‹ Recueil des textes authentiques des programmes et engagements électoraux des députés proclamés élus à la suite des élections générales de 1936 (volume 2)Chapitre 136 sur 186 · L.-O. FROSSARD Ministre du Travail · texte numérisé non relu

L.-O. FROSSARD Ministre du Travail

2e circonscription de LURE.

\L Albert MàUGUIÈRE

(Groupe républicain radical et radicaî-socialiate.) Elu pour la lre fols îe 3 mai 1036,

Mes chers concitoyens.

Le congrès de l’Union des républicains de la circonscription de Luxueil m’a désigné à l' unanimité comme candidat aux élections législatives de 1936.

Par ce magnifique témoignage de confiance, des travailleurs courageux et probes, des hommes avertis, des républicains sincères, ont tenu à honorer un des leurs : un fils du

peuple, un enfant du pays, qui n'a jamais cessé de partager leur vie, qui connaît leurs besoins et soit apprécier leur dur labeur.

Je les remercie de tout cœur.

En retour, j'ai contracté envers eux jjrne dette sacrée, celle d’employer tout mon temps, toute mon activité à bien défendre l’intérêt général du pays et de la circonscription de Luxeuil en particulier.

Sans démagogie, sans promesses vaines, j en prends ici l’engagement formel*

Chers électeurs,

Le régime républicain que nous aimons ne saurait subsister longtemps sans la paix intérieure.

Paix intérieure :

Par la lutte contre les factieux et contre les fauteurs de guerre civile. Désarmer d’abord les bras et désarmer ensuite les esprits par une politique saine, telle est ma devise. La prospérité elle bon renom de notre pays en dépendent et il n’y aura pas trop, demain, pour la réaliser, de toutes les forces agissantes de la démocratie contre les agitateurs en mal de popularité,

C est dans cette union que le Gouvernement de demain puisera son autorité et sa Force.

Paix extérieure :

C'est dans le respect des lois internationales et de la parole donnée que sera sauvegardée la paix du monde. Elle ne peut l’être autrement,

La recherche de la sécurité dans la course aux armements, telle qu’elle nous est imposée à l'heure actuelle par les appétits de quelques trusts internationaux et les besoins d’hégémonie de dictateurs, ne saurait subsister bien longtemps. Cette méthode exige les plus lourds sacrifices de la part des peuples écrasés sous l’impôt et, en regard, elle ne leur procure que l'angoisse de se voir, dans cette rivalité néfaste, dépassés par le voisin.

Restaurer la Société des Nations dans toute son autorité, combattre impitoyablement tout ce qui porte atteinte à son prestige, lui donner au besoin la force matérielle qui lui manque malheureusement aujourd'hui, telle est l'œuvre de demain.

En matière économique:

Le malaise actuel est mondial. S'il n’est pas particulier à notre paySj toutes les branches d activité de noire production nationale n’en sont pas moins durement frappées. La situation des ouvriers et ouvrières de nos petites industries est particulièrement angoissante. Le découragement est profond chez les jeunes. Dans quantités de familles nombreuses, les enfants sonL sous-alimentés, 31 rie suffira plus d'y compatir, La législature qui va naître devra réaliser si elle veut maintenir l’ordre social.

Quelques intérêts privilégiés, les oligarchies financières,, ne sauraient plus longtemps diriger à leur guise et à leur seul profit l’économie nationale.

H faut que cela cesse et que dans notre démocratie tous les hommes de bonne volonté trouvent le droit à la vie par le droit au travail.

Au point de vue agricole :

Plus! eurs mesures s’imposent :

Organisation plus libérale des caisses de crédit pour aider le jeune cultivateur à s'installer et permettre au producteur actuel de ne plus être à la merci de la spéculation par besoin d'argent au moment de la vente de ses denrées.

Recherche du rapport normal entre le coefficient du prix de vente des produits du sol et celui des prix d’achat des matières premières indispensables à l'agriculture pour rendre au cultivateur sa puissance d'achat.

Priorité de vente des produits du sol français et des produits laitiers sur le marché national et liberté de vente de ces produits.

Défense du producteur contre la spéculation par une publicité plus complète, et faite en temps utile, des mesures de fermeture et ouverture douanières.

Organisation plus complète cie renseignement agricole.

Au point de vue rural :

Défense de la forêt française contre les importations de bois étrangers pour permettre aux communes à équilibrer leur budget et assurer aux bûcherons un minimum vital.

Aide aux petites communes pour la mise en étaL de viabilité des chemins vicinaux.

Au point de vue ouvrier et industriel :

Réorganisation du travail, suppression des cumuls, orientation professionnelle, enseignement professionnel. Retour des monnaies principales à des rapports stables. Politique hardie de. redressement économique* Simplification dlune fiscalité excessive et ennuyeuse dont le résultat, purement négatif, est de paralyser les transactions*

Défense du petit commerce rural contre les trusts.

Paysans, ouvriers, petits industriels et commerçants, ce programme est le vôtre* Pour vous, pour que vous puissiez vivre, il ne peut se réaliser que dans Inorganisation de la démocratie.

Le système des décrets-lois, provoqué par les agitateurs de droite; en violant les droits des anciens combattants et des petits épargnants, en ménageant les privilèges pour accabler les humbles, ne nous a apporté que des rancœurs. ILdoit cesser parce quil est la négation même de la souveraineté du peuple.

La démocratie doit être maîtresse, elle doit gouverner* Son sort et son avenir sont entre vos mains.

Pour la paix intérieure et. extérieure,

Pour 1 ordre dans la légalité contre les perturbateurs,

Pour le bien-être social contre les privilégiés,

Tous aux unies, le 36 avril, contre le candidat de droite»

Vive la circonscription de Luxeuil I

Vive la République laïque, démocratique et sociale I

Vivent la France et la Paix !

Albert MAÜGUIÈRE

Maire de Y^uvillers,

: G&n di d at de FU uio u des ré pu hli Gain s*

Circonscription de YES0UL.

M. André HAUTE Y

(Groupe républicain radical et radical-socialiste.)

Elu pour la 1ra fois le 8 mai 1932. — Réélu le 3 mai 1936.

Ma première législature a coïncidé avec une des plus graves crises économiques que le monde ait jamais traversées. Celle crise, qui a fini par atteindre noLre pays, constitue un prétexte commode pour des adversaires sans bonne foi qui ne savent que dénigrer sans être capables d'agir.

Avec ses 160 membres, le parti radical n’a jamais eu à lui seul la majorité, mais étant le parti le plus nombreux, il a accepté la lourde charge du pouvoir depuis le mois de juin 1932 jusqu'au 6 février 1 934, période pendant laquelle il a courageusement travaillé à rétablir la déplorable situation financière qui lui avait été laissée par ses prédécesseurs,

 la ii q de 1933, son effort commençait déjà à porter ses fruits : le chômage était en pleine décroissance , la production industrielle en progression marquée, le déficit budgétaire ramené de 15 milliards à 3 milliards 700 millions.

L'émeute du 6 février, savamment machinée par les puissances financières, a arrêté cette œuvre de redressement et suspendu le fonctionnement normal du régime parlementaire.

Sous la pression des ligues factieuses et des oligarchies bancaires, les chefs radicaux ont été remplacés h la tête du Gouvernement par les créatures des partis de droite : ceux-ci fout donc preuve d’une audace singulière en imputant aux républicains la néfaste politique des décrets-lois qubîs ont imposés par la violence et la menace de la panique financière;

En des jours parfois tragiques, le parti radical a estimé que son devoir était de ne pas déserter le combat et d'essayer de tirer des circonstances le meilleur parti possible pour la France et pour la République.

