‹ Recueil des textes authentiques des programmes et engagements électoraux des députés proclamés élus à la suite des élections générales de 1936 (volume 2)Chapitre 15 sur 186 · AUDE · texte numérisé non relu

AUDE

Circonscription de CARCASSONNE,

M. Henri GOUT

(Groupe républicain radical et radical-socialiste,)

Elu pour la lre fois le 29 avril 19'28. —■ Réélu les 1er mai 1932 et 3 mai 1930.

Mes chers concitoyens,

Pour la troisième fols, désigné unanimement par le Congrès du parti radical socialiste, tenu à Carcassonne, le 20 mars dernier, pour soutenir et défendre les idées fondamentales et les principes sur lesquels nous comptons appuyer une action de redressement que la situation tragique de ce pays exige et que, la démocratie doit réaliser, je me propose à vos libres suffrages,

 l'issue de cette campagne, ouverte sur une dramatique aventure, où il m'a été donné de prouver que, dans le respect que je porte au peuple souverain, le mandat qu*il m'avait doiménavait été scrupuleusement rempli, malgré les redoutables conjonctures qui avaient aggravé une situation déjà angoissante, j'éprouve, malgré tout, un appréciable réconfort- à k/pensée qu’ayant apporté au peuple les vérités qu'il doit connaître, car tout ce qui est k chose publique lui appartient, j'ai reçu de lui un accueil sympathique et cordial dans une atmosphère de fraternelle amitié dont je demeure profondément touché et qui restera comm e 1 e su p r ê m e ho un eu r de ma vi e p ub liq ue *

C'est vers vous , citoyens, que va; l'expression de ma gratitude profonde et de mon sincère attachement.

S'il est vrai que la législature qui s'achève a été perdue pour la France et pour la République, c'est dans la pleine conscience d’avoir accompli ma tâche que je puis me présenter à vous*

Par mon activité dans les .Commissions, mes : amendements, rapports ou propositions de lois, mes votes, j'ai rigoureusement interprété vos sentiments républicains, et c'est en conformité absolue de ce que furent mes engagements, que j'ai apporté ma contribution modeste, mais efficiente, à l'effort collectif,

La majorité républicaine, issue de la consultation populaire de 1932, pouvait accomplir le redressement qu'exigeait le salut pub ic, La besogne était déjà accablante ; crise economique, qui ali lit s'aggravant ; crise agricole, menaçant de ruiner la viticulture tout entière etla classe paysanne; crise sociale, conséquence de l'écrasement des classes moyennes, petit ou moyen commerce, artisanat, et de la masse grandissante des travailleurs prolétarisés. Crise financière, déficit budgétaire de 10 milliards, fiscalité excessive aggravée du fait de la non-répression de la fraude, menace permanente de la fermeture des caisses publiques et de l' avilissement de la monnaie*

Et, pour compléter ce tableau de désastre, 500,000 chômeurs et la paix extérieure à préserver et à consolider.

J'ai dit d’ailleurs que les puissances d'argent, les grandes associations d'affaires, devaient se mettre de la partie et tenter de sauvegarder leurs privilèges en faussant les institutions républicaines*

Je répète que les grandes puissances industrielles et bancaires, écartées du pouvoir par le su tirage universel, essayèrent de le dominer, utilisant la grande presse pour tromper l’opinion ; oligarchie de nouvelles féodalités, celle du 1er, de Facier, du charbon, du pétrole, des chemins de fer, de la banque, du crédit, pouvoir réel régnant aux lieu et place du pouvoir légal subalternisé»

Ainsi, i! apparaît que si nous avons la forme républicaine du Gouvernement, nous n'avons plus Sa réalité d'une démocratie.

Et puis, il y eut le bouleversement des esprits, entretenu par la presse, provoqué par les agitations partisanes, l'instabilité ministérielle, les scandales retentissants, tous n 'étant pas également exploités (combien d' affaires Stavisky, que la presse a cachées), les complots des factieux, les émeutes de rue, le 6 février, l'agitation permanente des ligues, les décretslois, l'abdication du régime démocratique*

El la légr dalure a pris Fui dans une atmosphère de catastrophe!

Citoyens,

Il est temps de mettre fin à une domination dangereuse pour la République, tentée par les ligués et le lasciwme naissant qui, selon la forte expression du Président Albert Sarrau t, a soulevé contre elle « les forces d'une grande conscience révoltée », L'Etat doit être réformé, la démocratie politique modernisée, sans qu'il soit porté aLLeînte à la souveraineté du peuple, les conditions de travail du Parlement et du Gouvernement améliorées par F assainissement de la vie publique.

Les libertés doivent cire protégées et fortifiées.

Les factieux doiventêlre réduits à l'impuissance, afin d’imposer à tous la paix publique pour l'application du droit.

Rénovation économique. — La libération économique doit engendrer i 'indépendance politique. Le machinisme, les progrès techniques ont créé l'abondance et le chômage. La collectivité est trop riche d'objets manufacturés et de produits récoltés et l'individu est trop pauvre et sa misère s'accroît à mesure que se multiplient les richesses qu'il faut détruire, le niveau de vie trop bas des travailleurs s'opposant aux possibilités de consommation normale,

Il y a trop d'abus, trop de faillites, trop de ruines. Il y a, dans le capitalisme, trop d'enrichissements sans mesure, trop de spéculation effrénée; dans la grande industrie, le grand commerce, la haute finance, trop de despotisme et de tendances au monopole et à l'oppression*

La crise agricole a redoutablement augmenté la misère de trop de récoltants et des travailleurs. Il convient donc, pour mettre fin a toutes ces injustices, d’atte ndre le pouvoir de ces grandes affaires, d empêcher ses abus, ses brutalités, ses vexations, non point en utilisant les vieilles formules politiques qui se sont révélées impuissantes, mais en appliquant courageusement les mesures qui s'imposent :

1° Répartition des richesses ;

2° Accroissement du pouvoir d’achat des masses.

L'Etat doit contrôler certaines entreprises, grands monopoles de fait, et au besoin les absorber quand elles exercent une action incompatible avec l'équité et la souveraineté nationale.

11 faut entreprendre la résolu Lion du vaste programme qui permette la lutte contre le chômage : grands travaux nationaux départementaux et communaux, fonds national de chômage, redistribution du travail, humanisation déjà entreprise et abrogation des décrets-

lois, prix social du travail, en accord avec les syndicats ouvriers, les syndicats des producteurs, sous l'arbitrage du Conseil national économique rénové, et rétorme de structure profonde, afin de subordonner les intérêts privés a l'intérêt collectif.

