III. — Les finances
Il importe :
De pratiquer une politique propre à rétablir la confiance : Faites-mci de bonne politique, disait un Ministre célèbre, et je vous ferai de bonnes finances;
D'ajuster les dépenses aux recettes;
De supprimer les double-emplois et les cumuls;
De retirer aux Députes, pour le réserver au Gouvernement, le droit de proposer les dépenses ;
1 De s’abstenir, en créant des monopoles, de créer de nouvelles fonctions.
Telles sont les règles principales qu’impose le bon sens.
On ne saurait méconnaître que les décrets-lois, hâtivement édictés pour parer à un péril immédiat, ne sauraient être tenus pour intangibles et que certains d’entre eux doivent Être expurgés de dispositions contraires à l’équité. #
Pour dégager leur responsabilité, tels Députés sortants allèguent que le déficit aurait sa cause dans un gaspillage don t se serai t rendue coupable la législature .de 1928 à 1932; porter cette accusation, c’est incriminer gravement les Commissions des finances qui, en ce temps- là, étaient présidées, celle de la Chambre par M. Malvy, celle du Sénat par M -^anneney; or, loin d’avoir gaspillé, la législature dont je faisais partie a réduit de 21 milliards le capital de 3a dette et, en 1932, l’encaissë-or de la Banque de France était de 76 milliards et demi ; les avoirs du trésor (courammenL appelés : milliards de Cbéron) ont été régulièrement employés, d’une part, en versements à la Caisse autonome, au remboursement de J? emprunt Kreuger, en secours aux sinistrés (inondations du Midi), à l’organisation défensive des frontières et outillage national ; d’autre part, en placements provisoires (avances aux réseaux, aux organismes de crédit agricole et d’habitations à bon marché, électrification des campagnes, adduction d’eau, P, T. Tv avances à la Hongrie et à la - Yougoslavie sur la demande de M, Briand, avances à la banque d'Alsace- Lorraine effectuées par le Gouvernement Sleeg, puis par le Gouvernement qui lui a succédé, à la Banque nationale de crédit dont la faillite aurait entraîné celle de nombreux commerçants et industriels ainsi que le chômage de leurs employés et ouvriers).
Par contre, sous 3a législature de 1932-1936, on constate que la dette s’est accrue de 75 milliards, que 35 milliards d or ont été retirés de la Banque de France et que la rente française a baissé de 25 0/0,
1 ^ ■ Les anciens combattants et les victimes de la guerre ;
Ils connaissent l’œuvre législative accomplie en leur faveur de 1928 4 1932,
Ils connaissent aussi les atteintes qui depuis ont été portées à cette législation.