A un moment où les chefs de la police et de l’armée se déclaraient impuissants à dominer les factieux, les radicaux ont subi M. Doumergue et M. Lavai pour éviter M. de La Rocque et pour empêcher la fermeture des caisses puhliques qui aurait plongé dans la misère les pensionnés, les retraites et les petits rentiers.

Tout en me déclarant hostile à la politique de déflation et aux pleins pouvoirs que j'avais refusés à MM. Flandin et Bouisson, je n'ai pas voulu renverser le Ministère Laval lors de sa présentation parce qu’une crise ministérielle^ lu troisième en huit jours, aurait alors mis le régime républicain en péril* Mais pour maintenir le contrôle parlementaire dans toute la mesure compatible avec les circonstances, je me suis vigoureusement opposé à la séparation des Chambres et j'ai voté contre le départ en vacances.

Au lieu de se servir utilement des pleins pouvoirs pour redresser la situation économique, comme fa fait en Belgique la coalition socialiste et catholique de M. Van Zeeiand, M. Laval a promulgué des décrets-lois aussi inopérants que profondément injustes qui ont frappé le minimum vital des plus modestes travailleurs tout en favorisant les spéculateurs et les privilégiés.

Contrairement à tout ce qu’ont dit mes adversaires, je n'ai pas donné mon approbation à ces décrets-lois ; je les ai au contraire vigoureusement combattus et quand M. Lavai

demanda à la Chambre d'approuver sa politique économique et financière, j’ai sans hésitation voté contre, et surtout pour les trois raisons que voici i

1D M. Lavai a tué la confiance clans le crédit de l’Etat en violant les engagements contractés envers les porteurs de rentes françaises dont les coupons ont été amputés de 10 0/0 ;

2* M* Laval a fait des anciens combattants et des victimes de la guerre des privilégiés à rebours en les frappant d’un prélèvement exceptionnellement élevé de 13 0/0 ;

3° M, Laval a imposé aux petits retraités des sacrifices d’autant plus inacceptables qu’au mente moment il relevait considérablement certaines grosses retraites.

V&' C’est pour mettre fin à une politique aussi antidémocratique et aussi inhumaine, que j’ai favorisé de toutes mes forces la constitution"^ il Ministère Sarrau t qui a marqué le retour au pouvoir des radicaux et ïc rétablissement normal du régime parlementaire.

Soutenu par une majorité républicaine enfin regroupée, ce Ministère a réalisé, en quelques mois, des réformes importantes : répression des menées factieuses, humanisation des décrets-lois concernant les retraités des collectivités publiques et des chemins de fer d'intérêt général, vote par la Chambre de la Caisse des pensions et de l’abrogalïon des décrets-lois concernant les mutilés et victimes de 3a guerre, etc.

C’est la preuve que lorsque les républicains arrivent à s’unir, leur collaboration donne immédiatement des résultats positifs pour la sauvegarde de la démocratie et pour l’amélioration du sort des travailleurs» C’est une leçon que la prochaine législature ne devra jamais perdre de vue»

De toutes mes forces, j’ai défendu l’agriculture française, avec la conviction que les intérêts de nos petits cultivateurs de la Haute- Saône, pratiquant la polyculture, sont profondément différents de ceux des grands agrariens, souvent alliés aux trusts des engrais et de la métallurgie.

Concernant le blé, j’ai préconisé une politique qui, tout en permettant à nos cultivateurs de vendre leur blé rapidement, et à bon prix, leur évite de payer le pain trop cher (droit de priorité de vente avec garantie de prix minimum jusqu à concurrence de 100 quintaux, obligation pour les meuniers de broyer par préférence les blés de leur département, suppression de l'admission temporaire, etc,)*

J’ai réclamé l’interdiction absolue de l’importation de tous produits végétaux ou animaux qui pourraient être fournis par le sol de la France métropolitaine et coloniale* J’ai soutenu inlassablement que le marché français devrait être réservé par priorité aux produits nationaux, que les ouvriers français devraient être protégés contre la main-d’œuvre étrangère et que nos petits commerçants devraient être garantis contre le péril des grands magasins à prix unique.

J ai agi en étroite union avec mes collègues du groupe de défense des bouilleurs de cru pour obtenir la liberté de distillation.

J'ai favorisé, chaque fois que j’ai pu, le développement de la coopération et du crédit agricole et artisanal.

M es propositions sur la protection de la broderie à la main, sur L’aide aux commerçants victimes de 1a crise, sur les réparations dues aux anciens combattants démobilisés, sur le rétablissement d’une présomption médicale en faveur des jeunes soldats, mes rapports sür la question des bois qui affecte si directement les budgets communaux, m’ont valu des félicitations d 'organisations corporatives, étrangères à toute préoccupation politique .

Contre le projet d’outillage de M* Marquet, qui sacrifiait les campagnes aux grandes villes, ma protestation et celte de mes amis ont obtenu des résultats utiles mais encore n suffisants.

Un des premiers, je suis monté à la tribune delà Chambre pour signaler la situation des jeunes gens sans emploi de nos provinces, qui, privés de toutes allocations, ont pourtant droit aussi à obtenir les moyens d'assurer leur existence et de fonder un foyer. Pour cette

jeunesse, j'ai fait adopter par le Conseil général diverses mesures importantes ; suppression des cumuls^ reprise du recrutement de certains services départementaux, priorité d'emploi pour les jeunes gens de la Haute-Saône, etc*

Membre du comité de l'Office national des combattants et mutilés, membre de la section permanente du Conseil supérieur des pupilles de la Nation, puis de l’Office unique, président de la Confédération nationale des mobilisés, j’ai défendu sans défaillance les victimes de la guerre, en collaboration étroite avec la Confédération nationale.

Préoccupé d'assurer, par tous les moyens, à notre pays la paix dont il a besoin pins que tout autre, j'ai consenti pour la défense nationale tons les sacrifices qui m’ont été demandés et j’ai soutenu les efforts qui ont été tentés pour la réconciliation et la collaboration des peuples.

Soucieux de faire œuvre positive en faveur de nos communes, j'ai pu obtenir d'importants résultats tels que de nombreuses subventions aux municipalités pour leurs travaux d'adduction d’eau, d'électrification et d'assainissement) ainsi que pour Tâchât de matériel contre Tincendie et pour l’entretien des voies communales.

C'est sur mon initiative que TAssembléc départementale a pris d’utiles mesures comme l'augmentation des subventions pour les chemins vicinaux, l'indemnité de bourses permettant aux enfants des communes rurales de suivre l’enseignement des écoles des villes, l'institution d’un fonds départemental de chômage et le relèvement des crédits en faveur des chômeurs et des travaux municipaux contre le chômage*

Au Conseil général, je me suis montré l'adversaire de tout gaspillage et de toutes dépenses inutiles ; je me suis appliqué à maintenir l'équilibre du budget, sans impôts nouveaux et sans porter atteinte au minimum vital des petits fonctionnaires et des petits retraités départementaux,

je me suis opposé au plan de coordination des transports, qui supprimait la plupart des gares des chemins de fer d'intérêt général et qui limitait arbitrairement la liberté des petits transporteurs.