Pour venir efficacement en aide à l'agriculture, su commercé, à l'industrie, à l’artisanat, il faut revaloriser les produits agricoles, accroître les consommations, diminuer le prix des matières premières, instituer un système national d'assurances contre les calamités, aménager les deUes, instituer une clientèle au pouvoir d’achat accru, réduire les charges (suppression totale de la taxe sut le chiffre d’affaires et allégement des tarifs de transport) et enfin améliorer le crédit ; obtenir la baisse du loyer de l'argent, rétablir la circulation des capitaux, faire de la Banque de France, la banque des Français qui dirigera tous les établissements de crédit, sous la gestion non plus d'un Conseil des régents, mais d’un Comité de contrôle réunissant, à côté des délégués de PEtat, les représentants des grandes forces organisées du travail, de l'activité agricole, industrielle et commerciale.

Pour les victimes de la guerre maintien de la reconnaissance émue de la nation, nulle atteinte n’étant portée à leurs droits légitimes, création de la Caisse autonome des pensions et abrogation des décrets-lois qui les frappent si durement.

En réclamant aux fonctionnaires un nécessaire loyalisme, il faut leur maintenir la pleine indépendance due h des citoyens libres, abroger les décrets-lois qui accablent les modestes serviteurs de l’Etat en assurant le régime normal des avancements, indemnités et retraites, avec respect des droits acquis, à l'âge légal, quand dans l'intérêt de la jeunesse des admissions anticipées à la pension s’imposeront.

Sur le plan financier, ou remédiera aux causes de moins-values fiscales en agissant contre la crise économique, en réparti ssant plus équitablement les charges par P utilisation de signes extérieurs des dépenses, et la mise en vigueur de la carte d’idenlilé fiscale, en réprimant l'évasion des capitaux eL la fraude fiscale que M. Piélri, ancien Ministre des Finances, a é\raluéc à huit milliards.

La crise Viticole se présente comme un redoutable problème dont la solution a exigé une longue série d’efforts, ayant abouti à la revalorisation des prix, a la production et qui nécessitera encore et longtemps une attention et une activité soutenues.

Les Ministres de l'Agriculture qui se sont succédé ont appliqué la politique de la Commission des boissons de la Chambre des Députés qui s’inspire de votre sentiment par l'intermédiaire si utile de vos grandes associations : C. G V,, Chambre d agriculture et par celui de la commission interministérielle de la viticulture. Les discrpdn^s que la législation actuelle vous a imposées, ont été librement consenties et elles se sont révélées salutaires.

Politique de qualité, relèvement des droits de douane, proposition que j’ai défendue à la Commission des douanes et devant la Chambre, ajustement des textes par des amendements que j'ai présentés et fait voter politique de réduction des fi ais de transport, d’aménagements étendus dans la plus large mesure possible à tous les récoltants afin de la rendre plus efficace, statut de l’alcool, politique d'assainissement des marchés par la limitation des plantations, suppression du sucrage et de la fabrication des piquettes, contingentement et aménagement des importations coloniales, réduction des droits de circulait >n, mesures qui n ont pas toujours trouvé devant la Chambre l'accueil que nous eussions souhaité, et enfin arrachage facultatif et dispositions in -crées dans les derniers décrets

L y a là tout un ensemble complet de mesures qui ont donné des résultats appréciables dont il conviendra de poursuivre l’étude, pouvant être modifiées même, pour 1rs mieux adapter aux besoins de l’économie viticole régionale qui a fait l’objet de mes préoccupations.

Cette politique a fait ses preuves II faudra la poursuivre inlassablement et V améliorer dans le souci de donner à votre effort ia rémunération équitable qu'il est en droit d exiger.

Citoyens,

U faut instituer la paix internationale. Après les coups de force hitlériens, les violations répétées du traité de Versailles, du pacte de Locarno, ce bouclier derrière lequel s’abrï-

laieaLla .France et la Belgique, le-. Gouvernement- Albert. Sa rraut a- proposé- à • l’Europe, u ne paix totale et durable dans légalité des droits ; la paix avec tous, la paix con fente dans rhonneur pour tous et le respect de la parole donnée J Là paix heure une et sure; parla fécondité des échanges: internationaux succédant à -la rivalité mortelle des nationalismes militaires et économiques, La paix réelle par une large limitation des armements conduisant au désarmement,

La paix fondée sur Je maintien des amitiés, et rétablissement d un réseau serré? de pactes d’assistance niutuellej la paix indivisible dans le cadre de la Société des Nations !

Après les lourdes fautes dont sont comptables devant le pays angoisséceux qui s’en rendirent coupables, à un des moments les plus tragiques que l'histoire ait enregistrés depuis la guerre, et ou. secoue le destin de la France, les hommes d’Etat qui ont engagé leur responsabilité se doivent de réaliser la paix avec l’Allemagne ou sans=eHe !

La paix peut être construite 1 II faut donc la bâtir !

La faillite d’une telle entreprise ne trouverait point grâce devant la conscience du monde I

Citoyens,

Telles- sont les tâches immédiates et fécondes qui sollicitent noire effort. Et pourleur accomplissement qui ne saurait être plus longtemps différé, je fais appel aux consciences probes, aux républicains, à toutes les forces de gauche qui sont fermement résolus à ne pas déserLer le devoir, en affirmant courageusement leur foi dans le destin d’un grand peuple qui ne doit pas périr et de la République, dont il ne saurait être séparé !

Vive la République démocratique, et sociale !

Docteur limai. GOUT.

Maire, Conseiller général.

Vice- Président: de la Corn roi s&Éonrde Phygïèiie de^la Gbambre.

Graix de i ^tierrei Chevalier de la Légion d’honneur,

Député aartanL

Candidat du Congrès radicale L&liste.

Circonscription de GASTELNAUDARY.

M. ,! kan MISTLBR {Groupe républicain radical et radical -socialiste* J

Elu pour la V* fois le '29 avril 1929, — Réélu les 1er mai. 1932 et 3 mai 1936*

Citoyens,

Désigné à F unanimité par le Congrès radical du 22 mars pour porter le drapeau du p ar ü rad i c al d a n s ce tte ci reo n se ri pLi an # j e ? vie n s po u r r la troi s i ème f ois s ol I i ci te r v os i i bres suffrages.

