seule féconde, du désarmement général.
La Conférence du désarmement s’est réunie en 1932. Elle na pas réussi parce quo devant elle s'est livré l’éternel conflit entre ceux qui préfèrent laisser- s armer les autres nations à condition de s'armer librement eux- mêmes et qui cherchent, par conséquent, dans le surarmemeut l'illusion d’une marge^de supériorité à ceux qui, au contraire, sont pi U* H
offrir le désarmement de leur propre pays comme condition du désarmement général et simultané.
Cette dernière thèse est la nôtre. Nous ne croyons pas à la sécurité par la course aux armements. Celle-ci fatalement conduit au conflit. C’est parce que nous n’avons pas été entendus, pas écoutés, que la Conférence du désarmement a permis, à partir de 1933, le réarmement, d’abord hypocrite, et ensuite public, de l’Allemagne hitlérienne* Il fallait avoir le courage claïrvoyanf de conclure une convention du désarmement et d’user, en cas de refus, pour inclure l’Allemagne, alors partiellement désarmée* des moyens de contrainte et de sanctions qui s'appliquent présentement à une puissance en rupture de pacte.
Il faut, pour garantir la paix du monde, que la réalité du désarmement &} ajoute à la réalité de la solidarité internationale et de la sécurité collective.
Nous avons soutenu et nous soutiendrons demain les pactes particuliers comme celui qui a été signé entre la France et la Russie soviétique, parce que nous pensons que ce pacte particulier — comme les autres — ne doit pas conduire au surarmement des nations qui le signent, mais, en augmentant la sécurité collective, conduire au désarmement progressif,
La violation du pacte de Locarno, par Pacte brutal d’Hitler le 7 mars dernier, nous impose de sévères devoirs.
La grave et calme appréhension du pays doit trouver un apaisement certain par le fait que le problème se trouve présentement posé sur le terrain international.
Entre le règlement direct par les armes — par la guerre — et la procédure de règlement pacifique par l’entremise et l’action internationales, l’opinion française n’hésite pas.
La paix est indivisible.
Les menaces qui visent l’Europe centrale et orientale de la part de l'Allemagne hitlérienne, ne sauraient nous laisser indifférents.
Plus que jamais, la France a le noble devoir, fidèle à sa tradition, de se faire, dans le concert européen, le champion de ridée salutaire de la limitation des armements, prélude au désarmement général.
La guerre est un crime.
Elle ne résout rien. Elle dégrade, corrompt, détruit tout.
Notre devoir est non pas seulement d’en montrer les horreurs, mais, de toutes nos forces, de l’éviter.
Les conférences internationales en cours, et celles qui se préparent, seront décisives pour le destin du monde.
Nous devons éviter toute turbulence fanfaronne et donner au monde la forte impression de notre sang-froid et de notre attachement indéfectible à la cause sacrée de la paix.
Le S avril, le Gouvernement français a déposé, en réponse aux propositions hitlériennes, un plan et un mémorandum.
Le ion général et calme du mémorandum, le caractère hardi du plan français répondent à nos préoccupations.
L’heure n’est pas aux fanfaronnades.
Elle est tout entière aux mûres réflexions, aux sévères décisions.
L’esprit public doit être tendu vers les solutions pacifiques, il doit lui-meme coopérer à la stabilité du monde par la recherche incessante de la sécurité collective et de la paix générale*
Le Gouvernement Albert Sarraut a assumé une grande responsabilité avec clairvoyance et avec courage. Il est probable que la Société des Nations difFérera ses délibérations jusqu’à ce que te verdict du suffrage universel se soit prononcé chez nous, L activité internationale se trouvera pratiquement suspendue au résultat des élections françaises.
Il dépend du peuple français d’imprimer un élan irrésistible au travail d organisation de la paix, de la paix réelle, de la paix indivisible, de la paix désarmée.
Les forces républicaines sont sur ce point d’accord avec les forces ouvrières, La h rance va parler. Elle va se prononcer puissamment en faveur de la construction de la paix. Ses
mandataires, animés de leur force victorieuse, s’attacheront à préserver le monde de l'horrible massacre.
Citoyens j
Voilà,, sur les deux graves préoccupations du moment, quelles sont nos directives.
Elles sont inspiréés par le seul souci d’assurer aux hommes leur bien-être matériel et le respect de leur vie,
La route à parcourir est certainement hérissée d’obstacles*
Ils ne sont pas de nature à nous décourager.
Pont cette action salutaire, il vous faut accorder votre confiance à des hommes d'expérience et. de devoir.
Notre ami André Février vous offre cette double garantie.
Depuis vingt années, il siège dans les Assemblées,
Nul ne peut lui faire le reproche d’avoir négligé les devoirs de sa charge,
11 a pour caution un grand parti, animé du plus haut idéal humain, soucieux de la défense de l’intérêt général et de la protection des humbles.
Nous vous demandons comme hier, avec une conviction renouvelée et accrue, de lui accorder à nouveau votre confiance le 26 avril,
travailleurs de tous ordres, républicains de toutes écoles, vous voterez en masse,
Vous assurerez, des le premier tour, le succès du cilo)ron ;
André FÉVRIER
T Consçi lier d’arraedissemen I ,
Conseiller municipal.
Député sortant,
Le que nous voulons :
L’énumération ci-dessous constitue seulement une liste de têtes de chapitres. Elle indique, en tout cas, l’esprit avec lequel nous aborderons, au lendemain du scrutin, le programme qui s’imposera aux forces républicaines victorieuses, réunies fraternellement pour une tâche féconde, dans le Gouvernement de demain.
Nous voulons donc :
Défendre les libertés démocratiques et rétablir la souveraineté populaire;
Réparer les injustices commises au détriment des anciens combattants, des fonctionnaires, des cheminots, des retraités, des vieux travailleurs et de leurs familles ;
Protéger les victimes de la crise par la création d’un fonds national de chômage; Assurer du travail et accroître le revenu consommable, protéger le petit commerce par des dispositions légales ;
Rétablir 1 ordre dans la production et restituer à la collectivité le produit des richesses nationales et des monopoles de fait ;
Préserver la paix par l'application loyale du pacte de îa S. D. N. ;
Par îa reprise des travaux de la Conférence du désarmement:
I ar la suppression de la fabrication et du commerce privés des armes par voie de convention internationale;
Par une stricte connexion entre les pactes particuliers d’assistance et le pacte général de la S. D, N,; 1
Pat 1 appui donné, en face des propositions hitlériennes, au plan et au mémorandum français. 6
Pour cette œuvre de justice et de paix :
Travailleurs, républicains, unissez vous.
7e circonscription de LYON.
