II. — Défense de la paix
1“ Appel à la collaboration du peuple et notamment des masses laborieuses pour le maintien el l’organisation de la paix ;
Collaboration in te mal ion nie dans le cadre de la Sociétédes Nations, pour la sécurité collective, par \a définition de l’agresseur eL l’application automatique et solidaire de* sanctions en cas d'agression ;
3Ü Elforl incessant pour passer de la paix armée à la paix désarmée, d'abord par uwe convention de limitation, puis par la réduction généra e, simultanée et contrôlée des armements ;
4U Nationalisation des industries de guerre et suppression du commerce privé des armes ;
5° Répudiation de la diplomatie secrète, action internationale et négociations publiques pour ramener à Genève les Etais qui s'en sont écartés, sans pos ter atteinte aux principes constitutifs de la Société des Nations ; sécurité collective et paix indivisible ;
6l> Assouplissement de la procédure par le Pacte de la Société des Nations pour 1 ajustement pacifique des traités dangereux pour la paix du monde ;
7Ü Extension, notamment à r Europe orientale, du système des pactes ouverts à tous suivant les principes du Pacte franco-soviétique.
'Revendications économiques.
L — Restauration de la capacité d’aehattsupprimêe ou réduite par la crise ;
Contre Se chômage etja crise industrielle :
Institution d’un tonds national de chômage.
Réduction de la semaine de travail sans réduction du salaire hebdomadaire.
Appel des jeunes au travail par rétablissement d un régime de retraites suffisantes pour les vieux travailleurs.
Exécution rapide d'un plan de grands travaux d’utilité publique, citadine et rurale, en associant à 1 effort de l’Etat et des collectivités l ellort de J’épargne locale.
Contre la crise agricole et commerciale :
Revalorisation des produits de la terre, combinée avec une lutte contre la spéculation et la vie chère, de manière à .réduire l’écart entre les, prix de gros et les prix de détail.
Pour supprimer la dirne prélevée par la spéculation sur les producteurs et les consommateurs : création d’un office national interprofessionnel des céréales.
Soutien aux coopératives agricoles, livraison des engrais au prix de revient, par les offices nationaux de l’ azote et des potasses, contrôle et tarification de la vente des superphosphates et autres engrais, développement du crédit agricole, réduction des baux à terme*
Suspension des saisies et aménagement des dettes.
Mise au point de la révision des billets de fonds de commerce.
En attendant l’abolition complète et aussi rapide que possible de toutes les injustices que les décrets-lois comportent., suppression immédiate des mesures frappant les catégories les plus touchées dans leurs conditions d’existence par ces décrets.
IL — Contre le pillage de l’épargne. Pour une meilleure organisation du crédit;
Réglementation de la profession de banquier.
Réglementation du bilan des banques et des sociétés anonymes*
Réglementation nouvelle des pouvoirs des administrateurs des sociétés anonymes*
Interdiction aux loue lion nai res retraités ou en disponibilité d’ appartenir aux conseils ^administration des sociétés anonymes.
Pour soustraire le crédit et Fépargne à la domination de Foli gauchie économique, faire de la Banque de France, aujourd’hui banque privée, la Banque de la France.
Suppression du Conseil des Régents*
Elargissement des pouvoirs du Gouverneur, sous le contrôle permanent d’un conseil composé de représentants du pouvoir législatif, de représentants du pouvoir exécutit et de représentants des grandes forces organisées du travail et de l’activité industrielle, commerciale et agricole.
Transformation du capital en obligations, des [mesures [étant prises pour garantir les intérêts des petits pointeurs,
III* — Assainissement financier :
Révision des marchés de guerre eu liaison avec la nationalisation des -industries de guerre.
Répression du gaspillage dans les administra fions civiles et militaires.
Institution de la caisse des pensions de guerre.
Réforme démocratique -du- système des impôts comportant une détente fiscale en vue de ï a reprise économique, et création de ressources par des mesures atteignant les grosses fortunes ^progression rapide de La majoration du taux de l'impôt général survies revenus supérieurs à . OUt> francs- ■ — réorganisa lion de l'impôt successoral — [taxation des profits des monopoles de fait, en évitant toute» réperjurafieion sur les prix de con somma tiern/.^ ^
Suppression de la fraude sur les valeurs mobilières, par la mise en vigueur de la carte d’identité fiscale votée par les Chambres, en raccompagnant d'une amnistie fiscale.
Contrôle des sorties de capitaux et répression de leur évasion par les mesures les plus sévères, allant jusqu'à la confiscation des biens dissimulés à l’étranger ou de leur contrevaleur en France.
circonscription de TROYËS
M. Fernand GTCNTTN (Groupe républiram radical et radical-socialiste.)
Elu pour la !ïe fois le 8 mai 1932. *— Réélu le 3 mai
Mes chers Concitoyens,
Me voici arrivé au terme du mandat dont vous m'avez investi il y a quatre ans ; ce mandat, j ai conscience de ravoir rempli avec loyauté à votre égard : je me suis efforcé, en toutes circonstances, de bien connaître vos revendications et vos besoins afin de les défendre utilement.