Dans les circonstances difficiles que nous traversons., le scrutin du 2(> avril peut avoir une signification décisive pour îa prospérité économique du pays, pour l’avenir dé ses libertés, -pour le maintien mènie de-sa vie et. de son indépendance*

Parti d’expérience et de sagesse, d'ordre et de raison, de progrès et de réforme, le parti radical-socialiste vous présente son programme de réalisations pratiques et l'oppose victorieusement aux rêveries rétrogrades des monarchistes^ comme aux abstractions et aux utopies des révolutionnaires,

La crise :

La législature qui s'achève a été frappée de stérilité par l'instabilité ministérielle ; la chute des cabinets radicaux que les socialistes n'ont pas soutenus de leurs votes a encouragé les adversaires de la République, jusqu'au jour où fascistes et ligueurs d’Âction française seront cru assez forts pour abattre le régime et lui substituer la dictature d’un clan ou le pouvoir d’un seul,

lis n'ont pas réussi, mais le pays, profondément troublé par celte alerte, n'a pas encore retrouvé son équilibre et la crise politique a certainement aggravé par ses convulsions la e ris e écon o m i que e t en ret a rd é î a : s o 1 u ti o n *

Vers la reprise agricole et économique ;

Cependant, depuis quelques mois eL plus particulièrement depuis le retour au pouvoir d’un cabinet républicain, les indices de reprise se multiplient- Le chef du Gouvernement, qui est en même temps le chef de la démocratie audoise, le président Albert Sarraut, avait promis la revalorisation des produits agricoles, H a tenu parole, et les cours ont monté pour l’ensemble des produits du sol : le blé a remonté de 60 à 100 francs le quintal, le vin, de Sfr, 50 le degré en septembre 1935, est passé à 7 fr\ 50; Hausse également sur ïes céréales secondaires, sur es produits, laitiers, sur la viande» Cette hausse est due aux lois successives votées par le Parlement pour chaque branche de notre agriculture. Nos adversaires, ne pouvant la nier* s'efforcent ..de da rendre suspecte à vos yeux en la qualifiant de hausse électorale, À les en croire, le prix du blé retomberait au lendemain des élections. Demandez leur dans cei cas de vous expliquer pourquoi le cours du b!é à terme est supérieur de 6 à 7 francs au cours du blé comptant. La vérité, c'est que la politique de revalorisation des produits agricoles a été heureusement amorcée, il faut y persévérer, car la prospérité générale du pays dépend avant tout de la prospérité de T agriculture.

Politique agricole :

La partî radical a toujours défendu la France paysanne, et j’ai de tous mes efforts, secondé cette politique. Je ne reviendrai pas sur mes interventions dont vous avez trouvé le résumé dans m a précédente circulaire. Vous opposerez cette action persévérante au néant de la politique de soi-disant organisation professionnelle que préconise le candidat de l'Action française; Vous1 écarterez également les solutions étatistes que le parti socialiste unifié propose. Les offices drEiat lie régleraient rien et surchargeraient nos finances de dépenses -nouvelles: Nous voulons la liberté, mais une liberté contrôlée, eL pour le vin par exemple, je suis prêt a voter, au Heu dd;!a réglementation dont nos viticulteurs critiquent justement la complication, un statut plus simple, fondé sur la limitation du rendement et encourageant la qualité. Je suis également partisan de la réduction des droits de circulation des vins et des frais de transport, comme je l’ai dit le 6 mars à la Chambre, Là consommation a déjà augmenté de 100.000 hectolitres en février 1936* par rapport à 1935 : la réduction des charges qui grèvent le vin l’augmenterait encore.

En, résumé je réclame avec le parti radical :

~ une politique de protection agricole ;

— une politique de réduction des prix de revient (baisse des engrais

— une politique d'augmentation delà consommiiion ;

— une politique d’encouragement à la polyculture;

— une politique de coopération agricole;

une politique d'allégement fiscal (révision des évaluations cadastrales);

une politique de réduction des Frais de transport;

— une politique de répression des fraudes (contre les vins de sucre et les piquetfes);

— une politique? de crédit agricole.

Polilique financière ;

Au point de vue financier, le parti radical s'est efforcé de rétablir l’équilibre financier. 1 len que personne ne l'v ait aidé, il y a réussi ^ans une large mesure, et, si les cabinets radicaux n avaient pas été abattus par la coalition des extrêmes, jamais les sacrifices si cruels des décrels-lois n’auraient été imposés aux anciens combattants, aux fonctionnaires, aux retraites. Nous avons le droit de dire à ceux qui font une plateforme électorale de la' critique des décrets-lois, que saris leur attitude d’opposition systématique les décrets-lois n auraient jamais vu le jour. Nous avons aussi le droit de leur demander si les décrets-lois que le parti radical a déjà humanisés, et qu’il allégera encore ne sont pas un moindre mal qne la banqueroute, et que la perspective de la fermeture des caisses de l’Etal dont M Leon Blum envisageait l’éventualité pour le cas où son parti prendrait le pouvoir. Il laut que l’Etat proportionne ses dépenses à ses recettes, car, n’en déplaise à certains théoriciens, le budget de l’Etat ne diffère de celui d'un village ou d'une famille que par le volume de ses chiffres, et le déficit est aussi mortel pour un pays que pour un particulier.

Anciens co ni ba (teints et victimes de ia guerre l

Pour les anciens combattants, j'ai voté le principe de la Caisse des pensions qui rendra aux anciens combattants et aux victimes de la guerre l'intégralité de leurs droits et qui permettra de réparer l'injustice dont souffrent les territoriaux du Maroc, les poudriers, eic. Mais n oublies pas que pour que la Caisse des pensions fonctionne, il faudra emprunter d abord une vingtaine de milliards et que seul un Gouvernement qui inspirera confiance à 1 épargné pourra procédera de tels emprunts. Il ne s’agit pas de promettre, il faut encore être capable de tenir.

Puîiiique sociale :

Au point de vue de la politique sociale, cette législature a été'dominée par la lutte contre le chômage et par la protection delà main-d’œuvre française. Il est profondément regrettable que le plan de grands travaux qu’avait dressé eu 19112 le cabinet llerriot, dont j avais l’honneur de faire partie, c’ait jamais été voté. Je considéré en effeL qu’il vaudrait cent lois mieux procurer des journées de travail aux ouvriers sans emploi que de leur donin-r des allocations de chômage, et je déplore que des milliards aient été dépensés en a o, allons, quand, transformés en salaires, ils auraient permis de faire progresser sérieusement les grands travaux d'utilité publique et notamment l'équipement de nos petites communes rurales, si ralenti depuis 1930.

