‹ Recueil des textes authentiques des programmes et engagements électoraux des députés proclamés élus à la suite des élections générales de 1936 (volume 2)Chapitre 163 sur 186 · SEINE-ET-OISE · texte numérisé non relu

SEINE-ET-OISE

lrt circonscription de GORBEIL.

M. Dabius LE COREE

Elu pour la ir* fois la 3 mai 1936,

(Voir le programme du parti communiste français, p, 16,)

2* circonscription de GORBEIL,

M. Lucien MIDOL

{Groupe communiste*)

Elu pour la lre fois le $ mai 1932, — Réélu le 3 mai 1936,

(Voir le programme du parti communiste français, p, 16.)

Chers camarades,

Chers concitoyens,

Les organisations responsables du parti communiste ont décidé de me présenter comme candidat aux élections législatives dans la nouvelle deuxième circonscription de Corbeil et je me félicite de cette décision.

Quatre années de mandat parlementaire, pendant lesquelles je me suis efforcé d défendre les intérêts des travailleurs de toutes professions, ont permis de créer entre eux et mon parti, dont j’étais le représentant connu, des liens profonds de solidarité et d'identité

de sentiments. De nombreux camarades avaient, en outre, une affectueuse sympathie pour leur député. Cela justifierait déjà ma satisfaction d'être à nouveau candidat.

Mais je serai également fier d’être le représentant dTun canton qui, depuis longtemps, en Seine-et-üise, s’est placé à l’avant-garde de la lutte pour émancipation des travailleurs et la défense de leurs intérêts.

Les milliers d’ouvriers chassés de Paris par la crise du logement n oublient pas aujourd’ hui qu’ils étaient hier, dans la capitale, des soldats ardents de la bataille revendicative et politique. Si, dans la période de quiétude et de prospérité relatives, certains avaient quelque peu oublié que leurs adversaires de classe ne désarment jamais, ils se sont rapidement regroupés autour des militants révolutionnaires dès qu’est apparue la menace fasciste*

C’est vers notre parti communiste qu’ils se sont tournés lorsque les difficultés sont venues, quand le chômage a fait ses ravages, quand les taxes syndicales et les impôts sont devenus plus lourds, plus insupportables, quand les travaux d’édilitè et d’urbanisme se sont ralentis faute de crédits.

Pour remédier à cette situation angoissante, ils ont acclamé les mots d’ordre de notre parti : le « pain », la « paix » et la « liberté », devenus bientôt ceux du Front populaire, II s ont adopté et propagé la revendication non moins urgente : a Faire payer les riches ».

Ils ont redonné à notre parti les municipalités que la réaction et la trahison nous avaient enlevées ; ils nous en ont donné d’autres. Aux quatres cités gérées par nos militants, iis en ajouteront encore demain. Le canton de Longjumeau possède un conseiller général communiste. Un conseiller d’arrondissement a été élu dernièrement, avec la majorité absolue dans 12 commîmes.

Les cheminots de Juvisy ont donné parmi les premiers le signal de l’unité syndicale, qui devait, après vingt mois d’efforts, se réaliser nationalement à Toulouse et dresser le front puissant des travailleurs syndiqués contre l’ennemi de classe.

Les petits commerçants et les petits artisans comprennent que leurs intérêts sont étroitement liés à ceux des travailleurs qui les font vivre. Il en est de même des paysans, des maraîchers, des fournisseurs des halles. Ils savent tous que la solution de leur misère est dans une féconde union des paysans voulant justement vendre leurs produits à un prix rémunérateur et des ouvriers qui veulent vivre en travaillant et en achetant les produits de la terre.

Ils comprennent tous qu’il est indispensable de s’unir pour jeter sur les épaules de leurs exploiteurs les lourdes charges qui pèsent sur eux. Us veulent lutter ensemble contre la misère, le fascisme et la guerre et bouter dehors le régime qui les oppresse*

Oui, on peut être fier cfêtre le représentant de tels travailleurs, ouvriers de l'industrie privée et des services publics, fonction n aires, petits commerçants, artisans maraîchers, paysans ardents, combattifs qui sauront se rassembler pour faire triompher leurs revendications. Ils ont confiance dans leur parti de classe. Us seront les soldats disciplinés de la lutte antifasciste. Notre, parti communiste a été l’animateur du Front populaire; il entend le rester; il a été et sera l’interprète fidèle des aspirations populaires d’aujourd’hui et de demain,

Le parti communiste, soude étroitement avec les travailleurs, collaborant avec les organisations économiques des travailleurs par l’intermédiaire de ses membres, a établi son programme électoral. Ce dernier est la synthèse de ce que scs militants ont appris en ce penchant sur les besoins des masses laborieuses, en se mêlant aux batailles économiques, en les dirigeant, en étant les meilleurs Combattants ouvriers. Le programme national du parti communiste s adresse à tous les travailleurs de France, Nous y ajouterons, pour le canton, les quelques points suivants ;

Services p .blics et urbanisme :

Révision du plan d’aménagement de la région parisienne;

Amélioration des moyens de transport en commun et desserte dans toutes les communes. Mise en régie sociale directe de ces moyens do transport avec statut du personnel, garantissanl à ce dernier 1 emploi et le salaire;

Octroi de subventions départementales et nationales aux communes pour les travaux d'urbanisme ;

Aménagement de la ri vière d’ürge et de ses affluents afin de supprimer les dégâts causés par les inondation? ;

Achèvement de rhôpilaî de Charaintru ;

Création de nouveaux bureaux de poste ;

Electrification du chemin de fer de ceinture de Massy- Palaiseau à Juvisy ;

Amélioration des transports dans les communes desservies par l1 « Arpajonnais »;

Eclairage axial des voies de communication à circulation intense aux frais des compagnies concessionnaires;

Suppression des servitudes existant autour du parc d’aviation d’Orly;

Création d’un système d'alimentation en eau potable aux frais du département et de l'Etat.

Œuvres sociales ;

Création de dispensaires adaptés aux assurances sociales dans chaque cité importante ;

Création de bains-douches, lavoirs, dans chaque commune ;

Développement des centres de dépistage et de protection contre les maladies conta^ gieuses ;

Création de terrain de sports aménagés ;

Rétablissement des anciens taux d'allocation aux assistés sociaux et octroi beaucoup plus large des allocations militaires ;

Chômage :

Egalité des allocations avec celles du département de la Seine et fonds national de chômage ;

Suppression des saisies-ventes aussi bien pour les loyers que pour les impôts et les taxes syndicales ;

Exonération des loyers des chômeurs, avec indemnisation de l’Etat des petits propriétaires et des hôteliers ;

Gratuité de transport pour la recherche de travail.

Lotissements :

Prise en charge des taxes syndicales par l’Etat et le département;

Modification de la loi Sarraut, suppression complète de la méthode de remboursements échelonnés des compagnies concessionnaires aux associations syndicales, prise en charge par P Etat et le département du remboursement annuel prévu par la loi de 1928 ;

Révision des marchés ;

Assainissement des trop nombreux lotissements, où rien n’a encore été fait.

Agriculture et commerce :

Application dans le canton du programme national du parti communiste; en outre, maintien pour les petits fournisseurs des halles de la possibilité de vendre librement sur le carreau.

Chers camarades, chers concitoyens,

hn votant communiste, vous voterez pour vos propres revendications ; vous prendrez rengagement de vous organiser puissamment pour obliger les hésitants à tenir leurs promesses et pour aider leurs défenseurs à triompher de vos adversaires.

Vous voterez communiste parce que vous voulez arrêter le fascisme, maintenir la paixparce que vous voulez, avec le parti communiste, une France forte, libre et heureuse que nous apportera la République française des Soviets.

L, MIDOL

Député sortant.

, Candidat du parti communiste.

3e circonscription de CORBEIL.

M. Charles BENOIST (Groupe communiste.)

Elu pour la lre fois le 3 mai 1936,

{Voir le programme du parti communiste français, p, 16.)

Circonscription d’ÉTAMPES

M. Lucien CAMUS (Groupe du Parti Camille-Peiletan.)

Eiu pour la lrB fois le 3 mai 1936.

Pourquoi je suis candidat*

Sollicité par mes nombreux amis de briguer au Parlement le siège devenu libre de représentant de l'arrondissement d’Etampes, j'ai longtemps hésité ; comme maire d’Etampes, mon seul désir était de continuer à servir les intérêts d'une population qui, avec une grande majorité, m’a renouvelé mon mandat municipal.

Pour vaincre -ma résistance, mes amis m’ont fait remarquer que les candidats actuellement désignés sont surtout des candidats de partis n’ayant même pas le caractère local de nos anciens députés. Nous voyons notamment un députe de la banlieue parisienne chercher a Etampes une hospitalité qu’il ne trouve plus (pourquoi?...) dans le milieu qu’il a représenté pendant huit ans. Que, d'autre part, il serait excessivement avantageux pour l'arrondissement, que le niiiie de la piincipale ville essaie de porter au Parlement les aspirations du pays, Qu il est au surplus de mon devoir de premier citoyen de mettre en garde la population contre les fallacieuses promesses des avocats, professionnels de la politique.

Notre pays ne veut plus de ces théoriciens qui ne sortent de l'ombre que juste le temps

de se faire élire puis disparaissent pour ne plus s’occuper que de leurs « affaires » personnelles. Ce qu’il faut, ce sont des administrateurs éprouvés, et comme administrateur j’ai su faire mes preuves.

Fort de mon passé, je n’ai même pas sollicité l'appui d’aucun journal ; cela me permettra du moins de vous écrire directement et librement, ma pensée. Si je devais être élu, je vous demanderais de conserver ce livre qui contient ma profession de foi et d’en noter plus tard les divergences ; car moi, je n’ai pas peur de l’avenir, et. c’est pourquoi je je n’ai pas hésité à graver pour longtemps mon programme sur un livre.

Bien entendu, je m attends, de la part de mes concurrents, à une campagne de calomnies ou d’insinuations grotesques ; je n’y répondrai que par le silence et les chiffres, car les chiffres seuls sont là pour témoignage d’une bonne gestion.; ce sera mon seul argument, mais il est de poids.

J attire à nouveau l'attention des électeurs sur ce fait que ce sont les plus coupables qui.se posent en défenseurs de 1 ordre. On peu! mettre en parallèle les méthodes de mes adversaires et la mienne : alors ou verra que tel je suis entré à la mairie d’Etampes il y a sept ans, tel je suis resté ; si ma gestion a pu être profitable à toute la population, elle ne m a rapporté, à moi, maire d Etampcs, que des brimades voulues par un politicien aux dboia. Au contraire, on a vu des avocats politiques devenir millionnaires, de modestes imprimeurs s’enrichir par la politique et acheter villas et châteaux. Cela doit cesser ; il faut que, dès le scrutin, le candidat élu fasse publiquement le bilan de sa fortune ; s’il doit vivre honorablement de son mandat, il ne peuL s’enrichir. Avec l’appui des électeurs, je lance ceci comme un défi aux profiteurs et l’on verra si devant cette condition la place de député les tente encore*

Enfin, je pense, avec mes amis et tous les électeurs qui me font confiance, que ma présence à la Chambre me donnera une autorité accrue pour faire aboutir rapidement les requêtes et projets des communes de l'arrondissement.

J elles sont les raisons qui me décident à répondre aux sollicitations de mes amis. Demain, je vous demanderai donc vos voix, désireux uniquement de vous servir* J'entends rester 1 homme modesLe que je suis ; éloigné des prébendes et des honneurs, je puiserai uniquement ma récompense dans la satisfaction que j'aurai d'amener une population vers un idéal plus républicain , vers une amelioration sociale et de faire régner enfin un peu de bien-être dans nos campagnes.

Docteur Lucien CAMUS Maire d’E Lampes,

Notre programme.

1° Instruction publique et hygiène :

a) Prolongation de la scolarité, tant au point de vue instruction (la machine ayant remplacé le manœuvre, l'intellectuel doit commander la machine), tant au point de vue remède contre le désœuvrement d'une jeunesse abandonnée au chômage dès la sortie de l'école ;

b) Orientation professionnelle des jeunes gens ;

c) Développement des écoles agricoles et commerciales ;

d) Ecole primaire supérieure ;

e) Construction d'un préventorium ;

j) Bains-douches, piscines, développement des sports*

2° Travaux publics, travail et chômage ;

a) Institution d'un fonds national de chômage ;

b) Remplacement progressif du travail humain par celui de la machine et répartition du travail entre tous les hommes ;

e) Pour résorber le chômage : réduction de la semaine de travail sans diminution du salaire hebdomadaire ;

d) Construction de roules, suppression des passages à niveau,

3° Economie sociale :

a) Mise à Ja disposition du Gouvernement français de ia Banque de France ; Suppression du Conseil des régents, élargissement des pouvoirs du gouverneur sous le contrôle permanent d'un conseil composé de représentants des pouvoirs législatifs, du pouvoir exécutif et des grandes organisations du travail, de Fin du strie, du commerce et de l'agriculture. Transformation du capital en obligations, des mesures étant prises pour garantir îes intérêts des petits porteurs;

h) Contrôle des sorties de capitaux et répression de leur évasion;

c) Réforme démocratique du système des impôts ;

d) Instauration d’une législation de T abondance.

4° Agriculture et horticulture :

a) Création d’une politique agricole; ô) Protection de l'agriculture française ;

c) Amélioration de la qualité du blé;

d) Ouverture de nouveaux débouchés pour la culture maraîchère,

5" Commerce ;

a) Défense du petit commerce contre les trusts ;

/;) Révision de la loi des assurances sociales; c) Développement du tourisme régional,

6° Défense de la paix :

a) Désarmement et dissolution des formations para-militaires;

h) Nationalisation des industries de guerre, suppression du commerce privé des armes;

c) Appel à la collaboration des masses laborieuses pour F organisation de la paix;

d) Collaboration internationale, dans le cadre de la Société des Nations, pour la sécurité collective, par la définition de l'agresseur et l’application automatique des sanctions.

ht maintenant, citoyens, ouvriers des villes et des champs, artisans, cultivateurs et commerçants, vous tous qui constituez la masse laborieuse du peuple français, retenez bien ceci :

Par votre travail, notre province est devenue la plus riche de France. Quel profit en avez-vous liré? — La misère. Vous végétez pauvrement, au milieu de Fabondance, et cependant vous savez que la France, le monde entier même, avec une juste répartition des richesses, peut vivre dans Fopulence.

Qui donc vient mettre obstacle à votre droit de vivre ?

Agriculteurs, ce n'est pas l’ouvrier des villes.

Ouvriers, ce n’est pas F architecte ou l’ingénieur.

1 arce que tous ne sont que des ouvriers fournissant une somme de travail; tous travaillent solidairement à la vitalité du pays : vous qui nourrissez les hommes, vous qui construisez, vous qui calculez la structure de F édifice.

Celui qui met entrave à votre liberté, qui vous vole le bénéfice de votre travail, ce n’est pas le petit patron qui vous emploie ou le commerçant, car ceux-là sont aussi cruellement touchés que vous par la crise économique.

Celui qui vous oppresse impitoyablement, cTest par-dessus tout cela qu'il faut le voir; il

est au-dessus des prolétariats, au-dessus du commerce et de l’industrie; détenant toutes les renes de 1 activité nationale, il possède toutes les richesses de la France, el av*c l’aeent il impose son implacable volonté à nos gouvernements eux-mêmes.

Celui-là, l’ennemi des peuples, c’est ce syndicat international des gros intermédiaires englobant ces trusts formidables et tout puissants qui régnent en maîtres absolus sur le monde en Lier.

Croyez-vous que ce soit pour le bien de votre patrie qu’ils agissent ainsi? Non, c’est pour le seul profit de quelques privilégiés, de 200 familles seulement en France, et c’est

pour ces 200 individus que 40 rn.ll.on» de Français travaillent, souffrent et iront faire la guerre.

Vous les connaissez bien maintenant vos ennemis implacables, ceux qu’il vous faut abattre impitoyablement sous peine d’en devenir la proie; en 89, vous avez enfoncé la Has-

tille, et aujourd hui c est a 1 assaut de toutes ces nouvelles Bastilles qu’il vous faut monter pour les anéantir à jamais.

