‹ Recueil des textes authentiques des programmes et engagements électoraux des députés proclamés élus à la suite des élections générales de 1936 (volume 2)Chapitre 153 sur 186 · FOURRIER · texte numérisé non relu

FOURRIER

Ouvrier peintre syndiqué.

Membre du bureau du rayon du XY«*

3" circonscription du 15* arrondissement de PARIS.

M. Charles MICHELS (Groupe commumefe.)

Elu pour la P9 fois le 3 mai 1936,

Rassemblement contre les ennemis du peuple !

Rassemblement pour la défense du pain ! Pour la paix [ Pour la liberté 1

Notre Parti communiste a démontré par toute son activité son constant souci d’unification des forces ouvrières, d’opérer la réconciliation des Français, des travailleurs de toutes catégories contre les 200 familles qui tiennent toute la vie du pays entre leurs mains et pour faire payer ceux qui peuvent et doivent payer : les riches !

li est le parti qui a permis, grâce à son inlassable activité, que se réalise enfin Tunilé d’action entre socialistes et communistes. Il est le parti qui* plaçant V intérêt du peuple au-dessus de tout, prit l'initiative de la formation du Front populaire* Il est celui qui, sans relâche encore, conscient de la haute mission qu’il accomplissait, lutta contre tous les détracteurs de ce -Rassemblement populaire qui permit de jeter au eoude-à-eoude les partisans de la liberté contre les émules de Miller et de Mussolini et de dresser le barrage contre lequel ils doivent se briser*

Noire Parti communiale, qui fait tout pour l'union de la Nation française contre le* fauteurs de guerre et de fascisme, n’hésita pas à apporter la totalité de ses voix, lors des élections municipales de 1935, pour assurer l’élection de Duleil contre le « poulain » de

Boucheron. ,

Le Parti communiste, dont la loyauté est reconnue, croit pouvoir être certain de la réeiprocité de tous les partis voulant assurer la défaite du fascisme dans notre circonscription, personnifié par Boucheron.

La misère est grande dans nos quartiers de Grenelle et Javel. Le nombre des chômeurss’v compLe par milliers et milliers. Ce ne sont certes pas les pot-au-feu électoraux — qu’ils ont raison de prendre — qui atténuent vraiment leur misère. Les commerçants, par centaines, sont dans des situations inextricables, sous le coup de la saisie, des expulsions. Dans ce domaine encore, les kermesses et fêtes organisées à 1 approche des élections ne remédient e» rien aux effets de la politique des riches. C’est une reprise durable qu’il faut et non pas de quelques jours seulement. Notre Parti communiste, qui vous présente son programme général (ci-joint), s’élève contre 1a carence de ceux qui délaissent nos quartiers, plaçant avant tout la défense des intérêts des riches, comme les Boucheron, les Boulard, etc.

Tout est lamentable dans notre circonscription : les crèches odieusement insuffisantes ; les écoles le sont également et celles existantes dans un étal des plus déplorables, sales, mai aérées ; les quelques espaces libres baptisés squares sont trop petits, mal situés, d une insuffisance également criante; des immeubles, comme ceux de la rue des Quatre- I'rères- Peignot (II. B. M,), avec la foule d’enfants qui les habitent, ne disposent pas du moindre petit square; c’est un scandale, et pourtant ce ne sont pas les terrains qui manquent, même à proximité.

H est possible que soit construit un groupe scolaire sur le terrain entourant le patronage laïc* rue de Lourmél et avenue Félix-Faure, La surélévation de 1 école de la rue Fondary n'est pas impossible pour dégorger les classes surchargées.

