J.-M* THOMAS
Conseill jr général.
Député Êor.aa",
lre circonscription de CHAKOLLES.
M, Charles BOUfSBOUfâ
(Groupe do rAUUnee des Républicaine de gauche et des Radicaux indépendants.)
Elu pour la tre fois le 22 avril 1928, — Réélu les 1er mai 1932 et 3 mai il 939.
‘Mes chers concitoyens,
J) e uk 1 ai s* déjà, en 1 928 et en J 932 , vous avez a p p r o u v é 1 e p ro grain m e que je ni 1 é La i s tracé et vous m’avez donné votre confiance.
Je à non -veau candidat. J'ai la conviction de n’avoir jamais dévié de la ligne de conduite qne vous aviez approuvée ,elt à de nombreuses reprises, montré mon indépendance absolue, ne prenant, pour mes décisions, conseil rjuc de ma conscience. Je dois donc au j ourd 'h ui normalement eu m pter une fois de plus sur vos s ultra ges .
; Politique générale :
En 1932, une majorité de .gauche était issue du Cartel qui avait uni radicaux et .socialistes. au CQurs.de la bataille électorale.
Mais, .au, Gouvernement, les éléments divers cons li tuant la majorité ne purent jamais s’unir, ni même se supporter, eL c’est alors que s’est produite la cascade des Ministères qui se sont: au ccdd é ^ va n i £év rie r 1934 .
1 ),c va n t 1 im p oss ibiiité des gauches de s’ente o d re pou r i go ti v et' rte r et pour a p a i s er les esprits .sures cité s, on .constitua J es Ministères de trêve de MM. Doumergue, Flandiu et Laval, jusqu’au jour où les radicaux, qui avaient accepté de partager la responsabilité du pouvoir, se retirèrent al approche de la consultation électorale pour constituer un nouveau cartel élargi sous le Front populaire qui, outre les alliés d’autrefois, radicaux et socialistes, a recueilli l’adhésion des communistes et de la Jeune République.
Cette réunion d’éléments quelque peu disparates s'eut faite dans un intérêt .purement électoral, car l'impossibilité de gouverner que nous avons constatée de 1932 à 1936 sera plus cou^plù te, encore .avec des éléments plus divisés et plus éloignés les uns des autres,
Gomment admettre que les radicaux partisans de la propriété individuelle puissent un jour être d’accord avec l'extrême gauche collectiviste ?
Gomment admettre enfin que les adhérents de la Jeune République, qui se disent catholiques pratiquants, puissent s’entendre avec des alliés francs- maçons et communistes ?
Politique économique (industrielle, commerciale et agricole) :
Le point de vue économique qui conditionne la vie de la Nation suscite le maximum d intérêt ; les tentatives d'économie dirigée, Fintrudon de l’Etat dans les affaires, premières applications du socialisme, ont démontré quels tracasseries, contrôles domiciliaires, déclamations, paperasses, imposerait au citoyen français I application du système préconisé par les gauches.
Le finançais esl avide de liberté. 11 a le pouvoir absolu en horreur, qu’il soit le fait d un homme ou d un parti. Il croit fermement que l'amélioration du sort de ceux qui souillent peut et doit résulter du jeu des libres discussions, et que la bonne harmonie qui
doit exister entre tous les1 citoyens ne peut être le résultat de la contrainte, mais celui de la confiance réciproque et de la bonne volonté mutuelle.
Le progrès a marché trop vile, l’adaptation a été plus lente, c'est de là qu’est née la crise universelle, et là France n'est pas le pays qui en a le plus sou fier L
Il semble que la loi sur les accords commerciaux votée pendant celle législature doive offrir les moyens de rétablir l'équilibre détruit; sans parler des corporations adaptées aux nécessités de la vie moderne, qui ne sont au fond qu'une limitation de la liberté personnelle. n’esUil donc pas possible que les intéressés puissent s'entendre sur les règles de le un profession, sur les mesures que nécessitent et la production intensive et la consommation normale, en ne demandant à 3\Etat que d'intervenir comme arbitre en cas de désaccord entre eux ?.