Votre devoir est clair, citoyens,

Puisque vous tenez à la vie, puisque vous voulez profiter du produit de votre travail vous assurer le b.en-etre auquel vous avez droit et une retraite pour vos vieux jours en un mot puisque vous voulez vivre, vivre, vivre; c'est-à-dire apporter votre contribution travail à votre région, a votre pays, ai univers, apporter votre part et rien que votre part de labeur quotidien pour vous adonner le soir à un art ou à un travail délassant, musique ou dessin philosophie ou etudes sociales, ou selon vos habitudes aux sports, aux jeux ou plus modestement à vos travaux de jardinage et surtout à la joie de vous retrouver chaque soir au milieu d une famille exempte de tous soucis et prolonger cette joie jusque dans la vie patriarcale

Puisque la nature vous a jeté sur cette terre pour y vivre et |y prospérer et que c’est

votre seul désir, eh bienl votre devoir c’est de vous défendre, comme la fourmi et l’abeille derend son bien.

Votre devoir est d’envoyer au Parlement français les hommes qui vous soutiennent et non les avocats de vos ennemis.

Le problème à résoudre étant d’ordrepurement économique, vos représentants doivent posséder des qualités indiscutables d’administrateurs et vous devez choisir parmi les hommes

que vous connaissez, qui connaissent vos besoins et qui ont déjà fait leurs preuves au sein de leur ville.

Electeurs,

J ai su menter la confiance de mes concitoyens étampois, je n’ai pas fait que promettre J ai agi.

Certes, j'ai dû subir l’assaut des critiques, déjouer les manœuvres de mes adversaires,

mais cela ne m’a pas empêché de me tirer avec éclat de toutes les épreuves de ma difficile gestion.

Des critiques, il ne reste rien.

Mais mon œuvre entière est demeurée, se posant comme une garantie de l’avenir.

Docteur L. CAMUS

Maire d*Ëtan|1pteB.

Membre de Ja Caisse'de crédit aux départements et aux communes.

Circonscription de IMANTjiiS.

M. G as to n B ER G E R Y

(Groupe du parti frontiats.)

Elu pour la lre fois le 29 avril 1928, — Réélu les 8 mai 1932 et 3 mai 1936,

Déclaration.

Dans quelques jours, l'ensemble des partis constituant le Front populaire va recueillir près des deux tiers des suffrages exprimés : jamais, depuis la fondation de la IIP République, 'les « Gauches » n’auront connu une victoire aussi indiscutable.

Ce sera la réponse magnifique du peuple français à ceux qui voulaient lui arracher ses libertés.

Les adversaires s’attendent à leur défaite.

Ils n’ont qu’un seul espoir : c’est que les Gauches une fois encore ne sachent pas conserver le pouvoir après l’avoir conquis — c’est que pour la troisième fois en quinze ans, on les en déloge par le chantage au franc comme en 1926, par le chantage au sang comme en 1 934.

SI cet espoir se réalisait, c’est alors que là France connaîtrait un danger de fascisation rapide, dans le désarroi causé par la dislocation d’un troisième cartel.

Mais cet espoir sera certainement déçu si le Front populaire sait tirer les leçons du passé et garder au pouvoir la cohésion qui lui aura permis de vaincre

En politique extérieure :

La volonté presque unanime du peuple français, c’est la paix. U sait qu’une guerre victorieuse esit une catastrophe à peine moins grande qu’une guerre perdue. EtJ plus que tout autre, la classe paysanne hait la guerre, plus que tout autre, elle est appelée, dans l'infanterie, à en subir les horreurs,

La paix avec toutes les nations, quel que soit leur régime intérieur. Si des nations se sont enchaînées dans des régimes de dictature} c’est a elles seules qu’il appartient de se libérer : on n’apporte pas la liberté aux peuples à la pointe de baïonnettes étrangères.

La paix dans Légalité des droits : ce fut Thonneur de la France de déclarer en 1789 qu’il n’y a pas de paix intérieure que dans l’égalité des droits entre les citoyens. C est son honneur aujourd’hui de reconnaître qu’il n’y a pas de paix extérieure durable que dans Légalité des droits entre les nations.

La paix par l’arrêt de la course aux armements dont la seule issue possible est la ruine d’abord, la guerre ensuite. Nous devons accepter et même proposer toute réduction d’armements, à la seule condition qu’elle soit égale pour toutes les nations et qu’elle soit sévèrement contrôlée,

La paix par Lassistance mutuelle ouverte à tous les peuples — et non par ces blocs d’ « alliances » qui provoquent des c< contre-blocs » et par conséquent la guerre.

La paix enfin par l’organisa lion de la procédure prévue par L article *19 du Traité de Versailles. Dans l’Histoire, tous les traités ont été révisés mais par la guerre. Devant un monde en mouvement, si on veut pouvoir, interdire et réprimer toute révision de traités par la force, il faut organiser les méthodes juridiques et pacifiques d’adaptation des traités devenus dangereux pour la paix du monde.

En politique intérieure :

Nous confirmons notre programme de 1928, de 1932, de 1934.

Nous voulons notamment :

L’égalité absolue devant renseignement, avec gratuité et sélection dans renseignement du second degré ainsi que la prolongation de la scolarité jusqu’à 14 ans ;

L’équilibre budgétaire, non par des décrets-lois de misère dont nous voulons l'annulation mais par la répression de la fraude fiscale, la répression du gaspillage des administrations civiles et militaires, rinstitution de la caisse des pensions et surtout la remise en marche d'une économie aujourd'hui paralysée (voir ci-dessous) ;

Une politique agricole permettant enfin au cultivateur, par T Office du blé, de vendre ses produits à un prix rémunérateur — et, par l'Office des engrais, d'acheter azote et potasse au prix de revient ;

Une politique ouvrière comprenant : l’application du droit syndical pour tous — rinstitution d’un fonds national de chômage et de retraites — la réduction, rendue possible et même nécessaire par le machinisme, de ïa semaine de travail saris réduction de salaire — l'exécution d'un plan de grands travaux mettant enfin la France au niveau des autres grandes nations ;

Une politique commerciale impliquant le remplacement de la taxe sur le ch i lire d’affaires — la révision effective des billets de fonds de commerce — et les mesures destinées à éviter l’écrasement des commerçants par les « prix uniques » ;

Le désarmement et la dissolution des formations paramilitaires, incompatibles avec

V autorité de P Etat*

Mais il est aujourd’hui clair pour tous que ce programme extérieur et intérieur est illusoire tant qu’on n’aura pas abattu les puissances qui se sont toujours opposées à sa réalisation et s'y opposeront demain comme elle s'y opposaient hier.

Nous dénonçons donc :

La Banque de France, dont deux cents actionnaires tiennent entre leurs mains la monnaie nationale — donc tous les gouvernements auxquels ils ont imposé les décrets-lois.

Les « marchands de canons » qui exigent la course aux armements et d’ailleurs réarment l'Allemagne — qui forrt que la défense nationale est pour la masse des Français un martyre et pour quelques Français une affaire.

Les grands mou lins qui détenant le quasi monopole du commerce des îflëè, ont Fait, chaque année s’effondrer les cours à la moisson pour les relever une fois que le cultivateur avait vendu sa récolte — qui ont par cette spéculation soustrait jusqu'à 42 francs par

quintal et par an. .

Les assurances qui, sur 19 milliards de chiffre d’affaires annuel, prélèvent 4 milliards

de bénéfices et de commissions.

Les compagnies de transport qui font payer leur déficit annuel (4.200.000 fiOO r. pour les seuls chemins de 1er, en 1 93 4) par 1 Etat, cest-à-dire par les contribua j e.. alors qu’une part importa te de. ce déficit se transforme en bénéfices pour leurs filiales # officielles ou occultes et pour les banques plaçant leurs emprunts.

Le trust de l’énergie (électricité, eau, gaz, pétrole et bientôt houillères) qui fait, payer de 1 fr. 50 à 5 francs, suivant la région, le kilowatt d’électricité devant revenir entre 10 et 15 centimes.

Le trust de la publicité enfin (Agence Havas) qui met la presse au service des autres trusts pour domestiquer T opinion*

Tant que ces trusts seront là, il n’y aura :

ni remède à la crise : en tuant la libre concurrence, ils ont brisé le régulateur de i économie ; le volume des salaires, de la production et des prix est livré à leur appétit de spéculation ; • ^

ni liberté politique, les gouvernements sont des fantoches dont ils tirent les ficelles par leur banque et leur presse ;

ni moralité ils sont les corrupteurs des élus municipaux, des parlementaires des ministres, des fonctionnaires et des électeurs eux-mêmes. Le G février s’est fait au cri

d « A bas les corrompus ». Si dans le même temps on n’abat Pas les corrupteurs la corruption renaîtra et s'aggravera.

G’esL donc pour des raisons économiques, politiques et morales que nous disons : la

tache première est de transformer les trusts en services publics.

Nous pensons qu’il est essentiel de ne pas aller an delà - et de ne pas rester en deçà cio cette reiorme de structure essentielle»

Vouloir dépasser ce stade, vouloir détruire les formes non monopolisées de la propriété, vouloir instaurer la dictature prolétarienne - serait rejeter dans les bras du fascisme vingt millions de paysans, dix millions de bourgeois et une partie de la classe

Mais ne pas oser aller jusque-là - se contenter de la perspective d’un impossible « contrôle » par exemple — serait vouer le Front populaire au même sort que les gouver-

nemenl, de ,924 et de ,932. Si le Cive™,™», „-,bel p.s les mus.s, il L, „M,u pan eux* 1

Eu guise de réponse, prétextant les complications extérieures, nos adversaires se contenten de reclamer 1 union nécessaire entre tous les Français : ces soi-disant patriotes

detSet ^ qUS CO“rtj^ Patrie P°ur sa“«r les privilèges des « Maîtres

Nous repoussons « leur union nationale » qui prétend unir tout un peuple de volés à sa m monte de voleurs. 1 1

la n a ti o ru n°US n°US refUS°nS * Une P°1UiqUe en faveur d’u«e seule classe qui morcellerait

Nous voulons la réconciliation de 38 millions de Français — paysans ouvriers et lourgeois travailleurs — contre la tyrannie odieuse et stupide des trusts.

Pour la 1H rance !,f. Contre les puissances d'argent \ ,mm Debout l

Gaston BERGER Y

Chevalier de la Légion d'honneur.

Crois de guerre.

Anden dépu lé de Seinc-et-OÎÊe.

1" circonscription de PONTOISE.

M. Alexandre PRACHAY (Groupe communiste.)

Elu pour la I« fois le 3 mai 1936.

(Voir le programme du parti communiste français, p. 10.)

Aux électeurs ,

Appelés à voter dans des circonstances exceptionnellement graves, vous avez à défendre par votre bulletin de vote, votre pain, vos libertés et votre vie.

Dans notre circonscription, la compétition électorale est conditionnée par l’impératif : il laut battre le candidat du fascisme et de la guerre, M. Henry- Franklin Bouillon, député sortant. Rénégat du parti radical et radical socialiste dont l'attitude est une offense et une injure à la mémoire d'un noble proscriL du coup d’Etat du 2 décembre 1851, mal élu d’une coalition immorale de républicains abusés eL de fieffés réactionnaires, il est l’ennemi du peuple et ne doit plus, à l’avenir, représenter au Parlement la population laborieuse de notre circonscription.

Il a participé à la politique néfaste des 200 familles cl1 exploiteurs capitalistes en approuvant et soutenant de ses votes les Ministères Doumergue et Laval dont les décretslois ont frappé les couches laborieuses de notre pays. Fonctionnaires et ouvriers des services publics, anciens combattants, assistés sociaux, petits rentiers, vous ne sauriez l'oublier, 11 ne s’est, par ailleurs, nullement préoccupé des petits commerçants et des paysans travailleurs victimes de la crise. Il a été et reste le complice des entreprises fascistes contre les libertés démocratiques, car dans cette circonscription, il a pour supporters et pour garde blanche, tous ceux connus comme appartenant aux formations fascistes de guerre civile * croix de feu, camelots du roi, etc*

11 est le candidat des féodaux terriens, des gros patrons et commerçants qui payent les ouvriers misérablement et les enrôlent de torce chez les croix de feu, jeunesses patriotes et autres organisations de « coup de force » contre la République. Derrière lui sont : Delong du Percbay, 400 hectares, Thomassin, 700 à 800 hectares, Jorel et Bénard de Génicourt, etc.

îl est, par ailleurs, un des grands responsables de la tragique situation extérieure devant laquelle se trouve placé notre pays* Par sa propagande continue contre les travailleurs d Allemagne, par son opposition persévérante à la politique de désarmement, par son approbation de 1 agression de 1 Italie fasciste contre l’Ethiopie, par son hostilité au pacte francosoviétique légitimée avec des arguments empruntés à Hitler, il a contribué plus que tous autres à I épanouissement de la situation actuelle. Si les canons allemands sont maintenant à 3UÛ mètres de notre irontiêre, à qui la faute, sinon à lui et à ses pareils? Cette jeunesse sur laquelle il teint de s’apitoyer, il J’en trame vers les nouveaux charniers. Le sang versé sera la rançon payée par les justes et les innocents pour sa sempiternelle invocation à la guerre prevenhve qu’a préparé pendant des années ce politicien sans cœur et au bavardage intarissable*

ÎN o tre parti communiste lui oppose notre camarade Prachay Alexandre, professeur syndiqué, conseiller municipal de Pontoise, digne de représenter notre parti dans cette compétition législative* Vieux militant, car il appartient depuis treize ans au parti, qu’il a servi avec une fidélité absolue et un dévouement total dans toutes les régions de France où

sa profession Ta fait résider et ceci, en dépit des vexations et de la répression qu'il a eu a subir à diverses reprises. Et, en bon communiste, il n’a eu garde de borner son activité au seul parti communiste. It a milité au syndicat, au comité d'Amsterdam-PIeyel, au Secours rouge international, etc. Nul doute que tous les électeurs appartenant aux couches laborieuses de la population ne lui apportent leurs suffrages, bien certains de trouver en lui l'homme qui sera, en toutes circonstances, leur infatigable et persévérant défenseur, parce qu’il est de leur classe, qu'il vit avec eux et connaît leurs peines et leurs revendications. Parfait honnête homme, d'une scrupuleuse probité professionnelle, d’une courLoisie irréprochable, ceux mêmes qui le combattent politiquement, s'inclinent devant la loyauté et l’ardeur de ses convictions. Ce n'est pas un « politicien a mais un militant sincère, actif et désintéressé. Au Parlement, s'il est élu, notre camarade Prachay Alexandre sera le député discipliné du groupe communiste qui, en toutes circonstances, défendra le programme de notre parti, garantie de fidélité du député aux promesses du candidat. Il ne manquera pas de s’attacher à la défense de certaines revendications particulièrement pressantes dans îa circonscription comme dans tout le département de Seine-et-Oise :

1° Création du fonds national de chômage, permettant l'attribution de secours aux chômeurs des communes rurales qui en sont privées, et modification des règlements d'attribution de ces secours empêchant l'arbitraire dans les décisions des municipalités;

2(ï Extension aux ouvriers agricoles des lois sociales : prud’homme, allocations familiales, etc., et défense légale de leurs droits politiques et syndicaux contre la tyrannie des' féodaux de la terre;

3° Retour à une politique plus humaine eu faveur des assistés sociaux : vieillards et incurables, femmes en couches, familles nombreuses et développement des oeuvres d'hygiène sociale dans des conditions qui permettent à tous ceux qui sont démunis des ressources suffisantes de se soigner sérieuse ment ;

4° Remise en train des constructions scolaires afférentes aux divers ordres d’enseignement et qui restent en souffrance depuis des années pour le plus grand dommage des jeunes;

5° Aménagement des lotissements avec une large participation financière de l’Etat;

6* Organisation de travaux visant à assurer, suivant un plan d’ensemble, l'alimentation des communes en eau potable et leur assainissement par l’évacuation des eaux usées et une amélioration des moyens de communication routiers.

Notre parti communiste fidèle à sa politique de renforcement du Front populaire qui doit réaliser la réconcilia tion- sincère de tou^ les Français* s’engage, par ailleurs, à désister son candidat en faveur de tout autre candidat du Front populaire plus favorisé au premier tour de scrutin.