Vous n'ignorez point, ni les uns et les autres, combien les intérêts privés, corporatifs et professionnels se sont souvent heurtés et opposés au millieu de tant de difficultés économiques.
Au cours de cette législature, j'ai eu le souci constant d’exercer mon mandat avec impartialité et de rester digne de votre confiance*
J ai dit souvent que si j’avais le droit et le devoir de rester fîdèle^et profondément attaché à ma pensée, une pensée fermement républicaine et délibérément dévouée à toutes nos institutions démocratiques, je me considérais, au lendemain d'une élection, même âprement disputée, comme le mandataire de tous.
Nul ne peut dire, quelles qu'aient été ses opinions politiques, que je n’ai jamais voulu connaître après l'élection, qu’il se soit en vain adressé à moi.
Je me suis efforcé sans cesse d’être de mon mieux utile à tous, ne ménageant r à cet égard, ni mon temps ni mes efforts.
De même, je me suis tenu en relation constante avec tous les organismes représentatifs des différentes formes de l'activité : Chambres de commerce, Chambres syndicales des fabricants de bonneterie et des constructeurs de métiers, pour la défense des grands intérêts def notre industrie locale;
Syndicats professionnels ou syndicats ouvriers et de fonctionnaires, pour l'examen de leurs revend ica tioTïs corporatives ou sociales ;
Petits commerçants, pour la défense de leurs droits et de leur liberté contre UfneJégiâT lation de plus en plus tatillonne et inquisitoriale à leur égard;
Associations agricoles, pour la défense des produits de La terre fcéréales, lai t), pour leur faciliter la constitution des coopératives de stockage en vue de la régularisation du marché du blé, ou pour encourager l’élevage et la production ddricole ;
Associations sportives, musicales pour le développement de l’éducation physique ou artistique de la jeunesse.
* ït;
Ra politique, pour moi, après trente-cinq années de ma vie consacrées dans ce département, en dehors de mes occupations professionnelles, à l'action républicaine et aux œuvres sociales, lest un moyen d’agir et de servir.
Agir :
J'arrive à une péiiode de la vie oû l'expérience personnelle vaut mieux que tous les enseignements livresques.
Depuis l’âge de 20 ans, je suis, à l'usine, en contact avec les ouvriers; depuis plus de dix ans je vis au milieu des paysans. Je connais les dures réalités pour les uns et les autres.
J'ai plus de foi dans le lent mais profitable et sûr progrès social, dans l’adaptation raisonnée de la culture, du commerce et de l'industrie aux transformations économiques de notre siècle, que d’espoir en des doctrines sans doute inspirées de généreuses pensées, mais dont, la réalisation brutale amènerait des souffrances et des désillusions.
Je ne fais pas de promesse, car il est sans doute plus facile de la faire que d'arriver à la tenir.
Je me suis efforcé, au cours de cette législature, d'obtenir des réalisations en vue de l'intérêt général. C'est ainsi que je continuerai à agir.
Servir :
Je suis passionnément attaché à la République. Je pense, comme Ta dit noire éminent concitoyen Edouard Herriot, qu'elle est îa forme définitive du gouvernement que veut le pays. Sans doute nVt-elle pas toujours pu remplir totalement son devoir vis-à-vis des humbles et des déshérités, mais elle exprime la volonté d’un peuple libre qui entend le rester et conduire lui-même sa destinée laborieuse et pacifique.
La République est un régime de liberté individuelle et de libre discussion, mais à la condition de respecter la liberté d’autrui et les lois, et de ne pas discuter les armes à la main .
Pour la défendre contre toute atteinte, j'ai été, je suis et je demeure avec tous ceux qui, aussi bien à ma droite qu’à ma gauche, la voudront défendre. Je pense ainsi la bien servir et servir en même temps tous ceux qui travaillent et vivent du produit de leur travail.
Je n’avais point désiré ni recherché, il y a quatre ans, le mandat que vous m'avez Confié. Je prévoyais, à ce moment, après une période de factice et trompeuse prospérité, l'ère de difficultés qui s'ouvrirait pour tous, de restrictions pour un grand nombre, de misères pour certains.
La réalité a été plus cruelle encore.
Aucune des législatures de la République n’a eu autant de questions graves, douloureuses parfois, et, ces temps derniers, angoissantes à examiner et à résoudre.
Les mois et les années qui vont venir sont, par avance, chargés d’inquiétude.
Abandonner, dans les circonstances présentes, le poste que vous m’avez confié il y a quatre ans, serait une désertion. Je reste, je sollicite vos suffrages. Vous me trouverez, aujourd'hui comme hier, fidèle à mon programme d'égalité entre les hommes, dans leurs droits comme dans leurs devoirs; de justice sociale, dans le mépris du sectarisme et de la violence ; de paix universelle, dans le souci de la sécurité nationale.
Vous direz si j'ai bien rempli mon devoir, si j'ai mérité votre estime.
J’ai confiance dans votre impartial jugement.
Vive la 2* circonscription de Troyes î Vive la République démocratique et sociale !
Fernand GENTIN
Député sortant..
Président du Conseil général.