Politique étrangère :

Le 7 mars un grave événement s’est produit qui a répandu dans tous les esprits une légitime inquiétude. L’Allemagne, malgré le texte formel du Traité de Versailles et du Pacte de Locarno, a réo cupc militairement la Rhénanie. L’opinion française a réagi devant cette violation des engagements internationaux avec une vivacité extrême et certains partis ont essaye d’exploiter cette émotion pour des querelles de politique intérieure. Ils auraient mieux fait de songer que l’arrogance de l’Allemagne a été précisément encouragée par la violence de nos luttes intérieures depuis deux ans et que, sans doute, le chancelier Hitler

n'aurait pas osé son geste s'il Travail pas cru la France affaiblie par les bagarres des hommes et des clans. Notre Gouvernement républicain a su concilier dans son attitude la prudence et la fermeté* Il a refusé d'accepter le fait accompli, il s'est abstenu de faire le geste irréparable que certains envisageaient et il a pris délibérément la voie qu’indiquaient à la France ses amitiés internationales et sa fidélité aux principes de la politique de la Société des Nations*

Mais si la France a pu ainsi d’abord faire reconnaître la plénitude de ses droits outragés, si aujourd’hui sa diplomatie peut travailler à resserrer les liens de nos amitiés cl de nos alliances, c’est parce que notre territoire se trouve matériellement garanti* contre tout risque d’invasion. Le parLi radical peut rappeler avec fierté que si la France est ainsi capable de se faire respecter, c'est en grande partie son œuvre, car il a toujours voté les crédits de défense nationale*

On m’a reproché il y a quatre ans d’avoir voté les crédits pour les fortifications de l'Est, pour cette ligne dont Païnlevé avait tracé le plan et dont Maginot a assuré la réalisation, Nulle part cette année je n'ai entendu formuler à nouveau ce reproche, ce qui prouve combien sont peu fondées les critiques qu’on adresse parfois à un élu à propos de ses votes* Cependant, si ï on avait écouté Renaudél, lorsque, le 26 juin 1931, il demandait l'ajournement de ce projet, qui peut garantir que, le 7 mars, l’Allemagne n’eût pas risqué une incursion sur notre territoire, et qui niera en tout cas que nous aurions été obligés, pour parer à cette éventualité, de mobiliser plusieurs classes? Nous devons suivre et aider les efforts du Gouvernement pour maintenir la paix. Je suis convaincu que nous y réussirons si nous savons obtenir de nos alliés une politique moins égoïste ; de la Société des Nations une procédure moins bureaucratique. Il faudrait notamment que l’on renonce à Genève a cette loi de l’unanimité qui a si souvent paralysé toute décision* Tl serait temps aussi de revenir à cette conception de T Union européenne au sein de la Société des Nations dont ArisLide Briand avaiL lancé i’idéc en 1929 et qui aurait permis de concentrer sur les problèmes de l’Europe les efforts d'entente et de coopération des peuples européens*

Citoyens,

Le 26 avril, dans quelques jours, vous choisirez entre le parti radical et les candidats que lui opposent l’extrême droite et l'extrême gauche. Vous refuserez de vous laisser enfermer dans le dilemme que certains préLendent vous poser.

En vous présentant les rassemblements connus sous le nom de Front populaire comme un super-parti ou comme une organisation électorale, ils essaieront de vous faire croire qu’il n’y a pas de juste milieu entre la coalition des royalistes et des fascistes et celle des socialistes et des communistes. Je demeure pour ma part fidèle à l’union des républicains, de tous les républicains, pour la défense de la République contre la violence et le désordre, et je soutiendrai, demain comme hier, de mes votes fidèles tous les Gouvernements rêpubîieams qui défendront nos libertés* Je me refuse par contre a envisager comme possible une collaboration durable sur ces bases avec le parti communiste dont l'attitude actuelle d’apparente modération n'a été prise que sur un mot d’ordre de Moscou et peut demain, sur un mot tl ordre nouveau, redevenir ce qu’elle fut depuis quinze ans* J'ajoute que le programme du front populaire, fait d'emprunts aux programmes généraux des congrès de divers partis, n a pas à mes yeux le caractère pratique et m médiat que doit avoir un vrai programme de Gouvernement , Or, la seule chose qui compte, ce n’est pas d aligner sur le papier une longue liste de projets, c'est de réunir une équipe d’hommes capables de mettre sur pied dans le texte d une déclaration ministérielle et de réaliser par leur collaboration au Gouvernement les réformes que le pays attend* J’en ai énuméré quelques-unes, iî en est d’autres sur lesquelles 1 accord serait facile : la nationalisation des fabriques d’armes, la répression de la fraude fiscale, la réforme des assemblées et des conseils de la Banque de France, par exemple*

Citoyens, depuis l'année 1928, j'ai l’honneur de vous représenter, depuis cette date j’ai

consacré à la défense de vos intérêts et du programme du parti radical tou t mon temps* tonte mon activité. Au moment ou je sollicite à nouveau votre confiance, je ne me dissimule pas que la Lâche sera rude pour la législature gui va Couvrir et que de lourdes responsabilités nous attendent, Si je vous demande aujourd'hui vos suffrages, ce n’est point par ambblion, c’est parce que; à T heure où nous sommes, je considère comme un devoir de. mettre à nouveau à votre service l’expérience que j'ai pu acquérir en huit ans de vie parlementaire et par plusieurs passages au Gouvernement. Je crois n'avoir pas démérité de votre confiance. Si j'ai été attaqué souvent pour mon attitude politique, jamais mon nom n’a été mûîé â un scandale financier, jamais il n'a été associé à une intrigue louche. Electeurs libres, c’est un homme libre qui vous demande vos suffrages! Il attend votre décision avec confiance, sûr que le 20 avril* vous ferez triompher sur son nom le programme de liberté, d’ordre et de justice autour duquel tous les républicains devraient se grouper,

Fous aux urnes pour la défense de T agriculture, deda République et de la paix !

Jean MISTLER

Député sortant, — Ancien Ministre*

Conseiller G tarerai. — Maire de Ca&lelnstudary,

Circonscription de LIMOUX.

M, Jean BOUSGARBIÈS

(Groupe républicain radical et radical-socialiste.)

Élu pour la lTfi fois le 1er mai 1932, — Réélu le 26 avril 1936,

M es chers Concitoyens,

Investi à l’unanimité parle congrès du parti républicain radical, et radicaRsocialiste de l'arrondissement de Limoux, je viens solliciter à nouveau vos libres suffrages,

Ï1 serait pratiquement impossible, dans le cadre forcément restreint de la présente profession de foi, de donner un compte rendu détaillé de mon action et de mes votes au cours des quatre années de mon mandat parlementaire. Mais je tiens cependant à évoquer devant vous les conditions les plus particulières dans lesquelles j’ai dû exercer ce mandat que je tenais de votre confiance.