Pour avoir la certitude d'une défense efficace de vos revendications, pour donner le pouvoir à ceux qui, issus de votre classe, font servie fidèlement, pour chasser des ennemis du peuple au Parlement.

Pour l'union de tous les exploités, contre les 200 familles et leurs agents.

Pour la France libre, forte et heureuse que veut et fera le communisme.

Electeurs de la F® circonscription de Pontoise,

Votez communiste.

Votez pour le camarade

Alexandre PRACHAY

Professeur syndiqué.

Conseiller municipal de Pontoise.

Les ray o ns commun îsles de la 1 re c ire on scrip t ion de Ponio isé .

2e Circonscription de PONTOISE.

M. Antoine DEMUSÛ1S {G ro u pe çom m u n î s te, )

Elu pour la lre fois le 3 mai 1936.

(Voir le programme du Parti communiste français, p. 16.)

Programme cantonal et départemental de défense des intérêts des ouvriers et paysans.

Aménagement de la région parisienne :

La vie et le développement de noLre département de Seine-et-Oise sont étroitement lies a la vie et a 1 activité du département de la Seine, soit qu’il s’agisse des intérêts des habitants on producteurs de la banlieue, soit qu’il s’agisse des producteurs des régions agricoles plus éloignées dont les travailleurs de la région parisienne sont les principaux

Pans a sa répercussion directe sur la Seine-et-Oise qu’il met dans la nécessité d’une transformation rapide ma.s coûteuse. L’extension de Paris, son trafic monstre par transports routiers avec la province, les réclamations légitimes des habitants des communes su urbaines, qui demandent avec nous des facilités de transports améliorées pour les besoins de leur prolession, ou pour se rendre à leur travail quotidien, nous obligent à une solution immédiate du problème de la voirie La densité de la population de notre département appelle des mesures d’hygiène et de salubrité indispensables,

Mais^ la situation financière de nos villes et de notre département, durement touchés par le chômage, ne permet pas d’envisager les travaux rendus nécessaires. Le département e Seine-et-Uise doit donc être l’objet de sollicitudes de l’Etat, bénéficier de subventions spéciales pour son assainissement et son aménagement*

Organisation des grands travaux :

Le plan d’aménagement de la région parisienne doit être immédiatement révisé, afin e tenir compte des intérêts des populations laborieuses intéressées, et de comprendre les grands travaux indispensables pour la modernisation de la Seine-et-Oise. Il devra être mis de suite en application.

Ces grands tra vaux devront avoir pour autre but de résorber le chômage et de redonner une aelhiLc au petit commerce et à la petite industrie* Leur mise en adjudication par petits l0ts? tûules les Fois que ce sera possible, devra permettre la participation des peLits entrepreneurs locaux et régionaux, lis ne devront pas être motifs à bénéfices scandaleux de quelques gros consortiums.

Voies de communication :

L intensification constante du trafic routier demande que soient prises des mesures immédiates et hardies dans un rayon de 100 kilomètres :

Elargissement des routes nationales et routes à circulation intense, création ou mise en viabilité des chemins de grande communication intercommunale ;

Elargissement des ponts, suppression des passages à niveau meurtriers, création de passages souterrains ;

Développement de la signalisation routière ; éclairage public moderne des routes nationales dans la traversée des agglomérations aux frais de l'Etat.

Lotissements :

Les travaux d’aménagement des lotissements défectueux et leur financement doivent être compris dans ces travaux qui sont bien entendu aux frais de l’Etat, ce dernier devant supporter également le poids des cotisations dues par les lotis pour leurs travaux déjà exécutés.

Assainissement et santé publique :

L’assainissement du département est un problème important et doit être une préoccupation constante des élus du département.

Un réseau d'égouts collecteurs sillonnant la Seine-et-Oise faciliterait la tâche des administrateurs locaux pour l’évacuation des eaux résiduaires, en particulier l’aménagement du Petit Rosne et du Croud pour la partie nord du département.

Alimentation en eau potable. — L’alimentation en eau potable ne doit pas être laissée à la charge des communes, leur situation financière ne leur permettant pas d’importants travaux de canalisation.

La grande consommation des eaux de puits, cependant impropres à la consommation, est une source d'épidémies et par répercussion une grosse charge pour les communes (frais médicaux et d’hôpitaux).

Hygiène sociale . — Favoriser la multiplication des dispensaires municipaux par des subventions départementales. Extension des dispensaires d’hygiène sociale (dépistage de la tuberculose, cancer et maladies contagieuses).

Unification des services hospitaliers du département. Au lieu de poussière d hôpitaux, création de grands hôpitaux modernes, avec circonscriptions sanitaires mieux réparties, en tenant compte des moyens de locomotion et de la densité de la population.

Suppression des taudis ; construction d’H. 13. M. dans les endroits ou elles représentent un véritable besoin.

Protection de l’enfance. — Enseignement. — Soutien de la jeunesse :

Le problème de l’enfance nécessite une réorganisation complète des oeuvres existantes et l’aide du département et de l'Etat pour la création de maternités, gouttes de lait, garderies d’enfants, colonies scolaires de vacances.

De nombreux projets de construction scolaire sont en soufYrance, et cependant, suitout dans la banlieue immédiate, les classes sont surchargées. Ces projets doivent pouvoir être mis à exécution sans tarder avec un régime spécial de subventions pour les villes de Seine-et-Oise.

Des écoles supérieures, des écoles de métiers départementales ou nationales, et des bourses d’études plus nombreuses doivent permettre aux jeunes que la crise laisse sans emploi de poursuivre leur instruction ou d’acquérir des connaissances techniques.

Des salles de jeux, de réunion, de lecture doivent être mises à la disposition de la jeunesse, ainsi que de nombreux terrains de sports et salles d’éducation physique.

Une certaine priorité doit être donnée à la Seine-et-Oise sur les autres départements, à cause de ses besoins pressants et de la crise qui fait que la moitié des jeunes gens, dès l’âge de 14 ans, sont sans occupation.

Chômage :

L’adraioist ration des villes de Seine- et- Oise, déjà si difficile par un accroissement imprévu de la po pulatiou, es! rendue impossible par les charges nouvelles et formidables créées par le chômage (payement des allocations, secours extraordinaires, assistance médicale graluiLe), Les villes ouvrières de banlieue sont toutes ruinées et ne peuvent plus administrer provisoirement qu'en ayant recours à l'emprunt D'autre paroles règlements d'admission aux secours de chômage, les délais de résidence exigés, créent des barrières entre les départements et les différences entre Français sont injustes et contraires à l'esprit national.

Gomme Font demandé les élus communistes au Conseil général de Seine-et-Oise, il Importe de supprimer ce « délai de résidence « qui enlève aux chômeurs n'habitant pas le département avant le l*r janvier 1934 le droit de bénéficier ponr eux et leur famille des allocations de chômage.

Pour les ouvriers agricoles, dont chacun connaît les maigres salaires, et qui sont atteints parle chômage, nous demandons. que le calcul de l'allocation soit fait non sur le demi-salaire, mais sur les deux tiers de celui-ci.

Egalement, nous réclamons pour les petits hôteliers et petits propriétaires de Seine-et- Oise logeant des chômeurs, le droit à une indemnité de crise au moins égale à celle payée dans le département de la Seine.

De plus, et pour lutter contre le chômage, nous demandons l'ouverture de grands travaux et l'application de la semaine de quarante heures* sans réduction du revenu ouvrier.

Enfin, la crise de chômage étant une plaie nationale, elle ne peut être supportée seulement par une partie de la population,

La constitution d'un fonds national de chômage est une nécessité urgente.

Le sauvetage de ^agriculture :

La terre ne fait plus vivre ceux qui travaillent. Malgré les dures privations qu'ils s’imposent, les paysans ne parviennent plus à éviter l'endettement, qui est le commencement de leur expropriation.

La revalorisation des produits agricoles est indispensable. L’Etat a le devoir de garantir aux cultivateurs l'achat de leur récolte à un prix rémunérateur.

Institution d'un moratoire pour les dettes agricoles et les impôts. Suppression de Fimpôt foncier et des droits de mutation pour les paysans travaillant la terre qu’ils possèdent.

Tant que la revalorisation des produits agricoles n’aura pas été opérée, des crédits et des indemnités de crise seront mis à la disposition des paysans travailleurs.

Secours et indemnisation complète et rapide aux victimes des calamités : grêle et inondations, etc...

Pour les ouvriers agricoles, création à la charge de l'Etat de fonds de chômage dans les communes rurales avec inscription de tous les chômeurs ruraux. Droit aux allocations familiales. Mêmes droits en matière d'assurances sociales aux ouvriers agricoles qu’aux ouvriers de l'industrie. Gréa lion de conseils de prud’homme paysans. Grands travaux d’utilité paysanne et aide à la campagne.

Achèvement rapide des travaux d'électrification rurale.

Réfection des chemins vicinaux et communaux.

Fourniture aux communes de matériel moderne de lutte contre l'incendie.

Construction d’adduction d'eau potable dans les villages privés d'eau.

Les ressources nécessaires pour la réalisation de ces mesures indispensables seront fournies par les moyens financiers que nous avons cités plus haut, c'est-à-dire : prélèvement sur les grosses fortunes (de 3 à 20 0/0 selon les fortunes à partir Jde 500.000 francs), payement des allocations de crise par un prélèvement sur les bénéfices des grosses entreprises agricoles, etc.

Pour réaliser la défense de leurs intérêts, les paysans doivent s'unir étroitement,. Ce programme permet de le faire.

C’est avec les travailleurs des champs, en liaison étroite avec les élus départementaux et municipaux, avec les organisations des travailleurs des villes et des campagnes, que nous voulons lutter de toutes nps forces pour l’application de ce programme.

Pour les revendications cantonales et départementales i Pour le Pain, la Paix et la Liberté !

Affirmez votre accord et votre confiance en votant le 26 avril pour

Antoine DEM U SOI S

Candidat du Parti communiste*

3e circonscription de PONTOISE,

M. Emile COSSONNEAU (Groupe communiste. J

Elu pour la 1” fois le 3 mai 1936,

(Voir ^programme du parti communiste français, p. 16,}

4e circonscription de PONTOISE.

M. Charles TI 10 NON (Groupe socialiste,)

Elu pour la lTe fois le 3 mai 1936*

(Voirie programme du parti socialiste S. F. I. 0*, p* 3.)

Citoyens,

le 26 avril prochain, vous êtes appelés à désigner un représentant au Parlement.

Le Parti socialiste, ses 660 militants des cantons d’Ecouen, Montmorency et Taverny, ses élus municipaux, présentent à vos suffrages, la candidature de

Charles TIION ON Maire de S&mt-Grattan.

Depuis douze années dans la circonscription, Charles Tlionon est des vôtres ; militant infatigable, c'est en grande partie à son action et à son talent que le socialisme a fait d'aussi grands progrès dans toutes les localités de nos trois cantons*

Ancien conseiller municipal de Groslay, aujourd’hui maire de Sain l-Gra lien, il administre celte ville avec ordre et méthode. 11 est l’homme de l’avenir, brisant avec la routine du passé et do laisser-faire. 11 est l’homme du Parti socialiste, de sa doctrine et de ses moyens d’action, comme il le fut en 1928 et en 1982. Aux dernières élections législatives il fut., au second tour de scrutin, le candidat désigné par le suffrage universel pour battre la réaction.

Ancien combattant, plusieurs fois blessé, il est de ceux qui maudissent la guerre, ce crime entre les crimes qui détruit les hommes et les richesses que leur travail a créées,

/ ïte

Depuis 1932, où Tardieu chantait l'hymne de la prospérilé, la crise s’est accentuée, la misère a grandi, les dangers de guerre sont plus menaçants, le fascisme se fait plus arrogant. Lo socialisme est décidé à lutter contre la crise, à lutter contre la guerre, à abattre le fascisme*

II revendique la totalité du pouvoir.

Il soumet ù votre jugement les grandes lignes de son programme qu’il déclare vouloir appliquer Immédiatement,

Ii veut :

Défendre lés libertés démocratiques contre le fascisme et rétablir ia souveraineté populaire

Réparer les injustices commises au détriment des anciens combattants, des fonctionnaires, des cheminots, des retraités, des vieux travailleurs et de leur famille. Abrogation des décrets-lois.

Soulager ?ans délai les misères causées par la crise. {Fonds national de chômage.)

Assurer du travail à ceux qui ne disposent que de leur salaire pour vivre ; accroître le revenu consommable en augmentant la masse des salaires, (Programme de grands travaux. — Semaine de quarante heures avec maintien du salaire.)

Assurer des débouchés aux cultivateurs. (Offices nationaux.)

Assurer des clients aux petits commerçants et artisans par l'adoption d’un mécanisme exactement à l’inverse de la déflation.

Libérer producteurs, commerçants et paysans de l’oppression fiscale qui pèse sur eux»

Rétablir Tordre dans la production et restituer à la collectivité le profit de* grands monopoles capitalistes : mines, assurances privées, grandes industries métallurgiques, chimiques et électriques, transports, pétroles, sucreries et raffineries, crédits et banques.

Proclamer l’égalité civile et politique des sexes.

Instituer la représentation proportionnelle.

Préserver la paix par la sécurité collective et le désarmement général.

C’est à la réalisation de ce programme que Charles Thonon portera toute son activité au Parlement, #

Dans le cadre régional où nos populations ont tant de besoin^ son action se manifestera notamment dans les domaines suivants :

Assainissement de la vallée de Montmorency, problème depuis longtemps posé mais jamais résolu.

Rachat de la forêt par l’Etat, pour arrêter le déboisement, cause d'inondations.

Action auprès de la Compagnie du Nord et des T. C, R, P. pour le transport rapide et plus fréquent des travailleurs de la région.

Construction d'écoles et en particulier d'un groupe scolaire intercommunal à Ermont, avec école d'enseignement professionnel et d’un cours complémentaire dans le canton d'Eco u en.

Action en faveur des assujettis aux lois Ribot et Loticheur, en accord avec leuis orga^ ni sa lions,

Défense des travailleurs par l’appui donné à leurs organisations syndicales.

Développement des organisations sportives et groupements de jeunesse.

Défense des droits, libertés et prérogatives communales.

L 'couvre est vaste mais le Parti socialiste est décidé h la mener à bien.

Charles Thonon, par son passé et sa volonté de réaliser, vous est une garantie que les promesses seront tenues, que les réalisations se dresseront victorieuses face au vieux monde capitaliste qui s'écroule, engloutissant avec lui, ceux qui vous chloroforment et vous volent.

Pour cela, nous avons besoin de vous, il faut que dès le premier tour, eu masse.

Vous votiez socialiste,

Vous votiez pour Charles Thonon.

Au deuxième tour, pas d'équivoque, vous voterez front populaire, vous ferez un geste de salubrité républicaine, vous chasserez Patenôtre-Desnoyers.

La Commission exécutive :

Pour les secrétaires de sections :

D BS court raux,

Secrétaire fédéral.

Germaine Degrond, Labgois, Court y f Moulin, Groijaeel,

Membres 4e ta G. À fédérale.

Peur les élus municipaux de la i* circonscription de Pontoise :

Pelletier,

Maire d'Eaubonne,

Bonnin ,

Adjoint au maire d* Cautionne.

Dupât y , Sarrazix, Salënïik,

Aijoints au maire de Saint -Grali en.

D ES COURTIEU X, MaUD,

* Adjoints au maire de Ecauctiamp.

Thuloup, Obre,

Adjoints au maire d’Ermont.

Circonscription de RAMBOUILLET,

M. Raymond PATENGTRE (Groupe de Füntoïi socialiste et répub iitairi© }

Elu pour la 1” fois le 22 avril 1928. — Réélu les 1er mai 1932 et 3 mai 1936.

Mes chers concitoyens,

Dix ans ont passé depuis le jour où le canton de Rambouillet, en m’élisant conseiller général, ouvrait à ma jeunesse T accès de la vie publique.

Puis, ce fut T arrondissement qui me fit l'honneur de me choisir comme représentant au Parlement et, quatre ans plus tard, me renouvelait sa confiance dans une mesure que je n'aurais pas espérée.

Au moment où je trace ces lignes à votre adresse, ma première pensée est une pensée de gratitude pour la faveur dont vous m’avez comblé dans le passé et qui restera la fierté de ma vie.