M. Pierre iîURGEOT (Groupe de la Fédération républicaine de France,)
Elu pour la 1 ro fois le 3 mai 1936
G h e fî G on c. i t oy e n Sy
Après quatre ans d'erreurs et de crimes, la Chambre cartellistc de 1932 va mourir, nous laissant en héritage la guerre ou la révolution, et peut-être les deux à la fois.
Une fois de plus, il vous appartient de sauver la France, et, en même temps, la République !
Pourquoi la candidature Pierre Burgeot ?
La première en date, la Fédération républicaine du VIe a désigné comme candidat ; Pierre Burgcot.
Pourquoi ?
Pour de multiples raisons.
Tout d’abord, la double élection d’octobre 1934, où Burgeot et Blaessinger arrachèrent le 8* canton à la férule du Cartel, et. dont les élections municipales de 1935 ne furent que la conséquence* conférait b Y un de ces deux élus la mission de compléter lu déroute du Cartel, devenu depuis lors le Front dit populaire. La santé de Blaessinger l'écartant des fatigues électorales, notre Comité, à Punammité, a porté ses voix sur Pierre Burgeot.
D’autre part, dans l’exercice de son double mandat, Burgeot — à l’encontre de certains ambitieux qui le critiquent aujourd’hui — a toujours montré l'activité, la sincérité, le dévouement que peuvent exiger les électeurs les plus ombrageux.
Enfin, les venimeuses attaques dont il était F objet dès avant sa désignation, iront fait qu’augmenter notre estime et notre affection pour sa personne et pour son caractère.
Les milliers d’électeurs qui, dans trois scrutins successifs, ont fait masse sur son nom* ne se déjugeront pas !
Son programme*
Ici seulement, les points fondamentaux sur lesquels, sous la poussée des événements, se tissera la trame des détails d’application.
Notre but ?
Nous l’avons dit : le salut de la France et de la République \ l’ordre et la paix a l’intérieur, par :
La réforme de L’Etat (renforcement de l'autorité exécutive, déconges Lion de 1 omnipotence législative, initiative des dépenses au Gouvernement seul, responsabilité effective à tous les degrés,, représentation proportionnelle, vote de la femme, vote familial, vote obligatoire) ;
L’absolu maintien de toutes les libertés individuelles et collectives, de conscience, de réunion, d’enseignement, de presse, de culte, la répartition proportionnelle scolaire ;
La lut Le sans répit contre les chambardeurg et les perturbateurs, de quelque patronage qu'ils se réclament ;
La collaboration et F équité dans les relations sociales ;
L égalité dans le droit commun devant la justice, devant l’école, devant le fisc, devant T accession aux emplois publics ;
La déflation massive des budgets (75 milliards pour l’Etat, les départements, les communes, sans compter les assurances sociales, Jes allocations familiales, l'impôt déguisé de la loterie nationale, la caisse d'amortissement, les budgets autonomes, et cela en pleine crise!), par la décentralisation administrative., par le statut des fonctionnaires, par des économies rigoureuses , par la chasse aux gaspillages ;
Le financement de grands travaux publics, qui, judicieusement conçus et répartis, résorberont le chômage eL déclencheront le retour à 1 activité générale ■
Lne politique économique strictement française, s'inspirant uniquement des intérêts et des besoins de noire industrie, de notre commerce, do notre agriculture, traduits et formulés par les Chambres d agriculture, par le Conseil national économique et, subsidiairement, par lès syndicats et organismes corporatifs ;
L abrogation des mesures d’exception qui, sous couleur de diriger notre économie nationale, 1 entravent, la ligotent et l’ël ou fient, la précipitant ainsi vers un socialisme étatisant, générateur de grèves, de servitude et de faillites ;
De prudentes et sages ententes internationales, où la France ne soit pas toujours la dupe, ou nos capitaux et noire main-d'œuvre ne fassent pas toujours les frais !
La paix à l'extérieur et la sécurité par :
Un renoncement total aux errements suicidaires de notre diplomatie ;
Le resserrement immédiat avec l’Europe occidentale, et la reprise de nos alliances avec les nations orientales a intérêts communs ;
D’urgence, la levée des sanctions contre l'Italie, nation- sœur, et la refonte de la S. D* N., accaparée par des visées particuîaristes et par quelques gros prébendiers ;
Par dessus tout, la confiance dans notre propre force, et la mise au point de notre defense territoriale et coloniale par tous les moyens matériels et moraux, y compris la chasse aux antipatriotes et aux traîtres.
Chers Concitoyens,
\ dus aurez à confronter ces déclarations avec celles d’autres partis.
Quels que soient voire scepticisme et vos rancœurs centre le « battage électoral » et contre la politique elle-même, vous vous souviendrez que la Fédération n’a jamais dévié i un pouce dans son altitude de vigilance, de clairvoyance et do désintéressement. Quand le Cartel est au bord de la catastrophe, il l'appelle à son secours ; passé le péril, adieu le sauveteur 1
Vous vous souviendrez que jamais la Fédération républicaine n’a eu le Pouvoir, ni la direction du Pouvoir; elle n’est pour rien dans les hontes de ces dernières années.
Ces hontes retombent tout entières sur les bergers félons de 1932, sur les voraces dilapida leurs qui, dès 1924, s’emparaient de « toutes les places, et tout de suite ! », qui, de chute en chute, nous ont valu le franc à quatre sous, la conversion de 1932, les carnages des 6 et 9 février 1934, et qui, si vous les laissez faire, nous mèneront à la guerre fraîche et joyeuse, pour la plus grande joie de Berlin ou de Moscou.
Comme recompense de ces prochaines menaces, où tomberont pêle-mêle jaunes soldats, mobilisables et civils de l'arrière, que nous offre la maffia Herriot, Sium, Cachin 7 Jue belle révolution comme hier en U. R. S. S., comme actuellement eu Espagne. Lisez les reportages de Grmgoire et du Nouvelliste ; vous' serez fixés sur les douceurs du
régime de pain, de paix, de liberté, que nous préparent les pistoleros du Front dit populaire.
Electeurs,
Si vous voulez la guerre; si vous voulez lu révolution, la tyrannie des pistolcros, des incendiaires, des pillards ; votez rouge, e’est-à-dire votez radical-socialiste, socialiste, communiste et autres utopistes, en un mot : votez Front populaire*
Si vous voulez la paix; si vous voulez des réformes dans Tordre et la tranquillité : votez tricolore, c'est-à-dire pour le candidat de la Fédération républicaine de France,
Pierre Burgeot est. des vôtres* If saura défendre vos droits et vos intérêts.
Petits Commerçants I
Pierre Burgeot est prêt à étudier avec vous la charte de vos légitimes revendications et il s'emploiera de son mieux à chercher les moyens propres à alléger vos charges *
Electeurs,
Vous voterez tous, sans abstention, le 26 avril , pour :
Pierre BURGEOT
Ancien combattant. ~~ Croix de guerre*
Conseiller général du Rhône.