Politique financière :
La question financière touche dé très près la question économique, les problèmes qu'elle pose ne sont pas faciles à résoudre, et la nécessite première, pour un rétablissement dé la situation, est d’abord le maintien de l’ordre à l'intérieur et à l'extérieur ; toute menace nuit à la reprise économique, lé calme au contraire est générateur de confiance. Les Français ne seraient ils pas assez sages pour oublier ce qui lès divise et' ne songer qu’à ce qun lès unit pour vaincre les difficultés ?
Notre dette est énorme, elle avoisine 380 milliards ; qui ne songe que c'est là un lourd passif qu’il faut se garder d’augmenter sous peine de ne plus pouvoir éviter la fàiUîlfe!
Le seul moyen, c'est de réduire ou minimum lès dépenses tant que les ressources ne seront pas augmentées par la prospérité retrouvée.
ÏI faut payer les fonctionnaires,, mais, en échangé, leur demander du travail et, les rendre responsables de leurs actes. C'est aussi en en diminuant le nombre, sans dommage pour 1 Etat, qu'il faut poursuivre le double but de réaliser les économies qui s'imposent et* d'augmenter le rôle social de ceux qui, par leurs fonctions, sorti ou doivent cire Tes serviteurs de la nation.
Les charges hscaies ont atteint un tel volume qu'elles dépassent les possibilit és dé ceux qui les supportent; telles denrées de première nécessité voient leur prix plus que doubler par les impôts qui lés frappent. Cest à la déflation fiscale faite avec hardiesse et intelligence* qu il faut demander le retour de la prospérité ; l'Etat, j'en suis con vaincu y y trouvera: son compte;
Politique extérieure :
Après la tempête de 11914-1918, la hrance a eu foi en la parole de ceux qui l’avaient aîdoe a vaincre, 1 Amérique et 1 Angleterre, ou plutôt les représentants de ces grandès puissances* Wilson et Lloyd George avaient dit : « La sécurité vous est, assurée, puisque nos deux pays; signeront 1 engagement d'intervenir à vos côtés au moindre danger >3, Mais, comme il existe toujours un doute sur la réalisation de telles promesses, le traité donnait à la France, au cas où l'Amérique et l'Angleterre ne réaliseraient pns les engagements pris, le droit d occuper tant qu'il serait nécessaire la rive gauche du Rhin. Le Parlement américain n a pas avalisé la promesse du Président Wilson et les Anglais n'ont pas tenu l'engagement de Lloyd George.
La hrance, non seulement n'a pas occupé la rive gauche du Rhin, mais a évacué avant 1 heure fixée par le traité les zones occupées. En échange, les puissances occidentales, y compris b Allemagne, avaient signe le pacte de Locarno.
Et, aujourd’hui, nous sommes en présence d'une Allemagne réorganisée, avec une armée formidable el un armement reconstitue. Cette Allemagne qui n'a trouvé aucune entrave à sa reconstitution, maintenant qn'eîlc est forte, parle haut; elle a déchiré le pacte de Locarno et elle entend dicter les conditions de la paix en Europe. Les autres signataires du pacte ne semblent pns, sauf la Belgique, disposés à prendre les responsabilités auxquelles
ils s’étaient engagés, les Italiens à cause des sanctions prises à leur égard } les Anglais parce qu’ils se désintéressent de tout ce qui n’est pas leur intérêt direct.
Hitler a donc, une fois de plus, violé les traités signés par V Allemagne; il a, sans aucun préavis, réoccupé la zone démilitarisée du Rhin, mettant les autres notions cm présence du lait accompli.
Défense nationale :
L'illogisme des partis de gauche apparaît ici dans toute son étendue : ceux qui voulaient désarmer la France sont aujourd'hui les plus belliqueux, parce que la politique intérieure de P Allemagne ne leur plaît pas et aussi parce que la Russie soviétique est menacée par Hitler.