Parvenu au terme de mon second mandat, j’ai conscience, en sollicitant à nouveau vos suffrages, d’avoir rempli ma tache avec Tardent désir de servir mon pays aux heures graves qu'il traverse,

La nouvelle Chambre va se trouver face A face avec des responsabilités d'autant plus angoissantes qu’elles ont été systématiquement différées et même cachées au pays.

Il faudra trouver une majorité homogène capable de s'entendre pour une action minima et le Gouvernement se trouvera ainsi obligé de limiter son initiative aux points essentiels, sinon nous assisterons à de nouvelles crises ministérielles, également néfastes pour le pays et pour le régime.

Si malgré certaines désillusions, certaines amertumes, je n’ai pas hésité à me représenter ^ e’esL que j’ai néanmoins la conviction que les premiers mois de la législature seront décisifs eL qu’enfin un sort meilleur attend le pays.

Mais il n’y a plus une faute à commettre et, dût ma franchise me coûter quelques suffrages, j’ai le devoir d’en avertir tous les républicains de cette circonscription*

Dans le domaine de la politique extérieure, une entente pour la limita (ion générale des armements n’étant pas intervenue (entente sans laquelle l’organisation d’une paix effective en Europe est devenue précaire, sinon chimérique), il nous faut désormais assurer notre sécurité nationale de la façon la plus totale.

Certes, nous ne devons pas écarter, -a priori , l’éventualité d’un accord avec l'Allemagne, dont j’ai toujours été partisan on même temps qu’Aristide Briand, ainsi qp’une entente pour enrayer la course aux armements. Malheureusement, la violation du traité de Locarno et la mauvaise foi hitlérienne nous commandent une grande réserve et un grand scepticisme. Dans ces conditions, comme patriotes et comme républicains, il nous faut tout mettre en œuvre pour protéger notre territoire et nos libertés*

Cela, d’ailleurs, ne suffît pas; par des accords avec les états-majors, nous devons resserrer les liens d’amitié qui nous unissent avec l’Angleterre, la Russie, la Belgique et la Petite-Entente, seul moyen de neutraliser 3a menace que fait peser sur l'Europe une hégémonie germanique.

En matière financière et économique, les erreurs commises ont simultanément appauvri nos concitoyens et gravement endetté la Nation. Tant qu’une vigoureuse reprise des affaires chez nous ne se sera pas produite, l'endettement de la collectivité se poursuivra* Malgré une fiscalité accablante, l’insuffisance des recettes se fera sentir, et nous approchons du moment où pareille situation impliquerait les plus graves dangers.

En effet, la Commission des finances évalue déjà à une centaine de milliards Faccroissement de la dette publique depuis 3a crise, et la cadence de cet endettement dépasse un milliard de francs par mois. L’appel direct au public est désormais pratiquement exclu. Nous ne pouvons, sans risques, continuer à emprunter à Londres. De même l'élévation du plafond de nos bons ne saurait se répéter souvent.

Enfin, le gage de nos billets {or et devises étrangères) ayant fléchi d’une trentaine de milliards, c’est, par conséquent, une inflation de 30 milliards qui s’est développée progressivement.

Je ne reviendrai pas sur mes avertissements tant de fois répétés et, aujourd’hui hélas I sur le point d’être confirmés. Tandis que les trois quarts de la planète éprouvent les bienfaits d’une reprise économique parfois même sensationnelle, nous assistons non seulement au malaise persistant de notre économie nationale (à l'exception des industries qui travaillent pour la défense nationale, de quelques secteurs « abrités »), mais encore au progrèi de l1 inflation, lourde de menaces pour les rentiers et, du reste, pour les citoyens solidaires du crédit de F Etat.

Désormais, personne ne préconise plus la déflation; on a compris qu’en France, comme dans tous les pays, la déflation ne pouvait rétablir l’équilibre économique. Par conséquent, le problème névralgique subsiste : tandis que les prix mondiaux se situent, en 1936, 50 0/0 en or au-dessous de leur niveau de 1929, le coût de la vie chez nous a rétrogradé de 22 0/0 seulement. Ainsi, non seulement nous avons perdu le privilège d’avoir un coût de la vie d© 10 à 15 0/0 inférieur aux autres importantes nations, mais encore nous demeurons entre 15 et 20 0/0 plus chers qu’en Angleterre.

D’autre part, subsiste l’écart déplorable entre nos prix à la production et nos prix à la consommation. Ce double déséquilibre, que j’ai tant de fois signalé, nous empêche de participer à cette reprise mondiale, reprise seule capable (même en faisant payer les riches) de nous permettre de faire face à une dette devenue formidable, aux besoins de la défense nationale, à l’améliora üon des conditions d’existence de nos agriculteurs, de nos commerçants et de nos ouvriers et, enfin, de ramener l'or que nous ont repris les Anglais, les Américains.

On ne saurait trop insister également sur l’urgente nécessité de modifier les statuts de la Banque de France ; ces statuts, qui remontent à Napoléon Ie*, n’autorisent que les deux cents des plus gros actionnaires (sur quarante mille) à désigner les régents de la Banque de France. De la sorte, la Banque de France, au lieu d’être au service delà Nation, demeure sous le contrôle de 200 privilégiés. Qu'un désaccord intervienne entre un Gouvernement et les régents de la Banque, désignés par les 200 privilégiés, ils coupent directement les crédits au Trésor public, et c’est la paralysie, ou plutôt la faillite. Que demain les actions de ïa Banque de France soient transformées en obligations et l’Etat sera libéré de cette servitude.

Il faut que la Banque de France devienne la Banque de la France et que l’agriculture, l’industrie, le commerce, de même qne notre magnifique domaine colonial, soient généreusement fécondés par des capitaux à bon marché, dès que sonnera l’heure du grand réveil économique.

Mes chers concitoyens,

Je n’entends pas établir un de ces catalogues électoraux destinés à éblouir le suffrage universel et qui ne coûtent qu’un effort d’imagination.

Toutes les mesures qui ont pour but de protéger et de développer la production nationale et la condition des travailleurs je m’y suis toujours associé et mon fervent concours leur est à jamais acquis.

Les agriculteurs savent ce que je pense de leur profession qui est le centre vital de l’économie française. Il importe d'assurer la revalorisation et la stabilité du marché national et je n'ai cessé, pour ma part, de préconiser la création d'un organisme chargé de résorber

les excédents par le stockage avec échelonnement des ventes, 11 faut que cesse cette situation intolérable de nos cultivateurs ne vendant leur blé à un prix suffisant que lorsque la récolte est déficitaire. Eu même temps s'impose la prohibition absolue des importations de toute nature qui ont trop provoqué l'avilissement des cours.

Les commerçants, les rentiers, les fonctionnaires, les anciens combattants ont dû, sous des formes diverses, consentir de pénibles sacrifices à la déflation. Je comprends d’autant mieux leur amertume que ces restrictions n'ont pas porté remède au mal qu'elles devaient guérir. Et voici que pour dissimuler l’échec de cette politique, ses partisans en sont réduits à réclamer une réforme de l'Etat, comme si les lois constitutionnelles avaient une part quelconque de responsabilié dans des phénomènes purement économiques.

Je veux du moins assurer de ma sympathie ceux qui ont fait les frais de ces expériences renouvelées et leur donner l'assurance que leurs protestations ont trouvé un écho dans mon opinion personnelle.

Je tiens à exprimer une fois de plus, tout l’intérêt que je porte à l'artisan a t, si digne d'être encouragé pour toutes les qualités, morales et pi'ofessionnelles qu'il représente, au sport, si utile à la santé physique de notre race, k celte jeunesse française enfin, trop souvent déçue dans ses espoirs et qui souffre d’une vie sans horizon, quelquefois sans action,

A côté des intérêts généraux, ai-je besoin de dire que ceux de l'arrondissement me sont et resteront particulièrement chers, heureux chaque fois que je pourrai, comme par le passé, aider aux réalisations utiles en secondant les municipalités, où je compte tant d'amis, dans leur dévouement à la prospérité des communes.

Mes chers concitoyens,

Vous le savez, je me suis toujours efforcé, dans notre région, de faire régner la concorde et l'union. On m’a toujours trouvé prêt à arbitrer les conflits, à concilier et à rapprocher.

Depuis dix ans, je suis et je reste un démocrate indépendant, opposé au conservatisme rétrograde, à l'égoïsme de caste, mais aussi aux mesures révolutionnaires et aux solutions de force.

Je crois à la seule vertu du progrès so îal réalisé par étapes, comme je ne crois que dans la démocratie, qui seule, garantit nos libertés, assure au peuple un sort meilleur, et que nous devons défendre ardemment contre ses ennemis déclarés ou camouflés.

En dépit des obstacles et dos dangers de l'heure présente, je garde intacte la foi qui nfia jeté naguère dans la bataille politique.

Fidèle à mon idéal de justice et de solidarité humaine, je vous demande k nouveau de me faire confiance pour défendre nos idées communes.

Vive la République 1

Vive l'arrondissement de Rambouillet î

J'ignore si j’ai pleinement justifié* votre confiance, mais je sais que j’ai mérité votre estime. J’ai toujours fait de mou mieux et agi conformément à ce que je croyais être la vérité.

Ma joie et ma fierté ont été grandes de pouvoir vous servir. Si vous le voulez, nous allons poursuivre en commun notre effort pour la prospérité de vos foyers, pour la sauvegarde de la paix et pour le triomphe de l’idéal démocratique.

l16 circonscription de VERSAILLES*

Mi Gabriel PERI (Groupe communiste.)

Elu pour la Pa fois le 8 mai 1932, — Réélu le 3 mai 1936*

(Voir lb programme du parti communiste français, p. 16,)

Quelques pointa, dé notre programme cantonal.

Travaux* - — Voirie :

Entreprise de grands travaux d'utilité publique, tels que routes départementales nouvelles, élargissement pont de Bëzons.

Construction» dun. pont à Argenteui!, remplaçant le vieux pont à péage*

Nécessité urgente d’activer les travaux de Paris port de mer, comportant lai construction d'un canal dans la boucle du fleuve entourant Argenteuil, Bezons et Sartrouville*

Mise àd; étude immédiate d'une gare de chemin de fer & Bezons, à raccorder à la ligue de Grande- Ce in tare*

Elargissement du pont de chemin de fer, route d’Enghien, à Argenteuil.

Transports :

Soutien dns revendications des usagers et voyageurs, en particulier dans notre circonscription :

Extension dé fl électrification dés lignes der chemin de fer*

Création d’une 'gare entre Argenteuil et Gormeüles (correspondance avec lk -Grande** Ceinture) avec l’aide financière du département.

Construction de -passages souterrains aux frais du réseau dans les gares qui en sont encore dépourvues*

Suppression de tous les passages à niveau et notamment ceux de la route de Cormeîlies, à Argenteuil, et création d'un pont-route en prolongement de l’avenue de Paris*

Remise en activité du dépôt des T.C.R.P* de Bezons.

Contre les surtaxes imposées par le chemin de fer de l’Etat pour faire payer aux usagers les travaux entrepris dans les gares de notre circonscription*

Gratuité, des transports des soldais et chômeurs.

Habitations. — Lotissements ■

Réforme totale de la législation sur les loyers ; protection des locataires contre les expulsions.

Octroi de crédits pour la destruction des taudis et la construction de véritables H.B.M. au prix de loyers en rapport avec la capacité de payement des locataires*

Acceptation totale des revendications de la Fédération nationale des associations d’assujettis aux lois sur les H.B.M. (ftibot-Loucheur). Vote immédiat d’une nouvelle législation codifiée s'inspirant des propositions de la Fédération nationale.

Travaux de mise en viabilité des lotissements défectueux, larges subventions aux associations syndicales constituées en exécution de la loi Sarrau t.

Droit de contrôle des mal- lotis sur tous les travaux. Avance par T Etat des fonds nécessaires à l’aménagement.

Abandon des poursuites contre les mal-lotis victimes de la crise économique en recouvrement de leurs cotisations syndicales, et prise en charge de ces cotisations parles commimes et T Etat,

Hygiène, — Assistance. — Œuvres sociales :

Crédits pour la lutte contre la tuberculose et subventions aux contres anti-cancéreux. Révision des scandaleuses diminutions des crédits affectés aux œuvres sociales.

Amélioration des services de l'Inspection médicale scolaire.

Epuration biologique des eaux d’égoûts de Paris permettant de n’épandre que des eaux propres .

Réorganisation des services chargés de l'attribution des secours aux vieillards, infirmes, incurables, aux familles mombireuses, femmes en couches. Nécessité immédiate de relèvement de ces secours.

Allocations militaires aux jeunes soldats soutiens de famille sur une base plus large.

Aide efficace aux communes de la circonscription pour la création, dans toutes les communes, de dispensaires et de centres de dépistage.

Enseigne ment. — Sports ;

Subvention aux communes pour îa construction de nouveaux groupes scolaires, pour les garderies d enfants et les patronages laïques, pour la gratuité totale des fournitures scolaires.

Augmentation des crédits pour les bourses d’études ét les bourses de voyages id1 étudiants.

Application de la loi de 1904 et 4a fermeture des ^écoles congréganistes.

Respect intégral de 'la daïci té.

'Prolongation de la scolarité jusqu'à 14 ans au minimum.

Réouverture de toutes les classes fermées par application des décrets-lois.

Dédoublement des classes surchargées.

RejeDdujprojet actuel antidémocratique de réforme des 'écoles normales.

Encouragement et aide financière à nos communes pour la création ale Stades, de cuntres d’ éducation physique, de terrains de jeu.

Pour Je petit commerce : *

Soutien de dlaction du petit commerce pour lins Lit ution de la propriété commerciale iintcgraîe, la révision des baux à usage commercial et la création d’une prud'homie .locative-

Abrogation de la réforme fiscale de 1934.

Exonération des impôts et taxes sur les bénéfices au-dessous de 10,000 francs et leut remplacement par un impôt unique eL progressif,

A met destpoursuit.es contre les petits commerçants endettés*

Soutien des petits commerçants contre le développement des entreprises à prix unique.

Défense des petits épargnants et action en faveur des victimes de l'escroquerie de 4 Etoile du Foyer,

Contre le chômage :

Emploi du plus grand nombre possible de chômeurs au tarif syndical, dans 1 execution, des grands travaux d'urbanisme qui doivent être décidés dès le début de la législature. Etablissement de la semaine de quarante heures sans diminution de salaires,

Obtention pour les chômeurs de Seine-et-Olse des memes allocations que pour leâ chômeurs de la Seine.

Exonération du loyer des chômeurs et vote d’une indemnité compensatrice aux hôteliers et petits propriétaires.

Défense de tous les droits acquis des chômeurs contre toutes brimades,

Gabriel PERI.

2e circonscription de VERSAILLES.

MP Fernand R O RBE

(Groupe de* Républicains indépendants et d'action sociale.) Elu pour la fois le 3 mai 1936.

Aux électeurs des cantons de Meulany Poissy} Maisons-Laffitte.

Mes chers Concitoyens,

Vous avez pu voir dans le numéro spécial du 22 février dernier, les conditions dans les-» quelles j’ai été amené à solliciter à nouveau vos suffrages.

Je ne saurai jamais assez témoigner, à tous ceux qui ont fait auprès de leurs amis une propagande intense en faveur de ma candidature, toute ma reconnaissance.

Qu'ils veuillent bien trouver ici l'expression de ma gratitude pour avoir combattuf comme ils Font fait, une campagne de calomnies, d'interprétations tendancieuses de mes déclarations présentes ou passées. La multitude d’encouragements que je reçois prouve que 3a franchise, l'amitié, la justice sont tout de même plus fortes que les insinuations colportées ou transmises sous une forme lâchement anonyme.

C’est du reste, en pleine connaissance de cause que les organisations nationales de cette circonscription ont pu donner, ou donneront h. leurs adhérents les directives qu ils attendent* Je me ralli| à leur arbitrage* et pour en terminer, en m'excusant d'être obligé de me défendre sur ce terrain strictement privé, si je me suis séparé de mes camarades Croix de feu, à la suite d'un malentendu, je sais publiquement aussi reconnaître mes erreurs et suis heureux aujourd’hui d'avoir simplement repris nia place dans le rang que je n’aurais jamais du quitter.

Passons maintenant sur le terrain politique.