Fermement attaché â l’ordre républicain et à la laïcité de TElat1 j'ai conscience d'avoir été fidèle à mes engagements en respectant la liberté d’opinion de mes concitoyens.

Le mandat dont vous m'avez investi ne m'a jamais servi à opprimer mes adversaires, il m’a seulement permis de soutenir toutes les causes justes et de venir en aide aux faibles et aux malheureux.

Si les vieilles formules semblent à certains impuissantes à résoudre les problèmes de l'heure, le salut ne viendra ni de la dictature, ni de la violence, mais du rassemblement de toutes les bonnes volontés autour d'un programme de réalisation comprenant notamment :

Défense de la paix i

Pour la sécurité de nos frontières ;

Renforcement de la défense nationale et spécialement de Ja couverture de la frontière de TEst ;

Suppression du commerce privé des armes de guerre ;

Protection des populations civiles contre les bombardements aériens.

Pour la sécurité collective :

Collaboration internationale dans le cadre de la Société des Nations en vue de la sécurité collective ;

Conclusion de pactes défensifs avec tous les peuples qui veulent sincèrement lefinaintîen ^et F organisation de la paix europénne.

Défense de la République et des libertés démocratiques :

Pour la réforme de l’Etat :

Garantie de l'indépendance de TEtat contre la domination des oligarchies financières

des ligues factieuses et de la grande presse ; dissolution effective des organisations armées* mise en vigueur des dispositions légales en cas de provocation au meurtre ou d’attentat à la sûreté de l’Etat ;

Sanctions rigoureuses pour assurer la liberté du suffrage universel contre les pressions de tous ordres ;

Mesures pour assurer la stabilité ministérielle et, n.otammentr nécessité de deux votes successifs a un jour d'intervalle pour renverser un Gouvernement ;

Réduction du nombre des députés* assurant le maintien de la proportion existant actuellement entre la représentation des villes et celle des campagnes ;

Assainissement de la vie publique par le châtiment rigoureux des responsables des scandales financiers ; interdiction du cumul du mandat parlementaire avec la profession d'avocat ou de collaborateur d'une société financière ;

Réorganisation du travail parlementaire ; réduction de la durée des vacances des Chambres ; collaboration régulière des Commissions parlementaires avec les organisations professionnelles pour la préparation des lois d'ordre économique.

Pour les libertés individuelles :

Respect absolu de la liberté de conscience et de la laïcité, application du droit syndical pour tous les citoyens.

Redressement financier ;

L — Sauvegarde du franc contre toutes les tentatives de dévaluation.

Il, — Equilibre budgélaire par une réforme économique du système des impôts* comportant une détente fiscale en vue de la reprise économique. Economie portant exclusivement sur les gaspillages, les privilèges et les abus.

IU. — Abrogation des décrets dois qui portent injustement atteinte au minimum vital qui doit etre garanti à tous les travailleurs et à tous les retraités des collectivités publiques et des services concédés.

IV, — Répression des fraudes fiscales, sans inquisition ou vexation abusives, par lasystème des sanctions civiles.

V. — Allégement et simplification des impôts* Garanties aux contribuables contre les abus de ïa fiscalité.

VE. — Réforme du crédit public en vue d'abaisser les taux d’intérêt actuellement exigés des collectivités publiques.

Respect des engagements de l'Etat envers les porteurs de rentes françaises :

Mesures pour favoriser la stabilité du capital représenté par ces rentes, création d'un type d’empruut à taux réduit auquel cette stabilité sera garantie :

Réforme du statut de la Banque de France en vue de lui interdire toute in gérance dans le domaine politique et d’en faire une auxiliaire plus efficace pour les petits commerçants et les cultivateurs*.

Pour la protection de l’épargne :

Réglementation de la profession de banquier ;

Réglementation du bilan des banques et des sociétés anonymes ;

Expulsion du territoire français de tous les étrangers ayant été mis en faillite.

Redressement économique :

Pour mettre lin à la politique de déflation qui a ruiné l'industrie, le commerce et l'agriculture en même temps qu’elle a réduit considérablement les recettes budgétaires : politique de revalorisation générale des produits des salaires et des revenus de toutes sortes ;

Protection du travail national contre la spéculation et contre la concurrence de la main-d'œuvre et des produits étrangers.

Pour les commerçants :

Défense du petit commerce j

Création d’un office de documentation économique avec la collaboration de toutes les catégories économiques et de toutes les régions ;

Réforme générale du crédit privé en vue d’assurer le financement des petites entreprises commerciales et industrielles ;

Vote de la proposition Tranchand-Liautey concernant le crédit commercial à long terme et à moyen terme ;

Suppression des entraves apportées à la liberté du commerce des petits transporteurs par les décrets de coordination du rail et de la route.

Pour l’agriculture :

Revalorisation tendant à rétablir un juste équilibre des prix agricoles et des prix industriels ;

Lutte contre la spéculation ; réglementation des bourses et marchés en vue de réduire l’écart entre les prix à la production et les prix de vente au consommateur ;

Garantie des libertés paysannes et défense de la petite culture ; protection des fermiers et métayers ;

Institution d'un droit de priorité de vente du blé en faveur de la petite culture avec garantie d’un prix minimum pour les blés bénéficiant de cette priorité, le surplus du marché étant soumis au libre jeu des lois économiques ;

Accélération du payement des primes de stockage;

Suppression de P admission temporaire ;

Interdiction absolue de l'importation de tous produits animaux ou végétaux qui pourraient être fournis par le soi de la France métropolitaine et coloniale. Protection de la forêt française ;

Encouragements aux syndicats d’élevage et aux coopératives agricoles ; exonération totale de la taxe de 2 0/0 en faveur des coopératives laitières ;

Abaissement du prix des engrais et de l’électricité;

Maintien de la liberté des bouilleurs de cru ;

Développement du crédit agricole ;

Suspension des saisies et concession de délais aux débiteurs ;

Vote de la proposition radicale socialiste sur T exonéra lion de l'essence destinée aux moteurs fixes et aux véhicules agricoles ;

Exécution d'un plan d’outillage des campagnes portant principalement sur les chemins ruraux et vicinaux et sur l'électrification et les adductions d’eau.

Pour la justice sociale ;

Organisation effective du droit au travail, participation équitable des jeunes à la vie économique et sociale ; obligation pour les grandes entreprises privées d'employer un minimum déterminé de jeunes hommes;

Avancement de l'age de la retraite dans les administrations publiques, institution de la retraite votée par la Chambre en faveur des exclus des assurances sociales ; interdiction effective des cumuls;

Amélioration de la lutte contre îe chômage par la répartition équitable de la durée du travail et par Inexécution de grands travaux ;

Distribution gratuite aux chômeurs des denrées agricoles en excédent ;

Perfectionnement des assurances sociales et des lois de protection des mutilés du travail ;

Développement des lois ouvrières, des œuvres mutualistes et des institutions scolaires de la République. Rétablissement des écoles rurales supprimées ;

Protection de la famille ; attribution des mêmes allocations pour charges de famille à tous les travailleurs, conformément au vœu voté par le Conseil général de la Haute-Saône;

Répartition plus équitable des allocations aux femmes en couches, aux vieillards et aux soutiens de famille ;

Réorganisation de T assistance médicale et lutte contre la tuberculose, le cancer et tous les fléaux sociaux ;

Organisation des loisirs.

En attendant la suppression aussi rapide que possible des injustices imposées par les décrets-lois, abolition immédiate des mesures frappant les familles nombreuses, les petits retraités, les cheminots et les travailleurs des collectivités publiques touchés dans leurs conditions d'existence par ces décrets.