Ceux qui réclamaient le désarmement de la France réclament aujourd’hui la sécurité collective ; cette sécurité ne suppose-t-elle donc pas Inexistence pour ceux qui s’engagent à y participer, d’une armée permanente, fortement équipée et bien entraînée, qui puisse utilement intervenir l’heure venue ?
En un mot, nous avons laissé l 'Allemagne réorganiser ses forces sous l'œil bienveillant de la Société des Nations qui n’a jamais osé exiger d’elle le respect de ses engagements. L’Angleterre elle-même, si dure pour l’Italie lorsqu’il s’est agi de défendre la route des Indes, n’a pas accordé à sa rénovation militaire, aussi dangereuse pour elle que pour nous, l’attention qu’elle mérite.
Et alors une autre idée s’est fait jour : puisque nous ne rencontrons pas. les garanties de la paix là ou normalement nous devrions les trouver, tournons -no us vers F Allemagne ci concluons avec elle un accord.
C’était autrefois la tactique des gauches qui s’y opposent aujourd’hui, et iî faut reconnaître que, si on pouvait, ajouter foi à la loyauté allemande, ce serait le meilleur moyen d’assurer la paix. Mais que valent les engagements de l’Allemagne ? Faut-il rappeler la violation de la neutralité de la Belgique eu 1914, solennellement reconnue par elle, la pratique, au mépris du droit des gens, de la guerre sous-marine et de l’emploi des gaz au cours (les hostilités ? Faut-îi rappeler les infractions successives au traité de Versailles et finalement la violation du pacte de Locarno ? Non, on ne saurait s’entendre avec une puissance pour qui les traités n’ont d’autre valeur que celle de chiffon s de papier. Heureusement, la France malgré ceux qui voulaient la désarmer, est restée forte, heureusement elle a construit sur ses frontières des fortifications qui' sont de nature à faire réfléchir un agresseur éventuel.
Aussi, quelle que soit la gravité des événements, confiante dans sa force, elle peut se tourner vers ses amis, ses alliés d'hier, et, invoquant' la sécurité collective sur laquelle repose la paix européenne, s’affirmer encore une fois, à la face du monde, le champion de la Justice et du Droit.
C est sous l’empire de ces sentiments, qu’au cours de la bataille électorale, je vous donne comme mot d’ordre ;
Pour la France et la République 1
Charles BOUISSODD
Croix de guerre. — Chevalier de la Légion d’honneur *
Député sortant.
Secrétaire de la Chambre des Députés.
Conseiller générai. — Maire de Charolles.
, Président de îa Société d’agriculture de l’arrondi saemenU
Candidat républicain démocratique.
20 circonscription de GHARQLLES,
M. Jean LA VILLE (Groupe socialiste.)
Élu pour la Ve fois le 20 avril 1928. — Réélu les 8 mai 1932 et 3 mai 1036.
(Voir le programme du parti socialiste S. F. I
II faut voter contre la réaction.
Tous les partis de gauche se sont mis cT accord sur un programme commun : le programme du rassemblement populaire.
En 1932, étant divisés, les partis radical-socialiste, socialiste et communiste n'ont pu, au Parlement, appliquer une politique républicaine; le fascisme, la dictature, plus ou moins camouflés, en ont profité pour établir plus fortement leur domination sur le monde du travail : ouvriers, cultivateurs, artisans,, commerçants, employés, ont été frappés dans leurs moyens de vie et les gros profiteurs ont conservé leurs bénéfices. Si, parmi eux, certains ont été touchés, ils en sont responsables, car ce sont eux-mêmes qui ont appliqué 1 absurde politique de la déflation qui, en diminuant la capacité d’achat des travailleurs salariés, a
paralysé la vie économique du pays.
L'accord entre ces partis est intervenu avant les élections de 1936.