Indépendant de tout parti politique, dénonçant depuis huit ans la confusion et le désordre provenant de la multiplicité des partis et des groupes, j'affirme être républicain et national et demande d’abord le rassemblement autour du drapeau national.

11 faut maintenant achever de clarifier le débat électoral.

Dans ce numéro spécial* j'ai indiqué ce que je pensais des principales questions qui nous préoccupent.

Chacune d’elles devrait, éiant donne leur complexité, faire l'objet de bien plus longs développements.

J’en ai résumé les éléments essentiels qui, servant de base à mon argumentation, vous permettront de comprendre pourquoi j'adopte telle ou telle attitude.

Je vous demande de lire cette étude*

Ensuite, en réunion publique, vous me poserez des questions précises sur les points pour lesquels vous jugerez que mon argumentation ne vous semble pas suffisante,

La tribune publique, ainsi utilisée, vous permettra alors, cessant d 'être le spectacle de gens qui se gargarisent de vieux clichés, de plans ou de programmes dont nous avons les les oreilles rebattues, d’obstructions systématiques qui n’ont jamais rien prouvé, d'omettre complètement renseignés, le 26 avril, le vote qu'attend de vous la nation*

Fernand ROBBE

Ingénieur,

Officier de la Légion d'honneur.

Médaillé militaire, — Crois de guerre.

Président d’honneur de la Section de rOnion nationale des Combattants de Sartrou ville. Conseiller général de Seine-et-Oise*

Le problème agricole :

Je tiens tout d'abord dans cette partie de l'exposé de mes idées, à remercier mon. collègue et ami Caffin, conseiller général du canton de Poîssy, des éléments d’appréciation, qu'il a bien voulu mettre à ma disposition ; je ne pouvais avoir meilleur conseiller technique de nos préoccupations agricoles régionales.

Je dois rendre hommage aussi à MM* Roger Grand, président de l’Union nationale des syndicats agricoles ;

Henri Noilhan, directeur des cours à l’Institut des hautes études agraires; du Fretay, secrétaire général des Confédérations des producteurs de lin, de fruits et légumes et de pommes de terre ;

Pierre Halle, secrétaire général de l’Association générale des producteurs de blé, dont les conférences au Centre polytechnicien d'études économiques, dont je fais partie, m'ont permis de compléter ma documentation.

Puis- je me permettre aussi do remercier les membres des syndicats agricoles de la circonscription, qui ont bien voulu se réunir pour m'entendre, de l'attention qu’ils ont accordée à mon exposé et de la confiance qu'ils me témoignent, depuis qu'ils ont senti qu'une même communauté d’idées nous" unissait.

Le problème agricole est un grand problème social.

L’ouvrier industriel, l’employé de commerce échappent, en dehors de leurs heures de travail, à Tusine, à l'atelier, au bureau qui les emploient. Le cultivateur, lui, reste dans une ambiance professionnelle qui l'imprègne complètement. Il vit sur la terre qu'il travaille, à proximité de ses outils, de son cheptel, de ses produits,

H dépend en outre des saisons, des climats, il est perpétuellement préoccupé, car les événements souvent bouleversent ses prévisions.

Tout ce qui concerne la culture doit donc tenir compte non seulement de ses besoins

économiques, mais de la mentalité du cultivateur formée par cette vie sur îa terre qu'il travaille, depuis des générations, et encore de ses besoins familiaux, de ses aspirations, de ses besoins ruraux ~ sans cette première condition, les calculs les mieux établis risquent de se trouver en défaut.

L'élément humain prime donc tous les autres en économie agraire*

La rationalisation et la spécialisation y sont presque impossibles, le rendement agricole étant trop incertain, trop faible pour permettre de grandes exploitations qui, quoique industrialisées, quelquefois trop spécialisées, ont subi des échecs retentissants. »

Le problème agricole doit donc, soit législativement, soit socialement, être traité à part. Et Terreur de la plupart des lois générales dont a eu à souffrir l’agriculture, c’est qu’elles ne prévoyaient pas la véritable incidence de leurs prescriptions sur le monde agricole; elles ne tenaient pas compte des deux grands facteurs qui régissent les choses rurales, le facteur humain et le facteur temps.

Ces lois n’ont eu pour résultat que de provoquer l'exode de nos campagnes et cependant l’histoire n’est-elle pas là, pour nous apprendre que les nations comme les civilisations, n'ont été vraiment fortes, que lorsqu'elles ont reposé sur une agriculture vigoureuse et solidement établie,

La population agricole française ne représente plus à l’heure actuelle que 35 à 40 0/0 environ delà population totale — et lorsqu'elle aura disparu, si on ne vient pas immédiatement à son aide de façon efficace, on pourra chercher en vain par des moyens légaux ou administratifs à îa reconstituer.

Notre mode de représentation, la confusion des pouvoirs exécutif et législatif ont eu comme résultat à un moment, de dresser les uns contre les autres les intérêts de l'industrie et du commerce et ceux du monde agricole, jusqu'au jour ou l’on s’est rendu compte que les marchés extérieurs se fermant de plus en plus, il fallait se retourner vers le seul marché >qui ne trompe pas, dont ïa prospérité fait celle de l’ensemble des branches de l'économie nationale, vers le marché agricole.

Pour conserver celte force à l'agriculture, il lui faut une protection, une aide*

Le libéralisme a longtemps régné dans l'économie nationale. Aujourd'hui, le libéralisme individualiste détruirait l'agriculture. Celle-ci est trop isolée pour pouvoir se passer d’un soutien.

Le foyer paysan reste isolé au milieu de sa campagne ; il s'est bien groupé on syndicats, niais ces syndicats n'ont été que des bouées de sauvetage, parce qu'ils n'étaient pas munis, par la législation,’ des pouvoirs de réglementation, disciplinaires ot d'exécution, qui sont nécessaires pour établir de l’ordre et de l'équilibre dans un monde économique.

Peut- on, en matière agricole, essayer d’appliquer les mêmes directives que dans l'industrie ?

Que d’exemples pour nous répondre par la négative î

Les essais de concentration agricole, effectués sous k forme d’une exploitation agricole de 150:000 hectares, dans le Caucase, capable de livrer annuellement sur les marchés une production d’une valeur, avoisinant 300 millions de francs, ont été rapidement abandonnés ; l'exploitation scindée en petites exploitations mieux maniables — les pays à meilleur rondemeni agricole sont ceux des petites et moyennes exploitations. Si la concentration industrielle peut se justifier, la concentration agricole est un véritable non-sens.

Autre constatation. ■ — On pouvait imaginer volontiers une révolution agricole par fiatroduclion du moteur à explosion ou à vapeur dans l'agriculture. L’expérience a démontré que dans les exploitations .-les mieux conduites le tracteur ne doit être considéré que comme un adjuvant mais que c’est toujours le muscle animal qui fournit la plus .grande partielle l’énergie nécessaire aux travaux des champs.

Autre contraste avec l'industrie. — Elimination complète en matière agricole de facteur vitesse,, aussi bien dans T exécution de la plus grande partie des travaux, que dans le temps nécessaire à produire des produits agricoles.

Aucun. constructeur n’a perdu son temps à étudier un tracteur permettant de labourer

a 30 kilométrés ai heure. On a seulement' recherché le moyen de travailler plus Facilement saus certaines conditions. Quant ;V la vitesse 3e production, à pari les progis obtenus par certaines sélections de semeuses, un grain de blé met a peu près autant de temps à pousser aujourd hui, qu au temps des Pharaons. 1 1 ju-ser

Citons encore, parmi lès caractères spécifiquement agricoles :

I- rMrtpodu*. des ouUuto j l’obligation pour obloni,- „„ 1)rod„u ,9rico|e ^ trouver et d en faire venir d'autres sur le même terroir

La monoculture du blé, par ea.mplo, ,„i, 4 „ mon,e„l donné> , e„„hi d’immrn^, l„„lo,™s au Canada, a du, par 1. tome des lob, do la- nalu«, ,W«« |. pi,ce * d“

culture très voisin de celui pratiqué en Europe et en France - ^

* L’intransportabilité des résultats. - Il „ a jamais dé possible, par exemple de ' francise' '■ ^ d" oIwmW“ comme celui de rentable origine

3“ L lm'Prévisi'bilité absollle des resulats. — Une récolte de blé, de fruiis, de légumes peut varier dans des proportions considérables suivant les circonstances dimatériqW ei contrairement a 1 industrie qui peut arriver, à.une constante de fabrication, on, ne peut en agriculture^, arriver a une constante de production ; 1

4® Une gamme limitée de produits qui ne peut’ être comparée aux possibilités énorme* d industries nouvelles que nous apporte le progrès scientifique.

L’agriculture etl’industrie vivent donc sur des rythmes complètements différents - et I agriculture devra s mclmer toujours devant cette toute puissance de la nature que nous connaissons; mal; 1 4

LftJangage industriel, et le langage agricole sont intraduisibles l’un dans l’autre Pour traiter le problème agricole il faut le traiter en fonction des lois agricoles.

11 faudra tenir compte aussi des possibilités de chaque région, et de leurs cultures partir cuberes, que seuls peuvent bien connaître et défendre les syndicats agricoles locaux ou

ZiiZ^ir1/1 gr0UiPéS e?/édérations’ Verront aIors ics ^oins de leurs adhérents étudiés et défendus par leurs délégués.

généraux"^''0113 C°n9talé 13 re°herCÎ,e d’Une P°lh,cIue respectant ces grands principes

Avons-nous constaté une recherche d’un statut de l’agriculture ?' Un souci de respecter les Jjeaoms de chaque région, sans? nuire aux intérêts des autres ^

Nous avons eu des lois néfastes, celle du 54 décembre 1934, qui a ruiné la paysannerie'

lrançaise, au plus grand bénéfice du haut commerce international, et d’une minorité de speeufatfcurs.

On veut maintenant nous faire entrevoir la création d’un office du nié, que les socialistes nous présentent comme un office distributeur ou répartiteur, mais qui revient a dire aux cultiva teurs :

Lvilë :°US CuIlivereZ le blë’, raais 11 ne vous appartiendra pas, il appartiendra à la collec-

Ollice du blé signifie : Monopole du commerce extérieur, monopole de la vente, monopo e de J achat - entre les mains d’un dictateur chargé de régler, si le blé valait cent francs, dix milliards d achat, dix milliards de vente. Quel budget !

dents^ V6rltable monoPoIe ne se justifierait du reste que pour une exportation des excé-

Or, Si le cultiver français se rend compte que ce n’est pas lui,, malheureux isolé, qui mn 3 f 0CCU Per de t exportation des dix quintaux de blé qu’il aura en trop, s’il admet à ce

sin^16 n UDe mterVentl°n dC 1Etat’ d fera cerlaiiiemer.t confiance à son associa lion professe e pour prendre les mesures nécessaires au rétablissement de !a situation, en accord

et sous le contrôle de l’Etat. Il faut aussi se rendre compte que le blé n’est pas seul, qu'il existe d’autres céréales, que cet office du blé devrait être suivi d’offices de tous ordres, nécessitant une nouvelle masse de fonctionnaires irresponsables.

Le seul essai entrant dans les vues de l’Association des producteurs de blé et ayant l'approbation des Présidents de chambres d’agriculture, c’est la création du comité interprofessionnel que prévoit le décret du 30 octobre dernier. On commence à sentir le désir d’entrer dans la voie de l’organisation professionnelle corporative, dans l’utilisation de ces groupements qualifiés où les initiatives privées se rencontrent dans la recherche de l’intérêt collectif.

G est dans la profession organisée, que Ton pourra obtenir à la fois ce régime des compétences qui fera que les choses du métier seront traitées par les gens du métier, et non par des incompétences quelconques soit législatives soit administratives, et qu’on trouvera en raison même de ces compétences, une autorité qui permettra d’imposer silence aux égoïsmes individuels et d’envisager uniquement l’ensemble du bien de la profession dans le cadre de la nation.

Etant entendu, qu’au-dessus de cet édifice, l’Etat restant dans son véritable rôle, parlant au nom de l’intérêt général de la nation, arbitrera les conflits possibles, au nom des intérêts généraux du corps social et surveillera les bourses de commerce, réprimera les fraudes, contrôlera enfin les grandes entreprises internationales — à l’ombre desquelles tant de

spéculations scandaleuses se sont effectuées.

Ou ne verra peut-être plus alors, les questions de contingentement réglées par le Ministère du Commerce seul, nos productions de légumes et de fruits en particulier, boycottées par des accords commerciaux à contrepartie illusoire, accords sur lesquels le Ministère de l’Agriculture n’est même pas consulté.

Cultivateurs français ayez confiance et ne vous laissez aller ni au découragement ni aux solutions extrémistes ou collectivistes. Le bons sens national français vous rendra votre force, la nation ressaisie vous donnera dans sa réorganisation la place qui vous revient dans le cadre de vos associations et de vos légitimes revendications.

L’aménagement de la région par sienne :

J’ai eu l'occasion de développer spécialement cette question dans une série de coniérences que j’ai faites dans certains centres, à la demande d’organisations soit de défense contre le projet lui-même, soit de défense d’intérêts communaux ou corporatifs.

Membre de la Commission spéciale départementale, je suis intervenu souvent sur cette question, et en particulier au cours de la session particulière du Conseil général, réuni spécialement à cet effet, après l’enquêle qui. avait éLé ouverte dans les 377 communes de notre département, pour préciser que nous n’étions pas disposés, représentants de ce département, à nous laisser aménager par la Seine et Parts dans des conditions que l’on pouvait qualifier de scandaleuses sans avoir peur de laisser à ce mot touLe sa valeur.

Je ne peux mieux faire que de donner ici des extraits du rapport de cette Commission spéciale départementale qui montreront à tous les intéressés, quelles étaient les monstruosités du projet qui nous a été soumis, et leur feront comprendre, que si tout danger immédiat d’ x aménagement » est écarté, il y aura lieu de monter, à l’avenir, une garde vigilante pour éviter ce que momentanément nous avons, et avec quelle peine, écarté. Que contient en effet le projet d'aménagement qui nous a été soumis?

D'abord des chiffres :

L’arrêté ministériel du 23 mars 1933, faisant suite à la loi du 14 mai 1932, a incorporé dans la région parisienne 377 communes de Seine-et-Oise, couvrant, une superficie de 267.254 hectares, alors que la surface du département de la Seine est de 47.600 hectares.

Ces communes de Seine-et-Oise comptaient en 1881 une population totale de

4-20 * K > habitants, En 193f, date du dernier recensement, elle s’élevait à J r 187.693 habita fils, soit en cinquante ans une augmentation de 1 83 0/0»

Ensuite le point de vue législatif :

Alors que la loi de 1932 qui prescrivait ]! 'établissement du plan régional disposait que l’approbation de ce plan et le statut de la région feraient l’objet d’une loi, le Gouvernement a prévu qu'il pouvait, eu application de la loi du 8 juin 1935, statuer sur ces questions par

décret ayant force de loi.

Un premier décret en date du 25 juillet 1935 a fixé les régies relatives à la réalisation des projets généraux d’urbanisme et c’est en s’appuyant sur ce décret général que, par trois décrets du même jour, le statut de la région parisienne a été fixé.

Les conséquences des textes ci-dessus sont les suivantes :

1° Sujet io ils à 1 "égard des particuliers.

Non seulement elles s’exercent lorsque ie plan est définitivement arrêté, c'est-à-dire lorsqu il est déclaré d utilité publique, mais elles prennent naissance dès que le programme est soumis à rinstruction réglementaire.

Des mesures dites de « sauvegarde >. indiquent les nouvelles dispositions dont 'dépend 1 octroi des autorisations de construire, avec application des pénalités prévues à l’article 27 alinéa 2 de la loi 15 février 1902 et astreinte de 10 à 300 francs par jour de retard a remettre les lieux en état.

Les propriétaires de terrains destinés à être incorporés au domaine public pour la réalisation cl une opération quelconque inscrite au projet régional, ne pourront requérir F expropriation de ces terrains,

C est sstifem<mt au bout de quinze années, que le propriétaire aura droit lorsque la collectivité n a pas poursuivi la réalisation du projet, de reprendre la libre dinpoiit ion de son terrain.

Lorsque le permis de construire est délivré, et que la construction à édifier est située en bordure d'une voie ou place projetée non encore ouverte, un délai de quinze ans est accordé pour réaliser l’ouverture de la voie, au moins pour le tronçon compris entre 1 immeuble considéré et Tune des voies publiques environnantes.