Anciens combattants et victimes de la guerre:

Maintien de la liste des unités combattantes avec addition des unités qui en ont été injustement exclues ;

Institution de la Caisse des pensions et abrogation des décrets-lois concernant les anciens combattants et les victimes de la guerre conformément au texte déjà voté par la Chambre ;

Mise e% application de la carte du mobilisé adoptée par la Chambre des Députés, Défense des intérêts locaux :

Réorganisation des transports départementaux et notamment des G, F. V, en tenant compte des intérêts des collectivités publiques, des usagers et du personnel, en vue d'assurer à toutes les communes des moyens de communication faciles pour les voyageurs, le courrier postal et les marchandises. Maintien des gares des grands réseaux;

Aménagement du Durgeon;

Ouverture d’un asile d'aliénés dans le département ;

Priorité des emplois départementaux réservée aux jeunes' gens de la Haute-Saône,

Sur un tel programme d'action immédiate, il m’apparaît possible et nécessaire de regrouper, au moins pour un temps, tous les républicains sincères.

C’est d'ailleurs un tel regroupement qui s'est déjà opéré au sein du Conseil général de h Haute-Saône, où il a permis la formation d'une majorité stable qui a obtenu des résultats dont notre département peut se féliciter ajuste titre*

Pour les vieux, la sécurité.

Pour les jeunes, du travail.

Pour tous, la liberté, la justice et la paix I

Voilà les mots d’ordre que je vous propose d'approuver par vos suffrages et qui continueront à Inspirer mon activité au sein des Assemblées parlementaire et départementale.

Républicains, qui ne voulez ni dictature, ni aventures, ni retour vers le passé, c'est à vous tous que je fais appel avec la certitude que le scrutin du 26 avril démontrera que dans cet arrondissement vous êtes l'imposante majorité.

Vive l'arrondissement de Vesou 1 î

Vive la République hardiment sociale et pacifique l

ÀNDiui LTÀUTEY

Docteur CD droit.

Président du Conseil général de la Haute-Saônc, Secrétaire du Groupe des anciens combattants de la Chambre des Députés*

Membre des Commissions du commerce, des pensions, de renseignement.

Vice- Président

du Parti républicain radical et radical-soda U s te*

Député sortant.

Candidat de l'Union des Républicains*

SAONE-ET-LOIRE

lre circonscription cTAUTUN,

M. François ROUX

Libi pour la lr5 fois le 3 mai 1936,

{Voir le programme du parti socialiste S. F. I. O,, page 3.)

Citoyens,

Apres les pressantes sollicitations dont j’ai été l’objet, j'ai accepté de poser ma candidature aux élections législatives,

Iravaiileur de la terre, puis mineur, j% me suis toujours appliqué à défendre les intérêts de tous les, travailleurs dans tous les postes que mes camarades ou mes concitoyens m'ont confiés»

Je 1 ai fait avec d'autant plus de i-ésolulion que je suis convaincu que paysans, petits commerçants on artisans et salariés de tous genres ne peuvent être défendus que par un des leurs.

Mes modestes moyens ne me permettent pas de vous envoyer de longs écrits. Vous trouverez mon programme dans notre numéro spécial de la La Dépêche socialiste de Mu-. tunois . — Lîsezde attentivement et jugez.

Aujourd'hui comme hier, ma seule ambition réside dans la volonté d’apporter, par mes efforts constants, un soulagement, un mieux- être à mes semblables qui appartiennent à toutes les branches de l’activité économique, si durement affectés par les méfaits de la crise que nous subissons tous,

hu citoyen conscient clu devoir qui m’incombera, si vous me faites l’honneur d’être votre représentant au Parlement, je m’efforcerai toujours de défendre une politique qui procurera 1 un allégement des charges et des débouchés aux agriculteurs si durement atteints' du travail aux ouvriers et aux chômeurs; des clients aux producteurs, *ux artisans et aux commerçants; la sécurité aux épargnants, aux petits rentiers, retraités et petits fonctionnaires ; le respect. des droits des anciens combattants et mutilés ; en un mot, la garantie du lendemain dans la liberté eL la paix, à tous ceux dont le travail constitue l’unique moyen d’existence.

L’unique mot d’ordre de tous les républicains, de tous les hommes de gauche doit être : barrer la route à la réaction.

Tous aux urnes, pas d'abstention !

\ ive la Republique eL le progrès social !

François ROUX

Ancien combattant, - — Mutilé de guerre. Maire d’Epinac,

Conseiller d’arrondissement»

Candidat du parti socialiste»

Notre programme.

Aux paysans.

Sous l'ancienne législature, tandis que M. Tardieu; vers 1931, annonçait une ère de prospérité, le parti socialiste dénonçait au Parlement et à travers la France, la baisse dos produits agricoles eL la crise qui commençait.

En 1932, le secrétaire général du parti, Paul Faure, alors député du Creusot, écrivait une brochure intitulée : ce La Grise agricole », dans laquelle il montrait comment le paysan français producteur de blé, de vin ou de bétail allait s'appauvrissant.

Les années qui ont suivi ont prouvé la justesse des observations et des prédictions socialistes.

D'oü viennent les difficultés des paysans, et pour certains, la misère la plus complète ? — D'une double exploitation du paysan : exploitation avant le travail, exploitation après le travail.

Exploitation du paysan avant le travail :

Pour son travail et pour se garantir, le paysan doit se procurer des engrais, utiliser l'électricité et s'assurer.

Alors que les produits agricoles valent seulement deux ou trois fois plus cher qu'avant guerre.

Les outils et machines sont payés cinq à six fois le prix d 'avant-guerre.

Les engrais et produits chimiques trois a cinq fois,

L électricité, à des prix qui permettent aux Compagnies des bénéfices scandaleux et sans cesse croissants malgré les années de crise,

Les assurances à peu près le double de ce qu’elles valent.

Des fai^s et des chiffres :

1° Pour acheter une moissonneuse, il fallait environ 40 sacs de blé en 1913. Au milieu de 1935, il en fallait 80;

2° 22 grosses Compagnies d'électricité ont réalisé en 1929 (année de crise) 400 millions de bénéfices. En 1934, les mêmes Compagnies ont réalisé plus de 600 millions de bénéfices, Pas de crise pour ces gens-là ;

3 Les Compagnies d assurances ont touché 7 milliards et demi de prîmes en 1931. Elles n ont distribué que 3 milliards aux sinistrés.

Ainsi les primes auraient pu être réduites de moitié î

Pourquoi ces prix si élevés ?

Parce que les outils et les machines, les engrais chimiques, l'électricité et les assurances, sont la briqués ou fournis par de grosses sociétés, groupées en trusts et dont les administrateurs tout-puissants imposent les prix.

Exploitation du paysan après le travail :

Lorsque le paysan a travaillé toute une année, il faut qu'il vende sa récolté. A ce moment, nouvelle « exploitation d.

On lui offre pour les produits de son travail des prix qui ne payent pas les dépenses qu'if a faiLes, ni les efforts qu’il a fournis.

Des exemples :

En août, septembre 1935, blé s’est vendu de 50 à 70 francs le quinlaï, tout de suite

après le hallage. Les petits cultivateurs ont été obligés de céder leur récolte, ayant besoin d’argent ou ne pouvant emmagasiner.

Pour le vin, meme manœuvre : bas prix à la vendange.