Cette législature qui, à l'issue des élections générales de 1932 r A annonçait pleine de pro^ messes pour la masse des braves gens de ce pays, auxquels le spectre de la crise commençait d'apparaître, a eu à faire face à de formidables difficultés, sans précédent dans l’histoire politique de la III0 République et qui prenaient leur origine dans un désordre économique atteignant non seulement la France, mais tous les pays du monde.

Fidèle à sa tradition de parti de Gouvernement, le parti radical-socialiste, conscient de la grandeur du rôle qu'il allait assumer, se mettait aussitôt et résolumen t à la besogne et appelait à collaborer à cette œuvre nationale tous les républicains de bonne volonté. Il ne dépend pas de lui si certains reculèrent alors devant la lourde tâche à accomplir et doivent aujourd’hui, dans une certaine mesure, supporter le poids de responsabilités qu’il appartient â votre jugement de situer.

En présence, d’une situation financière qui menaçait de devenir dangereuse pour Féco-

nomie do. la Nation, mon parti s 'est employé à assurer l’équilibre du budget et la rénovation de nos finances. C’est ainsi qu’il a. pu, en deux années, en dépit d’une instabilité ministérielle dont .tout le monde a pu analyser les causes, résorber 15 milliards environ de dépenses. Plus tard, et sans méçcmnaîlje l’impopularité des mesures qu’appelaient des circonstances dhme exceptionnelle gravité, il a courageusement oontribué-d’une: part à atténuer le déficit budgétaire et d’autre part à sauver une devise à la solidité de laquelle était lié le sort d’une foule de petits épargnants qui avaient eu confiance en l'Etat français.

Sur le plan économique, on peut dire que tous nos efforts ont tendu vers la revalorisation des produits de la terre aussi bien pour l’agriculture et la viticulture qui constituent la principale richesse de nos plaines, ,que: pour l’élevage et les produits forestiers, seule source de revenus det nos régions de montagne

La surveillance- et le contingentement de nos importations, la résorption, d’énormes excédents dont la présence sur les marchés avait amené un tel avilissement des cours que les masses paysannes.nc retrouvaient plus dans la venle de ces mêmes produits le minimum vital de rémunération de leur labeur, firent l’objet, après de patientes études, de nombreuses dispositions législatives, Parallèlement, a été poursuivi l'aménagement. des dettes ainsi qu’une large diffusion du crédit et de la mutualité- agricoles. L’organisation des professions se rattachant à la terre n’a également point échappe au législateur et purifie encore des efforts pour obtenir une meilleure organisation des lois sur les, accidents du travail, des assurances sociales et da ch oms ge des ouvriers ruraux.

Il en a été de même en. ce qui concerne le commerce, çf l’industrie tributaires l’un et l’autre pour une grande para de, l’agriculture. Dans toute la mesure où cela a été permis, nous avons œuvré pour obtenir l’adoucissement des charges fiscales, hélas encore trop rigoureuses, la réglementation et la surveillance des entrées, en douane, le. développement des échangés avec nos colonies, dans le but d’arriver, par le libre jeu de la concurrencera rétablissement d'un juste équilibre entre la production et la consommation, L’artisanat, de son oôté? u a pas échappé à la vigilance de nos gouvernemciits.

Populaire et social, le parti, radical-socialiste, désireux avant tout de rétablir l’égalité economique, n’a jamais été insensible aux justes revendications du prolétariat. Il n’a pas manqué de faire sien le programme de la C. G. T. et a toujours marqué de son empreinte — - lorsqu’il n’en a pas été lui-même l’initiateur - toutes les améliorations sociales apportées au sort des travailleurs ou tous les efforts pour atténuer la crise du chômage.

Et sa préoccupation dominante aujourd’hui est fixée; sur- une jeunesse fortement anxieuse quant à son avenir et à laquelle il faut apporter, sous peine de la rejeter vers les partis de désordre, toute la sollicitude à laquelle elle a droit.

Passionnément attaché à la défense nationale, il n’a jamais manqué de donner à notre pays tes moyens d’assurer sa sécurité et de doter notre année de terre, de mer et de Pair, de tout ce qui pouvait être nécessaire à l’accomplissement de sa haute mission.

Persuadés que la paix ne peut être défendue que par une loyale collaboration des peuples a organisation de Genève, à laquelle des hommes éminents du parti radical-socialiste ont attaché leur nom, nous avons toujours estimé que la pacification de l’Europe et du monde ne peut, se faire que dans le respectabsolu des conventions internationales. Personnellement,

J a! toujours soutenu la politique extérieure pratiquée par des hommes d’Etat qui, à travers des difficultés sans nombre et des obstacles constamment dressés sur leur route, ont toujours eu pour but suprême d’éviter des coniliis armés et d’assurer à la France des amitiés précieuses en cas de péril. Et ce n’est pas sans un légitime sentiment de fierté que je rappelle p**1^ fUî.!a Prfsencc >d la lête du Gouvernement, de notre éminent compatriote M. le .. . ’ j el ^ ^a.lrtU,t qui, tout en continuant en des heures angoissantes la politique tra-

j, , ,L ( L ,a Eiance, a su à la lois sauvegarder la dignité nationale et éloigner une menace ou sortira peut-être demain une meilleure organisation de la paix européenne.

.agdatmu créée parles ligues antirépublicaines exigeait des mesures réclamées d’une

texte, SaUC‘eUSe (U resP0ct de Ia lib°rié. Le Gouvernement a été mis en possession des textes necessaires dont il pourra désarmais user contre les agitateurs de droite comme de

gauche qui troubleraient une paix intérieure dont la France a besoin pour opérer son laboriçux redressement.

Enfin, du point de vue régional. j>i conscience d’avoir en toutes circonstances donné mon entier appui à tous ceux qui ont légitimeinent fait appel à moi. J ai aidé toutes les collectivités pour la réalisation de leurs projets d edilité communale et d'équipement rural, et toutes les industries en proie aux difficultés du moment.