Le terrain de la rue Dupleix et du boulevard de Grenelle, qui pourrait être acheté par la Ville j se prête admirablement à la construction d’une piscine, de bains-douches, d une salle de sports, etc. Il en est de même pour la création d'un square, avec emplacement spécial pour les enfants, sur le terrain de la rue Linois et de la rue des Entrepreneurs,

Si les logements manquent, comme les dispensaires, les îlots insalubres foisonnent, tant h Grenelle qu'à Javel, ne serait-ce que ceux de la rue Rouelle, de la rue Sainte-Lucie, de la rue de l'Eglise, cependant que nombreux sont ceux qui veulent travailler pour construire tout ce qui est absolument indispensable à vos besoins les plus immédiats. Toute une immense partie de la zone est laissée dans un complet abandon ; peu d eau, pas de mesures d 'hygiène, etc*

H y a dé l’argent pour cela. M. Boucheron et ses amis, dans leur manifeste publié dans le journal le XV* républicain (!?), l’avouenL quand ils disent (2e page, 4e colonne du N" I) : « Des milliards de francs sont thésaurisés par des détenteurs qui n’entrevoient pas la sécurité du lendemain... « Très bien, des milliards sont là à ne rien faire, conservés par des gens craintifs; la position de notre parti est donc juste :

Prendre l’argent là où il est ! Faire payer les riches 1 Pour le pain ! Pour la paix S Pour la liberté !

Votez pour le candidat du Parti communiste : Charles Michels,

Charles MICHELS Ouvrier eu chaussure, syndiqué

lrc Circonscription du 16* arrondissement de PARIS.

M. Jean FBRN AN D-LA U R F, N T (Groupe des indépendants républicains.)

Elu pour la lrô lois le 9 avril 1933, — Réélu le 26 avril 1936;

Cher concitoyen,

Le geste d’André Tardieu est sans doute fort tentant, à beaucoup d’égards ; tentant pour l’électeur, qui aimerait traduire par l'abstention son dégoût de la politique et son irritation devant les fautes accumulées ; tentant pour Féliij à qui la vie publique a apporté plus de corvées et de déceptions que de satisfactions profondes, et qui pourrait, en abandonnant la lutte, retrouver la tranquillité trop négligée de son foyer.

Ce geste, néanmoins, ne me paraît, pas répondre, dans les circonstances actuelles, à la plus élémentaire notion du devoir civique.

Je vous ai dit les raisons de ma candidature ; Faffiche, la réunion publique, les journaux locaux vous ont amplement informé des circonstances qui l'entourent ; je ny reviendrai pas.

Eu vous adressant, suivant I usage, un bulletin de vote à mon nom en vue du scrutin du dimanche 26 avril, je me borne à présenter à ceux qui l'ignoreraient encore, uniquement par des dates et par des laits, et sans aucun commentaire, un résumé strictement objectif de ma carrière,

1 our le reste, vous me dispenserez, je pense, de l’envoi rituel de la <r profession de foi * ou du « programme », Ma foi politique, je Fai professée par des actes, et le compte rendu de mon œuvre parlementaire, que je vous ai fait parvenir, vaut certainement plus, à cet égard, que des promesses. Quant au programme, quel est l'homme sérieux qui oserait en établir un devant l’effroyable incertitude des événements ? 11 s'agit beaucoup moins de dresser un programme, qui ne pourrait être, dans les circonstances actuelles, que vaine littérature que de fixer des principes. Le seul engagement qu'on puisse demander à un du sérieux, c'est d’accorder à ces principes nets et fermes la solution des problèmes innombrables et, pour beaucoup, imprévisibles, que les événements prochains ne manqueront pas de poser brutalement.

Sur ces principes fondamentaux, je n ai jamais varié.

Je n’appartiens à aucun parti. Je vais plus loin : je méprise totalement ces partis surannés qui depuis 1919 ont tout promis et rien tenu, ont tout manqué et, d'abdications en sottises, nous onL menés à la situation lamentable où nous nous débattons, J’appelle à l’union française tous ceux qui, quelle que soit leur origine ou la nuance de leur opinion, veulent d abord barrer la route à la révolution soviétique et bofché visante pour pouvoir ensuite se consacrer à la seule lâche qui compte ; le redressement économique et financier de cc pavs, condition indispensable de l’apaisement social.