A ^expiration de ce délai de quinze ans, le malheureux propriétaire a la ressource, si les travaux ne sont pas réalisés, de reprendre purement et simplement la disposition de son terrain, quitte à lui à produire devant le conseil de préfecture une demande d'indemnité, pour le préjudice qui lui a été causé, par l'interdiction de construire.

Le délai de quinze arts est d’ailleurs porté h trente ans, lorsqu’il s'agit d’une construction à édifier eu dehors de ^agglomération.

Le décret prévoit bien, dans son article 3, que les plans d’alignement doivent être dressés, tout au moins au droit de l'immeuble du propriétaire qui demande le permis de contruire, dans ie délai de deux mois, niais pour les routes entièrement nouvelles et même pour celles construites, à élargir, en raison des modifications profondes apportées à l'assiette, il sera souvent impossible d’établir un plan d alignement fragmentaire et iî iaudra par j-uite attendre pour fixer avec précision les limites de cette voie, qu’il ait été procédé à une étude complète d'exécution.

Bien mieux, si Pou se reporte au texte même de l’article 15, qui vise expressément, dans les servitudes n’ouvrant pas droit à indemnité, Lu ldi sa lion du sol, il c*t hors de doute que les propriétaires doivent supporter sans aucune compensation, les très lourdes dépréciations de valeur qui résultent pour eux de leur incorporation dans les zones dites a non affectées ». Celles-ci, eu eilet, sont exclusivement réservées à La construction de bâtiments à usage agricole ou de bâtiments d habitation, à la condition expresse que la parcelle de terrain ait un minimum de 5.000 mètres cariés*

En lait, c’est obliger les propriétaires de terrains compris dans ces zones, à les réserver

à la culture, alors que le Conseil d'Etat a statué, à l'occasion de plans communaux, et déclaré que des dispositions de cette nature, portaient au droit de propriété, une al teinte inadmissible.

Faut-il s'étonner après cela, du peu de transactions immobilières tpie nous constatons, de la mise en vente massive de nombreuses propriétés, petites, moyennes et grandes, que I on constate dans notre région, offres en face desquelles on ne trouve naturellement aucune contre-partie ?

2° Sujétions grevant les collectivités publiques.

Les plus graves résultent des dispositions du premier décret.

C'est en ellct Lavis d’un comité dit de coordination technique dans lequel les collectivL tés intéressées n'ont aucune garantie d'être représentées, que des décrets déterminent le caractère de chacune des opérations prévues (c est-à-dire si elles intéressent 1 Etat, le département ou la commune), désignent la collectivité chargée de V exécution (expropriation, Ira vaux, fixent le pourcentage de la participation de chacun dans le financement des travaux, cette participation constituant d’ailleurs une dépense obligatoire.

Indépendamment de ces considérations d'ordre financier, les décrets imposent aux collectivités d’autres sujétions qui pourraient être qualifiées, d'administratives, c esL en résumé la subordination complète des collectivités aux directives qui émaneront d’un comité technique, puisqu' aussi bien ce comité a un pouvoir discrétionnaire, pour fixer l'ordre d'urgence el le caractère des travaux, sans qu’il ait à tenir compte des possibilités financières de réalisations.

J 'en aurai terminé, en ajoutant qu’au « Comité des sept » ne figure aucun représentant du département de Seîne-et-Oise.

Devrions-nous, pour des réalisations dont beaucoup restent hypothétiques, en raison même du volume des travaux et de la dépense qu ils entraînent, laisser imposer aux collectivités locales et aux particuliers des sujétions de nature à gêner considérablement et même paralyser le développement économique du département ?

Pouvions-nous accepter ces mesures dites de sauvegarde particulièrement- graves, ne pouvant se justifier dans le pian régional 7

Dans une circulaire du Ministère de l'intérieur, du 5 mars 1920, étaient indiquées les règles qui devaient guider les auteurs d’un pian d’aménagement communal.

Elles doivent servir de guide à rétablissement du plan directeur déménagement de la région parisienne.

Etre raisonnable dans î’éLude et le tracé du plan d’extension, d'aménagement et d'embellissement, raisonnable parce que les budgets de la h rance appauvrie ne se prêtent pas a des fantaisies coûteuses ; raisonnable parce qu il faut tenir compte de ce qui existe , raisonnable enfin, parce que les chemins de fer, jadis, l'automobilisme aujourd'hui, l’aéronautique demain, peuvent mettre en morceaux une conception trop rigide, trop absolue.

Ménager les anciens tracés ; penser aux dépenses, et se rappeler qu’une voie nouvelle souhaitable, mais que son coût empoche de réaliser jamais, est moins intéressante qu’une rue améliorée.

Telle était, en 1920, l’opinion du Ministère de l'Intérieur — tel a été l’avis du conseil général de Seine-eLÜise — tel est le mien.

Sans être hostile à l’établissement d’un plan d'aménagement, le conseil général demande simplement ; qaiï soit réalisable, ce qui n’est pas le cas celui qui nous a été présenté ; qui! tienne compte des possibilités financières, tout en sauvegardant les intérêts des populations dont il a la garde; que les charges imposées aux collectivités par l'exécution d’un plan régional aienL comme contre-partie des avantages certains, et soient génératrices de profits pour ees collectivités, que soient supprimée toute possibilité de spéculation.

Il a pris, datis ce sens, une délibération longuement motivée, qui remet tout en cause à ['Administration centrale.

C’est à ce point de vue que je m’engage à continuer à défendre dans la nouvelle Chambre.

La dette publique :

Dette intérieure ;

Au 31 mai 1931 ia dette atteignait 283 milliards 83 millions.

Au 31 août 1934 la dette atteignait 307 milliards 8 millions.

Au 1er janvier 1935 la dette atteignait 322 milliards 380 millions.

Actuellement elle dépasse 340 milliards sans compter la dette obligataire de la Caisse nationale de crédit agricole et des P. T. T. qui s’élevait au 31 août 1935, à 12 milliards 543 millions. Je n’ai pas le chiffre actuel.

Le montant des bons de la Défense nationale s’élevait, au 30 septembre dernier, à plus de 27 milliards.

La limÎLe d’émission des bons du Trésor, fixée a 10 milliards par la loi du 31 janvier 1933, puis à 15 milliards par la loi du 31 janvier 1935, vient d’etre relevée par le Parlement à la veille de son départ, de près de 6 milliards nouveaux qui lui on été demandés pour couvrir les dépenses de fonds d’armement, d'outillage et de travaux de défense nationale. Or, le Ministre des Finances du Gouvernement actuel, a déclaré à la Commission des finances que, sur les 6 milliards 265 millions affectés à la défense nationale (dont 5 milliards 882 millions à couvrir par l’emprunt qu’il demandait Fautorisation de contracter), un milliard seulement serait payable en 1936, le solde en 1937.

Pourquoi alors émettre ces 6 milliards immédiatement ? seraît-ce pour cocher des opérations de trésorerie internationale qu’on ne veut pas laisser connaître au pays ?

Il faut que le pays sache la vérité

Comme ce n’est pas le public qui, mis en défiance par de tels procédés, souscrira ces bons, ce seront les banques qui le feront, en les escomptant à leur tour à la Banque de France — et c’est, en fait, ce qui se passe.

Le dernier bilan de la Banque de France indiquait 277 millions de sorties d'or, qui eussent atteint au moins 750 millions si les rentrées d'or, conséquence du rapatriement des fonds de l’emprunt anglais de 3 milliards, n’avait pas compensé pour partie les sorties. Un milliard de billets de plus a été créé, conséquence des crédits supplémentaires consentis sur place et qui viennent de cet escompte de partie des bons du Trésor.

La circulation papier atteint de ce fai L 82 milliards 689 millions avoisinant les plus hauts chiffres qu’elle a atteints.

Pour que cette situation ne tourne pas à la catastrophe, pour que l’Etat puisse rembourser avec ses excédents de recetles fiscales, dans quelques mois, ces facilités de trésorerie, il faut non seulement que le budget r^ste eu équilibre, il faut que la vie économique nationale s’accélère, que le Gouvernement ail. la confiance du pays et puisse ainsi faire appel aux quelque quarante milliards thésaurises qui paralysent la vie nationale.

Ceci ne sera que si le pays est certain que l’effort de redressement financier sera poursuivi. qu’on aura éloigné de lui tout danger collectiviste, marxiste ou communiste à I intérieur. et par une attitude Ferme et résolue, sa rts bavardage inutile, en Lee d’une Allemagne provocante, toute crainte de guerre.

Ce n’est certes pas ce que vous aurez avec 3e Front populaire ! M. Daladier n a-L-ilpas^ au Congrès de Nantes, en 1934, proclamé que ta notion de Fépargue était une * notion périmée » et qu’il fallait avoir recours, pour faire face aux difficultés financières, a la « monnaie fondante » ?

Le même M. Daladier n'a-t il pas avoué au Congrès de Clermont T" errât id, en mal 1934j que s'il n 'avait pa\ quitté le o°nvoir le 7 février* d aurait été obligé de pratiquer la dévaluation et d’amputer le franc de 2C 0/0 ?

Avec la Chambre qui s’en va (heureusement I) l’économie française a été ruinée par :

75 milliards d’emprunts nouveaux ;

35 milliards d’or en fuite ;

25 0/0 de d imination sur la valeur des rentes françaises.

C'est déjà pas mal comme bilan !

Avec le Front populaire au pouvoir, le 1er juin prochain, ce sera la « monnaie fondante a , rémission de papier sans limites, ce sera l’humiliation nationale, la faillite, ta révolution et ta guerre.

Commerce, industrie, législation et fiscalité ;

J'ai montré dans la partie de mon exposé, concernant l'agriculture, combien les lois générales, ne tenant pas compté des nécessités particulières de chacun de ces organismes vitaux de la nation, avaient été néfastes pour ^agriculture.

Gela ne voulait, hélas 1 même pas dire qu'elles avaient au moins favorisé le commerce et l'industrie,

D abord leur nombre, 1

La multitude des lois, a dit Voltaire, est dans un Etat ce qu'est le grand nombre <1 e médecins autour d'un malade; signe de maladie et de faiblesse.

La codification des lois fiscales a dû condenser, prises dans la forêt des textes législatifs :

270 lois sur le timbre ;

246 lois sur l'enregistrement ;

* 554 lois sur les contributions indirectes ;

220 lois sur les impôts directs ;

31 lois sur le chiffre d'affaires.

Ensuite leur complexité qui est telle que îe malheureux commerçant, déjà accablé de charges, est obligé d'avoir recours à des spécialistes pour ne, pas risquer de se trouver en défaut devant un fisc impitoyable.

Enfin leur instabilité. — Incapable d'évaluer de façon certaine la fraction d'impôt qull aura à acquitter, en fin dan née, le commerçant ne peut chiffrer ie prix de revient exact des objets ou marchandises qu'il compte vendre.

Lisez les comptes rendus des travaux de la Fédération des groupements commerciaux et industriels de Seine-et-Oise, vous serez frappés de la modération des revendications, de Ta logique des motifs invoqués.

Dépurs qu’on nous promet le forfait facultatif, la taxe unique en remplacement du chiffre d'affaïresj l’évaluation des bénéfices par les commissions consultatives d'arrondissement seules compétentes, le dégrèvement de certains petits commerçants, l'aménagement des déficits d'exploitation, avez-vous trouvé tout cela dans la multitude de lois qu'on nous a données? Pas que je sache S

Mais par contre, vous avez eu les contingentements scandaleux ; vous avez assisté, impuissants, à une politique d'emprunts (voyez no Ere dette publique) destinée k combler, dans les caisses publiques, l'insuffisance des recettes. Alors qu'il aurait fallu d'abord une politique d'économies inflexibles, de répression des gaspillages, de recherche d'une équitable répartition de charges fiscales, et de la réduction des taux d'impôts par trop excessifs qui arrêtent les transactions, les charges fiscales arbitrairement exagérées, étant une des causes principales du marasme des affaires. Ensuite, organiser la profession, c'est-à-dire dans le plan local, régional, national, réunir entre elles les différentes catégories de travailleurs, depuis F ouvrier jusqu'au patron, pour une même branche de la production*

An sommet de ces organisations professionnel les, un véritable Conseil d'Etat économique qui devra émettre son avis sur les lois en instance, le Gouvernement restant dans son rôle de contrôleur et d'arbitre.

Nous sommes en pleine évolution, pour ne pas dire révolution, économique. Jl faudra faire l’effort d'adaptation nécessaire ou sombrer dans l'anarchie et le désordre.

Le commerce et l'industrie française ont supporté jusqu ici courageusement les années de détresse, mais ils sont arrivés à l'extrême limite de leur résistance.

L'aménagement fiscal progressif et maladroit, œuvre de cent Ministères, s'est révélé néfaste. \

La manière dont les impôts sont levés, dont la charge budgétaire est répartie entre les contribuables, porte à penser que le législateur ida pas eu en vue le seul intérêt du Trésor, mais des buts politiques, qu’il est ainsi sorti de son rôle et qu’il a chargé la fiscalité de procéder, par une expropriation quasi totale, à la suppression de certaines classes de la Nation,

Les bases mêmes de notre organisation sociale, la propriété, la production agricole et industrie! le, le commerce, la famille, le bien familial, en définitive l'avenir même de notre race et de notre pays sont* de ce fait, eu péril.

Commerçants et industriels, vos organisations actuelles, qui sont surtout des organisations de défense, qui ont, tant bien que mal, essayé d'arrêter cette marche vers le néant, transformées en organismes corporatifs constructeurs, conseils éclairés d'un Parlement rénové, vous apporteront, soyez-en certains, l’aménagement fiscal que vous demandez se justement.

Les décrets-lois :

Parmi les mesures fiscales impopulaires qui ont été prises pour remédier d’urgence h une situation budgétaire, il faut citer les décrets-lois.

L'unanimité des citoyens a été touchée, quelques-uns trop durement clans leur application. Cette mesure brutale, nécessaire cependant, prise par le gouvernement Laval, devra évidemment être reprise par la nouvelle Chambre pour atténuer, dans la mesure des possibilités financières du budget, certaines erreurs regrettables mais il faut bien se rendre compte que ce nouveau sacrifice demandé à la nation ne sera utile que s’il est suivi d’une politique d'aménagement fiscal amenant parallèlement la diminution du prix de 3a vie et la reprise de l'activité nationale.

Provisoirement il a éloigné du pays les dangers de dévaluation ou d'in dation de notre pauvre petit franc.

Pratiquement ce sacrifice n'aura servi à rien, si les mêmes errements continuent, si l'Etat ne se résigne pas à adapter ses dépenses à ses recettes et. ne comprime pas sérieusement son train de vie.

Assurances sociales et mutualité ;

Je laisse ici la parole à mon ami Dormarm, grand mutualiste.

S’il est une question qui passionne l'opinion publique — et à juste raison — c'est bien celle de l'application delà loi sur les assurances sociales, qui a causé une grosse déception, aussi bien an monde travailleur qu'au patronat.

Comment, cependant, pourrait-on nier qu'il serait utile^ pour la dignité même des assujettis à cette loi, de voir substituer un régime de prévoyance à celui de l'assistance.

Les principaux reproches qu'on adresse aux assurances sociales son! :

— une étatisation excessive.,

- — une complication inextricable,

— un coût exagéré.

Au moment où le Gouvernement cherche à apporter des améliorations à cette grandi loi sociale, j'ai eu l'occasion, parlant au nom de la Fédération nationale de la mutualité Irançaîse, de présenter aux Ministres compétents, ainsi qu'au Président du Conseil, un plan mutualiste ayant pour objet essentiel de corriger ces trois vices inhérents h la réglementation actuelle. Ce plan est du reste une conséquence de la proposition de loi que j'ai eu

l’honneur de déposer sur le bureau de la Chambre des Députés et que j’ai propagée au cours de conférences dans de nombreuses villes de France où j’ai pu recueillir, partout, une adhésion totale.