Mes chers amis,

Dans ce bref raccourci de l’activité parlementaire d’une période qui vient de se terminer, vous retrouverez la justification de votes que vous avez pu rigoureusement contrôler, puisqu’aussi Lien la plus large publicité a toujours été donnée aux scrutins de la Chambre des Députés,

J'aurais mauvaise grâce h prétendre que toutes les mesures prises sont parfaites, notamment celles résultant de décrets pris en dehors du contrôle du Parlement. J'estime, en effet, qu’il reste encore beaucoup à faire pour rétablir l’équilibre économique rompu parla guerre eL pour réparer les erreurs commises sous la pression d’événements contre lesquels bien souvent les gouvernements étaient impuissants. Mais à chaque jour doit suffire sa tâche et ce sera l'œuvre de demain d’arriver au résultat que tout le monde espère et attend.

Déjà des indices favorables so font jour : la confiance peu à peu renaîl, nos finances se rétablissent, la reprise économique s’accentue, les produits agricoles se vendent mieux, le chômage est en régression et certaines industries connaissent une activité nouvelle.

Que la situation extérieure s’améliore et ces indices favorables, encore fragiles et nécessitant la continuation d’elforts soutenus et prudents dont ils sont la conséquence ne pourront que s'accentuer.

C'est pourquoi la grande consultation électorale du 26 avril revêt, dans les conjonctures présentes, une importance qu’aucun de vous n'a le droit de sous* estimer.

C’esL sous 1 egide de ce grand parti auquel vous avez par vos suffrages sî souvent assuré la victoire, que je viens à vous pour la deuxième fois. C'est aussi en m inspirant des exemples et en me réclamant avec fierté d’hommes qui l'ont grandement honoré et 1 honorent encore, comme Maurice et Albert Sarraut auxquels doit aller notre affectueuse reconnaissance, que je fais appel à vos sentiments de démocrates. Et en évoquant egalement ici la noble personnalité du citoyen Edouard Herriot qui symbolise si magnifiquement nos idées, il m'est, agréable de reproduire à votre intention l’admirable formule par laquelle il déliait notre idéal :

« Jai dit maintes fois et je dirai sans cesse que le plus grand parti, le plus nécessaire et celui qui couvre à la fois Lous les intérêts du régime et tous les intérêts du pays, celui qu^ ne sacrifie ni les premiers aux seconds ni les seconds aux premiers, ce parti, c est le noire, a la fois laïque et social, pacifiste et national, répudiant la lutte des classes au profit de la fra terni lé, hoîiile à la guerre étrangère et aussi à la guerre civile, voulant que sur ce pays si souvent secoué par répreuve descende enfin sous toutes ses formes la paix, cette paix qui suivant le mot toujours vrai de Pascal demeure t le souverain bien », la \ aix dans la sécurité de là France, et après tant de mauvais jours, dans le triomphe de la République. »

Tout commentaire ne pourrait qu’affaiblir la portée de ces belles paroles auxquelles je souscris entièrement.

Il vous appartient donc, citoyens* d aller aux urnes enfouie indépendance et aussi avec la pleine conscience de Pimfîortanl devoir civique que vous allez remplir.

Toute abstention à cette heure serait une désertion*

Instruit par quatre années d'expérience parlementaire, j’affirme que je demeure plus que jamais ennemi de toute dictature, partisan irréductible de 1 ordre républicain et de l'amélioration constante du sort des classes laborieuses, respectueux de toutes les croyances

comme de tou tes les opinions et adversaire obstiné des luttes pouvant dresser les unes contre les autres les classes de la société.

Enfant comme vous de ce beau pays de l1 Aude, ami de ses chers habitants dont je connais les légitimes aspirations^ je vous promets de travailler comme par le passé et mieux encore si possible, à la prospérité croissante de notre petite patrie et pour îa défense des intérêts supérieurs de la France et de la République,

Vive ^arrondissement de Limoux !

Vive la République démocratique et sociale !

Jean BOtlSGARBlÈS

Député sortant.

Maire de Saïnt-Hilaire, .

Conseiller général de P Aude,

Candidat du parti radical ei radical-socialiste.

lre circonscription de NARBONNE.

U. Uæn BLUM

(G rôu p e s o ci al î sie , )

Elu pour la lr<t fois le 16 novembre 1919,

Réélu les M mai 1924, 14 avril 19*29, Ier mai 1932 et 26 avril 1936,

(Voir ^programme du parti socialiste S, F. ï. O», p. 3f)

Aux électeurs de la lre circonscription de Narbonne.

Citoyens,

Des événements indépendants de ma volonté ont imprimé cette foisjun caractère particulier à ma candidature.

Ce sont les fascistes eux-mêmes qui, par l’attentat commis contre moi, me désignent aujourd'hui aux suffrages « de tous les défenseurs de la H ber Lé

Je revendique fièrement les actes de ma vie publique qui m’ont valu leurs outrages, puis leurs coups. Oui, dans les journées tragiques du 6 et du 7 février, j'ai été de ceux qui n'ont pas reculé devant l’assaut du fascisme armé et qui ont proclamé leur résolution de lui tenir tete+ Oui, j ai été de ceux qui ont dénoncé le fascisme jésuitique de Doumergue et de Tardieu, qui ont déjoué le complot ourdi par eux contre les institutions républicaines. Oui, j’ai été de ceux qui ont mis à jour la connivence de Lavaî avec le fascisme militarisé des ligues, et qui font fait tomber du pouvoir. Oui, je suis de ceux qui ont mené une bataille impitoyable contre le fascisme national et international, Mussolini m'a fait l'honneur de me désigner par mon nom et de me vouer b la vengeance de ses congénères français.

J'oserais presque rappeler une grande parole de Jaurès. Quand je considère la haine

que concentrent sur moi tous les tenants et suppôts de la réaction fasciste, n je seraittenté de commettre parfois le péché d'orgueil »,

Je continuerai de mériter cette haine. Je continuerai de défendre sur tous les terrains, contre les entreprises du fascisme ^ la liberté 'indivisible comme la paix*

Mais je n’oublie pas et je n’oublie rai jamais que je suis un socialiste et je poursuivrai cette lutte telle que Ta toujours conçue et conduite le parti auquel j’appartiens et qui me présente aux suffrages des électeurs.