Mais le consommateur (paysan comme les autres) paye toujours le prix fort I

Qui fait les cours? Qui fait les bénéfices

Les 'gros moulins de Corbeil ou de Paris. les marchands en gros de Bercy ou d'ailleurs,.., les grosses sucreries... elles spéculateurs 1

À cette double exploitation, caractéristique du régime, s'ajoutent d'autres causes d'appauvrissement du paysan : la mauvaise politique des gouvernements de droite, le poids des impôts, la destruction de l’épargne*

Les paysans victimes de la déflation :

La politique des Doumergue, Laval (et Maupoil) dite « d'économie » a diminué les pos* sibilitës de consommation de la masse des travailleurs.

C'est alors que la’ baisse des prix agricoles s'est précipitée ; blé à 60 francs le quintal, vin à 60 ou 70 francs l'hectolitre.

Pendant que les grossistes constituaient des stocks pour les écouler maintenant et s'enrichir scandaleusement.

Les paysans et les impôts :

Les impôts sur les petits producteurs sont trop élevés.

Los impôts sur les denrées agricoles sont parfois hors de proportion avec la valeur des produits. Exemple : quand le vin valait 12 sous le litre chez le vigneron, les droits de circulation étaient encore de 5 sous I

Ruine du paysan épargnant :

Pour ses vieux jours et pour sa famille, le paysan économise. Que sont devenues ces économies pendant ces dernières années ?

Confiées aux banques, souvent elles ont disparu ou se sont amoindries dans des proportions énormes : titres sans valeur, actions ou obligations ne rapportant plus rien.

Et les financiers, à la tète des grosses entreprises continuent de se servir des revenus princiers î

Le paysan est trompé :

Les syndicats agricoles seraient d’excellentes organisations si elles étaient entre les mains des petits exploitants. Mais à la tête des régions ou des groupements nationaux se sont placés des hommes dont les intérêts sont complètement opposés à ceux des agriculteurs. C est ainsi que le président et le trésorier de la Société des agriculteurs de France sont le marquis de Vogue et le baron Brincard, administrateurs des plus grandes sociétés anonymes françaises ou internationales. Ces gens-là ne sont pas les défenseurs des paysans.

Le parti agraire a été créé et est soutenu parles trusts des engrais, des machines agricoles et les gros minotiers, ete-Son vice-président Maillé est un grand spéculateur à la Bourse sur les blés et les sucres. C est à ce parti que le candidat de droite, îe docteur Renaud, a donné son adhésion îk

Seul, le parti socialiste défend les paysans :

Le parti socialiste a toujours défendu les paysans, comme tous les travailleurs.

Pour assurer un juste prix au blé, au vin, au bétail.*., le parti socialiste propose depuis longtemps la création :

D'am office du blé, géré par les cultivateurs,

D'un office du vin, géré par les lignerons,

D'un office de la viande, géré par les éleveurs*

Ces olflces supprimeraient la spéculation et fixeraient les cours au début de la récolte pour toute l’année*

Pour diminuer les prix des produits ou des services achetés par les agriculteurs, le parti socialisLe propose un office des engrais, la nationalisation des assurances, des compagnies d'électricité, des transports*

Pour diminuer le-s impôts des petits producteurs et sur les denrées agricoles, la refonte de tout notre système fiscal (projet déposé par Vincent Auriol en 1933),

Autres mesures proposées en faveur des paysans?

Le moratoire des dettes ;

La révision de la loi sur les fermages ;

Le statut du métayage ;

L’assurance contre les risques agricoles, avec assurance-retraite pour la vieillesse, tout cela compris dans le service public des assurances nationalisées (prime unique garantissant tous les risques)*

Nous demandons aux agriculteurs de réfléchir et de juger.

Qui dénonce les spéculateurs ou les hommes des trusts? Le parti socialiste*

Quel parti réclame un ensemble de mesures pouvant assurer un juste prix de vente aux produits agricoles? Le parti socialiste.

Le parti socialiste est le défenseur des travailleurs de la terre dont i] voudrait voir cesser l'exploitation.

Aux commerçants, aux artisans,

La déflation imposée par les financiers et les gros industriels a consisté essentiellement en la diminution des salaires et des traitements,

\) millions et demi de salariés avec leurs familles ont vu leurs ressources amoindries de 20, 30 ou 40 0/0 (ou de tout lorsqu'il s'agit de chômeurs non inscrits,,,). Des milliards ; 30 par an, rien que pour la France ont été retirés de la circulation, ont réduit les recettes, le chiffre d'affaires des commerçants*

La déflation a donc frappé les ouvriers et petits fonctionnaires, et elle a atteint aussi brutalement les commerçants. On connaît les résultats : 10.000 faillites par an, et des centaines de mille de maisons gênées. Ainsi la Société présente détruit elle-même Je capital ou la propriété d'une certaine partie de ses membres,

La politique de déflation est devenue particulièrement violente sous les Gouvernements Doumergoe, Elandin et surtout Laval-MaupoiL

Exploitation du petit commerçant -

Mais de plus, le petit commerçant subit de la part des grands établissements, une concurrence désastreuse, qu'aggrave encore un système d'impôts injustes pour le petit commerce, niais trop favorable aux grands établissements,

* Les maisons à succursales multiptes, les t< Pris unies » ou fi Uniprix (tous dépendant des grands magasins : Louvre, Printemps, Bon Marché) fabriquent leurs marchandises qu'ils répartissent dans toutes leurs maisons de vente. Ils ne payent ainsi qu'une fois la taxe sur le chiffre d affaires.

. laudis que pour un même objet, chez le petit commerçant, la taxe sur le chiffre d’afaires se trouve incorporée trois ou quatre fois (payée en sortant de chez la fabricant, puis chez le grossiste, le demi-grossiste et enfin chez le détaillant.)

Le forfait rétabli par décrets-lois est particulièrement injuste pour les petits commerçants, parce qu’ils ne peuvent avoirj une comptabilité aussi précise que les grosses entreprises.

Exploitation des artisans ou petits industriels :

Pour eux aussi , le système d'impôts n’est pas juste.

Mais avec la crise, la situation des artisans et des petites entreprises s'est aggravée* Les clients isolés ont à pou près disparu, si bien que ces producteurs sont obligés de passer des marchés avec les grosses entreprises, les grands magasins qui leur imposent leurs prix, leurs conditions et les traitent durement.

Le parti socialiste défend les petits commerçants et artisans :

Il n’a jamais approuvé les décrets-lois, ni ceux de Doumergue, ni ceux de Laval.

C'est ainsi que le parti socialiste pense qu’au lieu de diminuer l’impôt sur les bénéfices commerciaux au-dessus de 50.000 francs, on aurait pu d’abord diminuer les petits comraerça nts et artisans .

Le parti socialiste a protesté et voté contre le régime étendu du forfait, contre la suppression de l'exonération de la femme travaillant an magasin.

Il a demandé et il réclame t

La révision des cessions de fonds \

La révision des baux ;

La propriété commerciale intégrale ,

Petits commerçants, artisans, petits industriels, par suite de la crise, votre situation est de plus en plus difficile, et en grand nombre vos magasins ou vos ateliers déjà se sont fermés au profit des établissements importants. Tel est le régime dans lequel nous vivons, et qui permet la ruine, l’écrasement, la spoliation des petits par les plus riches et les plus

puissants,

Le parli socialiste défend les petits commerçants, artisans et petits industriels et lutte

contre les faveurs accordées aux trusts, aux grands magasins, Prisunics, Monoprix, etc.