Le parti socialiste s’est associé à T élaboration du programme du rassemblement populaire, qui comprend :
1° Défense de la liberté contre les ligues fascistes; statut de la presse, qui doit être libérée de l’emprise des financiers marrons et des spéculateurs; liberté syndicale ; assurer la vie de l école publique; prolongation de la scolarité ;
2° Défense de la paix ; collaboration sans réticences à la Société des Nations pour la sécurité collective; passer de la paix armée à la paix désarmée. Nationalisation des industries de guerre et suppression du commerce privé des armes; extension des pactes de nonagression dans le cadre de la Société des Nations ; ,
3° Établissement d’un programme de grands travaux pour augmenter le montanL de la circulation d’argent, accroissant ainsi les transactions commerciales et ouvrant des débouchés à la production industrielle et agricole ; revalorisation des produits do la terre ; organisation des offices du blé, de la viande, du sucre, du vin et des engrais azotés, potassiques et autres, nécessaires à l’agriculture; développement du crédit agricole.
Faire de la Banque de France, aujourd’hui banque privée, la banque de la France.
Révision des marchés de güerre ; répression du gaspillage; institution de la Caisse des pensions de guerre; suppression de la fraude sur les déclarations de revenus, contrée es
sorties de capitaux et répression de leur évasion, allant jusqu'à la confiscation pour punir les coupables.
Vous voterez pour ce programme.
Contre le fascisme, contre 3a. misère. Pour le pain, pour la liberté et pour la paix ! Vive le socialisme !
Juan LA VILLE Député sortant*
Conseiller général. — Maire de üueug-non. Mutilé de guerre.
Candidat du partis. E. I. O..
Circonscription de L.OUHANS.
AL Rènk BURTlN (Groupe socialiste,)
Efo pour la lrc fois le 29 avril 1928, — Réélu le 26 avril 1936.
(Voir le programme du parti socialiste S. P L O., p, 3*,):
Mes chers concitoyens,
Dans un congrès tenu à Louhans, les sections socialistes de la circonscription de Loubans nvonl;v à nouveau, renouvelé leur confiance en, me désignant à Luiiammité comme candidat aux élections législatives prochaines. Au nom de la Fédération socialiste et des sections du Louhannsis,. au nom de nombreuses personnalités cL de militants républicains et socialistes, je sollicite vos libres suffrages.
Je ti ai pas à me présenter à vous, car, représentant le Louhannais au Parlement de 1928 à 1932, vous avez pu méjugera l'œuvre. Et les électeurs du canton de Cuiseaux, le 9 avril 1933, m’ont confié le soin de les représenter au Conseil général.
Chaque fois que les maires* ou conseil» municipaux, se sont adressés à moi pour les aider dans ïa réalisation de leurs projets, je n’ai ni mesuré mon temps, ni ma. peine. J’ai, eu h satisfaction de constater au cours de celte campagne électorale que les maires* mfen savaient gré par les remerciements. que presque tous m’ont adressé publiquement et je leur en suis p r ofon d è m e n t r ec o n n a i s san t .
Je me suis attaché^ dans 1 exercice des mandats qui m’ont été confies, par mes interventions à la tribune parlementaire ou au Conseil, général, à la défense des travailleurs de ouïes catégories et au développement de notre belle région louhannaise. Je crois avoir fait preuve, au Parlement notamment, de l'activité que vous êtes en droit d’exiger de votre représentant. Conscient. d avoir défendu les intérêts agricoles, commerciaux et industriels de notre arrondissement, conscient d avxnr cherché à faire triompher les revendications justifiées des cultivateurs, des commerçants, des artisans,, des mutiles et anciens comhaL tants, etc * , ,p je me présente la tête haute à votre libre jugement, D ailleurs, mes adversaires politiques, au cours de la campagne électorale dernière, ont reconnu publiquement mon dévouement et mon désintéressement.