Le parti socialiste a toujours envisagé le fascisme comme un fait d'ordre international correspondant à un étàl donné de révolution capitaliste* 11 a toujours considéré que la contagion fasciste menaçait les rapports entre les nations aussi bien que la condition intérieure de chaque nation* Le mal s’attaque à la paix comme à la liberté. Tout despotisme est par lui-même un ferment de guerre. Dans I1 atmosphère d’orgueil et d’exaltation qu’il est obligé d’entretenir, on voit mûrir l’esprit d’aventure, de conquête ou de revanche* Aussi le parti socialiste a-t-il conscience d’agir efficacement contre le fascisme quand il combat pour la paix, d agir efficacement pour la paix quant il combat contre le fascisme*

Demain comme aujourd’hui et comme hier, je participerai à cette action de toutes les forces de mon intelligence et de mon cœur, Àu cours du drame international qui vient d’émouvoir si profondément ha France et dont les secousses ne sont pas encore apaisées, tout esprit de bonne foi a pu vérifier la justesse des solutions que le socialisme n!a cessé de préconiser, que par une pression constante sur les gouvernements et les majorités il s’efforce de mettre en pratique. Le risque de guerre qui ne sera jamais complètement annulé en régime capitaliste ne peut être conjuré que par l’Organisation de la communauté internationale, par l'obligation de l’arbitrage, par Inefficacité de l’assis tance mutuelle contre toute agression, par la réduction progressive dés armements tendant au désarmement général, paT la réciprocité du contrôlé, par une péréquation internationale des matières premières, du crédit, des débouchés, des terres de peuplement. U n’y a de vraie paix que la paix égale, que la paix garantie, que la paix indivisible, que la « paix désarmée ». Cette dernière expresion, qu’affectionnait Jaurès, est peut-être celle qui traduit le mieux la position particulière Incarnée par le parti socialiste.

La paix ne sera jamais solide dans un monde livré à la concurrence des armements et à l’appétit des <v marchands de canons ». La sécurité collective ne jouera jamais avec certitude et sans risque entre des nations pourvues de .grands armements offensifs. À deux reprises depuis six mois , nous avons vu la solidarité internationale hésiter devant cette terrible alternative ; risque de guerre ou reconnaissance du fait accompli. L’agression de Mussolini contre MElhiopie et la répudiation du Faste de Locarno par Hitler doivent convaincre ceux qui pouvaient douter encore que le désarmement est non pas unè conséquence, mais une condition nécessaire de l’organisation de la paix.

D autre part, le parti socialiste a toujours professé qu’à rintérraer dé chaque nation, et spécialement à l’intérieur de là France, l'action dé défense contre le fascisme devait nécessairement se prolonger en ;une action offensive contre la Crise économique,1 contre ses effets, contre les ravages et les misères qu’elle engendre. Le fascisme se nourrit des souffrances et du désespoir des masses désolées par ta crise comme dés passions exaspérées par l’orgueil chauvin. Demain comme aujourd'hui *et comme trier, je coopérerai de tout mon pouvoir à à l’action du parti socialiste contre ome criée qnVl peut se flatter d’avoir prévue, d'avoir expliquée, à laquelle, éclairé par sa doctrine, il a p^posê les seuls remèdes jque le régime social actuel puisse comporter*

Lu sous-consommation, lé chômage, IVvilissemeiïl dés prix sont les accidents périodiques et inéluctables du lügMtia capitaliste; Le parti soc i a liste a montré comment ce désordre et les misères qu’Ü engendre formaient, etr régime capitaliste, la contre- partie

absurde, inique, sacrilège du progrès scientifique, ou technique. Longtemps il a parlé seul, sans autre écho que les sarcasmes ou les insultes* Longtemps il a été seul a s'élever contre les fa nx remèdes qui méconnaissaient la nature du mal et ne faisaient qu'en étendre les ravages, c'est-à-dire ^contre la déflation, caractérisée par la recherche d'un faux équilibre budgétaire, par la suppression des dépenses ou des subventions productives, par la compression des salaires privés ou publics, des pensions, des allocations d'anciens combattants, 11 a combattu les décrets lois de Laval comme il avait combattu les décrets lois de Douniergue. Mais eu même temps il a proposé et défini en textes précis les mesures qui permettraient, dans le cadre du régime social actuel, de soulager les misères causées par ]a crise, de circonscrire et d atténuer ses répercussions les plus onéreuses pour l'Etat comme pour les particuliers.

Toutes ces mesures concourent vers le même objet : ranimer Tac ti vite économique du pays en relevant la capacité générale d'achat et de consommation que les pratiques de déflation tendent au contraire à abaisser encore davantage. C'est dans ce but que nous avons dressé nos grands projets d'offices publics et professionnels du vin, du blé, delà viande, des engrais chimiques; notre système d'assurance contre les calamités agricoles financé par 3a nationalisation du monopole des assurances privées ; nbtre plan d'outillage national, dressé avec la collaboration des collectivités locales et financés par l'appel à l’épargne locale, nos contre-propositions budgétaires comportant une audacieuse détente fiscale en même temps qu'une répression exemplaire de la fraude et qu'une simplification énergique de toutes les routines administratives et financières. C'est dans ce but que nous avons réclamé îa réduction de la journée de travail à salaire égal, les contrats collectifs, le système national d'assurances contre le chômage, la nationalisation du crédit des industries de guerre, les industries- clés, c'est-à-dire des monopoles privés dont dépendent les prix des matières premières et de la force motrice. Nous voulons que l’action de l'Etat* ou pour mieux dire, que la volonté collective de la nation dont l'Etat doit être l'instrument, s'exerce simultanément sur tous les centres nerveux de la vie économique pour accroître la masse des revenus consommables, pour assurer aux producteurs une rémunération équitable, pour garantir la sec cri Lé des travailleurs et, par conséquent., pour rétablir dans leur intensité normale les transactions commerciales et Industrielles,

Tout est solidaire dans une telle action et c’est la nation tout entière qui doit eu recueillir le profit. Il n'y a pas de crises purement locales ; il n'y a pas de problèmes particuliers qui puissent s'isoler des solutions d'ensemble, La misère de la viticulture a pour cause essentielle 1 insuffisance de la capacité d achat et ne comporte pas d'autre remède efficace et durable que le relèvement de cette capacité. L’Office public inscrit dans un système de rénovation générale de l'économie, répondrait à toutes les données du problème, il concilierait les intérêts des producteurs métropolitains, des travailleurs, des consommateurs, des intermédiaires loyaux et ne gênerait que la seule spéculation. En considérant isolément la crise viticole, on ne peut aboutir qu'à des palliatifs vains ou précaires, qu'il faut rajuster, réparer, renouveler sans cesse parce qu'ils sont constamment infirmés ou dépassés par les événements. L'expénence des dernières années permet d'apprécier si ce jugement est excessif ou partial, et l'expérience des prochains mois le confirmera sans doute.