Exemple : la maison Pernod, qui a fait en 1935 un bénéfice net de 54 millions a eu une diminution d’impôts de 1 million 400.000 francs, grâce aux décrets Doumergue.

Quel est le petit commerçant ou l’artisan qui a bénéficié d’une remise d impôt semblable ?

À qui a profité la déflation ?

Pendant que la crise sévit au village ou à la campagne, les grosses sociétés ont continué de réaliser des bénéfices de plus en plus importants. Un exemple :

En 1929, 22 sociétés d’électricité ont distribué 400 millions de dividendes.

En 1934, les mêmes sociétés ont distribué 600 millions de dividendes.

Pas de crise pour ces gens-là? De même pour les grosses usines métallurgiques, pour les grands moulins, etc.

Qui fournit ces bénéfices? Le consommateur, paysan, commerçant, ouvrier, etc.

Le parti socialiste et les artisans ;

Pour montrer comment le parti socialiste s’applique à défendre les petits producteurs, nous tenons à signaler notre collaboration constante avec les artisans. Non pas simple promesse électorale, mais collaboration effective, puisque notre ami Paulin, député socialiste du Puy-de-Dôme, est président du groupe parlementaire de défense artisanale à la Cliambre.

CJesi ce groupe parlementaire qui fait trionpher les revendications professionnelles de la Confédération générale de l'artisanat français, qni réunît tous les syndicats d’artisans français et qui s’est toujours maintenu en dehors de la tutelle des congrégations économiques.

Aux ouvriers, employés, petits et moyens fonctionnaires,

La société actuelle est injuste parce qu’elle ne donne au travailleur qu'une partie du salaire auquel il aurait droit d’après les richesses qu’il a produites, qu’il s’agisse du travailleur manuel ou du travailleur intellectuel.

C’est surtout dans a grosse industrie qu’il est facile de vérifier cette exploitation des salariés.

Exploitation de l’homme dans l’industrie :

Un exemple saisissant de cette exploitation a été donné dans une étude sur les profits réalisés par les sociétés minières et la situation des mineurs, en France, en 1929,

En 1929, un mineur du Nord gagnait environ 11 .000 francs par an.

Or, la houille produite en moyenne par chaque mineur en cette même année a été ven^ due 20,000 francs.

Ainsi la différence entre le salaire touché à l’époque (li ,000 fr.) et la valeur de la production individuelle (20.000 fr,) est énorme.

Cette différence comprend d’ailleurs, il faut se hâter de le dire, des sommes qu’il était nécessaire de prélever — provisions pour amortissement du matériel et remplacement, réserves pour modernisations, pour impôts, pour frais généraux et commerciaux, etc.

Mais une importante fraction de ce prélèvement sur la valeur de la houille produite correspond uniquement aux bénéfices et super-bénéfices de l’exploiteur, aux jetons et tantièmes des administrateurs.

D’après les bénéfices officiels de l’ensemble des mines en 1930, on a calculé que chaque mineur a créé 2.105 francs de bénéfices distribués, en moyenne. Pour certaines mines, le bénéfice créé par le mineur a été de 2.700 francs, et même 3.250 francs par an.

Ainsi le mineur qui a gagné 1 1 .000 francs dans son année, a travaillé neuf mois et demi pour nourrir sa famille, élever ses enfants, payer ses impôts, et il a travaillé deux mois et demi pour produire des bénéfices.

Sans doute, direz-vous, tout cela a changé avec la crise? A peine, car les administrateurs ont su conserver la plus grosse part de leurs dividendes. De 1930 à 1934, les bénéfices distribués ont été diminués de 165 millions, mais en meme temps on a € rogné » i 56 millions sur le total des salaires. C’est-à-dire que l’abattement sur l’indispensable l’emporte — et de

combien 1 sur l’amputation sur le superflu. Et c’est la consommation de la masse

qui a encore été diminuée, atteignant aussitôt les petits commerçants et les petits producteurs.

Les autres salariés, manuels ou intellectuels :

Leur situation est la même que celle des précédents,

II faut signaler la politique des gouvernements de droite et des congrégations économiques qui s’attaquent sans cesse aux petits fonctionnaires des villes et des campagnes.

Pourquoi ? D’abord pour jusLifier les diminutions de salaires qu ils imposent aux ouvriers.

Puis pour exciter le mécontentement, la jalousie des petits commerçants et des paysans^ qui oublient ainsi l’exploitation dont iis sont victimes eux-memes (voir ; aux paysans^ aux commerçants).

Par ces mesures de déflation voulues inlassablement par les congi égalions économiques, salaires et petits traitements ont diminué. Mais les impôts ontAls diminué ?

Par contre, les achats des consommateurs ont diminué de 30 milliards* Soit 30 milliards perdus pour les commerçants et les paysans. Et finalement , ce sont ces fermiers qui ont été les plus grandes victimes des Gouvernements IFoumergue, FlandînT Laval,

Le parti socialiste et les salariés de tous genres :

Le parti socialiste dénonce le chômage, celte plaie de la société présente.

Il proclame la nécessité d'assurer du travail à ceux qui ne disposent que de leur travail pour vivre, et la nécessité d'accroître le revenu consommable en augmentant la masse des salaires.

Le parti socialiste réclame donc :

La diminution des heures de travail, sans diminution des salaires ;

Les contrats collectifs et les vacances payées ;

La construction d'écoles, d'hôpitaux, de sanas, d'habitations à bon marché ;

La prolongation de la scolarité et l’interdiction du travail pour les enfants, dans l’indus trie et le commerce, jusqu'à 1 âge de 15 ans ;

Enfirq. la mise en train d’un vaste plan d'outillage public, financé par l’appel à la thésaurisation locale, et conçu de telle sorte que son exécution rapide et coordonnée aboutisse à l'équipement rationnel de ia nation et à la reprise solidaire des diverses branches de l’activité industrielle et commerciale.

Que paysans, petits commerçants se rendent bien compte ainsi que les ouvriers et travailleurs intellectuels des liens qui les unissent, que ïe sort des uns dépend de celui des autres.

Pendant les années des hauts salaires, les commerçants faisaient des affaires et les agriculteurs ou les artisans vendaient leurs produits.

Qu’ils s'unissent donc les uns et les autres au sein du parti socialisé é pour se défendre contre l'exploitation dont ils sont victimes de la part des congrégations économiques et de leurs hommes, les politiciens de droite ou de réaction.

Le parti socialiste, avec tout le Front populaire, veut la paix :

Le parti socialiste s’est toujours élevé contre les programmes de militarisation de la nation et d’armement à outrance qui dressent les peuples les uns contre les autres et ruinent les Etats.

11 a défendu la politique de la sécurité collective, les tentatives en faveur du désarmement général et Faction de la Société des Nations,

Il a toujours été partisan d'une politique de rapprochement avec F Allemagne, avec rAHômagne républicaine avant 1931, avec l'Allemagne même depuis l'avènement d'Hitler. Il se félicite de l'accord conclu entre la France et la Russie, dans le cadre de la Société des Nations.

Il s'est dressé contre les LavabMaupoil, qui, en obéissant aux « puissances occultes a ont sépare la France des pays de l’Europe occidentale et Font isolée dans le monde !