A 1 heure où 1 on cherche de substantielles économies pour les assurances sociales, la mutualité jette un cri d alarme parce cjli on méprise, au détriment de l’intérêt général, son expérience vieille de près d un siècle ; - — - parce qu on menace de supprimer toutes les institutions libres au profit d une vaste entreprise de centralisation administrative; — parce' qu on trompe l’opinion en lui présentant des formules improvisées qui se sont avérées ruineuses dans tous les pays,

La mutualité comporte un vaste reseau de 27,000 sociétés de secours mutuels, réparties s lu 1 ensemble du territoire qui, sans distinction d’opinîon, groupent plus de 8 millions d'adhérents.

Sjii but est de créer une solidarité effective et confiante entre les travailleurs. Elle demande que ses méthodes de gestion, qui ont donné satisfaction, soient appliquées aux assurances sociales, a lin de leur assurer un minimum de souplesse, d’humanité et d'efficacité, en multipliant, en favorisant cc dévouement de tous à la même œuvre, en décentralisant les capitaux.

On veut étatiser les assurances sociales, confondre ses fonds avec ceux du budget national

Gela nous ne le voulons à aucun prix.

Notre plan consiste à uniformiser et à réduire les cotisations d’un quart an minimum, è simplifier le mode de perception, à assurer les risques maladie, maternité, décès, soins aux invalides, avec I équivalence édictée par la loi.

Grâce à l’autonomie et aux réassurances nécessaires, la mutualité peut parvenir à d'heureux résultats*

Répartition ou capitalisation en matière de retraites :

Une campagne active est actuellement menée en faveur d’un système dit « de répartition » présenté comme paré ne toutes les vertus.

Etudions le problème eu toute objectivité.

Dans le système de la répartition, les charges d’un exercice déterminé sont théorique" ment réparties chaque année entre les assurés, c’est à-dire que les cotisations perçues au titre des rentes vieillesse’ servent au payement de celles-ci dans la même année.

Dans le système de capitalisation on constitue des réserves qui, accrues des intérêts composes, fourniront, au moment de ta réalisation du risque, le capital nécessaire au service des rentes.

Or, en pratique, le système répartition n’a jamais donné que des désillusions

En Allemagne, le régime de répartition, après quarante ans de fonctionnement des assurances sociales, a été abandonné. En Alsace- Lorraine — encore sous le régime de la loi allemande pour ce qui concerne les assurances sociales — un déséquilibre profond se manifeste entre les recettes et les dépenses.

En France, la Caisse des ouvriers mineurs, sous le régime répartition, exige un pourcentage de 15.50 0/0 des salaires, dont 5,50 0/0 k la charge de l’ouvrier. 5,50 0/0 à la charge du patron et 4.50 0/0 a la charge de l’Etat sous forme de subvention, pour assurer actuellement 5 500 francs de retraite annuelle.

La rente moyenne probable des assurances sociales étant suivant les calcula approximalits, la moitié de celle accordée aux ouvriers mineurs, il faudrait donc envisager une cotisation de h 0/0 pour les retraite] des assurances sociales avec ce régime de répartition c'est-àdire du doubla de la cotisation actuelle.

Ainsi en est- il de la Laisse de retraites des cheminots et de celle des Fonctionnaires.

Concluons donc que lorsque la loi des assurances sociales fonctionnera normalement^ en prenant le dit dre moyen de 2.600 francs de pension, le montant total des dépenses

-dépassera trois milliards de francs. Comment payer celte somme avec seulement un milliard et demi de cotisations correspondantes. En doublant les cotisations ? Impossible. En réduisant la pension de moitié? Ce serait un vol, puisque le monfani des pensions est déterminé parla loi. II ne reste plus comme solution que faire supporter celte charge au budget, c’està-dire à tous les contribuables français? Ce serait un résultat assez piquant au moment où on veut apporter un soulagement aux charges de la collectivité.

Loin des chiffres qui ont été publiés à tort, il ressort qu'une somme énorme, c'est vrai, de 40 milliards sera à amasser pour assurer le système capitalisation, et non 200 milliards comme on l’a souvent écrit. En effet, sur trois milliards de renies à servir, plus de la moitié serait produite par les cotisations de l’année, l’autre partie par les intérêts des fonds placés et capitalisés.

Mais cette réserve peut être utilement employée. Elle peut et doit servir a assurer la vie économique du pays, sous forme de prêts aux départements et aux communes qui pourraient ainsi entreprendre les travaux pour lesquels ils ne peuvent actuellement se procurer des fonds. En prêtant ainsi exclusivement aux collectivités on donnerait satisfaction au vœu du législateur qui entendait faire revenir Feau à sa source et aucun risque ne pourrait ainsi être couru à cause des garanties. Les caisses d'épargne n 'ont-elles pas déjà opéré de ceüc façon sans courir le moindre risque?

Nous éviterions de ce fait des scandales semblables à ceux que nous avons connus et qui servent de prétexte à exciter la convoitise des gouvernements qui, quels qu'ils soient, voudraient mettre la main sur un capital aussi énorme au moment où les difficultés financières re révèlent terrifiantes. Ce ne serait., du reste, qu’un palliatif qui pourrait nous réserver de terribles surprises à échéance assez brève.

Pour toutes ces raisons, je conclus :

it II faut confier à la mutualité pour ses membres, la gestion des assurances sociales,

« 13 faut assurer le service des rentes vieillesses par la capitalisation. »

La presque unanimité des chambres de commerce — celles de Versailles et Corbeii en Seine-et-Oise, en particulier — ont pris des vœux dans ce sens et nous espérons même que dans l’application des risques maladie maternité tout le corps médical français aura à cœur de collaborer à une telle œuvre, en complet accord avec la mutualité française.

J’ajouterai seulement ceci :

w Ee régime actuel de capitalisation a accumulé et accumule encore des sommes considérables. Pour les mettre à l'abri des malversations, dilapidations gouvernementales ou autres, quelles mesures draconiennes ne devra-t-on pas prendre? La répartition fonctionnant à Lintérieur de la profession organisée a l’avantage de permettre le contrôle et la distribution immédiate d’allocations suffisantes, »

Cette question importante, l’une des plus importantes au point de vue social et national devra faire i objet d’une étude approfondie,

La coordination du rail et de la route ;

On peut, à première vue, être étonné, quand on constate l'hostilité qu’ont marquée la grande majorité des conseils généraux de France, vis-à-vis du plan de coordination du rail et de la route qui leur a été soumis.

Et cependant, quand on entre dans le détail de la question, on a 11m pression que ce plan ne pouvait, en effet, recevoir P assentiment général de la nation; il laissait nettement de côté certains éléments de transports qui, dans noire région et dans d’autres aussi, ont une importance économique considérable, je veux parler (les transports fluviaux.

Il reflétait les réflexes d’une administration routinière, celle de nos chemins de fer, affolée par la concurrence chaque jour plus importante des transports routiers.

Il ne tenait, aucun compte de l‘a vis des usagers, contribuables, qui ont cependant leur mot à dire, dans l'emploi des fonds qui leur sont exigés, toujours plus importants, par un fisc impitoyable.

Pour nous permettre de nous rendre compte de la question, voyons cl abord ensemble quelques chiffres :

France :

Nombre de camions vendus en 1929, . . . , . . , 52 >000

Nombre de camions vendus en 1935. . . . . . 18,000

(diminution).

Chiffre d affaires perdu pour l’industrie française : 1 milliard 700 millions. Angleterre :

Camions vendus eu 193i . . . . . . , . „ . . , 67.300

Camions vendus en t934 . , . . . . . . . . . g| .500

(progression).

Allemagne :

Camions vendus en 1929. * . . . . . . 15,000

Camions vendus en 1934 . . . 4 ; . . 401000

{progression).

Diminution en France, augmentation chez nos voisins immédiats.

Cette diminution provient, en France, de l'ingérence de plus en plus accentuée des p o voir s publics, qui <est manifestée depuis six ans par un système fiscal de plus en plus lourd , o ayant qu’un objectif ; une protection inefficace du reste et illusoire de nos transports par chemins de fer.

De par l'a convention du 28 juin 1921 entre les réseaux ebFÈlat, il a été créé, en effet, un fonds commun destiné en principe, à équilibrer réseaux bénéficiaires et déficitaires. En cas d insuffisance de ce fonds commun, l'Etat doit pourvoir à f équilibre par des avancés, qui théoriquement, sont remboursables dans les deux ans au moyen de relèvements de tarifs. Ces relèvements, nécessitant l'autorisation. des pouvoirs publies, ne se produisant pas, l'aide du budget de FEtat se prolonge. ^

Il faut alors penser au déficit.

Deux catégories de citoyens sont disponibles :

Les contribuables par l'impôt.

Les usagers des transports par Je relèvement des tarifs.

Les premiers sont à bout.

Les seconds, devant des tarifs trop élevés, utilisent les transports routiers.

Devant f effort immense de l'industrie automobile qui, cherchant à améliorer son prix de vente camion -kilomètre, a obtenu :

25 0/0 de baisse sur Je prix de vente d'une voiture ;

50 0/0 de baisse sur le prix de vente de l'essence (impôt déduit) ;

53 0/0 de baisse sur le prix de vente des pneus ;

39 0/0 de baisse sur le prix de vente des accumulateurs.

L'Etat s'est contenté de rechercher par des impositions fiscales massives, l'anéantissement des résultats de cet effort, dont aurait dû profiter l’usager, et de rétablir ainsi un prix camion- kilo mètre ne taisant, dans son esprit, pas tort à nos chemins de fer 1

Exemple d imposition fiscale massive : un litre d’essence qui vaut 0 £rf 25 au Havre, paye à la vente au détail, 1 £r 56 d'impôts et taxes diverses.

A-t-il, par ce moyen, diminué le déficit des réseaux?

Pas que je sache, car on constate qu’il est passé de :

139 millions en 19*29 à 1 milliard 781 millions en 1930; 3 milliards 100 millions en 1931 ; 4 milliards 100 millions en 1932; 4 milliards 395 millions en 1933*

GJest dans ces conditions que s'est posé le problème de la coordination du rail et de la route et que sont intervenus les décrets du 16 avril 1934 et du 30 juin 1934 — qui ont essayé de faire payer par les usagers des transports routiers, le déficit des chemins de fer.

Voici un exemple de leur application :

Un camion de 15 tonnes faisant Paris — Lille devra payer 0 fr. 25 de redevance supplémentaire par tonne-kilométrique, soit 1,250 francs pour Palier et le retour.

En supposant que cet aller et retour se fasse en quarante-huit heures, il devra payer annuellement 197,500 francs.

Comme il payait déjà 90,000 francs d’impôt, c'est le chiffre fantastique de 287.500 francs que versera au fisc, annuellement, ce camion de 15 tonnes.

Le décret du 15 octobre 1935 va plus loin.

Dorénavant nn Français propriétaire d'un camion automobile, transportant sa propre marchandise n’aura plus le droit de faire circuler ce véhicule sur les routes de France hors d'une zone déterminée î

Est-ce eu tuant Piudustrie automobile qu’on améliorera le rail ?

Quelques comparaisons maintenant ;

Domaine du rail : 67.000 kilomètres de voies ferrées.

Domaine de l'auto : 650.000 kilomètres de routes,

La voie ferrée fait vivre : 550.000 cheminots.

L’auto fait vivre : 600.000 travailleurs.

Le chemin de fer, c'est ; 70 milliards de patrimoine nations L

L'auto, c’est : 2 millions de voitures^; 55*000 garages; 100.000 pompes de distribution* — Valeur égale.

Le chemin de fer estime à 600 millions le chiffre d’affaires qui lui est enlevé annuellement par les transports automobiles.

Or, son déficit est, pour 1934, de 4 milliards 720 millions*

Le sacrifice total de l'automobile est sans compensation appréciable et sans aucune utilité pour l'intérêt général*

En 1934, les impôts payés par l'automobile ont été de 7 milliards alors que la construction et Penlrefien des routes n’a pas coûté 3 milliards 900 millions*

Dans les chemins de fer de 1929 à 1934, les recettes ont baissé de 4 milliards 900 milbons, Les dépenses ont baissé de 809 millions*

Les chemins de fer donnent l'ingérence de PEtat comme responsable de cette situation . On juge une politique à ses résultats. Ne croyez- vous pas que celle qui a eu comme conséquence les chiffres ci-dessus est condamnée.

Coordination, d’accord, mais sur d'autres bases que celles avec lesquelles on tuera les transports annexes et l’industrie qu'ils ont créée, sans améliorer le déficit des chemins de fer.

C’est dans leur exploitation d’abord, que ces derniers devront chercher les meilleures conditions de trafic en face du chiffre d'affaires qu'ils peuvent réaliser. Je sais que leur tache est lourde, que PEtat entretient chez eux aussi le déficit par des taxes qui éloignent les usagers, en rendant prohibitifs certains déplacements ou transports, et qu'il laudra revoir tout cela dans l'aménagement fiscal général de la nation.

Mais je sais aussi qu’en face du progrès qui marche, les vieilles organisations doivent se secouer et se rendre compte des nécessites de 1 heure présente.

Je sais aussi que les usagers sauront s adapter à ces nécessites, si elles sont normales et uniquement étudiées dans 1 interet supérieur du pays.

C est pour cela que j’applaudis à leur entrée dans cette recherche de coordination entre e rail et la route qui, entreprise en tenant compte des éléments ci-dessus, recevra un meilleur accueil des conseils généraux de la nation.

Nota, Les chiffres ci-dessus ont été extraits d’une conférence de M. Paul Laubard, à la Société des ingénieurs de l'automobile.

Les réformes urgentes :

Craquant de toutes parts, dans les cadres trop vieux d’une constitution qui devra obligatoire ment s’adapter à révolution de noLre époque, l’organisation de la nation doit être poursuivie méthodiquement par :

Le rassemblement des forces principales de la production et de 1 échange dans le cadre de la profession organisée ;

L'harmonisation par le pouvoir législatif de lois présentées par un Conseil national économique et un Conseil national agricole ;

Le pouvoir exécutif nettement séparé du pouvoir législatif, représente par un Conseil de Ministres individuellement responsables et le Président de la République ;

La limitation stricte de la mission de l’Etat dgnLle rôle doit consister à servir, contrôler et sanctionner*

Réformes parlementaires et électorales :

Suppression de l’initiative des députés en matières de dépenses ;

Obligation pour le Sénat de se prononcer dans un délai maximum de six mois sur les lois votées à la Chambre ;

Obligation du vote personnel ;

Etablissement de la représentation proportionnelle ;

Réduction du nombre des députés ;

Vote familial.

Réforme administrative :

Réorganisation des grands services publics ;

Suppression impitoyable de toutes les sinécures, les prebendes, les cumuls ,

Mise au point immédiate d’un statut des fonctionnaires fixant leurs droits et leurs

devoirs ;

Supplication de la procédure, en matière judiciaire, {justice plus rapide et moins

onéreuse*

Chômage et main-d’œuvre étrangère :

Ces deux problèmes sont liés.

Je sais quelles sont les difficultés de la vie. Je sais avec quelle amertume, celui qui travaille i qui n’a qu'un désir ; travailler pour nourrir son foyer, est obligé, après de nombreuses démarches, de venir s’inscrire au bureau de chômage de la commune.

Je sais quels sont les problèmes angoissants d’équilibre budgétaire communal et départemental que représente l'aide que la collectivité apporte à ceux qui souffrent — mais en attendant qu’une réorganisation de la nation puisse assurer à chacun le droit au travail et

ao salaire mininum qu'il représente, en attendant que cette réorganisation permette que ce salaire ne soit plus dépendant des vicissitudes de la vie économique et assure aux travailleurs une retraite suffisante, il faut ;

Assurer un contrôle sévère pour éliminer le chômeur professionnel, faire payer Y allocation de chômage au lieu de travail et non au lieu de résidence ;

Limiter dans les administrations publiques, à 55 ans d’âge, V emploi des fonctionnaires titulaires d’une retraite ;

Interdire les cumuls ;

Contrôler sévèrement I emploi de la main-d’œuvre étrangère, permettre, par un aménagement fiscal approprié, l'entretien, l'aménagement et le développement de la propriété bâtie, qui sont actuellement presque complètement arrêtés, seul moyen de faire travailler le petit entrepreneur régional et ses collaborateurs ;

Organiser, dans le cadre régional, une politique de travaux qui ne pourra être réalisée et j'insiste sur ce point qu'avec un budget national équilibré, ramenant la confiance et remettant ainsi dans la circulation nationale les quelques quarante milliards thésaurises.