J ai continué à être l’homme auquel vous aviez accordé votre confiance. J’ai continué à m’attacher à la mériter, faisant preuve du plus large esprit de tolérances ne faisant aucune différence entre les électeurs amis ou adversaires, n’essayant jamais de connaître l’opinion
politique ou philosophique de celui qui pensait avoir besoin de f'él-u, n’ajént que cette pensée : être utile, rendre service* Je continue à délester, de toutes mes forces d’homme libre, la haine contre ceux qui ne pensent pas comme moi et qui ont le droit absolu de penser comme ils l'entendent* Je reste plus que jamais le défenseur irréductible de toutes les libertés, c'est la raison pour laquelle j’adhère avec mon parti au Front populaire, qui n’est pas un parti politique, mais le rassemblement de tous les républicains attachés au régime démocratique qd’ils veulent améliorer, et pour la défense duquel ils sort prêts à fai r e le ; sa crifi c e d e leur vie.
Aussi, est-ce en pleine sérénité, avec la confiance que confirment les innombrables marques de sympathie que j'ai reçues dans chaque commune, que je me soumets à votre verdict.
Je suis persuadé qu'à nouveau vous renouvellerez votre confiance à l’homme qui n’a jamais manqué x\ la parole donnée et dont la devise est : travailler à faire le bien.
R e™ BURTIN.
Electeurs,
Le parti socialiste ^adresse à toute la classe ouvrière et paysanne, à tous les hommes de travail et de pensée, à tout le peuple de France.
Il leur dénonce les dangers que la crise du capitalisme et la défaillance des classes dirigeantes font courir aux libertés publiques et à la paix. Il se dresse contre les manoeuvres des consortiums de finance, de grand négoce, de la haute industrie qui, par des mensonges quotidiens delà grande presse dominée et salariée par eux, s'efforcent de pervertir l'opinion et qui, en même temps, par leur égoïsme, dépouillent le travail, avilissent les salaires, sabotent les lois sociales et, par la spéculation, la concurrence et l’impôt, acculent à la ruine la petite propriété commerciale, industrielle et agricole.
Fout couvrir leurs méfaits et détourner les colères du peuple, les représentants du grand capital font, accuser de socialisme par leurs valets de plume d'être un détrousseur de la propriété. Le parti socialiste leur répond : 3e capitalisme, voilà l'ennemi 1
Le parti socialiste a pris une part prépondérante au grand sursaut républicain qu’a spontanément suscité le danger fasciste. Il a prisJ dès le J 2 février 1931, l'initiative des manifestations de masse par lesquelles le peuple de France a manifesté sa volonté de préserver, par tous les moyens, contre les attentats fascistes, les libertés qui sont. son bien, son œuvre,
ü a contribué k rassembler, dans le Front populaire, tous les groupements et tous les individus qu’anime, comme lui, l’ardente résolution de défendre les liber tés de l’homme et du citoyen, de faire prévaloir la souveraineté, du peuple.
Le fascisme., né de la crise, développé par la crise, ne sera pleinement vaincu qne quand il aura porté remède aux effets les plus douloureux et les plus iniques de la crise. Toute défense contre le fascisme se confond avec une offensive contre la crise.
La crise mondiale se caractérise par une double rupture d équilibre. D’une pari, cuire la production etla capacité globale de consommation. D’autre part, entre la quantité de main-d'œuvre humaine nécessaire pour mettre en œuvre la production et la quantité de main-d’œuvre jeléefpar lu niasse des prolétaires sur le marché du travail.
Le système capitaliste qui s’atteste incapable de répartir entre les hommes les richesses créées, de distribuer entre les hommes le travail que la production comporte, fait le contraste intolérable qui saisit aujourd’hui tous les esprits, gaspillage ou destruction des richesses, misère on chômage des hommes.