Pour la paix, pour la sécurité collective, pour la Société des Nations,

Le parti socialiste défenseur de la laïcité :

Volez pour Roux, candidat du parti S, F. 1. Q,

Le parti socialiste défend la laïcité de F Etat.

13 est le défenseur de Fécole laïque et de ses maîtres.

11 réclame la prolongation de la scolarité, renseignement égal pour tous, c'est-à-dire Fécole unique, pour que les plus capables, même s'ils sont pauvres, puissent accéder à toutes les fonctions et mieux servir la nation.

2* circonscription dAUTUN,

M. Victor BATAILLE

(Groupe de la Gaucbe démocratique et radicale îndépeodante,)

Elu pour la 1T* fois le 16 novembre 1919, — Réélu les 8 mai 1932 et 3 mai 1936,

Mes chers concitoyens.

Jamais vous n’aurez eu à voter dans des circonstances plus graves.

La propagande du front révolutionnaire — exploitant sans sincérité et sans mesure la crise financière et économique — - pousse au désordre et à la révolution, et nous expose — si la route lui reste libre — - au triomphe du communisme ou à la contre-attaque de la dictature.

La menace extérieure — - plus audacieuse de nos divisions et de nos faiblesses — a rapproché de nous* aux yeux des plus confiants et des plus aveugles, la possibilité d une nouvelle guerre»

Gardons notre sang-froid, mais faisons preuve plus que jamais, devant ces deux périls, de clairvoyance et de bon sens.

Un fait domine la prochaine consultation électorale : la constitution d’un front révolutionnaire inventé, inspiré et dirigé par le communisme, c’est-à-dire par Moscou. Cette coalition n a qu’un but : conquérir des sièges. Mais nul programme commun pour gouverner éventuellement demain. À peine élus, la bataille recommencera entre eux*

C’est l’histoire du Cartel qui se renouvelle mais en s'aggravant celte fois d’une volonté systématique de révolution communiste.

Ainsi, ce n’est plus seulement, comme le fut jusqu’à ce jour, la menace d'une crise économique aggravée, du chômage accru, de la monnaie dévaluée.

C'est de plus la paix en péril, cette paix, hélasl si fragile que le front communiste vient d’ébranler gravement par deux fois :

1° En poussant violemment, pour des motifs de politique intérieure, aux sanctions contre F Italie ;

2° En forçant la ratification prématurée du pacte franco-soviétique et en donnant ainsi à F Allemagne un prétexte pour réoccuper la Rhénanie.

Ainsi Faction prédominante des comités nous conduit — sous le nom de Front populaire — k la ruine et à la possibilité de la guerre.

Plus que jamais, de toutes mes forces et de toute ma responsabilité, je veux vous donner un avertissement solennel et proposer le rassemblement de toutes les bonnes volontés pour assurer la résistance.

Ce rassemblement ne se fera p^s dans l’équivoque, rassurez-vous : c’est autour d’un programme précis d’action, et non pas seulement autour de simples critiques et d’idées négatives, que je souhaite de le réaliser.

Ce programme, le voici dans son énumération sèche mais catégorique :

Réforme d’abord de l'Etat, par la restauration de Faut mité gouvernementale.

Réforme du recrutement du travail parlementaire : par application de la représentation proportionnelle à l'élection des députés, la réduction du nombre de ces députés, la suppression de l’initiative parlementaire en matières de dépenses, la consultation obligatoire pour la préparation des lois des organismes professionnels qualifiés : chambres d’agriculture chambres de commerce* chambre des métiers, et, par-dessus tout, du Conseil national économique qui vient d'être créé.

Réduction des dépenses publiques par une réforme de l’Administration et un rajeunissement de ses méthodes.

Mise au point des mesures d’économies déjà prises, mais dans la limite rigoureuse des possibilités laissées par la nécessité absolue de sauver le franc. ^3

Simplification de la fiscalité, particulièrement celle visant les petits commerçants : remplacement de l'impôt sur le chiffre d'affaires par une taxe générale à la production.

Relèvement des prix agricoles par les méthodes appliquées dans le cours de Tannée 1935, et notamment le retour à la liberté des marchés, mais avec l'assainissement préalable par le rachat des excédents par l’Etat — et surtout la démocratisation du Crédit agricole et la simplification de scs formalités et des garanties qu’il exige* Il faut aboutir par un large système d’avances aux agriculteurs sur leurs récoltes à les mettre à l’abri des spéculations à la baisse en leur permettant d’attendre, en cas de baisse momentanée, le retour à des prix rémunérateurs.

Défense des intérêts des mutilés du travail IJ

Organisation de l’artisanat par l’extension de la loi du 27 mars 1934 à tout le territoire.

Développement d’une politique de la famille (Vote familial, accroissement des avantages matériels et moraux accordés aux familles nombreuses). J

Enfin, protection rigoureuse de îa main-d'œuvre française et utilisation de cette maind'œuvre avant les ouvriers étrangers.

Tel est, d’une manière précise, le programme dont j'entends ne pas dévier dans l'accomplissement de mon mandat.

Tous les points de ce programme doivent converger pour régulariser la vie économique du pays et contribuer ensemble à sauver le franc. ;,.j

Ce salut nécessaire du franc, ne perdons pas de vue qu’il reste l’œuvre centrale à accomplir, C’est autour de lui qu’il faut se rassembler, en pensant surtout à ceux qui ne travaillent plus et dont la chute de la monnaie aggraverait encore la détresse.

Ceux-là — les retraités - — dont on a pu avec peine préserver l’humble retraite au moment des décrets-lois — nous voulons qu'ils soient à l’abri des fluctuations nouvelles de la monnaie. Nous voulons même envisager avec impatience le moment où, la stabilité monétaire enfin consolidée, il sera possible, après une trop longue attente, d'améliorer leur condition.

Mais tout cela ne se réalisera — ne nous y trompons pas — que si chacun renonce à l’esprit de guerre civile et si le triomphe du bon sens et de l’équilibre populaires balaie toutes les menaces d agitations et de troubles qui suivraient immanquablement le succès du front révolutionnaire.

Debout donc, tous les hommes de bonne volonté, pour réaliser cette paix à l’intérieur. Qu’elle nous soit d’autant plus chère qu’elle peut seule préserver la paix tout court.

Vous savez bien que pour sauvegarder cette paix, nous devons d’abord compter sur nous mêmes, sur notre force matérielle et sur notre force morale qui ne peut être faite que de l’union de tous.

Cette double force est nécessaire pour défendre éventuellement notre liberté; mais, par le respect et la crainte qu’elle imposera à tous, par les amitiés qu’elle nous assurera, elle est aussi la meilleure chance de chasser toute possibilité d’agression contre nous.

Je n’ai rien abdiqué de mon idéal humanitaire d’ancien combattant, mais aujourd’hui

le temps nous presse et la menace est à nos portes. Trêve donc à nos divisions. J'appelle h moi tons ceux qui ont conscience du danger et qui veulent y faire face, mes aines et mes contemporains déjà mûris par la cruelle épreuve de 1914, les jeunes générations aussi, les jeunes générations surtout., qui sont aujourd'hui les premières victimes de la grande incertitude générale, mais dont l’avenir fleurira de nouveau quand nous aurons ensemble préservé notre vieille civilisation de la révolution et de la guerre.

Vive la République I

Vive la 2e circonscription d’Âutunï

Victor BATAILLE

Député BorLant,

Maire du Qeusot,

Conseiller général de Saône-et-Loire,

Chevalier de la Légion d'honneur, — Croix de guerre.

lrû circonscription de CHALON-SUR-SAONE,

M, Georges N QUELLE (Groupe socialiste.)