St cette œuvre de réfection internationale et nationale était accomplie, le fascisme serait tranché dans ses racines, nous le verrions sécher et dépérir sous nos yeux. Mais les plans seuls en sont tracés. Il reste à construire. Il reste à donner l'effort décisif. Il reste à surmonter les résrstances que préparent déjà dans l’ombre les entrepreneurs de guerre, les conjurés des ligues, les privilégiés de l'oligarchie capitaliste.

Cet efïort ne réussira qu’à deux conditions :

H faut que la volonté souveraine du suffrage universel s’exprime avec clarté et avec force.

Il faut que les élus, entre les mains de qui celle volonté sera déposée , r exécutent avec décision, avec fidélité et avec courage.

H y a donc là un double devoir. Je demande aux socialistes et aux républicains de Narbonne de faire le leur. Je m’engage à Faire le mien.

Léon BLÜM Député de l'Aude-

Président du -groupe parlerai pntaîre socialiste. Directeur du Populaire.

Conseiller d’Etat honoraire*

2e circonscription de NARBONNE.

M. Léon CASTEL

(Groupe républicain radical et radical-socialiste.)

Elu pour la première fois le 16 novembre 1919,

Réélu les U mai 1924, 22 avril 1928, 1er mai 1932 et 26 avril 1936.

C h e r s co nci loy e n s ,

Par devoir et non par ambition, je sollicite vos libres suffrages pour la cinquième fois* Vous me connaissez, vous savez qui je suis.

J’ai toujours rempli avec conscience, fidélité et probité les nombreux mandats électoraux qui mont été confiés, et défendu de mon mieux les intérêts économiques et locaux de nos quatre cantons, notamment vos intérêts viticoles.

J'appartiens depuis quarante ans au Parti radical. Ce grand parti prend ses racines dans le peuple. 11 groupe autour de lui les travailleurs sérieux, économes, prévoyants, laborieux, des villes et des campagnes, indifférents aux chimères. Il puise sa force essentielle dans les classes moyennes. Petits et moyens agriculteurs, artisans, fonctionnaires, commerçants, petits industriels, ont été, sont ou redeviendront radicaux.

Les grands principes de la Déclaration des droits de l’homme sont les nôtres ; pardessus tout, le respect de la liberié individuelle et le maintien de la propriété individuelle, le meilleur stimulant de l'activité humaine restant dans le profit direct du travail personnel. Nous sommes pour révolution et le progrès social continu dans les limites des possibilités financières et économiques de la nation.

Politique extérieure :

La politique extérieure passe au premier plan en ce moment.

Nous considérons que fe Gouvernement de la République française doit nous éviter la guerre, et tâcher d arriver à une entente durable avec T Allemagne, tout en conservant la dignité de ta France elle respect de nos droits essentiels.

Lu attendant que cette solution puisse devenir une réalité, nous devons continuer la politique des alliances défensives, des pactes de non- agression, et disposer, pour notre sécurité, de moyens suffisants pour parera une invasion brusquée.

Certes, nous sommes partisans de l'arbitrage obligatoire et du désarmement simultané et contrôlé tout comme les socialistes, mais tant qu’on n'aura pas trouvé un moyen pratique et présentant des garanties réelles pour imposer et effectuer ce désarmement, ce serait se

résigner' à la fin de notre indépendance et de notre liberté que de désarmer, sans avoir la certitude d'êLre suivis.

La ligne de fortifications Painlevé-Maginot, dont nous, radicaux, avons voté les crédits, maïs que n’ont pas vote les socialistes, nous vaut une frontière à peu près inexpugnable, défendue par des millions de mètres cubes de béLon, tenant avantageusement la place de millions de poitrines françaises et barrant à Hitler, la route de Paris.

Politique intérieure :

Nous estimons que les décrets-lois doivent, dans leur ensemble, être profondément modifiés et s’inspirer davantage de l’équité et des conditions vitales des retraités, des fonctionnaires et des victimes de la guerre.

L’assainissement financier s’impose par-dessus tout. Notre pays ne peut emprunter tous les quatre ans 70 milliards pour parer au déficit des budgets de i'Etat et des chemins de fer. A cette allure, le crédit de la France, si puissant soit-il, serait vite épuisé ; 1 Etat ne pourrait plus tenir ses engagements. Il serait amené à suspendre le payement des pensions et des traitements^ ce qui serait bien pire que leur réduction.

La faillite de l’Etat entraînerait d'ailleurs celles des banques, des commerçants et des particuliers.

Une réforme fiscale profonde s’impose. Ce sont là des questions essentielles, intéressant au plus haut point la vie intérieure de la nation el de toutes les classes sociales ; elles devront être sérieusement étudiées et rapidement solutionnées.

La crise économique et commerciale dont nous souffrons depuis cinq années doit s’atténuer.

La situation mondiale influe sans doute fortement sur le mouvement économique de notre pays, 11 est des mesures urgentes qui peuvent pallier la crise el, dans certains domaines, en hâter la disparition,

L'Etat doit disposer sur tous les citoyens d’une autorité suffisante pour faire respecter les lois et les libertés, et maintenir partout Tordre public et la paix sociale.

Il lui appartient de réduire la puissance des petits états dans T Etat, armé ou non, qui sous le nom de figues ou autres groupements de droite ou de gauche, constituent des foyers de discorde, de troubles et de guerre civile, alors que l’union morale de tous les Français est si désirable dans le respect et la tolérance mutuelle et réciproque des opinions, des croyances, des idées de tous les citoyens.

La protection de l’épargne doit être assurée, et pour cela un contrôle sérieux de toutes les entreprises industrielles, commerciales et financières, doit être établi tout en leur lais* sant la liberté et la souplesse nécessaires sur le terrain de la technicité.

L’Etat doit aussi se préoccuper de Tavenir de la jeunesse qui devient inquiétant, du fait meme de la d illusion des diplômes.

Je me prononce, par contre, contre les nationalisations, contre Pétalisme. L’Etat n’est aucunement prédispose à diriger des entreprises, commerciales ou industrielles. Son rôle doit être d’arbitrer les multiples intérêts économiques, souvent rivaux. L’économie dirigée doit coordonner les efforts particuliers et non les dissocier, défendre producteurs et consommateurs, en faisant la pari équitable à chacun, au lieu de les opposer les uns aux autres.

Il doit, de plus en plus, tendre une main secourable à tous les malheureux, à tous les déshèriLés, aux victimes de la guerre et du travail tout particulièrement, ainsi qu aux chômeurs, 11 doit continuer à diffuser Ti instruction en tenant compte des aptitudes des enfants, et aussi des besoins divers de la nation.

Page 1