J ous les remèdes proposés par le capitalisme tendent à restreindre la production, à la comprimer jusqu’au niveau décroissant de la consommation générale. Son moyen est tantôt la sélection arbitraire, dest-à-dire l'élimination des entreprises de production les moins puissantes -et des travailleurs les moins armés pour la lutte, tantôt la déflation ^slémalique, c est-â-dire la réduction simultanée des crédits, des prix de revient et des salaires* Ces
pratiques barbares et insensées ont trouvé leur expression dernière dans les decrets- lois l)o u morgue et Laval,
Le parti socialiste n’a cessé d affirmer et il affirme avec plus de force que jamais que tout remède agissant doit être recherché dàns la direction opposée, c'est-à-dire dans un relèvement de la capacité générale d achat, dans une stimulation de l'économie rehaussant peu à peu la consommation jusqu'au niveau de la production normale.
L'expérience ne lui a donné que trop cruellement raison, La déflation a échoué dans tous les pays d Europe où elle a été essayée ; son échec en France ne peut être nié par aucun esprit de bonne foi. Depuis quatre ans, les gouvernements successifs obéissant aux directives de la Banque de France et du grand capitalisme, s'acharnent à rechercher un équilibre budgétaire par la déflation des crédits de travaux et des crédits de personnel. Quinze séries de décrets-lois ou de lois se sont succédé. Chaque fois le rendement des impôts diminuait parce que la capacité générale de consommation était elle-même diminuée, les embarras de la trésorerie, les troubles monétaires, le déficit qu’on s 'efforçait de combler se creusaiL pins profondément. Il faut donc renouer l'activité économique par le relèvement progressif de la capacité générale de consommation et d'achat. C’est à ce programme de lutte contre la crise et le fascisme, dont voici les tôles de chapitre que nous vous convions de donner la préférence.
Défense des libertés démocratiques contre le fascisme et rétablir la souveraineté populaire :
Désarmement et dissolution des ligues para-militaires du fascisme. Application stricte des lois de défense républieaine. Respect du droit syndical. Contrôle des ressources de la presse. Nationalisa ion de la Banque de France, etc...
Réparation des injustices commises au détriment des anciens combattants et mutilés, des fonctionnaires, des cheminots, des retraités, des vieux travailleurs et de leurs familles par l’abrogation des décrels-lois iniques qui frappent tous les travailleurs :
Soulagement sans delai des misères les plus cruelles causées par la crise en assurant du travail & ceux qui ne. disposent que de leur travail pour vivre ; accroître le revenu consommable en augmentant la masse des salaires. (Vaste plan d’outillage national).
Revalorisation des produits agricoles :
Organisation des débouchés afin de lutter contre la mévente des produits agricoles, facilités de crédits accordées aux cultivateurs en vue d'éviter la chute catastrophique des cours. En un mot réorganisation du marché du blé qui a donné au cultivateur tous les ennuis sans lui faciliter la vente de ses produits. Lutte contre les droits de douane sur les maïs et augmentation des importations pour faciliter l’élevage de la volaille.
Diminution des frais de production :
Office des engrais. eu vue de lutter contre les bénéfices scandaleux des trusts qui ont actuellement un véritable monopole. Réduction des tarifs de transport pour engrais, semences, machines et tous produits agricoles pour faciliter l'exportation.
Travaux publics :
Augmentation des crédits destinés à la remise en état des chemins, routes, pour Félec-
Irifijahon d|p hameaux, révision des tarifs. Contrôle sérieux des cartels et trusts fournisseurs.
Réorganisation du crédit agricole :
Abaissement du taux d'intérêt, simplification des formalités. Institution d’une caisse contrôle de garantie pour dispenser les petits et moyens exploitants des formalités qui les empêchent de se servir au Crédit agricole. Développement des caisses locales pour que le Crédit agricole soit la grande banque de* dépôt du monde agricole.
Assurer des clients aux commerçants et aux artisans en donnant de b activité au commerce :
Par les mesures énoncées ci-dessus et libérer les producteurs, les commerça nts> les cultivateurs de F oppression fiscale qui pèse sur eux par la refonte de la fiscalité, diminution dans la base, impôt sur le revenu global, progressif, impôt sévèrement progressif sur le capital. Quelques taxes générales non superposées. Caisse des pensions. Aménagement de la dette. Répression des gaspillages et de la fraude.