Conseiller municipal do Lyon,
Membre de l'Office départemental des mutilés, anciens combattants, victimes de la guerre et pupilles de la Nation ■
Membre de la commission départementale d’assistance*
Candidat d’Union nationale.
8e circonscription de LYON*
M. Paul RICHARD
(Groupe républicain radical et radîcaî-sodalUte.)
Elu pour la P* fois le S mai 1932, — Réélu le 3 mai 1936*
Electeurs, républicains du 7*.
La campagne électorale est ouverte*
Nous entendons, pour notre part, la conduire avec courtoisie mais fermeté*
Dédaignant les basses injures, les mensonges et calomnies répandus contre nous par certaine feuille para-électorale d’extrême gauche, nous observerons la fière tradition républicaine en nous attaquant non pas aux hommes mais à leur programme.
Quel est notre objectif?
Fidèles à la politique républicaine et démocratique que nous avons toujours suivie et que le corps électoral de l'arrondisse me ni a largement approuvée, nous voulons, résolument
et de toutes nos forces, barrer la route au communisme menaçant, à son alliée la fraction révolutionnaire du parti socialiste, ainsi qu’au conservatisme égbïste et cupide.
Notre position est donc bien nette : nous sommes pour la République, contre toutes les dictatures sous toutes leurs formes.
A vous, républicains du T, de vous placer, comme nous, face aux difficultés intérieures, face aux inquiétudes extérieures pour réfléchir avant de vous prononcer.
Deux grands courants vont solliciter vos suffrages :
Ou bien vous voterez pour le Front révolutionnaire, c’est-à-dire pour la chute verticale du franc, l’aggravation du chômage, l’accentuation des. menaces contre la paix, la faillite et là misère pour tous.
Ou bien, dans un suprême et décisif effort, vous rassemblerez, dès le premier tour, vos courages et vos énergies pour réaliser avec nous, sur le nom du citoyen Paul Richard, député sortant, le redressement du pays et ainsi sauver le pain, la paix et la liberté.
Républicains du 7% nous faisons confiance en votre solide et clairvoyant bon sens pour donner à la démagogie cynique la rude et juste leçon qu’elle mérite.
Vi ve ki République !
Pour la Commission électorale ;
Le SêcréCûire , Gentaz.
Electeurs, républicains du 7e,
Droit au Mut !
Poursuivant sa magnifique campagne de réunions publiques, le citoyen Paul Richard, dont ou connaît l’activité et l’énergie, obtient partout le plus vif succès.
Les idées qu’il défend sont simples ; elles s'inspirent du solide bon sens que possèdent tous les hommes qui vivent chaque jour au dur contact des réalités do la vie.
Aux théories nébuleuses et à la démagogie des représentants du Front révolutionnaire à l’égoïsme du grand capitalisme, Paul Richard oppose son clair programme républicain et démocratique, qui a pour base la paix intérieure et extérieure, la réorganisation économique, la lutte contre le chômage et le mieux-être pour chacun de nos citoyens.
Son attitude courageuse contre le communisme, contre la fraction révolutionnaire du parti socialiste, contre le conservatisme et les oligarchies financières doit lui valoir une élection triomphale au premier tour de scrutin.
Républicains du 7% nous faisons appel à vous qui désirez le progrès dans l'ordre, à vous qui voulez la sécurité du lendemain, à vous qui êtes contre toutes les dictatures pour aller droit au but en marquant le 26 avril, par votre bulletin de vote, votre ferme volonté de paix, de travail et de liberté.
Vive la République !
LA COMMISSION ELECTORALE
98 circonscription de LYON.
M. Faux BRUN (Groupe communiste*)
Elu pour la iro fois le 3 mai 1936.
(Voir le programme du parti communiste français, p, 16.)
10e circonscription de LYON*
M* François PE1SSEL
(Groupe des BépubUcams indépendants et d’action sociale.)
Elu pour la lre fois le 22 avril 1928. — Réélu les 1er mai 3932 et 26 avril 1936,
Mes chers concitoyens,
J’ai remis le 23 février dernier* au congrès de FArbresle, mon mandat de député aux délégués de 69 communes de la 10* circonscription de Lyon*
Par 350 voix, rassemblée composée d’élus et de militants de nos comités, parmi lesquels on comptait 54 maires sur 69 communes et 7 élus cantonaux sur 9, m’a désigné à nouveau pour être son candidat à l'élection du 26 avril prochain.
Cette marque de confiance m’honore profondément et m’apporte le témoignage qu'au cours des deux mandats de député que j’ai exercés depuis 1928, je n'ai pas failli à mon programme et que j’ai gardé la confiance de mes mandants*
Je viens vous demander de confirmer ce mandat.
Au cours de ces quatre années, je me suis efforcé par mon assiduité, mon travail et Temploi de toutes mes facultés au service de mon mandat, de servir la France, dJêtre utile à vos légitimes intérêts et de défendre la liberté à laquelle je suis profondément attaché.
Vice- président de la Commission d’assurance et de prévoyance sociale, j’ai rapporté la projet tendant à accorder aux vieillards exclus des assurances sociales une allocation de 360 francs par an, sans qu’il en coûte un centime au budget et aux contribuables* Mon rapport adopté à Tunanimité par la Ghambre est en souffrance au Sénat, Défenseur des familles nombreuses, j’ai rapporté et fait adopter un projet tendant à assimiler aux pupilles delà nation, les orphelins des familles nombreuses. Les questions d'allocations familiales ont retenu toute mon attention*
A la Commission du commerce, jTai eu la satisfaction de faire voter par les deux Chambres la loi protégeant la dénomination de la soie naturelle. J’ai fait adopter un rapport interdisant les ventes avec timbres primes et primes en nature qui nuisent si gravement au petit commerce.
J’ai pu défendre au sein de cette commission le petit commerce si éprouvé et dont la disparition serait une ruine morale et matérielle pour le pays,
A la Commission des pensions, où la confiance de mes collègues m’a envoyé la dernière année de la législature, je me suis elïoreé, sans démagogie, à améliorer certains décrets-lois
hâtivement promulgués qui atteignaient sévèrement de modestes retraites, rendant leur vieillesse malheureuse et leurs moyens d'existence précaires*
Mon activité législative s’est employée tout entière à la défense de 1 agriculture française, base de la prospérité nationale* Sans jamais opposer 1 agriculture et 1 industrie, je me suis efforce de concilier les intérêts de Tune et de Vautre*
La crise agricole est une conséquence de la crise économique qui atteint toutes les branches de P activité nationale* La meilleure façon de conjurer cette crise, mortelle pour notre économie si elle se prolonge, est de pratiquer une politique restaurant entre les nations un courant d’échanges qui permettra d'écouter notre surproduction et de faire circuler les richesses.