Le problème essentiel, urgent, angoissant, est celui de la paix ou de la guerre, de la vie ou de la mort. Nous voulons la paix avec tous et à tout prix. Or le Front populaire nous mené droit à la guerre. A la guerre voulue par Moscou : la guerre pour la révolution. Nous ne voulons pas cela. Aucun Français ne veut se battre pour Staline.

Mais si nous nous relusons à accepter la domination des Soviets, nous ne pouvons

davantage, sans trahir l’esprit national, prendre nos exemples au delà des Alpes ou du Rhin,

Que les gouvernants français veuillent bien consentir enfin à faire une politique de la France.

Aucun homme de cœur ne peut renoncer à l'espoir d'établir un jour la paix universelle par la sécurité collective. Mais tant que la Société des Nations gardera sa constitution ci son esprit actuel, la France n'y peut jouer qu'un rôle de dupe. Rester chez nous, être forts' sont désormais les deux principes sur lesquels devra s'appuyer une politique extérieure véritablement française.

Au point de vue constitutionnel, nous voulons une réforme de l'Etal qui rétablisre chez nous le principe de l'autorité* Que chacun reste a sa place et remplisse sa fonction : un pouvoir législatif qui n'ait d'autre tâche que de légiférer; un pouvoir exécutif qui n'ait d'autre tâche que de gouverner ; un pouvoir judiciaire indépendant, soustrait à toutes Us influences politiques* Le rétablissement de l'exercice normal du droit de dissolution fa représentation proportionnelle avec réduction du nombre des députés, le vote des femmes, le vote familial, le vote obligatoire, la suppression de l'initiative parlementaire en matière de dépenses : tels doivent être les articles essentiels de cette réforme de l'Etat*

Nous tenons la liberté de conscience pour le plus sacré des biens. Nous vouions un Etat strictement neutre soustrait à l'influence des sectes, un enseignement libéré de l'emprise révolutionnaire.

Du point de vue financier, nous voulons tenter de maintenir par tous les moyens, s'il en est temps encore, la stabilité du franc. Mais de toute évidence ce résultat ne peut être atteint que par une politique hardie ayant h la base une réforme totale de l'appareil fiscal et rabaissement progressif des impôts sur la production.

Sur l'ensemble de ces questions économiques et financières, je crois 11e pouvoir mieux faire que de vous adresser l'opuscule qui résume mon sentiment sur les décrets-lois, puisqu’aussi bien les décrets-lois ont prétendu régler l’ensemble de ces problèmes.

Nous voulons juguler Pétalisme débordant et ruineux Nous demandons fa réforme des assurances sociales, d’après les règles mutualistes, la répartition remplaçant la capitalisation* Nous voulons la suppression des monopoles et des offices. Mais par contre, nous tenons pour justes et légitimes le contrôle par la Nation des industries de guerre et fa suppression de tous fes bénéfices de guerre que j’ai formellement réclamée par une proposition de loi.

Nous voulons pour les travailleurs de ce pays, enfin libérés de leurs meneurs et de leurs exploiteurs, une large politique de progrès social, mais dans l'ordre et non dans l'anarchie.

Nous voulons pour tout salarié un contrat de travail non seulement juste mais humain, lui assurant un large minimum d'existence. Nous voulons arracher le syndicalisme à l'emprise politique et le limiter h la seule défense des intérêts professionnels.

Sur la lutte contre le chômage, la protection de l'enfance, la défense des intérêts légitimes des commerçants, je me suis expliqué en trop d'occasions pour avoir a y revenir*

Ancien combattant je continuerai comme par le passé à défendre îes droits de mes camarades, en plein accord avec leurs associations qualifiées, je ne laisserai passer aucune occasion de favoriser les familles nombreuses et ne cesserai de réclamer en leur faveur la réforme du régime successoral.

Je ne puis entrer ici dans fous îes détails, mais je pense avoir exprimé l'essentiel et ] aurai surtout dit l'essentiel en concluant qu'aucune de ccs réformes souhaitables n'est possible tant que n'aura pas été rétablie, de gré ou de force et clans tous les domaines, Sa notion de l’autorité.

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