Rétablir l'ordre dans la production :
Par la restitution, à fa collectivité du profit des grands monopoles capitalistes : mines, assurances, grandes industries métallurgiques, chimiques,, électriques, .transports, ipétroles, crédit et banque*
Préserver la paix ;
En cherchant la sécurité collective au sein de la Société des Nations, l’application loyale du pacte de la S. D. N. par la solidarité politique internationale complétée par une solidarité économique. Suppression de la -fabrication et du commerce privés des armes par voie de convention internationale, etc.
Telles sont les parties essentielles du programme contre lequel les forces d'argent plus ou moins camouflées vont lutter en répandant le mensonge et la calomnie, en publiant des textes tronqués, découpés savamment d’un article, d’une brochure, contre nous. Vous ne vous laisserez pas tromper par ces manœuvres, vous penserez que ceux qui paient ces affiches, ces tracts, ces journaux, sont ceux qui, dans les engrais, dans les trusts, dans les banques, dans toutes les branches de l’activité économique, ont diminué les salaires sans diminuer leur prix de vente, voulant toujours gagner plus sans se soucier de la misère humaine. Ce sont ceux qui font payer leurs coupons en Suisse, fraudant ainsi le pays et surchargeant, par voie de conséquence, tous les contribuables.
Vous donnerez. votre voix, dès le premier tour de Scrutin, au candidat qui a fait ses preuves, à l’homme dont la conscience, la probité politique, l’activité et le travail sans défaillance offrent toutes garanties, au travailleur qui n*ayant que vos intérêts à défendre s’y consacrera entièrement.
Vous voterez et ferez voter pour i
René BUJFtTIN
Geaje&Her général. — Ancien Député.
Ancien secrétaire de la Cosnmistdon de Tardée,
A «ci en : membre de la Commission des .pensions.
Président dJboancur de Ja Société d’agricuUmé tfe Louhans.
Ancien combattant.
Mutilé do guerre. — Chevalier de la Légioni cFlionuemv
G ir cons cr iption de M AC O N ,
M , Henri B 0 U LÀ Y
(Groupe socialiste.)
Elu pour la 1» fois le 12 juillet 1931* — Réélu les 8 mai 1932 et B mai 1936.
(Voir le programme du Parti socialiste S, F. ï. Ch, p. 3.)
Je me suis fait un devoir de prendre la parole dans toutes les communes de l’arrondissement pour rendre compte du mandat que vous m'avez confié en 1932, pour exposer mon programme et recueillir vos suggestions. Le 26 avril vous pourrez ainsi juger librement et en pleine connaissance de cause si je mérite une troisième fois votre confiance, si je suis resté digne de vous représenter encore au Parlement, Voici d’ailleurs quels seront, le cas échéant, les principes et les buts de mon action.
Le travail dans la prochaine législature :
La majorité de gauche que le pays va, sans nul doute, envoyer au Parlement, aura besoin de beaucoup de courage pour réaliser le programme du Front populaire. Mon Parti saura prendre sa part de responsabilité dans, le Gouvernement de demain.
Il va falloir arracher définitivement LElat aux féodalités financières et industrielles, faire de la Banque de France, la Banque de la France, améliorer le sort des travailleurs de toutes catégories, défendre et organiser la Paix,
En faveur des humbles et des opprimés, nous mènerons la lutte contre l'absurde déflation, les salaires de famine, le hideux chômage, le taudis et les fléaux sociaux. Nous voulons la restauration de la capacité d’achat supprimée ou réduite par la crise, la fin de l'oppression sociale, la stimulation de l’économie nationale et la justice pour tous.