L’agriculture ne doit pas être la victime de cette politique nécessaire, elle doit, dans certaines de ses productions, être protégée, c’est une question de mesure, do doigté, d'intelligence et de compréhension.
Les chambres d'agriculture, les associations agricoles, si nombreuses dans la circonscription* doivent être consultées.
Je suis certain d’être l'interprète de tous les agriculteurs en me prononçant contre la politique socialisante de ces dernières années, laquelle a eu pour résultat d'enfermer tous les cultivateurs et viticulteurs dans un réseau inextricable de réglementations et de paperasserie où l'Administration elle-même ne se reconnaît plus et où le paysan ne trouve que contra in Les, ennuis et procès onéreux.
Si des réglementations pour l'excès des productions du blé et du vin sont nécessaires, celles-ci ne sauraient être appliquées avec équité que dans les régions où les rendements à l'hectare ont augmenté dans des proportions inquiétantes. Ce n’est pas le Fait de nos campagnes lyonnaises où la recherche de la qualité a toujours prévalu sur celle de la quan 1 ité*
C’est un fait d’évidence que les surfaces com plantées en vignes ont diminué de plus de 30 0/0 dans Te département du Rhône* Est-il équitable d’imposer à nos viticulteurs, toutes les contraintes imposées aux régions surproductrices? Je ne le crois pas!
J’ai t été au Parlement, dans les Ministères, le défenseur do la culture fruitière. Cette culture, source de richesses, mérite d'être aidée et défendue* J'ai la satisfaction d avoir apporté tout mon concours aux hommes désintéressés qui s'efforcent d'obtenir pour nos fruits français si savoureux et si beaux* soit la protection utile, soit la possibilité de circuler rapidement et dans de bonnes conditions sur les réseaux français et de pouvoir aller à l'étranger sous un tarif douanier raisonnable, faire apprécier les qualités du fruit des vergers de France.
Membre de deux importantes commissions d’enquête (assurances sociales et ailaire Stavisky) j’ai simplement, sans jactance/ fait mon devoir déjuge et porté les arrêts que ma conscience m'a dictés.
Mes chers concitoyens,
À l’heure grave où je sollicite de nouveau vos libres suffrages, le maintien de la paix extérieure domine toutes les autres préoccupations* Aussi éloigné d’un pacifisme bêlant que d’un nationalisme tapageur, je reste plus que jamais ardemment patriote.
La France que les anciens combattants ont sauvée par leurs héroïques sacrifices, est une grande nation dont ta politique extérieure, indépendante et ferme, doit être exclusif vement inspirée par le souci de maintenir la paix, dans la sécurité de ses frontières et la sauvegarde de sa dignité.
Pour y parvenir, il faut, tout en continuant à développer, grâce au renforcement de la Société des Nations, l’organisation de la sécurité collective, compter avant tout sur la force de notre armée et le perfeetionnemant de nos fortifications défensives.
Aussi, de même que j’ai sanctionné par mes votes toutes les dépenses nécessitées par la construction de la « Ligne Maginot à l'abri de laquelle la France a pu, ces jours
derniers, supporter avec calme la violation par l'Allemagne du traité de Locarno ■ de même je n'hésitefais pas à voter demain tous les crédits indispensables à la défense nationale sous la seule condition que leur utilisation soit rigoureusement contrôlée.
Mais les forces matérielles ne suffisent pas.
La force morale, qui repose sur Lumen de tous les Français, est tout aussi nécessaire.
Politique extérieure et politique intérieure sont étroitement solidaires.
Aussi, plus que jamais, je demeure le partisan résolu de la concorde républicaine et clc L union nationale, qui à toutes les heures de crise, ont sauvé la France du péril.
Plus les difficultés son t graves, plus s'impose la nécessité de réorganiser et cle renforcer les institutions parlementaires qui nous régissent.
La réforme de TEtat, si impatiemment attendue et si souvent promise, doit être enfin réalisée. C’est à cette œuvre urgente que la nouvelle Chambre devra consacrer ses premiers efforts.
Réforme électorale, qui affranchira les électeurs et les élus des marchandages avilissants du scrutin d'arrondissements h deux tours.
Renforcement du pouvoir exécutif, dont il est indispensable d’assurer îa stabilité.
Discipline législative, sans laquelle les citoyens ne sont assurés, ni du respect des contrais! ni de la libre disposition du fruit de leur travail.
Réforme administrative, indispensable pour simplifier les rouages d'une organisation vieillie.
Telles sont, a mes yeux, les lignes essentielles de cette réforme qui no peut plus être différée.
Eu face des régimes dictatoriaux, qui veulent imposer leur loi à l’Europe, il fout à la France un Gouvernement stable et fort, qui, dans le respect des libertés républicaines et des institutions parlementaires, dirige avec autorité et continuité les affaires du pays.
A ce gouvernement seul devra appartenir, comme en Angleterre, rinitiative en matière de dépenses. Il n?y a pas d’autre moyen de mettre un frein au déficit budgétaire, qui risque de compromettre la stabilité de notre monnaie que j’ai toujours défendue et que je continuerai à défendre.
Les événements de ces dernières semaines ont prouvé une fois de plus et de la manière la plus éclatante que sans la confiance, il n’y a pas de prospérité possible pour un peuple.
C'est a restaurer cette confiance que, fort de votre appui, je continuerai à travailler demain avec une ardeur renouvelée.
Réprouvant les luttes fratricides que le Front populaire voudrait déchaîner et dont l'Espagne nous donne à l’heure actuelle le tragique spectacle, je continuerai à faire appel, dans l’ordre et la discipline, à P union de tous les patriotes et de tous les hommes d'ordre pour lutter contre le chômage, assurer la reprise de la vie économique et développer, dans l’intérêt des travailleurs, la politique familiale que commandent impérieusement la justice et l’avenir du pays.
Républicains soucieux de sauver les institutions libres.
Patriotes décidés à maintenir le pays dans la sauvegarde de l’honneur national :
C'est à vous tous que je fais appel.
Vous mesurerez à la gravité 4e l’heure l’importance de votre vole.
Vive La République !
Fr ax çois P E I SS EL .
Député sorlanL Maire de Cal uîre et Caire,
11e circonscription de LYON,
M. Claude JORDÉRY (Groupe socialiste,)
Elu pour la rc fois le 3 mai 1930.
(Voir le programme du parti socialiste S, F, 1,0. p. 3.)
Citoyens,
La Chambre que vous êtes appelés à élire les 26 avril et 3 mai prochains aura devant elle une lourde tâche à accomplir*
Sauvegarder à l'intérieur les libertés démocratiques, résorber le chômage, ranimer î économie nationale, assainir les finances de 3 Etat, poursuivre à l'extérieur inorganisation internationale de la paix : graves problèmes dont la solution fixera les destinées de notre pays.