Le travail ifest. pas l'apanage d’une classe ou d’une catégorie, il est 3e fait de tous ceux qui concourent d’une manière générale à la production et la collaboration entre producteurs chefs d'entreprise et ouvriers, n'est pas celle de deux classes mais celle de catégories représentant deux facteurs également indispensables de la production et placés sur le même pied.

Le Front populaire :

Qu'est-ce que le Front populaire ?

C'est un ensemble, constitué sous une impulsion socialo-communiste, auquel ont adhéré plus ou moins les radicaux en participant notamment au « rassemblement n et au « serment » du 14 juillet dernier.

Je voudrais simplement, par quelques citations prises au hasard dans les déclarations des chefs de partis, montrer à quel point les jugements qu’ils portent sur eux-mêmes ou les uns sur les autres (toutes questions personnelles mises à part du reste) indiquent des différences de doctrine, de mentalité et de politique telles qu’on ne s’étonne plus de l’impuissance d'un gouvernement issu d’une telle majorité et des conséquences terribles que cela peut avoir pour notre malheureux pays.

Dans Le Capital du 22 décembre 1930, M. Herriot juge ainsi la Russie des Soviets :

« Ce qui déconcerte, c'est de retrouver, dans la Russie d'aujourd'hui, dans cette Russie que nous avions voulu aider, toutes les tares du régime tsarisle : d’abord une insondable fatuité, la croyance que nous sommes constamment préoccupés des faits et gestes de tel ou tel commissaire du peuple ; puis, au centre de tout, la délation, l’immonde délation, déshonorante et pour celui qui ïa commet et pour celui qui la provoque, l’abrutissement du peuple par le régime des fausses nouvelles, le mépris des êtres humains considérés comme du bétail, la diplomatie recourant aux artifices du roman-feuilleton, un régime qui prétend proposer une éthique nouvelle et qui recourt aux procédés depuis longtemps condamnés des polices d’ancien régime et cle l'inquisition, »

Edouard Herutot (Le Capital du 22 décembre 1930.)

Voici comment les traite M. Léon Blum dans Le Populaire du 16 mars 1931 :

« En subordonnant tout, comme ils le font, à la conservation du pouvoir conquis, les chefs actuels du bolchevisme altèrent les esprits en même temps que les idées, dépravent les cœurs en même temps que les doctrines, abusent de l’ignorance, de la misère et de la peur, pour ravaler les hommes à leurs instincts élémentaires, déprimant le niveau moral comme le niveau matériel de 1 existence . jû

Léon Blum [Populaire du IG mars 1932*)

Le Progrès du 24 octobre 1935 nous indique de quelle façon les radicaux (Comité Camille Pelletun) jugent les radicaux valoi siens, dans un article intitulé « Pourriture ». Il s’agissait des élections sénatoriales dernières, en Seiue-et-Oise ;

« Votre attitude nous apporte la confirmation de ce qi/e nous savions déjà ; le parti valoisien est pourri ; il n’a considéré le Front populaire que comme un tremplin électoral destiné à faciliter les pires maquignonnages et les pires compromissions avec La réaction et le fascisme naissant, * .

ft , J] y a bien longtemps que nos camarades socialistes avaient dénoncé comme il convenait les dangers de celte alliance de la carpe et du lapin, de 1 honnête carpe du Front populaire avec le lapin lâche et fuyant du parti radical valoisien . , . »

D'après le signataire de cet article, le Front populaire serait une honnête carpe ?

Le Front populaire s est constitué pour, paraît-il, défendre la République* Pauvre République! alors! car je retrouve dans une déclaration de la Fédération socialiste de la Seine au Congrès de Saint-Etienne.

« Nous ne sommes pas républicains. Le parti socialiste n1 est pas un parti républicain, 11 se désintéresse entièrement de la forme républicaine* »

M, Léon Blum n'a-t-il pas déclaré au Congrès socialiste de Tours :

u II n'y a pas un socialiste qui consente à se laisser enfermer dans la légalité* et Je ne pense pas que la dictature du prolétariat soit tenue de conserver une forme démocratique* n

Le même M. Léon Blum, dans la brochure Radicalisme el Socialisme nVt-i) pas écrit?

Nous sommes révolutionnaires I

« Toute révolution a presque toujours comporté ce que j’appellerai une vacance de la légalité,

« Ces périodes de vacances de la légalité sont, par définition, des périodes de dictature* w

Que devient la République? et sa devise? Liberté, Egalité, Fraternité?

Nous sommes à peu près tranquilles, provisoirement, grâce à la ligne de fortifiations de de l’Est dite ligne Maginot,

Relisez page 4768, an Journal officiel , séance de la Chambre du 2 décembre 1929, ce que disait M. Lavilie, député socialiste, à ce sujet :

* Les millions de mètres cubes de bélon armé que vous allez construire sont inutiles Ce n est pas avec ça que vous défendrez le pays. »

Page 4778, M. Thomas, député socialiste :

« Votre projet sera inopérant et coûtera très cher. Nous ne pouvons que voter contre. »

Le Front populaire est contre toute propriété y compris la petite propriété.

Est-ce bien la peine, a dit le député socialiste, Compère-Morel, de nous occuper tant de Ta venir de celte petite propriété, quand tout démontre qu elle cessera d’être, le lendemain du jour où l’expropriation des expropriateurs capitalistes aura été opérée ?

Le Front populaire est discuté dans les propres partis qui, théoriquement, doivent le

former par le blocage de leurs voix au 2* tour.

En eiïet, pendant que M, Daladier, à Beauvais, indique qu'au ballottage les radicaux devront faire bloc avec les autres éléments du Front populaire, les socialistes et les communistes, M. Alfred Dominique, candidat radical-socialiste à Aix-en-Provence, proclamait que le Front populaire était incapable de résoudre les difficultés de moment.

Relisez Y Humanité du 8 février 1934, dans lequel les communistes ne ménagent pas leurs alliés d’aujourd’hui : radicaux et socialistes sont accusés de faire le lit du fascisme .

Ils sont nationaux, prétendent les socialistes* .

Voyez F affiche qui a été placardée en banlieue par l’Entente des Jeunesses socialistes de

la Seine (S. F. I. O.)*

tt Contre ,1a guerre préparons la grève générale insurrectionnelle. »

Leur programme d’action : Lise?, le résumé dans la revue Masses du 25 février :

« Par l’expression action directe il faut comprendre toutes sortes de pressions directes exercées par les ouvriers sur les patrons et sur F Etat, à savoir, boycottages, grèves, action dans les rues, démonstrations, occupation des usines, opposition violente à la sortie des produits de ces usines, soulèvement armé et autres actions révolutionnaires propres à unir la classe ouvrière dans la lutte pour le socialisme.

Si la Russie était attaquée, il faudrait faire la guerre pour îa défendre, a déclaré M, Marcel Caehin, communiste, au meeting tenu au Palais de la Mutualité, en ajoutant : Les armes qu’on aura mises entre nos mains, nous nous en servirons contre la société capitaliste — et quand les orateurs communistes, vous disent qu'ils marcheront s'il y a mobilisatien, je vous]demande avant de les croire, de vous rappeler que Péri, leur député, a 'déclaré à la Chambre, le IB février :

i( S’ils ne peuvent empêcher la guerre, les travailleurs devront en profiter pour faire la révolution et abattre le régime bourgeois. »

Est-ce là le pacte franco-soviétique ?

Electeurs, vous voilà renseignés sur le Front populaire, les éléments quijle composent et ce qui vous attend si vous l’envoyez au pouvoir»

Vous voterez du moins en toute connaissance de cause.

Pour la nation :

La politique qui se dégage est celle qui :

A l’intérieur, devant l'impuissance de la multiplicité des partis et des groupes, menant la lutte contre les coalitions d'intérêts privés, les puissances d’argent, les sociétés secrètes, combattra les alliances électorales incapables de se continuer sur le plan gouvernemental, pour la nation considérée comme une synthèse de toutes les valeurs spirituelles de la race au-dessus des individus, des catégories et des classes.

A 1 extérieur, fera comprendre que le peuple de France qui ne prend conseil que de son bon sens, de son sentiment de la justice, de son respect de îa fidélité et de la franchise, '‘qui a acheté la paix assez cher pour ne pas permettre qu’on la lui vole aujourd’hui, ne veut pas plus de la guerre « prolétarienne ï> que de la guerre « capitaliste >?, n’entend pas recevoir, pour lui dicter sa ligne de conduite, des instructions pour ne pas dire des ^ordres de l’étranger, est en droit d'exiger, devant les sacrifices successifs qui lui ont été demandés, et qu’il a consentis, sacrifices qui s'affirment aujourd’hui non seulement inutiles mais dangereux, toutes les garanties nécessaires pour que sa bonne foi ne puisse plus se retourner contre lui à l’avenir.

Je terminerai en m’adressant aux jeunes.

Nous allons, anciens combattants, peu à peu disparaître, laissant la place à ceux qui viennent, à ceux qui entrent dans là vie.

Jeunes gens, ne vous découragez pas, ayez confiance dans la force de voire pays dont l'énergie a sauvé, sur la Marne, à Verdun, l’honneur de la nation !

Ne jvous laissez pas abattre, quand désemparés, sans travail, à la sortie du régiment, quand vous pensez à fonder un foyer, à créer une famille, vous vous heurtez aux difficultés matérielles de notre époque.

Nous avons eu des heures plus dures que vous — nous voulons tout faire pour qu’elles ne reviennent pas.

Nous voulons vous assurer ce droit à la vie que la réorganisation de la Nation garantira à chacun*

Je comprends votre dégoût pour les vieilles formules politiciennes qui noûs ont amené cette situation lamentable.

Voulez-vous faire confiance à cette génération du Feu qui elle-même a été victime des luttes de partis et de clans, qui a pu commettre aussi ses erreurs, mais qui se ressaisit aujourd’hui dans un élan magnifique qui a redonné à la France son vrai visage.

J en ai fini — et m excuse d avoir si longuement développé mes pensées. J'ai juré à la mémoire de mon père, mort pour la France comme lieutenant-colonel d'artillerie, en 1317, de continuer, comme lui, à servir mon pays. C'est toute mon ambition,

Fernand ROBBE,

3e circonscription de VERSAILLES.

M, Pierre DADOT (Groupe communiste.)

Elu pour la lrÊ fois le 3 mai 1936.

(Voir le programme du parti communiste français, p. 16.)

Notre programme de revendications régionales/

1° Plan d-aménagement de la région parisienne ;

Tout en étant d’accord pour un plan d’aménagement de notre région, nous nous opposons aux clauses interdisant aux petits propriétaires de construire, ce qui met des milliers de travailleurs de la banlieue dans une situation^ critique et favorise la spéculation des puissantes sociétés immobilières et des gros lotisseurs qui seuls auraient les autorisations de construire.

2° Chômage :

1 aux de l'allocation égal à celui payé dans le département de la Seine, Ouverture de giands travaux (rouLes, écoles, etc,) avec emploi des chômeurs, élargissement par Penlève^ ment des rails, de la route de Saint- Germain par BougivaL^

Indépendamment de son programme général, le Parti communiste défend les revendications suivantes particulières au département de Seine-et.- Oise ;

3* Transports :

Contre les augmentations de tarif. Contre les surtaxes ferroviaires imposées par la compagnie des chemins de fer en accord avec l’Etat. Pour l’augmentation du nombre des trains. Augmentation des service? de transport automobile sans suppression de trams.

Pour l’électrification du réseau ferroviaire départemental sur route et sur réseau. Pour la suppression des passages à niveau sans surtaxe locale.

Pour une classe unique dans les trains ouvriers.

Ma me S' droits pour les mutilés du travail que pour les mutilés de guerre.

Transformation des chemins de fer à voie étroite en voie normale.

4° Logement :

Construction immédiate de maisons à bon marché pour les travailleurs.

5Û Lotissement r

Pour l'aménagement des Lotissements aux frais des lotisseurs et de FEtat (viabilité, éclairage, eau, égouts, incendie et transports) *

Contre les saisies pour non-payement*

Exonération de la taxe syndicale et des versements aux lotissenrs et à FEtat pour les chômeurs.

Fixation à deux mois du délai nécessaire à l'établissement des dossiers.

Contre l’ingérence de FEtat dans les associations syndicales*

6° Inondations, incendies :

Travaux urgents de protection contre les inondations de l’Oise, de la Seine et des rivières comme FEssonne, l’Orge, etc,, qui envahissent les riverains*

Contrôle des travaux par les comités de riverains*

Collaboration des services d’incendie par liaison rapide des deux départements Semeet-Oise et Oise avec mise sur pied d’un plan pratique de défense contre le feu dans les lointaines agglomérations,

7° Ecoles :

Développement et application d'un programme de construction d'écoles de hameaux avec les mêmes prérogatives que dans les grosses agglomérations, augmentation du nombre des classes*

Facilités accordées pour l’octroi d’un terrain de sports pour les clubs ouvriers.

8a Hygiène :

Pour la construction d'hôpitaux eÜ’admîssion des travailleurs de Seine-et-Oise dans les hôpitaux parisiens, pour la diminution des prix d hospitalisation ,

Pour F installation dans les lotissements et quartiers lointains d un téléphone public lie directement avec un hôpital ou un médecin*

Contre le dépôt ie long des routes des ordures ménagères (lieu appelé « décharge»), foyer d’infection et de maladies. Pour les centres d’incinération cantonaux ou communaux .

Assainissement du ru de Gally ou construction d un égout. Etude du déplacement F usine de BougivaL

9° El ecirifî cation :

Contre T isolement du problème d'électrification de Paris et de sa grande banlieue (Seine-et-Oise). Aménagement rationnel et extension de F électrification aux villes, villages et hameaux du département. Eclairage aux frais de TEtat des routes nationales dans le passage des agglomérations.

Révision des contrats passés entre les sociétés concessionnaires de gaz, eau et électricité.

10° Routes :

Couverture des rus, suppression des fossés-douves existant le long des routes et servant à l'écoulement des eaux pluvieuses et parfois des eaux usées.

Réalisation d'un programme de réfection et de développement d’un réseau routier vers les agglomérations ouvrières nouvelles avec renforcement du réseau d'autobus vers les gares, les usines et entre les localités non desservies par le chemin de fer.

ïî& Police :

Pour la suppression de la police d’Etat.

12° Communes ;

Participation plus grande de l'Etat dans les dépenses d’assistance et de construction des communes.

Front unique 1

Classe contre classe !

Mais de même que les revendications d’ordre général contenues dans le programme du Parti communiste, les revendications régionales de Seine-et-Oise ne peuvent être imposées au patronat ou aux pouvoirs publics que par la lutte.

Le Parti communiste appelle les travailleurs è réaliser dans chaque usine un comité de lutte et dans chaque localité un comité de chômeurs.

Seul le front unique, sur un tel programme, permettra d’opposer à l’offensive capitaliste un bloc prolétarien invincible.

Pierre DADOT.

4e circonscription de VERSAILLES.

M. François FOURCAULT DE PAVANT (Groupe des républicains indépendants et d’action sociale.)

Élu pour la lre fois le 3 mai 1936,

Chers Concitoyens,

Fort d'avoir fidèlement rempli les fonctions qui m’ont été confiées dans le cadre de votre circonscription, conscient d’être préparé à ^accomplissement dn devoir législatif par onze années de mandats électifs constamment renouvelés à des majorités accrues et par quatorze années de présence au barreau, excellente école pratique des questions sociales, je sollicite vos suffrages.

La patrie, la famille française veulent des représentants qualifiés pour parler en leur nom. Ancien combattant de lavant, chef de famille nombreuse, domicilié dans votre circonscription, .élu de Versailles et do son canton nord, ma vie publique et privée peut être <t passée au crible de la notoriété publique a.

J’ai acquis la confiance publique dans T un des deux cantons qui forment la 4e circonscription de Versailles. Je demande aux électeurs du canton nord de Versailles de fortifier sur mon nom la majorité qui m’a permis, en octobre dernier, de vaincre ie candidat du Front populaire, qui se représente, aujourd’hui comme hier, comme porte-drapeau du parti communiste.

En massant vos1 suffrages sur mon nom, vous voterez contre le Front populaire, fourrier de la révolution rouge.

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