Sur le plan agricole, il faudra détruire factuelle législation du blé, génératrice de scandales, organiser rationnellement la vente et la stabilisation des cours dans le sens de la proposition de loi que j'ai déposée en 1933. Il faudra compléter la loi du 6 mars 1936 sur le Crédit agricole par l’escompte des billets à court terme (6 mois au lieu de 3) et développer cette institution. En ce qui concerne l'élevage et les produits laitiers, il conviendra de protéger la production française, encourager îa qualité par l’organisation d’une caisse de secours destinée a indemniser les pertes d’animaux, dont la maladie est reconnue & l’abattage et favoriser la vente rémunératrice par le relèvement du pouvoir d’achat des consommateurs. Nous lutterons contre le trust des engrais et en faveur de la réduction des baux à ferme.
Sur le plan viticole, il y aura lieu de poursuivre l'assainissement du marché, d’assurer 3a défense des vins à appellations d’origine sur la base du statut bourguignon que j’ai eu l'honneur de présenter au Parlement. Pour aménager l’échelonnement des ventes pour les vins a appellation non prévue par îe décret-loi de juillet dernier, pour étudier l'organisation technique de la viticulture par la coopération, compte tenu des expériences laites sur les procédés de vinification, très au point actuellement, pour intensifier la propagande en faveur de nos vins, basée sur la politique de îa qualité, vous pouvez compter sur moi. Je
•connais bien tous ces problèmes, depuis de nombreuses années je défends les vignerons et les bons vins ; il dépend de vous que je continue demain cette tâche plus nécessaire que jamais.
Je me suis spécialisé mais je n'ai oublié, dans mon action et lors de mes votes, aucune catégorie de travailleurs : ouvriers, artisans et commerçants, agents des services publics dont les intérêts sont intimement liés à ceux des cultivateurs et des vignerons,
L'Ecole laïque et renseignement populaire peuvent compter sur moi, parce que je suis respectueux de la liberté de conscience et partisan du droit au savoir. Adversaire des décrets-lois de réaction (suppression d'écoles, sabotage des Ecoles normales*. *) ; mon mot d’ordre reste : place aux plus capables, honneur à l'intelligence et au travail,
La jeunesse a devant elle un avenir lourd de menaces* Il convient de l'aider et de lui donner le moyen de vivre par le travail, La prolongation de 3a scolarité, la sélection basée sur le mérite et non sur la richesse, l'organisation de la retraite des travailleurs à 50 ans, me paraissent aptes, avec aussi la lutte contre la crise économique, à mettre fin à ses angoisses.
Assurer la paix est un des devoirs les plus pressants de l'heure présente. Avec mon Parti je pense que la Paix, si chèrement acquise, ne peut être établie que sur la collaboration internationale dans le cadre de la Société des Nations, par Fassi: tance collective, l'arbitrage et la réduction générale, simultanée et contrôlée des armements. Je pense que les traités doivent être ajustés pacifiquement et que la Nation doit mettre fin au scandale de la fabrication et du commerce privé des armes*
Citoyens,
L'allégement de nos budgets, la lutte contre la spéculation, une meilleure organisation du crédit, la répartition équitable des charges, îa suppression de la tyrannie des trusts, soulageront le monde du travail, amèneront une détente fiscale, aideront à la renaissance des clientèles, au relèvement des salaires et à la revalorisation des produits de la terre.
Citoyens, vous êtes juges.
Les destinées de notre pays sont enjeu, Votre choix doit être net et dès le premier tour. C'est le 26 avril qu’il faudra donner à votre élu, par une majorité massive, la force et le prestige qui lui seront indispensables pour les tâches de demain.
Deux partis, deux principes sont en présence :
Les rouges contre les blancs ;
La liberté contre l'oppression ;
Le travail contre les féodalités de l'argent ;
La Paix contre' le désordre ci la guerre*
A vous de choisir. Vous voterez pour le pain, pour la liberté et pour la paix.
J’ai confiance en vous, d'avance merci.
Hsniii BOULA Y Député sortant ,