Le parti socialiste, appliquant aux circonstances présentes les enseignements de sa doctrine, vous propose un ensemble de mesures qu'il s’engage à réaliser si la souveraineté populaire l'appelle au pouvoir, et dont revécu lion apporterait un soulagement efficace â la misère générale*
Citoyens,
Le fascisme, qui depuis la guerre s’csl répandu sous les formes les plus diverses parmi les nations de F Europe centrale et méridionale, a fait son apparition en France avec 1’aggravation de la crise économique* Il a trouvé un aliment favorable dans l’inquiétude et le mécontentement causés par la stagnation des affaires et groupé autour des ennemis tradL lionnei s du régime républicain des fractions des classes moyennes et de la jeunesse désemparées et désespérées. L’assaut du 6 février 1934, bleu que repoussé en apparence, imposa ces Ministères de trêve et d union nationale où les radicaux s'associaient aux représentants les plus notoires de la réaction.
Secondées par la passivité ou la complicité des Gouvernements Doumergue et Laval, dont les Ministres de l'Intérieur appartenaient pourtant au parti radical-socialiste, les ligues devinrent une menace constante pour la démocratie* Les croix de-feu purent procéder à de véritables mobilisations en armes. Les incidents sanglants de Limoges, l’attentat contre L. Blum furent la démonstration probante du péril que courent aujourd'hui nos libertés les plus essentielles. Dès le 12 février 1934, le parti socialiste prit avec la G* G. T. l'initiative des manifestations de masse par lesquelles Je peuple de France proclama sa volonté d’opposer une barrière infranchissable aux attaques fascistes* Après avoir conclu avec 3e parti communiste son pacte d unité d’action, prélude de la création du grand parti politique unifié du prolétariat, il a contribué pour une grande part à rassembler dans le Front populaire tous les groupements qu’anime la résolution de défendre les droits de l’homme et du citoyen. II demande le désarmement et la dissolution effective des ligues paramilitaires, la stricte application des lois de défense républicaine votées par le Parlement en décembre
dernier, l’abrogation des lois scélérates, le contrôle clés ressources de la presse bourgeoise, et pour soustraire à l'ingérence du capitalisme, animateur du fascisme, les affaires intérieures delà nation, il réclame la laïcité intégrale de l'Etat, de l’assistance et de l’enseignement, ainsi que l’introduction des lois laïques en Alsace et en Lorraine.
Mais le parti socialiste sait que le fascisme, né de la crise, ne saurait être vaincu que lorsque les souffrances les plus aiguës suscitées par elle auront été soulagées ou effacées.
Citoyens,
Le système capitaliste s'est révélé incapable d’assurer la distribution des richesses qu’il a créées et la répartition entre les hommes du travail que la production nécessite.
Destruction des marchandises, crise de chômage, sous-consommation ont été la conséquence douloureuse de cette impuissance*
Pour remédier à l’abondance, le capitalisme a fait arracher sur des millions d’hectares les plantations de coton ou de caoutchouc, limité les emblavements, restreint la production* On a détruit de 1033 à 1935, 150 millions de quintaux de bléT 35 millions de sacs de café, 258,000 tonnes de sucre, 26.000 tonnes de riz, 800,000 tonnes de viande. Et il y a dans le monde 20 millions de chômeurs, constituant avec leurs familles une masse de 80 millions d’êtres humains qui traînent une existence lamentable dans le plus complet dénuement .
En France, le nombre des chômeurs inscrits a dépassé 000,000 en février 1935, il est encore actuellement de 470,000 et l’on a compté l’an dernier à Paris 45.000 enfants victimes de la sous-alimentatîon. La consommation nationale du blé est inférieure de près de 20 millions de quintaux à celle d’avanl-guerre, et la consommation de la viande est tombée de 58 kilos par tête d'habitant en 1909 à 40 kilos en 1934*
Quelles mesures les Gouvernements radicaux de juin 1932 au 6 février 1934 et les Gouvernements d’union nationale qui leur succédèrent ont-ils prises pour atténuer ces ravages?
Obsédés par la nécessité d équilibrer le budget, afin de rétablir la confiance, ils n ont trouvé, en dehors de quelques aménagements d impôts, que la déflation exigée par les grands seigneurs du capitalisme. Le mal empira.
Malgré les 17 milliards 417 millions d'économies théoriquement réalisées sur les droits des anciens combattants, retraités, petits épargnants, ainsi que sur les traitements des fonctionnaires de toutes catégories, par 7 lois et 700 décrets-lois , le déficit budgétaire, qui était en 1932 de 6 milliards 17 millions, s’élevait en 1935 à 7 milliards 500 millions. La dette de l’Etat s’accroît chaque jour, le coût de la vie augmente sans cesse, la crise économique s'aggrave, le franc reste soumis aux attaques de la spéculation. L indice de la production industrielle s’est affaibli de 92 à 76 et à 74 ] le chiffre mensuel de^ faillites est passe de 514 en 1930 à 890 en 1935.
Le parti socialiste s’est dressé avec vigueur contre cette politique néfaste et a défendu avec énergie, tout au cours de la législature, ceux dont la déflation atteignait les salaires ou les pensions et ceux, paysans, artisans, petits commerçants, qu'elle privait de leur clientèle d’acheteurs. Mais l'opposition de notre parti socialiste fut en même temps constructive,
La crise étant le résultat du déséquilibre entre la production et ta capacité générale de consommation, il importe de rétablir avant tout le pouvoir d achat des masses , le progrès scientifique remplaçant la main-d’œuvre humaine par la machine, il est nécessaire de procéder à une nouvelle répartition du travail.
Le parti socialiste propose en conséquence :
— d abroger les décrets-lois frappant traitements et retraites, et de rendre aux anciens combattants et victimes de la guerre l’intégrité de leurs droits ;
— de soulager la détresse des chômeurs par la création d un fonds national de chômage ;
— de veiller à la stricte application de la loi de huit heures; d’abaisser la durée hebdomadaire du travail sans diminution des salai res , d'établir un plan général de grands travaux productifs, de prolonger jusqu’à 15 ans J âge de la scolarité obligatoire, d’opérer la relève des vieux travailleurs en leur assurant une retraite décente;
— de favoriser la revalorisation des produits agricoles parla création d?un office public des céréales, la nationalisation du monopole de fait détenu par les grandes entreprises d'engrais chimiques, l’assurance contre les calamités agricoles ;
— de défendre l'artisanat et le petit commerce par un aménagement rationnel des 148 taxes existantes, par l'aide apportée aux groupements de petits commerçants dans leur lutte contre les magasins à prix unique ou à succursales multiples, par l'union entre ces groupements et les sociétés coopératives de production ;
— de restituer à la collectivité le profit des grands monopoles capitalistes par la nationalisation des assurances privées, des mines, des chemins de fer, des transports maritimes, des grandes industries métallurgiques, chimiques, é ectriques, des pétroles;
— de protéger l’épargne et de libérer P État de la tutelle de l’oligarchie financière, par la nationalisation du crédit et de la Banque de France.