Élu pour la lre fois le II mat 1924, — Réélu les 29 avril 1928, 1er mai 1932 et 3 mai 1936*

(Voir le programme du Parti socialiste S. F. I. O., p, 3.)

Mes chers Gon citoyen s 7

Pour la quatrième fois, je viens solliciter vos su tirages et vous demander de me renouveler la confiance qu’en 1924, en 1928 et en 1932 vous m'avez accordée.

En 1924, par près de 68.000 voix, les électeurs de ce département m’ont envoyé siéger au Parlement aux côtés démon grand et regretté ami, Jean Bouveri,

En 1928, par 11,377 voix au premier tour de scrutin et 12,893 au deuxième tour, les électeurs de la lre circonscription de Chalon m'ont à nouveau confié le mandat de député.

En 1932, les mêmes électeurs, par 12 365 voix, m’ont, des le premier tour de scrutin, confirmé dans mes fonctions de représentant du peuple.

Ainsi, à chaque consultation électorale, vous avez témoigné, par des su tirages chaque fois plus nombreux, que ma façon de servir au Parlement vos intérêts particuliers et les intérêts généraux de la France avait votre entière approbation.

Gela me permet d'affronter à nouveau votre verdict en toute sérénité., assuré d avoir fait pour vous pendant la dernière législature au moins autant que pendant les précédentes. Cependant, les circonstances, pendant ces quatre dernières années, ont été infiniment plus difficiles et plus graves que durant les huit années précédentes.

Mon activité parlementaire a toujours été grande* Je ne suis pas un de ces députés qui ne font au Palais-Bourbon que des visites courtes et espacées. Je suis un assidu des séances

de la Chambre et aussi des séances de Commissions où s’élabore le travail parlementaire* Le Journal officiel em lait foi.

Dans les deux grandes Commissions dont je fais partie : celle des mines et de la force motrice et celle des colonies et protectorats, mes collègues ont depuis longtemps reconnu mon souci du travail sérieux et bien fait, piuisqu iîs m ont désigne comme vice-président et, chaque fois, à l'unanimité* Au groupe de défense viticole, j’ai été, depuis quatre ans, chargé des fonctions de secrétaire. Dans les divers groupes de défense parlementaire : mutilés du travail, vieux travailleurs non pensionnés, mobilisés, artisans, cheminots, etc*, j’ai partout marqué l'intérêt que je porte à toutes les catégories de travailleurs*

Aussi est-ce avec la pleine conscience d’avoir été à la hauteur de la tâche que %'ous m’avez confiée que je me présente aujourd’hui devant vous.

D’ailleurs, la façon dont j’administre, depuis dix ans, la plus grande ville de Saône-et- Loire, n’est- elle pas un témoignage éclatant de mon dévouement désintéressé et éclairé aux intérêts de la collectivité ? Mes adversaires politiques les plus déterminés le reconnaissent eux -mêmes volontiers.

Enfin, pai la fierté de de dire que ma conduite politique a toujours élé droite et claire* Je n’appartiens pas à la catégorie des politiciens qui, vrais caméléons, changent d étiquettes, d’opinions eL u attitudes, au gré des vents et des événements* Depuis bientôt trente ans, j’appartiens au Parti socialiste et je suis toujours resté fidèle à son programme, à sa doctrine.

Je me suis efforcé, en toute occasion, d’ètre le digne continuateur des grands morts qui ont Fait et honoré le socialisme : Guesde, Vaillant, Jean Jaurès.

Comme eux, j’ai servi sans faiblir et sans dévier, toute la classe ouvrière* Demain, je la servirai encore avec la même foi dans son destin.

Demain, avec votre confiance renouvelée, je travaillerai à sa pleine et complèLe réconciliation, pour qu’unie enfin dans un vaste et solide Front populaire, elle puisse au plus tôt réaliser ses revendications les plus immédiates et obtenir enfin : le pain, la liberté, la paix.

Georges N OU ELLE Député*

Maire de Clmlon-sur-Sa&no*

2e circonscription de CHALON-SUR-SAONE.

M* Jean-Marie THOMAS (Groupa socialiste.)

Elu pour la lte fois le 29 avril 1928* — * Réélu les 1er mai 1932 et 26 avril 1936.

(Voir le programme du Parti socialiste S. F. I. 0,, p* 3*)

Citoyens,

Pendant deux législatures j’ai démon mieux défendu vos intérêts, soit par de nombreuses interventions à la tribune de la Chambre, soit par des propositions de loi, soit par de multiples démarches.

J’ai l'orgueil de pouvoir affirmer, sans crainte d’un démenti, que j’ai consacré tous mes

instants et toutes mes forces à remplir le mandat que vous m’aviez confié ; je me suis constamment tenu en contact avec vous, et je vous remercie d'ailleurs de la sympathie que vous m’avez toujours témoignée*

Je suis resté ce que j'étais lorsque pour la première fois je me suis présenté à vos suffrages.

Cultivateurs, vignerons, j’ai combattu les trusts dont les spéculations vous empêchent d’obtenir la juste rémunération de vos efforts* J’ai porté vos doléances à la tribune avec énergie et ténacité.

Et si, par la faute dune majorité contraire, beaucoup de mes propositions ont été repoussées, j’ai parfois réussi à alléger votre misère.

Ouvriers, j’ai demandé pour vous le droit au travail et a la vie, et j’ai proposé les mesures qui pourraient assurer votre existence*

Commerçants, j ai voté toutes les mesures législatives destinées à vous protéger, j’ai combattu les augmentations d'impôts qui vous accablent, et volé les projets tendant à vous assurer la propriété commerciale.

Fonctionnaires, petits retraités, vieux travailleurs non pensionnés, j’ai été on toutes occasions votre défenseur.

Anciens combattants, j’ai défendu vos droits avec acharnement, et mes collègues, qui m ont confié la présidence du Groupe de défense des blessés du poumon (groupant plus de 320 députés) ont reconnu ma compétence et mon dévouement*

Aujourd'hui la situation est grave : il y a des menaces de guerre, le cultivateur ne vend pas ses produits, le chômage s'étend, les jeunes sont réduits au désespoir*

Il faut qu’ après les élections prochaines un gouvernement de collaboration des partis de Rassemblement populaire soit capable de prendre immédiatement les mesures nécessaires pour diminuer la misère qui s’installe dans tous les foyers, et pour construire là paix,

II faut demain, dans la majorité de Rassemblement populaire, des hommes d’action, des hommes résolus, pour engager une politique de rénovation économique dont l’urgence est indiscutable*

Dans ce journal, vous trouverez des faits et des arguments prouvant d’une façon indiscutable la faillite de la politique suivie de 1932 à 1936. Vous y lirez mon programme, celui du Parti socialiste S, I4* I. 0. Vous y verrez la nécessité d’une politique hardie et énergique en faveur de ceux qui travaillent, peinent et souffrent.

Nous devons avoir la victoire. Nous devons aller au Gouvernement*

J ai le sentiment d’avoir été avec les travailleurs de toutes catégories, d’avoir éLé constamment avec eux, à leur service.

Je crois mériter votre confiance pour la bataille qui s’engagera afin de vous permettre de vivre.

Vous viendrez avec nous pour défendre 3a République, pour la rendre plus humaine, pour permettre à chacun de vivre de son travail dans la paix eL la liberté*

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