Citoyens,
Ces mesures resteraient infructueuses, si notre pays continuait à ployer sous le faix de plus en plus lourd des dépenses militaires. Le parti socialiste restera toujours dressé contre toutes les tentatives de guerre.
Estimant que la sécurité nationale ne saurait être efficacement gan ntiepar 3a puissance des armes, il s'est oppossé récemment à la loi de deux ans et a toujours combattu la politique de surarmement qui précipite les nations à la ruine ou vers un nouveau conflit. Il fonde la sécurité sur la solidarité internationale, sur les pactes d'assistance mutuelle ouverts à tous, sur le développement de la Société des Nations, sur l’arbitrage obligatoire et le désarmement général, simultané et contrôlé. 11 demande la nationalisation de la fabrication et du commerce des armes. Réprouvant la répudiation unilatérale d’un traité librement consenti, il ne peut oublier toutefois que l’invasion de la Ruhr a sonné le glas de la république allemande et que la livraison à l'Allemagne par nos su per- patriotes du Comité des forges de 24 millions de tonnes de minerai de fer lui a seule permis de réarmer et de se préparer à la guerre. Le parti socialiste ne prête qu’une confiance restreinte aux appels réitérés d’Iiüler, mais il pense qu'il faut utiliser les circonstances actuelles pour organiser, avec ou sans lui, la paix indivisible»
Citoyens,
Pour défendre ce programme qui contient et dépasse celui du rassemblement populaire auquel nous restons résolument attachés, nous présentons k vos suffrages le citoyen Claude Jordéry, maire d'Oullins, conseiller général.
H est connu dans cette circonscription comme un militant estimé et éprouvé. Son activité n a pas fléchi depuis trente armées où on le vil toujours dans les luttes politiques, syndicales et laïques, G est ce passe qui nous autorise à le recommander à vos suffrages.
Son action à la tete de la municipalité d Oullins vous est connue. Ses efforts sur toutes les choses de nature à assurer La prospérité de sa ville et du canton qu’il représente au conseil général apportent la preuve de son dévouement et de son attachement aux œuvres de progrès social.
Claude Jordéry est écouté dans les assemblées des maires de notre département et au congrès national. Ses nombreuses interventions, toujours écoutées avec intérêt, ont souvent orienté les délibérations des ces assemblées»
Au conseil général il s est fait une place enviable et siège dans de nombreuses commissions où ses collègues l’ont désigné.
Partout on s'accorde à lui reconnaître les plus grandes qualités de travail et de dévouement.
Citoyens,
Tel est le candidat que nous vous présentons. Si vous l'élisez, il sera au Parlement votre représentant fidèle qu'atteste tout son passé sans défaillance.
Le 26 avril, tous aux urnes et votez pour le citoyen :
Claude JORDÊRŸ
Maire dTÛLillins.
Conseiller général»
Délégué cantonal.
Inspecteur départemental de renseignement technique.
12* circonscription de LYON,
M. Geoeges LEVY
Elu pour la fois le 1(3 novembre 19 J 9. — Réélu le 26 avril 1936.
(Voir le programme du Parti communiste français, p. 16.)
Notre Parti communiste, en appelant l'attention de toutes les classes laborieuses de ce canton sur les graves problèmes nationaux et internationaux auxquels il apporte ses solutions, ne saurait méconnaître la situation particulièrement douloureuse des communes, de cette circonscription, les difficultés au milieu desquelles elles se débattent elles questions d’intérêt immédiat qui les préoccupent à juste titre.
Et c’est pourquoi, dans l'intérêt de ces communes durement éprouvées, notre ParLi intensifiera sa lutte plus spécialement sur les points suivants :
Suppression des décrets-lois portant atteinte à l'autonomie déjà si réduite des communes.
Organisation du fonds national de chômage, le chômage étant une calamité d ordre national et même international, À l Etat doit incomber l'obligation, comme pour toutes autres calamités, de cette organisation d Tin effort national qui peut seul équitablement répartir les charges.
o , ni
Exonération des loyers des chômeurs et prise en charge par l'Etat d'une indemnité compensatrice aux petits propriétaires et aux logeurs en garnis.
Suppression du pourcentage (12 0/0) du contingent des demandes pour allocations militaires.
Amélioration des lois sur les lotissements par la conciliation pratique avec les lotissements défectueux (Vaulx~en-Velin),
Rétablissement des subventions, trop faibles déjà par Je passé, pour les constructions scolaires. Nos communes de la banlieue se trouvent dans l'obligation, malgré les charges qui pèsent lourdement sur elles, d envisager de nouvelles créations ou des aménagements, par suite de 1 augmentation constante du nombre des élèves et de la surcharge des classes qui en résulte.
Construction d’un groupe scolaire à VauIx-en-Velin (Cité de la Soie).
Création d’une école <f enseignement technique et ménager ; création de nouvelles classes primaires ; réaménagements et reconstructions à Villeurbanne.
Allocation large de subventions pour création et organisation de terrains de jeux et stades à la disposition de la jeunesse et, en particulier, abandon pour ces dns à la commune de Villeurbanne d’une partie du Lerrain militaire du Grand- Camp.
Allocation de subventions aux budgets communaux (Villeurbanne, Vénissieux, Saint- IHons), alourdis par les dépenses de chômage et d’assistance en progression constante du fait de la crise : méthode exceptionnelle d’équilibre budgétaire dans une période exceptionnelle.
Réalisa Lion d’emprunts communaux à faible taux par la Caisse de crédit aux départements et aux communes (Rron, Villeurbanne).
Réalisation du canal de ceinture, avec aménagement d’un port, grand travail d’intéréfc public qui permettra T utilisation des chômeurs des communes suburbaines.
La réalisation de ces points importants, d’autant plus facile en faisant payer les riches, permettra l’amélioration de la situation des communes et conséquemment une atténuation de la misère dans les loyers des travailleurs.
bl. c est nationalement que doit etre menée l’action, action conjuguée de tous ceux qui souffrent et sous la direction de notre grand Parti communiste, noire grand Parti qui donnera une vie nouvelle aux communes dans une France libre, forte, heureuse*
Volez communiste !
Votez pour Georges Lévy*
Georges LÉVY
Conseiller général.
Candidat du Parti communiste.
lrfl circonscription de VILLEFRANCHE.
M. Armand CH OU FF ET (Groupe socialiste,1)
Élu pour la»lre fois le 29 avril 1928. — Réélu les 8 mai 1932 et 3 mai 1936,
(Voir le programme du parti socialiste S, F. I. O., p. 3.)
Citoyen,
Pour la troisième fois, mon parti m'a désigné par un vote unanime comme candidat aux élections législatives du ^6 avril 1936.
Vous me connaissez et vous avez pu me juger. Mes conceptions n'ont pas varié et les événements sont tels qu aujourd'hui je pourrais répéter, mot par mot, 1 appel que je vous adressais en avril 1932.
Fidèle à la démocratie, à la République et au socialisme que je tiens pour inséparables, je continue la lutte avec confiance, car j'ose espérer que les vrais et solides républicains formant la majorité laborieuse de ce pays, avertis par les dures leçons dn passé, voudront enfin, clans la liberté et l'organisation, faire triompher leur grand idéal humain, et dans cette lutte, où va se jouer le sort des libertés démocratiques et de là République, je veux encore croire au salut par la volonté du peuple.
Je crois avoir, au cours de huit années de mandat et au milieu de bien des difficultés, servi de mon mieux les intérêts généraux de noire région beaujolaise, h laquelle je suis el resterai profondément attaché. Je suis prêt à les défendre demain avec le même acharnement qu'hier.
Quoi qu'il arrive, je conserverai toujours le souvenir de la sympathie cordiale et confiante que j’ai trouvée au sein de nos populations caladoise et beaujolaise.
Croyez, citoyen, à mes sentiments dévoués.
Armand CHOUFFET
Maire de Viilefranche-aur-Saône.
Député sortant.
Citoyens,
Après un vote unanime des adhérents, la commission électorale de la circonscription et l’organisme fédéral du parti socialiste présentent à vos suffrages le citoyen Armand ChoufFet, député sortant.
Voici huit années que notre camarade vous représente à la Chambre et nous osons affirmer qu'au cours de cette dernière législature, comme durant la précédente, ChoufFet a rempli son mandat avec conscience et dévouement, avec fidélité à ses idées et à ses engagements.
Il nous semble inutile de préciser, comme en 1932, les interventions de Chouffet à la tribune et d’ énumérer les preuves de son labeur incessant» Tous ceux qui lui ont donné leur confiance ont pu suivre son rôle actif au Parlement, tant à la Commission des boissons, pour les questions viticoles qui préoccupent nos populations laborieuses, qu'à la Commission de l'armée, pour les questions militaires et les plus sûrs moyens de nous épargner les horreurs d'une guerre qui sortirait de la course ruineuse et effrénée aux armements si tout n'était pas tenté pour y mettre fin et pour construire la paix entre les peuples.
Témoins des efforts de Chouffet, il nous a été donné de voir avec quels scrupules, avec quelle passion de bien servir ses mandants, il est demeuré dans la ligne de son parti, de sou programme et des déclarations qu’il vous faisait en son appel d’avril 1932,
Le langage qu'il tenait alors, il Ta renouvelé, avec nous, ces derniers temps.
Ensemble, nous marquons plus que jamais notre foi dans les solutions du parti socialiste et, avec celui-ci, nous déclarons que tous les événements d’ordre politique, financier, .économique à l'intérieur, comme toute révolution de la politique extérieure, ont justifié d 'éclata nie façon les critiques, les appréhensions, le programme d’action et ia doctrine de notre parti.
En présence des périls qui menacent nos libertés et nos grandes espérances — que la République, base de tout progrès, na pas encore réalisées à cause du joug des puissances d’argent — nous demandons à la souveraineté populaire, qui seule doit compter, le pouvoir pour notre parti»
Ce pouvoir nous ne l’avons jamais refusé. Nos responsabilités, nous nous sommes toujours déclarés prêts à les prendre pour appliquer les mesures de salut.
Les accusations mensongères ne prévaudront pas contre les faits. Les hommes de notre parti ne demandent, même en collaboration avec d'autres, qu’à mener le combat décisif contre les forces d’oppression.
Mais il faut aller au fond du problème.
Il s’agit de renverser celle autre Bastille, érigée par une minorité de privilégiés, qui à l’aide des moyens que l’on sait, annihilent la volonté du peuple et tiennent pour leur profit l’économie du pays. Il s’agît de destituer une oligarchie qui rançonne la nation, la trahit au besoin, asservit les masses et constitue sou armée de guerre civile.
Pour se sauver, accomplir sa lâche, la démocratie française doit se dresser contre les dictatures avilissantes, juguler les factieux et tracer la voie aux autres peuples en affranchissant le travail, en organisant la production en harmonie avec la science et les besoins d’un Etat moderne.
Oser et vouloir : tout est là. Les démagogues sont ceux qui, détenant le pouvoir, abdiquent devant les forces qu’ils avaient dénoncées» La formule habile condamnant nous ne savons quel danger révolutionnaire est périmée. Une prétendue sagesse sert de masque au conservatisme.
Assurer la paix dans le cadre collectif et par une révision de justice ; ne pas s’enfermer dans d’étroites formules juridiques, comprendre les besoins et l’âme des peuples, dénoncer leurs véritables exploiteurs ; construire le nouvel état social de démocratie réelle : telle est l’œuvre d’ordre et d’équité capable de susciter un élan d’enthousiasme.
Cette œuvre, le capitalisme ne peut l’accomplir. Dominé par la loi de sa jungle, il entend sauver son règne en jouant la carte du fascisme générateur de guerre.
C’est pourquoi nous vous appelons à voter pour l’un des nôtres, que vous connaissez, car voter socialiste est aujourd'hui un devoir national et un devoir humain.
Est-il besoin d’ajouter que nous saurons partout, au second tour, barrer la route aux hommes et aux partis de réaction ? Notre adhésion au front populaire s’exprime catégoriquement et chez nous la discipline, qui est notre règle, jouera toujours* Nous estimons qu’une victoire d’ensemble du rassemblement populaire est indispensable ; son plan d’action minimum est le prélude du grand mouvement libérateur.
Citoyens,
En dépit des attaques violentes ou sournoises de nos adversaires, vous maintiendrez votre confiance à qui l’a méritée. Vous vous joindrez à l'immense majorité de ce pays, avide de justice, pour donner îa victoire définitive aux forces de la démocratie intégrale, afin que soient brisées les tentatives liberticides et que soit édifiée la véritable République par l'action constructive du socialisme.
Encore plus nombreux qu*en 193 '2., au premier Lour, vous voterez pour notre camarade Armand Chouffet, député sortant.
Pour la Commission électorale et la Fédération du Rhône :
Antoine BONNET Secrétaire fédéral adjoint
2° circonscription de VI LLEFR ANCHE.
M« Laurent BONNE VA Y
(Groupe de l'alliance de$ républicains de gauche et des radicaux Indépendants*)
Élu pour la lr® fois le '27 avril 1902. — Réélu les 6 mai 1906, 24 avril 1910, 26 avril 1914, 16 novembre 1919, 22 avril 1928, 1er mai 1932 et 26 avril 1936.
Mes chers Concitoyens,
Pour la huitième fois, je viens vous demander de me renouveler mon mandat.
Je le fais avec une pleine confiance en votre justice pour mon passé et en votre clairvoyance pour les nécessités de l’avenir.
Aux heures graves que traverse le Pays, vous avez plus que jamais besoin de représentants qui joignent à une longue expérience des affaires publiques la modération et le sangfroid indispensables, si vous ne voulez pas courir le risque d'être précipités dans des aventures périlleuses à P extérieur comme à l’intérieur.
Le programme que je vous soumets s'inspire des besoins immédiats de l’heure actuelle, mais il demeure dans ses grandes lignes conforme aux principes que j ai toujours soutenus.
Avec moi, vous voudrez :
Défendre la République, la Démocratie, le Suffrage universel contre les entreprises des factieux et les tentatives de dictature.
Maintenir l'ordre dans la rue.
Développer les libertés publiques.
Sauvegarder la propriété individuelle constituée par le travail et l'épargne; pourchasser ses détrousseurs et les spéculateurs*
Renforcer la législation sociale en faveur des travailleurs*
Lutter énergiquement contre le chômage industriel, commercial, artisanal, générateur des pires misères.
Revaloriser les produits agricoles et protéger les cultivateurs clu sol français.
Maintenir à tout prix la Paix extérieure : pour cela assurer la défense nationale, développer L'action de la Société des Nations universalisée , et renforcer nos pactes de défense avec tous, les peuples pacifiques, sans nous préoccuper de leur régime intérieur, mais en resserrant plus particulièrement nos ententes avec les Etats démocratiques.
Mes chers Concitoyens*
Aujourd’hui, plus que jamais, F union des Républicains, de tous les vrais Républicains, est nécessaire.
C'est à eux que je fais appel.
J’ai la certitude que, étroitement unis; vous ferez triompher, une fois de plus, la République dans nos vallées et nos montagnes beaujolaises en ni apportant vos suffrages fidèles et multipliés.
La ueent BONN E V A Y
Député sortant.
Ancien Ministre.
Président du Conseil général.
SAONE (HAUTE-)
Circonscription de GRAY.
M. Maurice DROUOT
(Groupe de l'Alliance des Républicains de gauche et des Radicaux indépendants.) Élu pour la lt0 fois le 7 octobre 192S, — Réélu le 3 mai 1936.
Monsieur et cher Concitoyen,
Je veux ici, en toute simplicité et aussi clairement que possible, tracer les grandes lignes d’un programme commandé par la situation économique et par les événements internationaux,
Les cultivateurs souffrent de la mévente des produits de leurs exploitations; les industriels et les commerçants ne font pas leurs affaires; les ouvriers chôment; la crise économique s’accompagne de difficultés financières; la chute du franc appauvrirait toutes les classes sociales, y compris les fonctionnaires, les pensionnés et les rentiers dont le plus grand nombre est constitue par de petits épargnants auxquels T âge interdit le travail,
L'Allemagne réarmée vient, au mépris du traité de Versailles et du pacte de LocarnOj d'amener ses troupes dans la zone démilitarisée, c'est-à-dire à pied d'œuvre; sans doute, grâce à nos armements défensifs et à la ligne Maginot — (dont il y a quatre ans, certains me reprochaient d’avoir voté la dépense \) — le danger n'est pas immédiat; mais l'avenir est inquiétant.
Voilà, 1
Inutile de dénoncer les fautes et de faire le procès de ceux qui les ont commises.
Mieux vaut aviser aux moyens propres à nous rendre la prospérité et à nous donner la Paix.
Aussi je vous propose un programme.
L — L'agriculture :
Elle esL la principale industrie de notre Pays; les- cultivateurs, orsqu ils font leurs affaires, utilisent les artisans de leur village et sont les. meilleurs clients des commerçants et des industriels qui peuvent donner du travail et payer des salaires aux employés et aux
ouvriers; alors « les affaires marchent » et, par voie de conséquence, les impôts, étant productifs, fournissent les ressources nécessaires aux services publics et à l’ équilibre du budget, tandis que la stabilité du franc est assurée,
La prospérité agricole est donc à la base du relèvement économique de la France : cette vérité — (dont mon action s'inspirait lorsque, de 1928 à 1 932* je vous représentais) — a été parfois méconnue depuis quatre ans,
ÏI importe donc :
1° De revenir à une équitable protection douanière des produits dont, depuis quatre ans, les cours se sont effondrés à la ferme sans que le prix de la vie ait diminué parallèlement et proportionnellement; d’en finir avec les entrées massives de blé étranger, avec les spéculations de la Bourse du Commerce de Paris, avec les fraudes de P admission temporaire dont un procès correctionnel, actuellement pendant devant la Cour d'appel de Rouen, témoigne qu'elles sont aisément pratiquées;
2° D’organiser la production agricole dans le but : a) d'obtenir la qualité et, par là, d'assurer des débouchés; h) d’équilibrer l'offre et la demande;
3° D'encourager le développement de l’association pour la défense des intérêts graylois par les agriculteurs eux-mêmes ;
4° De donner à ceux des villages et hameaux qui en sonL privés l'électricité et Peau potable ;
5° D'améliorer l'application du régime actuel des bouilleurs de cru qui marque un progrès sur le régime précédent et, dans Pintérêt de nos petits vignerons, de rectifier Pin justice du régime fiscal de la circulation des vendanges;
6° De desservir, soit en rétablissant des trains à tort supprimés, soit en rectifiant les horaires, soit au moyen de cars, des villages actuellement isolés;
i° De prendre Ta vis des chambres d’agriculture sur les projets de loi concernant les cultivateurs*
Au bref — il faut que l'agriculture puisse redevenir la cliente du commerce et de l'industrie — il faut aussi qu’elle nourrisse son homme pour que les fils des paysans maillent pas accroître en ville le nombre des chômeurs.
IL — Le commerce et l'industrie :
Des accords douaniers appropriés;
Le maintien du franc à sa valeur or actuelle;
La stabilisation internationale des monnaies ;
La révision de la législation industrielle et commerciale ;
Les dégrèvements fiscaux ;
La révision des tarifs et la réorganisation des transports par voie ferrée;
La consultation des chambres de commerce sur les projets de loi concernant le commerce et l’industrie;
L'organisation professionnelle ;
Telles sont les têtes des chapitres principaux de mon programme.